Présentation:
Les principes juridiques relative ou
portant sur la formation dès contrat civils
au Maroc.
RÉALISÉ PAR :
MOHAMED AGHALI HAIDARA
ENCADRÉ PAR :
KARIM BENZIANE
Plan :
Introduction
I. Principes généraux portants sur la formation des
contrats civils au Maroc
II. Importance des principes généraux dans la formation
des contrats
III. Règles spécifiques à chaque type de contrat
IV. Les différentes formes de contrats civils
conclusion
Introduction:
Le contrat est un acte juridique par lequel une ou plusieurs personnes
s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire
quelque chose. Il est l’une des sources principales des obligations en droit civil
marocain, qui repose sur le Dahir des obligations et des contrats (DOC)
promulgué en 1913 modifié par la loi 53.05. Le contrat civil est celui qui a pour
objet des droits et des obligations de nature purement civile, par opposition aux
contrats commerciaux, administratifs ou sociaux. Les contrats civils au Maroc
sont régis par les principes généraux du droit des obligations, ainsi que par des
règles spécifiques à chaque type de contrat. Dans ce travail, nous allons étudier
les principes généraux, les éléments essentiels du contrat, la capacité des
parties, le consentement, l’objet du contrat, les vices du consentement (article 2
du DOC), ainsi que les règles spécifiques à chaque type de contrat et les
différentes formes de contrats civils au Maroc.
I. Principes généraux portants
sur la formation des contrats
civils au Maroc
A. Les trois (3) principes
importants:
Liberté contractuelle et consentement mutuel:
La liberté contractuelle est le principe selon lequel les parties sont libres de contracter ou
de ne pas contracter, de choisir leur cocontractant, de déterminer le contenu et la forme
de leur contrat, dans les limites de l’ordre public et des bonnes mœurs. Ce principe est
consacré par l’article 1 du DOC qui dispose que: "les obligations dérivent des conventions
et autres déclarations de volonté…Le consentement mutuel est la manifestation de la
volonté des parties de s’engager réciproquement par le contrat. Il est l’élément essentiel
de la formation du contrat et doit être libre, éclairé et non vicié. L’article 19 du D.O.C
précise que “la convention n’est parfaite que par l’accord des parties sur les éléments
essentiels de l’obligation ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les parties
considère comme essentielles. Le consentement n’est valable que s’il est donné par des
personnes capables de contracter, et s’il n’est pas entaché d’erreur, de violence ou de
dol”.
Objet licite et cause valable :
L’objet du contrat est la prestation ou la chose qui fait
l’objet de l’échange entre les parties. Il doit être déterminé
ou déterminable, possible, licite et conforme aux bonnes
mœurs. L’article 58 du D.O.C dispose que “l’objet du
contrat doit être une chose déterminée quant à son
espèce. La cause du contrat est le motif légitime qui
pousse les parties à contracter. Elle doit être réelle(art.2 du
DOC), licite et non contraire à l’ordre public et aux bonnes
mœurs. L’article 57 du D.O.C énonce que “la cause du
contrat est illicite, quand elle est prohibée par la loi”.
Égalité des parties et exécution de bonne
foi:
L’égalité des parties est le principe selon lequel les parties
doivent être traitées de manière équitable et respectueuse par le
contrat. Ce principe implique que le contrat ne doit pas créer de
déséquilibre excessif ou de situation abusive au profit de l’une des
parties. Les conventions doivent être exécutées de bonne foi.
L’exécution de bonne foi est le principe selon lequel les parties
doivent respecter leurs obligations contractuelles avec loyauté,
honnêteté et diligence. Ce principe interdit aux parties de se
comporter de manière malveillante, frauduleuse ou déloyale, ou de
profiter de la situation de faiblesse ou d’ignorance de l’autre partie.
Celui qui est obligé de délivrer ou de faire quelque chose, est tenu de
B. Les éléments essentiels portants sur la
formation des contrats civils au Maroc
Pour qu’un contrat soit valide, il faut qu’il
réunisse trois conditions : le consentement des
parties, la capacité des parties et un objet
certain qui forme la matière du contrat. Ces
conditions sont cumulatives et leur absence
entraîne la nullité du contrat.
1. La capacité des parties (de
l’article 3 à l’article 13 du
DOC, la loi 70-03 du C.F) :
La capacité des parties est l’aptitude à contracter, c’est-à-
dire à être titulaire de droits et d’obligations. Elle est réglée par
la loi qui régit le statut personnel. Toute personne est capable
d’obliger et de s’obliger, si elle n’en est déclarée incapable par
cette lois(article 3)Elle dépend de l’âge, de la santé mentale et
du statut juridique des parties(loi 70-03 C.F).
La capacité juridique des parties contractantes est régie par la loi
70-03 dans ses articles 213 à 217. Elle se divise en deux
catégories :
la capacité de jouissance et la capacité d’exercice.
a) La capacité de jouissance :
La capacité de jouissance est le droit d’être
titulaire de droits et d’obligations. Elle est reconnue à
toute personne, physique ou morale, dès sa naissance
ou sa création. Cette capacité est attaché à la personne
durant toute sa vie et ne peut lui être enlevée(article
207 du code la famille).Il y’a incapacité de jouissance
lorsque la personne est privée du droit d’accomplir tel
ou tel acte juridique, cela reviendra à la priver de la
personnalité elle même(Jacques flour,Jean Luc et Éric
Savaux,droit civil, les obligations,1.L’acte juridique, Ed
Sirey,15eme édition, n 226 p.218)
b) La capacité d’exercice :
La capacité d’exercice est le droit d’exercer soi-même ses droits et ses
obligations. Elle est soumise à des conditions d’âge, de santé mentale et de
représentation légale(loi 70-03 C.F).
La distinction entre les personnes physiques et morales est importante pour
déterminer la capacité des parties. Les personnes physiques sont les êtres
humains, qui ont une existence naturelle. Les personnes morales sont les
groupements de personnes ou de biens, qui ont une existence juridique.
Les personnes physiques acquièrent la capacité d’exercice à la majorité, qui
est fixée à 18 ans, sauf émancipation anticipée(loi 70-03).Cette capacité
acquise à l’âge de 18 ans est limitée par les dispositions prévues par les
article 213 à 217 de la loi 70-03.
Les personnes morales acquièrent la
capacité d’exercice par leur immatriculation au
registre du commerce ou leur reconnaissance par
l’autorité publique.
La capacité d’exercice est limitée dans les cas
suivants :
l’enfant qui, ayant atteint l’âge de
discernement, n’a pas atteint celui de la
majorité (mineur)
le prodigue
le faible d’esprit
L’enfant mineur :
L’âge de la majorité légale est fixé à dix-huit années grégoriennes
révolues(article 209); avant cet âge, l’enfant est considéré comme étant un mineur
et par conséquent ne peut accomplir des actes juridiques par lui-même. Tout acte
qu’il entreprend est considéré comme nul et ne produit aucun effet juridique(article
224).
Le mineur qui n’a pas encore atteint l’âge de douze années grégoriennes révolues
ne jouit pas de la capacité d’exercice(article 217).
Les actes juridiques accomplis par le mineur doué de discernement (mineur ayant
atteint l’âge de 12 années grégoriennes révolues) sont soumis aux règles suivantes
:
Ils sont valables, s’ils lui sont pleinement profitables,
Ils sont nuls, s’ils lui sont préjudiciables,
S’ils ne revêtent pas un caractère profitable ou préjudiciable
évident, leur validité est subordonnée à l’approbation de son
représentant légal, accordée compte tenu de l’intérêt prépondérant
de l'interdit et dans les limites des compétences conférées à
chaque représentant légal(article 225).
L’article 226 du code de la famille prévoit d’autres règles qui
concernent le mineur ayant atteint de douze années grégoriennes
révolues ; ainsi selon le même texte, « il peut prendre possession
d’une partie de ses biens pour en assurer la gestion, à titre d’essai.
Selon les dispositions du même article » l’autorisation, à cet effet, est
accordée par le tuteur légal ou par décision du juge des tutelles, sur
demande du tuteur testamentaire ou datif ou du mineur intéressé. Le
Lorsque le mineur atteint l’âge de seize ans, les
dispositions de l’article 218 du code de la famille sont
applicables, ainsi, « il peut demander au tribunal de lui
accorder l’émancipation. Le représentant légal peut
demander au tribunal d’émanciper le mineur qui a atteint
l’âge susmentionné, lorsqu’il constate qu’il est doué de bon
sens. La personne émancipée entre en possession de ses
biens et acquiert sa pleine capacité concernant la gestion
et la disposition de ses biens. L’exercice des droits, autres
que patrimoniaux, demeure soumis aux textes les
régissant. Dans tous les cas les personnes susmentionnées
ne peuvent être émancipées que lorsqu’il est établi devant
Le dément ()فاقد العقل:
Le dément est celui qui a perdu la raison et par conséquent
la faculté totale de mesurer les actes qu’il accomplit. La
personne qui perd la raison de manière discontinue a pleine
capacité durant ses moments de lucidité précise l’article 217 du
code de la famille. Ce texte ajoute que la perte volontaire de la
raison ne dégage pas de la responsabilité.
le prodigue()السفيه:
Le code de la famille définit le prodigue comme étant « celui qui
dilapide ses biens par des dépenses sans utilité ou considérées comme
futiles par les personnes raisonnables, d’une manière qui porte
préjudice à lui-même ou à sa famille »(art 215). Le juge peut prononcer
l’état de prodigalité et interdire la personne concernée d’exercer ses
droits liés à l’accomplissement des actes juridiques. Cette action est
diligentée par les personnes ayant la qualité et l’intérêt pour le faire.
L’interdit pour prodigalité a le droit de demander au tribunal la
levée de l’interdiction, lorsqu’il s’estime être doué de bon sens. Ce droit
est également ouvert à son représentant légal(alinéa 2 de l’article 218
du C.F)
Le faible d’esprit()المعتوه:
Le faible d’esprit est la personne atteinte d’un
handicap mental l’empêchant de maîtriser sa pensée
et ses actes(art 216). Il est interdit d’exercer
pleinement ses droits par le juge, mais, comme pour le
prodigue, cette interdiction peut être levée à sa
demande ou à la demande de son représentant légal.
Représentation légale :
La représentation légale de l’incapable est assurée par des règles
contenues dans le code de la famille qui détermine d’une part les
compétences et responsabilités du représentant légal et qui d’autre
part, organise la surveillance générale dans le but d’assurer la
protection des intérêts des incapables et des personnes non
pleinement capables.
La représentation légale est exercée au titre de trois voies :
la tutelle légale ; ()والية
la tutelle testamentaire ()وصاية
la tutelle dative. art 229 ()تقديم
Le code de la famille détermine le représentant légal comme étant :
le tuteur légal ( الوليl ): le père, la mère ou le juge,
le tuteur testamentaire ) ) الوصيdésigné par le père ou par la mère,
le tuteur datif ( ) المقدمdésigné par la justice(art 230).
Les personnes habilitées à exercer la représentation légale sont les
suivantes :
Le père majeur ;-La mère majeure à défaut du père ou par suite de la perte de la capacité
de ce dernier ;
Le tuteur testamentaire désigné par le père ;
le tuteur testamentaire désigné par la mère ;
le juge ;
le tuteur datif désigné par le juge(art 231).
Le représentant légal exerce sa tutelle non seulement sur les biens du mineur ou du
dément mais également sur leur personne, mais pour celui qui a perdu la raison, cette tutelle
sur la personne et sur lesbiens continue jusqu’à la levée de cette interdiction par le juge.
Pour le prodigue et le faible d’esprit, la tutelle s’exerce uniquement sur les biens jusqu’à sa
levée par le tribunal. Celui-ci, même en l’existence d’un tuteur testamentaire, peut désigner
un tuteur datif chargé de l'assister ou en vue d’assurer une gestion autonome de certains
intérêts financiers du mineur(art 234).
Détermination de la compétence et de la
responsabilité du représentant légal
Le rôle du représentant légal n’est pas seulement de protéger les
biens de l’interdit, mais de le préparer à la vie en l’éduquant
conformément aux principes religieux, en le formant et en se
chargeant de la gestion courante de ses biens. Tout bien ayant une
valeur pécuniaire appartenant au mineur doit être déclaré au juge qui
prend les dispositions nécessaires pour qu’il soit sauvegardé et
préservé. Le représentant légal, dans l’exercice de sa mission, reste
soumis à la surveillance judiciaire.
Le père en tant que tuteur
légal:
Le code de la famille considère le père comme étant un tuteur
légal de ses enfants tant qu’il n’est pas déchu de ce droit par une
décision judiciaire. La mère exerce ce droit si le père est empêché,
mais elle n’ale droit d’intervenir que pour préserver les intérêts
urgents des enfants mineurs(art 236).Le père a le droit de désigner
un tuteur testamentaire à son enfant interdit ou à naître ; il a aussi
le droit de le révoquer à tout moment. Au décès du père, le tuteur
testamentaire doit être confirmé dans sa mission par le juge des
tutelles ; ce dernier s’il estime que le tuteur testamentaire n’est pas
en mesure de gérer le patrimoine de l’enfant mineur, a parfaitement
le droit de le révoquer et de prendre les mesures adéquates pour
préserver les intérêts de cet enfant.
La mère en tant que tutrice
légale :
La mère exerce sa mission en sa qualité de tutrice légale si deux conditions sont
réunies :
Si elle est majeure
Si le père, par suite de décès, d’absence, de perte de capacité, ou pour tout autre
motif ne peut assumer la tutelle.
La mère dispose des mêmes droits que le père dans la désignation ou la révocation
d’un tuteur testamentaire ; ce dernier est soumis aux mêmes règles vis-à-vis du juge si
la mère vient à décéder. Le dernier alinéa de l’article 239 du code de la famille traite de
la situation dans laquelle le père de son vivant désigne un tuteur testamentaire ; cette
disposition légale limite le pouvoir de ce dernier à suivre la gestion par la mère des
affaires du mineur soumis à la tutelle et à saisir la justice, le cas échéant.
Le père ou la mère en tant que tuteurs légaux,
doivent procéder à l’ouverture d’un dossier de
tutelle légale si la valeur des biens de l’interdit
dépasse deux cent mille dirhams (200.000dh)(art
240).Le tuteur légal, en fin de mission comme en
cas de gestion courante et si un dossier de tutelle
est ouvert, est tenu de dresser un rapport détaillé
de la gestion des biens de l’interdit pour qu’il soit
soumis au juge pour homologation. Ce dernier a le
Le tuteur testamentaire et le
tuteur datif :
Le tribunal procède à la désignation d’un tuteur datif parmi
les plus proches ou à défaut parmi les autres proches sinon
parmi les tiers et ce en l’absence de la mère ou du tuteur
testamentaire suivant la procédure indiquée dans l’article 245
du code de la famille. Le tuteur testamentaire ou datif doivent
jouir de la pleine capacité, être diligents, résolus et honnêtes.
Cette tutelle ne doit pas être confiée aux
personnes suivantes :
à la personne condamnée pour vol, abus de
confiance, faux ou toute infraction portant
atteinte à la moralité ;
au failli et au condamné à une liquidation
judiciaire ;
à la personne qui a avec l’interdit un litige
soumis à la justice ou un différend familial
susceptible de porter atteinte aux intérêts de
Conformément aux dispositions de l’article 258 du
code de la famille, la mission du tuteur testamentaire
ou datif prend fin dans les cas suivants :
le décès de l’interdit, le décès ou l’absence du tuteur
testamentaire ou datif
lorsque l’interdit a atteint la majorité, sauf s’il est
maintenu sous interdiction, par décision judiciaire pour
d’autres motifs
l’achèvement de la mission pour laquelle le tuteur
testamentaire ou datif a été désigné, ou l'expiration de la
durée qui lui a été fixée
l’acceptation de l’excuse invoquée par le tuteur
Le tuteur testamentaire ou datif est responsable des
manquements à leur mission de représentation; ainsi, ils
assument toute responsabilité des dommages causés par
tout retard injustifié dans la présentation des comptes ou
la remise des biens(art 260). La loi aggrave la
responsabilité du tuteur testamentaire même s’il exerce
sa mission à titre gratuit. L’interdit conserve tous les
recours possibles pour exercer toutes actions contre le
tuteur testamentaire ou datif ou contre toute personne
ayant été chargée à cet effet ; « lesdites actions se
prescrivent par deux ans après que l’interdit ait atteint sa
majorité ou après la levée de l’interdiction, sauf en cas de
La surveillance judiciaire :
La protection des biens et intérêts des personnes
incapables et des personnes non pleinement capables
moyennant des mesures ordonnées par le tribunal qui
peut recourir à toutes les procédures possibles pour
préserver les droits des personnes protégées ; ainsi, il
peut même ordonner une saisie conservatoire sur
lesbiens du tuteur ou les mettre sous séquestre ou lui
imposer une astreinte ; de même, les actes suivants sont
soumis à l’autorisation préalable du juge des tutelles :
vendre un bien immeuble ou meuble de l’interdit dont
la valeur excède dix mille dirhams (10.000DH) ou créer
un droit réel sur ce bien
apporter en participation une partie des biens de
l’interdit à une société civile ou commerciale ou
l'investir dans le commerce ou la spéculation
se désister d’un droit ou d’une action, ou transiger ou
accepter l’arbitrage à leur sujet
conclure des contrats de bail dont l’effet peut
s’étendre au-delà de la fin de l’interdiction
accepter ou refuser les libéralités grevées de droits ou
de conditions
payer des créances qui n’ont pas fait l’objet d’un
La loi n’exige pas l’autorisation du juge des tutelles
lorsque la vente du bien meuble de l’interdit excède cinq
mille dirhams (5000 dh) s’ils sont susceptibles de
détérioration. Cette autorisation n’est pas non plus exigée si
la vente porte sur biens immeubles ou meubles, dont la
valeur n'excède pas cinq mille Dirhams (5.000 DH) à
condition que cette vente ne constitue pas un moyen de se
soustraire à la surveillance judiciaire. Si la vente est
décidée, elle doit se faire conformément aux règles établies
par le code de procédure civile. Le juge des tutelles contrôle
aussi les projets de partage d’un bien dont l’interdit est
La capacité en droit marocain hébraïque:
Pour les questions de capacité des juifs marocains, il
y a lieu de faire référence au droit marocain hébraïque.
C’est la règle qui est prévue par l’article 2 du code de la
famille. Le contentieux de la capacité des juifs marocains
est soumis aux chambres hébraïques installées au niveau
du tribunal de première instance de Casablanca. Les
jugements doivent être rendus en langue arabe par des
magistrats rabbins ayant la qualité de juges et qui
appliquent les règles du droit hébraïque issu de la loi juive
qu’est le Talmud et le code Karo (texte fondamental du
Extension des règles de capacité contenues
dans le code de la famille à d’autres
catégories de personnes:
L’article 2 du code de la famille étend les règles de
capacité aux personnes suivantes :
A tous les marocains, même ceux portant une autre
nationalité
Aux réfugiés, y compris les apatrides conformément à la
convention de Genève du 28 juillet 1951 relative à la
situation des réfugiés
A toute relation entre deux personnes lorsque l’une des
Le non-respect des règles relatives à la capacité des
parties contractantes peut entraîner la nullité du contrat et la
responsabilité civile ou pénale du contractant incapable ou de
son représentant légal.
La nullité du contrat est la sanction qui annule rétroactivement
le contrat et qui restitue les parties dans l’état où elles étaient
avant de contracter.
La nullité peut être absolue ou relative selon que la règle violée
protège l’intérêt général ou l’intérêt particulier d’une
partie(articles 306 à 310 du DOC).
• La nullité absolue peut être demandée par toute personne
ayant un intérêt à agir, dans un délai déterminé à compter de
la conclusion du contrat.
La nullité absolue est invoquée quand l'objet du contrat fait
défaut ou quand la cause du contrat n'existe pas ou qu'elle est
Nullité pour cause d’incapacité:
Les actes accomplis par l’incapable sont nuls et de nul effet(article
224).La nullité prononcée est une nullité relative dans la mesure où seul
l’incapable ou son représentant légal est habilité à l’invoquer. Le code de la
famille prévoit un régime juridique spécial pour les actes accomplis par le
mineur doué de discernement :
Ils sont valables, s’ils lui sont pleinement profitables
Ils sont nuls, s’ils lui sont préjudiciables
S’ils ne revêtent pas un caractère profitable ou préjudiciable évident, leur
validité est subordonnée à l’approbation de son représentant légal,
accordée compte tenu de l’intérêt prépondérant de l'interdit et dans les
limites des compétences conférées à chaque représentant légal. En vertu
de l’article 226 du code de la famille, le mineur doué de discernement
peut prend repossession d’une partie de ses biens pour en assurer la
gestion à titre d’essai. L’interdit autorisé à gérer une partie de ses biens,
dans les conditions et procédures établies par la loi, est considéré comme
La responsabilité civile ou pénale du contractant
incapable ou de son représentant légal est la sanction qui
oblige le contractant incapable ou son représentant légal à
réparer le préjudice causé à l’autre partie ou à la société par
la conclusion du contrat. La responsabilité civile peut être
engagée sur le fondement de la faute, du risque ou du
quasi-contrat(Dahir des obligations et des contrats, articles
114 à 120). La responsabilité pénale peut être engagée en
cas d’infractions aux règles relatives à la capacité, comme le
faux, l’abus de faiblesse ou l’escroquerie(Code pénal,
articles 354,355,356…,loi 31-08)
2) Le consentement ou
l’accord de volonté (de
article
Le 14estjusqu’à
consentement l’article
l’expression de la volonté des parties de
38 ): des volontés. Il doit être libre et éclairé, c’est-à-dire que
s’engager réciproquement. Il est essentiel à la formation du contrat, car il
traduit la rencontre
les parties doivent contracter sans contrainte ni erreur. Le consentement se
manifeste par l’offre et l’acceptation, qui doivent être concordantes et non
équivoques. La proposition est révocable, tant que le contrat n’est point
parfait par l’acceptation ou le commencement d’exécution entrepris par
l’autre partie(article 26).Les vices du consentement sont les éléments qui
altèrent la validité du consentement. Ils sont au nombre quatre :
l’erreur(art.40 à 45 DOC), le dol(art.52 et 53 du DOC),la violence(art.46 à
51 du DOC)et la lésion(art.56).Est annulable le consentement donné par
erreur, surpris par le dol, ou extorqué par violence(article 39 du DOC) .
Le dol est la manœuvre frauduleuse d’une partie pour
obtenir le consentement de l’autre, la crainte
révérencielle ne donne pas ouverture à la rescision, à
moins que des menaces graves ou des voies de fait se
soient ajoutées à cette crainte révérencielle(art 51).Il
donne ouverture à la rescision, lorsque les
manœuvres ou réticences de l’une des parties, de
celui qui la représente ou qui est de complicité avec
elle, sont de telle nature que, sains ses manœuvres
ou ces réticences, l’autre partie n’aurait pas
contracté. Le dol pratiqué par un tiers à le même
effet, lorsque la partie qui en profite en avait
La violence est la contrainte physique ou morale
exercée sur une partie pour la forcer à contracter. Elle
donne ouverture à la rescision de l’obligation que
lorsqu’elle en a été la cause déterminante ou
lorsqu’elle constitue de faits de nature à produire
chez celui qui en est l’objet, soit une souffrance
physique, soit un trouble morale profond etc… (article
47).La violence donne également ouverture à la
rescision de l’obligation, même si elle n’a pas été
exercée par celui des contractants au profil duquel la
convention a été faite. De même lorsqu’elle a été
exercée sur une personne avec laquelle la partie
La lésion:« La lésion est le préjudice résultant,
pour l’une des parties à un contrat, d’un défaut
d’équivalence entre l’avantage qu’elle obtient et
le sacrifice qu’elle consent »(Jacques Flour,Jean
Luc Aubert et Éric Savaux,[Link].n 241,p 233). Elle
résulte d’un défaut d’équivalence entre les
prestations formant l’objet de l’obligation.
L’article 56 du DOC précise qu’ « Est réputée
lésion toute différence au-delà du tiers entre le
prix porté au contrat et la valeur effective de la
chose ». Ainsi définie, la lésion n’est pas
concevable dans les contrats à titre gratuit où, à
a. LE DOL LÉSIONNAIRE:
La lésion n’ouvre pas la voie de la rescision que si elle est
causée par le dol de l’autre partie ou de celui qui la représente
ou qui a traité pour elle(art.55 du DOC). La règle de l’article
55 du DOC semble faire double emploi avec celle de l’article
52 du même code dans la mesure où si la preuve du dol est
rapportée, celle-ci est seule suffisante pour donner ouverture
à la rescision(art.52 du DOC).
b. LA LESION DONT EST VICTIME UN INCAPABLE
Si la victime de la lésion est un incapable, il est
parfaitement possible de demander la rescision du contrat
même si cet incapable aurait contracté avec l’assistance de
Les conséquences juridiques liées aux vices du
consentement sont la nullité du contrat et la réparation
du préjudice. La nullité du contrat est la sanction qui
annule rétroactivement le contrat et qui restitue les
parties dans l’état où elles étaient avant de contracter.
La réparation du préjudice est la compensation
financière qui indemnise la partie lésée par le vice du
consentement.
3. L’objet du contrat(de l’article
57 à l’article 61 du DOC):
L’objet du contrat est la prestation ou la chose qui fait
l’objet de l’engagement des parties. Il doit être déterminé
ou déterminable, c’est-à-dire que les parties doivent
pouvoir le connaître ou le fixer ultérieurement(article 58).Il
doit aussi être possible, c’est-à-dire que les parties doivent
pouvoir le réaliser ou le fournir. Il doit enfin être licite
conforme à la loi, c’est-à-dire conforme à l’ordre public et
aux bonnes mœurs(article 57).Est également nulle
La licéité de l’objet du contrat est une condition de validité du
contrat. Elle implique que le contrat ne soit pas contraire à la loi, à
la morale ou aux droits des tiers. Par exemple, il est interdit de
contracter sur la vie humaine, sur les biens publics ou sur les droits
de la personnalité. L’objet doit être conforme aux prescriptions
légales ; le DOC avance une formulation générale sur la question
de la licéité de l’objet qui concerne trois éléments : les choses, les
faits et les droits incorporels qui constituent l’objet de l’obligation
doivent ainsi être conforme à la loi. Ils doivent être dans le
commerce(art.57 du DOC). Reprenant la règle établie dans l’article
57 du DOC, l’article 484 du DOC dispose expressément qu’est «
nulle entre musulmans, la vente de choses déclarées impures par
la loi religieuse, sauf les objets dont elle a autorisé le commerce,
tels que les engrais minéraux pour les besoins de l'agriculture».
Certaines conventions sont déclarées nulles telle la convention dite
II. Importance des principes
généraux dans la formation
des contrats:
Les principes généraux des contrats civils sont des
règles fondamentales qui régissent la formation, l’exécution
et la dissolution des contrats entre les personnes privées.
Ces principes sont issus du Code des obligations et des
contrats (D.O.C) qui est la codification du droit des contrats
au Maroc. Ils visent à assurer la liberté, la sécurité et la
loyauté des relations contractuelles, ainsi qu’à protéger les
droits et les intérêts des parties contractantes. L’importance
de ces principes réside dans le fait qu’ils s’appliquent à tous
les types de contrats civils, qu’ils soient nommés ou
III. Règles spécifiques à
chaque type de contrat
A. Contrats de vente:
Le contrat de vente est le contrat par lequel l’une
des parties, appelée vendeur, s’engage à transférer la
propriété d’une chose à l’autre partie, appelée acheteur,
moyennant un prix en argent. Le contrat de vente est
régi par les articles 488 à 618 du D.O.C. Les règles
spécifiques à ce type de contrat concernent notamment
les conditions de validité de la vente, les obligations du
vendeur et de l’acheteur, les vices cachés, la garantie
B. Contrats louage(location):
Le contrat de louage est le contrat par lequel
l’une des parties, appelée bailleur, s’engage à faire
jouir à l’autre partie, appelée preneur, d’une chose
pendant un certain temps, moyennant un loyer. Le
contrat de location est régi par les articles 626 à 722
du D.O.C. Les règles spécifiques à ce type de contrat
concernent notamment les conditions de validité de la
location, les obligations du bailleur et du preneur, la
durée et le renouvellement du bail, la fixation et la
révision du loyer, la sous-location et la cession du bail,
la résiliation et l’expulsion du preneur, les locations
C. Contrats de prêt :
Le contrat de prêt est le contrat par lequel l’une
des parties, appelée prêteur, remet à l’autre partie,
appelée emprunteur, une somme d’argent ou une
quantité de choses fongibles, à charge pour
l’emprunteur de restituer la même somme ou la même
quantité de choses de même nature et qualité. Le
contrat de prêt est régi par les articles 829 à 878 du
D.O.C. Les règles spécifiques à ce type de contrat
concernent notamment les conditions de validité du
prêt, les obligations du prêteur et de l’emprunteur, les
intérêts, les sûretés, le remboursement anticipé ou
D. Contrats de travail:
Le contrat de travail est le contrat par lequel l’une
des parties, appelée employeur, s’engage à fournir à
l’autre partie, appelée salarié, un travail rémunéré, sous
son autorité et sa direction. Le contrat de travail est régi
par le Code du travail qui est la loi n° 65-99 promulguée
par le dahir n° 1-03-194 du 11 septembre 2003. Les règles
spécifiques à ce type de contrat concernent notamment
les conditions de validité du contrat de travail, les droits et
les obligations de l’employeur et du salarié, la durée et
l’aménagement du temps de travail, la rémunération et les
avantages sociaux, la suspension et la rupture du contrat
IV. Les différentes formes de
contrats civils :
Contrairement au code civil français qui contient une
classification incomplète des contrats(articles 1102 à 1106),les
rédacteurs du Dahir des obligations et de contrats(DOC) au Maroc
n’ont donné aucune classification dès contrat,laissant cette mission
à la [Link] contrats civils au Maroc sont classés en différentes
formes selon leur nature, leur objet ou leur mode de [Link]
distingue ainsi les contrats nommés et les contrats innommés, les
contrats à titre onéreux et les contrats à titre gratuit, les contrats
synallagmatiques et les contrats unilatéraux, les contrats
commutatifs et les contrats aléatoires, les contrats consensuels et
les contrats solennels, les contrats cadres et les contrats d’adhésion.
Les spécificités de chaque type de contrat sont
les suivantes :
Les contrats nommés sont ceux qui sont régis par des
règles particulières prévues par la loi, comme la vente, le
louage ou le mandat. Les contrats innommés sont ceux qui
ne sont pas prévus par la loi, mais qui sont régis par les
principes généraux du droit des obligations.
Les contrats à titre onéreux sont ceux qui impliquent une
contrepartie entre les parties, comme le paiement d’un prix
ou la fourniture d’un service. Les contrats à titre gratuit
sont ceux qui n’impliquent pas de contrepartie, mais qui
reposent sur la libéralité d’une partie, comme le don ou le
prêt.
Les contrats commutatifs sont ceux dont les prestations sont certaines
et équivalentes, comme la vente ou le louage.
Les contrats aléatoires sont ceux dont les prestations sont incertaines et
dépendent d’un événement futur et aléatoire, comme le jeu ou
l’assurance.
Les contrats consensuels sont ceux qui se forment par le seul échange
des consentements des parties, sans qu’il soit nécessaire de remplir
une autre formalité.
Les contrats solennels sont ceux qui exigent le respect d’une forme
particulière, comme l’écrit ou la présence d’un officier public, pour être
valables.
Les contrats cadres sont ceux qui fixent les conditions générales d’une
relation contractuelle entre les parties, sans préciser les modalités de
chaque opération.
Les contrats d’adhésion sont ceux qui sont rédigés à l’avance par l’une
Conclusion:
Récapitulation des principes généraux des contrats civils
Les principes généraux des contrats civils sont des règles
fondamentales qui régissent la formation, l’exécution et la dissolution des
contrats entre les personnes privées. Ils sont issus du Dahir des obligations
et des contrats qui est la codification du droit des contrats au Maroc. Ils
visent à assurer la liberté, la sécurité et la loyauté des relations
contractuelles, ainsi qu’à protéger les droits et les intérêts des parties
contractantes. Ils s’appliquent à tous les types de contrats civils, qu’ils
soient nommés ou innommés, synallagmatiques ou unilatéraux, à titre
onéreux ou à titre gratuit. Ils constituent donc le socle commun du droit
des contrats et permettent de résoudre les questions qui ne sont pas
prévues par les règles spécifiques à chaque type de contrat.
Importance de connaître les règles
spécifiques à chaque type de contrat
Les règles spécifiques à chaque type de contrat
sont des règles particulières qui régissent les contrats
qui ont un objet, une cause ou une finalité déterminés.
Elles sont prévues par le Dahir des obligations et des
contrats ou par des lois spéciales, comme le Code du
travail.