CHAPITRE - 1
GÉOTECHNIQUE ET FONDATIONS SPECIALES.
Structure - 1
MASTER 1 ARCHITECTURE.
1.Introduction
La structure d’un ouvrage est l’ensemble des éléments de construction assurant sa stabilité en regard de toutes les sollicitations
possibles. Cet ensemble s’appelle également l’ossature. Elle supporte les efforts dus au poids de la construction elle-même, aux
charges d’exploitation, aux charges climatiques et éventuellement sismique, ces efforts sont reportés jusqu’au sol par les fondations.
• 2.Géotechnique
• La géotechnique est la partie de la géologie qui étudie les propriétés des sols et des roches en fonction des projets de
construction d’ouvrages.
• La géotechnique sert avec la mécanique des sols, aux constructeurs à choisir le type et les caractéristiques des
fondations à faire pour pouvoir bâtir des ouvrages de façon sûre. Le rôle des fondations est de transmettre et de
répartir le poids de l’ouvrage sur le sol. Dans certains cas elles ont également un rôle d’ancrage afin de réduire les
risques de soulèvement ou de glissement de la construction.
Radier
Un glissement de terrain a eu lieu à Annaba dans le quartier
de Sidi Aissa sur la bretelle qui va de Kouba à Ain Achir.
il y a deux phénomènes mécaniques qui doivent toujours être contrôlés dans une fondation : la déformation
(enfoncement de la fondation) et la rupture du sol.
• 3.Rudiments « Principe » de géologie
• 3.1 Les sols
• Les mécaniciens du sol désignent par « roches » les matériaux naturels dont la résistance reste très élevée même après
immersion prolongée dans l’eau. Les matériaux meubles sont habituellement désignés par les mots « sédiments » ou «
sols ». Les roches sont constituées d’un assemblage d’éléments différents, de composition chimique bien spécifique tel
que les minéraux. Deux grandes familles de minéraux : Les silicates qui constituent l’essentiel des roches magmatiques
et métamorphiques et les minéraux non silicatés.
• 3.2 Les roches
• La classification des roches
En géologie, les pierres naturelles sont classées en 3 grandes catégories (suivent quelques
mots savants :
• les roches magmatiques
• les roches sédimentaires
• les roches métamorphiques
• A - Les roches magmatiques
Les roches magmatiques se forment quand un magma se refroidit et se solidifie:
• Le granite: il se forme en profondeur par refroidissement très lent du magma. Il présente une texture
grenue. On observe clairement les minéraux (p.ex. le granit du Tarn)
• Le basalte: il se forme à la surface par refroidissement rapide du magma. Les cristaux microscopiques
ne sont pas visibles à l’oeil nu
•B – Les roches sédimentaires : se sont formées à la surface de
la terre, leur caractéristique principale est de se présenter généralement
sous forme de dépôts en couches successives parallèles entre elles
(stratification). Elles sont une faible partie en masse de la croûte
terrestre mais elles constituent l’essentiel de la couverture d’où
l’intérêt qu’elles représentent pour le géotechnicien.
•Le matériel sédimentaire provient de différentes sources. Il
existe un vaste gamme de roches, dont les aspects sont très variés et
les applications multiples.
Le sable est une roche sédimentaire. Les grains de sable sont
comprimés et se cimentent.
D’autres exemples sont la craie et le calcaire, formés par des débris
calcaires de corail, coquillages et squelettes.
• C- Lesroches métamorphiques -
Les calcaires
• Les roches sont soumises à une chaleur et à
une pression intenses. Ces forces
transforment les roches sédimentaires en un
autre type de roche qu’on appelle “roche
métamorphique”.
- Le sable se transforme ainsi en grès et le
calcaire en marbre.
Les roches métamorphiques retournent vers les
grandes profondeurs de la terre et fondent en
magma. Quand le magma refroidit, il se
solidifie et une roche magmatique se forme.
Refroidissement
• 3.3 Les évaporites
• Elles sont le résultat de l’évaporation de l’eau de mer dans des conditions exceptionnelles. Le sel gemme en est un bon
exemple. Un autre très précieux est le gypse. Après avoir été chauffé et réduit en poudre, le gypse présente la
particularité de faire prise lorsqu’il est gâché avec l’eau. Le gypse utilisé pour la fabrication du plâtre.
• 3.4 Les combustibles
• Les hydrocarbures ne sont que rarement rencontrés par les géotechniciens.
• 4. Fondations
• Les fondations sont les structures aptes à transmettre au sol les charges qui arrivent, par descente des
charges, en bas des piliers, colonnes ou murs. Les fondations sont toujours des structures en béton
armé et elles sont nécessaires parce que la résistance mécanique des sols est toujours nettement
inférieure à celle du matériau qui compose la structure, béton, acier ou maçonnerie. Donc, pour éviter
la rupture du sol, il est nécessaire d'augmenter la surface de contact entre structure verticale et sol.
• .
Typologies courantes des fondations
Le transfert des charges, essentiellement celles verticales, de la structure au sol peut se faire de différentes
manières, qui correspondent à deux grandes catégories des structures de fondation, qui a leur tour se composent
de différentes typologies de fondation :
A - Fondations superficielles : B - Fondations profondes
- isolées : semelles - Pieux forés
- linéaires : filantes - Pieux battus
- surfaciques : radiers - Micropieux
- Puits
3.1 Fondations superficielles
3.1.1Fondation superficielle : transmet la charge au sol essentiellement par contrainte normale à la
surface de contact fondation-sol. Les fondations superficielles ont la caractéristique d'être placées à une
profondeur relativement faible, qui dépend essentiellement de l'architecture du bâtiment (par exemple de
la présence ou non d'étages souterrains) et de la constitution du sol. Des formes typiques de semelles
isolées sont représentées en dessous.
Les fondations linéaires sont
la généralisation de la semelle
isolée (elles sont parfois
appelées aussi semelles
filantes). On réalise, entre les
poteaux, une poutre avec
semelle pour le contact avec le
sol « Poutre de libage ». Cette
poutre, normalement calculée
comme poutre sur sol
élastique ; Les semelles filantes
sont utilisées aussi comme
fondation pour les murs.
Radier ; il s'agit d'une dalle armée qui réalise un contact surfacique très étendu, normalement couvrant l'entière surface
horizontale du bâtiment. Sa réalisation est très liée à l'architecture du bâtiment : en fait, en cas de bâtiments avec étages
en sous-sol, la manière la plus naturelle de construire les fondations est le radier, qui va ainsi constituer aussi le plan de
l'étage en sous-sol le plus bas. Evidemment, d'un point de vue mécanique l'avantage d'un radier est le fait que, grâce à la
grande surface de contact, les contraintes dans le sol sont normalement assez petites, et donc cette solution peut
aussi être utilisée en cas de sols de faible consistance mécanique. Un autre avantage de cette solution, en cas
d'étages en sous-sol, est que la pression de contact sur le sol souvent est inférieur à celle due au poids du terrain
enlevé pour réaliser les étages souterrains. De ce fait, tout tassement du terrain ou rupture de la fondation est
impossible.
4.2 Fondations profondes
Lorsque les charges apportées par un ouvrage sont élevées et que les couches superficielles sont très compressibles (argiles) on envisage
des fondations profondes (pieux) ou semi profondes (puits) afin d’atteindre des couches résistantes en profondeur.
On désigne par pieu, une fondation profonde réalisée mécaniquement et par puits une fondation profonde creusée à la main sous la
protection d’un blindage.
Les fondations profondes sont donc celles qui permettent de reporter depuis la surface les Charges dues à l’ouvrage qu’elles
supportent sur des couches situées jusqu’à une profondeur variant de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres.
Afin d’atteindre le substratum résistant, on réalise, soit des puits relativement peu profonds, dont le diamètre peut aller jusqu’à 3m,
soit des pieux pour lesquels le rapport D /B est généralement supérieur à 10. B étant le diamètre du pieu ou sa plus petite dimension
dans le plan horizontal et D sa longueur
On distingue deux grands groupes de pieux : les pieux mis en œuvre avec refoulement du sol et les pieux réalisés par excavation
du sol. Dans le premier groupe, on peut citer les pieux battus et dans le second les pieux forés.
5. Les pieux
5.1 Classification générale des pieux
Résumé 2
Scellement de
l’ancrage
5.2 Les composantes des Pieux
Un pieu comprend principalement trois parties à savoir :
La tête : qui reçoit directement les charges de la superstructure de l’ouvrage par l'intermédiaire parfois d'une semelle
de répartition.
La pointe : qui assure la transmission de charge entre la base du pieu et le sol;
Le fût : compris entre la tête et la pointe qui est le siège de la transmission des efforts latéraux.
La longueur d'ancrage h est la longueur de pénétration du pieu dans les couches de terrain résistantes. D'un point de
vue mécanique on distingue la longueur D du pieu de la hauteur d'encastrement équivalente «De» définie à partir des
résultats des essais de sols en place. Cette valeur de «De» tient compte de la différence entre les caractéristiques
mécaniques de la couche d'ancrage et celles des sols de couverture traversés par le pieu.
5.3 Mode de travail d'un pieu
Suivant la stratigraphie et la performance des différentes couches de sol rencontrées, on peut distinguer trois types de
pieux selon leur mode de travail (Figure 6, ci-après) :
- Lorsque la pointe du pieu est ancrée sur une couche homogène de faible résistance au-dessus du substratum, le pieu
travaille presque sous la seule action des frottements latéraux, on parle alors de pieu flottant ou pieu de frottement.
- Lorsque la pointe du pieu est ancrée sur un rocher ou substratum rigide, les déplacements sont quasiment nuls, par
conséquent le frottement latéral est presque inexistant. Le pieu travaille seulement sous l'effet de la résistance de pointe,
on parle alors de pieu colonne ou pieu de pointe.
- Lorsque la pointe du pieu est ancrée sur une couche de sol de résistance de pointe moyenne ou substratum
semirigide, le pieu travaille sous l'action des efforts de pointes, mais aussi des frottements latéraux, on parle alors de
combinaison des deux pointes.
5.4 Justification du type de fondation
Le choix de type de fondation est fonction des plusieurs facteurs dont :
- La contrainte de compression admissible sur le sol.
- Les risques d’affouillements dans le cas d’ouvrage en site aquatique « voir diapo au dessous ».
- Les phénomènes de tassement qui doivent être compatibles avec l’intégrité des superstructures.
Dans le cadre de ce projet, nous allons utiliser la procédure générale qui donne le type de fondation en fonction
de la hauteur d’encastrement équivalente (De) et de la largeur (diamètre) de la semelle avec les conditions ci-
après :
5.5 Choix de type de fondation
Le rapport géotechnique nous a permis de savoir que le bon sol pouvant supporter le bâtiment se
trouve à une profondeur importante, ce qui nous a amené à écarter le choix de la fondation
superficielle.
6.les pieux mis en œuvre avec refoulement du sol
Les principaux types de pieux sont les suivants :
6.1 Les pieux battus : sont ceux normalement utilisés dans les bâtiments courants, car moins chers et qu’ils ont l'avantage de
consolider le sol. La longueur des pieux n'excède jamais les 12 m, pour des raisons de transport (ces pieux sont préfabriqués).
Ce sont des pieux soit façonnés à l’avance soit à tube battu exécutés en place. Pour les premiers il s’agit essentiellement de pieux en
métal et de pieux préfabriqués en béton armé, pour les seconds de pieux battus moulés.
- Les pieux métalliques sont généralement sous forme de tube ou en forme de H. Les tubes peuvent être ouverts ou fermés à
leur base. Les pieux métalliques sont mis en œuvre par battage ou par vibration.
- Les pieux en béton armé sont fabriqués sur des aires proches du chantier. Ils sont mis en œuvre par battage ou par vibration.
- L’exécution des pieux battus moulés consiste d’abord à battre un tube muni à sa base d’une plaque métallique dans le sol, à
mettre, si nécessaire, en place la cage d’armatures, puis à remplir le tube de béton pendant son extraction.
Par d’autre par, On classe les pieux suivants :
1. La nature du matériau constitutif : bois, métal, béton,…
2 L’emplacement de fabrication 3La mise en place : on distingue les pieux de groupe I et groupe II :
6.1.8 Pieux métalliques battus
Ces pieux, entièrement métalliques, constitués d'acier E 24.2 ou similaire avec addition éventuelle de
cuivre (0,2 à 0,5%), sont fichés dans le sol par battage. Leurs sections sont :
- En Forme De H,
- En Forme D'anneau (Tube)
- En Forme Quelconque, obtenue par soudage de palplanche
par exemple.
Figure 1-5 : Profilés métalliques battus
6.1.2 Pieu en béton foncé : ces pieux sont constitués d’éléments cylindriques en béton armé, préfabriqués ou coffrés à
l’avancement, de 0,50 à 2,50 m de longueur et de 30 à 60 cm de diamètre. Les éléments sont foncés dans le sol à l’aide
d’un vérin qui prend appui sous un massif de réaction.
6.1.3 Pieu en métal foncé : ces pieux, entièrement métalliques, sont constitués d’acier E 24-2 ou similaire avec
addition éventuelle de cuivre (0,2 à 0,5 %). Ils sont foncés dans le sol à l’aide d’un vérin qui prend appui sous un
massif de réaction.
6.1.4 Pieux battus pilonnés : Un tube, muni à sa base d’un bouchon de béton ferme, est enfoncé par battage sur le
bouchon. En phase finale, le béton ferme est introduit dans le tube par petites quantités, successivement pilonnées à
l’aide du mouton de battage au fur et à mesure de l’extraction du tube. Suivant les cas, les pieux peuvent être armés.
6.1.5 Pieux battus moulés : Un tube, muni à sa base d’une pointe métallique ou en béton armé, ou d’une plaque
métallique raidie ou d’un bouchon de béton, est enfoncé par battage sur un casque placé en tête du tube ou par battage
sur le bouchon de béton.
Le tube est ensuite rempli totalement de béton d’ouvrabilité moyenne, avant son extraction. Le cas échéant, ces pieux
peuvent être armés.
6.1.6 Pieux en bois
Ce sont des pieux préfabriqués mis en place par battage (associé
quelquefois au lançage). Ils travaillent généralement par effort
de pointe et frottement latéral, moins souvent à l’arrachement, à
la flexion ou comme pieux de resserrement.
6.1.7 Pieux battus préfabriqués
Les pieux préfabriqués sont des pieux en béton armé ou béton précontraint que l’on enfonce dans le sol par battage
avec un mouton diesel ou hydraulique jusqu'à la profondeur requise.
A - Méthode d’exécution
Les pieux sont fabriqués en béton précontraint et ont des dimensions fixes.
Les pieux sont amenés jusqu’au chantier par semi-remorques et déchargés avec un chargeur
Les pieux sont battus dans le sol à l’aide d’un mouton diesel ou hydraulique.
Pendant le battage on note le refus (nombre de coups nécessaires pour faire pénétrer le pieu de 25 cm dans le sol). Ce refus permet de contrôler si le
pieu a atteint la couche résistante.
La longueur est définie au préalable en effectuant des sondages. Il est essentiel d’effectuer suffisamment de sondages pour pouvoir déterminer la bonne
longueur du pieu.
B - Spécifications techniques
• Sections carrées variant entre 180 x 180 mm² et 450 x 450 mm²
• Peuvent éventuellement être couplés
• Longueur maximale dépendant de la section et des possibilités de transport
• Haute qualité de béton, généralement précontraint
• Pieu à refoulement de sol avec surface de fût lisse
• Capacité portante utile variant entre 325 et 2.050 kN
• Inclinaison possible, peut atteindre une inclinaison maximale de 1/3
• Exécution rapide.
6.1.11 Pieux battus enrobés
Ce pieu, à âme métallique (acier E 24.2 ou similaire), est constitué :
- De tubes d'acier de 150 à 500 mm de diamètre extérieur
- De profilés H
- De caissons formés
- De profilés ou de palplanches à 2, 3 ou 4 éléments.
7.les pieux sans refoulement du sol en place
7.1 Les pieux forés : de dimensions supérieures à 40 cm de diamètre, sont utilisés pour des constructions de
grande envergure : ponts, tours etc. la profondeur du pieux dépend de la profondeur de la couche rocheuse
souterraine (on peut arriver à plus de 50 m de profondeur dans le forage des pieux).
Leur exécution nécessite un forage préalable exécuté dans le sol avec les outils appropriés avec ou sans protection
d’un tubage ou de boue permettant d’assurer la stabilité des parois du forage. Après mise en place, si nécessaire, de
la cage d’armatures, le pieu est bétonné en utilisant une colonne de bétonnage, selon la technique du tube plongeur
qui descend jusqu’à la base du pieu.
Mise en œuvre :
Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par des moyens mécaniques tels que tarière, benne,
etc. Ce procédé ne s’applique que dans les sols suffisamment cohérents et situés au-dessus des nappes phréatiques.
7.2 Pieu vissé moulé : ce procédé qui ne s’applique pas aux sols sableux.
7.3 Les micropieux : Fig. 1.12 sont des pieux forés de petites dimensions (entre 80 et 250
mm), avec une armature constituée le plus souvent d'un tube en acier. Ils sont utilisés pour
renforcer des fondations existantes qui montrent des signes de faiblesse ou lorsqu'il faut
renforcer les fondations d'un bâtiment sur lequel les charges vont augmenter à la suite
d'interventions de restructuration (par exemple par ajout d'autres étages). Leur avantage
est la souplesse de mise en œuvre (ils peuvent être placés dans une direction quelconque,
non seulement verticale, et la machine de perforation du sol est de dimensions
relativement petites, ce qui permet son usage dans des structures déjà existantes) et leur
coût, plus faible par rapport à celui des autres pieux forés.
8. Puits : Le puits reste une fondation intermédiaire de la fondation superficielle et de la fondation profonde. Certains
experts le qualifient de fondation semi-profonde.
Les puits sont des fondations creusées à la main. De section circulaire, ils doivent avoir un diamètre supérieur à 1,20m ;
de section quelconque ils doivent avoir une largeur minimale de 0,80m et une section minimale de 1,1m². Les parois du
puits sont soutenues par un blindage qui peut être récupéré ou abandonné. Après curage du fond du puits, le forage est
bétonné à sec.