Gouvernance financière des
CT : Contraintes et
possibilités de dépassement
Réalisée par : Encadré par :
TARAR Oumaima Pr. ELBOUZIDI
DIDDA Amina
NAJEH Hajar
ELMOUNQAR Khouloud
PLAN
INTRODUCTION
PARTIE I : la gouvernance financière des CT au Maroc
CHAPITRE I : cadre théorique et juridique de la gouvernance financière
• Section 1: définition et principes de la gouvernance financière
• Section 2: cadre juridique au Maroc
CHAPITRE II : contraintes financières et administratives
• Section 1: contraintes financières
• Section 2: contraintes administratives et organisationnelle
PARTIE II : possibilités de dépassement et réformes nécessaires
CHAPITR I : réformes institutionnelles et financières
• Section 1: Renforcement des capacités institutionnelles
• Section 2: Réformes financières.
CHAPITR II : étude de cas
• Section 1: Analyse de modèle de gouvernance financière réussis à l’étranger (une comparaison entre la France et
Maroc)
• Section 2: Perspectives et recommandations
CONCLUSION
INTRODUCTION
Depuis son indépendance, le Maroc a choisi la décentralisation pour répartir les ressources et les
pouvoirs entre l’État et les collectivités territoriales (CT). Ce processus, amorcé en 1959 avec la
création de 101 communes urbaines, s’est enrichi de multiples réformes. En 1962, les préfectures et
provinces ont été introduites comme nouvelles entités territoriales, et la Constitution de 1996 a redéfini
les CT, leur octroyant une gestion démocratique et une personnalité morale de droit public.
Les finances des CT, cruciales pour la décentralisation, ont connu des avancées lentes. Le Dahir de
1960 a marqué les premières régulations post-indépendance, conférant un contrôle majeur aux chefs
locaux. Un tournant majeur est survenu en 1976 avec des réformes organisationnelles et des
régulations financières. En 2007, de nouvelles réformes visant la transparence et la responsabilité ont
été mises en œuvre, intégrant des principes de démocratie, de planification stratégique et de
transparence dans la gestion publique.
La régionalisation avancée, lancée en 2015 et renforcée par les lois organiques (111-14, 112-14, 113-
14), a consolidé le rôle des CT. La Constitution de 2011 a également renforcé leurs attributions et
instauré des relations contractuelles avec l’État.
Malgré ces progrès, les CT marocaines font face à des défis tels que la maîtrise des dépenses et la
gestion efficace des actions financières. Pour surmonter ces obstacles, elles doivent améliorer leurs
mécanismes de gouvernance financière pour garantir la transparence, la rigueur et la qualité des
services publics.
PROBLEMATIQUE
Comment les collectivités territoriales marocaines
peuvent-elles surmonter les contraintes financières
et administratives actuelles pour améliorer leur
gouvernance financière et assurer un
développement durable et équilibré ?
PARTIE I : LA
GOUVERNANCE FINANCIERE
DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES AU MAROC
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET
JURIDIQUE DE LA GOUVERNANCE
FINANCIERE
Section 1 : Definition et principes de la gouvernance financière
• Définition
La gouvernance financière concerne la collecte, la gestion, le suivi et le contrôle efficaces et
transparents des informations financières d'une organisation. Elle inclut la gestion de la performance
financière, qui évalue continuellement les performances à l’aide d’indicateurs pour identifier les
domaines à améliorer. Le contrôle des données financières assure l'exactitude et l'intégrité des données
via des contrôles internes et des audits, garantissant une représentation fidèle de la réalité économique
de l'organisation. La conformité réglementaire veille au respect des obligations légales et
réglementaires en matière de reporting financier, incluant les normes comptables et les exigences
fiscales. Enfin, la gouvernance financière couvre la gestion des opérations financières quotidiennes, la
planification budgétaire, la gestion de la trésorerie et la préparation des états financiers pour les parties
prenantes. En somme, elle garantit une gestion rigoureuse et transparente des ressources financières,
assurant stabilité, responsabilité et transparence au sein de l’organisation
Principes
La gouvernance financière des collectivités territoriales repose sur plusieurs principes clés :
Planification stratégique : Équilibrer les besoins et les recettes à travers un programme de
développement basé sur un diagnostic des besoins et des ressources.
Gestion participative : Impliquer les citoyens et acteurs locaux dans le processus décisionnel par le
biais de mécanismes de dialogue participatif.
Transparence : Fournir des informations claires, fiables et accessibles sur les activités des CT,
assurant précision, crédibilité, cohérence et exactitude.
Responsabilité et reddition des comptes : Impliquer chaque personne dans la responsabilité de ses
actes et assurer la transparence via le contrôle budgétaire et l'explication des décisions.
Ces principes assurent une gestion financière efficace, transparente et participative, alignée sur les
objectifs de développement et garantissant une utilisation responsable des fonds publics.
• Section 2 : Cadre juridique au Maroc
Au Maroc, la gouvernance financière des collectivités territoriales est encadrée par un cadre juridique
spécifique qui définit les règles et principes de gestion des ressources financières des entités locales.
Plusieurs textes législatifs et réglementaires constituent ce cadre et fixent les modalités de gestion
financière des collectivités territoriales.
• Constitution marocaine de 2011 :
La Constitution marocaine de 2011 consacre le principe de décentralisation et l'autonomie des
collectivités territoriales (CT). Elle leur reconnaît la personnalité morale et l'autonomie financière,
permettant une gestion libre de leurs ressources et des décisions en matière de finances locales.
L'Article 141 stipule que les régions et autres CT disposent de ressources financières propres et
affectées par l'État, et que tout transfert de compétences de l'État vers les CT doit s'accompagner d'un
transfert des ressources correspondantes.
• Les lois organiques :
Les lois organiques liées aux finances locales des collectivités territoriales (CT) au Maroc sont
essentielles pour encadrer leur gestion financière et leur autonomie. Voici les principales lois
organiques concernées :
• Loi organique n° 111-14 relative aux régions :
Régit les finances régionales, fixe les principes de gestion financière, les règles de présentation et
d'exécution du budget, et établit des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes pour assurer
transparence et responsabilité.
• Loi organique n° 112-14 relative aux préfectures et provinces :
Encadre les finances des préfectures et provinces, définit leurs compétences financières, les
procédures budgétaires, et les mécanismes de contrôle financier, renforçant leur autonomie financière
tout en garantissant une gestion rigoureuse et transparente.
• Loi organique n° 113-14 relative aux communes :
Régit la gestion financière des communes, fixe les procédures de préparation, d'adoption et
d'exécution des budgets communaux, et établit les modalités de contrôle financier et de reddition des
comptes pour une gestion efficace et transparente des finances communales.
• Les principaux décrets relatifs au contrôle financier des collectivités
territoriales au Maroc :
• Décret n° 2-16-176 relatif au contrôle financier des collectivités territoriales (2016) : Fixe les
modalités de contrôle financier des opérations des collectivités territoriales, garantissant la
régularité, la légalité et la performance de la gestion des deniers publics.
• Décret n° 2-17-269 relatif au contrôle de gestion des collectivités territoriales (2017) : Définit
les procédures et mécanismes pour évaluer l'efficacité, l'efficience et l'économie des opérations des
collectivités, visant à optimiser les ressources locales et améliorer les services publics.
• Décret n° 2-17-583 relatif à la comptabilité publique des collectivités territoriales et de leurs
groupements (2017) : Établit les règles de comptabilité publique, les obligations comptables et les
normes à respecter pour assurer une gestion financière rigoureuse et transparente.
• Décret n° 2-18-229 relatif au contrôle budgétaire des collectivités territoriales (2018) : Encadre
le contrôle budgétaire, définissant les procédures de préparation, d'adoption et de suivi des budgets
locaux, ainsi que les règles de discipline budgétaire pour prévenir et corriger les écarts budgétaires.
Ces décrets complètent les lois organiques, formant un cadre réglementaire essentiel pour renforcer le
contrôle financier, garantir la transparence et la responsabilité, et assurer une gestion efficace et
rigoureuse des ressources financières locales.
CHAPITRE II : CONTRAINTES
FINANCIÈRES ET ADMINISTRATIVES
Section 1 : Contraintes financières
L’insuffisance des ressources financières propres des collectivités locales est un problème majeur
qui a plusieurs implications. Les collectivités locales, qui devraient être des acteurs clés dans le
développement local et la prestation de services publics, se retrouvent souvent contraintes par des
budgets limités. Voici quelques points clés pour comprendre cette situation et ses conséquences :
ØDépendance aux transferts de l'État :
ü Dépendance financière ;
üAutonomie limitée ;
üContrôle centralisé .
Ø Impact sur la capacité d'investissement:
üCapacité d'investissement réduite;
üManque de financement pour la digitalisation ;
üFrein à l'innovation .
Le déséquilibre fiscal entre les différentes collectivités territoriales est une problématique importante
qui accentue les inégalités territoriales et impacte significativement la capacité des collectivités à
financer leur transformation numérique. Voici une analyse détaillée de cette situation et ses
implications :
Déséquilibre fiscal:
• Inégalités des ressources ;
• Capacité de financement inégale .
Impact sur les inégalités territoriales :
• Écart numérique croissant ;
• Services publics inégaux .
Les restrictions budgétaires et le gel des ressources financières, matérielles et humaines imposés par l'État
constituent des obstacles significatifs au développement des services publics locaux et à leur digitalisation. Voici
une analyse détaillée de cette problématique et des pistes de solutions possibles :
üContrôle centralisé des dépenses ;
üGel des investissements ;
Pistes de solutions pour sumonter ces défis:
üDécentralisation fiscale ;
üProgrammes de financement dédiés ;
Section 2 : Contraintes administratives et organisationnelles
Lourdeurs et complexités des procédures administratives, qui freinent l'innovation et la mise en place de
solutions numériques
Les collectivités locales se trouvent souvent confrontées à des procédures administratives lourdes et
complexes. Ces obstacles peuvent ralentir l'innovation et entraver la mise en œuvre de solutions numériques
pourtant essentielles pour moderniser la gestion des services publics et répondre aux attentes des citoyens.
1. Enjeux des lourdeurs administratives:
•Complexité des processus
•Bureaucratie et rigidité
2. Conséquences sur l'innovation et la digitalisation
•Retard technologique
•Inefficacité opérationnelle
3. Stratégies pour surmonter les obstacles:
•Simplification des processus
•Adoption d'outils numériques
ØManque de formation et de compétences en gestion et en digitalisation au sein des équipes des
collectivités locales:
Le manque de formation et de compétences en gestion et en digitalisation au sein des équipes des
collectivités locales est un gros problème pour moderniser et rendre plus efficaces les services publics.
Dans un monde de plus en plus numérique, il est crucial que les collectivités locales investissent dans le
développement des compétences de leurs employés pour bien utiliser les nouvelles technologies et
améliorer les services qu'ils offrent.
1.Enjeux du manque de formation et de compétences:
•Insuffisance des compétences numériques
•Résistance au changement
2. Conséquences sur la gestion et la digitalisation
•Efficacité réduite
•Perte de compétitivité
3.Stratégies pour améliorer la formation et les compétences
• Investissement dans la formation continue
•Partenariats avec des institutions académiques et technologiques
ØRésistance au changement et difficultés d'adaptation des agents publics locaux aux nouvelles
technologies.
La transition vers le numérique dans les collectivités locales se heurte souvent à un gros problème :
certains employés locaux ont du mal à accepter le changement et à s'adapter aux nouvelles
technologies. Cette résistance peut ralentir les efforts pour moderniser et améliorer les services
publics, ce qui limite les avantages possibles de la digitalisation.
1.Enjeux de la résistance au changement
•Crainte de l'inconnu
•Manque de compétences numériques
2.Conséquences sur la digitalisation des services publics
•Retard dans l'implémentation des technologies
•Efficacité réduite
3. Stratégies pour surmonter la résistance au changement
•Communication et sensibilisation
•Formation et accompagnement
PARTIE II : POSSIBILITES
DE DEPASSEMENT ET
REFORMES NECESSAIRES
CHAPITR I : REFORMES
INSTITUTIONNELLES ET FINANCIRES
Section 1 : Renforcement des capacités institutionnelle
Formation et développement des compétences des acteurs locaux
Le Maroc s'engage dans des réformes institutionnelles et financières pour renforcer ses capacités.
1. Reconstruction post-séisme :
Suite au séisme d'Al Haouz, le Maroc met en œuvre un programme de reconstruction et de mise à
niveau des régions touchées. Ce programme, coordonné par l'Agence de développement du Haut
Atlas, implique diverses entités, dont le Budget général de l'État, les Collectivités territoriales et le
Fonds spécial de solidarité. L'objectif est de réhabiliter les zones sinistrées et d'améliorer les
infrastructures.
2. Gestion des ressources hydriques et soutien agricole :
Le dialogue social est au cœur des priorités. Des mesures sont prises pour gérer les ressources
hydriques, assurer l'approvisionnement en eau potable, favoriser l'irrigation et soutenir les intrants
agricoles. Ces actions visent à atténuer l'inflation et renforcer le pouvoir d'achat des citoyens.
Ces réformes sont essentielles pour le développement du Maroc et la résilience face aux défis
économiques et géopolitiques.
Modernisation des procédures administratives
La modernisation des procédures administratives dans le cadre de la gouvernance financière des Collectivités
Territoriales au Maroc vise à introduire des pratiques plus efficaces et transparentes.
1. Numérisation des Processus :
Introduire des systèmes informatisés pour la gestion des finances publiques afin de réduire les erreurs, accroître
la rapidité des transactions et faciliter le suivi des dépenses et des recettes.
2. Simplification des Processus :
Réduire la bureaucratie en simplifiant les procédures administratives pour faciliter les opérations financières
des collectivités territoriales. Cela peut inclure la réduction des formalités et des délais de traitement.
3. Formation du Personnel :
Assurer une formation adéquate du personnel pour qu'ils puissent maîtriser les nouveaux outils et processus
mis en place. Cela permettra d'améliorer la gestion financière et la prise de décision au sein des
collectivités territoriales.
En mettant en œuvre ces mesures, les collectivités territoriales peuvent améliorer leur efficacité opérationnelle,
réduire les risques de corruption, renforcer la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources
publiques, et ainsi mieux répondre aux besoins des citoyens
Amélioration de la transparence et de la reddition de comptes
La gouvernance financière des collectivités territoriales au Maroc est un enjeu crucial pour une gestion
efficace des ressources publiques.
1. Transparence financière:
-L’amélioration de la transparence implique de rendre publics les budgets, les dépenses et les résultats des
collectivités territoriales.
-Cela permet d’accroître la confiance des citoyens et de renforcer la responsabilité des élus locaux.
2. Reddition de comptes:
-La reddition de comptes consiste à rendre des comptes surl’utilisation des fonds publics.
-Des mécanismes de contrôle et d’évaluation sont nécessaires pour garantir une gestion transparente et
responsable
Section 2 : Réformes financières
Diversification des sources de financement
La gouvernance financière des collectivités territoriales au Maroc est un enjeu crucial pour renforcer leur autonomie et
améliorer leur gestion budgétaire.
1. Projet "Bonne Gouvernance Financière":
- Le projet vise à renforcer l'autonomie financière des collectivités territoriales, en améliorant la gouvernance dans les
domaines des recettes propres, de la planification et de la gestion budgétaire.
-Il permettra d'augmenter les recettes issues de la fiscalité locale et d'intégrer les coûts liés aux investissements dans la
planification budgétaire.
2. Scénarios de financement :
- Une réflexion sur les évolutions possibles des modalités de financement des collectivités territoriales est nécessaire.
Ø Trois options sont envisagées:
- Renforcer les ressources locales
.- Accroître le financement par des impôts nationaux partagés.
- Augmenter la part des dotations de l'État .
3. Perspectives de réforme :
- Amélioration de la gestion publique.
- Capitalisation des expériences pour le bénéfice des autres collectivités territoriales.
En somme, une réforme de la gouvernance financière locale est essentielle pour assurer un financement durable et efficace
des collectivités territoriales au Maroc.
Amélioration de la gestion des ressources locales
Le Maroc a entrepris plusieurs initiatives pour améliorer la gestion de ses ressources locales, notamment dans les
domaines de l'eau et de l'assainissement. :
1. Programme National d'Assainissement Liquide (PNA) :
- Le gouvernement marocain a lancé le PNA pour améliorer la qualité de l'eau et l'accès aux services
d'assainissement. Un projet majeur dans ce cadre est la dépollution du bassin du Sebou, visant à épurer les eaux
usées domestiques dans 17 centres ( Ouazzane, Karia Ba Mohamed, Taounate, Tahla, Sidi Yahia du Gharb, Had
Kourt, Souk Larbaa, El Hajeb, Azrou, Oued Amlil, Ifrane, Mechraa Belksiri, Elaouine, Midelt, Zaouiat Cheikh,
Guercif et Azilal ) situés principalement dans la zone d'action de l'Agence du Bassin Hydraulique du Sebou.
- Objectifs du PNA : améliorer la qualité de l'eau, développer les activités génératrices de revenus et réduire la
pollution.
2. Programme d'Appui à l'amélioration de la performance des communes :
- Ce programme vise à renforcer la bonne gouvernance des communes au Maroc, améliorant ainsi les services
aux citoyens et aux entreprises. Il cible 97 communes représentant plus de 85 % de la population urbaine du
pays.
3. Gestion déléguée des services publics :
- Le Conseil Economique, Social et Environnemental a proposé une gestion déléguée visible et lisible par
tous, favorisant l'accès équitable à un service public de qualité.
4. Programme de la Banque mondiale pour l'approvisionnement en eau potable et l'irrigation :
- La Banque mondiale soutient le Maroc dans la mise en œuvre de son Programme national
d'approvisionnement en eau potable et d'irrigation (PNAEPI) pour renforcer la sécurité et la résilience en
matière d'eau.
Ces initiatives visent à améliorer la gestion des ressources locales au Maroc, contribuant ainsi au
développement durable et à la qualité de vie des citoyens
Renforcement de l'autonomie financière des collectivités territoriales
L'autonomie financière des collectivités territoriales au Maroc est un sujet crucial pour le développement local
et la bonne gouvernance.
1. Réformes et Cadre Légal :
- La réforme de l'administration publique au Maroc a cherché à moderniser l'organisation administrative et à
l'adapter aux nouvelles exigences. La loi n°17-08 a clarifié les rôles et domaines d'intervention de chaque
composante de l'organisation territoriale.
- La loi n°45-08 relative à l'organisation des finances des collectivités locales et de leurs groupements a
introduit un nouveau processus d'élaboration du budget, visant à intégrer les notions de transparence,
d'efficacité et d'efficience dans la gestion des affaires locales.
2. Excédents Budgétaires :
- Entre 2002 et 2018, des excédents budgétaires importants ont été constatés dans les structures communales.
Une étude a identifié les causes de ces excédents, mais il reste des défis à relever pour accélérer le
développement local.
3. Financements et Dynamique d'Investissement :
- La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et le Fonds d'Equipement Communal (FEC) ont
signé un accord-cadre pour financer les projets de développement des collectivités
territoriales, avec un montant de huit milliards de dirhams (MMDH).
- Pour renforcer l'autonomie financière, il est essentiel de développer des mécanismes de
mise en réserve de recettes, notamment de TVA.
4. Perspectives :
- Le renforcement des ressources financières des collectivités territoriales est crucial pour
une bonne gouvernance financière et un développement local durable.
- Les efforts doivent se poursuivre pour résoudre les dérèglements majeurs dans les villes
marocaines et améliorer les conditions de vie des populations
CHAPITR II : ETUDE DE CAS
Section 1 : Analyse de modèle de gouvernance financière réussis à l’étranger
(une comparaison entre la France et le Maroc)
Modèle de gouvernance financière en France
1 . Cadre législatif et réglementaire :
• La France dispose d'un cadre réglementaire robuste pour la gouvernance financière, incluant des lois comme la
loi Sapin II qui renforce la transparence et la lutte contre la corruption.
• Les normes comptables françaises sont alignées avec les normes internationales, ce qui facilite la transparence et
la comparabilité des états financiers.
2. Institutions et acteurs clés :
• La Cour des Comptes joue un rôle crucial en assurant la transparence et la responsabilité dans la gestion des
finances publiques.
• L'autorité des marchés financiers (AMF) supervise les marchés financiers et veille à la protection des
investisseurs.
3. Pratiques de gouvernance :
• La France a adopté des pratiques de gouvernance d'entreprise rigoureuses, incluant des comités d'audit
indépendants et des codes de conduite pour les dirigeants d'entreprise.
• L'adoption de la comptabilité de caisse à la comptabilité d'exercice dans le secteur public améliore la gestion
budgétaire et la prise de décision.
Modèle de gouvernance financière au Maroc
1.Cadre législatif et réglementaire :
• Le Maroc a mis en place plusieurs réformes pour moderniser son cadre de gouvernance financière,
notamment la loi organique relative aux finances (LOF) qui renforce la transparence budgétaire.
Cependant, il reste des défis en matière de mise en œuvre et de conformité aux normes internationales
2.Institutions et acteurs clés :
• La Cour des Comptes du Maroc joue un rôle essentiel dans le contrôle des finances publiques,
similaire à son homologue français
• Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) supervise les marchés financiers
marocains, mais son autonomie et ses capacités peuvent encore être renforcées.
3. Pratiques de gouvernance :
• Le Maroc s'efforce d'adopter des pratiques de gouvernance inspirées des standards internationaux,
notamment à travers la modernisation des entreprises publiques et l'amélioration de la transparence.
• Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les capacités des institutions de contrôle
et pour améliorer l'audit interne et externe.
Adaptation des meilleures pratiques au contexte marocain
Renforcement du cadre réglementaire :
• Le Maroc peut s'inspirer des lois françaises comme la loi Sapin II pour renforcer la lutte contre la
corruption et améliorer la transparence dans la gestion financière
• Adopter des normes comptables internationales de manière plus rigoureuse pour garantir une
meilleure comparabilité et transparence des états financiers.
Amélioration des institutions de contrôle :
• Accroître l'indépendance et les ressources de la Cour des Comptes et du CDVM pour qu'ils puissent
jouer un rôle plus efficace dans la surveillance et l'audit.
• Développer des capacités techniques et de formation pour les professionnels de la finance publique
et privée.
Pratiques de gouvernance :
• Promouvoir la culture de la responsabilité et de la transparence à tous les niveaux de
l'administration publique et des entreprises.
• Encourager la création de comités d'audit indépendants et la mise en place de codes de conduite
pour les dirigeants, inspirés des pratiques françaises.
Section 2 : Perspectives et recommandations
Stratégies pour une gouvernance financière durale
1.Éducation et formation continue :
• Mettre en place des programmes de formation continue pour les acteurs de la finance publique et privée afin de
maintenir des standards élevés de compétence et d'éthique.
2.Intégration des nouvelles technologies :
• Utiliser les technologies de l'information et de la communication pour améliorer la transparence et l'efficacité de
la gestion financière.
• Développer des plateformes numériques pour la gestion budgétaire et la supervision des marchés financier s.
Rôle des nouvelles technologies et de la digitalisation
1. Digitalisation des processus financiers :
• Adopter des systèmes de gestion financière intégrés et des outils d’analyse de données pour optimiser la prise de
décision.
• Promouvoir l'utilisation des technologies blockchain pour renforcer la sécurité et la traçabilité des transactions
financières
2.Open Data et transparence
• Encourager la publication de données financières publiques en accès libre pour renforcer la transparence et la
participation citoyenne.
Recommandations pour les décideurs politiques
1.Renforcement du cadre institutionnel
• Assurer l'indépendance et l'efficacité des institutions de contrôle financier à travers des réformes
législatives et un soutien accru.
• Promouvoir la coopération internationale pour bénéficier des meilleures pratiques et des
expériences réussies en matière de gouvernance financière
2. Promotion de la transparence et de la responsabilité
• Instituer des mécanismes rigoureux de suivi et d'évaluation des politiques financières.
• Encourager la participation des citoyens et des acteurs non-gouvernementaux dans le processus de
gouvernance financière.
En conclusion, bien que la France et le Maroc aient des cadres de gouvernance financière différents, il
existe des opportunités pour le Maroc d'adapter et d'adopter des pratiques réussies de la France. Cela
inclut le renforcement des institutions, l'adoption de technologies innovantes, et la promotion d'une
culture de transparence et de responsabilité.
Conclusion
La conclusion des analyses met en lumière l'importance cruciale de la gouvernance financière pour le
développement durable des collectivités territoriales (CT) au Maroc. Malgré des progrès significatifs
dans la décentralisation et la gestion financière, ancrés dans la Constitution de 2011, des défis
persistent en matière de maîtrise des dépenses et de gestion efficace. La modernisation des
mécanismes de gouvernance, axée sur la transparence et la rigueur, est essentielle. De plus, la
transformation numérique des services publics, bien que nécessaire, est entravée par des contraintes
diverses, nécessitant une approche holistique. En somme, les réformes institutionnelles et financières
offrent une opportunité majeure pour renforcer la gouvernance locale, favoriser le développement
économique et social, et assurer une meilleure gestion des ressources publiques, préparant ainsi le
Maroc à un avenir prospère et durable.
MERCI POUR VOTRE
ATTENTION