Besoins nutritionnels de l’adulte et
différents groupes de nutriments
Recommandations
Pr Patrice Darmon
La nutrition est un élément déterminant de la santé,
en particulier de pathologies graves comme l’obésité, le diabète de type 2,
les maladies cardio-vasculaires ou le cancer
Men
Importance et complexité de l’exposition
au facteur « alimentation »
Au cours d’une vie, nous ingérons environ
30 tonnes d’aliments
50 000 litres de boissons
Alimentation = Nutriments + Autres composants
divers constituants
Substances directement assimilables, végétaux
dont l’organisme a besoin pour assurer alcool
les fonctions vitales contaminants
produits de dégradation
Rôles des nutriments besoins
Apport énergétique : glucides, lipides, protéines - besoins en g/kg/j
Structure cellulaire : acides aminés, certains lipides - besoins en mg/kg/j
Fonctionnement cellulaire : coenzymes, précurseurs hormonaux… - besoins en µg/kg/j
3
Généralités et définitions
Nutriment :
Substance organique ou minérale assimilable par notre organisme
Besoin en nutriments:
Besoin
physiologique
Macronutriments : d’un nutriment = quantité nécessaire à l’organisme
pour maintenir
Glucides, un développement
lipides, protides et un état de santé normaux
= nutriments énergétiques
(homéostasie), sans perturber le métabolisme des autres nutriments
Micronutriments (nutriments non énergétiques) :
Les besoins
Vitamines, nutritionnels
oligoéléments intègrent
(éléments trace),aussi les besoins liés à l’activité
minéraux
physique et à la thermorégulation et ils varient selon les périodes de vie
(croissance, lactation, vieillissement etc.)
Généralités et définitions
Nutriment :
Substance organique ou minérale assimilable par notre organisme
Besoin en nutriments :
Besoin physiologique d’un nutriment = quantité nécessaire à l’organisme
pour maintenir un développement et un état de santé normaux
(homéostasie), sans perturber le métabolisme des autres nutriments
Les besoins nutritionnels intègrent aussi les besoins liés à l’activité
physique et à la thermorégulation et ils varient selon les périodes de vie
(croissance, lactation, vieillissement etc.)
Généralités et définitions: notion d’essentialité
Nutriments essentiels : ce sont des nutriments indispensables à la vie
que l’organisme est incapable de synthétiser
Acides aminés essentiels: Leucine, Isoleucine, Phénylalanine, Thréonine, Tryptophane,
Lysine, Valine, Méthionine, Histidine (chez le nourrisson)
Acides gras essentiels: acide linoléique et alpha-linolénique, acide docosahexaénoïque
Oligoéléments, minéraux, certaines vitamines
Nutriments semi-essentiels: synthèse possible par l’organisme mais
insuffisante dans des situations particulières (ex: carence en vitamine D si
faible exposition solaire, apport en cystéine chez le prématuré ou IHC…)
Nutriments non essentiels: nutriments synthétisés par l’organisme en
quantité suffisante quelles que soient les circonstances
Généralités et définitions
En pratique: besoin nutritionnel moyen (BNM)
Besoin quotidien moyen au sein de la population, estimé à partir de
données individuelles d’apport en relation avec un critère
d’adéquation nutritionnelle
lors d’études expérimentales.
Impossible à évaluer chez un individu donné
Variabilité inter-individuelle (génétique) et intra-individuelle au cours
des étapes de la vie
Critères pour déterminer les BNM:
•Prévention des carences
•Maintient du statut biologique optimal
•Saturation des réserves de l’organisme
•Prévention de pathologies non carentielles
BNM + études nutritionnelles épidémiologiques :
références nutritionnelles établissement de recommandations
Apports nutritionnels conseillés (ANC)
= Référence nutritionnelle pour la population (RNP) ANSES 2016
Quantité d’un nutriment pour couvrir les besoins de presque tous
les individus d’une population donnée (130% des besoins moyens)
en bonne santé ou supposé comme tel.
Besoins moyens (BNM) + 2 DS (97,5% de la population)
Elaborés en France pour la 1ère fois en 1981
Initialement: repérer et traiter des carences en macro et micronutriments
Actuellement: définir des niveaux d’apports pour optimiser les fonctions
normales de notre organisme
But ultime: prévenir l’apparition de maladie à composante nutritionnelle
démontrée (promotion santé)
Référence pour une population (non individuelle)
Apport satisfaisant (AS) : apport quotidien moyen d’une population ou d’un sous-groupe
pour lequel le statut nutritionnel est jugé satisfaisant.
L’AS est la référence nutritionnelle retenue :
• quand le BNM et donc la RNP ne peuvent pas être estimés faute de données suffisantes,
ce qui correspond à la définition de l’« adequate intake (AI) » ;
• ou quand la valeur de RNP peut être estimée mais n’est pas jugée satisfaisante au
regard d’observations de population à long terme établissant que cette RNP ne permet
pas de satisfaire des critères de santé qui seraient plus pertinents que les critères utilisés
pour estimer le BNM (notamment modulation du risque de pathologie à long terme).
Intervalle de Référence (IR) :
Intervalle d’apports considérés comme satisfaisants pour le maintien de la population en
bonne santé. Il s’agit d’une référence nutritionnelle spécifique aux macronutriments
énergétiques, exprimée en pourcentage de l’apport énergétique total.
Limite Supérieure de Sécurité (LSS) :
Apport journalier chronique maximal d’une vitamine ou d’un minéral considéré comme peu
susceptible de présenter un risque d’effets indésirables sur la santé de toute la population.
Besoins énergétiques
Les besoins énergétiques sont liés à nos dépenses énergétiques (DE)
On distingue la DE de repos de l’activité physique
Stockage: permet d’ajuster les apports instantanés et fractionnés aux
besoins constants
Glucides :
> 50% des besoins énergétiques
Les plus abondants dans l’alimentation
Stockage le + faible (glycogène 1/3 foie, 2/3 muscle)
Lipides :
Forme de stockage prépondérante dans les adipocytes
Protides :
Pas de réserves
Si excès d’apports : excrétion sous forme d’« urée »
Si déficit : diminution de la masse musculaire
Besoins énergétiques
Les besoins énergétiques sont liés à nos dépenses énergétiques
La dépense énergétique (DE) regroupe les phénomènes par lesquels
notre organisme transforme l’énergie
4 postes de DE chez un sujet sain
Besoin énergétiques
Apports énergétiques totaux = AET
Macronutriments
Largement majoritaires en quantité dans l’alimentation
Source d’énergie
Production d’énergie pour la synthèse d’ATP
Densité de l’alcool: 0,8 g/ml, 1 g d’alcool = 7 Kcal
500 ml à 10°: 50 ml d’alcool
50 X 0,8 X 7= 280 Kcal
Macronutriments
Interconversion de macronutriments :
Tous les AA peuvent être transformés en glucides (sauf les AA
cétogènes: leucine et lysine) et en lipides (lipogénèse de novo)
Tous les glucides peuvent être transformés en AA (sauf essentiels)
Tous les glucides peuvent être transformés en AG (lipogénèse de novo)
Macronutriments: les glucides
Besoins glucidiques
1 g glucide = 4 Kcal
50 à 55 % des AET
Minimum : 150g/j (en général 200 à 250 g/j)
Apports inférieurs néoglucogenèse / cétogenèse
Structure: glucides complexes et glucides simples
Stockage : glycogène dans le foie (mobilisable) et le muscle
Macronutriments: les glucides
= Fibres alimentaires
solubles/insolubles
effet satiétogène,
fermentation colique,
↓ glycémie,
n Glu Glu + Fru Glu + Gal ↓ cholestérolémie…
Sucres ‘complexes’ Sucres ‘simples’
Macronutriments: les glucides
Besoins glucidiques: glucides simples
Monosaccharides (glucose),
Monosaccharides : glucose, disaccharides
galactose, fructose
(saccharose),
Disaccharides
fructose, : lactose, saccharose (glucose + fructose)
galactose
Saccharose: sucre raffiné, 1/3 des apports en glucides
Sucres simples = 10 % AET max
Souvent riches en lipides (densité énergétique élevée)
Souvent pauvres en micronutriments (calories « vides »)
Macronutriments: les glucides
Besoins glucidiques: glucides complexes
Polysaccharides (ex: amidon)
Céréales, pommes de terre, pâtes, riz, etc...
Amidon = environ 50% de l’apport glucidique
Souvent riches en micronutriments et en fibres
(fibres 25 à 30 g/j chez l’adulte; âge + 5 chez l’enfant)
Pouvoir hyperglycémiant des aliments: index glycémique
Index glycémique
IG glucose: 100
IG miel, riz: proche de 100
IG fructose, galactose: bas
IG saccharose et pomme de terre: intermédiaire
Macronutriments: lipides
Lipides:
OH
Cholestérol TG PL
Aliments: 95% TG avec AG à chaine longue (> 12C), 5% autres
(TG chaine courte, cholestérol, PL)
Macronutriments: lipides
Alimentation : origine animale (produits laitiers, viandes, poissons) ou végétale
(huiles fluides ou solides), source exclusive des AGE et quasi-exclusive des AGNE
Stockage
1 g lipides = 9 kcal
Classification des AG
Acides gras
Ac laurique C12
Ac myristique C14
Ac palmitique C16
Trans
Insaturés Saturés Ac stéarique C18
Ac elaidique C18
Poly-insaturés Mono-insaturés
Oméga-9
Oméga-3 Oméga-6 Acide oléique
Ac. alpha linolénique* C18 Ac linoléique* C18 Huile d’olive
Lin, colza, noix Tournesol
Oméga-7
Acide palmitoléique
EPA C20 , DHA* C22 Ac Arachidonique C20 Lait
Eicosanoides
*AGE : intégration dans membranes cellulaires, précurseurs des éicosanoïdes,
développement du SNC, fonction plaquettaire, immunité, inflammation…
Macronutriments: lipides
Sources
Huiles (100%), beurre (83%), margarine (83%), crème (33%)
Viandes (volailles 5-10%, bœuf 10-20%, porc 20-30%, charcuterie 30-50%)
Poissons (maigres 1-5%, gras 6-15%)
Fromages (0-32% de matière sèche)
Fruits oléagineux (50%)
Chocolat (20-30%)
Cholestérol = viandes, produits laitiers, œufs (200-800 mg/j)
Phytostérols = -sitostérol (huiles végétales), D7-stigmastérol (huile de tournesol)…
Acides gras essentiels
Acide linoléique (C18:2 n-6) (soja, tournesol, pépins de raisin, maïs…)
Acide a-linolénique (C18:3 n-3) (colza, noix, soja, pourprier…)
Acide docosahexaénoïque (C22:6 n-3) (poissons gras, algues, produits enrichis…)
Le DHA, contrairement à l’EPA, ne peut être synthétisé en quantité suffisante pour répondre aux besoins de l’organisme, même en présence
d’ALA. Le DHA est de ce fait considéré comme indispensable alors que l’EPA est considéré comme conditionnellement indispensable.
Composition des végétaux en acides gras
Saturés Acide Linolénique
Mono-insaturés Acide Linoléïque
Canola- Colza
Lin
Carthame
Tournesol
Noix
pépins de raisin
Maïs
Olive
Sésame
Soja
Blé
Arachides
Cotton
Palme
Palmiste
Coconut
0 20 40 60 80 100 %
Viennoiseries, tartes,
biscuits (1 à 30% des lipides totaux),
céréales petit-déjeuner, barres chocolatées,
margarines, biscuits d’apéritif, chips (1 à 30%),
frites surgelées (10 à 33%)…
AG TRANS comportement d’AG saturés
(↑ rigidité membranaire, ↓ activité de désaturation et d’élongation aggravation des déficits en AGE)
Isomère trans
(5% des graisses animales; hydrogénation/chauffage des huiles végétales)
Macronutriments: lipides
Besoins
• ANC (2010)
Lipides 35-40% AET
AG indispensables
– acide linoléique (C18:2 n-6) 4% AET
– acide alpha-linolénique (C18:3 n-3) 1% AET Le ratio n-6/n-3
– acide DHA (C22:6 n-3) 250 mg doit être
AG non indispensables proche de 5
– acide EPA (C20:5 n-3) 250 mg (5 à 10 chez le
– acides gras saturés < 12% AET nourrisson)
– acide oléique 15-20% AET
(AG trans < 2%)
III) Macronutriments: protides
Sources
Animales : - viande, poisson, fruits de mer (protéines musculaires)
- oeufs : albumine/vitellogénine (protéines de réserve)
- laitages : caséine lactalbumine
Végétales : - céréales, légumineuses, graines oléagineuses
Digestion
libère aa et di ou tri-peptides absorbés au niveau de l’intestin grêle
Rôles
- Energétique rendement : 4 kCal/g
- Structural (cytosquelette : microfilaments / microtubules / filaments intermédiaires)
- Signalisation : récepteurs (membranaires, nucléaires), hormones, facteurs de transcription...
- Enzymes
III) Macronutriments: protides
Besoins protéiques
1 g protéine = 4 Kcal
0,8 g/kg/j (1 g/kg/j chez la personne âgée, 1,2 chez le nourrisson)
10 à 15% des AET :
protéines animales :
* riches en AA indispensables
* riches en lipides
protéines végétales :
* céréales et légumineuses
* richesse variable en AA indispensables
* pauvres en lipides
III) Macronutriments: protides
Besoins protéiques
Toutes les protéines ne sont pas équivalentes pour satisfaire aux besoins
Valeur nutritionnelle: efficacité avec laquelle la prot. satisfait en N / en
AAE
Les protéines animales sont de meilleure qualité que les végétales
Ex: céréales= déficitaires en lysine et légumineuses en méthionine:
association des 2
Profils alimentaires et risque de carence protéique
Végétariens
Excluent chair animale et poisson
Complémentation protéique: associer céréales et légumineuses
Végétaliens
Excluent tout produit animal
Carences ++ en AA, en fer et en vit B12
III) Micronutriments
Définition: nutriments sans valeur énergétique dont la présence
en petite quantité est indispensable au fonctionnement biochimique
Micronutriments: minéraux, vitamines, oligoéléments (éléments
trace)
Minéraux
Ils sont nécessaires à notre survie pour des raisons physiologiques majeures, leur carence
entraine des désordres graves immédiats.
Pour les minéraux, le préfixe micro ne signifie pas qu’ils sont présents en petite quantité
dans l’organisme, mais que les besoins quotidiens sont faibles (de l’ordre du gramme).
Minéraux
Sodium Na+
Rôle : Cation le plus abondant du compartiment extracellulaire (concentration plasmatique =
135-145 mM), garant de l’hydratation extracellulaire. Toute perte de Na+ (vomissements,
diarrhée, sudation forte) risque d’entrainer une déshydratation.
Sources : plats industriels, pain, biscottes, charcuterie, soupes, fromages, viennoiseries,
snacks, certaines eaux...
NaCl :
RNP / AS non déterminés
Limiter les apports à 6-8 g/j
restriction sodée : HTA, insuffisant cardiaque et rénal
natriurèse des 24h : reflet consommation en sel
Minéraux
Potassium K+
Rôle : Cation intracellulaire majoritaire ([K +]int = 140 mM, concentration plasmatique = 3,5-4,5
mM), joue un rôle majeur dans le contrôle de la pression artérielle (effets hypotenseurs et
favorisant l’excrétion du Na).
Sources : fruits, légumes, pommes de terre, viandes, laits, yaourts, chocolat…
Potassium :
RNP / AS non déterminés
Apports moyens 4 g/j
restriction : insuffisance rénale
Minéraux
Calcium Ca2+
Rôle : rôle majeur dans l’ossification, la coagulation, la contraction musculaire….
Le squelette contient en moyenne 1,5 kg de Ca (15 g dans le reste de l’organisme.
Sources : Lait, produits laitiers, choux, brocolis, épinards, sardines à l’huile, eaux minérales…
RNP : 1 g/j (LSS 2,5 g/j)
pendant croissance : 10 à 18 ans (1,2 g/j), F > 55 ans et H > 65 ans
prévention ostéoporose +++
Minéraux
Magnésium Mg2+
Rôle : nécessaire à l’activité de nombreuses enzymes, à la synthèse des acides nucléiques et
des protéines et à de nombreux processus physiologiques (par exemple la conduction
nerveuse). Les vitamines B6 et D augmentent l’absorption du magnésium.
Sources : cacao, café, chocolat, graines oléagineuses, escargots, levure, germe de blé,
céréales complètes, eaux minérales.
Les déficiences en magnésium ne sont pas rares et revêtiraient des formes multiples :
crampes, palpitations, angoisses. ..
AS chez l’adulte 360 à 420 mg/j
Oligoéléments essentiels ou éléments trace
Notre corps en contient très peu, pourtant ils sont essentiels à la vie. Ils sont en général
cofacteurs d’enzymes ou d’hormones. Un oligoélément est dit essentiel quand sa
concentration tissulaire est relativement constante, qu’il intervient dans une réaction
biochimique précise, que sa carence provoque un défaut structural et/ou fonctionnel et que ce
défaut est corrigé par l’apport de l’élément en cause.
ANC Fer, Cu, Zn : qq mg, autres: < à une centaine de microgrammes
Oligoéléments
Fer
Rôle : métal essentiel pour de nombreux processus physiologiques. Le plus souvent associé
à un noyau tétrapyrrolique appelé hème avec lequel il forme un complexe stable. Ce
complexe appelé fer héminique est présent dans des protéines (hémoglobine, myoglobine).
L’hème est nécessaire à la fixation de l’oxygène sur ces protéines et sa libération dans les
tissus. On trouve un hème dans les cytochromes (c, P450).
Réserve hépatique, forme circulantes
Sources : animaux (fer héminique, mieux absorbé) et végétaux (fer non héminique).
RNP : 11 à 16 mg/j
• Fer :
Groupes à risque de carence :
* femme réglée
* femme enceinte (besoins fœtaux)
* nourrisson
* période de croissance
* végétarien ou végétalien
* bas niveau socio-économique
Oligoéléments
Cuivre
Rôle : cofacteur de nombreuses enzymes dont les plus importantes sont la superoxyde
dismutase, la céruloplasmine (métabolisme du fer), et la cytochrome c oxydase (respiration
mitochondriale). Le cuivre joue aussi un rôle dans le métabolisme du collagène et des
neuromédiateurs.
Sources : abats, levure, crustacés, fruits oléagineux et légumes secs.
Carence : anémie, altérations de l’immunité, neuropathie.
RNP chez l’adulte 1 à 1,3 mg/j (LSS 5 mg/j)
Oligoéléments
Zinc
Rôle : participe à l’activité de près de 200 enzymes, notamment la superoxyde dismutase
(SOD) - qui contribue à combattre le stress oxydatif lorsque son activité est couplée à celle de
la glutathion peroxydase (GPX), l’alcool déshydrogénase qui accélère la détoxification de
l’alcool ingéré et l’enzyme de conversion de l’angiotensine qui contrôle la tension artérielle.
Le zinc est également impliqué dans le stockage et la sécrétion d’insuline, les défenses
immunitaires (thymuline), la synthèse des acides nucléiques et a un rôle structural dans
certains facteurs de transcription.
Sources : produits marins (huitres), viandes et abats, fromages, germe de blé, levure,
céréales complètes, noix exotiques…
Carence : troubles variés : dermatologiques, immunitaires, digestifs, troubles du goût, de
l’odorat et de la vision, troubles neuropsychiatriques…
RNP chez l’adulte 7,5 à 14 mg/j (selon ingestion phytates)
Oligoéléments
Sélénium
Rôle : cofacteur de nombreuses enzymes antioxydantes, en particulier la GPX.
Sources : noix tropicales, abats, produits marins, viandes.
Carence : maladie de Keshan (cardiomyopathie)
AS chez l’adulte 70 mcg/j (LSS 300 mcg/j)
Fluor
Rôle : nécessaire à la formation de fluoro-apatite au niveau des dents, qui permet
de mieux résister aux caries (action locale).
Sources : eau de boisson.
ANC (2001) chez l’adulte 2 à 2,5 mg/j
Oligoéléments
Iode
Rôle : fait partie de la structure des hormones thyroïdiennes.
Sources : sel iodé, produits marins et algues, laitages, œufs.
Carence : surtout dans des régions où l’eau ne contient pas suffisamment d’iode.
- fœtus : avortement, anomalies congénitales, mortalité périnatale accrue
- nouveau-né : goitre, hypothyroïdie aboutissant au « crétinisme endémique »
- enfant et ado : goitre, hypothyroïdie avec retard staturo-pondéral (nanisme dysharmonieux)
- adulte : goitre et hypothyroïdie
AS chez l’adulte 150 mcg/j
(LSS 600 mcg/j)
Vitamines
Vitamines : molécules organiques très diverses que l’organisme ne peut pas
synthétiser (ou pas en quantité suffisante) et qui bien que peu abondantes dans
l’organisme sont absolument nécessaires à la survie, la croissance et la
reproduction.
Vitamines liposolubles
Vitamine A (rétinol)
Rôles
- vision nocturne (11 cis-rétinal)
- maintien des structures épithéliales (acide rétinoïque)
-immunité, effet antioxydant
-régulation de l’expression de certaines gènes
Sources
Ouefs, produits laitiers, foie (poisson/animaux terrestres, sous forme de rétinol)
Carottes et autres fruits et légumes oranges (contiennent des caroténoïdes pro-vitamine A)
Carence < malabsorption
Héméralopie (cécité nocturne), xérophtalmie, sensibilité accrue aux infections
RNP chez l’adulte 600 à 750 mcg/j
(LSS 3000 mcg/j)
Vitamines liposolubles
Vitamine D (calciférol)
Précurseur du calcitriol
Rôle
Indispensable au métabolisme du calcium et du phosphore
Sources
Vitamine D2 (ergocalciférol) produite par les végétaux (certains champignons)
Vitamine D3 (cholécalciférol) produite par les animaux ++++
Poissons gras (hareng, saumon fumé, anchois), abats, charcuterie…
Synthèse endogène à partir du 7-déhydrocholestérol sous l’action des UV / peau (50 à 70%)
Carence
Rachitisme, ostéomalacie, ostéoporose…
RNP chez l’adulte 15 mcg/j (LSS 50 mcg/j)
Besoins vitaminiques
vitamine D :
Groupes à risque de carence :
* nouveau-né et nourrisson
* personne âgée (institution, grabataire)
* femme enceinte
* malabsorption
* peau pigmentée
Vitamines liposolubles
Vitamine E (tocophérols et tocotriénols)
Rôle
- Antioxydant (piégeur de radicaux libres formés dans les membranes, not. à partir des AGPI)
Sources
Huiles végétales et huiles des germes de blé et de tournesol
AS chez l’adulte 9,9 à 10,5 mcg/j
(LSS 300 mcg/j)
Vitamines liposolubles
Vitamine K
Composés de type quinone :
phylloquinone (ex-K1), origine végétale
ménaquinones (ex- K2), origine animale
ménadione (ex-K3), provitK2 synthétique
Rôle
Sans vitamine K, le sang ne peut pas coaguler car la thrombine et d’autres facteurs de la
coagulation sont inactifs. Pour être activés ces facteurs doivent subir une transformation de
leur résidu glutamate en gamma-carboxyglutamate (Gla) par des carboxylases ne
fonctionnant qu’en présence de vitamine K. Cette modification enzymatique est aussi
nécessaire pour la fonction de fixation du calcium de l’ostéocalcine de l’os.
Sources
Légumes verts, huiles végétales, foie, poisson
Synthèse endogène au niveau du colon par le microbiote.
ANC (2001) chez l’adulte 45 mcg/j
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B1 (thiamine)
Rôle : précurseur de la thiamine pyrophosphate (TPP), coenzyme des carboxylases.
rôle majeur dans le métabolisme des glucides.
Sources : céréales complètes (germe et son), levure, légumineuses et abats.
Carence : béribéri, maladie neurologique et cardiaque, qui se manifeste d’abord par une
atteinte des nerfs périphériques qui peut être suivie d’encéphalopathie, et qui est souvent
associée à une insuffisance cardiaque et des œdèmes.
AS chez l’adulte 1,2 à 1,5 mg/j
Vitamine B2 (riboflavine)
Rôle : précurseur des coenzymes de déshydrogénases FAD (flavine adénine dinucléotide) et
FMN (flavine adénine mononucléotide).
Sources : abats, œufs, laitages céréales complètes.
Carence : atteintes au niveau des muqueuses (dermite, conjonctivite, …)
AS chez l’adulte 1,5 à 1,8 mg/j
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B3 (ou vitamine PP ou niacine) - Nicotinamide et acide nicotinique
Rôle : précurseurs des coenzymes des déshydrogénases NAD (nicotinamide adénine
dinucléotide) et NADP (nicotinamide adénine dinucléotide phosphate). Elles peuvent être
synthétisées à partir du tryptophane.
Sources : abats, viande, poisson, arachide, fromage, certaines céréales.
Carence : pellagre (dermatite, diarrhée, risque de démence)
AS chez l’adulte 14 à 17,4 mg/j (LSS nicotinamide 900 mg/j)
Vitamine B5 (acide panthoténique)
Rôle : précurseur du coenzyme A
Sources : presque tous les aliments
Carence : pas de carence spontanée
RNP chez l’adulte 4,7 à 5,8 mg/j
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B6 (pyridoxine, pyridoxamine, pyridoxal)
Rôle : précurseurs du phosphate de pyridoxal, nécessaire au métabolisme des
acides aminés
Sources : abats, viandes, poisson, céréales, légumes et fruits
Carence : pas de carence spontanée
AS chez l’adulte 1,5 à 1,8 mg/j (LSS 25mg/j)
Vitamine B8 (biotine)
Rôle : intervient dans les processus de carboxylation impliqués dans la synthèse
des acides gras.
Carence : pas de carence d’apport. Les consommateurs de blanc d’œuf cru
peuvent avoir un carence par formation d’un complexe biotine-avidine.
ANC (2001) chez l’adulte: 15 à 30 mg/j
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B9 (acide folique et folates)
Rôle : précurseur des coenzymes nécessaires aux réactions de méthylation et à la
synthèse des nucléotides (renouvellement des tissus à turn-over rapide)
Sources : abats et légumes feuilles, lentilles
Carence : anémie hypochrome macrocytaire et mégaloblastique ; l’anémie est due
à une diminution de la multiplication cellulaire consécutive au déficit en nucléotides.
On peut également observer une hyperhomocystéinémie, FDR cardiovasculaire,
des troubles muqueux et digestifs, des troubles neurologiques, et si apports
insuffisants pednant la grossesse : spina bifida, anencéphalie, RCIU…
RNP chez l’adulte 330 mcg/j
(LSS acide folique 1000 mcg/j)
Vitamines hydrosolubles
Vitamine B12 (cobalamine)
Rôle : nécessaire à la synthèse de méthionine et au métabolisme de l’acide folique.
Sources : tissus animaux, œufs et certains fromages
Carence : rare chez les sujets ayant une alimentation variée. Produit une anémie
identique à celle de la carence en vit B9 car elle provoque des perturbations du
métabolisme des folates. Peut provoquer des troubles des muqueuses (glossite) et
des troubles neurologiques (polynévrite, ataxie, syndrome cérébelleux, sclérose
combinée de la moelle…). De plus, une hyperhomocystéinémie est fréquente.
AS chez l’adulte 4 mcg/j
Vitamines hydrosolubles
Vitamine C (acide L-ascorbique)
Rôle : Maturation du collagène. Absorption du fer.
Antioxydant. Rôle dans l’immunité, la cicatrisation, la
détoxication
Sources : fruits (agrumes), légumes (poivrons)…
vitamine très fragile
Carence : scorbut : gingivite hémorragique et
hématomes (symptômes dus au défaut de collagène)
RNP chez l’adulte 110 mg/j
Vitamines hydrosolubles
Bigard et Guezennec, Nutrition du sportif (2017), Masson
Actualisation des repères de consommation alimentaire
des adultes (ANSES) – Décembre 2016
Repères de consommation des aliments: repères du PNNS
(www.mangerbouger.fr)
PNNS4 2019-2023
Les repères du PNNS évoluent
pour intégrer les progrès des
connaissances
2019-2023
Nutri-Score
Dans le cadre de la loi de Santé de 2016, le gouvernement français a recommandé la mise
en place d’une information nutritionnelle claire, visible, et facile à comprendre pour tous.
L’objectif : améliorer l’information nutritionnelle figurant sur les produits et ainsi aider
les consommateurs à acheter des aliments de meilleure qualité nutritionnelle .
L’application du NutriScore, facultative, repose sur le volontariat des entreprises
de l’agroalimentaire et des distributeurs.
A partir de 2021, l’affichage du Nutriscore sera obligatoire dans les publicités
Nutri-Score
Comment est calculé le score d’un produit ?
Pour classer chaque produit, des équipes de recherches internationales ont mis au point
un score qui prend en compte, pour 100 grammes de produit, la teneur :
•en nutriments et aliments à favoriser : fibres, protéines, fruits et légumes
•en nutriments à limiter : énergie, acides gras saturés, sucres, sel
Après calcul, le score obtenu par un produit permet de lui attribuer une lettre et une couleur.
Pour tenir compte des spécificités de certaines familles d’aliments telles que les matières grasses
ajoutées (beurre, huile), les fromages ou les boissons, la méthode de calcul du score a été adaptée
Quels sont les produits concernés par le logo ?
À quelques exceptions près (herbes aromatiques, thés, cafés, levures, etc.), tous les produits
transformés sont concernés par le Nutri-Score. Les produits non transformés comme les fruits et
légumes frais ou le poisson frais ne sont pas concernés.
Le Nutri-Score pourra également être apposé sur les boissons, excepté les boissons alcoolisées