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Traduction S5

Le document définit la traduction et la traductologie, et décrit plusieurs approches et techniques de la traduction, notamment l'approche stylistique comparée, l'emprunt, le calque et la traduction littérale.

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Traduction S5

Le document définit la traduction et la traductologie, et décrit plusieurs approches et techniques de la traduction, notamment l'approche stylistique comparée, l'emprunt, le calque et la traduction littérale.

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TRADUCTION

Semestre 5
Définition de la traduction
La traduction est généralement un pont entre cultures,
elle constitue en elle-même un processus à dresser des
contacts vers l’autre, autant pour lui émettre sa culture,
autant pour recevoir la sienne. La traduction est également
un exercice de trahison quand le traducteur entend concilier
deux langues/cultures pour avoir la même idée en utilisant
deux systèmes différents. Traduire implique simultanément se
proclamer des deux rives et s’en détacher selon la logique de
la production et/ou de la réception.
A quoi sert la traduction ?
 découvrir ou redécouvrir un patrimoine culturel ;
 diffuser des idées religieuses ;
 imposer ou combattre des doctrines politiques ;
 créer ou parfaire une langue nationale ;
 s’approprier des connaissances ;
 internationaliser le savoir;
 assurer la communication entre différents peuples à l’échelle
internationale.
 contribuer à la popularisation des innovations scientifiques et
techniques.
On peut distinguer 5 significations :
La traduction comme processus, activité ;

La traduction comme résultat final, produit ;

La traduction comme moyen de communication ;

La traduction comme interprétation;

La traduction comme transformation du message, du texte.


Définition de la traductologie
 Le mot « traductotologie » désigne littéralement la science
(logos) de la traduction (traducto);
 science de la traduction est l’équivalent communément admis
de l’anglais « Translation Studies » ou la traductologie;
 L’objet de la traductologie est bien la traduction dans toutes
ses manifestations. Qu’il s’agisse de traduction orale ou
écrite, générale ou spécialisée, le traductologue réfléchit sur
toutes les formes d’intervention du traducteur.
 La traductologie est une démarche réflexive sur la traduction, sur
les processus qui la gouvernent. Ce terme Créé en 1968 par des
chercheurs belges , repris par l’universitaire canadien Brian
Harris , désigne, selon Bassnett, l’étude de la production et de la
description des traductions, et englobe toute étude qui a pour objet «
la théorie et la pratique de la traduction sous toutes ses formes,
verbales et non-verbales . Bien que de Cicéron à Schleiermacher, de
Humboldt à Valéry Larbaud, de nombreux auteurs aient laissé des
écrits sur la traduction, la traductologie, en tant que discipline
universitaire, est aujourd’hui une discipline encore en émergence.
 C’est une discipline « aux directions multiples, sans objet
unique ni méthode exclusive », qui associe de nombreuses
approches explicatives à partir d’un point de vue disciplinaire
(linguistique, sémiotique, philosophique…), et une démarche
théorique. Le développement de la traductologie au 20ème
siècle est indissociable de celui de la linguistique. La
traduction a beaucoup intéressé les linguistes qui lui ont
appliqué les diverses approches théoriques : structuralisme,
générativisme, fonctionnalisme, linguistique formelle,
énonciative, textuelle, cognitive, sociolinguistique,
psycholinguistique.
Traduction : praxis
Traductologie : pratique et théorique
Pour être utile et admise par les praticiens, l ’étude
traductologique doit répondre à certains principes :
1) Principe de cohérence : elle ne doit pas présenter de contradiction

interne.
2) Principe d’exhaustivité : elle doit rendre compte du plus grand

nombre de faits de traduction, en proposant le maximum d’exemples


pertinents.
3) Principe de simplicité : elle doit utiliser le moins possible d’axiomes

et de concepts.
4) Principe de prédictibilité : elle doit permettre de prévoir la validité

d’une traduction nouvelle ou d’autres solutions que celles proposées.


APPROCHES ET MODÈLES DE LA
TRADUCTION
Il existe de nombreuses approches explicatives
de la traduction. Chaque approche se caractérise, en
règle générale, par une terminologie propre, des
catégories spécifiques et une méthodologie distincte.
On peut distinguer aussi des courants différents dans
une même approche. La combinaison de plusieurs
approches ne peut qu'enrichir la traductologie.
I. APPROCHES LINGUISTIQUES
Il y a plusieurs courants linguistiques et
chacun propose une explication propre et des
techniques spécifiques, parce que chacun
envisage les phénomènes observés à un niveau
différent : le « mot », la « phrase » ou encore le
« texte ».
La linguistique joue un rôle moteur dans le développement de la
traductologie et en même temps elle présente certaines inconséquences
qui créent le fossé entre ces deux disciplines.

La première vraie méthode de traduction à la base des apports de la


linguistique a été publiée par Vinay et Darbelnet en « Stylistique
comparée du français et de l’anglais ».

L’approche fonctionnelle – s’inspire des travaux de linguiste britannique


[Link], qui a défini le contexte comme un phénomène qui a une
importance cruciale et renvoie aux éléments comme les actants, l’action,
l’espace et le temps qui doivent être pris en considération pour saisir le
sens du message.
1. L'APPROCHE « STYLISTIQUE COMPARÉE »

A la base de l’ouvrage de Vinay et Darbelnet « La stylistique comparée du


français et de l’anglais ». Ces auteurs réunissent la traductologie à la
linguistique et aux autres disciplines comme la stylistique, ou la psychologie et
donnent une première véritable méthode de traduction.
a) Les auteurs définissent des critères de base qui permettent d’analyser
des procédés de traduction :
• Servitude et option
• Traduction et surtraduction
• Bon usage et langue vulgaire
b) L’application des critères leur permet de distinguer 7 procédés
techniques de traduction :
• Procédés directs: l’emprunt, le calque et la traduction littérale.
• Procédés indirects : la transposition, la modulation, l’équivalence et
l’adaptation.
1.1. L´EMPRUNT
L´emprunt est le plus simple de tous les procédés de
traduction. Le traducteur a parfois besoin d´y recourir pour créer
un effet stylistique. Par exemple pour introduire une couleur
locale, on se servira de termes étrangers, on parlera de « dollars »
et de « party » en Amérique, de « tortillas » au Mexique, etc.
À la lecture des traductions d’œuvres de littérature arabe,
on découvrira les nombreux emprunts conservés tels quels en
français. Des mots tels djellaba, babouche, oued, tarbouche, sultan,
imam, fatwa, sunnite, chiite, chicha, nay, maqam, rabab, etc., sont
d’un usage bien attesté désormais en français.
Pour l’amazighe, nous parlons de deux types d’emprunts :
1.1.1. Les emprunts totalement amazighisés
Il s’agit des mots complètement intégrés à différents plans qui n’affichent
pas de différences comparés aux mots d’origine amazighe. Afin d’élucider ce
phénomène linguistique, nous avons les exemples suivants : aäbib
"Médecin" ; tagzirt "Ile" ; taqbilt " Tribu" .
Ces emprunts fonctionnent comme les noms d’origine amazighe. Ils
connaissent les mêmes changements, du passage de l’état libre à l’état
d’annexion, du passage du masculin au féminin et du passage du singulier au
pluriel.
-Le genre : apedad "Le forgeron, masc." taheddadt "La forgeronne, fém."
-Le nombre :apeddad« Le forgeron, sing." ipeddadn "Les forgerons, plur."
-L’état : apeddad (Etat libre) ; uheddad (Etat d’annexion)
1.1.2. Les emprunts non amazighisés
Ce type d’emprunts a gardé sa structure telle qu’elle est dans la
langue d’origine et n’a subi aucune influence ni changement en passant
vers la langue amazighe. Cette catégorie d’emprunts, née d’une nouvelle
tendance chez les jeunes locuteurs en particulier scolarisés et bilingues, est
d’un usage limité puisqu’elle ne concerne que certaines catégories
d’«intellectuels».
Exemples :djin "Jeans" ; mitru "Mètre" ; mikëub "Microbe" ; uksijin
"Oxygène" ; açuï "Azote« .
Les emprunts non amazighisés ne sont pas marqués à l’état
d’annexion. Ils sont marqués sur la base des marques existant dans leurs
langues d’origines.
1.2. LE CALQUE
« Le calque est un emprunt d´un genre particulier : on emprunte à la
langue étrangère le syntagme, mais on traduit littéralement les éléments qui le
composent. On aboutit, soit à un calque d´expression, qui respecte les structures
syntaxiques de la langue-cible, en introduisant un mode expressif nouveau, soit à
un calque de structure, qui introduit dans la langue-cible une construction
nouvelle.
Des mots français calqués de l’anglais:

- No chance ! traduit par Aucune chance !


- Single traduit par « simple » ;
- week-end traduit par « fin de semaine » ;
- honeymoon traduit par « lune de miel ».
 En arabe, un certain nombre d’expressions peuvent être
calquées telles quelles vers le français ; on peut citer :
 bismi lla:hi: Au nom de Dieu ; alpamdu li-lla:hi: Gloire à
Dieu.
 Pour ces deux locutions qui appartiennent au champ
religieux, il faudra particulièrement se montrer vigilant
quant à la bonne compréhension du contexte ; la première
peut tout aussi bien signifier « Allons-y ! », lorsqu’il s’agit
d’actions délicates ; la seconde tout simplement « Ça va,
merci », dans l’ensemble du monde arabe.
1.3. LA TRADUCTION LITTERALE

 La traduction littérale ou mot à mot désigne le passage


de la langue de départ à la langue d’arrivée aboutissant à
un texte à la fois correct et idiomatique sans effectuer de
changement dans l’ordre des mots ou au niveau des
structures grammaticales. On trouve les exemples les plus
nombreux de la traduction littérale dans les traductions
effectuées entre langues de même famille (français-
italien) et surtout de même culture.
 En quantité, il s’agit en réalité de la plus grande part
voire l’essentiel de la production traduite.
 Par exemple:
 wa-lla:hi: « par Dieu » (traduction du dictionnaire). Lorsque ce choix de
littéralité ne s’impose pas, on doit penser à des tournures du type «
vraiment ».
 - Voir rouge: to see red;
 - Avoir un mot sur le bout de la langue : to have a word on the tip of
the tongue ;
 - He had always dreamed of going to Ireland: « Il avait toujours rêvé
d'aller en Irlande »;
 - What time is it ? : « Quelle heure est-il ? »

- La montée de la crise financière mondiale, traduit par : taãa:oudu l-
azmati lma:liyyati loa:lamiyya
1.4. LA TRANSPOSITION

« Nous appelons ainsi le procédé qui consiste à remplacer une


partie du discours par une autre, sans changer le sens du
message. Ce procédé peut aussi bien s´appliquer à l´intérieur d
´une langue qu’à la traduction interlinguale. « Il a annoncé qu´il
reviendrait » devient par transposition du verbe subordonné en
substantif: « Il a annoncé son retour ». Cette seconde tournure
sera appelée tournure transposée, par opposition à la première,
qui est tournure de base.
La transposition est appelée également regatégorisation.
Nous distinguons différents types de transposition :
1.4.1. Transposition par omission ou suppression
Allègement ou « effacement » = effacer les éléments

inutiles, redondants.
madinatu bariz min ajmali lmuduni fi loalami .

Paris est l’une des plus belles villes du monde. (Suppression de


madinat).
ata yawmu litnayni lmadi. Il est arrivé lundi dernier.

(Suppression de yawm).
aqbala faṣlu aṣṣayfi. L’été arrivé. (Suppression de faṣl).

Come and see me. Viens me voir(suppression de “and”)


1.4.2. Le chassé-croisé

 Procédé qui entraîne un changement de catégorie grammaticale d’un mot en passant


de la langue de départ vers la langue d’arrivée. Il est appelé chassé-croisé car on
traduit d'abord le deuxième élément.
 Considérons les phrases suivantes :
 Tara:jaoa xutwatan (Il recula d’un pas) : Il fit un pas en arrière
 To hit back : rendre les coups (to hit ⇒ les coups, back ⇒ rendre)
 as d zar ayi(viens voir moi) : viens me voir
 I miss you: tu me manques
 Dans chacune de ses phrases, les éléments de la phrase s’intervertissent car les deux
langues n’ont pas le même point de vue.
1.4.3. L'étoffement
 L'étoffement (ou amplification) est un type de transposition consistant à ajouter un syntagme nominal ou
verbal pour traduire une préposition, un pronom ou un adverbe interrogatif. Ainsi, les prépositions
françaises ont besoin d'être étoffées par l'adjonction d'un participe passé ou par un nom, alors que les
prépositions anglaises se suffisent à elles-mêmes :
 To Exits (sur un panneau) traduit par « Accès aux sorties » ;
 the charge against him traduit par « l'accusation portée contre lui » ;
 Trips from Dover traduit par « Excursions au départ de Douvres » ;
 Passengers to Paris traduit par les passagers à destination de Paris ;
 to my surprise traduit par à ma grande surprise ;
 The ring on her finger traduit par La bague qu'elle portait au doigt.
 She came for some glasses traduit par elle est venue chercher des verres
1.5. LA MODULATION

« La modulation est une variation dans le message, obtenue en


changeant de point de vue. Elle se justifie quand on s’aperçoit que la
traduction littérale ou même transposée aboutit à un énoncé
grammaticalement correct, mais qui se heurte au génie de la langue
d’arrivée.
. C’est un procédé très courant en particulier dans la gestion de
l’alternance style direct / style indirect. Si l’arabe a systématiquement
recours à des « verbes de parole » (qa :la, aj:ba, radda, etc.), le français
use de signes de ponctuation indiquant très clairement que la parole est
rapportée ; il s’agit des tirets et des guillemets.
 Ce procédé consiste à effectuer un changement de point de vue
d’une langue à l’autre : c’est le problème du verre à moitié vide /
plein.
 C’est un procédé qui aboutit à un changement linguistique du
message grâce à un changement du point de vue. On peut donner
pour illustrer ce procédé l’exemple de la demi-douzaine que peut
s’exprimer en arabe par le nombre “sitta”. De même la cinquième
roue (terminologie automobile) se dit en français "roue de
secours" tandis qu’en arabe elle se nomme “oajalat al-iptiya:Ï"
( roue de réserve ).
 On peut distinguer plusieurs « classes » de modulations :
1.5.1. La modulation métaphorique
La métaphore dans une expression varie d’une langue à l’autre.

 il pleut des cordes traduit par : it’s raining cats and dogs.

To be wet to the skin (peau) traduit par : être trempé jusqu'aux os.

Underground (souterrain) traduit par : newspapers (journaux clandestins.)

-
One bird in the hand is worth two in the bush:
Un tien vaut mieux que deux tu l’auras: Más vale pájaro en mano que
ciento volando.
Un oiseau dans la main vaut deux dans la brousse

1.5.2. La modulation métonymique

 Le changement de point de vue est spatial ou temporel :


 On se retrouve devant la mairie : let’s meet outside the town hall ;
 Une semaine sur deux :every other week;
 Un jour sur deux: ass s was(nnhar s nnhar)
 The time when: le moment où;
 She was waiting for him outside his house (elle l'attendait devant
chez lui) ;
 Life jacket (gilet de sauvetage)
[Link] modulation grammaticale

 On peut considérer qu’une transposition est un changement


de point de vue grammatical.
 c’est la première fois que vous venez ? : is this your first visit ?
1.5.4. Inversion, négation du contraire

 Don’t be mean traduit par: sois gentil!


 It’s cheap traduit par : pas cher.
 He didn’t accept traduit par: il a refusé.
 I miss you traduit par. Tu me manques;
 Do not enter traduit par : sens interdit
1.6. L’équivalence
Ce procédé intervient quand on ne peut absolument pas
traduire mot à mot car les deux langues utilisent un « code » qui leur
est propre. C’est donc l’aspect le plus difficile dans l’apprentissage
d’une langue et lors de la traduction.
L’exemple classique de l’équivalence est fourni par la réaction de
l’amateur qui plante un clou et se tape sur les doigts : s’il est français,
il dira « Aïe », s’il est anglais, il dira : « Ouch ». [...] [Les équivalences]
sont le plus souvent syntagmatiques, et intéressent la totalité du
message.
Parmi les problèmes qui se présentent en traduction
d’une œuvre littéraire, est celui de la transmission équivalente
des valeurs socioculturelles d'un contexte défini. Peut-on
véhiculer ces valeurs dans leur intégralité ? Peut-on les
reproduire avec leurs connotations ? Peut-on créer sur le
public d'arrivée l'effet qu'elles ont créé sur le public de
départ ? Si la réponse est positive, quels doivent être le ou les
choix du traducteur ?
Il en résulte que la plupart des équivalences, sont figées et font partie
d’un répertoire phraséologique d’idiotismes, de clichés, de proverbes,
de locutions substantivales et adjectivales, etc. Les proverbes offrent
en général de parfaites illustrations de l’équivalence.
Al ibnu lbikr(Le fils aîné) ɣurratu accahr(Le premier du mois)- al

karamu al patimi : d’une grande générosité(en référence à Ḥatim al-


ṭṭai, personnage de la jahiliyya dont la générosité était légendaire).
 assabru miftahu al faraj. Litt. : « La tempérance est la clef de la
délivrance » .Patience et longueur de temps font mieux que force ni
que rage.
 ce ne sont pas tes oignons > it’s none of your business
 Xayru al kalami ma qalla wa dalla. Litt. : « La meilleure parole est
la plus courte et la plus expressive » Parlons peu, mais parlons bien.
 Man jadda wajada. Litt. : « Qui produit un effort trouve [un
résultat] » Qui cherche trouve.
 Elle m’a trahi : tkka ay d zg uvzdis ; tezzenz ayi.
 « ssihreɣ qao ibriden » : la traduction de cet énoncé mot -à- mot (version
interlinéaire) constituerait une faute sémantique et phraséologique car un texte
n’est pas constitué seulement de mots isolés. . « j’ai fait harasser tous les
chemins » : on a donc à chercher un équivalent dans la langue d’arrivée. « j’ai
parcouru tous les chemin »
 « Ixs itt ar aduf » : il l’aime jusqu’à la moelle, alors que l’expression
convenable en français est : il l’aime à la folie ».
 « ttemhafiv d anixses, deg umeÏÏa ittsebbep. » : J’erre de ce halètement qui
égrène les larmes. Dans le terme « égrène » on a pris uniquement le fait de
faire entendre un à un, alors « itsebbeh » a une dénotation purement religieuse.
 Un vain remerciement : azwweq n wawal.
 Je l’apprécie beaucoup: izdev ur inu;
 Meilleurs jours: ussan icemraren(versus ussan ibarcanen);
 Il me réserve un accueil très simple: igg ayi am unewji n
yumayen
1.7. L’adaptation
 Une adaptation, que l'on appelle aussi « traduction libre », est
un procédé de traduction par lequel le traducteur remplace la
réalité sociale ou culturelle du texte de départ par une réalité
correspondante dans le texte d'arrivée. Cette nouvelle réalité
sera plus adaptée au public du texte d'arrivée. L'adaptation tient
compte de la différence entre les réalités culturelles de chaque
société pour exprimer le même effet. Elle rend une situation
source inconnue dans la langue cible au moyen de la référence
à une situation analogue.
 J.-P. Vinay et J. Darbelnet qualifient ce procédé de « limite
extrême de la traduction ». Pour Hélène Chuquet et Michel
Paillard, l'adaptation paraît difficile à isoler en tant que procédé
de traduction car faisant entrer en jeu des facteurs socio-
culturels et subjectifs autant que linguistiques.
 Dans nombre de cas, nous assistons alors au passage du
processus de traduction à un processus de véritable
réécriture/recréation.
 L’adaptation aide à traduire les intraduisibilités culturelles dans
les textes littéraires. Les notes en bas de page, les emprunts, et
les explications sont d’autres moyens que l’on peut employer
pour combler les intraduisibilités.
 baseball ⇒ football
 bread and butter pudding ⇒ gâteau de riz au caramel

 Pain et beurre
 entremets anglais fait d'un mélange d'œufs, de sucre, de beurre ou de graisse et de
fruits
Vinay et Darbelnet dans « La stylistique comparée du français et
de l’anglais » définissent « l’unité de traduction» comme le plus petit
segment de l’énoncé dont la cohérence des signes est telle qu’ils ne
doivent pas être traduits séparément». Ils distinguent 4 types
d’unités de traduction :
• « les unités fonctionnelles »: les unités qui ont les mêmes fonctions
grammaticales dans les deux langues;
• « les unités sémantiques »: les unités qui possèdent le même sens dans
les deux langues;
• « les unités dialectiques »: les unités qui procèdent du même
raisonnement;
• « les unités prosodiques »: les unités qui impliquent la même
intonation;
 d) Cette division était souvent critiquée. Par exemple,
Seleskovitch et Lederer proposent de remplacer les « unités
de traduction » par des « unités de sens » ( le plus petit
élément permettant de créer l’équivalence en traduction)
tandis que Larose propose le « sémiotème » (comme une
unité de traduction. Cette approche n’existe plus parce
qu’elle oubliait des équivalences textuelles qui font une base
du processus de traduction.
2. L'APPROCHE « LINGUISTIQUE THÉORIQUE » G. MOUNIN

L’ œuvre incontestablement fondamentale, qui a jeté les bases d’une véritable


théorisation de la traduction c’est « Problèmes théoriques de la traduction » de
[Link] parue en 1956. Ce premier ouvrage porte les empreintes de la forte
influence linguistique exercée par le Cours de linguistique générale de F. de
Saussure. Une autre œuvre renommée qui traite de la traduction aussi est Les
belles infidèles.
Dans cette optique, son ouvrage « Les Problèmes théoriques de la traduction »
est structuré suivant des distinctions binaires qui relèvent de la linguistique
théorique : 1) linguistique et traduction, 2) les obstacles linguistiques, 3) lexique
et traduction, 4) visions du monde et traduction, 5) civilisations multiples et
traduction, 6) syntaxe et traduction.
 À l’opposé de celles de Catford et de Vinay & Darbelnet,
l’approche de Mounin bat en brèche les conceptions
linguistiques qui aboutissent à l’intraduisibilité d’une
langue à l’autre parce que chaque langue, comme le
soutiennent de nombreux linguistes à l’instar de Whorf,
découpe la réalité de façon différente et unique. Tout en
adhérant à la thèse selon laquelle la langue représente une
vision particulière du monde, Mounin a réussi à démontrer
que la traduction n’est pas qu’un transfert linguistique . Il
ne s’agit pas pour Mounin de nier la réalité linguistique de
la traduction, mais de prouver que celle-ci comporte des
aspects «non-linguistiques » et «extra-linguistiques».
Mounin (1963 : 40) montre que «la saisie des
significations... est, ou peut être difficile, approximative,
hasardeuse». Mais la difficulté à saisir le sens n’implique
pas pour Mounin l’impossibilité d’une théorie ou d’une
pratique de la traduction car, relève-t-il, malgré les
différentes visions du monde qu’exprime la diversité
linguistique, il existe des universaux linguistiques,
anthropologiques et culturels qui sous-tendent les
significations dans les langues.
«Les universaux sont les traits qui se retrouvent dans
toutes les langues – ou dans toutes les cultures exprimées par
ces langues».
En ce qui concerne les systèmes linguistiques, il existe,
selon Mounin, des traits universels qui rendent la traduction
possible pour peu que le traducteur envisage une autre
possibilité d’accéder aux significations des autres visions du
monde, à savoir la voie ethnographique.
 Mounin entend par ethnographie «la description complète
de la culture totale d’une communauté» et la culture elle-
même est considérée comme «l’ensemble des activités et des
institutions par où cette communauté se manifeste». La
connaissance de la culture de la langue source permet
d’identifier les situations communes à la culture de la
langue cible et partant de rendre la traduction possible.
Pour Mounin, ce qui compte dans la communication, ce
sont la situation et les différences linguistiques notamment,
qui, syntaxiquement, relèvent de l’arbitraire du signe.
 En ce sens, il met en relief la segmentation différente de la
réalité extralinguistique par les langues naturelles qui pose
pas mal de difficultés au traducteur. Mounin évoque les
différentes paroles utilisées en français ou en italien pour
désigner le pain et qui ne trouvent pas forcément l´équivalent
dans d’autres langues. Mounin rejoint par cela l’hypothèse
humboldtienne et les idées formulées par deux auteurs
américains, Edward Sapir et Benjamin Lee Whorf, connues
sous la dénomination de « relativisme linguistique ». La
question de l´intraduisible, liée étroitement au relativisme
linguistique, occupait une place importante dans la réflexion
de Mounin.
Les années 1960: le temps du triomphe de la linguistique, sous
l’effet du structuralisme.
- La traduction est « un contact de langues, un fait de
bilinguisme »
- L’objectif est de faire accéder la traductologie au rang de
« science », mais Mounin ne voit pas d’autres possibilités
que de passer par la linguistique.
- La question de l’intraduisible: selon Mounin la traduction
n’est pas toujours possible.
 Ainsi, Mounin, dit-il que toute traduction c’est une
opération effectuée exclusivement sur les langues.
Donc, selon lui, la traduction est une affaire de
langues.
 Selon G. Mounin : Le traducteur ne doit pas se
contenter d’être un bon linguiste, il doit être un
excellent ethnographe, ce qui revient à demander non
seulement qu’il sache tout de la langue qu’il traduit,
mais aussi tout du peuple.
Le problème de l ’unité de traduction
 A partir de l’apparition de la théorie de la traduction un des
problèmes clés débattus par les savants a été celui de l’unité
de traduction. Quel élément minimal de la langue doit servir
de point de départ pour la traduction? Il y a plusieurs
réponses. Apparemment, il serait judicieux de considérer le
mot comme unité de traduction universelle . Cette hypothèse a
été rejetée, d’emblée par certains linguistes (Vinay et
Darbelnet, Eugène Nida, Daniça Seleskovitch, Marianne
Lederer,…). Mais il existe des savants qui considèrent que
l’unité minimale de traduction est le mot (Georges Mounin,
Roman Jakobson etc.)
Les raisons pour le mot en tant qu’unité de traduction
 a. le mot est l’espace entre deux blancs, unité linguistique
complexe, susceptible d’avoir une ou plusieurs significations se
rapportant à la réalité référentielle et exprimant des objets ou
des phénomènes transcendants d’une langue à une autre :
 ami = friend= amigo= freund= amic= amicum=amedduker=
vriend=‫صديق = دوست‬
 b. les mots d’une langue sont facilement répertoriables par les
dictionnaires explicatifs bilingues, trilingues, polyglottes;
 c. le mot est facile à discerner ou à repérer dans la chaîne parlée
ou écrite.
Les raisons contre le mot en tant qu’unité de traduction
 Il n’y a pas de transcendance idéale d’une langue à une
autre en vertu du non-isomorphisme grammatical,
sémantique, stylistique:
 ex. Dans certaines langues il existe des mots exprimant des
notions ou des objets qui manquent dans d’autres langues et
vice-versa : isba ce mot n’a pas de correspondant direct en
d’autres langues.
 b. Il existe des cas où il faut traduire l’idée, mais cette idée
est matérialisée en plusieurs mots, et, alors le mot cesse
d’être l’unité minimale de traduction.
Unité de traduction

 c’est l’élément textuel doté d’un sens qui s’engendre,


s’agence logiquement avec l’élément suivant et qui peut être
rendu sans difficulté, sans ambiguïté dans la langue
d’arrivée.
 On peut conclure que l’unité de traduction n’a pas de
dimension concrète, bien délimitée. Parfois le mot et l’unité
de traduction coïncident, mais il y a des fois où l’unité de
traduction dépasse les limites d’un, de deux et même de
plusieurs mots.
Les niveaux de la traduction (phonème, morphème, mot,
syntagme, texte).
 Le niveau du phonème :l’unité minimale de la langue qui sert à
distinguer le sens des mots.
 La traduction ne se fait pas au niveau du phonème , les onomatopées
monophoniques en sont une exception.
 Le niveau du morphème :l’unité de langue minimale dotée de sens.
 Ex. : les morphèmes grammaticaux: suffixes: -teur; -trice ; les préfixes
: a-, re-, ré- ;…
 La traduction ne se fait pas au niveau du morphème , car on constate
les différences structurelles et formelles du corpus grammatical des
langues.
 Le niveau du mot :c’est à ce niveau que commence la
possibilité de la traduction.
 Au niveau du mot sont surtout traduisibles les notions
de la réalité objective, référentielle, couvrant les besoins
les plus immédiats de la communication humaine.
 Ex. : les notions anthropologiques: mère, père, enfant,
sœur, frère; les objets et les phénomènes tels que le soleil,
la terre, la pluie, le vent etc. sont présents dans toutes les
langues.
 Le niveau du syntagme: le syntagme est un
groupement des mots, exprimant un sens unitaire,
qui peut être libre ou figé.
 Ex.: avoir faim.
 Le syntagme est traduisible au-delà du contexte,
c’est-à-dire au niveau de la parole.
 Le niveau du texte: les adeptes de la traduction
exclusivement au niveau du texte sont : H.
Meschonnic, D. Seleskovitch, M. Lederer, J.-R.
Ladmiral.
 Ils soutiennent qu’il faut traduire le message, le sens
du texte dans son intégralité, compte tenu des
spécificités linguistiques et extralinguistiques.
3. L'APPROCHE « LINGUISTIQUE APPLIQUÉE » JOHN CATFORD

La linguistique appliquée est une branche de la linguistique qui


s’intéresse davantage aux applications pratiques de la langue
qu’aux théories générales sur le langage. Pendant longtemps, la
traduction a été perçue comme un champ d’investigation
privilégié de la linguistique appliquée. L’exemple de cette
approche est le livre de John Catford intitulé A Linguistic
Theory of Translation (1965), portant le sous-titre : Essay in
Applied Linguistics (essai de linguistique appliquée). Catford
affirme son intention de se concentrer sur « l’analyse de ce que la
traduction est » afin de mettre en place une théorie qui soit
suffisamment générale pour être applicable à tous les types de
traduction.
 Catford veut étudier les « processus de traduction » en
ayant recours à la linguistique appliquée, mais en même
temps il estime que la traductologie doit être rattachée à la
linguistique comparée, puisque la théorie de la traduction
s’intéresse à des relations entre les langues.
 Catford était sans aucun doute inspiré par plusieurs idées de
la linguistique comparée, puisque quelques années après la
première parution de la Stylistique comparée du français et de
l’anglais, John C. Catford a repris, avec une terminologie
différente, les idées des deux linguistes canadiens, en
distinguant entre la correspondance formelle et l’équivalence
textuelle.
La correspondance formelle est un fait relevant plutôt du
système entier que des unités de traduction particulières et
elle appartient au niveau de la langue (au sens saussurien)
plutôt qu’à celui de la parole. Il y a correspondance formelle
lorsque les différentes catégories de la langue cible occupent
la même place que celles de la langue source . Pour Catford, l
´équivalence textuelle est toute forme de texte cible dont
l'observation permet de dire qu'elle est l’équivalent d'une
forme de texte source. Elle n’est presque jamais réalisée par
la correspondance formelle de mot à mot ou de structure à
structure.
 Cela provient des différences de découpage de la
réalité selon les langues soit sur un plan lexical, soit
sur un plan syntaxique. L´orientation linguistique de
Catford se manifeste aussi par le fait qu´il envisage la
traduction comme une opération linguistique, comme
un cas particulier de la théorie générale du langage.
« La traduction peut se définir comme suit : le
remplacement des éléments textuels dans une langue
par des éléments équivalents dans une autre langue».
Catford distingue ces types de traduction :
a) La traduction « intégrale » par opposition à la
traduction « partielle » parce qu’elle s’effectue au
niveau des syntagmes et non pas des mots simples.
b)La traduction « totale » par opposition à la
traduction « restrictive » parce qu’elle concerne les
niveaux du langage et non pas des usages particuliers.
Cette approche a été critiquée pour deux raisons :
a) Tous les traductologues sont sûrs que la traduction
« totale » n’existe pas: en pratique, il n’y a que des
traductions « partielles » ;
b) d´autre part, parce qu’il s’agit davantage de
correspondances formelles que d’équivalences proprement
dites ; la traduction ne peut se réduire à la concordance de
la forme au contenu des langues visées.
 Selon Catford, la traduction peut s’avérer
impossible, et il distingue deux situations :
l’intraduisibilité linguistique et l’intraduisibilté
culturelle. L’intraduisibilité linguistique provient de
l’absence d’équivalents dans la langue cible et
l’intraduisibilté culturelle renvoie à l’absence
d’éléments culturels de la langue source dans la
culture de la langue cible.
 De toutes les théories linguistiques de la traduction, celle de
Catford a rencontré le moins de succès, parce qu’elle est
trop axée sur le système linguistique au lieu de l’usage
qu’on en fait. Malgré la distinction entre correspondance
formelle et équivalence textuelle que Catford établit, il
n’arrive pas à percevoir que cette différence provient du
lien étroit entre langue et culture, et que, par conséquent, on
ne saurait réduire la traduction à un transfert purement
linguistique. Les écarts dans la traduction que constate
Catford constituent une description des résultats du
processus, plutôt que d’une théorisation pouvant servir
dans l’activité traduisante.
 L’approche de Catford représente les théories ayant
une conception linguistique et mécaniste de la
traduction qui non seulement ne correspond pas à la
pratique, mais bien souvent conduit à l’impossibilité
de la traduction entre deux langues.
LES APPROCHES SEMIOTIQUES

- La sémiotique est l'étude des signes et des systèmes de


signification.
-Selon Peirce, le processus de signification est le résultat de

la coopération de trois éléments: un signe, son objet et son


interprétant.
-C’est ainsi que, du point de vue sémiotique, la traduction

est pensée en tant que forme d’interprétation portant sur


des textes dont le contenu encyclopédique est différent et le
contexte socioculturel unique.
Traduire recouvre donc un concept d’adéquation
relative entre deux signes (à l’intérieur d’un même système ou
entre plusieurs) dont le processus consiste à substituer au
representamen original un autre representamen qui tiendra
lieu du même objet en déclenchant des interprétants
équivalents dans le système de signes d’accueil.
1. Le problème de la « traductibilité » : ce problème est causé par
des différences entre signes, contenus encyclopédiques et
contextes socioculturels. Certains sémioticiens considèrent la
traduction comme impossible par rapport aux structures et
organisations du monde divers.
2. Jakobson avait défini trois types de traduction:
a. Intralinguistique : l'interprétation de signes verbaux par
l'usage des autres signes du même langage(reformulation, registre
de langue,…)
b. Interlinguistique : l'interprétation de signes verbaux par l'usage
des autres signes d'autres langues.
c. Intersémiotique :l'inteprétation de signes verbaux par l'usage de
signes issus de systèmes de signification non verbaux.
 Seul le deuxième type est considéré par Jakobson comme de
la "traduction à proprement parler". Mais afin de
préserver la cohérence générale de l´approche sémiotique
de la traduction, Toury (1986) propose de modifier la
typologie jakobsonienne en deux grands volets: d´une part,
la traduction "intrasémiotique" qui porterait sur tous les
types de traduction à l’intérieur de n´importe quel système
de signification ; et d´autre part, la traduction
"intersémiotique" qui serait subdivisée en traduction
"interlinguistique" et en traduction "intralinguistique" (p.
ex. la paraphrase).
3. Les distinctions sémiotiques desquelles le traducteur doit profiter:
•la distinction entre le « texte »(les signes verbaux à traduire), le
« cotexte » ( l'environnement direct de signes), et le « contexte »
(l'arrière-plan socioculturel)
•La distinction entre « l'histoire » (désigne les éléments du récit ou
fable) , « l'intrigue » ( la chronologie des événements) et « le discours »
(la manière d'organiser verbalement le récit et les événements).
•La distinction entre le « genre » (catégorie générale à laquelle renvoie
le texte, le « type » (la nature du texte) et le « prototype » (le modèle
qui sert de référence implicite au texte: Molière pour les textes de
théâtre)
Pour Umberto Eco, on traduit « monde à monde » et le traducteur
n'est pas un « peseur de mots » mais un « peseur d’âmes ».
L´approche sémiotique offre l’avantage de pouvoir
traiter plusieurs "mondes" avec des outils conceptuels
appropriés. Son intérêt réside dans l´élargissement de
perspective qu’elle permet au traducteur en intégrant
des signes issus de systèmes variés.
LES APPROCHES COMMUNICATIONNELLES

- Les approches communicationnelles sont nées de la focalisation des


linguistes sur la fonction du langage humain: langue est un code qui sert à
transmettre l'information entre les individus.
[Link] communication est analysée en termes de:
•« encodage »: les informations que le locuteur met dans son message;

•« décodage »: la compréhension du récepteur de ce message.

Cette conception fait que le traducteur est un « décodeur » du message original


et un « ré-encodeur » du message final.
Le traducteur doit aussi « compenser » le bas niveau de prédictibilité causé de
l'existence d'un ordre des mots inhabituel, des expressions peu familières,
l'absence de notions, genres textuels et objets de la vie courante (Nida, Toward
a Science of Translating).
2. Basil Hatim et Ian Mason
-la traduction comme un processus de communication qui a lieu à
l'intérieur d'un contexte social.
a) Les problèmes de base qu'affrontent les traducteurs:
•la compréhension du texte source:
-la division du texte(grammaire, lexique); l'accès aux connaissances
spécialisées;
-l'accès au sens intentionnel.
•le transfert du sens:
-relayer le sens lexical; relayer le sens grammatical; relayer le sens
rhétorique.
• l'évaluation du texte cible:
-la lisibilité; la conformité aux conventions génériques et discursives
de la langue cible; l'adéquation de la traduction.
b) Il y a trois dimensions contextuelles:
•Comunicative: un aspect du contexte qui englobe variables,
agents et mode;
•Pragmatique: un aspect du contexte qui régule
l'intentionnalité;
• Sémiotique: un aspect du contexte qui régule les relations
sémiotiques entre les textes.
-Le traducteur est avant tout un « communicateur »
c) Les fonctions de communication langagière selon Jakobson:
•« émotive » : concerne l'expression des désirs et des états mentaux;
•« référentielle »: concerne les indications contextuelles qui renvoient
au monde environnant;
•« conative »: concerne l'action dirigée vers le récepteur;
•« poétique »: concerne la forme esthétique du message en soi;
•« phatique »: concerne les éléments interactionnels du message;
•« métalinguistique »: concerne le commentaire porté sur le langage;
-ces fonctions sont essentielles pour comprendre le sens du message.
L'APPROCHE PRAGMATIQUE
La pragmatique est l'étude du langage du point de vue de ses
buts et des conditions d'utilisation et se concentre sur les
expressions qui produisent un effet ( les ordres, les requêtes,
les excuses, les compliments)
a) Austin a défini trois catégories d'actes de langage:
Locutions, illocutions et perlocutions.
Production d'un énoncé selon un certain nombre de règles linguistiques
ACTE LOCUTOIRE (que l’on accomplit dès lors que l’on dit quelque chose et indépendamment du
sens que l’on communique)
Intention de l'énonciateur en ce qui concerne le type d'information contenue
dans l'énoncé : déclaration, promesse, interdiction... (que l’on accomplit en
FORCE ILLOCUTOIRE disant quelque chose et à cause de la signification de ce que l’on dit)

Effet produit par la production de l'énoncé sur le co-énociateurs ou sur ces


actes. Par exemple, à l'énonciation de : Il fait froid ici.
Le co-énonciateur se lève et ferme la fenêtre. (que l’on accomplit par le fait
EFFET PERLOCUTOIRE d’avoir dit quelque chose et qui relèvent des conséquences de ce que l’on a
dit)
 Cette approche vise à produire dans la langue cible des
actes « locutoires » et « illocutoires » ayant la même force
« perlocutoire » que ceux de la langue source.
 Grâce à l'approche pragmatique dans la translation le
traducteur acquiert une conscience de l'importance du sens
perçu par l’interlocuteur. Ce sens est le résultat d'une
séquence appréhendée dans un texte- la même séquence
peut être comprise différemment selon le type de
texte( argumentatif, informatif...)
4. Fonction du langage et fonctions de la traduction
a) Trois fonctions principales selon Bühler:
•la représentation des objets et des phénomènes
•l'attitude du producteur du texte à l‘égard de ses objets et
phénomènes
•l'adresse de l'auteur au récepteur du texte
b) Cette classification a servi du point de départ pour Reiss qui
distingue trois types de textes: informatifs; expressifs et opérationnels.
-chacun de ces types requiert des compétences particulières chez le
traducteur et des stratégies de traduction spécifiques
Cependant, les textes possèdent rarement une seule fonction unique et
indiscutable.
4. L'APPROCHE SOCIOLINGUISTIQUE
La sociolinguistique examine la langue dans son contexte
social à partir du langage concret. Elle s’est formée dans les
années 1960 aux Etats-Unis et s’occupe aussi des différences
socioculturelles et des politiques linguistiques
- [Link] étudie le caractère vague du terme « la traduction »
qui est décrit dans 3 acceptions de la traduction :
a) Le terme désigne un « résultat »: le texte traduit est une
traduction.
b) Le terme désigne une « opération »:l’opération de
reformulation mentale est une traduction.
c) Le terme désigne une « comparaison » :les deux objets
comparés sont des traductions.
II. L'APPROCHE HERMENEUTIQUE
Herméneutique- une méthode d'interprétation initiée par les auteurs romantiques
allemands. Friedrich Schleiermacher- était un principal promoteur de cette méthode. Il
estimait que pendant le proccesus de la traduction on doit « se mettre dans la peau de
l'auteur » pour sentir et réfléchir comme lui.
- L'herméneutique traductionnelle à la base d’« After Babel » de George
Steiner.« Comprendre, c'est traduire »- comprendre nécessite interpréter. Cette interprétation
est indispensable à tous les niveaux, de la division du texte jusqu'au choix final des
équivalences- un exemple de Shakespeare. Le traducteur doit aussi interpréter l'idiolect
individuel de l'auteur en obéissant au contexte historique.
 Le parcours herméneutique proposé par Steiner se compose de 4 étapes:
a)« Un élan de confiance » - le traducteur accepte le texte source et lui fait confiance.
b) « L'agréssion » - le traducteur s'attaque au texte pour extraire le sens qui l'intéresse.
c) « L'incorporation » - après avoir obtenu le sens, le traducteur produit des
« traductions assimilatrices » qui élimine tous signes de l'origine étrangère
d) « Restitution » - à la fin, le traducteur rétablit l'équilibre entre le texte source et le
texte cible.
Ce parcours ne permet pas d'arriver à la traduction parfaite, on doit se contenter d’une
bonne traduction.
III. LES APPROCHES IDEOLOGIQUES
L’idéologie est un ensemble d’idées orientées vers l’action politique.
L’approche idéologique s’occupe des questions qui concernent la traduction
motivée idéologiquement, un problème comment séparer notre vision du monde
de l’idéologie afin de ne pas polluer la traduction et le débat sur la « fidélité » à
la source ( qui oppose la traduction « littérale » à la traduction « libre »).
- Berman fait une distinction entre les traductions :
a) « ethnocentriques » qui adoptent le point de vue de la langue d'arrivée,
b) « hypertextuelles » qui privilégient les liens entre les textes des différentes
cultures.
- Penrod distingue deux grandes tendances idéologiques:
a) « la naturalisation » des éléments contenus dans la traduction
b) « l'exotisation » qui préserve les éléments originaux
- Des aspects différents des approches idéologiques:
a) La censure des traductions – selon Lefevere, il y a toujours des oeuvres
censurées considerées comme audacieuses dans certaines cultures parce que les
considérations linguistiques entrent en conflit avec des considérations idéologiques.
b) Le colonialisme européen – selon Niranjana, la traduction renforce les
représentations dominantes du colonisé. Il y a la différence entre les traductions des
colonisateurs. La traduction n'échappe pas à son temps et
elle suit l'évolution idéologique de son époque.
c) L'impérialisme culturel – selon Meschonnic, un imperialisme culturel
tend à oublier son histoire, donc à méconnaître le rôle historique de la traduction et
des emprunts dans sa culture.

- Il y avait une critique sévère des certains théoriciens occidentaux qui


essaient d'être « objectifs » et « neutres » dans la traduction. De cette manière, la
traduction masque une dimension idéologique.
L'APPROCHE POETOLOGIQUE
1. La poétique est l'étude de l'art littéraire comme une création verbale. Il y a trois grandes familles de théories
de la poésie dans la tradition occidentale :
- le premier courant - la poésie comme un ornament du discours
- le deuxième courant – la poésie comme l’inverse du langage ordinaire
- le troisième courant – le jeu du langage poétique attire l’attention sur lui-même comme une création
2. Efim Etkind dans son ouvrage « Un art en crise » estime que :
a) La traduction poétique passe par une crise causée par trois facteurs :
- La rationalisation systématique de l'original.
- La défonctionnalisation – c’est- à-dire l'absence de fonction qui se passe quand on veut publier des
traductions à tout prix souvent en méprisant les règles les plus élémentaires.
- L'abstraction excessive de la réflexion traductologique- l'exces des théories n'aide pas les praticiens.
b) Il existe en matière de traduction poétique deux grands courants representés par deux poèts
majeurs de la littérature francaise:
- Charles Baudelaire: pour lui il n'est pas possible de traduire la poésie autrement que par de la prose rimée.
- Paul Valery: il pensait qu'il ne suffit pas de traduire le sens poétique, il faut tenter de rendre la
forme jusque dans la prosodie.
c) « La poésie est l'union du sens et des sons, des images et de la composition, du
fond et de la forme. » Seulement la préservation de tous ces éléments constitue la
traduction véritable du poème. Le traducteur peut être comparé au peintre parce
que son travail n'est pas une technique de reproduction, mais un art. Le traducteur
doit devenir auteur à part entière.

d)Plusieurs types de traduction selon Etkind:


• La traduction en prose d'information- on transmet le contenu sémantique.
• La traduction en prose artistique – on reproduit le système artistique sans se
concentrer sur les rythme et rime
• La traduction versifiée d'information – c'est une traduction en vers qui n'a pas de
sens identique que l'original.
• La traduction artistique en vers – on produit une impression même que l'original.
3. La poétique de la traduction selon Meschonnic:
•« Traduire un texte n'est pas traduire de la langue, mais
traduire un texte dans sa langue.
•« La poésie n'est pas plus difficile à traduire que la prose .»
•« La traduction n'est plus définie comme transport du
texte original dans la littérature du texte cible, mais comme
travail dans la langue. »
•« On construit et on théorise un rapport de texte à texte,
non de langue à langue. »
L'APPROCHE TEXTUELLE
Cette approche demande que la traduction doit etre précédée d'une analyse textuelle pour assurer bonne
compréhension.
1. La traduction peut être déterminée par:
a. Le type de texte
b. La fonction envisagée pour le texte
c. La finalité du texte ( le but)
d. Le sens du texte
e. Le contexte ou le cadre du texte
f. L'idéologie du texte
Grâce à la multitude des points de vue, une approche discursive de la traduction est plus en plus
populaire parmi les traductologues. Selon Delisle, l'analyse du discours permet de se concentrer au
sens en deux niveaux principaux:
 niveau du genre
 niveau du texte
2. Les phénomènes textuels- ce sont des phénomènes que le traducteur
doit savoir détecter pour pouvoir traduire de façon correcte :
a. L'intertextualité – ce sont les liens entre les textes et leurs registres
différents.
b. Les modes d'expression de la sociabilité qui diffèrent d'un group humain à
l'autre
c. Les visions du monde diverses
d. La métaphorisation – les métaphores ce sont des marqueurs de visions
culturelles et de points de vue idéologiques.

3. Hewson et Matin redéfinissaient le rôle du traducteur comme un


médiateur culturel avant tout.
4. L'approche textuelle selon Larose (« Théories contemporaines de la
traduction »):
- selon lui, la question de la traduction n'est pas de savoir s'il faut traduire
littéralement ou librement, mais celle de traduire exactement.
-l'exactitude se mesure à l'adéquation entre l'intention communicative et le
produit de la traduction.
a) on distingue deux types de conditions:
•les « conditions préalables » à la traduction – la connaissance de la langue
et de la culture originale et la langue et de la culture d'arrivée.
•les « conditions d'énonciation »– le but des énonciateurs, le niveau
informatif, la composante matérielle, l'arrière-plan socioculturel.
b) on distingue aussi deux types de structures dans les textes:
•la « superstructure et macrostructure » - qui contient
l'organisation narrative et argumentative, les fonctions et les
typologies textuelles et aussi l'organisation thématique du texte
•la « microstructure » - qui refère aux quatre niveaux d'analyse :
graphémique, morphologique, lexicologique, syntaxique.

c) Les trois aspects fondamentaux de la traduction:


•Le caractère asymétrique du concept d'équivalence
•Le caractère approximatif de la traducion
•Le rapport gain-perte en traduction
LES APPROCHES COGNITIVES
-les sciences cognitives s'intéressent aux processus mentaux qui sont
présents dans les différentes activités humaines
-de ce point de vue, la traduction est un processus de compr éhension
et de reformulation du sens entre deux langues
-l'approche cognitive=psycholinguistique- les études concernant la
manière de communiquer et de gérer les informations par un être
humain au sein d'une langue, et postule que la traduction est un e
forme de communication billingue
-psycholinguistique est un envisagement des processus mentaux qui
permettent le passage d'une langue à l'autre
1. Il y a deux étapes principales de l'analyse du processus de traduction:
•compréhension
•reformulation ( d'autres y ajoutent l‘étape de la mémorisation)
2. Seguinot
a) Il divise les problèmes en:
• locaux- qui concernent des segments ou des portions de texte(micro-textuel)
•globaux- qui portent sur la totalité d'un texte ou d'un discours à traduire (macro-
textuel)
-le traducteur doit connaître des stratégies locales et globales pour traiter les
problèmes de ces deux niveaux
b) Selon cette distinction Seguinot constate que les traducteurs ont tendance à:
•relire plusieurs fois le segment à traduire
•traduire d'un trait aussi loin que possible
•traduire en corrigeant les fautes de frappe et de syntaxe
•laisser les difficultés de sens et de style pour la fin
[Link] méthodes d'investigation:
-la plus connue de ces méthodes est „TAPs” (Think Aloud Protocols/
Protocoles de réflexion à voix haute)
-elle vise à découvrir ce qui se passe dans la „boîte noire” du traducteur,
c'est-à-dire à étudier le processus mental et cognitif qui permet la
réalisation de la traduction
-elle peut prendre deux formes:
•l'introspection verbalisée- la demande au traducteur de décrire ce qu'il
fait précisément pendant qu'il est en train de traduire
•l'observation inférée- l'observation de comportement du traducteur
(pauses, hésitations, rapidité..)
!!! Remarque: le corpus est un problème- traducteurs ou interprètes?,
professionnels ou débutants?...
a) Lörscher:
Les interprètes professionnels et les enfants bilingues adoptent
une stratégie de traduction fondée sur le sens avec une méthode
de traitement « de haut en bas »- ils se concentrent sur la
fonction du discours et utilisent un « savoir procédural »
( leur traduction consiste à déconstruire les signes de la langue
source en sens, puis à reconstruire ce sens dans les signes de la
languse cible).
II. THEORIES DE TRADUCTION
LA THEORIE INTERPRETATIVE
 La théorie interprétative de la traduction est connue sous la
dénomination de «l´École de Paris» parce qu’elle a été développée au
sein de l’École supérieure d’interprète et de traducteurs ESIT,
fondée en 1957). On doit cette théorie essentiellement à Danica
Seleskovitch et Marianne Lederer.
 À l’origine de cette théorie se trouve la pratique professionnelle de
Danica Seleskovitch, qui s’est appuyée sur son expérience en tant
qu’interprète de conférence pour mettre au point un modèle de
traduction en trois temps : interprétation, déverbalisation,
réexpression.
 La traduction est un processus mental, binaire selon Ladmiral ou en
trois phases selon Seleskovitch et Lederer. Il s'agit d'une première phase
(lecture-interprétation) et d'une phase seconde (recréation-cible), en
passant par la déverbalisation, que les théoriciens de l'ESIT distinguent
comme une troisième phase. Entre les deux phases du processus de
transfert, il y a donc un tertium quid, faisant passer le message du niveau
verbo-linguistique de la langue-source au niveau logico-cognitif. Dans
cette phase(la déverbalisation), le traducteur oublie les signifiants de la
langue-source, les laisse tomber, et n'en retient que les signifiés ou, plus
précisément le sens du message, pour le réincarner dans les signifiants à
venir de la langue-cible.
La déverbalisation
 une capacité consistant à retenir ce qui est compris tandis
que les mots disparaissent;

 la représentation mentale d’un énoncé;

 le traducteur doit garder une idée génerale d’un énoncé et


puis la réexprimer.
Le sens
 Un ensemble déverbalisé, retenu en association avec des
connaissances extra-linguistiques;
 crée des nouveaux mots;
 N’est pas la somme des mots mais la totalité organique ;
 N’est pas un effet des mots mais il permet d’en comprendre .
La déverbalisation(Ladmiral)
L’approche interprétative

La composante Connaissances La composante


linguistique extralinguistiques implicite

Comprendre pour traduire

Déverbaliser l’original

Réexprimer l’image référentielle


dans la langue d’arrivée
 La préoccupation centrale de la théorie interprétative est la
question du «sens». Celui-ci est de nature non verbale parce
qu’il concerne aussi bien ce que le locuteur a dit (l´explicite)
que ce qu´il a tu (l´implicite). Pour saisir ce «sens», le
traducteur doit posséder un «bagage cognitif» qui englobe
la connaissance du monde, la saisie du contexte et la
compréhension du vouloir-dire de l’auteur. À défaut de
posséder ce bagage, le traducteur sera confronté au
problème de l´ambiguïté et de la multiplicité des
interprétations, lequel problème risque de paralyser son
élan de traduction.
 Pour Danica Seleskovitch, il s’agit avant tout d´un questionnement de
la perception : la perception de l´outil linguistique (interne) et la
perception de la réalité (externe). Cela signifie que le processus de
traduction n’est pas direct, mais passe nécessairement par une étape
intermédiaire, celle du sens qu´il faut déverbaliser. C´est un processus
dynamique de compréhension puis de réexpression des idées.
 Dans la lignée de Seleskovitch, Jean Delisle (1980) a formulé une
version plus détaillée et plus didactique de la théorie interprétative de
la traduction, en ayant recours à l’analyse du discours et à la
linguistique textuelle. Il a étudié en particulier l´étape de
conceptualisation dans le processus de transfert interlinguistique. Pour
lui, le processus de traduction se déploie en trois phases.

 D´abord, la phase de compréhension qui consiste à décoder
le texte source en analysant les relations sémantiques entre
les mots et en déterminant le contenu conceptuel par le biais
du contexte. Ensuite, la phase de reformulation, qui
implique la re-verbalisation des concepts du texte source
dans une autre langue, en ayant recours au raisonnement et
aux associations d’idées. Enfin, la phase de vérification, qui
vise à valider les choix faits par le traducteur en procédant
à une analyse qualitative des équivalents, à la manière d
´une rétro-traduction.

 Dans La Traduction aujourd’hui (1994), Marianne Lederer intègre ces idées et
présente une vue générale qui permet de saisir les tenants et les aboutissants du
modèle interprétatif. Trois postulats essentiels sont à la base du modèle
(Lederer, 1994 : 9-15)
 1) tout est interprétation;
 2) on ne peut pas traduire sans interpréter;
 3) la recherche du sens et sa réexpression sont le dénominateur commun à
toutes les traductions.
 À partir de ces postulats, Lederer (1994 : 11) résume les principaux acquis de la
théorie interprétative de la traduction : « la théorie interprétative ... a établit
que le processus de traduction consistait à comprendre le texte original, à
déverbaliser sa forme linguistique et à exprimer dans une autre langue les idées
comprises et les sentiments ressentis.»

 L´originalité de la théorie interprétative réside principalement
dans la seconde phase, celle de déverbalisation.
 Ce modèle remet en cause les approches traditionnelles fondées sur
la distinction d’une étape de compréhension dans la langue source,
à laquelle succède une étape d´expression dans la langue cible.
 Interpréter le sens d´un texte exige de préciser le niveau auquel on
se situe : « Il faut faire le partage entre la langue, sa mise en
phrases, et le texte ; car si l´on peut «traduire» à chacun de ces
niveaux, l´opération de traduction n´est pas la même selon que l´on
traduit des mots, des phrases ou des textes» (Lederer, 1994 : 13).

 Cette distinction (mots, phrases, textes) amène l´École de Paris à
distinguer deux types de traduction : «J´englobe sous l´appellation
traduction linguistique la traduction de mots et la traduction de phrases
hors contexte, et je dénomme traduction interprétative, ou traduction
tout court, la traduction des textes » (Lederer, 1994 : 15).
 Pour Marianne Lederer, la véritable traduction n´est concevable que par
rapport aux textes, c´est-à-dire dans le cadre d´un discours et en fonction
d´un contexte : «La traduction interprétative est une traduction par
équivalences, la traduction linguistique est une traduction par
correspondances. La différence essentielle entre équivalences et
correspondances est que les premières s´établissent entre textes, les
secondes entre des éléments linguistiques » (Lederer, 1994 : 51).
LA THEORIE DE L’ACTION
La théorie actionnelle de la traduction a été développée
en Allemagne par Justa Holz-Mäntäri. Dans le cadre de cette
théorie, la traduction est envisagée avant tout comme un
processus de communication interculturelle visant à produire
des textes appropriés à des situations spécifiques et à des
contextes professionnels. Elle est considérée de ce fait comme
un simple outil d’interaction entre des experts et des clients.
 Pour développer cette conception toute pragmatique de la
traduction, Holz-Mäntäri s´est appuyée sur la théorie de l
´action et, dans une large mesure, sur la théorie de la
communication. Elle a pu ainsi mettre en évidence les
difficultés culturelles que le traducteur doit surmonter lorsqu
´il intervient dans certains contextes professionnels.
 L´objectif premier de la théorie actionnelle est de
promouvoir une traduction fonctionnelle permettant de
réduire les obstacles culturels qui empêchent la
communcation de se faire de façon efficace. Pour y parvenir,
Holz-Mäntäri préconise tout d´abord une analyse minimale
du texte source qui se limite à la construction et la fonction.
 Pour elle, le texte source est un simple outil pour la mise en
œuvre des fonctions de la communication interculturelle. Il
n’a pas de valeur intrinsèque et est totalement tributaire de
l´objectif communicationnel que se fixe le traducteur. La
principale préoccupation du traducteur est le message qui
doit être transmis au client. Avant de décider de l
´équivalence à employer, le traducteur doit penser le
message dans la culture cible et évaluer à quel point le
thème est acceptable dans le contexte culturel visé.

 Ainsi par exemple, la théorie actionnelle de la traduction
préconise le remplacement d´éléments culturels du texte
source par d´autres éléments plus appropriés à la culture
cible, même s´ils parraissent éloignés des éléments originaux.
L´essentiel est de parvenir au même but recherché dans le
cadre de la communication interculturelle. C´est l´action
seule qui détermine, en définitive, la nature et les modalités
de la traduction.
 Le traducteur apparaît comme un chaînon principal qui
relie l´émetteur original du message à son récepteur final. Il
est l´interlocuteur privilégié du client, envers lequel il a d
´ailleurs une responsabilité éthique majeure.
 Ainsi conçue, la théorie actionnelle de la traduction est un
simple cadre de production des textes professionnels en mode
multilingue. L’action du traducteur est définie en référence à
sa fonction et à son but. Le texte source est envisagé comme un
contenant de composants communicationnels, et le produit
final est évalué en référence au critère de la fonctionnalité. Un
cahier de charges (la consigne de la traduction) précis définit
les spécifications du produit qu´est la traduction finale : il
précise le but de la communication, le mode de réalisation, la
rémunération prévue, les délais imposées, etc.

 La fonction détermine alors l´ensemble du travail du traducteur qui
doit prendre en compte les besoins humains dans la situation de
communication visée et les rôles sociaux dans la culture d´arrivée.
Holz-Mänttäridistingue au moins sept rôles en fonction des situations :
l’initiateur de la traduction, le commanditaire, le producteur du texte
source, le traducteur, l´applicateur du texte cible, le récepteur final, le
diffuseur.
 Dans la succession de ces rôles, le traducteur est considéré comme un
simple «transmetteur de messages» : il doit produire une
communication particulière, à un moment donné et suivant un but
précis. Mais il doit aussi agir en tant qu’expert en interculturalité en
conseillant le client commanditaire et, au besoin, en négociant avec lui
le meilleur moyen d´atteindre son but.

 Selon Holz-Mänttäri, le traducteur doit prendre toutes les
mesures qu´il juge utiles pour surmonter les obstacles
culturels qui empêchent d´atteindre le but recherché. De
plus, il doit négocier avec le commanditaire le moment
opportun ainsi que les conditions les plus favorables pour
diffuser sa traduction. Bref, le traducteur est responsable
du succès comme de l´échec de la communication dans la
culture cible.
 Cette théorie un peu radicale a été critiquée par plusieurs
traductologues, y compris par les tenants de l´approche
fonctionnelle comme Christiane Nord . Ils lui reproche
notamment de ne pas prendre en compte le fait qu´en
réalité, le traducteur ne peut pas toujours décider de tout (il
doit prendre de telles décisions qui soient conformes à la
loyauté au client).
 la théorie Justa Holz-Mänttärise se base sur les principes de la
théorie de l´agir ; elle est conçue pour couvrir toutes les formes de
transfert interculturel, y compris celle qui n´impliquent pas l
´existence d´un texte, source ou cible.
 Elle préfère parler de transmetteurs de messages, qui consistent
en du matériel textuel combiné avec d´autres médias tels que les
images, les sons et les gestes.
 Dans le modèle de Holz-Mänttäri, la traduction est définie comme
une «action complexe conçues pour réaliser une finalité
déterminée » .
 Le terme générique qui décrit ce phénomène est « l´action traductionnelle ».
 La finalité de « l´action traductionnelle » est d´effectuer le transfert des
messages à travers les barrières culturelles et langagières, au moyen des
transmetteurs de messages produits par des experts. Les traducteurs sont
des experts dans la production des transmetteurs de messages appropriés
dans une situation de communication inter-culturelle ou trans-culturelle, ou
selon la terminologie de Holz-Mänttäri, ils sont experts dans la co-opération
communicative : « l´action traductionnelle est le processus de production d
´un transmetteur de message d´une certaine sorte, conçue pour être utilisée
dans des systèmes d´action supérieurs, afin de coordonner la co-opération
actionnelle et communicative » .
LA THEORIE DU SKOPOS
 Le mot grec skopos signifie la visée, le but ou la finalité . Il est employé en
traductologie pour désigner la théorie initiée en Allemagne par Hans Vermeer à
la fin des années 1970. Parmi ses promoteurs, on trouve également Christiane
Nord et Margaret Ammann. La théorie du skopos s´inscrit dans le même cadre
épistémologique que la théorie actionnelle de la traduction, et s´intéresse
également avant tout aux textes pragmatiques et à leurs fonctions dans la
culture cible. La traduction est envisagée comme une activité humaine
particulière, ayant une finalité précise et un produit final qui lui est spécifique
(le translatum). Hans Vermeer est parti en 1978 du postulat que les méthodes et
les stratégies de traduction sont déterminées essentiellement par le but ou la
finalité (le skopos) du texte à traduire. La traduction se fait en fonction du
skopos.
 Mais il ne s´agit pas de la fonction assignée par l´auteur du
texte source, mais d´une fonction (d´où le qualificatif de
fonctionnelle attribué à cette théorie) prospective rattachée
au texte cible et qui dépend du commanditaire de la
traduction (du client). C´est le client qui fixe un but au
traducteur en fonction de ses besoins et de sa stratégie de
communication. Pourtant, le traducteur doit respecter deux
autres règles importantes. D´une part, la règle de cohérence
(intratextuelle) qui stipule que le texte cible (translatum)
doit être suffisamment cohérent pour être correctement
compris par le public cible, comme une partie de son monde
de référence.
 D´autre part la règle de fidélité (cohérence intertextuelle)
qui stipule que le texte cible doit maintenir un lien suffisant
avec le texte source. Grâce à l´influence de Katharina Reiss
(1984), Vermeer a précisé sa théorie en élargissant son
cadre d´étude pour englober des cas spécifiques qui n
´étaient pas pris en compte jusque-là. Il a intégré par
exemple la problématique de la typologie textuelle de K.
Reiss. Si le traducteur parvient à rattacher le texte source à
un type textuel ou à un genre discursif, cela l´aidera à
mieux résoudre les problèmes qui se poseront à lui dans le
processus 113 de traduction.
 Vermeer prend en considération les types de textes définis
par K. Reiss (informatifs, expressifs, opérationnels) pour
mieux préciser les fonctions qu´il convient de préserver lors
du transfert. Ainsi, le texte source est conçu comme une
offre d´information fait par un producteur en langue A à l
´attention d´un récepteur de la même culture. La traduction
est envisagée comme une offre secondaire d´information,
censée transmettre plus ou moins la même information à
des récepteurs de langue et de culture différentes. La
sélection des informations et le but de la communication
dépendent des besoins et des attentes des récepteurs cibles.
 Le skopos du texte (= le but, l´objectif communicationnel ultime que le texte
traduit doit atteindre) peut être identique ou différent entre les deux langues
concernées : s´il demeure identique, Vermeer et Reiss parlent de permanence
fonctionnelle ; s´il varie, ils parlent de variance fonctionnelle. Dans un cas, le
principe de la traduction est la cohérence intertextuelle, dans l´autre, l
´adéquation au skopos. La nouveauté de l´approche consiste dans le fait qu
´elle laisse au traducteur le soin de décider quel statut accorder au texte
source. En fonction du skopos, l´original peut être un simple point de départ
pour une adaptation ou bien un modèle à transposer fidèlement. Cela signifie
qu´un même texte peut avoir plusieurs traductions acceptables, chacune
répondant à un skopos particulier. Le skopos est le critère d´évaluation
suprême.
LA THEORIE DU JEU

La théorie du jeu a été mise au point par le mathématicien John


von Neumann pour décrire les relations d´intérêt conflictuelles
qui ont un fondement rationnel. L´idée est de trouver la meilleure
stratégie d´action dans une situation donnée, afin d´optimiser les
gains et de minimiser les pertes : c´est la « stratégie minimax ».
Cette théorie a été successivement appliquée à divers champs d
´activité humaine, dont l´activité de traduction.
 C´est l´idée d´optimisation qui a retenu l´attention des
traductologues : comment aider le traducteur à optimiser le
processus de décision sans perdre trop de temps ? Jiří Levý
(1967) estime que la théorie du jeu peut y contribuer : «La
théorie de la traduction a tendance à être normative : elle
vise à apprendre aux traducteurs les solutions optimales.
Mais le travail effectif du traducteur est pragmatique. Le
traducteur a recours à la solution qui offre le maximum d
´effet pour un minimum d´effort déployé. Le traducteur
recourt intuitivement à la stratégie minimax. »
 Levý définit la traduction comme une situation dans laquelle le traducteur
choisit parmi les instructions, c´est-à-dire des choix sémantiques et
syntaxiques possibles afin d´atteindre la solution optimale.
 Gorlée (1993) adopte la même approche mais en partant des postulats
théoriques différents.
 S´inspirant de la notion de jeu de langage élaborée par Ludwig
Wittgenstein dans son Tractatus Logico-Philosophicus, elle entreprend l
´étude de ce qu´elle appelle le «jeu de la traduction». La traduction est
comparée à un puzzle puis à un jeu d´échecs : «Le jeu de la traduction est
un jeu de décision personnelle fondé sur des choix rationnels et réglés entre
des solutions alternatives »(Gorlée, 1993 : 73).
La comparaison avec le jeu se justifie, selon Gorlée, par le fait qu
´un jeu a toujours pour but de trouver la solution la plus
adéquate en fonction de règles instituées pour le jeu en question.
Ce rapprochement permet de mettre en lumière la dimension
générique de la traduction. Comme le jeu, la traduction présente
une part d´imprécision qui possède à la fois des avantages et des
inconvénients. Par exemple, l´analogie avec le jeu d´échecs
permet de mettre en parallèle les règles qui le régissent avec celles
qui déterminent le langage. Mais en traduction, il ne s´agit pas de
gagner ni de perdre au jeu, mais de réussir ou d´échouer à
trouver la solution optimale (Gorlée 1993 : 75).

 La théorie du jeu ne prend pas en considération les facteurs
émotionnels, psychologiques et idéologiques qui peuvent
interférer dans le processus de traduction, en particulier pour
certains types de textes. Elle ne prend pas non plus en compte
les lacunes de formation et d´information qui peuvent affecter
le traducteur ou le texte. Il s´agit d´une approche formalle et
idéalisée de la traduction qui ne tient pas en compte des
contraintes, parfois aléatoires, de la réalité professionnelle.
 Par ailleurs, ce qui rend problématique l´application de la
théorie du jeu à la traduction, c´est l´absence de la dimension
ludique dans la traduction.

 Mathieu Guidère estime que si l´objectif de la traduction selon la
théorie du jeu est de rechercher systématiquement la solution
optimale, il est plus pertinent de restreindre cette approche à la
traduction pragmatique (soit de textes informatifs, scientifiques ou
techniques).
 Enfin, Mathieu Guidère ajoute que le concept central de stratégie
n´est pas applicable tel quel �
 la traduction parce que le traducteur ne maîtrise pas la totalité du
processus de traduction. Par exemple, il n´est pas l´auteur du texte
source, et ce contenu original lui échappe totalement.
 Le traducteur n´est pas non plus récepteur du texte traduit et l
´interprétation de la traduction
 lui échappe en grande partie puisque chaque public se l
´approprie à sa manière et suivant sa
 culture. Tout cela fait qu´il ne peut pas fixer une stratégie
globale et l´appliquer
 rigoureusement, sans tenir compte des paramètres influents
dans le système d´accueil.

LA THEORIE DU POLYSYSTEME
 La théorie du polysystème désigne le cadre conceptuel développé dans les années
1970-1980 par Itamar Even-Zohar. Il est parti du concept de système initié par
les formalistes russes tel que Tynjanov (1929) et l’a appliqué à l´étude de la
littérature considérée comme un système de système, l´objectif étant d´analyser
et de décrire le fonctionnement et l´évolution des systèmes littéraires en prenant
comme exemple la littérature traduite en hébreu.
 Par polysystème, Even-Zohar (1990) désigne un ensemble hétérogène et
hiérarchisé de systèmes qui interagissent de façon dynamique au sein d’un
système englobant (le polysystème). Ainsi, la littérature traduite ne serait qu´un
niveau parmi d´autres au sein du système littéraire, lequel est inclus dans le
système artistique en général, mais ce dernier fait également partie intégrante
du système religieux ou encore politique.
 Au sein de ce polysystème, l´idée centrale est celle de la
concurrence qui existe entre les différents niveaux ou
strates de système. Il y a ainsi une tension permanente entre
le centre et la périphérie du système, c’est-à-dire entre les
genres littéraires dominants à un moment donné et ceux qui
tendent à devenir dominants. Car le polysystème littéraire
regroupe aussi bien les œuvres majeures que les types
textuels moins canoniques tels que les contes pour enfants
ou romans policiers traduits.
 Even-Zohar analyse cette compétition entre formes
littéraires en termes de principes «premiers» et de principes
«secondaires» : les uns sont innovateurs, les autres sont
conservateurs. Ainsi, quand une forme littéraire «première»
accède au centre du système, elle tend à devenir de plus en
plus figée et conservatrice, jusqu´à se faire écarter par une
forme «secondaire», plus dynamique et novatrice, et ainsi de
suite.
 Appliquée aux œuvres traduites, la théorie du polysystème s
´est intéressée à deux aspects : d´une part, le rôle que joue
la littérature traduite au sein d´un système littéraire
particulier ; et d´autre part, les implications de l´idée de
polysystème sur les études traductologiques en général.
 Concernant le premier aspect, Even-Zohar estime que les
traducteurs ont tendance à se plier aux normes du système
littéraire d´accueil, tant au niveau de la sélection des œuvres
qu´au niveau de leur reformulation / écriture des
traductions.
 La littérature traduite occupe en général une position
périphérique dans le système d´accueil, mais le degré d
´éloignement du centre est variable selon les systèmes.
Even-Zohar identifie trois types de situations :
 1/ La première est celle des «jeunes littératures» en
formation : dans ce cas, la littérature traduite tend à jouer
un rôle important comme porteuse d’innovations et de
repères de comparaison.
 2/ La seconde est celle des littératures nationales
«périphériques» : dans ce cas, la littérature traduite tend à
occuper une place centrale parce qu’elle émane d´une
nation plus puissante et plus influente. Cela est valable aussi
bien dans le domaine francophone qu’anglophone ou
hispanophone.
 3/ La troisième est celle des littératures «en crise» : dans ce
cas, la littérature traduite tend occuper le vide laissé par les
auteurs nationaux et à devenir centrale dans le champ
littéraire de la langue cible.
 Dans tous ces cas, il s´agit d´une prise de pouvoir
imprévisible et évolutive, car la littérature traduite dépend
de la position des autres formes au sein du polysystème.
Even-Zohar insiste sur ce point: «La traduction ne constitue
plus un phénomène dont la nature et les frontières sont fixées
une fois pour toutes, mais une activité tributaire des relations
internes à un système culturel particulier.»
 Toury suggère, en s´inspirant des Familienähnlichkeiten de
Wittgenstein, de «penser la traduction comme une classe de
phénomènes dans laquelle les relations entre ses membres s
´apparentent à celles au sein d´une famille».
 La théorie du polysystème sert à développer une
traductologie analytique de nature systémique. Elle s´inscrit
dans le prolongement des approches traductologiques
fortement ciblistes, parce qu’elle envisage la traduction au
sein des systèmes culturels d´accueil. Mais son analyse des
rapports de force entre littératures nationales et étrangères
revêt une coloration idéologique qui peut fausser la
perception de la traduction en général.
 La théorie du polysystème conduit ainsi à considérer la
traduction comme un sous-système dépendant du cadre
culturel général de la société d´accueil. Elle n´est pas un
système autonome ayant sa propre logique, mais elle est
soumise aux interactions des autres systèmes en présence.
 Cette conception de la traduction induit plusieurs implications
théoriques et pratiques :
 1/ Le processus de traduction n´est pas envisagé comme un
transfert inter-langues mais inter-systèmes. Cela signifie que la
traduction s´inscrit dans un contexte socioculturel plus large et
qu´il faut tenir compte de cet hyper-contexte lors du transfert.

 2/ L´oeuvre traduite n´est pas analysée en référence à la
notion d´équivalence mais est envisagée en soi comme un
objet autonome. Elle est une entité à part entière qui s
´inscrit dans le cadre général du système cible.
 3/ Les procédés de traduction en sont pas analysés en
fonction de chaque système linguistique, mais en fonction
des «normes» spécifiques au contexte socioculturel au sens
large (genre littéraire, idéologie dominante, contexte
politique).
 Gideon Toury s´est donné pour objectif de rendre compte des
phénomène traductologiques de façon systématique et dans un cadre
théorique unifié.
 Il définit la traduction en terme de transfert et établit que toute
opération de transfert comprend d´une part «un invariant sous la
transformation», et d´autre part, «trois configurations basiques de
relations» : 1) entre chacune des deux entités et le système dans
lequel elles s´intègrent ; 2) entre les deux entités elles-mêmes ; 3)
entre les systèmes respectifs.
 Ces trois types de relations sont interdépendants et permettent de
définir la traduction comme un
 transfert interlingual ou plus précisément

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