Troubles de la pensée
Pr Kapouné Karfo
UFR/SDS
Université Joseph KI-ZERBO
1-Définition
•
• Ce que l’esprit combine ou imagine selon Littré. Dans le mécanisme
de la pensée sont sans cesse intégrés les affects, les attitudes
émotionnelles et les souvenirs.
2-Troubles du cours de la pensée
• Le cours de la pensée n’est ni la production ni le contenu, mais le déroulement, le développement, la progression de la pensée (rythme, continuité,
organisation)
• Le rythme peut aller de la lenteur, bradypsychie, à la précipitation ou tachypsychie avec souvent leur corrélat moteur (débit verbal) : bradylalie ou
palilalie (logorrhée)
• La continuité et l’architecture de la pensée peuvent être perturbés
Rythme
• Accéléré : Tachypsychie il existe une précipitation du débit verbal ; le patient passe
d’une idée à une autre, incapable de se concentrer sur un seul thème précis. Il y a une fuite des
idées. Les associations se font par assonance, par contiguïté ; un son en évoque un autre ; il y a
parfois du coq à l’âne = (Accès maniaque, toxicomanie).
• Ralenti : bradypsychie. Elle témoigne d’une viscosité mentale, d’une
inertie du déroulement des idées.
- Dans la Mélancolie. Existe à coté du
ralentissement, un appauvrissement de la pensée qui reste centrée autour
d’une idée prévalente : un seule thème le préoccupe ; celui du malheur,
de la perte, de la ruine, de la mort (monoidéisme). L’improductivité peut
être totale (anidéation).
- Dans la Confusion, le ralentissement est en rapport direct avec la
difficulté des processus de synthèse mentale.
- Dans la Démence.
- Dans les Disgressions (écarts permanents par rapport au discours,
avec cependant retour au thème abordé)
et la diffluence, où le discours se répand de tous les cotés
(essentiellement au cours des épisodes maniaques)
Continuité
Barrage : arrêt suivi d’une reprise du discours, et ceci, sans émotion
apparente (schizophrénie).
faux barrage : suspension de la parole due à des troubles de l’attention ou interruption de l’halluciné qui écoute son hallucination
Fading mental : ralentissement progressif du débit verbal, comme si le
sujet se détachait au fur et à mesure de ce qu’il dit (schizophrénie)
• La diffluence (du lat disfluere : qui coule en se morcelant) est la dispersion anarchique de la pensée et du discours, ne respectant plus ni logique ni cohérence ni
même objet clairement perceptible. Elle donne une impression d’hermétisme, de maniérisme, de bizarrerie. Elle est caractéristique de la schizophrénie.
• La fuite des idées(cf cours sur les troubles de l’humeur) désigne un enchaînement exagérément rapide des idées, sans lien apparent, caractéristique de l’excitation
maniaque. Elle donne une impression d’agitation désordonnée mais pas de bizarrerie. Le maniaque est fantasque, extravagant ou capricieux, le schizophrène est
bizarre, parfois extravagant.
3-Troubles du contenu de la pensée
• Le contenu de la pensée est fait d’idées, de sensations, d’émotions, de
souvenirs, d’images qui à tout moment peuvent être présentifiés,
ordonnés, synthétisés, verbalisés.
• Pensée déréelle : rêve, rêverie, fantasme.
• Idée fixe : idée qui s’impose avec une constance et une intensité
suffisante pour parasiter le conte nue de la pensée ; sa tonalité
affective est en général désagréable, pénible et douloureuse.
• Obsession c’est une irruption dans la pensée d’un sentiment, d’une
idée, d’une tendance, apparaissant au sujet comme morbide, en
désaccord avec sa volonté, son Moi c’est-à-dire égodystonique ; qui
émane pourtant de sa propre activité psychique et qui persiste malgré
tous ses efforts pour sans débarrasser.
• Phobies
• C’est une crainte angoissante déclenché par un objet ou ne situation n’ayant pas
en eux-mêmes un caractère objectivement dangereux ; l’angoisse disparait en
l’absence de l’objet ou de la situation.
• la compulsion: besoin impérieux de penser à une certaine idée ou d'accomplir une
action ; idée ou action jugée ridicule (se toucher le nez quand on croise une auto rouge,
penser au chapeau de la reine mère), absurde (compulsion de lavage alors que le sujet se
sait propre), inutile (vérifier que l'on vient bien de fermer le gaz, ou de tirer le frein à
main) ... avec émergence d'une angoisse importante en cas de non-réalisation de cette
action.
• Le sujet peut résister à cette tendance (mais au prix d’une angoisse massive), il
peut aussi transformer l’acte ou la pensée en un rituel, mais le plus souvent il se
soumet à ce besoin.
• Une obsession-compulsion est l'obsession d'avoir une compulsion, le
plus souvent dangereuse, moralement condamnable ou agressive
(piquer son enfant avec une aiguille.) L'obsession compulsion, à
l'opposé de la compulsion, n'est qu’exceptionnellement suivie de
l'accomplissement de l'acte redouté, et quand l’acte vient c’est le plus
souvent à titre d’ébauche symbolique (le bras se lève puis retombe, le
début d’une injure fuse et se termine en marmonnement…)
• Les rituels : ils constituent classiquement le mode évolutif des
précédents (on parle même de rituels compulsifs) :
• l'accomplissement par le sujet de rites déterminés pour
échapper aux compulsions, à l'angoisse ou au malheur.. les
rituels sont le plus souvent conjuratoires et renvoient comme
les précédents (mais de façon plus explicite) à un mode de
pensée magique (si je touche quatre fois mon porte bagage
tous les matins on ne me volera pas mon vélo... si je répète six
fois dans ma tête le nom du magasin situé sous le cabinet de
mon médecin il ne me trouvera rien de grave..)
• Fabulation et mythomanie
• On les rencontre plus volontiers comme symptôme organisé dans le cadre
d'une névrose hystérique, mais aussi dans la psychopathie ou chez le
débile vaniteux
• La fabulation est une production imaginaire, non conforme à la réalité
vécue par le sujet. Si son contenu est peu cohérent et inadapté aux
circonstances de temps et de lieu on parlera de confabulation, qui se
rencontre essentiellement dans les affaiblissements de la conscience
(toxiques, alcool, démence, débilité). Si son contenu est cohérent, orienté,
ordonné autour d'un thème (les études, les voyages...) ou d'une tendance
(effrayer, épater, séduire...) on parlera de mythomanie .
•
Idées délirantes
• Idée fausse soutenue par une conviction morbide de sa réalité.
• Permet de reconnaitre vrai, authentique ou logique un fait, une pensée,
une opinion et notamment la sienne (l’autocritique est une forme de
jugement) permet de reconnaitre les rapports existants entre divers
croyances élémentaires.
• Une croyance est une donnée que l’on tient pour véridique, exacte.
• Le jugement peut être facilité, faussé, inhibé ou distordu dans
certaines situations.
• Le rationalisme morbide
• La fausseté du jugement.
• L’interprétation.