Les violences basées sur le
genre.
VBG
Formatrice: Desrosiers Betty Moline
AJANDA
Horaire Thèmes Objectifs
10hr-10hr20 Accueil- présentation des Faire connaissance ,
participants (REG JWET LA)
10hr 20 – 10hr 40 Présentation du Identifier les attentes des participants-
programme de formation Adopter le programme et les règles de
fonctionnement.
10hr 40-11hr 20 Introduction au concept Familiariser les participants au
de genre , concept de genre
10 mnt Brise Glase Dynamique .Exercice ,Histoire
11hr 30- 1hr La violence basée sur le Reconnaître la violence de genre -
genre : causes, formes et Identifier les principales formes,
conséquences manifestations et conséquences de la
violence à l’égard des femmes. -
Repérer le cycle de la violence
1hr -1hr 30 Gouter, FIN Fin de la seance
Chapitre I La violence basée sur le genre :
Le concept de genre.
1) Qu’entend-on par genre ? Au cours de la dernière décennie, la distinction
entre sexe et genre, initialement anglo-saxonne, s’est imposée comme un fait
majeur, et l’un des pivots de la réflexion sociologique.
2)
3) Sexe : se réfère aux différences biologiques qui existent entre les femmes et
les hommes et à la différence corrélative entre leurs fonctions procréatives. Il
décrit les caractéristiques biologiques immuables et universelles des femmes
et des hommes. Pour les femmes, la grossesse et l’allaitement sont les seules
activités déterminées par leur appartenance biologique au sexe féminin.
4)
5) Le Genre : a trait non à la différence, mais à la différentiation sociale et
culturelle des sexes. Il fait référence aux relations construites socialement
entre les femmes et les hommes (p. ex, époux/épouse), mais aussi entre
femmes et femmes (mère/fille) et entre les hommes et les hommes
(père/fils).
En analysant l’oppression des femmes, en termes de rapports sociaux de sexe, la théorie du genre
souligne le caractère social des catégories sexuelles, en les distinguant des hommes et des
femmes biologiques. Ce faisant, elle réfute les thèses naturalistes, qui faisait du sexe
biologique, le principe explicatif de l’oppression des femmes. Car, jusqu’aux années soixante,
l’alibi de la « nature » pour maintenir, perpétrer et expliquer la domination masculine des
inégalités entre les sexes dans la société, était encore largement privilégié par les sciences
humaines et la pensée scientifique, de manière générale.
? Le Genre, c’est donc l’identité (sociale) que la société, dans un contexte socio-culturel,
religieux et économique donné, confère aux hommes et aux femmes. L’identité « Genre »
détermine largement les relations entre les femmes et les hommes, dans la sphère privée
(famille) comme dans la sphère publique (exp. au travail).
? Les relations de genre sont spécifiques à un contexte.
? Elles s’entrecoupent avec d’autres facteurs, signifiant que tous les hommes et toutes les femmes
ne sont pas les mêmes.
Les facteurs qui affectent l’identité « genrée » des femmes et des hommes dans un contexte
donné, sont: ? L’âge ? La classe sociale ? Le milieu géographique ? La religion ? La race ?
L’ethnie ? L’époque etc..
Sexe GENRE
Etre homme
etre une femme
C’est physique C’est social
Déterminé biologiquement Déterminé socialement
Innées Acquises.
Universel Généralisé mais non universel
Ne change pas (immuables) Change et susceptible de se modifier
encore.
1.3 La violence basée sur le genre : Causes,
formes et conséquences.
Qu’entend-on par violence de genre ?
La Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes (1993),
définit la violence à l’égard des femmes comme : “ tous actes de violence dirigés contre le sexe
féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances
physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la
privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privé”. La même
déclaration signale que la violence à l’égard des femmes traduit « des rapports de force
historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la
discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes ».
Les nombreuses formes et manifestations de la violence ainsi que la diversité des expériences
vécues par les femmes de par le monde révèlent le lien existant entre le patriarcat et les autres
relations de domination et de subordination des femmes dans des divers contextes.
Historiquement, les rôles sexospécifiques – rôles respectifs que les sociétés assignent aux
femmes et aux hommes – ont été hiérarchisés, les hommes exerçant le pouvoir ainsi qu’une
emprise sur les femmes. Plusieurs moyens, communs à de nombreux contextes, sont utilisés
pour perpétuer la domination des hommes et la subordination des femmes. Parmi
Nabila Hamza. Novembre 2006 21
ces moyens : l’exploitation des activités productives et reproductives des femmes ; le contrôle
exercé sur la sexualité et la capacité reproductive des femmes ; les normes et les pratiques
culturelles qui consacrent le statut inégal des femmes ; les structures et mécanismes publics
institutionnalisent les inégalités entre les sexes et qui légitiment par conséquent la violence à
l’égard des femmes. La violence à l’égard des femmes est aussi bien un moyen de perpétuer la
subordination des femmes qu’un effet de cette subordination.
violence de genre, nous entendons donc la violence
fondée sur la discrimination sexuelle, celle qui est
exercée à l’égard des femmes et qui est engendrée par
le fait même d’être une femme
Les principales formes et manifestations de la
violence à l’égard des femmes.
Les formes et manifestations de violence à l’égard des
femmes sont très diversifiées et présentent un large
éventail d’agressions : agressions sexuelles, viols,
violences conjugales, harcèlement sexuel, harcèlement
moral, inceste, mutilations génitales, contrôle de
virginité, mariages forcés, exploitation sexuelle,
prostitution, exploitation pornographique,
interdiction de sortir, de travailler à l’extérieur,
privation d’argent et de papiers d’identité etc….
Ces différentes formes de violence sont généralement classées de
la manière suivante :
? La violence physique : Cette forme de violence est la plus visible: coups, blessures, fractures, etc.
?
La violence psychologique, sous une forme verbale ou non-verbale : dénigrement, humiliation,
attaques verbales, scènes de jalousie, menaces, contrôle des activités, tentatives d’isolement des
proches et des amis pouvant aller jusqu'à la séquestration etc. ? La violence sexuelle : relations
sexuelles, complètes ou incomplètes, sans consentement et/ou sous la contrainte. ?
La violence sociale: juridique, culturelle, spatiale ou autres. ? La violence économique : privation
de moyens ou de biens essentiels, contrôle ou spoliation, parfois même lorsque la femme a une
activité rémunérée.
Cependant différentes approches et classifications existent. La Déclaration sur l’élimination de la
violence contre les femmes et le Programme d’action de Beijing abordent le problème de la
violence à l’égard des femmes selon le lieu ou le contexte où elle se produit : la famille ; la
communauté dans son ensemble ; et l’Etat qui en est l’auteur ou qui la tolère. Certaines formes de
violence impliquent plusieurs niveaux à la fois. C’est le cas par exemple, des crimes « d’honneur »
et des pratiques traditionnelles nuisibles, auxquelles participent la famille et la communauté et
que l’Etat tait et tolère.
) La violence familiale à l’égard des femmes.
Les formes de violence familiales communément recensés
sont notamment : l’administration de coups et d’autres
formes de violence conjugale, y compris le viol conjugal ; la
violence sexuelle ; les violences
liées à la dot ; l’infanticide des filles ; les violences sexuelles
contre les enfants de sexe féminin du ménage ; les
mutilations génitales des femmes et d’autres pratiques
traditionnelles préjudiciables aux femmes ; les mariages
précoces ; les mariages forcés ; la violence perpétrée contre
les employées de maison et d’autres formes d’exploitation. 6
La violence à l’égard des femmes dans la
communauté.
)
- Femicide : le meurtre des femmes - Violence sexuelle
de non-partenaires - Harcèlement sexuel et violence
sur le lieu de travail, dans les établissements éducatifs
et le sport - Traite des femmes
La violence à l’égard des femmes perpétrée par l’Etat
- Violence à l’égard des détenues - Stérilisation forcée -
Violence à l’égard des femmes durant les conflits
armés. - Violence juridique
La violence psychologique
On parle de violence psychologique lorsqu’une personne adopte une série d’attitudes et de
propos qui visent à dénigrer et à nier la façon d’être d’une autre personne. Ces paroles ou
ces gestes ont pour but de déstabiliser ou de blesser l’autre. Dans des moments de colère,
nous pouvons tous tenir des propos blessants, méprisants, ou avoir des gestes déplacés,
mais habituellement ces dérapages sont suivis de regrets ou d’excuses. Par contre, dans la
violence psychologique, il ne s’agit pas d’un dérapage ponctuel mais d’une façon d’être en
relation. C’est nier l’autre et le considérer comme un objet. Ces procédés sont destinés à
soumettre l’autre, à le contrôler et à garder le pouvoir. Il s’agit d’une maltraitance très
subtile ; très souvent, les victimes disent que la terreur commence par un regard
méprisant, une parole humiliante, une tonalité menaçante, pour se terminer par des
agressions physiques.
Violence physique et violence psychologique sont très souvent liées : aucun homme ne va
battre sa femme du jour au lendemain, sans raison apparente, dans une crise de folie
momentanée. La majorité des conjoints violents préparent d’abord le terrain en terrorisant
leur compagne. Il n’existe pas de violence physique, sans qu’il y ait auparavant de violence
psychologique.
La violence psychologique s’articule autour de plusieurs axes de
comportements ou d’attitudes qui constituent des micro-violences
difficiles à repérer7 :
Le contrôle.
Le contrôle se situe d’abord dans le registre de la
possession, c’est surveiller quelqu’un de façon
malveillante avec l’idée de le dominer et de le commander.
On veut tout contrôler pour imposer la façon dont les
choses doivent être faites. Ce peut être le contrôle des
heures de sommeil, des heures des repas, des dépenses,
des relations sociales et même des pensées (je veux savoir
à quoi tu penses !). Ce peut être empêcher la femme de
progresser professionnellement ou de faire des études
L’isolement.
Pour que la violence puisse se perpétuer, il faut isoler progressivement la femme
de sa famille, de ses ami(e)s, l’empêcher de travailler, d’avoir une vie sociale. En
isolant sa femme, le conjoint fait en sorte que sa vie soit uniquement tournée
vers lui. Il fait en sorte qu’elle ne soit pas trop indépendante pour ne pas qu’elle
échappe à son contrôle. Ceci peut se traduire aussi par le fait de lui imposer sa
famille et son environnement social à lui, supprimer le téléphone portable ou
l’ordinateur, comme on le ferait pour un enfant, afin que la femme ne puisse plus
téléphoner à sa famille, confisquer les papiers personnels (chéquier, carte
bancaire), empêcher la personne de conduire etc. L’isolement progressif aboutit
à un contrôle total de la personne, comme dans les sectes. Les femmes disent
souvent se sentir prisonnières.
Après un temps, il peut se faire que ce soit la femme elle-même qui s’isole, pour
avoir la paix, ne supportant plus la pression que lui fait subir son conjoint.
L’isolement est à la fois une cause et une conséquence de la maltraitance.
La jalousie pathologique.
Suspicion constante, attribution d’intention non
fondée, qui se traduisent par la surveillance des coups
de téléphone, l’emploi du temps, les relations avec la
famille et les amis … D’une façon générale, aucune
explication rationnelle ne vient apaiser une jalousie
pathologique car il s’agit ni plus ni moins que d’un
refus d’une réalité.
Le harcèlement.
En répétant à satiété un message à quelqu’un, on parvient à
saturer ses capacités critiques et son jugement et à lui faire
accepter n’importe quoi. Ce sont par exemple, des
discussions sans fin pour extorquer des aveux, jusqu’à ce
que la personne, épuisée, finisse par céder.
L’autre stratégie consiste à surveiller la personne, la suivre
dans la rue, la harceler au téléphone. Cette forme de
violence se produit le plus souvent après une séparation.
Le dénigrement.
Il s’agit avant tout d’atteindre l’estime de soi de la
personne, lui monter qu’elle ne vaut rien, qu’elle n’a
aucune valeur. La violence s’exprime sous forme
d’attitudes dédaigneuses et de paroles blessantes, de
propos méprisants, de remarques déplaisantes.
L’indifférence aux demandes affectives.
La violence morale, c’est aussi le refus d’être concerné
par l’autre. C’est se monter insensible et inattentif
envers sa partenaire ou afficher ostensiblement du rejet
ou du mépris. C’est ignorer ses besoins, ses sentiments,
ou créer intentionnellement une situation de manque et
de frustration pour maintenir l’autre en insécurité. C’est
refuser de lui parler, de sortir avec la partenaire, la
bouder plusieurs jours de suite sans raison apparente
etc.
Les humiliations.
Humilier, rabaisser, ridiculiser est le propre de la violence psychologique. L’autre n’étant
qu’un exutoire à la rage que l’on porte en soi, il n’a pas d’existence propre : on ne le
respecte pas. Cracher à la figure, faire des gestes obscènes, des grimaces quand la
personne parle, proférer des insultes le plus souvent à teneur sexuelle, fait naître un
sentiment de honte et vise l’estime de soi de la personne qui finira par intégrer la
dépréciation et ne se sentira plus digne d’être aimée.
Les actes d’intimidation.
Claquer les portes, briser des objets pour manifester sa mauvaise humeur constituent des
actes d’intimidation. Quand une personne se défoule sur des objets, la partenaire peut
l’interpréter comme une forme de violence maîtrisée. Il s’agit tout de même bien d’une
violence indirecte. Le message à faire passer à l’autre est « regarde ce que je peux (te)
faire ! »
La violence physique
La plupart du temps, la violence physique n’intervient que si la femme résiste à
la violence psychologique. Mais parce qu’elle laisse des traces visibles, c’est
l’agression physique, et non l’abus psychologique antérieur, qui est considérée
comme violente par la femme elle-même et par son entourage. Lorsqu’on
appelle la police ou les associations, c’est généralement à la suite d’une agression
physique.
La violence physique inclut une large gamme de sévices qui peuvent aller d’une
simple bousculade à l’homicide : pincements, gifles, coups de poing, coups de
pied, tentatives de strangulation, morsures, brûlures, bras tordus, agression
avec une arme blanche ou une arme à feu…La séquestration n’est pas à exclure. «
Frapper au ventre avec le plat de la main, tirer les cheveux, bousculer, tordre les
bras ne laisse pas de traces, et certains hommes le savent pertinemment. Mais
quand les violents se lâchent, on voit parfois arriver aux urgences des hôpitaux,
des femmes dans un état proche du boxeur après un match, avec l’arcade
sourcilière défoncée, des fractures du nez ou des perforations du tympan »9.
C’est souvent quand les femmes ont pris la décision de
partir que leur compagnon est le plus violent
physiquement. Les femmes le savent et c’est pour cela
qu’elles craignent d’aggraver les choses en partant. Le
chantage, les menaces et la manipulation sont
redoutés et redoutables : « si je pars, il va y avoir des
représailles. Est-ce que je vais pouvoir assumer ? ». Il
leur arrive aussi de craindre que l’homme n’aille mal,
qu’il ne déprime ou même qu’il se suicide.
La violence sexuelle.
C’est la forme de violence dont les femmes ont le plus de mal à parler et pourtant elle est très
souvent présente. La violence sexuelle comprend un spectre très large, allant du harcèlement
sexuel à l’exploitation sexuelle, en passant par le viol conjugal. Ce peut être obliger quelqu’un à
des activités sexuelles dangereuses ou dégradantes, mais le plus souvent il s’agit d’obliger une
personne à une relation sexuelle non désirée, sous la menace. Les violences sexuelles peuvent
être à l’origine de traumatismes pelviens, de grossesses non désirées ou de maladies
sexuellement transmissibles.
Dans une étude récente11 portant sur 148 femmes victimes de violence dans leur couple, ayant
fait l’objet d’une décision de justice, 68% des victimes interrogées rapportaient avoir subi, en
plus des coups et blessures, des violences sexuelles conjugales, et les femmes agressées
sexuellement présentaient significativement plus de symptômes psychologiques
posttraumatiques que celles qui n’avaient subi qu’une violence physique, sans composante
sexuelle.
Le viol conjugal est le plus souvent passé sous silence, parce qu’il est considéré comme faisant
partie du « devoir conjugal » de la femme envers son époux. Beaucoup de femmes acceptent
des rapports sexuels non désirées, simplement pour que leur partenaire cesse de les harceler.
Toute violence sexuelle constitue un traumatisme
majeur. Les personnes qui subissent une violence
sexuelle vivent souvent avec le sentiment qu’elles sont
méprisables et qu’aucun partenaire ne voudra d’elles.
La violence économique et financière.
La pression économique s’exerce différemment selon
les milieux socio-économiques et le niveau
d’éducation, mais dans tous les cas, il s’agit de retirer à
la femme son autonomie, de faire en sorte qu’elle n’ait
pas de marge de manœuvre si elle manifeste des
velléités de liberté ou de séparation.