Le dbat sur leuthanasie
Lourdes Domnguez Morn
Objectifs
Ne pas donner un avis ou un jugement moral sur leuthanasie Cerner la nature du dbat sur leuthanasie Donner des lments de rflexion pour que le dbat puisse tre pens de faon moins idologique, moins militante, et plus rationnelle.
La double nature du dbat sur leuthanasie: thique et loi
Le dbat thique: est-il thiquement acceptable de
provoquer la mort de quelquun qui souffre et qui demande de mourir?
Le dbat juridique: une loi qui permettrait
pratiquer des euthanasies sans tre punis, est-elle opportune dans une socit?
Le dbat thique 1: thique de la conviction
Ce qui rend leuthanasie mauvaise: Plusieurs lments propres leuthanasie diffrencient cette pratique des autres pratiques de fin de vie, notamment de labstention thrapeutique et de la sdation terminale)
Causalit: euthanasie limitation et arrt des thrapeutiques Intention: euthanasie sdation terminale
Le dbat thique 2: thique de la responsabilit
Deux positionnements: A faveur de leuthanasie: leuthanasie sert viter la souffrance de certains patients, permet certains patients de sapproprier leur mort
Contre leuthanasie: leuthanasie cre plus de consquences ngatives que de consquences positives. La pratique de leuthanasie cre dautres souffrances chez les mdecins, chez les patients, chez les proches. Elle sape la crdibilit des soignants et la relation mdecin-patient.
Le dbat lgal: Cohrence et responsabilit des lois
Ce qui est lgal et ne fait pas lobjet du dbat:
Le refus de lacharnement thrapeutique: la limitation et larrt des thrapeutiques
Ce qui reste illgal est la collaboration directe (euthanasie) ou indirecte (suicide assist) la mort dun patient avec une maladie irrversible qui comporte des souffrances pour lui, ptition explicite de ce patient.
Plutt que dun droit du patient ( mourir), il sagit plutt dun droit dune tierce personne ne pas tre punie lorsque, travers ladministration ou la mise disposition dune drogue vise ltale, elle provoque la mort du patient.
Dbat juridique: lments critiques propos dune lgislation sur la fin de vie
Niveau lgislatif: loi sur leuthanasie et/ou sur le suicide assist
Pays Bas, Belgique, Certains cantons de la Suisse tat de lOrgon (USA), Australie
Niveau pnal: (Avis n 63 du CCNE) Un changement de loi est-il opportun? Quelles consquences?
Le dbat juridique. Risques/bnfices de la loi
Loi, de lordre du gnral vs cas, de lordre du particulier Quelles mesures de contrle? Comment valuer ces glissements?
Exprience dautres pays: Les Pays Bas
Conditions dacceptabilit de leuthanasie aux Pays Bas depuis 1984: Commission dtat et Parlement
Souffrance vcue par le patient comme insupportable. chec des soins palliatifs. Demande claire, rpte et maintenue de la part du patient. Il ny a pas de chances que son tat samliore. Maladie incurable. La demande doit tre volontaire. Avis dun deuxime mdecin qui doit vrifier que toutes les conditions saccomplissent. - Certificat de dcs avec la mention, mort non-naturelle.
Mort dlibre:
En Europe, 25% 50% des dcs sont secondaires une dcision de fin de vie
(1)
- Euthanasie: de 0.04% (Italie) a 2.5% (Pays Bas) du total de dcs
- Suicide assist : 0% (Italie) 0.36% (Suisse)
- Sdation terminale (la mort tant prvue comme une consquence possible, sure ou partiellement voulue par le mdecin): 19% (Italie) a 26% (Danemark) -Limitation et arrt des thrapeutiques: 4% (Italie) 28% (Suisse) -Finalisation de la vie sans quil y ait une demande explicite du patient : 0.06% (Italie) a 1.50% (Belgique). Selon Mitchell et al (2), jusqu 20 30% des pratiques de sdation terminale sont pratiques sans le consentement du patient comptent.
1. 2. Van der Heide A, Deliens L, Faisst K, Nilstun T, Norup M, Paci E, Van der Wal G, Van der Maas PJ, on behalf of the EURELD consortium. End-of-life decision-making in six European countries: descriptive study. Lancet, 2003, 361: 345-350; 2. Mitchell K, Owens GR. National survey of medical decisions at end of life made by New Zealand general practitioners. BMJ, 2003, 327: 202-203
Et, en France?
Peu dvaluations
Seulement dans le contexte de la ranimation Aucune valuation publie sur leuthanasie
Ce qui se passe au Mexique
Nous avons une loi de volont anticipe. Le patient devra notifier un notaire qu'il souffre d'une maladie en phase terminale, sans gurison possible et qu'il a dcid "de ne pas recourir des mthodes ou des des instruments mdicaux, chirurgicaux, thrapeutiques qui prolongent la vie" contre sa volont.
Pour une thique fonde
On a lobligation morale de fonder notre discours dans la comprhension plus objective, prcise et complte de la situation.
Une decision nest si simple...
Que est ce que vous feriez?
Hugo Claus (Belgique)
L'crivain belge, plusieurs fois favori pour le Prix Nobel de littrature avait demand tre euthanasi car il souffrait d'Alzheimer.
Chantal Sbire (France)
Femme de 52 ans atteinte d'une maladie incurable, progressive et douloureuse qui lui dformait le visage.