Chapitre 9
Le Cycle cellulaire
Plan
1. INTRODUCTION
2. ETAPES DU CYCLE CELLULAIRE
3. MECANISMES MOLECULAIRES DE CONTRÔLE DU CYCLE CELLULAIRE
4. LES POINTS DE CONTROLE DU CYCLE CELLULAIRE ET CANCER
Objectifs du cours
• Décrire les principales caractéristiques morphologiques et moléculaires des
différentes étapes du cycle cellulaire
• Connaître les mécanismes moléculaires du contrôle du cycle cellulaire
• Expliquer le rôle des différents points de contrôle du cycle cellulaire et leur régulation
• Donner quelques applications de la régulation du cycle cellulaire en cancérologie
1. INTRODUCTION
• L'homéostasie (grec: homoïos, semblable, et stasis, arrêt) correspond à la capacité d'un système
à maintenir l'équilibre de son milieu intérieur, quelles que soient les contraintes externes.
• L’homéostasie cellulaire et tissulaire est régulée grâce au contrôle du cycle de la division
cellulaire.
• Le contrôle de cette multiplication cellulaire normale se fait par l'intermédiaire d'un équilibre
permanent entre facteurs activateurs (stimulateurs de la division cellulaire) et facteurs inhibiteurs
(freins de la division cellulaire).
• Chez des organismes uni ou multicellulaires, le cycle cellulaire va permettre de
reproduire génétiquement à l’identique une cellule.
1.1. Débouchés du cycle cellulaire
• Chez les organismes unicellulaires: permet de fournir 2 nouveaux organismes
• Chez Organismes multicellulaires: permet la formation d’un individu (l’embryogénèse,
croissance) ou le remplacement des cellules perdues par mort cellulaire programmée ou
accidentelle (épiderme, cellules intestinales, réparation des plaies).
• Pour chaque division cellulaire une série d’évènements doivent se reproduire:
duplication exacte de l’ADN et du centrosome; duplication des constituants
cytoplasmiques qui peut être approximative
1.2. Définition du cycle cellulaire
• Un cycle cellulaire est l’intervalle de
temps entre la naissance de la cellule de
la division précédente et la fin de la
mitose suivante.
• Le cycle cellulaire est une série
d’événements organisés et contrôlés au
cours desquels deux cellules filles
génétiquement identiques à la cellule
mère sont générées.
1.3. Durée de la division cellulaire
• La durée du cycle cellulaire est très variable et
dépend: Phases du cycle cellulaire Durée (heures)
Du type d’organisme: on considère que la durée du
cycle cellulaire d’une cellule animale est 22 h (ex:
G1 10
fibroblaste), 20 min pour une cellule embryonnaire
(surtout dans les toutes premières divisions) et de
3h pour la levure. S 7,5
Mais surtout de la durée de G1 (on parle
communément d’élasticité de G1)
G2 3,5
• On calcule la durée du cycle cellulaire en
additionnant la durée des différentes phases du
cycle. M 1
• Il est admis que la durée de la mitose ne
représente qu’approximativement 5% de la durée
totale du cycle cellulaire
1.4. Méthodes d’étude du cycle cellulaire
• 1.4.1. Microscopie optique
• Le cycle cellulaire a été étudié grâce aux
observations en microscopie optique ce qui
avait permis une vision simple et descriptive.
• Cette description est basée sur la
morphologie principale des cellules et la
possibilité d’observer la condensation des
Cellules animales en interphase (avec noyau) et en
chromosomes. mitose (présence de chromosomes) au microscope
optique ×400
1.4.2. Mesure du contenu cellulaire en ADN
• On peut mesurer le contenu cellulaire en ADN, en particulier par:
- Cytophotométrie : mesure d'absorption de la lumière par les cellules
- Cytométrie en flux: technique de comptage et de mesure des propriétés des cellules (taille,
contenu cellulaire, fluorescence)
- Autoradiographie: technique permettant de visualiser des molécules ou des fragments de
molécules marqués avec des éléments radioactifs)
- Immunocytochimie: une méthode d'analyse des cellules in situ par une technique
d'immunofluorescence.
• La majorité des études sont réalisées sur des cellules en culture.
Population à croissance lente
1.4.2.1. Cytométrie en flux (CMF)
G1 diploïdes, 2n
• La CMF est basée sur l’utilisation de cellules en
suspension. Les cellules sont colorées avec un G2 ou 1ere partie
colorant spécifique de l’ADN comme l’acridine de la phase M, 4n
orange ou de l’Iodure de Propidium (agent
intercalent, fluorescent et lipophobe).
• Le CMF va permettre d’injecter des cellules une par
une dans un faisceau de gouttelettes. Ces faisceaux Population à croissance lente
de gouttelettes seront excités par un laser créant
ainsi une émission de fluorescence qui sera détectée G1 diploïdes, 2n
G2 ou 1ere
et sera proportionnelle à la quantité d’ADN de la partie de la
cellule. phase M, 4n
• On fait des courbes du nombre de cellules en
fonction de la quantité d’ADN par cellule, et on
obtient généralement un graphe avec 2 pics
correspondant à plusieurs populations cellulaires. IM (index mitotique)= Nm (nombre des cellules
en mitose) divisé par Nt (nombre des cellules totales)
1.4.2.2. Immunocytochimie avec la bromodésoxyuridine
• La bromodésoxyuridine (BrdU) est un analogue
synthétique de la thymidine. Cet analogue est capable,
lors de la synthèse d’ADN de s’intégrer dans la
molécule d’ADN.
• On a développé des anticorps anti-BrdU.
• Il est donc possible de détecter à l’aide de ces
anticorps couplé à un fluorochrome les molécules
d’ADN ayant intégré la BrdU.
(a) Contrôle sans BrdU. Tous les noyaux, actifs ou pas, se
• Sur des cellules en culture, on peut rajouter la BrdU trouvent sur une simple corrélation des deux fluorescences.
(b) Culture synchronisée avant l'addition de BrdU pendant 4 h.
qui va s’intégrer dans les cellules qui resynthétisent Pour les noyaux actifs, le marquage IP augmente
leur ADN en phase S. Après lavage des cellules, on proportionnellement plus que celui du Hoechst, se déplaçant
peut les marquer à l’aide d’un anticorps anti-BrdU par S* et G2*. Beaucoup de cellules 2C° (inactives) et
couplé à un fluorochrome. quelques 4C° inactives apparaissent.
2. ETAPES DU CYCLE CELLULAIRE
• Le cycle cellulaire permet la production de 2 cellules filles génétiquement identiques.
• Il nécessite la synthèse de l’ADN permettant la réplication des chromosomes, leur
ségrégation et enfin la division cellulaire.
• Deux grandes phases sont visibles au microscope: l’interphase, où la cellule augmente
de taille et la mitose (avec succession de prophase, prométaphase, métaphase,
anaphase et télophase)
• L’interphase est l’intervalle de temps entre 2 mitoses successives. Elle est constituée des
phases G1, S et G2. On ne savait pas trop ce qui se passait pendant ces 2 intervalles
G1 et G2 (d’où leur appellation Gap qui signifie intervalle en anglais)
2.1. Phase G1 ( ou phase pré-réplicative)
• Au cours de cette phase, la cellule grossit, synthétise l’ARN et fabrique de nouvelles protéines (la
majorité des protéines est synthétisée au cours de cette phase). Elle assure ses fonctions
physiologiques.
• La durée de G1 est très variable : 6h pour les cellules de l’intestin grêle et 100 h pour les cellules
de l’œsophage.
• Les cellules en phase G1 ont la possibilité d’entrer dans une phase de repos G0 où elles peuvent
rester des jours, des semaines voire des années avant de retourner dans le cycle cellulaire.
• Par exemple après une ablation partielle du foie, les hépatocytes en phase G0 vont réintégrer le
cycle cellulaire, c’est-à-dire passer de la phase G0 à la phase G1 et se diviser afin de régénérer
le foie. Une fois la régénération hépatique terminée, les cellules vont arrêter de se multiplier et
sortir du cycle cellulaire vers la phase de repos dite phase G0
2.2. Phase S ( ou phase réplicative)
• Au cours de la phase S, il y a réplication de l’ADN passage de 2n à 4n ADN et début
duplication des centrioles.
• Sa durée moyenne est de 8 heures.
• On y assiste à un arrêt progressif de la synthèse des protéines à l’exception des
protéines histones et des enzymes de l’anabolisme de la thymidine triphosphate.
2.3. Phase G2 ( ou phase post-réplicative)
• On y assiste à la fin de la réplication des centrioles.
• Sa durée moyenne est de 3h.
2.4. Phase M ( ou Mitose)
• La mitose conduit à la division de tous les composants cellulaires (ADN et
cytoplasme).
• Elle est est caractérisée par la condensation des chromosomes, la disparition de
l’enveloppe nucléaire et la réorganisation des microtubules en fuseau mitotique qui
permettra la séparation des chromosomes en 2 lots équivalents.
• Le partage de l’ADN et du centrosome, est strictement égal entre les 2 cellules filles.
• Cependant, celui des autres constituants cytoplasmiques n’est pas toujours rigoureux
(Ce qui permet entre autres la spécialisation et la différenciation cellulaire).
2.5. variations de la quantité d’ADN au cours du cycle cellulaire
• En G1 : Cellule diploïde contenant 23 paires
de chromosomes ayant chacun 1 seule
chromatide
• A la phase S, on a la réplication de l’ADN et
donc chaque chromosome contient alors 2
chromatides sœurs contenant chacune 1
double brin identique.
• En G2 : chaque chromosome contient alors 2
chromatides sœurs contenant chacune 1
double brin identique.
• Au l’anaphase, on a un clivage des 2
chromatides sœurs. Ainsi, chaque
chromosome sera formé d’une seule
chromatide
3. MECANISMES MOLECULAIRES DE CONTRÔLE DU
CYCLE CELLULAIRE
• Le cycle cellulaire est sous le contrôle de complexes associant une sous-unité
régulatrice de la famille des cyclines et une sous-unité catalytique Cdk (Kinase cycline-
dépendante).
• La découverte de ces complexes a valu le prix Nobel 2001 de physiologie et de médecine
aux 3 scientifiques Leland H. Hartwell (USA), Timothy Hunt (UK) et Sir Paul M. Nurse
(UK).
• La compréhension du déroulement du cycle cellulaire mitotique normal a ouvert une
nouvelle voie de recherche en cancérologie.
• Le processus cancéreux étant caractérisé par une multiplication incontrôlée des cellules
tumorales, il est donc nécessaire de rechercher dans les cancers les anomalies liées aux
protéines impliquées dans le contrôle du cycle cellulaire normal.
3.1. Cyclines et Cdk
• Les Cdk sont des sérine-thréonine kinases, enzymes catalysant la phosphorylation de
protéines cibles (= substrats) qui jouent un rôle dans les événements du cycle cellulaire
(fragmentation de l’enveloppe nucléaire, compaction des chromosomes, réplication de
l’ADN…), ou dans l’avancement du cycle.
• Leur activité consiste à transférer le groupement γ-phosphate de l’ATP sur une sérine ou une
thréonine d’une séquence consensus (ex: S/T-P-X-R-K) présente sur une protéine cible
spécifiquement reconnue par la kinase.
• Les cyclines n’ont pas d’activité enzymatique, ce sont des protéines régulatrices nécessaires
aux Cdk pour qu’elles soient enzymatiquement actives. Elles subissent un cycle de synthèse
et de dégradation à chaque cycle cellulaire se traduisant par une variation de concentration
en fonction de la phase du cycle cellulaire. Elles sont dégradées par l’ubiquitine-protéasome
pathway.
3.2. Les complexes Cdk-Cyclines
• On dénombre chez l’Homme 6 complexes Cdk-Cyclines agissant dans le
déroulement du cycle cellulaire:
• Cycline D /Cdk 4
• Cycline D /Cdk 6
• Cycline E /Cdk 2
• Cycline A /Cdk 2
• Cycline A /Cdk 1
• Cycline B / Cdk1=MPF (Maturation Promoting Factor)
3.2. Différents complexes Cycline / Cdk interviennent à des moments précis
du cycle cellulaire
3.3. Actions des différents complexes Cycline / Cdk au cours du cycle
cellulaire
Moment Complexe Effets du complexe
du cycle Cycline / Cdk
G1 Cycline D / Cdk 4 • Phosphorylent et inactivent la protéine Rétinoblastome (pRb), ce qui a pour effet
et de libérer les facteurs de transcription E2F qui contrôlent l’expression de gènes
Cycline D / Cdk 6 nécessaires pour la transition G1/S et pour la progression de S (synthèse des
cyclines E et A, entre autres).
G1/S Cycline E / Cdk 2 • Responsable de la transition G1/S. Phosphoryle la protéine Rb.
• Induit la duplication du centrosome dans certains cas (xénope)
S Cycline A / Cdk 2 • Phosphoryle des substrats qui déclenchent et entretiennent la réplication de l’ADN
et l’inactivation de facteurs de transcription de la phase G1.
• Induit la duplication du centrosome chez les mammifères.
• Arrête la dégradation de la cycline B qui s'accumule.
G2/M Cycline B / Cdk 1 • Dirige la transition G2/M par phosphorylation de nombreux substrats et conduit la
progression de la mitose.
3.3. Régulateurs des complexes Cycline / Cdk
Les complexes CDK-Cyclines sont eux-mêmes régulés grâce à 3 systèmes :
Premièrement, grâce aux cyclines, qui se lient aux kinases du cycle pour les rendre
actives. L’activité des Cdk est donc contrôlée par un cycle de synthèse/dégradation
de leur cycline associée, tout au long du cycle cellulaire.
Deuxièmement, grâce à des protéines déphosphorylant (Cdc 25) ou phosphorylant
(CAK, Wee-1) les Cdk et qui permettent de compléter le contrôle de l’activité des
Cdk.
Troisièmement, grâce à des protéines inhibitrices, les CKI (Cdk Inhibitor), qui ne
régulent que négativement.
3.4. Activation des Cdk
• Les Cdk sont activées,
par :
- Des phosphatases
(Cdc 25) :
Déphosphorylations
activatrices dP Tyr 15; Thr14
P Thr161
- Des kinases [CAK
(Cdk Activating Kinase)
= Cycline H / Cdk 7) et
Polo K ]:
Phosphorylations
activatrices.
3.5. Inhibition des Cdk
Les Cdk sont inhibées par :
• Des protéines inhibitrices, les CKI:
p16, p21, p27, qui agissent sur les Liaison cycline
Liaison cycline
complexes Cycline/Cdk en les
dissociant;
Phosphorylation Ty2 15, Thr 14
• Une kinase : Wee 1 (responsable
de phosphorylations inhibitrices) qui
agit sur la Cdk 1 en phosphorylant Liaison Cdk
Myt 1
les sites tyrosine 15 et thréonine 14.
3.6. Structure tridimensionnelle et activation des Cdk
Toutes les Cdk présentent une structure
tridimensionnelle similaire, caractérisée par
l’existence de deux poches de fixation :
• l’une pour la protéine cible (différents
substrats spécifiques des complexes
Cycline / Cdk) ;
• l’autre pour l’ATP.
Pour pouvoir agir, les Cdk doivent présenter
Les acides aminés jouent aussi un rôle une conformation où les 2 poches sont
accessibles.
particulier suivant qu’ils sont phosphorylés Les activateurs (Cyclines, Cdc 25, CAK) et
ou non. Pour la Cdk1, il s’agit des acides les inhibiteurs (p16, p21, kinase Wee 1)
induisent des changements de conformation
aminés thréonine 161, thréonine 14 et des sites pour le substrat et pour l'ATP.
tyrosine 15.
3.6.1 Changement de conformation induit par la liaison de la cycline
Avant la liaison de la Cdk à la Cycline, le site catalytique de la Cdk est inaccessible pour l’ATP :
les boucles PSTAIRE (Pro-Ser-Thr-Ala-Ile-Arg-Glu) et T-loop ferment l’entrée du site. Sans cycline
la Cdk est inactive.
La liaison de la cycline provoque :
Un léger déplacement de la boucle T, domaine qui bloque l’accès du substrat dans la Cdk
monomérique, ce qui a pour effet de rendre accessibles la thréonine 161, d'une part, et les
thréonine 14 et tyrosine 15, d’autre part, aux molécules régulatrices.
Un changement de conformation à l’intérieur du site de liaison de l’ATP dû à une rotation du
domaine PSTAIRE qui provoquera l’alignement des 3 phosphates de l’ATP quand celui-ci se mettra
en place, alignement nécessaire pour le transfert du phosphate sur la protéine cible.
3.6.2 Changement de conformation induit par la CAK
• La CAK phosphoryle la Thréonine 161 qui se situe au sommet
de la boucle T et qui est devenue accessible après la liaison de
la cycline à la Cdk.
• Ceci a pour effet un changement de conformation qui dégage
l’entrée du site substrat et permet la fixation du substrat sur la
Cdk.
• La phosphorylation de la Cdk par la CAK est donc « activatrice
».
3.6.3 Changement de conformation induit par Wee 1 puis par Cdc 25
• Wee1 phosphoryle la Cdk 1 sur la Thréonine 14 et la Tyrosine 15.
• Ces phosphorylations provoquent une répulsion électrostatique qui interdit l’entrée de
l’ATP dans son site, elles sont donc inhibitrices.
•
• Dans ce cas, même si la Cdk 1 est phosphorylée sur Thr 161 par la CAK, elle reste
inactive car l’ATP ne peut pas prendre sa place.
• C’est la raison pour laquelle les phosphorylations inhibitrices dominent la
phosphorylation activatrice.
• Cdc 25, en déphosphorylant Thréonine 14 et Tyrosine Y15, permet à l’ATP d’entrer dans
son site, ce qui correspond à l’activation de la Cycline B/ Cdk 1.
3.6.4 Changement de conformation induit par les CKI
• La p21 se lie à la cycline et bloque la poche de l'ATP.
• La p16 se lie à la Cdk et empêche la fixation de la Cycline.
En conclusion, on peut retenir 3 mécanismes fondamentaux qui interviennent dans la
régulation de l’activité des Cdk :
1. Les cyclines se lient aux kinases du cycle pour les rendre potentiellement actives.
2. L’activité des complexes Cycline/Cdk peut être inhibée par la phosphorylation de 2
acides aminés (tyr15 et thr14) par les kinases Wee 1 et Myt 1. Au contraire, la
phosphatase Cdc 25 déphosphoryle Thr14 et Tyr15 et ainsi active les complexes ; la
phosphorylation d’un autre acide aminé (Thr 161) par la CAK est nécessaire pour
l’activation des complexes.
3. L’activité des complexes peut être inhibée à tout moment par des protéines
inhibitrices, les CKI (importantes dans le contrôle de G1 et S).
4. LES POINTS DE CONTROLE DU CYCLE CELLULAIRE
Les mécanismes de surveillance du cycle
cellulaire contrôlent les transitions G1/S, G2/M
et Métaphase/Anaphase.
• Ces mécanismes interviennent pour:
- Détecter des lésions (DDCP = DNA Damage
Checkpoint) sur l’ADN (transition G1/S);
- Détecter les anomalies de réplication de l’ADN
(RCP = Replication Checkpoint) (transition
G2/M);
- Pour contrôler que les chromatides-sœurs vont Ils assurent en quelque sorte le
bien se répartir équitablement dans les deux «contrôle qualité» du cycle cellulaire.
cellules filles (MCP = Mitotic Checkpoint)
(transition Métaphase/Anaphase).
4.1. Blocage de la transition G1/S
• Si l’ADN est endommagé, la
transition G1-S est bloquée par les
mécanismes de surveillance de
l’état de l’ADN (DDCP).
• Ces mécanismes aboutissent d’une part, à la dégradation de Cdc 25A, ce qui arrête le
cycle puisque les complexes Cycline D/Cdk 4 et Cyclines E, A / Cdk 2 ne peuvent plus
être activés par Cdc 25A, d’autre part à l’accumulation dans la cellule de p53 qui induit
l’expression de p21, inhibiteur des complexes Cyclines E, A / Cdk 2.
• La p53 induit également la transcription d’enzymes de réparation de l’ADN.
4.2. Blocage de la transition G2/M
• Dans ce cas, il s’agit pour la cellule de faire en
sorte que la mitose ne soit pas déclenchée
tant que la réplication n’est pas totalement
achevée ou tant que les lésions détectées
dans l’ADN qui s’est répliqué ne sont pas
réparées. Pour cela, les molécules qui
interviennent vont bloquer le processus
d'activation de la Cdk 1.
• Deux types de réponses existent :
• La phosphorylation de Cdc 25C entraîne sa séquestration dans le cytoplasme, loin de son substrat
nucléaire Cdk 1.
• Le maintien de l’arrêt en G2 fait intervenir également la p53, facteur de transcription de la p21 et
d’enzymes de réparation de l’ADN. La p21 bloque l’activité de cycline B / Cdk1.
• Ainsi, le complexe Cycline B / Cdk 1 garde ses phosphorylations inhibitrices, ou bien est bloqué par
la p21, tant que la réplication n’est pas achevée : aucune mitose ne débute avant la fin de la
réplication.
4.3. Point de surveillance de la transition métaphase / anaphase
• L’attachement correct des chromosomes au fuseau mitotique en plaque
métaphasique est indispensable au déclenchement de l’anaphase
• Un mécanisme s’assure que tous les chromosomes sont correctement attachés
au fuseau avant la séparation des chromatides-sœurs. Les chromosomes non
attachés au fuseau bloquent la séparation de toutes les chromatides-sœurs.
• les chromatides-sœurs se séparent lorsque la séparase détruit par protéolyse
spécifique la cohésine qui les maintient rassemblées. Tant que tous les
chromosomes métaphasiques ne sont pas correctement attachés au fuseau par
leurs kinétochores, la séparase est inhibée par la sécurine.
• La destruction de la sécurine dépend de l’APC-Cdc20 (APC = Anaphase
Promoting Complex, ubiquitine ligase active lorsqu’elle est associée à la
protéine Cdc 20) qui reste inhibée par la protéine Mad2 tant que les
chromosomes ne sont pas tous correctement attachés.
• Chaque kinétochore non correctement attaché au fuseau envoie un signal inhibiteur bloquant l’activation de APC-Cdc20. Ce signal
généré par le kinétochore non attaché correspond à la protéine Mad2. 46
• Une fois que tous les kinétochores sont attachés, Mad2 n’est plus activée et ne peut plus inhiber le complexe APC-Cdc 20 qui
devient actif, ce qui permet la destruction de la sécurine et la séparation des chromatides pour leur ascension polaire opposée.