Cours de Matériaux Plastiques
Caractérisation des Polymères
chapitres 4 à 7
D.GRIDAINE IUT de TROYES L.P. MCA 2009/2010
4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.1 Principe des essais.
Le choc résulte de l'application d'une sollicitation mécanique à grande vitesse
(plusieurs mètres par seconde) et à énergie élevée, engendrant la rupture d'une
éprouvette en une fraction de seconde. Il permet de juger, dans des conditions
expérimentales données, de la fragilité d'un ensemble matériau-éprouvette.
Le résultat dépend du processus de relaxation moléculaire associé au temps de
rupture et à la température, ainsi que de la géométrie (entailles) et de l'hétérogénéité
(défauts) qui engendrent des concentrations de contraintes.
L'entaille que l'on introduit comme amorce de rupture pour fragiliser les éprouvettes
lisses qui fléchissent sans se rompre ou pour apprécier la sensibilité à des défauts
générateurs de concentrations de contraintes, introduit de multiples paramètres par
sa géométrie (entailles en U ou en V), par son rayon de courbure, sa largeur, et ses
conditions de réalisation.
La corrélation échantillon-pièce finie est difficile et l’essai final sur pièce réelle reste
plus sur.
Nous décrirons brièvement deux types d'essais suivant l’appareillage et le mode de
sollicitation:
- les méthodes pendulaires pour sollicitations uniaxiales
- les méthodes par chutes de masses pour sollicitations multiaxiales
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.2 ) Méthodes pendulaires.
Principe : La résistance au choc caractérise l’énergie absorbée au cours de la rupture
d'un barreau lisse ou entaillé, sous l'action d'un percuteur doué d'une énergie
cinétique suffisante. On utilise une masse à mouvement pendulaire; l'angle de
remonté du pendule après le choc permet de calculer l'énergie de rupture.
Un tel mouton-pendule est constitué d'un
bâti rigide et massif, d’un support
d'éprouvette, d'une masse oscillante
comportant un percuteur et d’un dispositif
de repérage de l'énergie absorbée. Chaque
appareil est généralement équipé de
plusieurs pendules interchangeables
correspondant à divers niveaux d'énergie.
Une gamme de 0,5 à 50 J s'applique à
l'ensemble des plastiques.
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4.2 ) Méthodes pendulaires.
Afin de limiter l'influence de la vitesse du percuteur à l'impact, il est recommandé de
travailler à hauteur constante. La vitesse au point d'impact est de 3 à 4 m/s
La géométrie du percuteur dépend du mode de sollicitation.
On distingue ainsi trois méthodes :
- Charpy
- lzod
- choc-traction
- chute de masse
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4.2 ) Méthodes pendulaires.
4.2.1) Méthode Charpy.
On opère par flexion d'une éprouvette reposant sur deux appuis simples, avec
charge centrale
Deux types d'éprouvettes et d'entailles sont
prévus dans la norme française :
-l'éprouvette de base (type 1) qui a pour
dimensions moyennes 80 x 10 x 4 mm avec
une entaille en V.
-l'éprouvette dite gros barreau (type 2) de
120 x 15 x 10 mm avec une entaille en U.
Les résultats sont exprimés sous forme de
résilience, énergie apportée à la section.
La notion de résilience est largement dépendante de la géométrie, en particulier du
rapport d’effilement D/h où D est la distance entre appuis et h l'épaisseur.
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.2 ) Méthodes pendulaires.
4.2.2) Méthode par flexion d'éprouvettes encastrées à une extrémité .
La méthode la plus courante est
connue sous la référence lzod.
La géométrie des éprouvettes et de
l'entaille (en V) est analogue à celle
des éprouvettes Charpy, avec
cependant une longueur plus courte
et deux rayons de fond d'entaille
possibles (0,25 et 1 mm).
Cet essai est très utilisé aux Etats-Unis ;
la norme française en réduit l’application
aux styréniques.
La résilience, ou résistance au choc Izod,
est exprimée on énergie par unité de
largeur (J/m).
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.2 ) Méthodes pendulaires.
4.2.3) Méthode par choc-traction.
Elle a été utilisée bien après la
méthode Charpy, pour l'analyse de
certains défauts de transformation ou
du vieillissement de polymères
rigides.
Le classement obtenu avec cette
méthode ne concorde pas
nécessairement avec celui établi en
choc-flexion.
On utilise un mouton-pendule avec un
percuteur en Méthodes par chutes
de masses fer à cheval qui vient
frapper symétriquement le mors
mobile de traction d'une éprouvette à
double épaulement.
Pour tenir compte de l’entraînement
du mors mobile, une correction
d'énergieIUT
D.GRIDAINE cinétique
de TROYESestL.P.
à faire.
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.3 ) Méthodes par chutes de masses.
Le principe consiste à laisser tomber
une masse d'une hauteur donnée
perpendiculairement à un film, une
plaque ou un objet et à observer, pour
l'énergie cinétique appliquée, le type
de défaillance obtenu : craquelure,
rupture, pénétration, éclatement.
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.3 ) Méthodes par chutes de masses.
Cet essai est dit multiaxial car il permet
de solliciter le matériau dans toutes les
directions du plan, révélant ainsi les
directions de plus grande faiblesse
(lignes de soudures, orientation des
fibres)
L'énergie peut être modulée soit à
hauteur de chute variable et masse
constante, soit à masse variable et
hauteur de chute constante, Ces
dernières conditions étant préférables
puisqu'ainsi on maintient constante la
vitesse.
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4) LES ESSAIS THERMOMECANIQUES (COMPORTEMENT AU CHOC)
4.4 ) Paramètres influant sur la résistance au choc
4.4.1) Influence de la température
On peut définir, pour certains polymères des températures de transition ductile-fragile.
4.4.2) Influence de la géométrie
La géométrie de l’échantillon (épaisseur) mais plus encore la forme et la dimension de
l’entaille influencent les résultats de l’essai de choc, rendant les corrélations entre essais
délicates. Le mode d’usinage de l’entaille, notamment, et son rayon à fond, peuvent
justifier de grandes variations.
4.4.3) Influence de la masse molaire
La résistance au choc est grandement conditionnée par la masse molaire et l’indice de
polymolécularité (distribution statistique des masses molaires, appelé parfois
polydispersité). Une augmentation de la masse molaire favorise une meilleure résistance
au choc
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