LE GLOBULE
ROUGE
Département de médecine interne et spécialités
Hématologie clinique
Dr Marielle IGALA
OBJECTIFS
• Décrire le globule rouge
• Citer les principaux constituants de la membrane du globule rouge
• Citer les 2 principales enzymes du métabolisme énergétique du globule
rouge
• Donner la principale fonction du globule rouge
• Citer deux examens d’exploration du globule rouge
PLAN
Introduction
I- Erythropoïèse
II- Morphologie du globule rouge
III- Structure du globule rouge
1- Membrane du globule rouge
2- Hémoglobine
IV- Enzymes et métabolisme énergétique
V- Exploration du globule rouge
Conclusion
Introduction
Globule rouge ou hématie ou érythrocyte, disque biconcave
dépourvu de noyau et d’organites intracellulaires.
Provient des érythroblastes de la moelle osseuse et de la maturation
finale des réticulocytes
Contient l’hémoglobine (Hb), pigment qui donne la couleur rouge
du sang et transporte l’oxygène des poumons vers les tissus
I- Erythropoïèse
Définition
L’érythropoïèse recouvre l’ensemble des phénomènes qui maintiennent le
nombre des globules rouges (ou érythrocytes ) et le taux d’hémoglobine
circulante dans les limites physiologiques normales.
Rappels embryologiques
Les premiers érythroblastes apparaissent dans le mésoderme dès la 3 ième semaine de
vie embryonnaire
Synthétisent des hémoglobines embryonnaires; hémoglobine (Hb) Gower I, II, Hb
Portland et F, A.
A partir du 2ième mois l’érythropoïèse est hépato-splénique: produit l’hémoglobine
fœtale (HbF)
A partir du 5ième mois et durant la vie adulte l’érythropoïèse est médullaire
Compartiment des progéniteurs
Comprend les cellules engagées de façon irréversible vers l’érythropoïèse
Ne sont pas reconnaissable morphologiquement
Peuvent être mises en évidence par leur faculté de produire des colonies
érythroblastiques en culture
- BFU-E « Burts Forming Unit »: progéniteurs les plus précoces, sensibles à
l’érythropoïétine
- CFU-E « Colony Forming Unit »: progéniteurs plus tardifs dont la
différenciation et la survie sont très dépendantes de l’EPO
Compartiments des précurseurs érythroblastiques
Comprend les cellules morphologiquement reconnaissables
- Proérythroblaste
- Erythroblaste basophile
- Erythroblaste polychromatophile
- Erythroblaste acidophile
- Réticulocyte: différent de l’érythroblaste acidophile, ne possède plus de noyau
Proérythroblaste Erythroblaste basophile Erythroblaste polychromatophile Erythroblaste acidophile
Marqueurs de différenciation de la lignée érythroïde
Le fer
Indispensable à la synthèse de l’hémoglobine
Apparait tôt sous forme de rares particules de ferritine dans le cytoplasme des
proérythroblastes
Glycophorine A
Glycoprotéine majeur de la membrane du GR détectée dès le stade du
proérythroblaste
Expression maximum au stade de l’érythroblaste basophile puis décroit pour se
maintenir constant au niveau du GR (déterminant antigénique des groupes
sanguins)
Récepteur de la transferrine (CD71)
Non spécifique de la lignée érythrocytaire
Distribué à la surface des précurseurs érythroblastiques
Niveau d’expression diminue au cours de la maturation pour devenir nul lorsque la
synthèse de l’hémoglobine est terminée (GR adulte)
Autres antigènes de membrane
Antigènes de classe II du CMH (HLA- DR)
Antigènes de groupes érythrocytaires: antigènes Rhésus et ABO
Régulation de l’érythropoïèse
Facteurs de croissance
Erythropoïétine
Produite chez l’adulte à 90% par le rein et 10% par le foie
Stimule la production de l’hémoglobine
L’EPO est régulé par l’hypoxie rénale:
- la diminution de la pression en oxygène du sang artériel déclenche la sécrétion
d’EPO
- la diminution du pH augmente cette sécrétion
IL3
N’est pas spécifique de la lignée rouge
Agit sur le temps précoce de l’érythropoïèse
(BFU-E)
Facteurs hormonaux
- Androgènes:
Augmentent le nombre de mitoses entre la CFU-E et le proérythroblaste
- Les hormones thyroïdiennes
Favorisent la prolifération des BFU-E
II- Morphologie du globule rouge
Disque biconcave de
- 7,2- 8µm de diamètre
- 2,4µm d’épaisseur périphérique
- 1µm d’épaisseur au centre
Sur frottis sanguin ou médullaire après coloration au MGG
- cellule circulaire avec un halo central
- membrane cytoplasmique régulière
- cytoplasme pâle, rosé homogène sans organites
Modifications morphologiques peuvent apparaître
- Taille: anisocytose, microcytose, macrocytose
- Coloration: hypochromie, polychromatophilie
- Inclusions: corps de Joly (fragments d’ADN= chromosome perdu
par le noyau en mitose)
- Forme: poïkilocytose, sphérocytes, schizocytes, drépanocytes,
dacryocytes, ovalocytes
III- Structure du globule rouge
1- Membrane du globule rouge
Assure au globule rouge sa forme, sa plasticité et sa déformabilité
Constituée
- d’une double couche lipidique
- de protéines périphériques ou insérées dans la bicouche lipidique
Double couche lipidique
- Tapissée sur sa face interne par une structure protéique en réseau constituant le
squelette membranaire qui confère à la membrane son caractère déformable
- la bicouche lipidique fait office de barrière spécifique et de support pour les
protéines fonctionnelles
- 65% phospholipides
- 25% cholestérol non estérifié
- 10% des glucosphingolipides
Protéines membranaires
Baignent dans la bicouche lipidique
- Protéines transmembranaires
Support des récepteurs et des motifs antigéniques du globule rouge
Rôle essentiel dans les échanges du GR avec le milieu extérieur
Protéine bande 3
Glycophorine A
- Protéines du cytosquelette
Confèrent au GR sa forme discoïde
Actine
Spectrine
Protéine 4,1
Ce réseau de protéines du cytosquelette est rattaché à la membrane par une
protéine : l’Ankyrine qui est une protéine d’ancrage
Propriétés physiques
Forme biconcave= morphologie la plus apte à la déformabilité: les GR passent
dans des capillaires de 3 µm de diamètre
Membrane permet l’entré du glucose dans le GR par diffusion passive
Pompe ATPase Na+/K+ dépendante assure le transport actif des cations et
maintient la composition des GR en cation.
III- Structure du globule rouge
• Hémoglobine
IV- Enzymes et métabolisme énergétique
Le GR doit produire de l’énergie pour 2 objectifs principaux
• - Maintenir l’intégrité de la membrane pour assurer le maintien de
l’équilibre ionique par fonctionnement des pompes Na+, K+ ATPase qui
nécessite l’ATP produit lors de la glycolyse
• - Maintenir l’hémoglobine sous sa forme active c’est-à-dire réduit
(Fe2+=fer divalent)
Métabolisme énergétique
Voie directe= glycolyse anaérobie.
90% du glucose est métabolisé par cette voie, qui dégrade le glucose en 2
trioses phosphates et produit ATP, NADH réduit et du lactate
La principale enzyme de la glycolyse anaérobie est la pyruvate kinase
Cycles des hexoses monophosphates: shunt des pentoses: glycolyse aérobie.
Assure 10% du catabolisme du glucose et produit du NADPH coenzyme de la
glutathion réductase.
Ce cycle nécessite deux enzymes principales glucose 6-phosphate déshydrogénase
(G6PD) et la 6 phospho-gluconate déshydrogénase.
Cycle du 2,3 DPG : shunt de Rappoport-Luebering:
produit le 2,3- Diphospho-Glycérate qui régule l’affinité de l’hémoglobine
pour l’oxygène.
Système d’oxydoréduction
Système de maintien du glutathion à l’état réduit: protège contre l’oxydation
de la globine et des protéines structurales de l’hémoglobine
Système de réduction de la methémoglobine
Pathologie du globule rouge
Pour exercer sa fonction, le GR doit maintenir son élasticité membranaire et
conserver l’hémoglobine à l’état fonctionnel
Durée de vie de 120 jours après épuisement progressif de l’équipe enzymatique,
car incapable de synthétiser ses propres protéines. Ce système enzymatique interne
relié à la glycolyse protège l’hémoglobine de la membrane contre l’oxydation
Pathologie du globule rouge vaste témoin de son rôle dans l’organisme
Pathologies de la membrane érythrocytaire
Pathologies constitutionnelles
- Anomalies des protéines du cytosquelette: sphérocytose, élliptocytose
- Anomalies des autres protéines du GR (Antigène du groupe sanguin)
Pathologies acquises
- Hémoglobinurie paroxystique nocturne (perte d’une protéine d’ancrage)
Enzymopathies
Touchant la glycolyse anaérobie: toutes les enzymes de ce cycle peuvent être
déficitaires et être à l’origine de pathologies.
- Déficit en pyruvate kinase
Touchant le shunt des pentoses
- Déficit en G6PD
Hémoglobinopathies
Pathologies quantitatives (Thalassémies) et qualitatives (Drépanocytose) de
l’hémoglobine
V- Exploration du globule rouge
• Données quantitatives Nb de GR Hte Hb
Homme 4.5 – 5.8 T/L 40 – 50 % 13.5 – 17.5 g/dL
Femme 3.8 – 5.4 T/L 37 – 47 % 12.5 – 16.5 g/dL
Enfant (1 an) 3.6 – 5.2 T/L 36 – 44 % 11 – 13.5 g/dL
Nouveau-né 5 – 6 T/L 44 – 58 % 14.5 – 22.5 g/dL
L'hémogramme
Fournit des données quantitatives
N° GR : peu utile en pratique
Hémoglobine totale : définit l’anémie et la « polyglobulie » ,
Hématocrite : peu utile pour le diagnostic des anémies,
VGM : permet de définir les microcytoses et les macrocytoses,
CCMH : définit la normochromie ou l’hypochromie
(hyperchromie = rare), càd si la quantité d’Hb dans les GR est normale ou
diminuée ;
Nombre de plaquettes et de leucocytes (et formule
leucocytaire) : permet de définir si l’anémie observée est isolée ou
associée à d’autres anomalies de l’hémogramme.
Fournit aussi des données qualitatives : surtout l’étude des anomalies éventuelles de la morphologie des
GR (frottis sanguin), dont les plus importantes sont:
* taille: anisocytose, microcytose ou macrocytose.
* coloration: hypochromie (couleur plus pâle), polychromatophilie (mélange de GR colorés en beige rosé
et d'autres en un autre teinte, souvent bleutée).
* inclusions : corps de Howell-Jolly (fragment d'ADN correspondant à un chromosome perdu par le
noyau lors d'une mitose; un seul par hématie
* forme: poïkilocytose; sphérocytes, ovalocytes, schizocytes, drépanocytes, dacryocytes (= hématies en
larmes: toutes maladies avec splénomégalie et/ou myélofibrose).
L’hématologie, le voyage continu…