L’entretien cognitif
Présenté par : Rahma Arfa & Rihab Hannachi
Plan
01 02 03
Introduction Fondements Protocole de
théoriques de l’EC l’EC
04 05 06
Cadre et L’EC mis à L’EC sur le
attitudes l’expérience terrain
01
Introductio
n
Introduction
Le type de questions et l'attitude de l'interviewer influencent la quantité et la pertinence des
informations rapportées par les témoins (Gudjonsson, 1992).
Problème : Les policiers sont souvent peu formés pour interroger des
témoins volontaires et se basent sur leur intuition plutôt que sur un
protocole structuré (Fisher et al., 2011).
Conséquences :
Cette approche peut nuire à la remémoration des faits et entraîner
des performances moins précises (Demarchi et Py, 2006).
Introduction
Des études montrent que les policiers préfèrent souvent utiliser des questions fermées, qui se
répondent par "oui" ou "non", plutôt que des questions ouvertes (Fisher, Geiselman et Raymond,
1987 ; Ginet et Py, 2001), alors que les questions ouvertes sont généralement plus efficaces
pour améliorer la qualité des souvenirs rapportés (Gudjonsson, 1992).
L'entretien cognitif (EC) comme une alternative
efficace pou recueillir des témoignages :
Ce modèle d'interrogatoire, conçu pour interroger les témoins de scènes de
crime (Fisher et Geiselman, 1992), a fait l'objet de nombreuses recherches à
l'échelle internationale depuis plus de 35 ans (Brunel et Py, 2013), et a été
adopté dans les systèmes judiciaires de plusieurs continents (Demarchi et Py,
2006).
Deux méta-analyses, publiées à dix ans d'intervalle, confirment l'efficacité de
l'EC (Kohnken et al., 1999 ; Memon et al., 2010).
Introduction
Les personnes interrogées avec l'EC rapportent 20 à 40 % plus de détails corrects par rapport
aux pratiques d'interrogatoire courantes (Kohnken et al., 1999 ; Memon et al., 2010).
L'EC réduit également le nombre d'erreurs et de faux souvenirs, aussi bien chez les adultes
que chez les enfants (Ginet et Py, 2001 ; Geiselman et al., 1986 ; Memon et al., 1996).
Il a aussi été démontré que l'EC fonctionne également lorsque le témoin a été confronté à
une scène de crime suscitant des émotions négatives (Py et Ginet, 2001).
L'EC est utilisé depuis plusieurs années dans les départements de police du Canada, des
États-Unis et d'Angleterre (Demarchi et Py, 2006 ; Memon et Bull, 1991).
02
Fondements théoriques
de l’entretien cognitif
Fondements théoriques de l’EC
L’entretien cognitif repose sur des bases théoriques issues des
nombreuses recherches en psychologie cognitive sur la mémoire
humaine.
Plus précisément, il s’appuie sur la théorie de l’encodage
spécifique de Tulving (1983), qui constitue le fondement
principal des techniques conçues pour améliorer la récupération
des souvenirs chez les témoins.
Fondements théoriques de l’EC
Sur la base de ce modèle, deux principes théoriques ont été extrapolés, qui sont à l'origine des
techniques de l'entretien cognitif :
1) la probabilité de se souvenir d'un événement est plus élevée lorsque la
situation de récupération est semblable à celle de l'encodage. L’information
est plus facile à récupérer en mémoire lorsqu'elle est accompagnée de son
contexte (Fisher et Geiselman, 1992; Hurtubise et
Viau-Quesnel, 2020).
2) il est possible d'utiliser divers indices pour récupérer une même information
mémorielle. Les souvenirs sont interreliés et il existe plusieurs chemins pour
les réactiver (Wright et Holliday, 2007).
02
Protocole de l’entretien
cognitif
Protocole de l’EC
En 1984, Geiselman, Fisher, Firstenberg, Hutton, Sullivan, Avetissian et Prosk ont publié le
premier article présentant la technique appelée « entretien cognitif » (cognitive interview) et
destinée à optimaliser la restitution des souvenirs du témoin, par l’intermédiaire de quatre
consignes.
1) Première consigne: La recontextualisation environnementale et émotionnelle :
Elle est fondée sur le premier principe évoqué précédemment (rapprochement des
situations d’encodage et de récupération).
Elle est inspirée de la technique de remise en contexte élaborée notamment par Smith
(1979) et Malpass et Devine (1981).
Protocole de l’EC
Cette technique consiste à demander au témoin, avant tout rappel, de se remettre
mentalement dans le contexte environnemental et émotionnel présent au moment de
l’encodage. Pour ce faire, on les invite à fermer les yeux et à répondre à différentes
questions. Les questions permettent à la personne de se concentrer sur les lieux, les
personnages, les émotions et les réactions qu'elle a éprouvée pendant l'événement. Par
exemple, on peut demander aux témoins de repenser aux odeurs et aux bruits
environnants. Par la suite, on invite les témoins à raconter avec le plus de détails
possible leurs souvenirs.
Protocole de l’EC
2) Seconde consigne : L’hypermnésie :
A exactement les mêmes fondements théoriques que la recontextualisation (1er
principe).
Il est demandé aux témoins de rapporter le maximum d’informations, même celles
qu’ils considèrent comme partielles ou peu importantes ou impertinentes. Le fait de
restituer des détails partiels permet d’utiliser ces derniers comme indices afin de
récupérer des informations plus importantes, selon les processus décrits par Tulving.
Les témoins ne sont pas toujours à même de juger ce qu’il est pertinent ou pas de
rappeler dans le cadre d’une enquête judiciaire et ont souvent tendance à
s’autocensurer. La consigne d’hypermnésie permet de pallier ces inconvénients.
Protocole de l’EC
Basées sur des principes théoriques similaires, les deux consignes de la recontextualisation et
de l’hypermnésie peuvent être présentées successivement avant le premier rappel libre du
témoin.
3) Troisième consigne: Le changement d’ordre :
Basée sur le second principe (pluralité des chemins d’accès aux souvenirs).
Le témoin est invité à raconter l'événement dans un ordre chronologique différent par rapport
au premier rappel (souvent à l’envers).
Lors du rappel à l’envers, les souvenirs les plus récents sont rappelés en premier (effet de
récence).
La restitution des souvenirs récents facilite le rappel des souvenirs plus anciens, créant un effet
"boule de neige".
Protocole de l’EC
Rappeler dans l’ordre habituel dépend des schémas mentaux du témoin.
Les informations "inconsistantes" (inattendues) sont souvent moins bien rappelées dans un
rappel classique (Belleza & Bower, 1982 ; Belleza, 1983).
Le rappel à l’envers diminue l’influence des schémas, améliorant le rappel des informations
inconsistantes.
Pour obtenir un récit complet (informations consistantes et inconsistantes), il est utile
d’employer les deux types de rappel : à l’envers et à l’endroit.
Protocole de l’EC
4) Quatrième consigne : Le changement de perspective :
Basée sur le second principe théorique (pluralité des chemins d’accès aux souvenirs) et une
étude d'Anderson et Pichert (1978).
Cette consigne consiste à demander aux témoins de raconter une autre fois les événements,
mais avec le regard d'une autre personne. C' est-à-dire qu'on demande aux témoins de se
mettre à la place d'un autre acteur présent dans la scène de crime et de rapporter ce que cette
personne aurait pu voir. Par exemple, l'interviewer peut poser la question suivante: si un voisin
avait été présent, qu'est-ce qu'il aurait vu de la scène?
Il a été montré dans la littérature qu’un changement de perspective permettait de voir resurgir
des informations importantes pour cette perspective et non restituées lors d’un premier rappel.
04
Cadre et
attitudes
Cadre et attitudes
Attitude non directive.
Définir les rôles de chacun et préciser les objectifs de l'entrevue.
Le rôle de l'interviewer L'objectif est de permettre
est d’accompagner le
au témoin de rapporter les
témoin dans sa
démarche en posant Le rôle du témoin est de partager ses
souvenirs qu'il a de la
des questions claires. souvenirs des événements en
scène de crime.
répondant le plus clairement aux
questions de l'interviewer.
Cadre et attitudes
Ne pas interrompre le témoin pendant son récit et ses réponses aux questions.
Respecter le rythme de la personne interrogée.
L'objectif est de
ne pas influencer
Faire preuve d'écoute.
les réponses du
témoin
Adopter une attitude neutre face au témoin et son témoignage.
Utiliser un ton calme et posé.
05
L’entretien cognitif mis à
l’expérience
L’EC mis à l’expérience
L'EC est jugé efficace
Variables s'il augmente
mesurées : nombre significativement le
d’informations nombre
correctes, d'erreurs d'informations
et d'affabulations. correctes sans
accroître les erreurs.
L’EC mis à l’expérience
Geiselman et al. (1984) ont testé l'EC avec 16 étudiants assistant à une dispute entre
enseignants. Après 48 heures, les étudiants devaient restituer l'événement, la moitié d'entre
eux suivant les consignes de l’EC.
Les informations ont été classées en trois catégories : personnes, objets et événements
(actions).
Résultats : Les résultats ont révélé une supériorité de l’entretien cognitif quant au nombre
d’informations correctes restituées, en ce qui concerne les personnes (+ 49 %) et les
événements (+ 25 %). L’entretien cognitif n’a pas conduit, en outre, à une augmentation
significative du nombre d’erreurs.
L’EC mis à l’expérience
En Allemagne, en 1991, Ascherman, Mantwill et Köhnken ont reproduit les résultats obtenus par
Geiselman. Un film de 11 minutes a été présenté à 29 étudiants, qui ont ensuite été interrogés entre 2
et 9 jours après le visionnage, soit par la méthode de l'entretien cognitif, soit par un entretien
standard.
Les témoignages étaient recueillis par écrit.
Résultats
L'entretien cognitif permettait de fournir des témoignages plus riches, sans augmentation significative
des erreurs, mais uniquement lors des rappels libres.
Aucune différence notable n'a été observée entre les deux méthodes pour les questions spécifiques.
L’EC mis à l’expérience
L’entretien cognitif a également été évalué auprès de populations ayant des capacités
mnésiques réduites, comme :
- les enfants (Geiselman et Padilla, 1988 ; Saywitz, Geiselman et Bornstein, 1992 ; Memon,
Cronin, Eaves et Bull, 1992),
- les handicapés mentaux (Geiselman et Brown, 1990),
- les personnes âgées (Mello et Fischer, 1996).
Les résultats montrent que cette méthode reste efficace pour ces groupes, à condition qu’un
protocole adapté soit utilisé.
06
L’entretien cognitif sur le
terrain
L’EC sur le terrain
En 1989, Fisher, Geiselman et Amador ont mené une étude pour évaluer l’efficacité de
l’entretien cognitif auprès de témoins et victimes réels de crimes.
Ils ont formé des policiers à cette méthode et ont mesuré deux aspects : le nombre
de faits élucidés avant et après la formation à l’entretien cognitif, ainsi que la
comparaison entre les policiers formés à l’entretien cognitif et ceux qui ne l’étaient
pas.
Résultat
Basés sur 88 auditions de témoins, les srésultats ont montré une nette supériorité de
l’entretien cognitif par rapport aux méthodes de police standard, confirmant ainsi son
efficacité sur le terrain.
07
The enhanced cognitive
interview
The enhanced cognitive
interview
Définition:
L'entretien cognitif amélioré est une version adaptée de l'entretien cognitif qui contient les mêmes
principes que l’entretien original ,mais qui se servit des technique développées initialement pour
aider les témoins oculaires à se souvenir d'événements de manière plus précise et détaillée. Dans
sa forme modifiée, cette méthode est ajustée pour s'adapter aux populations cibles typiques ainsi
que des populations particulières (Wright, A. M., & Holliday, R. E.)
08
Objectifs et techniques
employées
objectifs
L'objectif principal de l'entretien cognitif amélioré est d'améliorer la qualité et la
quantité des informations recueillies auprès de témoins ou de personnes
interrogées, tout en minimisant les risques de faux souvenirs ou d'inductions
d'erreurs. Il vise à optimiser le rappel des souvenirs en adaptant les techniques à la
population concernée
techniques employées
L’entretien cognitif amélioré utilise des méthodes et des stratégies qui s’adaptent à la
population cible. Parmi ces méthodes en peut citer;
o Le développement d’un rapport: la création d’un lien de confiance entre l’enquêteur et le
témoin est essentiel pour mettre les témoins à l’aise afin de dévoiler des informations
sensibles
o Minimisation des conjectures: dans l’entretien cognitif amélioré, les témoins sont invités à
dire "je ne sais pas" lorsqu’ils sont incertains, pour éviter les informations inexactes et les
erreurs de mémoire.
o Utilisation des supports non-verbaux: Pour certains témoins, exprimer des informations
non verbalement, comme en dessinant un plan du lieu du crime, peut faciliter la description
des éléments spatiaux plus efficacement que par des mots.
o Prise en compte de l’état émotionnel de témoin: Un fort niveau d'activation
émotionnelle améliore le rappel des détails centraux mais peut nuire au rappel des détails
périphériques (effet de focus)
l’entrtein cognitif amélioré prend en compte l'effet de mémoire dépendant de l'humeur
suggère que recréer l'état émotionnel du témoin pendant le rappel peut améliorer
l’exactitude de ce dernier (Ginet & Verkampt, 2007)
09
Populations cibles et
méthodes utilisées
L’entretien cognitif amélioré
et la population infantile
1. Une approche ludique: l’utilisation des jeux et des activités interactives est
particulièrement efficace avec la population infantile. Elle permet l’engagement de l’enfant
, la dimunition de leurs anxiété(goodman & melinder,2007) ainsi que l’établissement d’un
environnement de confiance ce qui facilite le rappel (Milne & Bull ,2003)
l’approche ludique aide aussi à limiter les biais de désirabilité sociale et à favoriser des
réponses plus spontanées et précises (Saywitz & Snyder,1996)
L’entretien cognitif amélioré
et la population âgée
● L’entretien cognitif amélioré et la population âgée :
1. Une charge cognitive réduite: l’entretien est divisé en segments plus courts et guidés,
permettant à la personne de se concentrer sur des aspects spécifiques de l’événement
en utilisant des techniques comme la reconstruction contextuelle (se rappeler du contexte
sensoriel et émotionnel de l’événement)
2. Supports visuels et concrets : Ces éléments stimulants aident à déclencher des
souvenirs associés et permettent aux interviewés de se remémorer plus efficacement des
éléments
Merci pour
votre
attention