La comptabilité publique
des collectivités
territoriales
Introduction:
Définition des collectivités territoriales
La collectivité territoriale est une partie du territoire qui suppose une délimitation
géographique précise, basée sur des considérations historiques, socio tribales,
culturelles, institutionnelles ou dans le but de réaliser des solidarités et des
complémentarités entre les composantes de la région (région, préfecture, commune)
I - Historique et cadre
juridique de la
comptabilité publique
des collectivités
territoriales au Maroc
1 - Historique de la comptabilité publique des
collectivités territoriales au Maroc
La comptabilité publique moderne a été
introduite au Maroc par le dahir du 09 juin
1917.
Apres l’indépendance, un dahir daté du
06 aout 1958 a été promulgué pour
règlementer la comptabilité publique, ce
texte constitue une reprise des
dispositions du dahir de 1917. Ce n’est
qu’en 1967 avec la promulgation du
règlement général de la comptabilité
publique (rgcp) par le décret royal 330-66
du 21 avril 1967 que les dispositions
modernes ont été introduites.
1 - Historique de la comptabilité publique des
collectivités territoriales au Maroc
Le décret numéro 2-09-441 portant
règlement de la comptabilité publique des
collectivités locales et de leur groupement
a été promulgué le 03 Janvier 2010.
La comptabilité publique des collectivités
territoriales est réglementée actuellement
:
• Pour les régions et leurs groupements par le
décret n°2-17-449 promulgué le 23 novembre
2017
• Pour les préfectures, les provinces et leurs
groupement par le décret n°2-17-450 du 23
novembre 2017
• Pour les communes et les établissements de
coopération intercommunales par le décret
2 – Le cadre juridique de la comptabilité publique
des collectivités territoriales au Maroc
A- Les dispositions législatives
Les lois organiques relatifs aux collectivités
territoriales :
• La loi organique n°111-14 relative aux régions
• La loi organique n°112-14 relative aux
préfectures et provinces
• La loi organique n°113-14 relative aux
communes
2 – Le cadre juridique de la comptabilité publique
des A-
collectivités territoriales
Les dispositions au Maroc
législatives
La loi 47-06 a institué des taxes au profits des
collectivités territoriales et elle a déterminé les
règles d’assiette, les modalités de recouvrement et
les sanctions applicables en cas de manquement
aux obligations.
Les finances locales sont également soumises à
des dispositions législatives dans différents textes
de loi :
- La loi n°61-99 du 3 avril 2002 relative à la
responsabilité des ordonnateurs, des contrôleurs
et des comptables publiques
- La loi n°62-99 formant code des juridictions
2 – Le cadre juridique de la comptabilité publique
des collectivités territoriales au Maroc
B- Les dispositions réglementaires
Les décrets portants règlement de la comptabilité
publique des collectivités territoriales et de leurs
groupements :
- Le décret n°2-17-449 du 23 novembre 2017 pour
les régions et leurs groupements
- Le décret n°2-17-450 du 23 novembre 2017 pour
les préfectures et provinces et leurs groupements
- Le décret n°2-17-451 du 23 novembre 2017 pour
les communes et les établissement de coopération
intercommunales
II – Qu’est ce que la comptabilité publique des
collectivités territoriales ?
C’est l’ensemble des règles qui régissent
l’exécution et le contrôle de leurs
opérations financières et comptables, ainsi
que la tenue de leurs comptabilité et qui
précisent en outre, les obligations et les
responsabilités des agents qui en sont
chargés.
II – Qu’est ce que la comptabilité publique des
collectivités territoriales ?
A – Exécution du budget
1- Définition du budget
Le budget est l’acte par lequel est prévu et
autorisé, pour chaque année budgétaire,
l’ensemble des ressources et des charges
de la collectivité territoriale.
Le budget est un acte de prévision qui établi
un état estimatif des recettes et des
dépenses à réaliser pendant l’année à venir,
suite à un vote de la collectivité territoriale.
II – Qu’est ce que la comptabilité publique des
collectivités territoriales ?
A – Exécution du budget
Le budget des collectivités territoriales est
exécuté par l’ordonnateur et le comptable
en respect du principe de séparation
fonctionnelle entre les agents d’exécution et
conformément à des règles applicables aux
recettes et aux dépenses
II – Qu’est ce que la comptabilité publique des
collectivités territoriales ?
2 – La séparation des fonctions
d’ordonnateurs et de comptables publiques
Le budget des collectivités territoriales est
exécuté par l’ordonnateur et le comptable
publique en respect du principe de
séparation fonctionnelle entre les agents
d’exécution et conformément à des règles
applicables aux recettes et aux dépenses
a – Les opérations des recettes
Les ressources des communes et des
établissements de coopération
intercommunales comprennent :
- Les taxes, droits et redevances institués à
leurs profit par la législation et la
règlementation en vigueur;
- Les produits et revenus domaniaux;
- Le produit de rémunération pour services
rendus
- Le produit des exploitations et des
participations financières
- Le produit des emprunts
- Les fonds de concours, les dons et legs
- Toutes autres recettes instituées à leur
profit par le législateur et la
règlementation en vigueur ou résultat de
décisions de justice ou de conventions.
Les créances des communes et des
établissements intercommunales sont
constatées et liquidées, selon leur nature,
dans les conditions fixées par les lois et
règlements en vigueur, sur la base de
conventions ou en vertu de décisions de
justice.
b – Les opérations effectuées par l’ordonnateur
Pour réaliser les recettes l’ordonnateur doit
effectuer les opérations suivantes:
- Le constat des droits : l’ordonnateur doit
d’abord constater les droits au profit de la
collectivité locale, c'est à dire vérifier
l'existence d'une créance au profit de
cette dernière, il ne crée pas la recette,
dans les mesures ou celle-ci résulte de
l'application du droit
- La liquidation : la liquidation de la taxe
est l'opération de calcul de cette taxe par
application du taux ou du tarif pour
déterminer le montant dû
- L’émission de l’ordre de recettes : toute
créance liquidée fait l’objet d’un ordre de
recettes individuel ou collectif émis et
rendu exécutoire par l’ordonnateur
compétent et appuyé de tous les
documents justifiants la régularité de la
perception.
Toutefois, il n’est pas émis d’ordre de
recettes au titre des taxes locales dont le
seuil est (en application de la loi 47 - 06 tel
qu’elle a été modifiée par la loi 07 – 20)
inférieur ou égal à 200 DH.
L’ordre des recettes doit indiquer les bases
de liquidation de la créance ainsi que les
éléments permettant l’identification du
débiteur.
Les taxes et autres créances ayant fait
l’objet d’ordre de recettes individuel ou
collectif sont, sauf dispositions contraires,
prévues par les textes propres à chacune
d’elles, exigibles dès la mise en
recouvrement des dits ordres de recettes ou
à l’échéance fixée par l’acte ayant donné
naissance à la créance.
Les conventions, les contrats ou les
engagements comportant la perception de
recettes, par termes échelonnés sur
plusieurs années, donnent lieu à l’émission ,
par l’ordonnateur compétent, d’un ordre de
recettes pour le montant dû au titre de
chaque année, qu’il adresse au comptable
chargé du recouvrement, deux mois avant
la date de l’échéance.
L’ordre de recettes émis au titre de la
première année doit être appuyé d’un
exemplaire de l’acte ayant donné naissance
à la créance.
En cas de modification, l’acte modificatif est
annexé à l’ordre de recettes émis au titre de
3 – L’ordonnateur
L’ordonnateur : selon l’article du décret
n° 2-17-451, est ordonnateur de
recettes et de dépense d’une commune ou
d’un établissement de coopération
communale, toute personne ayant qualité
pour :
- Constater, liquider et ordonner le
recouvrement des créances
- Engager, liquider et ordonner le paiement
des dettes
L’ordonnateur peut, sous sa responsabilité,
déléguer sa signature par voie d’arrêté au
directeur général ou au directeur des
services, établi en deux originaux dont l’un
est notifié au comptable assignataire. Ces
originaux doivent comporter spécimen de
signature de l’ordonnateur délégué.
De même, l’ordonnateur peut designer,
dans les mêmes formes, les présidents des
conseils d’arrondissements comme des
sous-ordonnateurs auxquels il délègue
partie de ses attributions dans les limites
fixées par l’ordonnance de délégation de
crédits ou dans autre documents
conformément à l’article 240 de la loi
organique 113-14
« Le président du conseil de la commune
peut déléguer au président du conseil
d’arrondissement, dans le ressort territorial
de l’arrondissement, l’ordonnancement des
dépenses d’équipement relatives aux
projets de proximité. »
Dans ce cas, le président du conseil désigne
les présidents des conseils
d’arrondissements comme sous
ordonnateurs des dites dépenses
conformément aux modalités fixées par la
règlementation en vigueur, l’ordonnateur
délégué est le sous-ordonnateur agissent
sous la responsabilité et le contrôle de
L’ordonnateur, l’ordonnateur délégué ou le
sous-ordonnateur doivent se faire accréditer
auprès du comptable assignataire des
recettes et des dépenses et leur
communiquer des spécimens de leur
signature.
a - Les attributions de l’ordonnateur
relatives au opérations de recettes
- L’établissement des ordres de recettes
- L’enregistrement des ordres de recettes
dans la comptabilité administrative
- L’envoi au comptable publique des
bordereaux d’émission appuyé des titres
de recettes et des pièces justificatives
b - La responsabilité des ordonnateurs
Selon la loi n°61-99 relative à la
responsabilité des ordonnateurs, des
contrôleurs et des comptables publics,
l’ordonnateur de droit, l’ordonnateur
désigné, l’ordonnateur délégué, les sous-
ordonnateurs et leurs suppléants est
responsable des actes qu’il a pris, visés ou
exécutés, depuis la date de sa prise de
service jusqu’à celle de cessation de ses
fonctions.
Les ordonnateurs sont, en vertu des lois et
règlements en vigueur, personnellement
responsables du:
- Respect des règles d’engagement, de
liquidations et d’ordonnancement des
dépenses publiques
- Respect de la règlementation relative aux
marchés publiques
- Respect de la législation et la
règlementation relative à la gestion du
personnel
- Ordres de réquisition dont ils ont fait
usage en matière de paiement des
dépenses publiques
- Respect des règles relative à la
constatation, à la liquidation et à
l’ordonnancement des créances
publiques
- Recouvrement des créances publiques
dont ils ont éventuellement la charge en
vertu de la législation en vigueur
- Respect des règles de gestion du
patrimoine de l’organisme publique en
leur qualité d’ordonnateurs de recettes et
de dépenses.
3 – Le comptable public
Selon l’article n°11 du décret n°2-17-451 du
23 novembre 2017 : est comptable public
d’une commune ou d’un établissement de
coopération intercommunale, tout
fonctionnaire ou agent ayant qualité pour
exécuter, pour le compte des dits
organismes, des opérations de recettes, de
dépenses ou de maniement de titres, soit
au moyen de fonds et valeurs dont il a la
garde, soit par virement internes
d’écritures, soit par l’entremise d’autres
comptables publics ou de comptes externes
de disponibilité dont il ordonne ou surveille
les mouvements
a - Les attributions du comptable public
relatives aux opérations de recettes
Le comptable public est chargé de :
- L’encaissement des droits au comptant et
des taxes déclaratives dans les conditions
prévues par la législation et la
règlementations en vigueur;
- La prise en charge et du recouvrement des
ordres de recettes individuels ou collectifs
émis par l’ordonnateur dans les conditions
prévues par le décret n°2-17-451;
- La conservation des fonds et des valeurs
dont il a la garde;
- La tenue de la comptabilité de la commune
ou de l’établissement de coopération
- La conservation des pièces justificatives
des opérations dont il a assuré l’exécution
ou la centralisation.
Il est en outre chargé de faire toutes les
diligences nécessaires pour le recouvrement
des recettes et droits, signaler à l’ordonnateur
toutes moins value constatée dans les
revenus du domaine privé de la commune ou
de l’établissement de coopération
intercommunale
établissements de coopération
intercommunale sont des comptables
principaux et secondaires :
- les comptables principaux sont ceux qui, en
vertu des lois et règlements en vigueur ou
d'une décision du ministre chargé des
finances, sont tenus de produire,
annuellement, à la Cour régionale des
comptes compétente, les comptes des
communes et des établissements de
coopération intercommunale dont ils sont
comptables assignataires. Les dits comptes
comprennent les opérations exécutées par
leurs soins et celles dont ils ont centralisé les
pièces
- les comptables secondaires sont ceux dont
les opérations exécutées sont centralisées
par un comptable principal qui en assure
l'imputation définitive au vu des pièces
justificatives produites. Toutefois, leur
responsabilité demeure engagée au titre
desdites opérations dans les conditions
fixées par la législation en vigueur.
Les comptables publics des communes et des
établissements de coopération intercommunale
sont :
- les trésoriers régionaux;
- les trésoriers préfectoraux ou provinciaux;
- les percepteurs.
b - La responsabilité des comptables publics
Selon l’article 6 de la loi n° 61-99 relative à
la responsabilité des ordonnateurs, des
contrôleurs et des comptables publics;
« les comptables publics de l’Etat, des
collectivités locales et de leurs groupement
sont, sauf réquisition régulièrement prise
par l’ordonnateur, personnellement et
pécuniairement responsables, dans la limite
des compétences qui leur sont dévolues par
les lois et règlements en vigueur :
- de la conservation des fonds et valeurs
dont ils ont la garde;
- de la position des comptes externes de
disponibilités qu'ils surveillent ou dont ils
ordonnent les mouvements;
- de l'encaissement régulier des recettes
dont le recouvrement leur est confié ;
- du contrôle de la validité de la dépense
portant sur l'exactitude des calculs de
liquidation, l'existence de la certification ou
du visa préalable d'engagement lorsque
cette certification ou ce visa est requis et le
caractère libératoire du règlement;
- des paiements qu'ils effectuent.
Ils sont en outre tenus de s'assurer :
- de la qualité de l'ordonnateur;
- de la disponibilité des crédits;
--de la production des pièces justificatives
réglementaires… »
c - Nomination du comptable public
Les comptables publics sont nommés par
décision du ministre chargé des finances ou
de la personne déléguée par lui, à cet effet,
une copie de la décision est adressée à la
cour des comptes compétente.
Les comptables publics sont tenus dés leur
prise de fonction de souscrire à titre
individuel ou collectif, une police
d’assurance auprès d’une entreprise
d’assurance agrée, garantissant durant
l’exercice de leur fonctions leur
responsabilité personnelle ou pécuniaire.
Aux termes de ce contrat sont assurés les
risques pouvant résulter de perte, de
destruction, de vol de fonds ou valeurs dont
ils ont la garde, d’arrêts ou de décisions les
déclarant débiteurs.
Les primes annuelles d’assurances sont à la
charge des comptables publics, auxquels
une attestation est délivrée aux fins de
production à la juridiction financière
compétente.
Les comptables publics des communes et
des établissements de coopération
intercommunale assurent la gestion des
postes comptables qui leur sont confier.
Ils peuvent être assistés d’un ou de
plusieurs adjoints à qui ils peuvent déléguer
leur signatures pour agir en leur nom et
sous leur contrôle et leur responsabilité.
Les comptables publics et leur adjoints sont
accrédités auprès des organismes teneurs
des comptes externes de disponibilité dont
ils ordonnent ou surveillent les
mouvements.
Chaque poste comptable dispose d’une
seule caisse et en cas de besoin d’un seul
compte courant et ou d’un seul compte
courant postal et ou d’un sous compte du
compte courant du trésor.
En aucun cas, l’intitulé du compte d’un
poste comptable ne peut être libellé au nom
d - Gestion de fait
Conformément à la législation en vigueur,
est déclaré comptable de fait, toute
personne qui effectue sans y être habilitée
par l’autorité compétente, des opérations de
recettes de dépenses de détention et de
maniement de fonds ou de valeurs
appartenant à une commune ou à un
établissement de coopération
intercommunale.
Le comptable de fait est soumis au mêmes
obligations et contrôlent et assument les
mêmes responsabilités qu’un comptable
public