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GCI515 Ch0 Introduction (E2024)

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Introduction

Robert Toupin
biochimiste, ingénieur chimiste, MBA
[email protected]

GCI 515 – Génie de l’environnement


Été 2024
1
En l’an 2525, vous êtes embarqués à bord du vaisseau spatial GAÏA pour une mission
exceptionnelle et de la plus grande importance, une mission qui vise à assurer la survie de
plusieurs espèces végétales et animales, dont l’espèce humaine au premier chef. L’équipage a
été informé que l’objectif visé est lointain et que cette mission s’étendra donc sur des siècles.
Compte tenu de la situation actuelle, aucun retour vers la base n’est désormais possible en cas
d’avarie du vaisseau. L’aventure est d’autant plus périlleuse que la trajectoire de vol ne passe à
proximité d’aucune planète hospitalière connue en cours de périple ni ne s’approche d’une
2
quelconque station-relais de ravitaillement.
Vous êtes à bord de l’astronef un peu par la faute de vos parents parce qu’ils étaient
membres de la mission originale. Bref, on ne vous a pas demandé votre avis! Vous êtes né
et avez grandi dans l’enceinte de cet astronef. Quelques années plus tard, vous avez été
recruté après une formation d’ingénieur pour faire partie de l’équipe technique de Gaïa.
Votre rôle sera crucial pour le succès de la mission…

L’équipe technique a plusieurs tâches à accomplir quotidiennement , dont principalement:

• Assurer le fonctionnement et la maintenance de tous les équipements du vaisseau;


• Assurer l’approvisionnement continu de nourriture, d’air et d’eau de qualité;
• Garantir la disponibilité de l’énergie requise pour la propulsion et autres systèmes;
• Maintenir les paramètres vitaux (tels que pression et température) dans le vaisseau;
• Préserver les conditions requises pour la santé et le bien-être de la communauté;
• Assurer la survie et l’épanouissement des espèces végétales et animales embarquées;
• Effectuer le recyclage et l’évacuation des matières résiduelles: gaz, liquides et solides;

Les défis sont nombreux et les tâches s’annoncent même plus ardues que prévu au départ
de l’aventure… Le succès de la mission est donc loin d’être assuré mais il y a quand même
un espoir de réussite, à condition que tous se surpassent et travaillent ensemble… Et que
l’équipe technique réalise quelques petits miracles d’ingéniosité en cours de route!

3
… CE SCÉNARIO EST BIEN RÉEL…
SAUF QU’IL NE SE DÉROULE PAS EN L’AN 2525… MAIS MAINTENANT!
GAÏA, VOTRE VAISSEAU, C’EST LA TERRE !

Données techniques du vaisseau Équipage du vaisseau

Dimensions: ø 12 742 km Passagers: 8 105 000 000 âmes

Masse : 5,972 X 1021 tonnes Croissance pop. : +0,91% / an

Densité moyenne: 5,51 g / cm3 Age médian: ≈ 30 ans

Vitesse orbitale : 100 000 km / h Longévité moyenne: ≈ 74 ans

Composition atmosphère: Ressources biotiques embarquées


Azote 78,09 %
Oxygène 20,95 %
Argon 0,93 %
Estimation biodiversité:
80 500 vertébrés
Gaz carbonique et autres gaz 0,06 %
6 755 830 invertébrés
390 800 plantes
Réserves eau: 1 350 000 000 km3 1 500 000 fungi
(moins de 3% d’eau douce) 2 600 500 autres espèces
Total : Approximativement 11 327 630 espèces
dont 1,9 millions qui sont connues et décrites.
Sources d’Énergie disponibles :
Biomasse et carburants fossiles
Énergie solaire et éolienne Composition chimique majoritaire des
Énergie nucléaire (fission) organismes vivants à bord: C,H,N,O,P,S
Autres sources mineures
4
LA TERRE, notre vaisseau spatial unique en son genre éprouve
depuis un certain temps des ennuis techniques significatifs qui
pourraient à terme menacer la survie d’une part de l’équipage et
hypothéquer le succès de la mission…

Ces ennuis techniques, ce sont les ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX


5
Enjeux environnementaux
• Pollution organique et inorganique (air, eau, sols, organismes vivants)
• Changement climatique
• Fonte accélérée de la cryosphère et élévation du niveau des océans
• Dégel du pergélisol
• Surpopulation : Pandémies, famines et autres menaces sur la santé
• Gestion du volume croissant et incessant des matières résiduelles
• Acidification et réchauffement des océans
• Perte significative de biodiversité
• Déforestation, forêts émettrices nettes de carbone
• Appauvrissement de la couche d’ozone (protection UV)
• Consommation non-soutenable et gaspillage de ressources
• Précipitations acides
• Eutrophisation accélérée des cours d’eau
• Dégradation et érosion des sols
• Etc.

6
Afin d’assurer le maintien des conditions requises à une
qualité de vie acceptable sur la TERRE et notamment y
préserver sa biodiversité, il faut rapidement rendre
effectif et efficient un système qui soit DURABLE, où
SOCIÉTÉ, ÉCONOMIE et ENVIRONNEMENT font partie
d’un même ensemble intégré et s’appuient
mutuellement

7
L’essor de la pensée environnementale…

C’est assez récemment, autour de 1987, qu’est


apparu le terme de « DÉVELOPPEMENT
DURABLE » (ou développement soutenable)
dans le vocabulaire courant…

Pour arriver aux modèles contemporains du


développement durable et de l’écologisme,
l’humanité a dû parcourir un long chemin…

Voyons comment est née puis comment a


évoluée la PENSÉE ENVIRONNEMENTALE chez
les humains, depuis la préhistoire jusqu’à nos
jours…

8
Évolution de la« pensée environnementale »
• Les premiers humains…

• Les hommes préhistoriques du paléolithique et du mésolithique étaient des nomades


et ils vivaient en petits groupes. L’hygiène était presqu’inexistante comme en fait foi
les coprolithes fossilisés retrouvés dans les lieux de vie commune, tout comme les
résidus de nourriture, d’ossements et de cendres dans les abris. Les hommes étant
peu nombreux sur un site donné, la gestion des déchets posait relativement peu de
problèmes en ces temps-là.
• Le néolithique (de 10 000 à 3500 av. J.-C.), l’âge de la pierre polie, voit Homo sapiens
se sédentariser, se choisir un habitat fixe. Des communautés entières d’êtres humains
passent graduellement du statut de cueilleurs–chasseurs nomades à celui de
cultivateurs-éleveurs sédentaires grâce à la venue de l’agriculture et de l’élevage!
Processus initié au Proche-Orient, le nouveau mode de vie plus sédentaire est un
concept gagnant et se répand rapidement, notamment vers l’Europe et l’Asie. C’est
vers la fin du Néolithique que sont apparues les premières agglomérations humaines
… Et les premiers problèmes sérieux d’environnement!
• Des analyses de tissus pulmonaires anciens, prélevés sur des restes momifiés
d’individus ayant vécu en Égypte, au Pérou ou en Angleterre il y a de ça plusieurs
millénaires, démontrent clairement que ces personnes avaient été longuement
exposées à la fumée, leurs poumons ayant été noircis de suie, de divers résidus de
combustion…
9
Évolution de la « pensée environnementale »
• Avec l’apparition des villes se développent
diverses considérations et des innovations liées
à divers enjeux de l’environnement:
• Des écrits anciens rapportent assez tôt
plusieurs cas de déforestations massives
dans les zones limitrophes des grandes villes
de la Grèce, de la Phénicie, de l’Italie et à
Babylone… Et la déforestation entraîne à son
tour des problèmes significatifs d’érosion…
• Dans ces agglomérations, la gestion des
déchets, résidus et déjections devient un
grave problème sanitaire. En Égypte, des
esclaves transportent quotidiennement des
amphores de fèces de la ville aux champs…
• L’apport et la conservation des aliments
deviennent également un enjeu significatif…
• …Tout comme la disponibilité d’eau potable Système d’égouts de Babylone
de qualité et en quantité suffisante ! 4000 – 2500 av. J.-C.
Source : US National Archives

10
Pendant l’Antiquité, les problèmes de pollution
de l’air de la ville de Rome sont bien connus. Les
romains qualifient l’air ambiant de ciel lourd
(gravioris caeli) et d’air infâme (infamis aer)…
Outre l’abondante fumée et les odeurs
pestilentielles, l’air est très contaminé par les
métaux lourds provenant des nombreuses
fonderies de métaux avoisinantes…
À Rome, bien que le fleuve Tibre passe en son
centre, celui–ci est tellement pollué qu’on doit
construire des aqueducs pour s’approvisionner en
eau « propre » provenant des montagnes situées Le cas de Rome est parlant mais ce n’est guère
mieux ailleurs. L’Empire Grec par exemple a
à plusieurs kilomètres de là. Les maisons n’étant aussi ses problèmes de pollution de l’air par
pas connectées à un système d’égout, il y avait un exemple. C’est d’ailleurs le grec Hippocrate qui
système élaboré qui récupérait les eaux usées a composé le premier ouvrage « écologique »
dans les rues et les dirigeaient vers le Tibre. . il y a environ 2500 ans!

« Dès que j'aurai laissé derrière moi l'oppressant air de la ville et la


puanteur des fumantes cheminées qui, une fois leurs feux allumés,
vomissent toutes les pestilentes fumées et suies qu'elles contiennent, je
me sentirai tout à fait un autre homme » Sénèque (à Rome, en l’an 61) 11
Évolution de la « pensée environnementale »
Aqueduc Appien (Rome, ≈ 310 av. J.-C.)

Latrines publiques (Rome, ≈ 200 av. J.-C.) Cloaca maxima (Rome, ≈ 700 av. J.-C.)
12
Un aqueduc de… 52 kms
Pont du Gard, France

13
La proportion de gens qui vivent en
milieu urbain augmente beaucoup
pendant le Moyen-âge (476-1492),
engendrant ainsi de graves problèmes
locaux de déforestation près des villes
et de pollution de l’air dû au chauffage
par le bois et parfois le charbon. Les
nombreuses fonderies de cuivre et de
plomb ainsi que la gestion inadéquate
des déchets dans ces villes contribuent
à dégrader la qualité de l’air ambiant. En
Angleterre, la situation est telle que le
roi Édouard 1er interdit l’usage du
charbon bitumineux en 1306. Son
successeur Édouard II ira jusqu’à
promulguer une loi annonçant que les
fautifs seront torturés ou pendus!

L’air qui était net et pur fut alors vil, noir et obscur
Laid et puant, trouble et pus ;
Par la nuit, tout fut corrompu…
Aussitôt de sa corruption eussent les gens l’opinion
Que corrompus ils en devenaient et que leur couleur en perdait
Guillaume de Machaut, 1348
14
Évolution de la « pensée environnementale »
Pendant le Moyen-âge, cités riment souvent avec insalubrité!
Certaines villes se font une renommée d’une «spécialité locale» :
Telle ville est reconnue pour son pigment rouge éclatant, telle autre
pour ses délicats textiles, une autre encore pour ses cuirs… Ou ses
parfums, ses broderies ou encore son boudin… Sans surprise, une
forte concentration d’artisans dans un même lieu engendre souvent
une pollution localisée et intense de l’eau, de l’air et des sols.
Pensez aux tanneries, aux fonderies, aux forges, aux teintureries, …
On pourrait citer comme exemple la petite commune de Pont Audemer en France, qui
est reconnue depuis le Moyen-Âge pour ses tanneries de qualité… Cette petite ville qui
n’a jamais atteint plus de 6 000 âmes à cette époque hébergeait pourtant plus de 80
tanneries à un moment!

Les ordures sont brûlées, enfouies ou simplement entassées dans


les rues et les fosses avoisinantes, devenant ainsi des lieux de
prédilection et de multiplication de la vermine: Rongeurs et insectes
y trouvent leur compte! Pas étonnant dès lors que plusieurs
épisodes de famines et d’épidémies sévissent en Europe et
ailleurs… La Peste noire (1346-1353) tuera environ une personne sur
deux en Europe… C’est à la suite de ce cataclysme que certaines
autorités commencent enfin à se préoccuper de santé publique…
15
Évolution de la « pensée environnementale »
Les Temps modernes (1492-1789) succèdent au Moyen-Âge. Plusieurs transitions
heureuses surviennent pendant cette période sur les plans intellectuel,
scientifique et culturel. On soulignera au passage Girolamo Fracastoro qui, en
1546, découvre comment se propagent les maladies infectieuses… Et puis Sir John
Harington pour l’invention de la toilette à chasse d’eau en 1589 ! Tout n’est pas
rose pour autant… La coupe des arbres s’intensifie en Europe et devant la rareté
du bois, le continent et se tourne de plus en plus vers l’utilisation du charbon à
partir de 1550-1600, ce qui dégrade rapidement la qualité de l’air en milieu
urbain. L’Angleterre consomme plus de la moitié du charbon à elle seule…

En dehors de l’Europe, on connaît aussi des difficultés : Le Japon implante le tout


premier programme de reboisement dès 1660 afin de contrer la déforestation…
En Amérique du Nord, un certain Benjamin Franklin pousse fort en 1762 pour
faire adopter un règlement visant à freiner la pollution de l’eau à Philadelphie…

La salubrité est variable selon la ville, mais très souvent mauvaise… À Londres, en
ces temps-là, les boucheries envoient sang et tripes directement dans les
caniveaux des rues tandis que Paris est doté d’un réseau d’égout performant…

16
Pendant les « Temps modernes », Certaines grandes villes telle
que Paris développent des réseaux d’égout plus ou moins
élaborés tandis que d’autres, comme Londres, tardent à en
construire… Londres devient donc l’épicentre d’épidémies de
fièvre typhoïde, de choléra, de dysenterie… Et le fleuve Tamise
ainsi que la rivière Fleet sont de véritables égouts à ciel ouvert!

17
La pollution de l’air perdure, s’accroît puis Widnes (Angleterre) 1890
s’aggrave nettement avec l’industrialisation des
activités humaines, la mécanisation et surtout
l’invention de la machine à vapeur alimentée le
plus souvent… Au charbon.
La Révolution industrielle (1760-1890) est un
gros coup d’accélérateur de la pollution: Il y a de
nouveaux types de polluants dans l’air et dans
l’eau et les concentrations de plusieurs polluants
de l’air font un bond à des niveaux inégalés. Vers
la fin du 19e siècle, les maladies respiratoires
tuent par milliers les habitants des grandes villes
du monde… Le progrès, oui, mais pas pour tous!
Toutefois, c’est également cette période qui voit naître les premiers parcs nationaux, les
premières associations environnementales, les premières poursuites judiciaires en lien
avec la pollution, la reconnaissance des premières maladies industrielles et les premiers
traités d’hygiène industrielle, les premières lois sur la qualité de l’air … C’est aussi un
terreau fertile pour la prise de conscience environnementale qui va bientôt se répandre…

« C’est un outrage fait à la nature… Les gens des villes ne peuvent plus
respirer d’air frais nulle part » Le poète William Wordsworth (1814)

18
19
Avec le tournant du 20e siècle survient L’Ère
progressiste (1890-1920), une période de profonds
changement sociaux.
Un nombre croissant de groupes et d’individus
militent pour diverses réformes politiques, sociales,
économiques et morales, notamment en Europe et
aux États-Unis. Divers enjeux environnementaux
sont étroitement liés à toutes ces revendications.
Il y a une prise de conscience collective que
certains sites naturels risquent la dégradation
permanente et que plusieurs espèces vivantes sont
menacés par l’action de l’homme… Aux États-Unis,
le catalyseur de l’éveil des consciences sera un
animal bien connu… Le bison!
Le cheptel du bison américain est estimé à 30-60 millions de
têtes en 1830… Mais les troupeaux sont vite décimés dans les
années suivantes pour les peaux, la viande, les os et même
juste pour le « sport » au point qu’il ne reste plus, en 1884, que
325 individus dans tout le pays, la plupart vivant en captivité…
La population américaine va s’émouvoir du sort réservé à cet
animal symbolique et les premiers efforts sérieux de
conservation de cette espèce sont vite mis en place…
20
Évolution de la « pensée environnementale »
Vers 1920, presque toutes les villes américaines et européennes sont désormais
munies d’un système de collecte des eaux usées. On développe des technologies
efficaces de traitement des eaux usées et de l’eau potable. Le génie sanitaire voit le
jour pendant l’ère progressiste et devient rapidement le génie de l’environnement.

Le savant suédois Svante Arrhenius postule que le gaz carbonique (CO 2) créé par
l’homme réchauffe l’air de la Terre en 1896… C’était il y a plus de 125 ans!!!

Malheureusement, la période s’échelonnant entre 1914 et 1945 est moins heureuse


car on y intercale deux guerres mondiales, le Krach boursier de 1929, une grande
dépression économique mondiale, la terrible pandémie de grippe espagnole, des
épisodes de sécheresses en Amérique, … Côté environnement, ce sont carrément
des années perdues… On a d’autres préoccupations plus graves semble-t-il… On
soulignera toutefois l’augmentation fulgurante du nombre de véhicules à moteur
dans le monde… Et dès 1921, on fait le plein avec de l’essence au plomb…

21
Prise de conscience environnementale
Pendant la période 1945-1990, certains événements sont très marquants et engendrent
des changements sociétaux en profondeur:
5-9 décembre 1952: Londres a vécu plusieurs épisodes de smog chimique par le passé mais celui de
1952 est de loin le pire! En quelques jours, on recense 4000 décès et 100 000 malades auxquels on
devra ajouter 8000 décès prématurés par la suite. Ce dramatique événement donne un élan important
aux mouvements modernes en faveur de l’environnement et à la mise en place de nouvelles lois
environnementales dans plusieurs pays.

1er mars 1954: Essai de surface de la bombe H Castle Bravo dans l’atoll
de Bikini. Mal évaluée, la force de la bombe (1000X Hiroshima) est telle
qu’elle contamine par ses retombées radioactives une bonne partie de
la planète. Les populations voisines sont exposées à des radiations
mortelles et on note dans plusieurs pays une hausse des cas de cancers
(leucémie et cancer de la thyroïde) dans les années suivant l’essai...
22
1956: On identifie la maladie de Minamata, une grave intoxication au mercure dans cette localité du
Japon. Les victimes se nourrissaient abondamment de poissons contaminés par les rejets de l’usine
Chisso dans la baie de Minamata (Rejets de 1932 à 1968). Les consommateurs de poissons contaminés
ainsi que leur descendance souffrent de méningite irréversible, de cécité, de perte cognitive, de
paralysie et d’atrophies articulaires sans oublier un taux élevé de mortalité prématurée.

Minamata (mercure), la maladie de Itai-Itai (cadmium) et la publication du livre Silent spring de


Rachel Carson (Pesticides) en 1962 initient un changement de paradigme: Si on disait jusqu’à présent
que « la solution à la pollution, c’est la dilution… », on parle dorénavant de l’effet boomerang (la
pollution dispersée dans l’environnement va tôt ou tard revenir vers nous). Une nouvelle discipline
scientifique voit le jour autour de 1970 : L’écotoxicologie. C’est au même moment qu’on crée des
agences nationales de protection de l’environnement : EPA (1970), Environnement Canada (1971),…
La seconde moitié du 20e siècle est parsemée de plusieurs accidents
industriels et autres catastrophes environnementales : Seveso (1976),
Amoco Cadiz (1978), Three Miles Island (1979), Bhopal (1984),
Tchernobyl (1986), Exxon Valdez (1989)… La liste est bien plus longue!
Au moins, on réussira à contrer la destruction de la couche d’ozone
par les CFC grâce au Protocole de Montréal (1985) entériné par
presque tous les pays. Il y aura aussi la Convention de Stockholm
(1991) qui stoppera l’utilisation de certaines substances trop toxiques.
23
Shawinigan, en 1950

Smog à Montréal
Rouyn-Noranda, en 1940

Flottage du bois, en 1980

Pendant ce temps, au Québec…

24
Rejets industriels R iv iè
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B an
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Shawinigan Chemicals

Résidences

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25
La conscience environnementale
La période s’étendant de 1990 à nos jours a été fertile en événements visant à mieux protéger
notre environnement. Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992) a mis les êtres humains au
centre des préoccupations relatives au développement durable et statué que chacun a droit à
une vie saine et productive en harmonie avec la nature. Divers traités internationaux en ont
découlé dont le Protocole de Kyoto (1998) et l’Accord de Paris (2015) pour contrer le
réchauffement de la Terre.
Le bilan environnemental est très variable d’un pays à l’autre pour cette période mais il y a eu
des avancées significatives dans certaines régions du monde, dont au Québec… Aujourd’hui, les
industries sont beaucoup moins polluantes que jadis, notre parc automobile est en cours
d’électrification, notre production d’énergie est pour l’essentiel renouvelable, nos matières
résiduelles sont traitées plus adéquatement que par le passé,…
Il y a encore une foule d’enjeux de taille auxquels s’attaquer avec plus d’efficacité dont
l’amplification de l’effet de serre, les pertes d’habitats et de la biodiversité, la pollution de l’air, la
surexploitation de ressources naturelles non renouvelables, notre dépendance aux combustibles
fossiles, la croissance démographique quasi exponentielle, les microplastiques, les PFAS, …
Au moins, un point positif, c’est qu’un grand nombre de personnes dont les plus jeunes
générations sont désormais conscientes que notre destin est étroitement lié à celui de
l’environnement. Il y a d’énormes défis à relever… En être conscient, c’est déjà un bon départ!
Nous en sommes aujourd’hui arrivés à implanter le développement durable, à promouvoir les
énergies renouvelables, à favoriser le recyclage et l’économie circulaire, …

26
Développement Durable

27
Le DÉVELOPPEMENT DURABLE n’est donc pas un concept éphémère, une
mode de passage, mais plutôt le fruit d’une longue évolution de la pensée
humaine sur le thème de son environnement, puis ultimement à la prise
de conscience que le destin de l’humanité est en fait étroitement lié à
celui de l’environnement.
28
Est-ce que l’humanité se dirige
vers un « écologisme » plus actif,
plus militant dans les décennies à
venir? Quelle sera selon vous
notre trajectoire commune
relativement à l’environnement
au cours du XXIe siècle?

29
ENVIRONNEMENT

30
Que signifie le mot « Environnement »?
• Dictionnaire Larousse: Ensemble des éléments naturels et artificiels qui entourent
un individu ou une espèce.

• Dictionnaire Petit Robert: Ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques


et biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes
vivants et les activités humaines

• Dictionnaire terminologique: Ensemble dynamique et évolutif constitué d’éléments


physiques, chimiques et biologiques et de facteurs sociaux, dans lequel se
développe tout organisme vivant et qui est susceptible d’exercer une influence
directe ou indirecte sur celui-ci

• Loi sur la Qualité de l’environnement du Québec: L’eau, l’atmosphère et le sol ou


toute combinaison de l’un ou de l’autre ou, d’une manière générale, le milieu
ambiant avec lequel les espèces vivantes entretiennent des relations dynamiques.

En résumé, on peut conclure que l’environnement, c’est tout ce qui nous entoure,
c'est l'ensemble des éléments tangibles naturels et artificiels au sein duquel se
déroule la vie humaine et ses multiples interactions sociales.
31
Code de déontologie de l’OIQ (extrait)

Dans tous les aspects de son travail, l'ingénieur


doit respecter ses obligations envers l'homme et
tenir compte des conséquences de l'exécution de
ses travaux sur l'environnement et sur la vie, la
santé et la propriété de toute personne

Section II – Devoirs et obligations envers le public, Article 2.01

32
Science, génie et gestion… de l’environnement

• Les SCIENCES DE L’ENVIRONNEMENT améliorent notre compréhension


des phénomènes et des processus qui nous entourent. Ces sciences
sont notamment la biologie, la chimie, la physique, la géologie, la
physiologie, la géomatique, etc.

• Le GÉNIE DE L’ENVIRONNEMENT utilise ces connaissances scientifiques


pour développer et mettre en application diverses techniques et
technologies qui maintiendront ou amélioreront la qualité de
l’environnement.

• La GESTION DE L’ENVIRONNEMENT intègre ces connaissances et ce


savoir-faire pour réaliser avec succès divers projets environnementaux

GESTION DE L’ENVIRONNEMENT = MULTIDISCIPLINARITÉ

33
En génie de l’environnement, on discutera des contaminants
organiques et inorganiques dans l’environnement… Alors un
petit rappel des notions de base de la CHIMIE s’impose!

34
Atomes et molécules
• Que sont les ATOMES? • Que sont les MOLÉCULES?
• Unité de base de la matière, c’est la • Assemblage d’atomes qui forment
plus petite particule de matière une « construction »
qu’on peut obtenir chimiquement • Une molécule peut compter de deux
• Les atomes sont les « Blocs de atomes jusqu’à des millions!
construction » de la matière;
• Les atomes sont comme les blocs, il
en a de différentes sortes;

Une molécule de
Un atome de carbone théobromine (C7H8N4O2)

35
Atomes et molécules
Les blocs de construction sont différents entre eux:
On les décrira à partir de leur couleur, de leur
forme, de leur fonction…
« ATOMES »

« MOLÉCULES »

Les atomes sont également différents entre eux. On leur a donné des
noms et des symboles pour les identifier, les reconnaître…
36
Une représentation de la matière : Le MODÈLE
ATOMIQUE

• Proton
NOYAU ATOMIQUE
• Charge : +1
• Masse : 1,6727 X 10-24 g ≈ 1 u
• Neutron
• Charge : 0
• Masse : 1,6750 X 10-24 g ≈ 1 u
• Électron
• Charge : -1 Les électrons gravitent autour du
noyau atomique. Le noyau est
• Masse : 9,110 X 10-28 g ≈ 0 u constitué uniquement de protons
et de neutrons.

u : Unité de masse atomique unifiée, équivalant à environ 1,66054 X 10-24 grammes.

37
Le modèle atomique

Protons et neutrons sont dans le noyau atomique


Les électrons forment autour un nuage électronique

Le nuage électronique forme une


enveloppe qui représente plus de 99,9
% du volume de l’atome, mais le
noyau représente en revanche plus de
99,9% de la masse de l’atome.

Un dix-millionième de millimètre!
38
La matière est pleine… de vide!

Si le noyau d’un atome avait la taille


d’une balle de golf, le diamètre de
l’enveloppe (du nuage électronique)
serait d’environ 4,25 kilomètres!

Dans ce gros volume formant une


sphère autour de la balle de golf
circuleraient seulement quelques
électrons qui seraient toujours trop .
petits pour être visibles à l’œil nu!

Ces électrons occupent tout le


volume du nuage électronique et
circulent dans cette enveloppe à de
très hautes vitesses, de l’ordre de
≈2200 km/s !

42,6 mm

39
Le nombre de protons permet de
déterminer la nature de l’atome

40
Le nombre de protons permet de déterminer la nature de l’atome

41
Le nombre d’électrons permet de
déterminer la charge de l’atome

Les atomes peuvent gagner ou


H H- perdre un ou plusieurs électron(s)
et devenir des IONS, des atomes
qui ont une charge électrique nette
et différente de zéro.

Ions de charge positive : CATIONS


Exemples: H+, Li+, Mg2+, Fe3+, …
Li Li+
Ions de charge négative : ANIONS
Exemples: H-, Cl-, S2-, O2- , …

On notera qu’il existe aussi des ions


dits « polyatomiques » : NH4+, CO32- ,
OH-, PO43- , CH3CO2- , SO42- , NO3- , …

42
Le nombre de neutrons permet
de déterminer l’isotope

3 isotopes
de l’hydrogène

Protium (Aucun neutron) Deutérium (1 neutron) Tritium (2 neutrons)

Les trois atomes ci-dessus sont tous des atomes d’hydrogène car il y a un seul proton
dans le noyau atomique. Leur différence réside dans le nombre de neutrons (0,1 ou 2).
Cette différence de quelques neutrons peut sembler anodine mais elle a des impacts
significatifs sur les propriétés de l’atome. Le tritium par exemple est un isotope
instable et radioactif alors que les 2 autres isotopes de l’hydrogène sont stables.
L’étain (Sn) est un métal intéressant: Il comporte toujours 50 protons mais on connaît
39 isotopes différents de l’étain dont 10 qui sont stables. Ces isotopes stables de l’étain
ont entre 62 et 74 neutrons…

43
Atomes, isotopes et… Éléments
• Les isotopes d'un élément chimique partagent donc le même
nombre de protons mais un nombre de neutrons différent…
• On peut maintenant faire la distinction entre ÉLÉMENT et
ATOME : Un élément chimique est la somme de toutes
les combinaisons d’atomes qui ont en commun d’avoir le même
nombre de protons dans leurs noyaux.

ÉLÉMENT = Σ ISOTOPES Carbone 12 (12C) Carbone 13 (13C) Carbone 14 (14C)

Par exemple, le carbone est un élément qui


compte trois isotopes naturels. Chacun de ces
isotopes a un noyau contenant 6 protons et peut
contenir 6, 7 ou 8 neutrons.

44
Les isotopes naturels du carbone
• Un atome de carbone compte 6 protons…sinon ce n’est pas du carbone!

• Carbone 12 : 6 neutrons, isotope stable qui représente 98,9% de l’abondance naturelle.


• Carbone 13 : 7 neutrons, isotope stable qui représente 1,1% de l’abondance naturelle.
• Carbone 14 : 8 neutrons, isotope instable et radioactif présent à l’état de traces (0,000000000001%)

45
Datation au carbone-14
• Il est possible de dater de la matière organique Demi-vie du carbone-14
d’origine animale ou végétale (contenant du carbone) La quantité de l’isotope radioactif 14C
diminue de 50% à chaque période de
avec l’isotope radioactif 14C à condition d’accepter les 5730 ans…
hypothèses suivantes…
• Le ratio de 14C/12C est le même aujourd’hui qu’il ne l’était jadis
5730 ans
• L’apport de carbone à un organisme vivant cesse à sa mort
• La demi-vie du 14C est de 5730 ± 40 ans…
11460 ans

• En quantifiant le ratio 14C/12C avec des équipements de 17190 ans

haute précision, on pourra ainsi dater l’âge d’une


relique, d’un os, de cendres, d’une graine ou de toute
matière organique ancienne qui contient du carbone…
Jusqu’à environ 50 000 ans. Au-delà de cette limite, la
mesure devient trop imprécise puis impossible. On
devra utiliser d’autres techniques de datation…

Désolé, pas applicable pour les dinosaures!


Fin du crétacé : 65 000 000 d’années
46
Datation au carbone-14
A.D. : L’Anno Domini (naissance du Christ)
AP : signifie avant le présent (1er janvier 1950!)

Grotte de Lascaux (21500 AP)


La découverte de grains de pollen de maïs
dans les sédiments du Lac Crawford (Ontario)
ont permis de révéler l’existence d’un grand
Suaire de Turin village iroquoien à proximité du lac, de le
(1325 ± 60 A.D.) retrouver et de dater le début de l’occupation
autour de 1430 A.D.

En 1991, on a découvert Ötzi, les restes d’un homme momifié


naturellement sur un glacier des Alpes, ce qui permettra d’en apprendre
beaucoup sur la période où il vécut, soit le néolithique (5300 AP)

47
TABLEAU PÉRIODIQUE DES ÉLÉMENTS

groupe
période

48
Nombre atomique et masse atomique
Nombre atomique de
l’élément: Le noyau Masse atomique du chlore (uma)
atomique du chlore Masse molaire du chlore (g/mol)
contient 17 protons

Symbole de
l’élément : Cl
Nom de l’élément: Chlore

Chlore

Comment calcule-t-on la masse atomique du chlore? Il existe 24 isotopes de chlore mais seuls 2
isotopes (35Cl et 37Cl) sont stables et comptent pour la totalité de ce qui est observé autour de nous:
75,77% du chlore est du 35Cl
24,23% est du 37Cl
Moyenne pondérée des masses molaires : (0,7577 X 34,969) + (0,2423 X 36,966) = 35,453

49
TABLEAU PÉRIODIQUE DES ÉLÉMENTS : LES GROUPES
Gaz rares
Halogènes (Gaz inertes)
Métaux alcalins
Métalloïdes
Métaux alcalino-terreux Non-métaux

Métaux pauvres
Métaux de transition

Lanthanides

Actinides
50
Électronégativité
• L’électronégativité est une caractéristique physique propre
à chaque élément. Elle représente la force avec laquelle le
noyau de l’atome exerce son attraction sur les électrons de
sa dernière couche électronique.
• Plus la valeur d’électronégativité est grande…
• plus il est difficile d’arracher un électron à l’atome
• plus il est facile de s’approprier un électron d’un atome voisin.
• Règle générale (et pas du tout absolue!)…
• Dans une même période (période : rangée horizontale du TPE),
l'électronégativité augmente de gauche à droite…
• Dans un même groupe (groupe: colonne verticale du TPE),
l'électronégativité augmente du bas vers le haut…

51
Les gaz rares n'ont pas de
valeur d’électronégativité
car ces éléments ne
cherchent pas à attirer ou
libérer des électrons étant
donné que leur dernière
couche électronique est
saturée.

52
Les liaisons chimiques…
Ou quand les atomes rêvent de stabilité
Peu importe leur nature, tous les atomes cherchent à atteindre la stabilité, à se
rapprocher de la configuration du gaz inerte du groupe VIII du tableau périodique le
plus près de leur structure.
Pour atteindre cette stabilité, il faut que leur dernière couche électronique soit
remplie en entier par les électrons de valence. Certains atomes auront ainsi
tendance à partager, à donner ou à gagner des électrons pour y arriver.
Une liaison chimique est le transfert ou le partage d’un ou plusieurs électrons entre
les atomes afin d’atteindre cette stabilité.

« Représentations de Lewis »
L’hélium et le néon, deux
gaz rares, sont stables et
inertes car leur couche de
valence est complète

53
Types de liaisons entre les atomes
• A partir des valeurs d’électronégativité (E) des deux atomes impliqués
dans une liaison chimique, on peut déterminer le type de liaisons qui
se forme entre eux grâce à la différence des valeurs
d’électronégativité:

• Si E = 0,4 – 2,0 : Lien covalent à caractère ± polaire


• Si E > 2,0 : Lien ionique
• Si E élevé (pour les 2 atomes) et E < 0,4 : Lien covalent
• Si E faible (pour les 2 atomes) et E < 0,4 : Lien métallique

54
Liaisons covalentes
La liaison covalente implique un partage d'électrons entre deux atomes. Ce type
de liaison apparaît principalement lorsqu’une molécule est formée de deux non-
métaux, de deux atomes identiques ou lorsqu'un non-métal se lie avec l'hydrogène.

La liaison covalente se produit lorsque la différence d'électronégativité entre les


deux atomes est petite. Le nombre d'électrons partagés peut varier selon les
atomes liés ensemble: il peut y avoir un, deux ou même trois doublets d'électrons
partagés.

55
Liaisons ioniques
La liaison ionique implique un transfert d'électrons d’un atome à un autre. Ce
type de liaison apparaît principalement lorsqu’une molécule est formée d’un
métal et d’un non-métal.

La liaison ionique se produit lorsqu’un atome de plus faible électronégativité


perd un ou des électrons au profit de l’autre atome, qui est de plus forte
électronégativité. Il y a alors formation d’ions (cations et anions).

Atome de sodium Atome de chlore ion sodium ion chlorure


11 protons 17 protons 11 protons 17 protons
11 électrons 17 électrons 10 électrons 18 électrons

56
Liaison covalente ou ionique ?

Liaison covalente Liaison covalente Liaison ionique


non-polaire polaire Transfert d’électrons
Partage égal d’électrons Partage inégal d’électrons

Différence d’électronégativité

Valeurs d’électronégativité
de quelques éléments
Quel type de lien trouve-t-on entre…

• Deux atomes d’azote (N) ?


E = 3,04 – 3,04 = 0

• Entre le carbone (C) et l’oxygène (O) ?


E = 3,44 – 2,55 = 0,89

• Entre le potassium (K) et le fluor (F) ?


E = 3,98 – 0,82 = 3,16

57
Liaisons métalliques
Dans le cas des liaisons métalliques, un grand nombre de noyaux atomiques viennent
s’organiser et forment un réseau cristallin structuré.
Naviguant dans ce squelette de structure cristalline, les électrons de valence sont libérés
(électrons libres), sont mis en commun pour tous les atomes et circulent constamment de
façon aléatoire dans la structure.
Les liens métalliques se forment dans les métaux et les alliages (combinaison de métaux
obtenus par fusion). On comprend ainsi pourquoi les métaux sont de bons conducteurs!

58
Qu’est-ce qu’une mole?
• Quand il s’agit d’atomes, les nombres sont souvent démesurés! Par exemple, une
petite assiette à tarte de 5’’ en aluminium (170 grammes) contient environ de …
3 254 286 000 000 000 000 000 000 atomes d’aluminium… 3,254286 X 1024… Un
nombre pas commode à utiliser pour les calculs!
• Pour simplifier le passage de l’échelle atomique à l’échelle macroscopique, nous
avons une clé, c’est le Nombre d’Avogadro (NA) : NA = 6,02214076 X 1023 mol-1
• Ainsi, on pourra exprimer plus commodément que cette assiette d’aluminium de
170 grammes contient en fait 5,404 moles d’aluminium.
• La mole (symbole: mol) est la quantité de matière contenant exactement le
Nombre d’Avogadro (6,02214076 X 1023) d’entités élémentaires. Ces entités
élémentaires peuvent être des atomes, des ions ou bien des molécules

Cette petite assiette en aluminium


de 170 grammes contient environ
5,404 moles d’aluminium !

59
Conversion : moles ↔ grammes

Sel de table (NaCl)


Valeurs trouvées
Masse molaire du sodium (Na) : 22,99 g/mol dans le tableau
Masse molaire du chlore (Cl) : 35,45 g/mol périodique des
éléments

1 mole de NaCl = 58,44 g de NaCl

Dans 1 mole de sel de table, il y a donc…


6,02214076 X 1023 ions Na+ et 6,02214076 X 1023 ions Cl-
qui forment ensemble 6,02214076 X 1023 molécules de NaCl

60
Représenter une molécule organique et calculer sa masse molaire

Formule brute de la caféine


C8H10N4O2

Masse molaire de la caféine (C8H10N4O2):


(8 X 12 g/mol) + (10 X 1 g/mol) + (4 X 14 g/mol) + (2 X 16 g/mol) = 194 g/mol

61
Chimie minérale et chimie organique

C’est la chimie minérale ! C’est la chimie du carbone !


INORGANIQUE ORGANIQUE
Permanganate (KMnO4) Sucre (C11H22O11)
Sel (NaCl) Acide citrique (C6H8O7)
Vitamine C (C6H8O6)
Plâtre (CaSO4) Éthanol (C2H5OH)
Acide sulfurique (H2SO4) Pipérine (C17H19NO3)
Sable (SiO2)
Propane (C3H8)
Les composés de carbone qui n’ont aucun lien C-H sont considérés comme
Borax (Na2B4O7) inorganiques (ex. CO2), de même que certains sels dont l’anion comporte
tout de même un carbone (ex. NaHCO3)

62
Composés organiques vs inorganiques
VS
Organiques Inorganiques

• Sont formés de liaisons covalentes, ou à caractère • Sont formés de liaisons ioniques, ou à caractère
covalent dominant; ioniques dominant;
• Sont rarement solubles dans l’eau, et encore plus • Sont souvent des électrolytes, solubles dans l’eau;
rarement des électrolytes;
• Ont souvent des points de fusion et d’ébullition élevés,
• Ont souvent des points de fusion et d’ébullition bas, beaucoup sont des solides à température ambiante;
beaucoup sont des gaz ou des liquides à
température ambiante • Ont des masses volumiques variables et souvent
grandes (métaux);
• Ont le plus souvent une masse volumique voisine
de l’unité; • Sont rarement combustibles.

• Sont presque tous des combustibles; • Ont généralement une grande stabilité thermique
(matériaux réfractaires);
• Sont facilement décomposé par la chaleur; peu
résistants à une température de plus de 500 °C. • Les réactions sont souvent rapides, irréversibles et
totales;
• Les réactions sont souvent lentes, réversibles et
incomplètes; • Les réactions ont le plus souvent des effets
thermiques forts (endothermiques ou exothermiques);
• Les réactions ont le plus souvent des effets
thermiques faibles (faible différence d’énergie entre
état initial et état final);
Classification des composés organiques
selon leur groupe fonctionnel

Autres groupes fonctionnels:

• Alcyne • Hydroxylamine • Thiocarbonate


• Anhydride • Imide • Thioguanadinium
• Azo • Nitrile • Thiol
• Carbamate • Nitro • Thioether
• Carbonate • Nitroso • Vinyle
• Disulfure • Peroxyde • Et bien d’autres…
• Ether • Persulfate
• Guanidinium • Phosphate
• Halogénure • Sulfone
• Hydrogénocarbonate • Sulfoxyde
• Halogénure d’acide • Thiocarbamate
Réactions chimiques
• Réaction chimique : Processus au cours duquel des espèces
chimiques (les réactifs) se transforment et donnent naissance à
d’autres espèces chimiques (les produits): Il y a donc forcément
des liens entre atomes qui se brisent et d’autres qui se forment
pendant une réaction chimique

• Stœchiométrie de la réaction chimique (2 règles de base)


• Au cours de la réaction chimique, il n’y a ni création ni
Antoine-Laurent Lavoisier
disparition de matière. Lavoisier, père de la chimie (1743-1794)
moderne, résume bien sa pensée en disant que…
«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme»
• Dans les réactions chimiques, les noyaux des atomes
n’interviennent pas, ils demeurent inchangés… Tout est
donc uniquement affaire de mouvements d’électrons…
« La nature des atomes n’est pas affectée »

65
Équation chimique d’une réaction
Première étape: Équilibrer les équations!

La combustion du butane C4H10

Réactifs Produits

La réaction du sulfate de sodium Na2SO4 avec le chlorure de calcium CaCl2

Na2SO4 + CaCl2 → 2NaCl + CaSO4


Réactifs Produits

66
Équation chimique d’une réaction

La combustion du butane

1 mole 6,5 moles 4 moles 5 moles


58 g/mol 32 g/mol 44 g/mol 18 g/mol
58 g 266 g 208 g = 176 g 266 g 90 g

La réaction du sulfate de sodium avec le chlorure de calcium

Na2SO4 + CaCl2 → 2 NaCl + CaSO4


1 mole 1 mole 2 moles 1 mole
142 g/mol 111 g/mol 58,5 g/mol 136 g/mol
142 g 253 g 111 g = 117 g 253 g 136 g
67
Réactions irréversibles et réactions réversibles
• Une réaction irréversible, ou complète, est une
réaction qui ne peut se produire que dans un sens,
des réactifs vers les produits. Elle s’interrompt
lorsqu’au moins un des réactifs s'est complètement
transformé en produits. Le meilleur exemple d’une
réaction irréversible serait la combustion d’un
bûche de bois dans un feu de camp.

• Une réaction réversible, ou​incomplète, est une


réaction qui peut se produire dans le sens direct
autant que dans le sens inverse. Au même endroit et
au même moment, les réactifs se transforment en
produits alors que les produits se transforment en
réactifs. À l’échelle macroscopique, on dirait qu’il
ne produit plus rien… En réalité, nous avons atteint
un équilibre

68
Réaction réversible ou irréversible ?

La combustion du gaz propane C3H8… est une réaction irréversible


C3H8 + 5 O2 3 CO2 + 4 H2O

La formation de chlorure d’ammonium NH 4Cl… est une réaction réversible


NH3 + HCl NH4Cl

Réaction
réversible ou
non-réversible?

69
Loi d’action de masse
(Loi de l’équilibre)

• La Loi d’action de masse s’applique


uniquement aux réactions réversibles…
• La Loi d'action de masse stipule qu’après
un certain temps, un équilibre va s’établir:
Il y a dès lors autant de molécules de réactif
qui se transforment en produit qu’il y a de
molécules de produit qui redeviennent du
réactif… À l’œil nu, on a l’impression que plus
rien ne se passe!
• Les concentrations des réactifs et produits dD
à l’équilibre peuvent être décrites et
calculées par la constante d’équilibre (Kc)

70
Loi d’action de masse
(loi de l’équilibre)
Soit une équation générale : aA + bB ⇌ cC + dD

Kc =

Kc : Constante d'équilibre en fonction des concentrations


[C] et [D] : concentrations molaires des produits (mol/L)
[A] et [B] : concentrations molaires des réactifs (mol/L)
a,b,c,d : coefficients dans l’équation chimique balancée

Si Kc > 1, la réaction favorise les produits


Si Kc < 1, la réaction favorise les réactifs
Si Kc ≈ 1, le système ne favorise pas plus les réactifs que les produits

Notes:
1) Kc est un nombre adimensionnel
2) Le système doit être homogène
3) Exclut les solides formés par précipitation
4) Exclut les termes Invariables tel que H2O
5) La constante d’équilibre varie selon la température

71
Principe de Le Chatelier
• Le Principe de Le Chatelier stipule que si on modifie les conditions d’un système à
l’équilibre, celui-ci va réagir pour s’opposer partiellement au changement jusqu’à
l’obtention d’un nouvel équilibre. Ainsi, il y aura un déplacement de l’équilibre… et
ultimement l’atteinte d’un nouvel équilibre si…
• Si on change la température ou la pression du milieu réactionnel
• Si on change la ajoute un réactif ou retire un produit du milieu réactionnel

72
Le Principe de Le Chatelier dans l’environnement:
L’exemple de l’acidification des océans

73
Soluté + Solvant = Solution

• Pour le chimiste, créer une solution consiste à


dissoudre un matériau (soluté) dans un autre
(solvant) pour en faire un mélange, la solution!
• Dans le domaine de l’environnement, le solvant est
pratiquement toujours de l’eau (H2O)
• Il y a une limite maximale de solubilité au–delà de
laquelle l’ajout de soluté additionnel à une solution
qui est à saturation se traduit par le dépôt solide du
soluté en excédent.
• La température joue un rôle très déterminant en
matière de solubilité et de saturation: Si une partie du
solvant s’évapore ou si la température diminue, une
solution qui est saturée peut éventuellement devenir
sursaturée et la cristallisation du soluté peut survenir
rapidement.

74
La solubilité maximale du chlorure de sodium (NaCl) est
de 358,5 g/L dans l’eau à 20°C

Solution non-saturée
[ 300 g/L NaCl ]

Solution saturée
[ 400 g/L NaCl ]

4,15 grammes de NaCl non-


dissout reposent au fond du
contenant

75
Constante du produit de solubilité

• La constante du produit de solubilité (Kps) est la constante


d'équilibre associée à l'ionisation d’un sel, d’un composé ionique
peu soluble dans l'eau.
• Certains solides sont plus solubles que d'autres. Cette différence
résulte de leurs solubilités respectives, une propriété
caractéristique qui correspond à la quantité maximale de soluté
qui se dissout dans un volume donné de solvant.
• Une solution saturée contenant un dépôt solide de soluté est un
exemple de système à l'équilibre.
• Cette constante ne peut s'exprimer que pour les composés
ioniques relativement peu solubles puisqu’il faut atteindre et
dépasser la saturation
76
Constante du produit de solubilité

• En se basant sur la concentration des ions obtenus lors de la


dissociation électrolytique, on peut établir la constante du
produit de solubilité (Kps):
Soit une équation générale :

XnYm(s) ⇌ nX+(aq) + mY-(aq)

Kps = [X+]n [Y-]m

Kps : Constante de produit de solubilité


[X+] et [Y-] : Concentrations des ions à l’équilibre (mol/L)
n et m : Coefficients des ions dans l’équation balancée
77
Plus la valeur de Kps est grande, plus la substance est soluble dans l’eau. Ce
tableau ci-dessous regroupe plusieurs sels métalliques qui sont
relativement peu solubles:

Un soluté est dissout dans un


Eau
solvant pour éventuellement
former une solution
Solution
saline

Sel
insoluble

INSOLUBLE SOLUBLE

78
ammonium

acétate

nitrate

chlorure

bromure

iodure

Sulfate

sulfite

sulfure

carbonate

hydroxyde

phosphate

chromate

79
Réactions d’oxydoréduction
• Une réaction d'oxydoréduction est une réaction qui implique un échange
d'électrons entre des réactifs.
• Les réactions d'oxydoréduction survenant autour de nous sont très
nombreuses! Combustion, corrosion, photosynthèse, respiration cellulaire,
fermentation, décomposition de la matière organique, métabolisme des
microorganismes, réactions enzymatiques, digestion, bioluminescence…
Autant d’exemple de réactions d’oxydoréduction!
• L’oxydoréduction implique deux demi-réactions simultanées:
• Une demi-réaction d'oxydation où un atome perd un ou plusieurs électrons
• Une demi-réaction de réduction où un atome gagne un ou plusieurs électrons
RÉDUCTION
Gain d’électron(s)

OXYDATION
Perte d’électron(s)
Demi-réactions simultanées d’oxydation et de réduction

Demi-réaction d’oxydation Demi-réaction de réduction

• Perte d’un ou plusieurs électrons • Gain d’un ou plusieurs électrons


• Dans l’équation, les électrons se trouvent • Dans l’équation, les électrons se trouvent
du côté des produits du côté des réactifs
• La substance qui donne des électrons est • La substance qui accepte des électrons est
l’agent réducteur ou dit autrement, la l'agent oxydant ou, dit autrement, la
substance oxydée… substance réduite…

Exemples de demi-réactions d’oxydation Exemples de demi-réactions de réduction


Mg(s) → Mg2+(aq) + 2 e- Fe3+(aq) + 1 e− → Fe2+(aq)

Cu+(aq) → Cu2+(aq) + 1 e- Cu+(aq) + 1e− → Cu(s)

Al(s) → Al3+(aq) + 3 e- Al3+(aq) + 3 e− → Al(s)

81
Équation globale de l’oxydoréduction
• L’équation globale (complète) de l’oxydoréduction consiste donc en la combinaison
d’une demi-équation d’oxydation avec une demi-équation de réduction. C’est un
échange simultané d'électrons entre deux réactifs, un étant l’agent oxydant (celui qui
gagne des électrons) et le second l’agent réducteur (celui qui perd des électrons).
• Dans la réaction d'oxydoréduction, l'oxydant et le réducteur forment ainsi un couple
lié par un échange d'électrons.

Équation d'oxydation : Al(s) → Al+++(aq) + 3 e−


Équation de réduction: Cu+(aq) + 1e− → Cu(s)

Attention! Il y a 3 électrons échangés


Équation d'oxydation : Al(s) → Al (aq) + 3 e
+++ − dans une des demi-réactions et un seul
dans l’autre… Il faut donc équilibrer le
Équation de réduction: 3 Cu+(aq) + 3e− → 3Cu(s)
________________________________________ tout! Le nombre d‘électrons doit être
égal dans les 2 demi-équations…
Al(s) + 3 Cu+(aq) → Al+++(aq) + 3 Cu(s)

82
Nombre d’oxydation
• Nombre d'oxydation (ou degré d'oxydation ou spéciation) : Charge relative d'un atome.
Le nombre d’oxydation est une indication du nombre d'électrons gagnés ou perdus en
comparaison de l’état fondamental de l’élément.
• Par convention, un élément dans son état fondamental a le nombre d'oxydation de
zéro (0). Par exemple, dans une barre de fer pur (métal), les atomes sont au départ du
Fe0 . Avec le temps et l’action de H2O et de O2, surviennent des réactions d’oxydation du
fer… Plusieurs atomes de fer perdent deux puis trois électrons pour devenir du Fe2+ ou
du Fe3+… Aussi notés fer(II) et fer(III). L’eau et l’oxygène, eux, récupèrent ces électrons
et subissent donc une réduction… Ultimement, le résultat de ces réactions
d’oxydoréduction naturelle et bien connue sera… la rouille (Fe 2O3)!
• Le nombre d’oxydation devient positif lorsqu’il y a perte d’électrons. C’est le cas par
exemple des métaux tel que le manganèse qui peut devenir Mn 2+, Mn3+, Mn4+, Mn5+,
Mn6+ et même Mn7+
• Le nombre d’oxydation devient négatif lorsqu’il y a gain d’électrons. C’est le cas par
exemple des halogènes (F-, Cl- , Br- , …) ou de l’oxygène (O2-)

83
Potentiel de réduction
Potentiel de réduction (E0) : Le potentiel de réduction correspond à la capacité
relative d'un élément à accepter des électrons, en comparaison avec l’espèce H+
(aq) dans la réaction suivante: 2H (aq) + 2e ⇌ H2(g)
+ −

Le potentiel que possède un élément afin de recevoir un ou plusieurs électrons


est évalué en volts (V). On a fixé arbitrairement la valeur de l'hydrogène de la
réaction indiquée plus haut à 0,00 Volts.
• Toutes les espèces qui sont des meilleurs accepteurs d'électrons et donc de
meilleurs oxydants que H+(aq) posséderont un potentiel de réduction positif car
supérieur à celui de l'hydrogène (E0 > 0,00 V)
• Toutes les espèces qui sont plutôt des bons donneurs d’électrons et donc de
meilleurs réducteurs que H+(aq) posséderont au contraire un potentiel de
réduction négatif car inférieur à celui de l'hydrogène (E0 < 0,00 V).

Il y a des tables de potentiel de réduction (E0) disponibles qui pourront être


consultées afin de déterminer quel est le potentiel de réduction de telle ou telle
demi-réaction…

84
85
Pile galvanique ou cellule électrolytique ?
Pour qu'une réaction spontanée d'oxydoréduction se
produise naturellement entre deux métaux, il faut que le
réducteur le plus fort soit à l'état solide et que le plus
faible soit sous forme d'ions en milieu aqueux…
Ainsi, une plaque de zinc en présence d'ions cuivre en
solution produira une réaction spontanée (une pile
galvanique). À l’inverse, une plaque de cuivre en
présence d'ions zinc en solution, demeurera inerte…À
moins de former une cellule électrolytique, c’est-à-dire
d’y apporter un apport externe d'énergie électrique.
Comment sait-on cela? On regarde une table des
potentiels de réduction!

Pile galvanique (spontané) Cellule électrolytique (forcé)

ZnSO4(aq)

Zn(s) → Zn2+SO42-(aq) + 2 électrons oxydation - 0,76


V
Cu2+SO42-(aq) + 2 électrons → Cu(s) réduction + 0,34
V
86
Zn(s) + Cu2+SO42-(aq) → Zn2+SO42-(aq) + Cu(s)
ACIDES ET BASES
Svante A. Arrhénius (1894)
Acide : Substance qui libère des protons (H+)
Base : Substance qui libère des hydroxyles (OH-)

Joannes Brǿnsted et Thomas Lowry (1923)


Acide: Substance capable de donner un/des proton(s) à une autre substance
Base: Substance capable d’accepter un/des proton(s) provenant d’une autre substance
Réactions acidobasiques
Dans l’environnement, pratiquement
toutes les réactions acidobasiques font
directement intervenir l’eau.

L’eau est une molécule extraordinaire à


plusieurs égards, dont le fait que ce
soit une molécule amphotère, ce qui
signifie que H2O peut agir autant
Ion hydronium Ion hydroxyde
comme un acide et donner un proton (H3O+) (OH-)
que comme une base et recevoir un Souvent présenté
comme H+
proton!

88
Acides forts et acides faibles…
• Il existe plusieurs acides faibles qui se • Les principaux acides forts qui se dissocient
dissocient partiellement dans l’eau: complètement dans l’eau sont:
• Acide sulfureux (H2SO3) • Acide sulfurique (H2SO4)
• Acide hypochloreux (HOCl) • Acide chlorhydrique (HCl)
• Acide fluorhydrique (HF) • Acide nitrique (HNO3)
• Acide borique (H3BO3) • Acide bromhydrique (HBr)
• Acide cyanhydrique (HCN) • Acide iodhydrique (HI)
• Plusieurs acides organiques … • Acide chlorique (HClO3)
• Acide formique (CH2O2) • Acide perchlorique (HClO4)
• Acide acétique (C2H4O2)
Un acide fort a une constante de
• Acide lactique (C3H6O3)
dissociation acide Ka > 100
• Acide malique (C4H6O5)
• Acide citrique (C6H8O7)
• Acide benzoïque (C7H6O2)
• Etc…
• On notera que diverses substances
minérales ou organiques ont
également un caractère acide plus
ou moins prononcé dans l’eau
89
Bases fortes et bases faibles…
• Il existe plusieurs bases faibles qui se • Les principales bases fortes qui se dissocient
dissocient partiellement dans l’eau : complètement dans l’eau sont:
• Ammoniac (NH3) • Hydroxyde de sodium / Soude caustique (NaOH)
• Méthylamine (CH5N) • Chaux vive (CaO) et chaux éteinte Ca(OH)2
• Pyridine (C5H5N) • Hydroxyde de potassium (KOH)
• Etc. • Hydroxyde de lithium (LiOH)
• Hydroxyde de strontium ( Sr(OH)2 )
• Etc.

Une base forte a une constante de


dissociation acide Kb > 100

90
Équilibre : Constante de dissociation

Il y a un équilibre qui s’établit entre les concentrations de [H3O+] et de [OH-] dans


l’eau. Cet équilibre est décrit grâce à la constante de dissociation (Kw) de l’eau :

Kw = [OH−] · [H3O+]
(avec les concentrations exprimées en mol/L)

Cette constante de dissociation est dépendante et varie selon la température.


Toutefois, on utilise souvent la température de référence de 25°C., pour laquelle
la valeur de Kw est de 1,0 × 10−14 :

à 25° C.

91
à 25° C.

[OH−] = [H3O+] = 1 X 10-7 mol/L


pH 7 (neutre)

92
L’échelle de pH est logarithmique

!
mique
th
logari
elle
Éch

ACIDE (pH < 7) NEUTRE (pH = 7) BASIQUE (pH > 7)


[H3O ] > 1 X 10 mol/L
+ -7
[H3O ] = 1 X 10 mol/L
+ -7
[H3O+] < 1 X 10-7 mol/L

93
Réactions acidobasiques : Neutralisation
Que se passe-t-il lorsqu’il y a mélange d’un acide et d’une base?
Il y a une réaction de neutralisation et il en résulte un sel !

Acide Soude Chlorure


chlorhydrique caustique de sodium

94
(ECO)TOXICOLOGIE

95
Écotoxicologie
L’écotoxicologie est l’étude des effets toxiques des agents chimiques ou
physiques, d’origine anthropique, sur les organismes vivants et les
communautés; Elle s’intéresse également aux voies de dispersion/circulation
de ces agents ainsi que de leurs interactions avec l'environnement et leur
devenir.

L’écotoxicologie est une jeune discipline scientifique située à l’interface entre


l’écologie, la chimie et la toxicologie… Créée vers 1970, elle est issue de la
prise de conscience des impacts des substances chimiques et des rejets
toxiques sur l'environnement et sur les humains, notamment à la suite
d’événements tragiques :
• Maladie de Itaï Itaï (Intoxication au cadmium) des citoyens de Toyoma (Japon)
• Maladie de Minamata (Intoxication au mercure) des citoyens de Minamata (Japon)
• Effets sévères du DDT sur diverses espèces animales et sur la santé humaine

96
Nuisance, contaminant ou polluant ?
Nos définitions…

• Nuisance: Terme très général qui illustre le caractère nuisible d’une


chose, un écart entre la situation existante et une situation « normale »,
souhaitée. Une nuisance peut donc être un bruit, une lumière, une
odeur, un obstacle physique ou visuel, une radiation, une substance,…

• Contaminant: Substance dont la concentration est plus grande que celle


observée dans l’environnement normal

• Polluant: Contaminant d’origine anthropique qui pose des problèmes


directs ou indirects démontrés à l’environnement

• Micropolluant: Polluant présent dans l’environnement à très faible


concentration (µg/L voire ng/L) mais pouvant néanmoins engendrer
des effets négatifs sur les organismes vivants.

97
Concentrations
• Concentration exprimée en (m/m), (m/v) ou (v/v)?
En anglais : (w/w), (w/v) or (v/v)

• ppm (partie par million) = 10-6 = 1 µg/g = 1 mg/L


• ppb (partie par milliard) = 10-9 = 1 ng/g = 1 µg/L
• ppt (partie par billion) = 10-12 = 1 pg/g = 1 ng/L
En anglais: ppm (part per million), ppb (part per billion), ppt (part per trillion)

1 cube de sucre dans une piscine olympique ≈ 1 µg/L ≈ 1 ppb


1 grain de sel dans une piscine olympique ≈ 1 ng/L ≈ 1 ppt

98
Teneurs chimiques
Principales expressions de la concentration en écotoxicologie, chimie et génie environnemental

Masse/Volume Masse/Volume Masse/Masse Volume/Volume


Proportions
(eau, sang) (air) (sol, tissus biol.) (effluent, air)

100% = 1 kg/l --- kg/kg l/l

0,1% = 103 g/l --- g/kg ml/l

ppm = 106 mg/l --- mg/kg μl/l


partie par million

ppb = 109 μg/l mg/m3 μg/kg ---


partie par milliard

ppt = 1012 ng/l μg/m3 ng/kg ---


partie par billiard

ppq = 1015 pg/l ng/m3 pg/kg ---


partie par trilliard

Légende
mg (milligramme), μg (microgramme), ng (nanogramme), pg (picogramme)
1000 litres = 1 mètre cube
Biodisponibilité et persistance
• Biodisponibilité: Capacité d’une substance à interagir avec les organismes
vivants. Dépend de la nature du polluant, de son devenir et de la physiologie
de l’organisme vivant.

• Persistance (substances organiques): Capacité d’une substance de résister à


sa dégradation chimique, physique ou biologique. Plusieurs composés
organiques peuvent mettre des décennies à se dégrader et certains sont
mêmes qualifiés d’éternels!

• Persistance (substances inorganiques): Les éléments chimiques tels que les


métaux peuvent changer de spéciation (Par exemple, ils s’oxydent) mais ils
conservent néanmoins leur identité. Les métaux lourds et autres éléments
sont donc éternellement persistants. Les seules exceptions sont les éléments
radioactifs car ils subissent des transformations nucléaires

100
Produits de dégradation
• Un polluant organique peut être persistant, stable dans le temps mais la
grande majorité finissent par se dégrader ou se transformer en d’autres
composés chimiques, divers produits de dégradation. Quand on étudie un
polluant, on doit donc tenir compte de la substance elle-même mais aussi
de son devenir, des sous-produits qu’il va engendrer car ceux-ci peuvent
aussi être toxiques.

• Une fois entré dans l’organisme par voie cutanée, par inhalation ou par ingestion,
certains polluants vont subir des biotransformations et devenir des métabolites qui
sont souvent moins toxiques et plus facilement à éliminer. Toutefois, certains
métabolites peuvent parfois être plus toxiques que le polluant lui-même… C’est le cas
des HAP et de l’herbicide Malathion par exemple.

• Les réactions de dégradation surviennent abondamment dans le milieu par l’action des
microorganismes et par d’autres voies. Ces réactions se produisent dans les sols, les
sédiments, l’eau ou l’air. En général, les substances deviennent moins toxiques avec le
temps mais, encore là, on connaît plusieurs exemples de substances qui au contraire
deviennent plus toxiques lorsqu’elles se décomposent…

101
Transfert des contaminants dans les organismes vivants
• Il peut y avoir une perturbation de l’équilibre entre l’absorption et l’excrétion
d’un polluant dans un organisme vivant. Certains composés sont difficiles à
métaboliser et donc difficile à excréter…
• Cela cause une augmentation progressive de la concentration de la substance
dans le corps de l’individu (ou de l’animal) qui l’ingère et se trouve en contact
avec elle: Il y aura bioaccumulation (dynamique) ou bioconcentration (passif)
selon qu’on tient compte de l’ingestion ou pas.

TEMPS

102
Bioamplification
Augmentation de la teneur en polluant au fur et à mesure que l’on s’élève dans
la chaîne alimentaire (chaîne trophique): Plusieurs espèces sont impliquées.

103
Substances bioaccumulables
Les substances bioaccumulables sont notamment les substances lipophiles
(substances qui «aiment » les graisses)… Ce sont par conséquent les pires
polluants, ceux qui s’accumulent bien dans les chaînes alimentaires! Les
polluants organiques persistants (POP) incluent plusieurs molécules halogénées
(fluor, chlore, brome) qui entrent dans la catégorie des contaminants lipophiles…

104
Coefficient de partage octanol-eau (K ow)
Le caractère lipophile d’un polluant est quantifié par un paramètre
expérimental assez simple, le coefficient de partage octanol/eau.

Procédure expérimentale: Dissoudre une quantité de soluté dans un


mélange des deux solvants (octanol et eau). Mesurer ensuite la
quantité de soluté dans chacun des solvants. La valeur s’exprime
comme un rapport de la fraction dans le n-octanol sur celle dans l’eau.

N-octanol: Alcool sécuritaire, non-miscible dans l’eau et ayant une longue chaîne carbonée
analogue à de l’huile

105
Kow élevé: Peu soluble dans l’eau mais soluble dans le gras…

• Produits ignifuges polybromés (PBDE)


• Biphényles polychlorés (BPC)
• Hydrocarbures aromatiques polycliques (HAP)
Connaissez-vous l’effet
• Dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) sauterelle?

Ivujivik, village inuit du Nunavik Bélugas dans le fleuve St-Laurent

106
Toxicité
• Toxicité chronique : Les effets néfastes se manifestent après une exposition
répétée, sur une longue durée, à une faible concentration de substance.
• Toxicité aigüe : Les effets néfastes se manifestent après une exposition unique,
sur une courte durée, à une forte concentration de substance.

• Cancérigènes Système
• Reprotoxiques endocrinien
• Mutagènes (Hormones)
• Tératogènes
• Dommages aux organes (foie, reins, etc.)
• Dommages neurologiques
• Effets immunitaires
• Désordres de développement
• Perturbation des fonctions endocriniennes
• …

107
Toxicité
• DL50 : Dose de substance, administrée en une seule fois, qui cause la mort de 50%
du groupe d’animaux d’essai.
• La DL50 est exprimée par unité de masse (mg/kg), et on mentionne l’espèce
animale (ex. rat, souris) et la voie d’administration (ex. cutanée, orale,…)
• Quelques exemples de DL50 (rat, voie orale):

• En écotoxicologie, on préfère toutefois parler davantage de CL50 (concentration


létale pour 50% des sujets) et de CE20 (concentration où on note un effet pour
20% des individus) plutôt que de DL50 (doses) car c’est plus représentatif de ce qui
se passe réellement dans l’environnement. 108
Oligo-éléments et xénobiotiques
Un oligo-élément est un élément
essentiel à la vie d’un organisme, mais
en quantité très faible. Il existe un
dosage optimal car carence rime avec
déficience tandis qu’un excès peut être à
l’origine d’effets néfastes pour la santé

Un xénobiotique (« étranger à la vie »)


est une substance présente dans
un organisme vivant mais qui lui est
étrangère: Il n'est ni produit par
l’organisme lui-même, ni par son
alimentation naturelle. Les substances
xénobiotiques ne jouent aucun rôle dans
le métabolisme normal.
109
Facteur d’équivalence toxique
Le Facteur d’équivalence toxique (FET) indique l’ordre
de grandeur de la toxicité estimé d’un composé
chimique particulier comparativement à la toxicité du
composé considéré comme le plus toxique :

2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (2,3,7,8-TCDD)
110

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