DU CHAOS
AU REPOS DE DIEU
Il y a le deuxième cours à l'école de la
foi de Yamoussoukro s'intitule la
création donc comme grand titre nous
avons du chaos au repos de Dieu
(Genèse 1,1-2,4a)
INTRODUCTION
L’univers littéraire de Genèse 1,1-2,4a, premier récit de la
création, est très différent de Genèse 2,4b-3,24, deuxième récit. Le
premier est plus abstrait et plus savant. C'est un enseignement
sacerdotal contenant sous forme concentré l’essence du savoir des
prêtres. Il n’a pas été écrit en un seul jour, mais c’est bien une doctrine
qui s'est enrichie très lentement avec circonspection au cours d'une
croissance séculaire.
1. COMPOSITION DU TEXTE
Nous nous trouvons dans le cadre d'une
semaine à l'intérieur duquel le récit progresse de
jour en jour. Il commence par un prologue décrivant
le chaos initial et il s'achève par le sabbat de Dieu
qui est le but ultime de la création.
1.1 Structure du texte
1.Prologue : le chaos initial (Gn1,1-2)
2.Tournure litanique : les six premiers jours de la création (Gn1,3-31)
3.Conclusion : le septième jour et le sabbat (Gn2,1-4b)
On peut relever l'inclusion entre Gn1,1 et Gn2,1.4a
CHAOS INITIAL (Gn1,1-2)
Jour 1: (Gn1,3-5) Lumières Ténèbres
Jour 2: (Gn1,6-8) Eaux du dessous Firmament ; Eaux du dessus
Jour 3: (Gn1,9-13) Mer ; terre sèche ; végétation
Jour 4: (Gn1,14-19) Luminaires
Jour 5: (Gn1,20-23) Poissons oiseaux
Jour 6: (Gn1,24-31) Animaux ; homme (mâle et femelle)
Jour 7: (Gn21,1-3) Repos sabbatique de Dieu
Conclusion : (Gn2, 4a)
L’homme arrive quand l'univers est bien organisé. C'est bien lui qui est
le premier but de l'action créatrice de Dieu. En même temps tout est
orienté vers le sabbat de Dieu qui donne lui LE BUT ULTIME de la
création.
1.2. Schéma de chaque journée
Chaque jour reprend le même schéma comprenant 7 points successifs.
Nous prendrons l'exemple du 4e jour qui est le mieux structuré c'est-à-
dire Gn1,14-19
1. Le récit annonce un commandement : ‘’Et Dieu dit’’(v14a)
2. Parole de commandement : ‘’ qu'il y ait…’’ (vv14b-15a)
3. Formule d’accomplissement : ‘’Et il en fut ainsi’’(v15b)
4. Acte d’exécution : ‘’Dieu fit…’’(v16)
5. Parole sur ce qui est fait : ‘’Dieu établit’’ (appela…) (v17-18a)
6. Formule d'appréciation : ‘’Dieu vit que cela était bon’’ (…) (v18b)
7. L’indication du jour : ‘’ il y eut un soir …4e jour’’ (v19)
1.3 Une division cosmologique
Le verset 1 donne un titre au récit et annonce son contenu : la création
par Dieu des cieux et de la terre. Il indique aussi la division
cosmologique qui va être mise en œuvre entre le ciel et la terre
1.3.2 En ce qui concerne le ciel
Tous les éléments célestes sont traités de la même façon : ‘’Dieu dit…
Que soit’’
-La lumière » » » Dieu sépara la lumière des ténèbres (v3)
-le firmament » » » il séparera les eaux supérieures… (v6)
-les luminaires » » » séparer la lumière de la ténèbre (v14)
Dans les trois cas l'objet créé provoque une séparation. Dans ce schéma
se trouvent ainsi reliés : une parole créatrice, une cosmologie à
dominante céleste et un processus de séparation.
1.3.2 En ce qui concerne la terre
On retrouve également une même manière de traiter les différentes
étapes de la création.
‘’Dieu dit… Que’’ suivi de verbes variés :
-S’amassent (v9)
- apparaissent (v9)
-verdisse (v11)
-grouille (v20)
-vole (v20)
-produise (v24)
On retrouve donc les mêmes éléments diverses paroles de création, une
cosmologie terrestre, le thème de la séparation (distinction d'espèces).
La composition du récit montre une volonté d'ordre ou la création est
perçue comme une mise en ordre des deux grands domaines : l'univers
céleste et l'univers terrestre
Cette répartition est soulignée à la fin du texte en Gn2,1 et 2,4b comme
en Gn1,1 à la manière d'un cadre pour l'action qui s’y déroule. Cette
action bien repartie fictivement sur une semaine nous présente le
commencement. (v1)
2.Commentaire
2.1. Le prologue : vv1-2
Verset 1
Ce prologue exprime d'abord que c'est Dieu, qui par un acte libre
de sa volonté a suscité le ciel et la terre, c'est-à-dire qu'il a fixé par son
pouvoir créateur un commencement d'existence à tout ce qui existe. Le
verbe utilisé par le texte pour dire l'action de création de Dieu est
‘’Bara’’. Ce verbe contient d'une part l'idée de l'absence complète
d’effort et d'autre part l'idée de créatio ex nihilo, car il n'est jamais lié à
la matière. Grâce à l'utilisation de ce verbe Dieu apparaît comme
Seigneur de l'univers. C'est bien lui qui le fait advenir et qui le
constitue. Cette action de Dieu le distingue de celle des mythes
cosmogoniques ou l'univers à une origine mystérieuse ou bien où il est
engendré par les dieux ou la conséquence d'un combat primordial entre
les dieux. Ce premier verset doit être compris comme l'expression
résumé de tout ce qui va s'épanouir peu à peu dans la suite
Verset 2
Après le titre on apprend que la terre, les ténèbres et l'abîme sont déjà
là. On ne sait d'où ils sont venus. L’énoncé concerne donc la
description du chaos et laisse entendre que celui-ci n'entre pas encore
dans l'événement de la création. Le rédacteur ose ici faire du chaos un
état intermédiaire entre le néant et le créé et donc en faire un objet
d’énoncé théologique. Ainsi, il évoque une réalité qui a existé avant
tout les temps et avant la création mais aussi une possibilité qui peut
toujours se reproduire. Que le chaos constitue une véritable et
perpétuelle menace pour l'homme, voilà une expérience primordiale et
une perpétuelle pierre d'échappement pour sa foi
Texte :
1,1 : au commencement crée Dieu les cieux et la terre
2 : Et la terre était néant et confusion
Et la ténèbre à la surface de l’abime
Et le souffle de Dieu agitait à la surface des eaux.
Le rédacteur décrit ce chaos primordial comme le lieu de
l'inorganisation et de l'absence de vouloir organisateur. La terre était
‘’tohu vabohu’’. Le premier thème signifie chaos, néant,
masse informe mais aussi désert ou le vide. Le second terme désigne un
état de désordre et de confusion
De plus ‘’tehom’’ signifie chaos liquide, abîme, profondeur, océan
primordial. On se trouve bien en face d'un terme de désolation et d’un
océan primordial qui se mélange et pour former un lieu de confusion et
de désordre. Le verbe qui sert à décrire l'action du souffle de Dieu est
difficile à traduire ‘’merahéphet’’ plus que planer il vaut mieux le
traduire par vibrer, trembler, agiter, Dn7,2 lui correspond.
L'énoncé de ce verset concerne donc la description du chaos et n'entre
pas encore dans l'événement de la création. La plupart des expressions
ont sans doute leur origine conceptuelle dans les mythologies des
religions avoisinantes (l'abîme primordial évoque sans conteste l’océan
primordial du chaos des origines de la Tiamat babylonienne).
En même temps ce qu’il y a de commun ne dépasse pas les thèmes
cités : l'arrière-plan et l'emprunt mythique sont démythologisés :
l'océan devient une chose sous le regard de Dieu
La pensée du rédacteur sacerdotal oscille finalement entre chaos et
création et non entre néant et création. Cependant le verbe ‘’barah’’
souligne bien que Dieu est PARTI DE RIEN
L’oscillation entre chaos et création va valoriser l'idée de séparation et
de mise en ordre de la création
babylonienne). En même temps ce qu’il y a de commun ne dépasse pas
les thèmes cités : l'arrière-plan et l'emprunt mythique sont
démythologisés : l'océan devient une chose sous le regard de Dieu
La pensée du rédacteur sacerdotal oscille finalement entre chaos et
création et non entre néant et création. Cependant le verbe ‘’barah’’
souligne bien que Dieu est PARTI DE RIEN
L’oscillation entre chaos et création va valoriser l'idée de séparation et
de mise en ordre de la création
2.2. Le premier jour (Gn1,3-5)
Texte :
1,3 : et dit Dieu : soit (la) lumière et est (la) lumière
4 : et vit Dieu que la lumière était bonne
Et sépara Dieu la lumière de la ténèbre
Et appeler Dieu (pour) la lumière ‘’jour’’ et (pour) la
ténèbre (l)'appela nuit
Et il y eut un soir et il y eut un matin : Jour un
Après l'important digression théologique du verset 2 le texte souriant
dès le verset 3 vers l'énoncé positif de l'activité créatrice de Dieu. Il
entreprend de développer l'histoire de la création du monde selon ses
étapes successives et propose ainsi de point en point les éléments
fondamentaux de l’Ancien Testament sur la création.
La lumière est le premier né de toute créature et apparaît comme
l'élément le plus sublime et la plus fine des forces élémentaires. Sans
lumière il n'y a pas de création. Seule la lumière fait ressortir les
contours de la créature qu’estompe l’obscurité. Instantanément et sans
rencontrer de résistance, la lumière emplit l'espace immergé dans le
chaos.
La lumière est dissociée des astres (et du soleil). Ce peut être un
moyen de démythologis les astres qui n'apparaîtront que
secondairement et à qui est ainsi contestée toute dignité créatrice. Mais
les ténèbres ne cessent d'appartenir au chaos. Chaque nuit est ainsi un
retour au chaos et un lieu de menace pour l'homme. Pour le monde juif,
la nuit est
le temps des démons. En donnant son nom à la lumière et à la ténèbre,
Dieu affirme sur chacun deux son droit seigneurial. La conception de la
création par la parole préserve la différence radicale entre créature et
créateur. La création n'est pas d'abord une émanation si discrète soit-
elle, de Dieu. Elle n'est pas de nature divine mais elle est un produit de
sa volonté personnelle. La seule continuité entre Dieu et son œuvre est
sa parole.
Le monde entier appartient totalement à Dieu. Il est sa créature et Dieu
en est le Seigneur. La créature est appelée bonne ‘’tob’’. Dans ce mot,
il y a moins l'idée d'un jugement esthétique que celle d'une appréciation
sur la conformité entre l'objet créé et le projet du créateur.
2.3 Second jour (Gn1, 6-8)
Il mentionne la création du firmament que les anciens se
représentaient comme une voûte solide. Le mot hébreu (raquisa)
désigne une étendue, une surface qui a été travaillée à coup de marteau.
Cette coupole céleste introduite dans l'océan chaotique constitue une
séparation entre les eaux d’en haut et d’en bas. A côté de la parole
créatrice (v.6) intervient également la mention que Dieu ‘’fait’’ cet
objet (verbe ‘’hacha’’).
On a sans doute ici le reflet de deux traditions dont on va retrouver
l'inégalité conceptuelle tout au long du chapitre. La première plus
ancienne s’appuyait sur une notion simple de création directe de
modelage de Dieu et la seconde, plus récente, parle d'une création par
la parole qui se contente de donner des ordres. Cette dernière parle de
la distance absolue entre créateur et créature.
2.4 Le troisième jour
Il contient l'achèvement de ce qui a été commencé au second jour
2.5 Le quatrième jour
On assiste ici à la création des astres et le rédacteur va opérer un travail
de démythologisation sans précédent. Les astres ne sont plus que des
créatures dépendantes de la volonté créatrice et organisatrice de Dieu.
Ils sont appelés ‘’lampes’’ (c'est-à-dire luminaires), mehorot. Ce mot
est volontairement prosaïque et banal. Ils ne sont pas désignés
par
leur nom de soleil et de lune pour écarter toute tentation d'erreur. En
effet, le mot commun aux sémites pour désigner le soleil est un nom
divin. Dieu leur assigne le service très humble d'illuminer la terre et
donc le monde des hommes.