Chapitre 2:
L’immunité naturelle et l’immunité spécifique
Situation de départ:
• Les micro-organismes existent dans notre environnement certains
parmi eux sont utiles pour l’homme, d’autres provoquent des
maladies (pathogènes).
• Comment l’organisme parvient il à lutter contre les microbes
pathogènes ?
Activité 1: l’immunité naturelle ou immunité
non spécifique.
• Notre organisme est en contact permanent avec plusieurs types de microbes
pathogènes et pourtant ceux-ci ne pénètrent que rarement dans le milieu
intérieur.
• Comment l’organisme empêche t il la pénétration des microbes dans le milieu
intérieur ?
• Quels sont les différents mécanismes des réactions immunitaires qui permettent
à l’organisme de lutter contre ces agents pathogènes ?
A- Rôle des barrières naturelles dans la protection de l’organisme contre les microbes :
• Exploitation des docs 1 et 2/ 138:
la peau et les muqueuses constituent des barrières mécaniques et chimiques qui empêchent la
pénétration des microbes au milieu intérieur.
La peau : la peau est constitué de plusieurs couches cellulaires (couche de cellules mortes,
épiderme et le derme) . C’est donc une barrière physique contre l’invasion microbienne.
Les muqueuses : Ces dernières tapissent les cavités de l’organisme : tube digestif, fosses
nasales ,bronches, voies génitales et voies urinaires.
Elles se caractérisent par une couche de cellules jointives et des sécrétions de mucus contenant
des substances qui tuent les microorganismes pathogènes, notamment les bactéries.
Les barrières physico-chimiques :
• La peau et les muqueuses:
B- la réaction inflammatoire :
1- Exploitation des docs : 1(a,b) .
• Dans le cas d’une plaie, l’organisme manifeste une réaction
inflammatoire caractérisée par :
• Une sensation de douleur
• Une rougeur ( la zone touchée devient rouge)
• Une sensation de chaleur ( augmentation locale de la T°)
• Un gonflement (œdème)
• L’apparition du pus (quelques jours plus tard)
Question :
Comment vous expliquez la manifestation de ces 4 symptômes ?
2- Découvrir la réponse inflammatoire: voir doc 2 page: 139.
- Observation microscopique d’une goutte de pus : Doc 1.b
L’observation d’une goutte de pus permet d’identifier les constituants
Suivants :
Le plasma .
Les globules blancs (leucocytes).
Les bactéries.
comment vous expliquez la présence
des éléments de sang dans la goutte de
pus?
Question: qu’est ce qui arrive lorsque la barrière de la peau est franchi ???
Bilan 1:
Une plaie constitue une brèche dans la peau, ce qui permet la
pénétration des micro-organismes , notamment les bactéries.
La réaction inflammatoire se caractérise par la dilatation des
capillaires sanguins et la sortie des cellules phagocytaires qui
quittent la circulation sanguine ( phénomène de diapédèse)
pour se diriger vers le foyer d’infection.
C- Mécanisme de la phagocytose et son rôle dans l’élimination de
l’antigène :
- Neutralisation des microorganismes pathogènes par les cellules phagocytaires :
- Les cellules phagocytaires ( macrophages et neutrophiles) sont des cellules dotées de la
faculté de phagocyter l’élément pathogène. La phagocytose se déroule selon les étapes
suivantes:
- a- Fixation du microorganisme pathogène (cellule bactérienne par exemple).
- -b- Ingestion et formation de vésicules phagocytaires (enzymes digestives).
- c- Digestion .
- d- Rejet des débris du germe détruit .
La phagocytose :
Caractéristiques de l’immunité innée :
Caractéristiques Précisions
Défense rapide Est active immédiatement en cas d’agression par un agent
infectieux
Non-spécificité Est indépendante des antigènes des agents infectieux
Absence de Provoque une réponse immunitaire comparable à chaque
mémoire exposition avec un même agent infectieux
immunitaire
Cellules intervenant dans l'immunité innée:
Activité 2: la réponse immunitaire spécifique à médiation
humorale et à médiation cellulaire.
• Lorsque virus et bactéries ont réussi à franchir la première barrière de défense de
l’organisme (la réaction inflammatoire), une deuxième ligne se met en action :
c’est l’immunité adaptative. Elle met en œuvre un mécanisme complexe faisant
appel à des globules blancs particuliers : les lymphocytes…
• L’immunité adaptative entraîne 2 types de réponse immunitaire : l’immunité
humorale et l’immunité cellulaire.
A- la réponse immunitaire à médiation
humorale :
1- Mise en évidence de la réaction de l’organisme suite à la
pénétration d’un antigène : voir doc 1/140.
- La présence d’un élément pathogène dans l’organisme
(antigène) déclenche l’apparition dans le sang de molécules
protéiques spécifiques appelées : anticorps.
• L’immunité humorale est assurée par la production
d’anticorps par les lymphocytes B. Elle est principalement
dirigée contre les agents infectieux extracellulaires tels que
les bactéries.
2-Mise en évidence de la spécificité des anticorps: voir doc 3/140
Le sang d’un animal guéri d’un
antigène conserve toujours une
quantité d’anticorps spécifiques
dirigés contre cet antigène.
les anticorps: sont des
molécules protéiques qui ont
une structure sous forme de Y.
3-Origine des anticorps :voir Doc 4/141
• L’antigène (agent infectieux) active directement les lymphocytes B, qui
possèdent des récepteurs spécifiques (anticorps membranaires).
• Les lymphocytes B activés deviennent alors des plasmocytes, qui vont
sécréter des anticorps spécifiques pour la destruction de l’antigène.
• Les lymphocytes B se différencient en plasmocytes producteurs
d’anticorps et en lymphocytes B mémoire.
Activation des lymphocytes B:
Après la fixation de l’antigène
sur le lymphocyte B, celui-ci se
transforme en plasmocyte
sécrétant des anticorps
spécifiques dans le milieu
intérieur ( sang et lymphe).
4-Neutralisation et destruction de l’antigène par les
anticorps:
La fixation des anticorps libres sur
l’antigène forme un complexe immun
(antigène-anticorps) (Ag-ac): ce qui
permet de neutraliser l’antigène. Par la
suite le complexe immun est détruit
par les cellules phagocytaires.
B- La réponse immunitaire à médiation cellulaire :
1- Mise en évidence de la réponse immunitaire à médiation cellulaire:
Voir doc 1/141.
Exploitation des docs:
1- Expliquer les résultats obtenus chez les souris A,C et D.
2- Montrer que la réponse immunitaire contre le bacille BK est une réponse
immunitaire à médiation cellulaire.
• Réponses :
1- la souris A est morte suite à l’injection de BK ( Bacille de koch) :
souris non immunisée contre (BK).
- La survie de la souris C suite à l’injection des lymphocytes (T ) extraits
de la souris B guérie de la tuberculose.
- Mort de la souris D suite à l’injection du sérum et non pas des
lymphocytes T.
- 2- il s’agit d’une réponse immunitaire à médiation cellulaire car elle
fait intervenir des lymphocytes T.
2-Action des lymphocytes T: Doc 2/141.
L’antigène (agent infectieux) est présenté à des lymphocytes T par des
cellules présentatrices d’antigènes (ex. : cellules dendritiques).
Les cellules présentatrices d’antigènes activent les lymphocytes T, qui se
différencient en :
Lymphocytes T cytotoxiques (CD8+), qui détruisent les cellules
infectées (immunité cellulaire);
Lymphocytes T auxiliaires (CD4+), ou T helper cells, qui stimulent les
lymphocytes B pour produire une plus grande quantité d’anticorps et
de cellules mémoire.
Activité 3: Réponse immunitaire spécifique : Origine des cellules
immunitaires et coopération cellulaire.
Le système immunitaire regroupe les organes responsables de la
formation, la maturation , la circulation et la concentration des cellules
immunitaires.
Quels sont les rôles respectifs des organes du système immunitaire?
Comment les cellules du système immunitaire coopèrent-elles au cours
des réactions immunitaires?
A- les organes lymphoïdes et le développement des cellules immunitaires. Voir docs :
1,2 et 3 (142).
- les organes lymphoïdes sont : la moelle osseuse, le thymus, les ganglions
Lymphatiques, la rate et les amygdales.
La moelle osseuse : contient les cellules souches, origine de toutes les cellules
sanguines, y compris les globules blancs responsables des réponses immunitaires.
Les lymphocytes B achèvent leur maturation dans la moelle osseuse alors que les
lymphocytes T l’achèvent dans le thymus.
Les lymphocytes B, les lymphocytes T et les autres globules blancs se concentrent dans
les ganglions lymphatiques et la rate et circulent à travers les vaisseaux sanguins et les
vaisseaux lymphatiques.
B- Coopération cellulaire entre les cellules immunitaires.
Voir doc 1et 2/ 143.
- Expérience de Mosier: voir doc 1/B (143).
• Interprétations des résultats:
• L'expérience de Mosier montre que la réponse immunitaire spécifique
humorale ne peut avoir lieu qu'en présence des macrophages, des
lymphocytes T et des lymphocytes B, en plus de l'antigène (Globules
Rouges du Mouton = GRM).
• En absence des macrophages, des lymphocytes T ou des lymphocytes B, la
réponse immunitaire ne peut pas avoir lieu (pas de production d'anticorps
anti-GRM).
• Conclusion
• On déduit que la réponse immunitaire nécessite une coopération entre
les macrophages, les lymphocytes T et les lymphocytes B.
• la coopération entre les cellules immunitaires a pour but la
neutralisation et la destruction de l’antigène = le non soi
( toxines, microbes, cellules cancéreuses,...) sans toucher le soi.
C-Résumé de la coopération cellulaire entre les cellules
immunitaires.
Bilan :
- L’antigène est phagocyté par des cellules phagocytaires et présenté
aux (LT) auxiliaire ou (LTh) spécifiques.
- Les LTh se multiplient et se transforment en LTh sécréteurs de
substances activatrices et en LTh mémoire.
- L’activation les LB provoque leur multiplication et leur transformation
en plasmocytes sécréteurs d’anticorps spécifiques et en LB mémoire.
- L’activation des LT provoque leur multiplication et leur transformation
en LT cytotoxique (LTc) et en LTc mémoire.
Activité 4: les aides au système immunitaire.
Plusieurs méthodes sont utilisées pour renforcer le système
immunitaire et l’aider à lutter contre les microorganismes
pathogènes. Ces méthodes n’ont pas la même efficacité, ni la
même durabilité.
Quels sont les mécanismes mis en jeu pour chaque méthode?
A- Moyens de protection du corps des maladies
microbiennes :
1- L’antisepsie: voir doc 1/144
• C'est une méthode préventive qui consiste à détruire les micro-organismes
présents dans une plaie (désinfection).
• Pour nettoyer la plaie, on utilise des produits antiseptiques comme l’alcool 70°, la
Bétadine, l’eau oxygénée (H2O2).
2- L’asepsie : voir doc 2
• C'est une méthode préventive qui consiste à empêcher la contamination d’une
zone ou une surface par des micro-organismes.
• Cette méthode concerne par exemple la stérilisation des blocs opératoires dans
les hôpitaux.
3- La vaccination : une immunisation active
- Expérience menée par Louis Pasteur sur le choléra des poules (1878)
et la découverte du principe de la vaccination: voir Doc 3/144.
1.Décris l’expérience 1 et ses résultats.
2.Décris l’expérience 2 et ses résultats. Déduis-en si les bactéries issues
d’une culture vieillie sont ou non pathogènes.
3.Décris l’expérience 3 et ses résultats.
4.proposer une hypothèse pour expliquer ce dernier résultat.
Réponses :
1- Injection de culture fraiche de bactéries du choléra au lot A et la mort de ces
dernières suite à l’injection.
2- la survie des poules du lot B malgré l’injection de culture vieillie de bactéries du
choléra, ce qui prouve que les bactéries issues d’une culture vieillie sont des bactéries
qui ont perdu leur pouvoir pathogène.
3- la survie du lot C : en premier lieu l’injection au lot C une culture vieillie et puis on
a fait une deuxième injection virulente.
Hypothèse:
Le premier contact du lot C avec une culture vieillie de bactéries du choléra a conféré
une immunité au lot C contre les bactéries du choléra ce qui explique leur survie
après l’injection de la culture virulente.
- Vérification de l’hypothèse : voir doc 4/145
• Lorsque l’organisme est confronté pour la première fois à un microbe,
se mettent en place des défenses spécifiques pour le neutraliser et
l’éliminer.
• Parmi les lymphocytes B et T , reconnaissant spécifiquement les
antigènes portés par ce micro-organisme, certains deviennent
des cellules mémoires.
• Si le micro-organisme attaque une seconde fois l’organisme, ces
cellules réagissent plus rapidement et assurent une réponse
immunitaire plus efficace.
Conclusion:
• La vaccination est une immunisation active, préventive et durable.
• Elle fait intervenir le système immunitaire lui-même en suscitant le
développement de la mémoire immunitaire contre un antigène
spécifique.
• Les vaccins sont faits à partir des toxines atténuées=anatoxines ou
des microbes morts ou rendus atténués et inoffensifs.
B- Traitement contre les infections
microbiennes : la sérothérapie.
• Voir docs (B) : 1 et 2 /145
1- Principe de la sérothérapie :
La sérothérapie est une immunisation artificielle passive qui consiste à injecter un sérum
contenant des anticorps spécifiques dirigés contre un antigène donné.
2- Les antibiotiques:
Les antibiotiques sont des substances naturelles ou synthétiques ayant la propriété de tuer
les bactéries ou d’empêcher leur prolifération, utilisés dans le traitement des infections
dues à des bactéries pathogènes.
• Exemple: La pénicilline est un antibiotique extrait de la moisissure Penicillium notatum.
3- Comparaison entre la vaccination et la sérothérapie
Vaccination Sérothérapie
Action spécifique Action spécifique
Immunité active (acquise) Immunité passive (transférée)
Immunité durable (quelques mois à quelques années) Immunité provisoire = temporaire (quelques semaines)
Immunité lente Immunité rapide et immédiate
Acte préventif Acte curatif
Chapitre 3: Dysfonctionnements du
système immunitaire.
• Le système immunitaire permet de neutraliser l’effet des antigènes
grâce au déclenchement d’une réponse immunitaire.
• Dans certains cas ce système connait des dysfonctionnements innés ou
acquis qui perturbent sa fonction comme dans le cas de :
( allergies, SIDA....).
Quelles sont les causes de ces dysfonctionnements ? Quelles sont leurs
manifestations au niveau du système immunitaire ?
Activité 1: les allergies
Une réaction allergique est une réaction immunitaire mal ciblée, dirigée
contre des éléments non pathogènes dits : allergènes.
On parle aussi d’hypersensibilité, c’est donc une sorte de
dysfonctionnement du système immunitaire .
A- Des exemples d’allergènes et leurs effets . Voir docs 1,2,3,4/ 154.
Les allergènes peuvent être des aliments, des substances chimiques, des
antibiotiques.......
Un allergène : Élément inoffensif (non pathogène) étranger à
l'organisme et qui déclenche une réaction allergique.
Allergènes Symptômes et effets
Acariens , poussière , grains de pollen , poils de chats et Asthme , inflammation des voies respiratoires et de la
de chiens , plume d’oiseau. conjonctive de l'œil , eczéma , urticaire , œdèmes...
Certains aliments : fraise , fruits de mer , poissons ,
lait... Eczéma , urticaire , œdèmes...
Certains médicaments : antibiotiques...
Choc anaphylactique : diminution de la pression
Pénicilline , venins d'insectes... sanguine dans le cerveau, asphyxie, coma ou
éventuellement mort.
B-Mécanisme de la réaction allergique .
1- le test cutané : voir doc 1/B page : 155.
Le test cutané consiste à injecter sous la peau, des doses faibles de divers
allergènes. Là ou apparait une inflammation indique que le patient est
allergique à l’allergène correspondant.
2- Mécanisme de la réaction allergique :
Les étapes de la réaction allergique :
- Phase de sensibilisation ( Premier contact avec l’allergène) :
Après avoir traversé la peau ou une muqueuse. L’allergène est phagocyté par des cellules
phagocytaires, et présenté aux lymphocytes T auxiliaires (LT4 ou LTh) qui activent les lymphocytes B.
Ces derniers se transforment en plasmocytes sécréteurs d’anticorps spécifiques à l’allergène , et du
type IgE.
Les IgE se fixent sur les mastocytes.
- Phase de réaction :
- Lors du deuxième contact avec l’allergène, celui-ci se fixe sur les IgE déjà fixés sur les mastocytes .
- Ces derniers sécrètent des substances chimiques comme les histamines , ce qui déclenche les
signes cliniques de l’allergie ( symptômes ) comme : rhinite, urticaire, œdème, diarrhée, choc
anaphylactique ....
Remarque 1 :
les mastocytes font partie des globules blancs. Ils sécrètent plusieurs
substances responsables des symptômes de l’allergie, les histamines
par exemple
Remarque 2:
Le taux d’IgE est relativement élevé chez les personnes allergiques.