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Histoire et Science du Savon

Ce document décrit le processus de fabrication du savon par saponification à froid. Il explique les étapes clés de la réaction entre les corps gras, l'eau et la soude pour former le savon, ainsi que l'importance d'une période de séchage après la fabrication.

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Histoire et Science du Savon

Ce document décrit le processus de fabrication du savon par saponification à froid. Il explique les étapes clés de la réaction entre les corps gras, l'eau et la soude pour former le savon, ainsi que l'importance d'une période de séchage après la fabrication.

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Ça mousse, ça nettoie et ça sent bon!

Saponification

Dr Hassi.Z
Un peu d’histoire

Ce sont des écrits datant d'environ 2000 ans av. J.-C qui mentionnent pour la
première fois l'utilisation d'un savon sous forme de pâte faite d'huile végétale,
d'argile et de cendres, pour le nettoyage du linge.

En Europe, ce sont les Gaulois qui les premiers en fabriquèrent à partir de graisses
animales (chèvre et sanglier) et de potasse de cendres de hêtre.
Ils l'utilisaient comme shampoing.

Malgré une tradition du bain très développée, les Romains n'adopteront un produit
similaire qu'au IIème siècle après J.C
Il semble que ce soit à Alep, dans le nord de la Syrie, que fut vraiment créé, vers le VIIIe siècle, le
premier savon dur végétale à base d'huile d'olive, proche de celui qui s'utilise encore aujourd'hui.

La soude utilisée à l'époque provenait de cendres obtenues par la combustion de plantes comme la
salicorne ou la fougère.

Au XIXe siècle, l'industrie du savon est en plein essor et introduit progressivement les huiles de
coprah et de palme dans la fabrication.

A la fin du XXe siècle, le savon est progressivement supplanté par les tensioactifs de synthèse
dérivés du pétrole, sans pour autant disparaître des rayons de produits cosmétiques.
1/ Définition du savon

Un savon est un produit obtenu par l’action d’une base sur un corps gras.

Les savons sont des sels d’acides gras, ces acides gras sont faibles, non stables, sur
lesquels on fait agir une base, aboutissant ainsi à la formation de sels alcalins
solubles dans l’eau de formule générale: (R-COO- + Na+) ou (R-COO- + K+).

Les savons peuvent être liquides, pâteux, ou solides.


2/ La réaction de saponification

La saponification est définie comme la réaction entre un alcali (la lessive) et un corps
gras (huile ou graisse). Les composés formés sont le savon et la glycérine.

Ces deux composants peuvent être séparés mais dans la savonnerie artisanale en général, on ne
procède pas à cette étape étant donné que la glycérine ne gêne pas, au contraire, il donne une
valeur ajoutée au produit fini.

Les savons sont obtenus par réaction de saponification de triesters appelés corps gras
ou triglycérides. L’action de l’hydroxyde de sodium (soude) ou de potassium (potasse) sur le
triester conduit à un carboxylate de sodium (ou de potassium) constituant le savon et à du
propan-1, 2,3-triol (glycérol)
*R est une chaîne carbonée de longueur variable.
Le nombre d'atomes variant en fonction du corps gras utilisé.
- Pour la fabrication de savon solide, c’est la soude (hydroxyde de sodium) qui est
utilisée.

- La potasse (hydroxyde de potassium) sert à la production de savons pâteux ou


liquides (savon noir, savon de Marseille liquide).

- La saponification est une réaction lente mais totale. Elle dégage également une
importante quantité de chaleur : elle est fortement exothermique.
3/ Type de savon
1. Savon suivant l’aspect ou la composition

a. Savon dur
b. Savon liquide

2. Savon suivant la provenance géographique

Savon d’Alep : Le plus ancien savon syrien est à base d’huile d’olive et d’huile des baies de laurier.
Savon de Marseille : Préparé avec de l’huile d’olive et de la soude, contient
l’équivalent de +/- 63% d’acide gras
3. Savon suivant l’usage

• Savon de toilette ou la savonnette : Destiné à l’hygiène du corps.


• Savon de ménage : Pour le nettoyage domestique.
• Savon médical : Avec des apports désinfectants, antiseptiques ou autres.
• Le savon dentifrice : Pour les soins de la bouche
a. Savon dur
Un savon dur est produit à partir de la soude caustique et (un
mélange) des corps gras.
En principe chaque huile peut être utilisée dans la fabrication du
savon dur mais la nature et les caractéristiques des huiles vont
déterminer dans quel pourcentage les huiles devront être utilisées
b. Savon liquide
Un savon liquide est produit à partir de l’hydroxyde de potassium et (un mélange) de
Corps gras.
En Europe le savon mou (savon brun) est fabriqué traditionnellement avec l’huile
de lin. Le procédé mi- chaud est généralement utilisé pour ce type de fabrication.

Ils peuvent prendre la dénomination de gels nettoyants, de shampooings pour le corps,


de base lavante…Ils ne contiennent généralement pas d’antiseptique. Leur formule est celle
des shampooings doux et les tensioactifs utilisés sont choisis parmi les anioniques doux ou/et
les amphotères. Ils sont classés dans la catégorie des produits cosmétiques ou produits
d’hygiènes.

Quelques rares formules de savons liquides chimiques sont effectivement à base de


savon. Le savon, dans ce cas, est un savon de potassium additionné de divers adjuvants :
épaississant, glycérol, et même parfois de détergents
4/ Mécanisme de fabrication du savon

Selon la température de conduite de la réaction de saponification


nous distinguons 3 méthodes différentes de fabrication du savon:
- la saponification à froid
- le procédé semi-chaud de saponification
- le procédé à chaud
• Le procédé à froid

Est un procédé simple qui demande peut de temps et d’énergie .En outre le savon produit contient de la glycérine.
Celui-ci a un effet bénéfique sur la peau et peut contribuer à une bonne conservation de tels savons pendant le
stockage (prévention de la déshydratation).

Les savons produit à froid sont bien solubles et selon la nature du corps gras de départ, moussent abondamment.
Le mélange de corps gras est chauffé dans la chaudière (ou bain marie) jusqu'à une température d'environ 40 °C.

Ensuite on ajoute la solution alcaline nécessaire (par petites portions au


départ), tout en remuant bien dans une seule direction. On travaille avec des solutions
alcalines ayant une teneur de 20 à 35 % de NaOH.
La réaction produit suffisamment de chaleur pour assurer une saponification complète. Les produits
complémentaires de finition (adjuvants, couleur, parfum) sont incorporés quand la réaction a franchement démarré
(le mélange montre alors une consistance analogue à celle du miel).

La masse encore chaude est alors coulée dans de grands moules où a lieu la réaction complète de saponification
• Le procédé semi-chaud

La saponification est aussi simple à réaliser :

- chauffer le (mélange de) corps gras à environ 55 à 70 °C ;


- ajouter (lentement et en petite portion au départ) la solution alcaline nécessaire à la saponification tout en
remuant (la chaleur dégagée lors de la réaction peut provoquer un auto-échauffement du mélange au-delà de
90°C) ;
- laisser refroidir la masse à environ 60°C et y mélanger ensuite les produits auxiliaires ;
- couler le savon dans des moules pour refroidissement définitif (24 à 36 heures).

Les deux procédés mentionnés précédemment en raison de leur simplicité d’exécution et de la qualité du
produit qu’ils peuvent générer sont très indiqués pour la fabrication de savons
améliorés à l’échelle familiale et artisanale
• Le procédé à chaud
Se distingue du procédé à froid et du procédé semi-chaud par l’extraction
de la glycérine durant l’étape de relargage après la saponification qui
consiste à ajouté progressivement une solution de sel saturée, ensuite
lavage et l’ajustage, et enfin moulage, estompage et cuisson.

C’est ce procédé qui est adopté dans la fabrication industrielle des


savons.
5/ Propriétés reposant sur l’activité superficielle des savons

Un savon est un mélange de carboxylate de sodium ou de potassium, de formule générale:


(R-COO- + Na+) ou (R-COO- + K+).

Les propriétés détergentes des savons sont dues aux ions carboxylate RCOO- .
Les ions carboxylate RCOO- possèdent une tête hydrophile polaire (–COO-) chargée
négativement, qui s'entoure de molécules d'eau polaires.
Et une extrémité lipophile (R) qui a beaucoup d’affinité pour les chaînes carbonées présentes
dans les lipides et les graisses, mais hydrophobe : qui n'interagit pas avec les molécules d'eau,
car elle n’est pas polaire.
Dans une eau savonneuse à faible concentration, les ions carboxylate
s'organisent en petites sphères d'environ 100 nm de diamètre appelées
micelles.
La formation de micelles rend possible la dissolution dans l’eau, d’une tache d’huile présente
sur un tissu. - Cette tache se laisse entourer par la partie lipophile du savon alors que la
partie hydrophile entraîne la tache vers l’eau. la micelle entoure la graisse par ses parties
lipophiles -la graisse, contenue dans la partie lipophile du savon, est entraînée lors du
rinçage
Ce qui explique pourquoi la présence des bactéries est moindre après
lavage des mains au savon: elles sont tout simplement envoyées dans les
canalisations.
Saponification à froid
La saponification à froid est la méthode la plus simple pour réaliser des savons
artisanaux.

Elle nécessite un calcul précis de la quantité de soude nécessaire à la


saponification.

En saponification à froid, le savon doit donc subir une « cure » (temps de


séchage) d’au moins 4 semaines après fabrication, à température ambiante
+ + +

Corps gras Eau Ajouts Soude


Ils constituent la base du pour colorer, parfumer, ou
savon. (de préférence déminéralisée) Hydroxyde de sodium
donner des propriétés ou un
Selon leur composition en pour diluer la soude et
"look" particulier au savon.
acides gras, ils vont apporter permettre à la réaction de se faire - sous forme solide
différentes propriétés au correctement. (pure) ou liquide
L'ajout d'huiles ou beurres est
savon : dureté, pouvoir particulièrement recommandé (diluée dans l'eau) Elle
moussant, douceur, pour des savons très doux. sert à transformer les
onctuosité... huiles en savon.

= Savon
LES USTENSILES

• Les thermomètres : 2 thermomètres allant de 20 à 100°C ou un


thermomètre électrique.
• 2 récipients en inox, en verre ou en fonte émaillée mais surtout pas en
aluminium. La soude pourrait trouer une casserole en aluminium.
• Une balance électronique : précise au gramme
• Des vêtements et accessoires de protection : gant, lunettes
• Une spatule : en silicone ou en inox
• Un mixer
• la fabrication des savons en images !

1 : Dilution de la soude dans l'eau 2 : Mélange des huiles


4 : Ajout de la
soude dans
les huiles à 40°C

3 : Chauffage doux pour


faire fondre
les huiles
5 : Mélange de la soude et
des huiles
avec un mixeur électrique
9 : ...apparition de la trace

10 : Ajout des pétales de fleures


secs
11 : Coulage de la pâte à savon dans le 12 : Lissage
moule

13 : Filmage
14 : On couvre le tout pour maintenir 15 : 24H après, coupe des savons à la
la saponification au chaud main

16 : Vérification du poids
• La soude
• La soude ou hydroxyde de sodium est le réactif qui permet la transformation des huiles en savon.

Elle peut se présenter sous forme solide (pure),


ou diluée dans l'eau (lessive de soude).

Dans ce dernier cas, la concentration de la solution doit être indiquée sur la bouteille, choisissez-la
entre 30 et 35%.

• Attention à ne pas confondre la soude caustique (hydroxyde de sodium) avec les cristaux de soude
(carbonate de sodium) ou le bicarbonate de soude, qui ne peuvent pas être utilisés en saponification.

• Attention aussi aux produits "déboucheurs" à base de soude, mais qui contiennent d'autres
ingrédients. Lisez bien les étiquettes, et en cas de doute, informez-vous auprès du détaillant.

• La soude est un produit extrêmement caustique (très corrosif, provoque de graves brûlures) qu’il
convient de manipuler avec la plus grande précaution.
- Les huiles et beurres sont constitués en majorité de triglycérides d’acides gras. Lors
de l’ajout de soude, ceux-ci sont transformés en savon.

en plus des triglycérides d’acides gras, les huiles végétaux contiennent une
fraction insaponifiable, (des composés qui ne réagiront pas avec la soude).

- par exemple des phytostérols, des tocophérols (vitamine E), des caroténoïdes
(vitamine A), des terpènes, du squalène, du squalane, des alcools gras.
actions pour la peau : effet antioxydant, nourrissant, émollient, adoucissant, protecteur…

→ Un savon, réalisé en saponification à froid, contiendra naturellement la portion


insaponifiable des huiles et beurres utilisés, ce qui lui donnera des propriétés uniques.

Les savons réalisés en saponification à froid sont naturellement riches


en glycérine, produite lors de la réaction de saponification.

-- Elle apportera douceur et propriétés hydratantes au savon.

NB: Le procédé de fabrication des savons industriels au contraire aura souvent voire éliminé
la fraction insaponifiable.
• Corps gras: huiles et beurres végétales
En théorie, il est possible de saponifier tous types de corps gras (huiles végétales, beurres
végétaux, graisses animales), cependant le choix des huiles va beaucoup influencer l’aspect
et les propriétés du savon : dureté, pouvoir moussant, douceur sur la peau...
• La Dureté: Les acides gras qui vont apporter de la dureté au savon sont
principalement les acides gras saturés, naturellement présents en forte proportion dans
les beurres végétaux ou les huiles « solides ».
Ex: huile de coco, beurre de karité, huile de palme, beurre de cacao, baies de laurier
La présence d’une quantité suffisante (30 à 60%) de ce type d’huiles dans votre savon en
garantira donc la bonne dureté.

•Pouvoir lavant: L’acide gras qui va apporter le pouvoir lavant le plus efficace, ainsi
qu’une belle mousse très abondante est l’acide laurique présent en forte quantité dans les
huiles de Coprah, Coco et Babassu.
NB: ne pas les utiliser à plus de 30%
Une proportion de 15-30% de ce type d’huile sera idéale
• Autres propriétés: Les acides gras insaturés sont intéressants en saponification pour leurs.
propriétés nourrissantes et adoucissantes sur la peau

Ex: huiles végétales liquides : Olive, noyau d’Abricot, Macadamia, Amande douce, Avocat, Chanvre.
• formule de savon équilibrée:

20 à 30% d’huile de Coco, Coprah ou Babassu, pour apporter un bon pouvoir moussant et
un bon effet lavant (tous les savons peuvent mousser et laver, même sans ces huiles, mais
leur richesse en acide laurique favorise une mousse abondante et augmente le pouvoir
lavant).

40 à 60% de gras "durs" (beurres de karité , beurre de cacao, huiles de Palme...), en incluant
le % d'huile de Coco, Coprah ou Babassu, qui sont des gras "durs". Cela va apporter de la
dureté au savon et de la tenue à l’utilisation. En général, en utilisant en moyenne 50% de
gras "durs", la formule aura une dureté satisfaisante.

le reste de la base peut être constitué d’huiles végétales liquides, qui apportent de la douceur
et des propriétés sur la peau.
• La saponification est une réaction totale : elle continue jusqu'à épuisement de
l'un des réactifs.

La saponification s'arrêtera alors quand toute la soude sera consommée et


il restera de l’huile non saponifiée dans le savon final.

Pour garantir qu'il n'y a plus de soude dans le savon fini, il faut qu'il y ait un
excès d'huiles

Le savon sera dit "surgras".

Ce "surgraissage" va apporter une plus grande douceur et des propriétés


nourrissantes et adoucissantes au savon.

*Notion de surgraissage total


 Indices techniques

a) Le surgraissage

Le taux de surgraissage est le pourcentage (du poids total des huiles) qui reste non
saponifié dans le savon fini.

En saponification à froid, il est essentiel de surgraisser les savons.

Il y a 2 moyens de surgraisser le savon :


- la "réduction de soude"
- le surgraissage additionnel au moment de la "trace
1. La réduction de soude "taux de surgraissage"

réduire la quantité de soude théorique du % choisi.

La réduction de soude est essentielle comme marge de sécurité, car les indices de saponification
(des huiles) servant au calcul de la quantité de soude à ajouter sont des moyennes et peuvent
varier.

.
-Recommandation:
toujours choisir une réduction de soude d'au moins 5% par sécurité
Une réduction de soude supérieure à 5% permet d'avoir un savon "surgras",
donc plus doux.
2. Le surgraissage additionnel au moment de la trace

Une autre manière de surgraisser le savon est d’ajouter de l’huile végétale (ou un
beurre végétal préalablement fondu) au moment de la "trace" , c'est-à-dire en fin
de préparation.

Cette huile restera en très grande partie (voire totalement) non saponifiée.

Cela est particulièrement intéressant avec les huiles onéreuses, sensibles à la


température, ou les huiles et beurres dont on souhaite profiter des propriétés en
particulier.

- L'ajout d'huile en fin de préparation est aussi très utile pour pré-disperser d'autres
ingrédients que vous souhaitez ajouter (colorants, huiles essentielles).
3. Quel surgraissage choisir ?

Taux de surgraissage total (%) = Réduction de soude (%) + Surgraissage additionnel (%)

Pour avoir un savon bien doux: un taux de surgraissage total entre 8% et 10%.
Il est possible d'aller au-delà (jusqu'à 12 voire 15% par exemple), mais sachez qu'un savon très "surgras"
risquera d'être mou.

Idéal: réduction de soude (d'au moins 5%) avec un surgraissage additionnel


"à la trace".
La trace?
• La température de saponification

Nous conseillons de faire votre mélange huiles fondues / solution de soude à une température comprise entre 35 et
50°C, voire jusqu’à 55°C dans certains cas.
Choisissez une température plutôt élevée (45-55°C) dans les cas suivants :
• si votre formule est riche en gras « durs » (beurres, huiles solides), pour éviter que le mélange ne fige trop
rapidement
• si vous utilisez de la cire dans votre formule, nous conseillons de faire la saponification à autour de 55°C
• si votre formule est sur un petit volume (moules de 100 ml), car ces formules auront moins tendance à monter en
température dans le moule.

Une température élevée (45-55°C) va accélérer la saponification, et donc en général favoriser une trace rapide. Par
contre, une température trop élevée (au-delà de 60°C) peut casser l’émulsion (qui prend un aspect « caillé »).

Choisissez plutôt une température basse (35 à 40°C) dans les cas suivants, si la formule le permet :
• si vous utilisez des additifs qui accélèrent la « trace » comme le miel, certaines huiles essentielles ou fragrances pour
réaliser des marbrages qui nécessitent une pâte qui reste assez fluide quelques temps
b) Le pH du savon
Avec un pH voisin de 10, le savon est nettement basique et perturbe incontestablement
l'acidité de la peau (dont le pH est d'environ 5.5).

Dans la pratique toutefois, on constate, à de rares exceptions près, que le pH de la peau


se rétablit assez vite et que les irritations cutanées causées par le caractère basique des
savons sont peu fréquentes.

A l'inverse, les savons à base de dérivés du pétrole présentent un pH généralement plus


proche de celui de la peau.

Par contre, eux aussi ont leur inconvénient : leur pouvoir détergeant est souvent
tellement puissant qu'ils assèchent la peau et ne sont finalement pas plus "doux" à
l'usage que les savons classiques.
Le savon étant basique, généralement voisin de 10,
perturbe le pH de la peau, mais seulement de manière
transitoire, le temps que les glandes sébacées reprennent une activité
normale, ce qui se produit après deux heures environ, voire plus, mais cela
reste un inconvénient mineur

. Même le simple usage d'eau du robinet, dont le pH peut atteindre 8.0


selon les régions est capable d'accroître le pH de la peau avant retomber à
sa valeur `naturelle', généralement en dessous de 5.0
• La littérature publie plusieurs valeurs du pH de la peau, toutes dans la gamme acide
mais avec un éventail s'étalant de pH 4.0 à 7.0. Les valeurs obtenues varient :

•selon le type de peau : une peau sèche est plus acide


qu'une peau grasse

•selon l'endroit de la mesure : le pH de la peau sous les


aisselles est moins acide que sur d'autres zones

•selon que la peau a été soumises à des influences


extérieures (nettoyée ou pas, par exemple)
• Caractéristiques techniques d’un savon:

Indice de dureté: 29- 54


indice détergent (nettoyant): 12-22
indice hydratation (émollient): 44-69
indice de quantité de mousse (pouvoir) mousseux: 14-46
indice de qualité de mousse ( pouvoir crémeux): 16- 48
indice d’iode: 41- 70
INS: 136- 165
d) Indice de saponification SAP

L'indice de saponification d'une huile/beurre représente la masse de potasse (exprimée en mg)


nécessaire pour saponifier 1g de cette huile/beurre.
Pour obtenir l'équivalent en soude, il faut diviser la valeur renseignée pour le KOH par 1.4025.

La connaissance des indices de saponification des


différentes huiles d'un mélange permet de calculer la quantité
de soude/potasse nécessaire pour saponifier une quantité donnée du mélange.

Ainsi, pour saponifier 1 Kg du mélange suivant : graisse de coco 25% ; huile d'olive 55% ; beurre de
karité 20%, il nous faudra :
(184 X 0.25) + (135 X 0.55) + (128 X 0.20) = 145.85 g de soude, résultat confirmé par celui obtenu à
l'aide du calculateur.

En résumé, il suffit de multiplier le poids total de l’huile par son indice de saponification
Calcul d’une recette

Pour une recette composée de 500g huiles différentes voici ce que ça donne :
coco (0,183) 29% → 145g d’huile × 0,183 = 26,535 g de soude
palme (0,142) 20% → 100g d’huile × 0,142 = 14,2g de soude
olive (0,135) 40% → 200g d’huile × 0,135 = 27g de soude
ricin (0,128) 10% → 50 d’huile × 0,128 = 6,4g de soude
cire d’abeille (0,067) 1% → 5 de cire× 0,067 = 0,335 g de soude

Il faut ensuite additionner toutes les valeurs obtenues pour avoir le poids total de soude
nécessaire à la saponification de notre recette. Ce qui donne :
26,535 + 14,2 + 27 + 6,4 + 0,335 = 74,47 g de soude pour saponifier toute notre recette.
Calcul du surgraissage

Comme vous le savez sûrement, il existe deux moyens de surgraisser un savon, soit en
enlevant de la soude, soit en rajoutant de l’huile. Nous faire le calcul pour un
surgraissage à 5%.

Première méthode : nous allons enlever 5% de soude.


et donc
5 × 74,47 = 372,35
372,35 ÷ 100 = 3,7235 arrondi à 3,7
Nous devons donc enlever 3,7g de soude.
74,47 – 3,7 = 70,77 arrondi à 70,8

Il faut mettre 70,8g de soude dans notre savon pour qu’il soit surgraissé à 5%
Deuxième méthode : nous allons rajouter 5% d’huile.

Le calcul de la soude à été fait pour 500g d’huiles.


5% de 500 cela fait :
5 × 500 = 2500
2500 ÷ 100 = 25
Nous allons rajouter 25g d’huile en tout, à répartir entre les différentes huiles.
Recalculons alors notre recette pour 525g d’huiles :
coco 29% → 29 × 525 = 15 225 ; 15 225 ÷ 100 = 152,25 g d’huile de coco
palme 20% → 20 × 525 = 10 500 ; 10 500 ÷ 100 = 105g d’huile de palme
olive 40% → 40 × 525 = 21 000 ; 21 000 ÷ 100 = 210g d’huile d’olive
ricin 10% → 10 × 525 = 5 250 ; 5 250 ÷ 100 = 52,5 g d’huile de ricin
cire d’abeille 1% → 1 × 525 = 525 ; 525 ÷ 100 = 5,25 g de cire d’abeille
Corps gras KOH NaOH
Abricot (noyau de) 0.195 0.139
Amandes douces 0.195 0.139
Argan 0.191 0.136
Avocat 0.186 0.133
Coprah (coco) 0.257 0.183
Cumin noir (Nigelle) 0.189 0.135
Germe du blé 0.183 0.13
Jojoba 0.092 0.066
Karanja 0.183 0.131
Lin 0.190 0.135
Noisette 0.195 0.139
Noix 0.189 0.135
Oeillettes 0.193 0.138
Olive 0.190 0.135
Raisin (pépin de) 0.181 0.129
Ricin 0.180 0.128
c) Indice d'iode

L’indice d’iode permet de mesurer le degré d'insaturation d’une graisse.

Se définie par le nombre de gramme de l’iode qui réagissent avec les doubles liaisons dans 100 g d’huiles.

• Plus l'indice d'iode d'une huile est élevé, plus cette huile aura tendance à rancir et plus le savon qu'elle
produira sera mou.

• Plus l'indice d'iode d'une huile est bas, plus cette huile sera stable et plus le savon qu'elle produira sera dur.

Valeurs conseillées : 41 - 70
e) Coéfficient INS des huiles

Le coefficient INS d'une huile permet de connaître la dureté du savon qu'elle produira.
Ce coefficient varie de 15 à 250 pour les graisses saponifiables. Plus le coefficient est bas, plus le savon
obtenu est mou.

Dans le cas d'un mélange d'huiles, le coefficient résultant est la somme des coefficients INS de chaque
huile pondérés par leurs quantités respectives.

Ainsi, par exemple, le coefficient du mélange suivant : graisse de coco 25% ; huile d'olive 55% ; beurre
de karité 20% sera :
(258 X 0.25) + (116 X 0.20) + (109 X 0.55) = 148

La dureté de ce savon sera correcte, puisque la valeur INS d'un savon doit être comprise entre 135 et
165
En saponification à froid, il est essentiel de laisser aux savons un temps de « cure » après
démoulage avant de commencer à les utiliser.
Ce temps est nécessaire pour permettre à la réaction de saponification de bien se terminer, et
adoucit donc le savon.

• La cure permet aussi au savon de sécher et de durcir, ce qui prolongera sa durée de vie
(un savon trop « frais » fond très vite).
• Il est recommandé de laisser de savon au moins 4 semaines de cure pour garantir que la
saponification est bien terminée.

• Selon la formule, et notamment la quantité d’eau ou d’ingrédients humides utilisés, un


temps plus long pourra être nécessaire pour obtenir des savons bien durs.

• Les propriétés des savons (mousse, toucher crémeux, durabilité) s’améliorent


généralement avec un temps de cure plus long.
• Les ajouts

• Huiles et beurres :
nourrissantes: HV d’avocat, amande douce, sésame,…
apaisantes: huile de camomille,…
purifiantes: huile de nigelle, neem
• Colorants:
colorants minéraux:
oxydes minéraux, micas, argiles colorantes

Colorants végétaux:
poudre de garance, curcuma, charbon végétale, spiruline
• Parfums:
huiles essentielles:
ajouter les HE à une teneur de 1% à 5% ( par rapport au
poids total des huiles) dans votre savon

fragrances cosmétiques naturelles:


à utiliser en forte proportion ( au moins 3-5%)
pèche, abricots, pétales de rose, coco…
• Les autres ajouts:

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