LA REACTION INFLAMMATOIRE
LE SYNDROME INFLAMMATOIRE
LIQUIDE SYNOVIAL
LES AUTOANTICORPS
L’INFLAMMASOME
Docteur DIALLO Saïdou
Professeur Agrégé de Rhumatologie
Service de rhumatologie CHU Aristide Le Dantec de Dakar
Directeur du DES de rhumatologie-UCAD
REACTION INFLAMMATOIRE
Inflammation (inflammare : brûler): réaction non
spécifique contre agression d’origine :
Exogène :
Infectieuse, physique (soleil), chimique (alcool, tabac,
aliments, médicaments), traumatique
Endogène :
Génétique
Auto-immune
Auto-inflammatoire
Allergique
Endocrino-métabolique
Tumorale
Psychologique, voire cryptogénétique
REACTION INFLAMMATOIRE
Quels sont les protagonistes
REACTION INFLAMMATOIRE
Antigène :
Exogène : germes, chimique, physique, etc
Endogène : auto-Ag, cellule tumorale
Endothélium
Immunité :
Immunité innée :
Médiateurs cellulaires
Médiateurs solubles (humoraux)
Immunité adaptative :
Médiateurs cellulaires
Médiateurs humoraux
REACTION INFLAMMATOIRE
Les cellules de l’immunité ont deux origines
principales :
Mésenchymateuse :
Ce sont les cellules épithéliales
Cellules de la peau, des muqueuses, des glandes, des vaisseaux
(cellules endothéliales), cellules de la paroi des séreuses (plèvre,
péricarde, péritoine, membrane synoviale), etc
Hématopoïétique :
Ce sont les cellules sanguines
Lignée myéloïde, lignée lymphoïde
Hématopoïèse leucocytaire
Les cellules hématopoïétiques infiltrent le foyer inflammatoire par diapédèse
La diapédèse est assurée par les cellules endothéliales sous contrôle de molécules
IMMUNITE INNEE
Fonctions des acteurs cellulaires au foyer
inflammatoire :
Activation des cellules (PN, macrophages, CD) par le
biais de récepteurs : les Toll Like Receptors
Les TLR sont localisés sur la membrane ou à l’intérieur du
cytoplasme dans les endosomes
Phagocytose
Présentation des antigènes aux lymphocytes T par le
biais des molécules HLA
HLA de classe I aux lymphocytes TCD8+
HLA de classe II aux lymphocytes TCD4+
Les cellules du système monocytes-macrophages-cellules dendritiques (DC) et leurs cytokines
produites quand elles sont activées
Signalisation des TLR : la voie NF-KB et la voie des interférons
Signalisation des TLR : la voie NF-KB et la voie des interférons
Transduction du signal par les TLR
IMMUNITE INNEE
Acteurs humoraux de l’immunité innée sont
multiples :
Le système d’activation plasmatique :
Contact
Complément
Coagulation
Fibrinolyse
Radicaux libres
Dérivés de l’acide arachidonique
Cytokines pro-inflammatoires : IL1, IL8, IL6, TNF
Les 4 systèmes d’activation plasmatique
Les systèmes d’activation plasmatique
Production au site inflammatoire de
substances inflammatoires :
-Radicaux libres
-Dérivés acide arachidonique
Dérivés de l’acide arachidonique
Production de cytokines pro-inflammatoires IL 1 et TNF-alpha par la voie NF-KB
Liens entre immunité innée et immunité adaptative : exemple des cellules dendritiques
Liens entre immunité innée et immunité adaptative : exemple des cellules dendritiques
Rôle des molécules HLA : présentation de l’antigène
IMMUNITE ADAPTATIVE
Elle repose sur les lymphocytes T et B
Lymphocytes T sont responsables :
Immunité à médiation cellulaire
Activation des monocytes, de la cytotoxicité
Production de cytokines de type Th1 ou Th17
Immunité humorale : production cytokines Th2
Lymphocytes B sont responsables :
Immunité à médiation humorale :
Production d’immunoglobulines (anticorps) : GADEM
Production de cytokines : Bh1, Bh2
Lymphocytes régulateurs (immunosupresseurs):
TREG, BREG
Activation du implique 3 signaux : signal spécifique et signaux de co-stimulation
Transduction du signal EMC-Rhum Orthop 2004; 1 : 218-230
Le TCD4+ activé se différencie en différents sous-lymphocytes qui vont effectuer leurs
différentes fonctions : cytotoxicité, production de cytokines spécifiques
Le lymphocyte TCD8+ activé : induit cytotoxicité (destruction de la CPA), prolifération
Cytotoxicité peut être induite par la voie d’enzymes cytotoxiques (granzymes, perforines)
ou par voie FasL-Fas
Goldstein P Méd Sciences 1995 ; 11 : 99-11
Cytotoxicité du TCD8+ par la voie perforine, granzyme
- Libération de granules cytotoxiques au niveau de la synapse immunologique
- La perforine en perforant la membrane de la CPA pathologique permet internalisation granzym
- La granzyme va induire la mort de la CPA par apoptose
Chamkha H et al Méd Sciences 2016; 32:710
Voies d’activation de l’apoptose
Marchetti P Gynécol Obst Fertilité 2005; 33: 632
Ontogénèse du LB
Activation du LB indépendamment du TCD4+
Clot J EMC 2003
Transduction du signal du LB après captation de l’antigène par l’immunoglobuline
Cascade de réactions qui permettent de transmettre l’information de la membrane au noyau
Youinou P et al Immuno-analyse Biologie spécialisée 2004; 19 : 323-329
Immonoglobuline sécrétée par les plasmocytes
Activation du LB : production d’anticors (immunoglobulines)
Interaction entre le LB et le lymphocyte TDC4+ quand celui-ci joue le rôle de CPA
Mariette X Rev Rhum 2004; 71 : 729-733
Les différentes fonctions de BAFF sur les lymphocytes TDC4+
Chen M et et al Cytokines and Growth Factor Reviews 2004
BAFF existe sous forme membranaire et soluble; APRIL sous forme soluble
Vincent FB et al Nat Rev Rheumatol 2014; 10 : 365-373
BAFF existe sous forme membranaire et soluble; APRIL sous forme soluble
Vincent FB et al Nat Rev Rheumatol 2014; 10 : 365-373
Les biomédicaments anti- LB
Morel J et al Rev Rhum 2007; 74 : 745-750
REACTION INFLAMMATOIRE
L’évolution de la réaction inflammatoire :
Résolution (guérison)
Activation du fibroblaste
Production par le fibroblaste de cytokines anti-
inflammatoires
Cytokines anti-inflammatoires sont : TGF-bêta, IL10
Fibres de collagènes qui assurent la cicatrisation
En cas d’échec, le processus inflammatoire passe à la
chronicité :
Formation de granulome
Inflammation locale, locorégionale, systémique
Réaction inflammatoire chronique avec formation d’un granulome : exemple sarcoïdose
SYNDROMES
INFLAMMATOIRES
Signes inflammatoires cliniques :
Locaux : douleur, rougeur, tumeur, chaleur
Systémiques : signes généraux (fièvre, sueurs, AEG :
amaigrissement, asthénie, anorexie), arthrites, atteintes extra-
articulaires : viscérites, sérites (pleurésies, etc)
Liquide synovial, pleural, péricardique, ascite, LCR, etc
Syndrome inflammatoire biologique dans :
Sang : VS, CRP, fibrinémie, NFS, bilan martial (fer sérique, coefficient
transferrine, ferritinémlie), EEP (protidémie, albumie, globulines)
Liquide synovial inflammatoire : GB sup 1000/mm3
Liquide pleural, péricardique, ascite, LCR, etc
Signes inflammatoires radiologiques :
Arthrites (pincement, érosion) : radiographie, échographie,
IRM, TEP-scan
Signes anatomo-pathologiques (biopsies)
SYNDROMES INFLAMMATOIRES
Conduite à tenir devant un épanchement :
Apprécier la tolérance : petite, moyenne, grande
abondance
Selon le cas, procéder à une ponction
« Tout épanchement doit être systématiquement
ponctionné «
La ponction est soit exploratrice (diagnostique) soit
évacuatrice (thérapeutique)
Analyse du liquide d’épanchement impose :
Évaluation de l’aspect macroscopique
Paraclinique :
Chimique, cytologique, bactériologique, anatomopathologique
SYNDROMES INFLAMMATOIRES
Aspect jaune citrin définit le caractère sérofibrineux
Aspect purulent définit souvent la richesse en
polynucléaires altérés
Aspect hémorragique définit la richesse en GR
Aspect chyleux traduit la richesse en lipides
Aspect xantochromatique
SYNDROMES INFLAMMATOIRES
Examen chimique apprécie la richesse en médiateurs
humoraux notamment en protéines :
Taux supérieur à 27 g/l définit la caractère exsudatif ou
inflammatoire
La pauvreté en protéines définit le caractère transsudatif
Ici s’orienter vers un mécanisme hémodynamique (insuffisance
cardiaque) ou chute de la pression oncotique (syndrome néphrotique ou
cirrhose)
SYNDROMES INFLAMMATOIRES
Examen cytologique apprécie la richesse en cellules :
Plus le liquide contient de cellules plus il y a eu diapédèse et
infiltration cellullaire du foyer inflammatoire
La prédominance en cellules définit la nature :
Éosinophilique
Neutrophilique
Lymphocytaire
Tumorale : présence de cellules cancéreuses
Etc
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Syndrome inflammatoire est marqueur biologique
de la réaction inflammatoire caractérisé par :
Une accélération de la vitesse de sédimentation (VS) et
d’une augmentation d’une protéine de l’inflammation
(par exemple : VS et CRP), ou ,
De l’augmentation d’au moins deux protéines de
l’inflammation (par exemple : CRP et fibrinogène, ou
CRP et modifications hémogramme ou EEP)
Cependant, toutes les protéines de l’inflammation
ne sont pas augmentées, certaines étant même
abaissées au cours de l’inflammation :
Albumine, transferrine et préalbumine
REACTION INFLAMMATOIRE
Quel est l’intérêt du syndrome
inflammatoire :
Intérêt nosologique :
Permet distinction entre pathologies
dégénératives et inflammatoires
Intérêt pronostique :
Intensité (sévérité) : risque de défaillance
pluriviscérale (urgence diagnostique et
thérapeutique)
Étiologique : fonction origine du processus
SYNDROME INFLAMMATOIRE
En rhumatologie, les pathologies sont
individualisées en deux grands cadres
nosologiques, pouvant être associées chez un
même patient :
Les pathologies inflammatoires
Les pathologies dégénératives ou mécaniques
Le syndrome inflammatoire permet donc :
D’affirmer la nature inflammatoire de la pathologie
causale
De distinguer en accord avec les données cliniques,
pathologies inflammatoire et pathologies dégénératives
VITESSE DE SEDIMENTATION
Marqueur classique du syndrome inflammatoire
Mesure parcours des globules rouges formant des
rouleaux hématiques sédimentant dans un tube
spécifique
Marqueur simple, peu couteux
Marqueur peu spécifique , car dépendant des:
Protéines de l’inflammation
Autres protéines plasmatiques
Caractéristiques des globules rouges
VS est dite accélérée quand sa valeur est > 28 mm
la 1ère heure
VITESSE DE SEDIMENTATION
Anomalies de la VS sont multiples :
VS accélérée :
Liée à un syndrome inflammatoire
Non liée à un syndrome inflammatoire
VS normale voire abaissée
VS accélérée liée à un syndrome inflammatoire :
CRP est alors accélérée et fibrinogène augmentée
Principales causes :
Infections
Systémiques auto-immunes ou auto-inflammatoires
Tumeurs notamment les cancers
VITESSE DE SEDIMENTATION
VS accélérée non liée à un syndrome
inflammatoire :
CRP et fibrinogène sont alors normaux
Anémie, insuffisance rénale, hypercholestérolémie,
dysglobulinées en réalisant une EEP (gammapathie
monoclonale de sugnification indéterminée,
gammapathie polyclonale), âge, obésité, grossesse
VS normale au cours de syndrome inflammatoire :
Cryoglobulinémie,
CIVD (coagulation intraveineuse disséminée)
VS diminuée : Hémoglobinopathie, polyglobulie,
hypofibrinogénémies
PROTEINE C REACTIVE (CRP)
Appartient à la famille des pentraxines, groupes de
récepteurs de l’immunité innée impliqués dans la
reconnaissance d’antigènes infectieux
Produite essentiellement par le foie (hépatocytes)
sous l’action de l’IL6 et IL1
Donc, doser taux CRP apprécie indirectement taux IL6
et IL1
Demi-vie plasmatique courte de 19 heures
PROTEINE C REACTIVE (CRP)
Protéine inflammatoire très sensible augmentant
dès la 6ème heure du début du processus
inflammatoire causal
Taux peut atteindre 1000 fois taux normal de la
CRP (< 5 mg/l)
Marqueur spécifique de l’inflammation :
N’existe pas de cause de non augmentation de la CRP
au cours de l’inflammation
Au cours du lupus en poussée, son taux peut être faible.
Ainsi, il faut recourir à d’autres marqueurs :
consommation complément, taux d’AAN, anti-DNA
PROTEINE C REACTIVE (CRP)
Principal marqueur de l’inflammation utilisable en
urgence pour étayer l’existence d’une processus
inflammatoire (augmente dès la 6ème heure
réaction inflammatoire )
Marqueur pronostique , car son intensité impose à
rechercher systématiquement :
Un sepsis
Une pathologie systémique, principalement une poussée
d’une PR, de SPA, une maladie de Still, un syndrome
d’activation macrophagique, arthrite microcristalline
Marqueur suivi du traitement : réponse
thérapeutique
FIBRINOGENE
Marqueur tardif de l’inflammation
Demi-vie de 4 à 6 jours
Taux normal : 2 à 4 g/l
Taux abaissé au cours :
Insuffisance hépatique
CIVD
Fibrinolyses primaires
Afibrinogénémies congénitales
MODIFICATIONS DE L’HEMOGRAMME
Un syndrome inflammatoire prolongé peut
entraîner des modifications de la lignée :
Rouge
Blanche
Plaquettaire
MODIFICATIONS DE L’HEMOGRAMME
Modifications de la lignée rouge (GR) :
Anémie modéré : taux d’Hg entre 8 et 10 g/dl
Normochrome normo ou microcytaire, arégénérative
Mécanismes multifactoriels de cette anémie :
Inhibition production érythropoïétine par cytokines
pro-inflammatoires : IL1, IFN-gamma, TNF-alpha
Augmentation production hepcidine par le foie sous
l’action de l’IL6 :
Hepcidine entraîne protéolyse ferroportine, protéine
transmembranaire qui transporte le fer du cytoplasme vers le
milieu extracellulaire
Fer sera ainsi séquestré dans macrophages du système
réticulo-endothélial avec diminution absorption digestive
MODIFICATIONS DE L’HEMOGRAMME
Modifications de la lignée blanche (GB) :
Hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles
(PNN) ou neutrophilie est observée dans :
Infections bactériennes à développement extracellulaire
Pathologies systémiques : poussées de PR, la SPA, la
maladie de Still de l’adulte
Pathologies tumorales : leucémies
Mécanismes multifactoriels de la neutrophilie :
Cytokines pro-inflammatoires : IL1 et IL8
IL1 stimule production GM-CSF (granulocyte-macrophage
colony-stimulating factor) facteur de croissance médullaire
des PNN médullaires, IFN-gamma, TNF-alpha
IL8 est facteur chimiotactique des PNN
MODIFICATIONS DE L’HEMOGRAMME
Modifications de la lignée blanche (GB) :
Leucopénie peut observer dans le cadre des fièvres
dites leucopéniantes :
Infections avec micro-organismes à développement
intracellulaire :
Infections bactériennes : salmonellose, brucellose,
tuberculose
Infections virales : toutes, principalement VHB, VHC, VIH
Infections parasitaires : Plasmodium falciparum
pathologies systémiques :
Lupus, syndrome de Felty, syndrome d’activation
macrophagique
Pathologies tumorales : lymphomes
MODIFICATIONS DE L’HEMOGRAMME
Modifications de la lignée plaquettaire :
Thrombocytose au cours :
Infections bactériennes
Poussées de pathologies systémiques telles que PR, SPA,
maladie de Still de l’adulte, arthrites microcristallines
Tumeurs, notamment syndrome myéloprolifératif :
thrombocytémie essentielle
Thrombopénies au cours :
Infections virales, pathologies systémiques tels que le lupus,
le syndrome d’activation macrophagique
Mécanismes de la thrombocytose :
Cytokines pro-inflammatoires tels que IL1, IL6
augmentent synthèse thrombopoïétine, facteur de
croissance des mégacaryocytes
FERRITINE
Taux compris entre 20 et 200 micro-grammes/l chez la
femme et entre 30 et 300 chez l’homme
Hyperferritinémie liée au syndrome inflammatoire :
CRP est alors augmentée
Augmentation considérable de la ferritinémie (> 10 000 micro-
g/l) avec effondrement de sa fraction glycosylée en deçà de 20% :
Maladie de Still de l’adulte
Syndrome d’activation macrophagique
Augmentation de la ferritine avec augmentation parallèle de la
sa fraction glycosylée :
PR et autres causes inflammatoires
Hyperfferitinémie non liée à de l’inflammation :
Insuffisance rénale, cytolyses, alcool, hémochromatoses
Métabolisme du fer
Métabolisme du fer
Métabolisme du fer
Métabolisme du fer : rôle de l’hepcidine
Métabolisme du fer : rôle de l’hepcidine
Métabolisme du fer : rôle de l’hepcidine
Impact de l’hepcidine sur la biodisponibilité plasmatique du fer
PROCALCITONINE
Protéine synthétisée par le foie, les reins, les
poumons et les adipocytes sous l’action de :
D’antigènes bactériens, et,
Cytokines pro-inflammatoires, principalement :
IL1, IL6, TNF-alpha, IL2
Demi-vie courte de 20 à 24 h
Taux normal < 0,1 micro-gramme/l
Marqueur spécifique et sensible pour discriminer
infection bactérienne d’une autre cause du
syndrome inflammatoire
A interpréter en fonction contexte clinique
PROCALCITONINE
Certaines infections bactériennes ne
s’accompagnent pas toujours d’une augmentation
de procalcitonine :
Infections localisées, abcès, endocardites subaigues,
infections à germes intracellulaires : salmonellose,
brucellose, tuberculose, borréliose
A l’inverse, des taux positifs de procalcitonine sont
observés :
Infections fongiques systémiques : candida, aspergillose
Infection à Plasmodium falciparum
Traumatismes, brûlure, insuffisance rénale, choc
cardiogénique, maladies systémiques
PROTEINE SERIQUE AMYLOÏDE A (SAA)
Demie-vie courte : 24 h
Taux < 7 mg/l
Marqueur dont qualités se rapprochent de celles
de la CRP
Cependant peu utilisé en clinique en dehors des
syndromes inflammatoires chroniques
La persistance prolongée du taux SAA peut se
compliquer d’amylose secondaire AA
En effet, SAA est le précurseur de la protéine amyloïde
A
HAPTOGLOBINE
Taux normal entre 0,5 et 2,5 g/l
Taux augmenté de 3 à 8 fois la normale dans
syndrome inflammatoire
Taux bas dans :
Hémolyses qui s’accompagnent par ailleurs d’une
anémie hémolytique, d’un taux augmenté de
réticulocytes
Insuffisances hépatocellulaires
MODIFICATIONS DE L’EEP
L’électrophorèse des protéines permet
d’individualiser 5 fractions :
Albumine
Alpha1-globuline
Alpha2-globuline
Bêta-globuline
Gamma-globuline
En cas de réaction inflammatoire, l’EEP montre
une diminution de l’albumine et une
augmentation des globulines
MODIFICATIONS DE L’EEP
MODIFICATIONS DE L’EEP
Le pic des alpha1-globulines comprend :
L’orosomucoïde
L’alpha1-chymotrypsine
Le pic des alpha2-globulines comprend:
L’haptoglobuline
La céruloplasmine
Le pic des bêta-globulines comprend:
La CRP mais son augmentation n’influence pas le
protéinogramme compte tenu de ses faibles taux
sériques (mg/l)
MODIFICATIONS DE L’EEP
Les anomalies de l’ EEP dépendent de protéines
à demi-vie longue, n’apparaissant donc que 2 à 4
jours après le début de la réaction inflammatoire
L’EEP n’est donc pas un outil d’appréciation en
urgence le syndrome inflammatoire
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Les protéines de la réaction inflammatoire (PRI)
peuvent être classées selon la rapidité
d’augmentation des concentrations plasmatiques :
PRI de cinétique rapide, augmentation dès 8ème h début
processus inflammatoire :
CRP, SAA, alpha1-chymotrypsine
Leur demi-vie varie de 8 h à 24 heures
PRI de cinétique lente dont la concentration maximale
est atteinte après 3-4 jours :
Ce sont les autres PRI
Leur demi-vie varie de 3 à 6 jours
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Liquide articulaire ou liquide synovial :
Dialysat de plasma
Rôle de lubrification de l’articulation, nutrition du
cartilage qui est non vascularisé
Physiologiquement présent en petite quantité qui ne peut
être ponctionné
Épanchement articulaire traduit agression articulaire
Ponction articulaire est réalisée à visée diagnostique et
thérapeutique
Analyse aspects macroscopique, cytologique, chimique
et bactériologique du liquide synovial permet
d’envisager sa nature mécanique ou inflammatoire
Bergemer-Fouquet AM Ann Pathol 2007; 27 : 1S95
Synovite rhumatoïde
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Conditions de recueil du liquide articulaire :
Ponction aseptique d’une grosse articulation (genou) ou
ponction échoguidée
Recueil d’une goutte à plusieurs millimètres
Tube comportant un anticoagulant non cristallin
(héparinate de sodium)
Transport rapide pour un examen à l’état frais
Conservation au réfrigérateur à +4°C
Bergemer-Fouquet AM Ann Pathol 2007; 27 : 1S95
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Examen macroscopique du liquide synovial :
Normalement clair, incolore, ne coagulant pas (pauvre
en fibrinogène)
Liquide pathologique :
Jaunâtre
Trouble ou purulent
Chyleux
Xanthochromique
Hémorragique
Coagule spontanément
Bergemer-Fouquet AM Ann Pathol 2007; 27 : 1S95
SYNDROME INFLAMMATOIRE
Examen microscopique du liquide synovial :
Examen à l’état frais, puis après coloration au MGG
(May-Grünwald-Giemsa) et éventuellement après
coloration au rouge d’alizarine S
Examen à l’état frais, permet :
Évaluer cellularité : présence PNN et hématies
Rechercher microcristaux
Analyse et comptage des cellules :
Normalement : 100-150 éléments/mm3, essentiellement des
PNN, lymphocytes, macrophages et synoviocytes
Liquide inflammatoire : plus de 1000 éléments/mm3
Coloration au rouge d’alizarine : colorant mis en
évidence en présence de calcium
Bergemer-Fouquet AM Ann Pathol 2007; 27 : 1S95
LES AUTOANTICORPS
Immunoglobulines (anticorps) dirigés contre les
propres constituants de l’organisme :
Dans les MAI spécifiques d’organe, ils sont dirigés
contre un seul organe ou système d’organe
Qui abritent l’auto-antigène
Cas : thyroïdites auto-immunes, maladie Biermer, etc
Dans les connectivites, ils sont dirigés contre plusieurs
organes ou système d’organes :
L’auto-antigène est ubiquitaire, présent dans plusieurs
organes en même temps
Cas des connectivites ou MAI systémiques
LES AUTOANTICORPS
Autoanticorps dans les MAI spécifiques
d’organes :
Maladie de Basedow : anti-récepteur TSH
Maladie de Hashimoto : anti-thyroglobuline, anti-
péroxydases
Maladie de Biermer : anti-facteur intrinsèque, anti-
cellules fundiques (cellules pariétales)
Maladie coeliaque : anti-endomysium
Myasthénie : anti-récepteur acétylcholine
Hépatite auto-immune : anti-muscle lisse
Cirrhose biliaire primitive : anti-LKM
DID : anti-ilôts de Langhérans, etc
LES AUTOANTICORPS
Quelle est l’utilité des autoanticorps
Les autoanticorps sont utilisés en pratique comme
outils :
Diagnostiques :
Inclus dans critères diagnostiques
PR (FR, ACPA), SGS (SSA), LES (nucléosomes, DNA, Sm, anti-
histones), Basedow (anti-récepteur TSH), etc
Pronostiques :
Leur taux traduit intensité processus autoimmun
Thérapeutiques :
Marqueurs de suivi thérapeutique :
Leur réapparition peut annoncer une rechute de la MAI
LES AUTOANTICORPS
Classification des autoanticorps :
Elle est fonction de la cible des autoanticorps
Anticorps anti-nucléaires (AAN) : sont dirigés contre
les antigènes nucléaires : nucléosomes, ADN,
histones, ARN (anticorps anti-ECT ou ENA)
Anticorps anti-protéines : facteur rhumatoïde, anti-
phospholipides, anti-ribosome, etc
Anticorps anti-cellules : ANCA (anticorps anti-
cytoplasme des polynucléaires), anti-GR, anti-
plaquettes
Anticorps anti-organes ou anti-tissus : anti-ovaires,
anti-thyroïdes
LES AUTOANTICORPS
Stratégie de recherche des autoanticorps s’intègre
dans une démarche :
Diagnostique, qui comprend outre les arguments
épidémiologiques, cliniques, biologiques,
radiologiques, histologiques, voire thérapeutiques
Une appréciation globale du terrain d’auto-immunité
repose sur :
La présence d’un syndrome inflammatoire
Une augmentation des globulines à l’électrophorèse des
protéines, en particulier une augmentation polyclonale des
gammaglobulines
La positivité des anticorps antinucléaires (AAN)
Ce 1er bilan indique qu’il y a auto-immunité, mais
LES AUTOANTICORPS
Devant une atteinte articulaire inflammatoire
(donc une arthrite), avec gonflement (avec donc
une synovite), surtout périphérique, mono, oligo-,
ou polyarticulaire, demander :
Facteur rhumatoïde : IgM anti-IgG
Anticorps anti-peptides citrullinés (ACPA)
En plus du bilan radiologique :
Radiographies poignets et mains de face, pieds face, profil,
obliques
LES AUTOANTICORPS
Devant au moins, une des atteintes systémiques
dites de la série des connectivites, demander :
Anticorps anti-DNA natif
Anticorps anti-ECT (extraits de cellules thymiques)
encore appelés ENA
Ce sont des anti-ARN
Anti-RNP, anti-Sm, anti-SSA, anti-SSB, anti-centromères,
anti-SCL-70, anti-JO1
En cas de suspicion d’une vascularite (atteinte
cutanée, neurologique et ischémique) : ANCA et anti-
phospholipides
En cas de suspicion d’un SAPL (avortements) :
antiphospholipides
LES PATHOLOGIES AUTO-
INFLAMMATOIRES
Les pathologies auto-inflammatoires sont des
pathologies systémiques
Ont été définies en 1999, en miroir des maladies
auto-immunes :
Ne comportent pas de processus d’auto-immunité
Absence donc d’autoanticorps anti-nucléaires, de
facteur rhumatoïde
Maladies auto-immunes et auto-inflammatoires,
s’excluent mutuellement
Possibilité cependant d’association
Continum entre maladies auto-inflammatoires et maladies auto-immunes
Jamilloux Y et al Rev Med Interne 2014
LES PATHOLOGIES AUTO-
INFLAMMATOIRES
Les principales maladies auto-inflammatoires
systémiques :
Monogéniques (un seul gène):
Fièvres récurrentes héréditaires
Multigéniques (plusieurs gènes):
Arthrites microcristallines
Spondyloarthrites
Maladie de Still
MALADIES AUTO-INFLAMMATOIRES
Maladies et syndromes auto-inflammatoires,
concept, créé par Mc Dermott MF et al (1999) :
Maladies construites en miroir des maladies auto-
immunes :
« Auto » indique, que l’inflammation :
Déclenchée par un signal danger d’origine :
Exogène (PAMPS), ou endogène (DAMPS)
Dérèglement génétique de l’immunité innée :
Absence de l’implication de l’immunité adaptative :
Absence d’auto-antigènes et d’auto-anticorps
« Inflammatoire », réfère à l’inflammation médiée par :
Interleukine 1 ou l’interféron
Mc Dermott MF et al Cell 1999; 97 : 133-44 McGonagle D et al PLoS Medicine 2006; 3: 1242
Georgin-Lavialle S et al Rev Méd Interne 2018; 39 : 214-232 Jamilloux Y et al Rev Méd Interne 2018 ; 39 : 233-239
Picard C et al Rev Méd Interne 2018 ; 39 : 271-278
Voie du NF-KB (nuclear factor kB) :
-Au repos :
NF-KB est séquestré dans cytoplasme où il est
inhibé par IKB
-Après stimulation :
IKB est phosphorylé, ubiquitiné puis détruit par le
protéasome
Libération de NF-KB qui peut passer dans le noyau
pour activer la transcription de gènes : IL1, IL6,
IL8, etc
Sibilia J et al EMC-APL; 2002: 14-013-A40
Production de cytokines pro-inflammatoires IL 1 et TNF-alpha par la voie NF-KB
L’inflammasome est un processus complexe permettant le passage de l’interleukine IL-bêta
et l’IL18 d’un stade inactif à un stade actif
Inflammasome NLRP3 et les arthrites microcristallines : exemple de la goutte
CONCLUSION
Médecine ne peut aujourd’hui s’appliquer si on ne
maitrise pas le processus inflammatoire, en raison
de ses intérêts, d’ordre :
Diagnostique :
Permet distinction entre pathologies inflammatoires et non
inflammatoires
Permet par ses caractères, d’appréhender l’étiologie qui peut
être : infectieuse, auto-immune, auto-inflammatoire,
granulomateuse, tumorale, voire cryptogénétique
Pronostique :
Thérapeutique :
Découverte traitements innovants (biothérapies)