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Comprendre le Paludisme

Ce document décrit le paludisme causé par les parasites du genre Plasmodium. Il contient des informations sur l'épidémiologie, les signes cliniques, le diagnostic biologique et le traitement de cette maladie.

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Comprendre le Paludisme

Ce document décrit le paludisme causé par les parasites du genre Plasmodium. Il contient des informations sur l'épidémiologie, les signes cliniques, le diagnostic biologique et le traitement de cette maladie.

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Le Paludisme

1
Plan
I. INTRODUCTION
II.EPIDEMIOLOGIE
III.SIGNES CLINIQUES
IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
V. TRAITEMENT
VI.PROPHYLAXIE
2
I.INTRODUCTION
1. Définition
 Maladie parasitaire due à des protozoaires
hématozoaires du genre Plasmodium,
transmise d’homme à homme par la
piqure infestée d’un moustique
appartenant au genre Anopheles.
2. intérêts:
 Première endémie parasitaire
 OMS: 109 pays, 3.3 milliards de
personnes exposés, 881 000 décès (91%
en Afrique) 3
II. EPIDEMIOLOGIE

4
1. Agents pathogènes
1.1. Classification:
 Phylum: Apicomplexa
 Classe: Sporozoasida
 Ordre: Euccocidiida
 Famille: Plasmodiidae Espèces:

 Genre: Plasmodium Plasmodium vivax


Plasmodium ovale
 Sous genre: - Plasmodium Plasmodium malariae
- Laverania Plasmodium (L.) falciparum
5
1.2. Morphologie des Plasmodium

Protozoaires dont la forme et les


dimensions sont très variables d’une espèce
à l’autre
Taille: 1-60µm suivant les stades évolutifs
Certaines formes sont multinuclés
(plasmodes)
6
1.2.1. Plasmodium falciparum
 Responsable du paludisme qui tue (fièvre
tierce maligne)
 Responsable de la morbidité la plus élevée
 Domine en Afrique occidentale et
centrale
 Cycle pré-érythrocytaire dure 7-15 jours
 Sa longévité chez l’homme ne dépasse pas
un an
 Sa schizogonie érythrocytaire dure
habituellement 48 heures.
7
1.2.2. Plasmodium malariae
 Agent de la fièvre quarte
 Sa phase hépatique dure 15 jours
environ
 Absence d’hypnozoïte
 La schizogonie érythrocytaire dure 72
heures
 Il parasite les hématies âgées
 Le volume des hématies parasitées
diminue
 il est caractérisé par l’abondance du
pigment malarique
8
1.2.3. Plasmodium vivax
 Agent de la fièvre tierce bénigne
 Absent dans les populations mélano-
africaines
 La phase érythrocytaire dure 48 heures
 Cette espèce parasite exclusivement les
réticulocytes(hématies jeunes)

9
1.2.4. Plasmodium ovale
 Agent d’une fièvre tierce bénigne
 Très proche de vivax, il le remplace là
où cette espèce n’existe pas (Afrique
noire)
 la durée de la phase hépatique varie de
quelques jours à quelques mois
 Il parasite les hématies jeunes et le
polyparasitisme est fréquent
 L’hématie-hôte augmente de taille et se
déforme (ovalisée)
10
1.3. Biologie
1.3.1. Cycle évolutif: 2 hôtes
 Chez l’homme (dit hôte définitif):
 Schizogonie (multiplication asexuée)
 Gamogonie (formation des gamètes)

 Chez l’anophéle (dit hôte intermédiaire)


 Sporogonie (multiplication sexuée)

11
Cycle chez l’homme: 2 phases
Phase hépatique ( ou phase pré-érythrocytaire ou
phase exo-érythrocytaire ou phase tissulaire)
- Inoculation des sporozoïtes chez l’homme sain par
l’anophéle femelle
- Pénétration des sporozoïtes dans une cellule hépatique
après 30 minutes
- Transformation des sporozoïtes en trophozoïtes (2-
3µm)
- Formation des schizontes intra-hépatiques (30-70µm
de diamètre)

12
Cycle chez l’homme: 2 phases
- Division des schizontes et formation des
mérozoïtes
- Eclatement de la cellule hépatique et
libération des mérozoïtes dans la
circulation sanguine
- La durée de cette phase exo-
érythrocytaire varie de 7 à 12 jours
selon l’espèce plasmodiale.

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Cycle chez l’homme: 2 phases
Phase sanguine ou endo-érythrocytaire
- Pénétration du mérozoïte dans l’hématie
- Transformation du mérozoïte en trophozoïte
- Production de l’hémozoïne par le parasite
- Formation d’un schizonte constitué de
mérozoïtes
- Eclatement de l’hématie parasitée et
libération des mérozoïtes dans le courant
sanguin
- Chaque mérozoïte pénètre dans un GR sain

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Cycle chez l’homme: 2 phases
Phase sanguine ou endo-érythrocytaire
- La durée de cette phase est de 48h
pour P. falciparum, P. vivax et P. ovale.
- Elle est de 72h pour P. malariae.
- L’accès de fièvre typique du paludisme
est contemporain de l’éclatement
simultanée des corps en rosace d’une
même génération
- Différenciation des mérozoïtes en
éléments sexués (gamétocyte mâle et
femelle)
15
Cycle chez l’anophèle
- Lors d’un repas de sang chez un
sujet impaludé l’anophèle s’infecte
- Gamétocyte mâle donne 8 gamètes
mâles ou microgamètes mobiles
- Gamétocyte femelle donne un seul
gaméte femelle ou macrogaméte
immobile
- Fécondation aboutit à la formation
d’un œuf ou zygote
- Transformation de l’œuf en oocyste
16
Cycle chez l’anophèle
- Division du noyau de l’oocyste et
production de nombreux sporozoïtes
- Sporozoïtes gagnent les glandes
salivaires de l’insecte où ils
deviennent mature
- Inoculation des sporozoïtes lors de la
piqure infectée de l’anophèle femelle.
- La durée du cycle sporogonique est
de 10 à 40 jours en moyenne
17
2. Vecteurs
Insectes, Diptères, de la famille des Culicidae
et du genre Anopheles
- Espèces vectrices principales:
– An. gambianus
– An. funestus
– An. moucheti
– An. arabiensis
– An. nili

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2. Vecteurs
- Seules anophèles femelles sont hématophages
- Les males se nourrissent de suc de plantes
- Leur cycle de reproduction comprend 4 stades:
– 3 stades aquatiques: œuf, larve et nymphe
– 1 stade aérien: adulte ou imago

19
3. Mode de contamination
- Piqûre infectée de l’anophèle femelle
- Stade parasitaire infectant: sporozoïte

20
III. SIGNES CLINIQUES

21
1.Signes cliniques communs aux 4
espèces
1.1. Paludisme simple de primo-invasion
 Fièvre > 39°C, continue en plateau ou
rémittente
 Malaise général: céphalées, sueurs, frissions,
myalgies
 Troubles digestifs: anorexie, nausées,
vomissements, diarrhée
 Traiter rapidement, il évolue vers la guérison
en 48heurs
22
1.Signes cliniques communs aux 4
espèces
1.2. Accès palustre à fièvre périodique:
 Correspond à l’éclatement synchrone des GR
 il est de 48H pour P.f; P.ov; P.vivax(fièvre tierce)
 Frissons qui durent 1 heure avec augmentation de
la température (39°C)
 Chaleur, période de 3 à 4 heures au cours
desquelles la peau est sèche et brûlante, la
température peut atteindre 40-41°C
 Sueurs abondantes, la température s’éffondre
brusquement, urines sont foncées
23
1.Signes cliniques communs aux 4
espèces
1.3. Paludisme grave:
 Résulte de paludisme simple non traité
 Survient le plus souvent chez l’enfant <5ans d’âge
 Sujets « neufs » non originaires de la zone
d’endémicité quelque soit l’âge.
 Marqué:
 Troubles de conscience, convulsions répétées, anémie
grave <5g/dl, hypoglycémie

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
1. Modifications hématologiques et biochimiques
non spécifiques
Hématologie: 3 lignées concernées
 Anémie normochrome souvent hypochrome
 Hyperleucocytose à PNN avec parfois des
monocytes
 Thrombopénie est souvent associée au paludisme

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Biochimie: fonctions hépatique et rénale
 Élévation des transaminases hépatiques
 Augmentation de la bilirubinémie
 Hypoglycémie
 Protéinurie
 Augmentation de l’urée et la créatinine
sanguines

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

2. Diagnostic parasitologique
2.1. Prélèvements
 Moment: accès thermique
 Piqûre au bout du doigt
 Ponction veineuse dans un tube contenant un
anticoagulant (EDTA)

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
2.2. Technique:
 Examen microscopique d’un frottis sanguin
(FS) mince et/ou d’une goutte épaisse (GE)
colorés par le Giemsa.
 Le FS a l’avantage d’être coloré et lu
rapidement.
 La GE permet une concentration des parasites
mais les délais de coloration et de lecture sont
plus longs (résultat 30 minutes au moins)
28
IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
2.3. Résultats:
 L’examen du FS et de la GE permet de mettre
en évidence les formes sexuées(gamétocytes)
et asexuées (trophozoïtes) des parasites intra-
érythrocytaires
 La fiabilité du résultat nécessite un technicien
bien entrainé, et un équipement de bonne
qualité.

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
2.3. Résultats:
Le diagnostic d’espèce des Plasmodies repose sur
plusieurs caractéristiques:
 Taille et modifications morphologiques de
l’hématie-hôte d’une part ( taille normale pour P.
falciparum)
 Caractéristiques des hématozoaires d’autre part
( trophozoïtes en forme d’anneau, soit sous forme
binuclée avec des noyaux opposés P.falciparum)
30
Plasmodium falciparum
frottis sanguin

TROPHOzoÏTES SCHIZONTES CORPS EN ROSACES

femelle male

GAMETOCYTES -
31
Plasmodium falciparum
• Frottis Goutte épaisse

32
Plasmodium ovale
• Pl

TROPHOITES SCHIZONTE CORPS EN ROSACE

Femelle
Mâle
GAMETOCYTE:
33
Plasmodium ovale
• Aspect du frottis Aspect de la goutte épaisse

34
Plasmodium malariae

• P

TROPHOZOÏTES EN BANDE EQUATORIALE SCHIZONTES

MALE FEMELLE

GAMETOCYTE 35
Plasmodium malariae
• Frottis goutte épaisse

36
Plasmodium vivax
rêt

TROPHO ZOÏTES CORPS EN ROSACE

Femelle Mâle

GAMETOCYTES

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
2.4. intérêt:
 Diagnostic de certitude du paludisme
 La numération des trophozoïtes de P falciparum
sur FS et GE permet la classification de l’accès
palustre
 Demeure la référence (gold standard) pour
l’évaluation des nouvelles méthodes de
diagnostic du paludisme: TDR ; PCR

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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
3. Diagnostic immunologique spécifique
3.1. Recherche des anticorps spécifiques
 Réservée aux enquêtes épidémiologiques et à
la détection du palu dans les poches de sang
 Aucun intérêt pour le diagnostic d’urgence
 I.F.I en utilisant comme antigène des frottis
sanguin des sujets parasités est la technique la
plus courante.
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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
3.2. Recherche d’antigènes par immunochromatographie
(TDRs)
 Principe:
- Mise en évidence soit de l’Histidine Rich Protein 2
spécifique de P. falciparum soit de la Lactate
Déshydrogénase du parasite.
- Des anticorps monoclonaux dirigés contre ces enzymes
sont fixés sur une bandelette de nitrocellulose.
- Apres la mise en contact avec le sang, la présence de
l’antigène est visualisée par action d’un deuxième anticorps
révélateur
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IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
- La réponse est rapide (moins de 15 min) sous
forme de trait sur la bandelette
 Prélèvement: identique pour la GE et le FS
 Techniques:
 Parasight P.falciparum
 ICT Malaria P.f. Test
 Optimal (4 espèces)
 Intérêt:
 Diagnostic rapide du paludisme
 Pas d’équipement lourd
 Pas de technicien bien entrainé 41
IV.DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
4. Diagnostic moléculaire (PCR)
 Détecte l’ADN parasitaire
 Plus sensible
 Nécessite un équipement important et des
techniciens compétents
 Réservée à des laboratoires spécialisés

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V.TRAITEMENT
Paludisme simple:
 Combinaisons thérapeutiques à base
d’artémisinine (CTA):
artésunate+amodiaquine (AS-AQ)
Artéméther+luméfantrine (AT-LU)
Artésunate+ méfloquine (AS-MF)
Paludisme grave:
 Sels de quinine à la dose de 30mg/kg/jour
répartie en 3 administrations espacées de 8
heures.
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VI. PROPHYLAXIE
Lutte antivectorielle:
- Adultes:
- Moustiquaires imprégnées d’insecticides
- Aspersions intra domiciliaires
- Repellens, fumigènes
- Larves:
- Lutte anti larvaire par épandage d’insecticides

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