Contrat de courtage
Préparé par: Encadré par:
MOHAMED AGHALI Mme OUAZANI
HK
Plan
Introduction
I-Notion du contrat de
courtage
II-la formation du contrat de
courtage
III-Les obligations et
responsabilité des deux
parties au contrat de
courtage
IV-Les aspects spécifiques
du contrat de courtage
V-Durée du contrat de
Introduction :
Les contrats, sont souvent passés entre les parties, qui traitent
elles mêmes, ou par des mandataires, qui ne sont que des portes
parole .Les contrats commerciaux, sont passés avec un nombre
considérable de clients, souvent très éloignés, et que le
producteur ou le distributeur ne connaît pas lui-même .Il est donc
nécessaire de les atteindre, par des agents et représentants, et de
recourir a des courtiers, qui rapprochent les parties. D’où un
nombre important d’intermédiaires, dont les services sont d’aider
à la conclusion des opérations commerciales, et qui agissent à
titre professionnel .Ces intermédiaires peuvent être des
commerçants, parce qu’ils opèrent en leur nom, ou de simples
salarié s'agissant au non d’autrui ;la distinction n’est pas toujours
facile à faire. On peules classer en trois grandes
Le courtage est donc une activité qui consiste à mettre en relation
des personnes souhaitant conclure un contrat, dans des domaines
variés tels que l'immobilier, l'assurance, la finance, etc. Le courtier
est l'intermédiaire professionnel qui facilite la négociation et la
conclusion du contrat entre les parties. Il est rémunéré par une
commission sur la transaction réalisée. Le contrat de courtage est
le contrat qui lie le courtier à l'une des parties, généralement le
vendeur, et qui définit les modalités de son intervention. Il s'agit
d'un contrat de nature commerciale, soumis aux règles du droit
commun, mais aussi à des dispositions spécifiques selon le
domaine d'activité du courtier. En pratique, le contrat de courtage
est d’une importance considérable. Pour mieux saisir le sujet il est
donc primordial de s’interroger sur les spécificités de ce contrat
I-Notion du contrat de
courtage:
Le contrat de courtage est un contrat par lequel le courtier
s'engage, contre rémunération, à indiquer à l'autre partie
l'occasion de conclure une convention, ou à lui servir
d'intermédiaire pour la négociation d'un contrat. Il se distingue
du contrat de mandat et du contrat de commission, car le
courtier n'est pas partie au contrat, ni représentant de son client.
Il agit de manière indépendante et ne s'engage pas à faire
aboutir la transaction. Le contrat de courtage est un contrat
consensuel, qui se forme par le seul échange de volontés des
Le contrat de courtage implique des obligations réciproques entre
le courtier et son client. Le courtier doit exécuter sa mission avec
diligence, loyauté et bonne foi. Il doit informer son client de toutes
les circonstances pertinentes pour la conclusion du contrat, et lui
rendre compte de l'état d'avancement de ses démarches. Il doit
également respecter les règles déontologiques et les normes
professionnelles propres à son activité. Le client, quant à lui, doit
rémunérer le courtier selon les modalités convenues, et lui fournir
tous les renseignements et documents nécessaires à
l'accomplissement de sa mission. Le contrat de courtage confère
des droits et des responsabilités au courtier. Le courtier a le droit
de percevoir une commission sur la transaction réalisée, qui peut
être fixe, proportionnelle, ou mixte. Il a également le droit d'agir
II. La formation du contrat de
courtage:
Etant un contrat consensuel, le simple échange
de consentement, est suffisant pour la formation
du contrat de courtage (A), la difficulté réside
dans sa preuve (B).
A. La formation du contrat
de courtage:
Outre les dispositions aux quelles les courtiers sont soumis en
tant que commerçants, il existe des conditions spécifiques,
selon l’activité sur laquelle porte le courtage. A ce niveau, nous
avons opté pour le courtage d’assurances, étant donné son
importance sur le marché marocain. Nous allons donc voir dans
le premier paragraphe, les conditions inhérentes à l’exercice de
l’activité de courtage d’assurances, dans un deuxième
paragraphe, nous tenteront d’exposer le contenu matériel du
a.Les conditions d’exercice de la profession de
courtier d’assurances:
D’après les dispositions du Dahir portant loi n° 1-76-292 du 9
octobre 1977 , relatif à la présentation des opérations
d’assurances, de réassurances et/ou de capitalisation, et à
l’exercice de la profession d’intermédiaires d’assurances, le
courtier pour être admis à présenter des opérations
d’assurances, les intermédiaires d’assurances personnes
physiques, ne doivent avoir fait l’objet, d’aucune condamnation
pour crime de droit commun ,vol abus de confiance,
escroquerie, etc.,…,être âgé de 21 ans au moins ,avoir la
nationalité marocaine, et remplir les conditions de capacité
Après avoir rempli les conditions d’admission à l’exercice
d’intermédiaire d’assurances, ces derniers sont subordonnés à un
agrément administratif, qui doit porter sur l’ensemble des
catégories constituant une ou plusieurs branches d’assurances.
Peuvent toutefois présenter à titre provisoire des opérations
d’assurances, en attendant d’être agréés, les successeurs d’un
intermédiaire défaillant ou décédé, qui remplissent les conditions
fixées par le présent Dahir. Sont également subordonnés à
l’agrément administratif (article 5), le transfert ou la cession de
l’entreprise de courtage, la transformation de l’agence
d’assurances en entreprises de courtage et inversement.
b. Le Contenu matériel : (les clauses du contrat de
courtage d’assurances)
Dans tous les contrats, on trouve des clauses types et des clauses
propres à chaque activité. Ainsi, dans le contrat de courtage
d’assurances, on retrouve des clauses relatives à l’activité de
courtage en général, mais aussi et surtout, des clauses spécifiques
au courtage d’assurances. Dans la première catégorie, on retrouve
des clauses telles que « l’objet », « l’indépendance du courtier », «
le champ de la convention » (celle-ci, fixe les produits proposées
par la compagnie d’assurances), les obligations réciproques des
parties, telles que l’information, la rémunération, les relations
Il faut ajouter que le contrat de courtage doit respecter les
dispositions de l’article 727 du DOC qui lui sont applicables à
l’objet du courtage3 , selon lequel : « on ne peut engager ses
services qu'à temps ou pour un travail ou un ouvrage déterminé
par le contrat ou par l'usage, à peine de nullité absolue du contrat
».Dans la seconde catégorie, et préalablement à la signature du
contrat, il est prévu que le courtier, devant remplir les conditions
précitées dans le paragraphe précédent, doit remettre à la
compagnie un dossier de candidature, une photocopie conforme
de ses statuts, un relevé d’identité bancaire, une photocopie de la
carte professionnelle, ou du livret de stage du représentant du
courtier, et l’attestation d’assurance de responsabilité
En outre, le contrat de courtage d’assurances, peut prévoir une
clause ou il est précisé, que la propriété de la clientèle revient au
courtier, sauf stipulation contraire. Ensuite, dans une politique de
lutte contre le blanchiment d’argent, on peut prévoir des clauses,
qui garantissent la transparence des transactions. Par conséquent,
tout versement ou cotisations, règlement de prestation, doivent
être justifiés, notamment par des pièces d’identité, des justificatifs,
et des fiches d’informations.
Il est à noter enfin, que ces clauses changent d’un contrat à un
autre, selon la volonté des parties.
B.La preuve du
contrat de courtage:
a) Les modes de preuve
Les rapports du courtier avec les parties sont régis
par les principes généraux du louage d’ouvrage, en
tant qu'ils peuvent s'appliquer au contrat de courtage
et en outre, par les dispositions régissant le courtage
dans le code de commerce5 . D’autant plus, le
courtage figure parmi les actes de commerce
énumérés dans l’article 6 du même code, il s’agit
donc, d’un contrat commercial, soumis au principe de
la liberté de la preuve. Telle est aussi la position de la
jurisprudence marocaine en matière de preuve du
b) La portée de la preuve:
Le courtage étant un contrat commercial, il sera soumis donc aux
règles de preuve ordinaire de contrats commerciaux : c’est à dire,
prouver par tous les moyens comme il a été précité. Cependant,
les chances de pouvoir établir la preuve du contrat de courtage
sont assez limitées, dans l’hypothèse ou le courtier a affaire à un
non commerçant, il doit dans tous les cas, rapporter une preuve
écrite. Donc on peut dire que la liberté de la preuve, profite au
donneur d’ordre dans le cas où l’objet du contrat initial est civil. En
effet, si le contrat est civil pour le donneur d’ordre, il est toujours
commercial pour le courtier. Le donneur d’ordre peut rapporter par
n’importe quel moyen la preuve à l’encontre de ce dernier, mais le
En outre, la jurisprudence marocaine va à contre sens de
l’article 4 du code commerce et s’est montrée plus
avantageuse à l’égard du courtier, tel qu’il a été jugé dans un
arrêt de la cour d’appel de commerce de Fès, selon lequel, la
relation contractuelle du courtier avec ses contractants est
régie par les principes généraux du louage d’ouvrage, en tant
qu'ils peuvent s'appliquer au contrat de courtage et en outre,
par les dispositions régissant le courtage dans le code de
commerce, et que le courtage une activité commerciale,
quoiqu’il porte sur une vente immobilière de nature civil et
donc soumis à cet effet, au principe de la liberté de la preuve.
Dans un autre cas d’espèce la cour a déclaré la demande du
courtier mal fondée, et non recevable, au motif que la production
des ordres de virement justifiant le paiement des prestations
précédentes de courtage, n’est pas suffisante pour constituer la
preuve de la relation contractuelle du courtier avec l’intimé (le
donneur d’ordre) . Il importe de mentionner que les juges ont toute
l’aptitude pour apprécier l’importance de la preuve, l’existence du
contrat, et ses conditions. (cour d’appel de commerce Casablanca,
arrêt n° 235/04 du 20 /01/04, dossier n° 2290/2001/10).
III-Les obligation et responsabilité des deux
parties au contrat de courtage:
A.les obligations des contractants:
Le contrat de courtage met à la charge des contractants
plusieurs obligations. Il convient de mettre l’accent au
premier lieu sur les obligations du courtier, pour voir
ensuite, celles du donneur d’ordre. La principale mission
du courtier, c’est de mettre en relation des personnes
désirant contracter, selon l’article 405 du C.C. cette
définition permet de ressortir les obligations réciproques
du courtier et du donneur d’ordre, ainsi que leur part de
Les obligations du courtier
Comme il a été précité, le courtier doit
d’abord trouver un cocontractant (1).ensuite
il est tenu d’une obligation d’information
envers les parties (2).
1 La recherche d’un cocontractant:
L’obligation primordiale du courtier consiste à favoriser la
conclusion du contrat objet conséquence de l’accord du
courtage, à chercher un cocontractant à la partie qui l’a
contacté, mais sans traiter lui-même l’opération, à moins
qu’une disposition contractuelle spécifique ne l’y autorise
(mandat), il cumule alors la qualité de mandataire avec la
qualité de courtier. Son obligation de base, consiste à
effectuer toutes démarches nécessaires pour permettre au
donneur d’ordre de contracter. Il lui incombe donc de trouver
un acheteur à un vendeur et un vendeur à un acheteur….. à
des conditions correspondantes à celles émises par le
donneur d’ordre. Dans l’exécution de cette mission
Aussi, et selon l’art 411 du C.C, le courtier doit assurer, en
bonne foi, l’identité des parties. Autrement dit, il doit être
sure de l’existence de l’autre partie ou de sa véritable
identité. Il ne faut pas oublier enfin, qu’il est tenu de
conserver les échantillons de marchandises mis à sa
disposition jusqu’à la conclusion du contrat (art 408 du C.C),
et les documents, effets, objets et valeurs concernant
l’affaire. A défaut, il est responsable de leur détérioration s’il
ne prouve pas la survenance d’un cas fortuit ou d’une force
majeure (art 407 du C.C).
Dans le but de faciliter la conclusion d’une opération
contractuelle entre les parties rapprochées par ses soins, le
2 L’obligation d’information
En vertu de l’art 406 du C.C, le courtier doit agir avec exactitude,
précision et bonne foi, dans la présentation des affaires aux
parties, et tout renseignement inexact ou incomplet qu’il aurait
fourni, constituera une faute dont il sera tenu pour responsable. En
particulier, il a l’obligation de tenir informées les parties de toutes
les conditions relatives à l’opération qu’il traite, dont la célérité
exceptionnelle avec laquelle le contrat doit être conclu entre
autres. Le courtier est alors garant des offres qu’il transmet, il doit
informer les parties de façon claire et exacte de la situation du
marché, de la hausse ou baisse des prix et les risques inhérents à
l’affaire. Aussi, il se trouve dans l’obligation d’informer le donneur
d’ordre sur l’autre partie. Autrement dit, il doit lui communiquer
Enfin, il est nécessaire de mentionner que le courtier ne peut
selon l’article 481 du D.O.C, se substituer au cocontractant
de son donneur d’ordre. Cet article dispose que « les
courtiers et experts ne peuvent se rendre acquéreurs, ni par
eux même, ni par personne interposées des biens meubles
ou immeubles dont la vente ou estimation leur a été
confiée ...... ». Cependant, l’article 414 du C.C admet que le
courtier puisse avoir un intérêt personnel dans l’affaire, à
condition bien sur de prévenir les parties et de répondre
solidairement avec son donneur d’ordre (art 413). Après avoir
énumérer les obligations du courtier, il importe d’envisager
celles du donneur d’ordre.
B Les obligations du donneur d’ordre
:
Outre la rémunération qui est la cause de
l’obligation du courtier, le donneur d’ordre doit
préalablement conclure le contrat avec le
cocontractant.
1 L’obligation de traiter avec le cocontractant:
Etant un intermédiaire, le courtier met en rapport les parties
pour conclure le contrat, cependant, il s’agit de savoir si le
donneur d’ordre est obligé de contracter avec la personne
indiquée par lui. En principe, le donneur d’ordre peut refuser
librement de contracter dans l’hypothèse où l’offre ou
l’acceptation a été faite à titre éventuel, et jusqu’à confirmation
au courtier, il reste libre de tout engagement. Cependant, dans le
cas ou le donneur d’ordre a émis une offre ferme de contracter,
en énumérant ses conditions, il ne peut refuser de conclure
l’opération avec le cocontractant indiqué par le courtier et
surtout s’il accepte toutes les conditions présentées par lui, sinon
2 L’obligation de rémunération
Le contrat de courtage est un contrat à titre onéreux sauf
stipulation contraire des parties. La rémunération du courtier, à
laquelle il est souvent fait référence sous le nom de « courtage »,
constitue l’obligation essentielle du donneur d’ordre. En France, le
« courtage » est du par les deux parties car l’activité d’entremise
du courtier s’est faite aussi bien en faveur d’une partie comme de
l’autre. Au Maroc, et conformément à l’article 418 du C.C, « le
courtage » est du par celui qui a fait appel au courtier ; c'est-à-dire
celui qui l’a chargé de traiter l’opération, et ce en l’absence d’une
convention stipulant le contraire. Les articles 415 et 416 du C.C
précisent que le courtier a droit à sa rémunération dés la
La jurisprudence marocaines ’est montrée plus audacieuse en
jugeant que s’il est prouvé que le courtier a bien été à l’origine de
la conclusion contrat initial objet du contrat de courtage, sa
rémunération est supportée par les deux parties, quoique l’une
des partie ne l’a pas chargé de traiter l’opération, et si cette
dernière a profité de son intervention(Cour d’appel de commerce
de Fès, arrêt n°710 rendu le 18/05/2010, dossier n° 1/2010). Quant
au montant du « courtage », il y a le principe de la volonté des
parties qui fait la règle. Autrement dit, le courtier et le donneur
d’ordre se mettent d’accord, dés la conclusion du contrat sur la
rémunération qui peut être d’une somme fixe, un pourcentage sur
la valeur de l’affaire ou un tarif officiel. A défaut, le tribunal aura
toute l’aptitude pour déterminer le montant du « courtage », soit
La jurisprudence marocaine est formelle sur l’application de
cette règle, à travers sa consécration dans un arrêt de la cour
suprême qui a rejeté le pourvoi au motif que « à défaut de
convention, le tribunal dispose d’un pouvoir d’appréciation
dans la fixation la rémunération du courtier, en se basant les
usages et à défaut sur la base de la prestation rendue15. Aussi,
l’arrêt de la cour d’appel de commerce de Casablanca, n°
1446/1447, du 28/05/02, dossier n°1602/2001/9 et
1808/2001/9. A la fin, il importe de dire que le courtier perd son
droit à la rémunération, s’il prête ses services pour des affaires
illicites (art 417 du C.C). En manquant à leurs obligations, les
parties au contrat de courtage sont appelées à voir leur
responsabilité recherché.
B.La responsabilité des contractants:
Les obligations du donneur d’ordre, dans le cadre des relations
fixées par le contrat de courtage entre celui-ci et le courtier,
consistent principalement en une obligation de contracter avec
la partie choisie par le courtier et en une obligation de
rémunération. L’inobservation de ces deux obligations peut
engager sa responsabilité.
A : la responsabilité du courtier
Le courtier en exécutant sa prestation, engage sa
responsabilité aussi bien à l’égard de son donneur
d’ordre, qu’à l’égard de l’autre partie. Cependant, il
importe de distinguer entre la première qui est une
responsabilité contractuelle et la seconde qui est une
responsabilité délictuelle.
1 La responsabilité contractuelle du courtier:
Le courtier est un « trait d’union » entre les parties, il doit les
rapprocher sans avoir pour mission de signer des contrats en
leur nom. Ce n’est pas un mandataire, même si dans
certaines opérations de courtage, il peut lui être demandé
d’intervenir au nom, de l’une des parties (coutier
d’assurance). Simple intermédiaire, il n’est pas responsable
de l’exécution des engagements promis par les personnes
qu’il a rapprochées, ni de l’insolvabilité des parties (art 412).
Si le contrat n’est finalement pas conclu(les parties n’étant
pas tenu de contracter), ou si l’une des parties ne respecte
pas ses engagements, le courtier n’est aucunement
Il n’en va autrement que s’il n’a pas exécuté avec suffisamment
de diligence ses obligations (s’il a commis notamment des fautes
dans l’exercice de sa mission, ou s’il est à l’origine du non
exécution du contrat). La jurisprudence française en général, se
montre à cet égard assez sévère avec le courtier en le considérant
comme un professionnel averti. Ce qui permet, par exemple de
mettre en jeu sa responsabilité, s’il a mis en rapport le donneur
d’ordre avec un cocontractant insolvable, en connaissance de
cause. Dans certains cas, le courtier peut s’engager, en se portant
« ducroire » par une clause expresse, à garantir l’exécution des
obligations promises par le cocontractant qu’il a présenté à son
donneur d’ordre. Cependant, cette garantie parait impossible en
cas du refus du cocontractant de payer suite à une faute commise
2 La responsabilité délictuelle du courtier
Cette responsabilité est engagée chaque fois que le courtier faillit
à l’une de ses obligations vis-à-vis du cocontractant. Ainsi, le
courtier est garant de l’authenticité de la dernière signature
apposée sur les documents qui passent entre ses mains et qui se
rattachent aux affaires par lui traitées, lorsque cette signature est
celle de l’une des parties qui ont traité par son entremise (art 410
du C.C). Par conséquent, le courtier voit sa responsabilité
engagée à l’égard du cocontractant en cas du défaut
d’authenticité de cette signature. Il est également responsable de
la véracité de l’identité des clients (art 411 du C.C). Il peut encore
être responsable de l’inexécution du contrat s’il n’indique pas à
l’une des parties le nom, de l’autre (art 409 du C.C). Enfin, le
courtier est tenu envers chacune des parties de présenter les
B La responsabilité du donneur d’ordre
Cette responsabilité est engagée en cas de refus
de contracter ou lors de la rémunération du
courtier.
1 Responsabilité en cas de refus de contracter:
Le donneur d’ordre, s’il a émis une offre ferme de contracter
avec la personne indiquée par le courtier, et que cette
personne a accepté les conditions présentées par lui, trouve sa
responsabilité engagée en cas de refus de traiter avec cette
dernière. Par conséquent, le contractant peut demander dans
ce cas un dédommagement pour retrait de l’offre. Dans
l’hypothèse où il n’a émis qu’une offre éventuelle, cette
responsabilité n’est nullement engagée.
2 La responsabilité lors de la rémunération
La rémunération octroyée par le donneur d’ordre au courtier
comprend les dépenses relatives à l’exercice normal da sa
mission, et c’est ainsi que le courtier ne peut demander la
restitution de ses dépenses, contrat conclu ou non. Mais, parfois
le courtier se trouve contraint de faire des dépenses
inhabituelles n’entrant pas dans le cadre normal de sa
profession et cela avec l’approbation du donneur d’ordre. Dans
ce cas, il peut demander la restitution de ses dépenses, et en
cas de refus, un recours lui est attribué contre le donneur
d’ordre et ce même si le contrat n’aboutit pas. Il importe de dire
que le courtier et le donneur d’ordre peuvent prévoir, lors de la
Nous savons que lorsque le contrat n’est pas conclu entre le
donneur d’ordre et la personne indiquée par le courtier, aucune
rémunération n’est prévue pour ce dernier, excepté le cas ou
cette non conclusion est causé par faute ou dol du donneur
d’ordre ou le cas ou ce dernier refuse de contracter sans motif
légitime, dans ces deux hypothèse, le courtier est en mesure
d’agir en réparation contre son donneur d’ordre pour le préjudice
qu’il a subi.
IV-Les aspects spécifiques du
contrat de courtage
Le contrat de courtage peut être soumis à des règles particulières,
selon le domaine d'activité du courtier. En effet, certaines
professions de courtage sont réglementées, et nécessitent des
conditions d'accès, des obligations spécifiques, et des sanctions en
cas de manquement. Par exemple, le courtier en assurance doit
être immatriculé au registre des intermédiaires en assurance, et
respecter les dispositions du code des assurances. Il doit
notamment informer son client de son statut, de ses liens avec les
compagnies d'assurance, et des modalités de sa rémunération. Il
doit également conseiller son client sur le choix du contrat le plus
adapté à ses besoins, et l'assister en cas de sinistre.
Le courtier en opérations de banque et en services de paiement
doit être immatriculé au registre des intermédiaires en opérations
de banque et en services de paiement, et respecter les
dispositions du code monétaire et financier. Il doit notamment
informer son client de son statut, de ses liens avec les
établissements de crédit, et des modalités de sa rémunération. Il
doit également vérifier la solvabilité de son client, et lui fournir
une fiche d'information précontractuelle. Le contrat de courtage
peut également comporter des clauses et des conditions
spécifiques, selon la volonté des parties. Ces clauses doivent être
conformes à l'ordre public et aux bonnes mœurs, et ne pas porter
atteinte aux droits et obligations essentiels du contrat. Par
exemple, le contrat de courtage peut prévoir une durée
V-Durée du contrat de
courtage:
La durée du contrat de courtage en droit marocain n’est pas fixée
par la loi, elle est déterminée librement par les parties. Toutefois,
il existe des contrats de courtage à durée déterminée et des
contrats de courtage à durée indéterminée. Un contrat de
courtage à durée déterminée est un contrat qui prévoit une date
ou un événement précis pour son terme. Par exemple, un contrat
de courtage qui stipule qu’il prendra fin à la conclusion du contrat
visé par la médiation du courtier, ou à l’expiration d’un délai
convenu entre les parties. Un contrat de courtage à durée
déterminée ne peut pas être résilié avant son terme, sauf pour
faute grave de l’une des parties ou pour cas fortuit ou de force
majeure. Un contrat de courtage à durée indéterminée est un
VI-Effets du contrat de courtage:
Le contrat de courtage est une convention par laquelle le courtier
s’engage à rechercher pour son client une autre personne avec
laquelle il pourra conclure un contrat. Le contrat de courtage est
un contrat consensuel, synallagmatique et onéreux. Il produit des
effets juridiques entre les parties et à l’égard des tiers.Entre les
parties, le contrat de courtage oblige le courtier à accomplir sa
mission avec diligence et loyauté, à informer son client de l’état
d’avancement de ses démarches, à lui communiquer les
renseignements utiles sur la personne trouvée et le contrat
envisagé, et à lui rendre compte de l’exécution de son mandat. Le
courtier a droit à une rémunération, appelée commission ou
courtage, qui est fixée librement par les parties ou par les usages
de la profession. Le courtier n’a pas le pouvoir de négocier ou de
À l’égard des tiers, le contrat de courtage est régi par le principe
de la relativité des contrats, qui signifie que le contrat ne crée
d’obligations qu’entre les parties contractantes et ne peut être
invoqué ni par les tiers ni contre eux. Toutefois, il existe des
exceptions à ce principe, notamment lorsque le contrat de
courtage porte sur un bien immobilier. Dans ce cas, le contrat de
courtage doit être publié au service de la conservation foncière
pour être opposable aux tiers. Par ailleurs, le contrat de courtage
peut être annulé pour vice du consentement, dol, erreur ou lésion,
si les conditions légales sont réunies. La nullité du contrat de
courtage entraîne la restitution réciproque des prestations entre
les parties et la disparition des effets du contrat à l’égard des tiers.
Conclusion:
L’étude du domaine et du contenu du contrat de courtage, nous a
permis de révéler un certain nombre d’informations relatives, tant
à la qualification juridique de l’opération, qu’au régime juridique
en découlant. Le lien créé par le contrat de courtage, c'est-à-dire
les relations entre le donneur d’ordre et le courtier. L’analyse des
obligations des parties, démontre l’existence de similitudes, avec
des qualifications juridiques voisines, tant en ce qui concerne les
obligations du courtier, que celles du client de ce dernier. Le
donneur d’ordre de ce dernier, et le courtier, le mandant et le
mandataire, ou de l’agent commercial, ont tous vis-à-vis de leurs
partenaires, une obligation de loyauté et de bonne foi, de
coopération, se manifestant par un devoir d’information. Ceci
étant, d’après ce qui précède, on souligne que par un souci de