Ulcère gastroduodénal
RACHID ABDOULAYE ADAMOU
MEDECIN GENERALISTE
ENSEIGNANT / ISPS / EFAS/ ISPN
DOSSO
Objectifs
Définir l’ulcère gastroduodénal
expliquer la physiopathologie de l’ulcère
gastroduodénal
Décrire la crise ulcéreuse
Prescrire un traitement de l’éradication de l’HP
I. Généralités
1-1 Définitions
L'ulcère gastro-duodénal(Ulcère gastro-duodénal) est une perte de
substance profonde (atteignant la musculeuse) de la paroi gastrique ou
duodénal.
Il se différencie des érosions qui sont des lésions limitées à la
muqueuse qui atteignent la sous-muqueuse sans la dépasser.
I. Généralités
1-2 Intérêt
Diagnostique: Affection fréquente
Epidémiologique: L'ulcère duodénal est 2 fois plus fréquent que
l'ulcère gastrique, Le sexe ratio: UG : H/F = 1 et UD : H/F = 2 à 3.
Complications: la perforation, hémorragie digestive, cancérisation
II. Physiopathologie
Etat normal: il y a un équilibre entre les facteurs d’agression et les facteurs de
défense de la paroi gastrique.
Les facteurs d’agression sont la sécrétions acide( pompe à proton H+ au pole
apical). Le PH gastrique est acide ( autour de 5).
Les facteurs de défense sont le mucus, le renouvellement des cellules du
revêtement épithélial gastroduodénal et le flux sanguin
Le déséquilibre entre ces facteurs d’agression qui prennent le dessus sur les
facteurs de défense est à la base de la maladie de l'ulcère gastro-duodénal
III. Signes
3-1 Forme typique d’un UGD non compliqué (2/3 des cas)
Douleur ulcéreuse typique
Siège: épigastrique, rarement hypochondre
Type: crampe= faim douloureuse
Irradiation: le dos(postérieur), parfois n’irradie pas
Intensité: variable (modérée)
Calmée par l’alimentation et les antiacides
rythmée par le repas(2-4h)
III. Signes
3-1 Forme typique d’un UGD non compliqué (2/3 des cas)
Examen clinique: Normal le plus souvent
Paraclinique: FOGD montre
Un ulcère gastrique ou duodénal
La taille de l’ulcère
Et de faire une biopsie des berges de l’ulcère
III. Signes
3-2. Les formes compliqués
Hémorragie digestive
Il s’ agit de la complication la plus fréquente des UGD et représente 30 à 40 des hémorragies
digestives hautes.
Le risque est aggravé par les facteurs suivants:
La prise d’AINS
Antiagrégants et/ou anticoagulants
Antécédents d’UGD
III. Signes
3-2. Les formes compliqués
La perforation ulcéreuse
C’est une complication moins fréquente que l’hémorragie.
Elle est favorisée par la prise d’AINS et tabac.
Il peut s’agir d’une perforation en péritoine libre donnant les signes
caractéristiques d’une péritonite.
Dans certains cas, la perforation se fait au contact d’un organe de
voisinage, notamment le pancréas donnant aspect d’ulcère perforé-
bouché avec la régression du syndrome douloureux initial et l’évolution
III. Signes
3-2. Les formes compliqués
Sténose ulcéreuse
Elle est exceptionnelle depuis l’avènement des antisécrétoires.
Elle complique les ulcères bulbaires et pré pyloriques avec une composante
fibreuse et une composante inflammatoire.
La sténose ulcéreuse est révélée par des vomissements post-prandiaux tardifs
Des biopsies sont nécessaires pour éliminer un cancer ou un lymphome
III. Signes
3-2. Les formes compliqués
Transformation cancéreuse
Le risque de transformation cancéreuse sur les berges d’un UG
initialement bénin est faible.
La muqueuse à distance de l’UG peut aussi se cancériser en cas
d’infection à l’Helicobacter pylori en raison de l’existence d’une gastrite
chronique atrophiante multifocale qui est une conditions précancéreuse
Diagnostic différentiel
Adénocarcinome gastrique ou lymphome gastrique
Douleur pancréatique ou biliaire
Insuffisance coronarienne
Péricardite
Ischémie mésentérique
Douleur vertébrale projetée
Maladie de crohn gastrique ou duodénal
IV. Traitement
4-1 But
Eradiquer HP si présente
Cicatriser l’ulcère
Eviter les complications
Traiter les complications si présente
IV. Traitement
4-2 Moyens
Régime hygiéno-diététique: arrêt de tabac
Arrêt de AIS, AINS, anticoagulant…
Traitement médical :
Antisécrétoires: IPP(oméprazole, pantoprazole, lansoprazole…)
Antibiotiques actifs sur l’HP: Amoxicilline, Métronidazole, tétracycline,
clarithromycine
Bismuth
IV. Traitement
4-3 Posologie
Amoxicilline: 1g matin et soir
Clarithromycine: 500 mg matin et soir
Métronidazole: 500 mg matin et soir
Pylera 3 gélules 4 fois par jour
IPP: une dose matin et soir (oméprazole 20 mg, pantoprazole 40 mg,
lansoprazole 30 mg, rabéprazole 20 mg)