Exposé
Thème: l’apport de cheikh Anta Diop à la
réhabilitation de l’histoire africaine
Présenté par:
BASSIROU SADIO 202002291 et AHMET SÉKOU TOURÉ MANE 202002248
Sous la direction de:
Dr Cheikhna WAGUE
ANNEE: 2024/2025
PLAN
CONCLUSION INTRODUCTION
LA
REHABILITATION
PRESENTATION
DE L’HISTOIRE
DE L’AFRIQUE
DE CHEIKH
ANTA DIOP
PAR CHEIKH
ANTA DIOP
L’HISTOIRE DE
L’AFRIQUE
PRESENTEE PAR
LES EUROPEENS
INTRODUCTION
Le continent noir n’étant pas considéré comme ayant une histoire va subir pendant
fort longtemps des irrégularités sur son histoire et son historiographie. Les premiers
écrits sur l’histoire de l’Afrique étaient l’œuvre des européens. Ces derniers
constitués de commandants, gouverneurs, militaires, aventuriers, membres de
l’administration écrivaient avec de nombreuses lacunes pour justifier la colonisation
de l’Afrique.
Les premières écritures qui présentaient l’Afrique comme un continent anhistorique
étaient mal perçues par les intellectuels africains tels que Cheikh Anta Diop, Sékéné
Mody Cissokho, Ibrahima Baba Kaké, Djibril Tamsir Niane, Joseph Ki Zerbo etc. Pour
faire face à cette irrégularité sur l’historiographie africaine ces historiens vont
procéder à rétablir la vérité.
Dans le but de mieux cerner les contours de notre sujet, nous allons dans un
premier temps faire la présentation de Cheikh Anta Diop, ensuite nous allons
présenter l’historiographie de l’Afrique produite par les européocentristes et enfin
nous allons évoquer les contours utilisés par Cheikh Anta pour la réhabilitation de
l’histoire de l’Afrique.
I. PRESENTATION DE CHEIKH ANTA
DIOP
Fils de Massamba Sassoun et de Maguatte Diop, Cheikh Anta est né le 29
décembre 1923 à Thieytou, dans la région de Diourbel, dans une famille
d’origine aristocratique wolof. Il grandit à Dakar où il fait de brillantes
études secondaires. Après l’obtention de ses deux baccalauréats
(mathématiques et philosophie) en 1945, il reçoit une bourse de la
municipalité dakaroise qui lui permet d’aller poursuivre ses études en
France en 1946. Jeune bachelier, Cheikh Anta Diop débarque à Paris.
Il milite au sein de différentes organisations étudiantes, en particulier
dans l’Association des étudiants du Rassemblement Démocratique
Africains (AERDA) dont il devient le secrétaire général entre 1951 et
1953. En 1954, il publie Nations nègres et cultures, « le livre le plus
audacieux qu’un nègre ait jusqu’ici écrit et qui comptera, à n’en pas
douter, dans le réveil de l’Afrique », selon les mots de Césaire dans
son Discours sur le colonialisme.
I. PRESENTATION DE CHEIKH ANTA
DIOP
Deux ans plus tard, il participe au premier Congrès des écrivains et
artistes noirs à la Sorbonne puis, en 1959, à sa seconde édition à
Rome. En 1960, il soutient sa thèse puis il rentre au Sénégal. Il
publie Les Fondements économiques et culturels d’un état fédéral
d’Afrique noire.
Ce livre est conçu comme un manifeste. Un an après l’accession du
Sénégal à l’indépendance dans le cadre de la fédération du Mali,
Cheikh Anta Diop lance son premier parti en juillet 1961, le Bloc des
Masses Sénégalais (BMS).
Il est emprisonné pendant un mois en juillet 1962 avant que le BMS
ne soit interdit alors que face à cette répression qui s’abat bon
nombre des membres du bureau du parti ont rejoint l’Union
Progressiste Sénégalaise de Dia et Senghor.
I. PRESENTATION DE CHEIKH ANTA
DIOP
En novembre 1963, il crée donc un nouveau parti, le Front National Sénégalais
(FNS) qui, n’ayant pas obtenu de récépissé gouvernemental, n’aura jamais
d’existence légale (Rassemblement National Démocratique, 1999).
Les années qui suivent correspondent au développement de l’hégémonie de
Léopold Sédar Senghor, dont les divergences philosophiques et politiques avec
Cheikh Anta Diop ont donné lieu à plusieurs écrits (Tine, 2005 ; Diop, 2006 ;
Mourre, 2017).
Cheikh Anta Diop crée un nouveau parti, le Rassemblement National
Démocratique (RND) qui ne sera autorisé officiellement qu’en 1981 après le
départ de Senghor de la présidence. Il est élu député en 1983 mais refuse de
siéger face à ce qu’il juge être des fraudes électorales.
Mais alors que son influence, liée peut-être plus à son activité scientifique que
politique, ne cesse de croître un peu partout sur le continent africain et même
aux Etats-Unis, Diop décède brutalement d’une crise cardiaque en février 1986
à Dakar
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE
PRESENTEE PAR LES EUROPEENS
Les premiers écrits sur l’histoire de l’Afrique sont produits par les européens à un
moment où l’Afrique n’était pas maitresse de son destin. L’écriture de l’histoire
africaine est un défi dont la complexité réside dans le manque à la fois de
documents écrits complets et de preuves archéologiques globales qui couvrent
toutes les zones de l’Afrique. De cette manière, la recherche historique sur l’Afrique
est restée entre les mains d’aventuriers, de mains d’écrivains et d’historiens
amateurs étrangers, dont la plupart ne se sont jamais aventurés au-delà des
franges côtières des régions d’Afrique qu’ils ont visitées.
C’est une historiographie qui a connu une gestation difficile, parce qu’elle était mal
engagée, détournée de l’objectif premier qui devrait être l’écriture de son histoire
au sens scientifique du terme.
Malheureusement, l’histoire de l’Afrique a eu tendance à se concentrer sur les
activités de deux groupes, les Arabes et les Européens en Afrique. Cela a fait naître
une sorte de confusion dans l’historiographie africaine car elle a majoritairement
été écrite par des plumes étrangères et suit donc les périodisations étrangères non
adaptées à son histoire.
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE
PRESENTEE PAR LES EUROPEENS
Les premiers écrits sur l’histoire de l’Afrique sont produits par les européens à un
moment où l’Afrique n’était pas maitresse de son destin. L’écriture de l’histoire
africaine est un défi dont la complexité réside dans le manque à la fois de
documents écrits complets et de preuves archéologiques globales qui couvrent
toutes les zones de l’Afrique. De cette manière, la recherche historique sur l’Afrique
est restée entre les mains d’aventuriers, de mains d’écrivains et d’historiens
amateurs étrangers, dont la plupart ne se sont jamais aventurés au-delà des
franges côtières des régions d’Afrique qu’ils ont visitées.
C’est une historiographie qui a connu une gestation difficile, parce qu’elle était mal
engagée, détournée de l’objectif premier qui devrait être l’écriture de son histoire
au sens scientifique du terme.
Malheureusement, l’histoire de l’Afrique a eu tendance à se concentrer sur les
activités de deux groupes, les Arabes et les Européens en Afrique. Cela a fait naître
une sorte de confusion dans l’historiographie africaine car elle a majoritairement
été écrite par des plumes étrangères et suit donc les périodisations étrangères non
adaptées à son histoire.
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE
PRESENTEE PAR LES
EUROPEENS
Les séquences historiques propres à l’Afrique se retrouvent ainsi
chamboulées, dominées par des externalités qui ne collent pas aux
réalités du passé de l’Afrique.
Pourtant, Malgré les périodes glorieuses dont a vécu l’Afrique à
travers les civilisations de l’Egypte antique, la Nubie antique et le
royaume d’Axoum ainsi qu’une période médiévale très riche avec des
empires comme le Ghana, la mali et le songhaï les premières
productions invoquaient l’Afrique comme un milieu sans histoire.
En effet, Des découvertes archéologiques en Afrique de l’Est ont fait
apparaître l’Afrique comme le berceau de la vie humaine, et des
preuves historiques ont montré que l’Afrique était autrefois une porte
d’entrée vers une « civilisation géniale ».
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Certains auteurs européens ont attaqué et même mis en cause
l’héritage historique de l’Afrique ; l’un d’eux est même allé jusqu’à
dire : « L’Afrique n’avait pas d’histoire avant l’exploration et la
colonisation européenne, il n’y a que l’histoire des Européens en
Afrique.
Le reste, c’est de l’obscurité », son passé « les girations peu
édifiantes de tribus barbares dans des coins pittoresques mais sans
importance du globe »
Même Hegel, dans une tentative apparente de salir l’Afrique, a un
jour affirmé que « l’Afrique n’est pas une partie historique du monde ;
elle n’a aucun mouvement ou développement à exposer »
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Tout au début, les africains n’étaient pas associés à l’écriture de leur histoire. Cette
attitude relève d’une volonté du colon à justifier sa présence en Afrique basée sur
les trois C (civiliser, christianiser et commercer). Ainsi les premiers écrivains
européens vont de façon volontaire refuser à l’Afrique d’appartenir à l’histoire
universelle car ces sociétés fortement orales n’ont pas pu laisser des traces écrites
Thèse avancée par les européens pour justifier la colonisation de l’Afrique
Thèse sans fondement scientifique car les chroniqueurs arabes El Bekri, El Omari,
Ibn Khaldun, pour ne citer que ceux-là, faisait partie de cette catégorie d’érudits ou
de compilateurs arabes qui ont légué des écrits sur l’Afrique, écrits à travers
lesquels on peut lire beaucoup de confusions entre les peuples, les lieux, les
toponymies.
L’absence des Africains dans cette première série de l’historiographie de leur
continent faisait que l’Afrique était considérée par des explorateurs, qui voyaient
l’Afrique comme une terre vacante sans maître à découvrir, administrateurs
coloniaux, ethnologues, amateurs, militaires, missionnaires et aventuriers ont
produit une masse non négligeable de documents sur l’Afrique
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Tout au début, les africains n’étaient pas associés à l’écriture de leur histoire. Cette
attitude relève d’une volonté du colon à justifier sa présence en Afrique basée sur
les trois C (civiliser, christianiser et commercer). Ainsi les premiers écrivains
européens vont de façon volontaire refuser à l’Afrique d’appartenir à l’histoire
universelle car ces sociétés fortement orales n’ont pas pu laisser des traces écrites
Thèse avancée par les européens pour justifier la colonisation de l’Afrique
Thèse sans fondement scientifique car les chroniqueurs arabes El Bekri, El Omari,
Ibn Khaldun, pour ne citer que ceux-là, faisait partie de cette catégorie d’érudits ou
de compilateurs arabes qui ont légué des écrits sur l’Afrique, écrits à travers
lesquels on peut lire beaucoup de confusions entre les peuples, les lieux, les
toponymies.
L’absence des Africains dans cette première série de l’historiographie de leur
continent faisait que l’Afrique était considérée par des explorateurs, qui voyaient
l’Afrique comme une terre vacante sans maître à découvrir, administrateurs
coloniaux, ethnologues, amateurs, militaires, missionnaires et aventuriers ont
produit une masse non négligeable de documents sur l’Afrique
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Tout ce beau monde qui produisait sur l’Afrique avait écrit sur le continent avec les
préjugés de l’époque, avec très souvent la méconnaissance totale des cultures, des
langues, des sociétés, mais aussi des dynamiques internes de l’histoire du continent.
La pensée de Hegel qui faisait autorité à cette époque-là était telle qu’il a été nié à
l’Afrique de faire partie des continents qui ont une histoire. Cette attitude
condescendante et européocentriste de la part des ex puissances coloniales était
donc telle qu’une série de préjugés, de contrevérités, d’affirmations invraisemblables
circulaient au sujet du continent africain. Niant l’association de tout un continent à
toute sorte de civilisation, C. G. Seligman écrivait avec effronterie dans ses Races
d’Afrique que « les civilisations de l’Afrique sont les civilisations des Hamites, son
histoire est le témoignage de ces peuples et de leur interaction avec les deux autres
souches africaines, les Nègres et les Bushmen » (Seligman, 1930, 96).
Il défend alors que les deux autres « races » étaient incapables de réaliser quoi que
ce soit sans l’influence des Hamites. Son adhésion au mythe de la supériorité des
personnes à peau claire n’était qu’une partie du préjugé européen omniprésent à la
fin du XIXe et au début du XXe siècle.
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Ces remarques tranchantes sur le passé de l’Afrique sont toutes le résultat
de l’inclination d’une partie de l’humanité à avilir et à dénigrer une autre.
L’absence de documents écrits dans une grande partie de l’Afrique a posé un
grand défi à la reconstruction historique de son passé, et c’est ce qui a incité
les universitaires africains à évoluer et à insister sur l’utilisation de l’histoire
orale pour la reconstruire, sans se soucier des lacunes inhérentes à ce
médium. Transmission de l’histoire de bouche à oreille. Source réfutée
pendant longtemps par les européens mais finalement acceptée grâce aux
travaux des premiers intellectuels africains
Les effets très négatifs du colonialisme sur tous les aspects imaginables de la
vie en Afrique sont bien connus. Même avant le colonialisme, l’Afrique
souffrait sous le poids du saccage européen incarné par la traite des esclaves
de l’Atlantique. Cette traite a duré plus de quatre siècles et a vu la spoliation
du continent, le privant de son avenir et de ses perspectives. Il n’y avait pas
de fossé entre l’esclavage et le colonialisme ; les ravages
II. L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE PRESENTEE
PAR LES EUROPEENS
Les effets très négatifs du colonialisme sur tous les aspects imaginables de la vie en
Afrique sont bien connus. Même avant le colonialisme, l’Afrique souffrait sous le poids du
saccage européen incarné par la traite des esclaves de l’Atlantique. Cette traite a duré
plus de quatre siècles et a vu la spoliation du continent, le privant de son avenir et de ses
perspectives. Il n’y avait pas de fossé entre l’esclavage et le colonialisme ; les ravages ont
donc continué, entraînant de nombreuses distorsions des réalités africaines.
L’écriture de l’histoire de l’Afrique par les européens a d’abord signifié qu’ils écrivaient à
partir de leurs perspectives sur l’Afrique et de ce qu’ils pensaient correspondre, et non
essentiellement sur les réalités passées de l’Afrique.
L’étude de l’histoire de l’Afrique par les autochtones n’est apparue qu’au début du XXe
siècle, lorsque des étudiants de divers États africains, qui avaient le privilège de recevoir
un enseignement supérieur en dehors de l’Afrique, ont commencé à rentrer chez eux et à
enseigner dans quelques établissements d’enseignement supérieur créés par les
puissances coloniales respectives. C’est par ce biais que l’histoire africaine a été
redécouverte. Dans ces quelques universités qui existaient en Afrique, l’histoire africaine
n’était pas enseignée et n’a jamais figuré dans les programmes d’études ; elle était
simplement éclipsée par les histoires européennes et américaines.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
Les premières écritures de l’histoire de l’Afrique truffées d’inexactitudes, de
condescendances, et de mépris à l’égard des cultures, des langues et des sociétés
africaines et, d’autre part, contre leurs maîtres, ceux-là même qui avaient dirigé
leurs travaux vont inciter à la réhabilitation de l’histoire de l’Afrique par des
intellectuels africains. Si cette déconstruction de l’histoire de l’Afrique a débuté
dans les pays anglophones, ceux des pays francophones vont prendre le train en
marche tout en contribuant de manière significative dans cette nouvelle écriture de
l’histoire de l’Afrique. Cependant Cheikh Anta Diop comme les autres va largement
contribuer à cette réhabilitation de l’histoire du continent noir.
En effet, l’Afrique, berceau de l’humanité, a été victime d’une véritable négation de
son histoire. À en croire les instigateurs de cet acte, l’Afrique serait un continent
habité par des barbares, dépourvus de raison, incapables de penser, de créer et de
jouer un rôle prépondérant dans le mouvement de l’histoire universelle. Face à cet
acte lourd de conséquences, Cheikh Anta Diop, savant pluridisciplinaire, s’est
résolument engagé en faveur de la restauration de la conscience historique
africaine
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
Pour lui, il faut réparer le tort causé à l’Afrique et au reste du monde car, cette
falsification consciente de l’histoire, au-delà de l’Afrique, porte atteinte à l’histoire de
l’humanité. On ne peut falsifier l’histoire d’une partie du monde sans porter atteinte à
l’histoire universelle. Vu son engagement et sa détermination sans failles, Cheikh Anta
Diop à travers un travail scientifique allait permettre de mettre fin à ces mensonges
historiques et battre en brèche bien d’idées reçues.
Amoureux des sciences, attaché à la vérité, Cheikh Anta Diop est un farouche opposant
aux falsificateurs de l’histoire. À travers ses différents travaux scientifiques, il procède
à la déconstruction de toutes les thèses qui excluent l’Afrique de l’histoire universelle.
En effet pour Cheikh Anta, cette falsification ne pouvait plus continuer car au-delà de
l’histoire de l’Afrique, elle impactait sur l’histoire du monde. Avec lui, la quête de la
véritable histoire du continent noir nous conduit inéluctablement à l’Égypte antique.
Terre prospère, riche et exemplaire dans de nombreux domaines, l’Égypte antique
occupe une place essentielle dans l’histoire de l’Afrique et de l’humanité. En effet, terre
d’origine du savoir, de la connaissance, l’Afrique et plus exactement l’Égypte antique, a
été le lieu de convergence des peuples assoiffés et amoureux de sagesse. Écoutons
Cheikh Anta Diop nous instruire sur cette question :
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
Berceau de la civilisation pendant 10 000 ans au moment où le reste du monde est plongé
dans la barbarie, l’Égypte (…) restera pendant toute l’antiquité la terre classique où les
peuples méditerranéens viendront en pèlerinage pour s’abreuver aux sources des
connaissances scientifiques, religieuses, morales, sociales (…) les plus anciennes que les
hommes aient acquises.
Dans cette logique, les récits dégradants sur l’homme noir, l’Afrique et les Africains ne sont
que de pures inventions de personnes animées de mauvaises intentions, notamment celle de
nuire au continent noir. L’Afrique n’est aucunement une terre habitée par des
anthropophages, des barbares, dénués de toute morale. La vérité est que le reste du monde,
et plus précisément le monde occidental, reste énormément redevable à l’Afrique. À preuve,
le savoir grec qui a irradié l’Occident dans sa totalité et qui constitue, à n’en point douter, la
base de son fulgurant et indéniable progrès multidimensionnel, a ses racines en Égypte
antique. C’est auprès des prêtres et autres dépositaires du savoir en Égypte que les Grecs
venaient assouvir leur soif de connaissance. Le séjour en terre égyptienne de Platon, Thalès,
Pythagore et biens d’autres icones de la société occidentale est une preuve indéniable de la
puissance de l’Afrique. Sans complexe, les Grecs sont venus à l’école de l’Afrique. Si le
monde occidental reconnait avoir une dette vis-à-vis de la Grèce, il doit par conséquent
admettre et accepter qu’il doit beaucoup à l’Afrique.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
La véritable histoire du continent noir laisse apparaitre une Afrique
civilisée, modèle, totalement à l’opposé de celle décrite par les
falsificateurs de l’histoire. En remontant à l’Égypte ancienne, nous
découvrons que l’Afrique fut un excellent foyer civilisationnel. Le feu
ardent de ce foyer a permis à l’humanité d’atteindre son stade actuel.
Cette partie du monde n’est absolument pas pauvre et en dehors du
processus historique.
Dans toutes ses composantes, l’histoire de l’humanité commença en
Afrique. Des études approfondies du passé africain le confirme. Comme le
note Cheikh Anta Diop:
Autant la technologie et la science modernes viennent d’Europe, autant
dans l’antiquité, le savoir coulait de la vallée du Nil vers le reste du monde
(…). Par conséquent, aucune pensée, aucune idéologie n’est, par essence
étrangère à l’Afrique qui fut la terre de leur enfantement.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
L’Afrique ne peut être éjectée, écartée de l’histoire universelle parce que le matin
inaugural de multiples savoirs s’y trouve. Ce continent est de ce fait une excellente
référence pour le reste du monde. Berceau de l’humanité, mère des sciences et des
savoirs, il ne peut et ne doit être taxé d’anhistorique. Comparer l’Afrique ancienne à
l’Europe actuelle doit nous permettre de saisir son degré d’influence et de puissance.
Aujourd’hui, en matière de technologie et de science, l’Europe fait partie des
continents qui ont une influence notable sur la marche du monde.
Elle est le lieu de multiples inventions essentielles. Le reste du monde converge vers
elle dans le noble but d’apprendre les secrets de ses nombreuses inventions qui sont
aujourd’hui incontournables. Dans ce sens, face aux problématiques
contemporaines, sa voix compte énormément. En clair, l’Europe est pour le monde
contemporain ce qu’était l’Afrique pour le monde antique.
À preuve, notons que « la Bible elle-même nous enseigne que Salomon envoya
chercher des scribes égyptiens pour organiser son nouvel État et enseigner à ses
commis les méthodes administratives en usage depuis plusieurs siècles en Égypte »
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
La restauration de la véritable histoire de l’Afrique passe par le rétablissement de la vérité
sur le peuple de l’Égypte ancienne. En effet, selon les falsificateurs de l’histoire, l’Égypte
pharaonique était blanche.
Autrement dit, c’est l’homme blanc qui est à la base du savoir, de la science et de toutes
les prouesses réalisées en Égypte ancienne. Avec Cheikh Anta Diop, nous comprenons que
cette thèse, en plus d’être erronée, cache des desseins impérialistes. Selon lui, l’Égypte
pharaonique était nègre.
La propagation de l’idée d’une Égypte blanche est l’œuvre de certains égyptologues que
Cheikh Anta Diop qualifie d’égyptologues de mauvaise foi qui, pleinement conscient de la
vérité, décident de la travestir. Ces pseudos scientifiques étaient caractérisés par le désir «
de détruire à tout prix et dans tous les esprits, le souvenir d’une Égypte nègre, de la façon
la plus complète »
C’est en vain qu’ils viseront cet objectif car, les témoignages de nombreux auteurs anciens
ainsi que des recherches scientifiques corroborent la thèse d’une Égypte nègre. De fait, «
les anciens (…) reconnaissent unanimement, savants et philosophes, depuis Hérodote
jusqu’à Diodore de Sicile, (…) qu’ils avaient puisé cette civilisation chez les nègres des
bords du Nil ».
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
En clair, le peuple égyptien, auteur d’une brillante civilisation mise au service de
toute l’humanité était incontestablement nègre. C’est donc le Noir qui constitue le
pilier du pouvoir multidimensionnel de l’Égypte antique.
Aujourd’hui, malgré le progrès fulgurant des sciences et des technologies modernes,
les pyramides construites depuis l’antiquité continuent de garder de nombreux
secrets. Leur mystère n’a pas encore totalement été percé. Elles étonnent encore le
monde. Seule une civilisation avancée pouvait bâtir de tels édifices.
Les hommes, auteurs de cette belle et excellente civilisation étaient des Africains et
non des Blancs. Toute tentative de blanchiment de l’Égypte antique tombera sous le
coup des preuves historiques qui corroborent la thèse d’une Égypte antique nègre.
Mieux, Aujourd’hui, « de tous les peuples de la terre, le Nègre d’Afrique noire, seul,
peut démontrer de façon exhaustive, l’identité d’essence de sa culture avec celle de
l’Égypte pharaonique ». Cela signifie que contrairement aux autres peuples, l’Égypte
ancienne n’est pas étrangère à l’Africain.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
Il en est ainsi parce que l’Africain a la même identité que le peuple d’Égypte ancienne.
Il existe de multiples similitudes culturelles entre l’Égypte ancienne et l’Afrique noire.
En d’autres termes, très certainement, les Africains noirs ont pour ancêtres les
Égyptiens anciens.
Notons que le savant sénégalais, loin de toute spéculation sans fondements, a
personnellement fait des recherches scientifiques qui confirment la thèse d’une Égypte
ancienne nègre.
C’est après l’analyse d’échantillons prélevés sur des momies qu’il parvient à cette
conclusion. Ces analyses révèlent un degré de pigmentation identique entre le nègre et
l’égyptien ancien.
De ce fait, comme dirait le philosophe, « il y a une idée essentielle dont il faut se
souvenir : les premiers Égyptiens étaient des Noirs et les civilisations négro-africaines
s’expliquent dans leur ensemble par l’Égypte antique ».
Il existe une véritable continuité historique entre l’Afrique noire et l’Égypte ancienne.
Fondamentalement, nous devons retenir que l’idée d’une Égypte ancienne blanche est
fausse.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
C’est le lieu de souligner qu’après la période antique, la société africaine a, pendant
longtemps, été un excellent modèle d’organisation sur plusieurs plans, notamment
politique, social et moral. Ces aspects de la vie sociétale bénéficiaient d’une attention
particulière. À preuve :
Au XVe siècle, quand les premiers marins commerçants portugais, hollandais, anglais,
français, danois, brandebourgeois commencèrent à établir des comptoirs sur la côte
occidentale d’Afrique, l’organisation politique des États africains était égale – et souvent
supérieure – à celle de leurs propres États respectifs. Les monarchies étaient déjà
constitutionnelles avec un conseil du peuple où les différentes couches sociales étaient
représentées (…). L’ordre social et moral était au même niveau de perfection. Nulle part, il
ne régnait de mentalité prélogique au sens de Lévy-Bruhl.
Ce passage montre clairement que l’idée d’une Afrique hors du mouvement historique,
habitée par des barbares est erronée. Avec l’œuvre de Cheikh Anta Diop, nous assistons à
une déconstruction scientifique de l’historiographie ancienne, portée par des pseudos
scientifiques dont l’objectif véritable était la falsification consciente de l’histoire en vue de la
satisfaction de leurs desseins cachés. Le Noir n’est pas un sous homme, « l’Afrique a une
histoire ».Cette histoire doit être nécessairement enseignée, vulgarisée partout sur le
continent et même ailleurs.
III. La réhabilitation de l’histoire de
l'Afrique par cheikh Anta Diop
À ce stade de notre cheminement, notons que, loin d’être anhistorique, l’Afrique à
une histoire. Celle-ci met en exergue sa contribution fondamentale à l’histoire
universelle. Cheikh Anta Diop, à travers ses travaux, a joué un rôle important dans
le processus de dévoilement de l’histoire authentique de l’Afrique. Il a procédé à
une restauration de la conscience historique africaine.
Afin de réhabiliter la vérité sur l’histoire de l’Afrique, Cheikh Anta Diop a donc usé
de plusieurs méthodes pour expliquer et prouver au monde scientifique que
l’Afrique est et reste berceau de l’humanité ou toutes les civilisations sont nées.
Il démontrera cette falsification longtemps mise en avant par les européocentristes
à travers des publications, un travail scientifique très pointu mais aussi à travers
des colloques comme celui tenu du 28 janvier au 3 février 1974 au Caire. Colloque
durant lequel il était question pour l’UNESCO de classer l’histoire de la civilisation
égyptienne dans le cadre de l’histoire africaine ou non. Ainsi Cheikh Anta et Obenga
vont à travers un travail scientifique montrer que l’Egypte ancienne par sa culture,
sa langue et aussi par le peuple qui l’habitait appartenait au monde africain
conclusion
Le cheminement scientifique de Cheikh Anta Diop, un intellectuel de renommée internationale ne peut
être séparé de son objet principal à savoir l’évolution ancienne et contemporaine de l’Afrique noire
même si ses thèses touchent plusieurs registres.
Toute sa contribution, son combat se résume à démontrer la centralité de l’Afrique comme terre de
civilisation influente. Elle constitue une critique scientifique et un démenti aux thèses
européocentristes et africanistes qui niaient à l’Afrique son impact sur les plus grandes civilisations du
monde.
L’ambition de Cheikh Anta Diop se matérialise dans « son projet de réconcilier l’Afrique avec l’Histoire
afin de la réinsérer dans l’échiquier international ».
Pour arriver à ce résultat, il a fait preuve d’une démarche scientifique remarquable qui valide son
combat intellectuel auquel il invite tous les chercheurs africains en leur demandant de « s’armer de
science jusqu’aux dents » pour non seulement reconquérir leur histoire et leur patrimoine, mais aussi
de les sauvegarder pour une contribution à la connaissance universelle.
Ce patrimoine civilisationnel inclut la culture, l’histoire, la médecine, et l’étude des hommes dans les
organisations.
Toute science surtout humaine qui se veut contributive à l’appréhension et à la compréhension de ce
patrimoine doit nécessairement prendre en compte le contexte et les circonstances mêmes de ce
contexte sans quoi elle n’aura aucune utilité car n’aura permis qu’une compréhension superficielle.
Bibliographie
Cheikh Anta Diop, NATIONS NEGRES ET CULTURE, publié en 1954,
présence africaine
Dr Cheikhna WAG UE, résumé du cours sur :la problématique de
l’historiographie africaine pp 2 5 6
Catherine Coquery-Vidrovitch, Le choix de l’Afrique, publié en dans
les éditions la Découverte
Doudjo Germain OUATTARA / Cheikh Anta Diop et les enjeux de la
restauration de la conscience historique africaine / revue Échanges,
n° 21, décembre 2023 pp 63 64 65 66
Aouar Bocar LY-TALL, CHEIKH ANTA DIOP : l’humain derrière le savant,
publié en 2022 par les éditions l’Harmattan, pp 25 26
Webographie
https://www.monde-diplomatique.fr HERVIEU-WANE
https://www.ifan.ucad.sn témoignages sur cheikh-anta-diop
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