LE SCELLEMENT
DENTINAIRE
IMMÉDIAT
Dr. Jamii Hamza
Dr. Lyamani Ahmed
le scellement dentinaire immédiat consiste en l’application d’un
adhésif dentinaire sur cette dentine fraîchement préparée, après fraisage
et avant la prise de l’empreinte, afin de protéger et créer une couche
hybride entre les tibulis dentinaires et les fibres de collagène d’une part,
et les matériaux de collage d’autre part.
Le scellement dentinaire immédiat est indiqué dans le cadre de
restaurations collées (céramique ou en composite) indirectes,
Cette protection présente de nombreux avantages :
■ la création d’une couche hybride plus efficace (environ 3x plus adhérente) sur une dentine
fraiche
■ une protection dentinaire immédiate sans risque de surinfection bactérienne
■ moins de sensibilité post opératoire
■ une dissipation du stress de polymérisation de l’adhésif et une meilleure maturation de la
couche hybride
■ moins de risque d’effondrement du réseau collagénique lors de la pression du collage de la
restauration
■ un collage souvent sans anesthésie nécessaire
■ un comblement éventuel de contre dépouilles avec du composite fluide permettant une plus
grande préservation tissulaire et une simplification de la forme de la restauration
Concernant le collage, des études récentes tendent à montrer une meilleure adhésion sur la
dentine fraîchement préparée, non contaminée par les bactéries salivaires ou le matériau provisoire.
Cette étape est donc particulièrement intéressante sur les dents vivantes reconstituées par de restaurations partielles
collées. Certaines précautions doivent toutefois être prises pour ne pas compliquer le protocole clinique :
■ L’IDS doit être réalisé sous un champ opératoire étanche
■ L’IDS ne doit être réalisé que sur la dentine et non sur l’émail, les excès d’adhésif sur l’émail doivent être supprimés
avant l’empreinte avec une fraise ou un insert de sonoabrasion
■ L’IDS doit être réalisé après la taille et avant l’empreinte
■ L’IDS doit être préférentiellement réalisé avec un adhésif MR3 ou SAM2 chargé (Ex: Optibond FL de Kerr)
■ L’IDS peut être recouvert d’un composite fluide lorsque l’épaisseur disponible pour la restauration est de plus de 2 mm
■ L’IDS peut être recouvert d’un composite fluide pour combler des contre dépouilles lorsque les parois résiduelles sont
suffisamment résistantes
■ L’IDS doit être réalisé avant la restauration provisoire
■ L’IDS doit être photopolymérisé sous une couche de glycérine pour éliminer la couche inhibée par l’oxygène qui risquerait
de se lier à la restauration provisoire en résine et de perturber la surface du silicone d’empreinte.
■ L’IDS doit être glycériné avant la réalisation d’une restauration provisoire en résine qui risquerait de rester collée.
■ L’IDS ne doit pas être retiré lors du collage de la restauration qui se fera directement sur cette couche adhésive déjà
Protocole clinique :
■ Après isolation de la dent à l’aide d’un champs opératoire ,
permettant de garantir des conditions d’étanchéité et d’ergonomie
optimales, un adhésif Universel (G-premio Bond, GC
Corporation), utilisé en protocole automordançant, est appliqué sur la
dentine fraîchement préparée.
■ L’adhésif est brossé à l’aide d’une microbrush (15 secondes). Il est
ensuite délicatement séché à l’aide d’un spray d’air pour évaporer les
solvants, favoriser son étalement et laisser le temps nécessaire à sa
pénétration (20 secondes). Enfin, il est photopolymérisé (40
secondes) avec une lampe polychromatique (Gc D-light pro, GC
Corporation).
■ Un composite fluide de haute performance (G-aenial Universal
Injectable, GC Corporation) est alors apporté en fine épaisseur,
permettant d’épaissir la couche hybride et d’optimiser le design
cavitaire et la préservation tissulaire.
■ L’exploitation de la thixotropie du composite à l’aide d’une sonde n°6
améliore son application sur la surface et limite l’incorporation de
bulles. Il est ensuite photopolymérisé une première fois (20
secondes). La composite est de nouveau photopolymérisé (20
secondes) sous une couche de glycérine pour permettre la
polymérisation de la couche inhibée par l’oxygène de surface. Il est
également possible de frotter vigoureusement la surface à l’aide d’un
coton imbibé d’alcool ou de réaliser un polissage mécanique du
composite pour éliminer cette couche.
■ La suppression de la couche d’inhibition permet à la fois d’éviter
l’adhérence de la résine de temporisation au composite de l’IDS et
améliore localement l’état de surface du silicone d’empreinte, dont
elle perturbe la condensation(5).
■ Enfin, un polissage des limites périphériques est nécessaire pour
supprimer les excédents de composite sur le bord de l’émail,
garantissant l’obtention d’une interface unique émail-restauration très
favorable à la pérennité du joint collé et au comportement mécanique
de la future restauration.
Protocole clinique actualisé :
Le protocole de l’IDS a subi de nombreuses évolutions au cours des vingt
dernières années. Il est désormais bien codifié. Des instructions ont été
proposées par P. Magne
[4] et présentent 9 étapes principales.
L’IDS étant un protocole adhésif, on préférera, à chaque fois que cela
possible, placer un champ opératoire dès le début de la séance afin
d’optimiser la procédure.
■ Exposition d’une dentine fraîchement coupée à l’aide d’une fraise
diamantée (procédures mordan-çage/rinçage) ou carbure de
tungstène (approche auto-mordançage) (fig.1)
■ Application de l’adhésif selon les recommandations du fabricant (MR3
ou MR2) en couche épaisse et polymérisation (fig. 2). Si l’adhésif
choisi n’est pas chargé, alors recouvrir d’une couche de composite
fluide polymérisé (fig. 3).
■ Optionnel : utiliser un composite de Recouvrir la préparation d’un
restauration pour corriger la gel de glycérine et polymériser
géométrie, surélever la préparation pendant 10 secondes (blocage
ou combler les contre-dépouilles (fig. de l’air) puis rincer (spray
4). air/eau) (fig. 5)
Finir les marges amélaires à l’aide d’une fraise dia-
mantée (fig. 6).
Le cas clinique exposé dans les figures 7 à 27 illustre la
procédure exposée :
Conclusion
L’IDS :
- augmente les valeurs d’adhérence des restaurations collées en améliorant la qualité
de la couche hybride obtenue ;
- protège le complexe dentino-pulpaire et limite le stress pulpaire à une seule
intervention (au moment de la préparation) ;
- diminue fortement les sensibilités postopératoires. L’anesthésie devient
fréquemment inutile lors de l’assemblage ;
- facilite la temporisation. La plaie dentinaire est hybridée et la résine transitoire n’a
alors plus que pour fonction de maintenir l’espace mésio-distal et les rapports occlusaux ;
- facilite l’assemblage car la dualité tissulaire est déjà traitée. La restauration finale est
collée sur des substrats favorables : l’émail périphérique et la résine composite de l’IDS ;
- permet une préservation tissulaire maximale en comblant les contre-dépouilles à
l’aide de composite (épaisseur ≤ 1 mm). Les structures dentaires s’entrouvent renforcées
et la démarche devient additive et non soustractive.
La réalisation de l’IDS présente de nombreux avantages
cliniques, biologiques et biomécaniques dans la réalisa-
tion de restaurations adhésives indirectes. La mise en
œuvre reste exigeante et est soumise au respect strict
d’un protocole bien défini par la littérature.
Bibliographie :
■ [Link]
mediat-1/
■ [Link]
■ [Link]
■ [Link]
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