•Terminus a quo
•Terminus ad quem
A. Naissance du Moyen âge et christianisation
de l’Empire
B. Rome et les Barbares
C. Aux origines de la royauté mérovingienne –
Childéric et Clovis
D. Évolution et transformation de la
société tardo-antique
E. (R)évolution carolingienne
F. Conclusions
Orient : large diffusion
Occident : diffusion inégale dans les grands villes
Paganus < paysan
Différentes formes de christianisme
« Grande Église » (ecclesia< 12 Apôtres ) =
orthodoxie
(orthos [droit] – doxa [doctrine, opinion])
« Dissidences » (hérésie= erreur)
- [Gnostiques, Marcionistes, Montanistes, Manichéens,
Novatiens…]
2 raisons majeures :
Chrétiens ne peuvent se résoudre à adorer
Rome et l’Empereur
Propos égalitaires perçus comme subversifs
Ier-IIIe s. Persécutions sporadiques et limitées
dans le temps et dans l’espace
260-303 « Petite paix de l’Église » (édit de
tolérance de Gallien 260)
303-311 Persécutions de Dioclétien
Moi, Constantin Auguste, ainsi que moi, Licinius Auguste,
réunis heureusement à Milan pour discuter de tous les
problèmes relatifs à la sécurité et au bien public, nous
avons cru devoir régler en tout premier lieu, entre autres
dispositions de nature à assurer, selon nous, le bien de la
majorité, celles sur lesquelles repose le respect de la
divinité, c’est-à-dire donner aux chrétiens comme à tous,
la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur
choix, afin que tout ce qu’il y a de divin au céleste séjour
puisse être bienveillant et propice, à nous-mêmes et à tous
ceux qui se trouvent sous notre autorité. [...] Il convient
donc que ton Excellence sache que nous avons décidé,
supprimant complètement les restrictions contenues
dans les écrits envoyés antérieurement à tes bureaux
concernant le nom des chrétiens, d’abolir les
stipulations qui nous paraissaient tout à fait
malencontreuses et étrangères à toute mansuétude, et
de permettre dorénavant à tous ceux qui ont la
détermination d’observer la religion des chrétiens, de le
faire librement et complètement, sans être inquiétés ni
molestés.
(LACTANCE, La mort des persécuteurs, 48, cité par P.
Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête
arabe, 3e éd., Paris, PUF, 2005, p. 6)
« édit » de Milan = application de l’édit de Sardique (30 avril
311) de Galère († 5 mai 311)
Conversion de Constantin dès Bataille du pont Milvius (312) ?
A partir de 313
Dispositions juridiques et économiques favorables à la
« Grande Église »
Transformation de la conception du pouvoir
Infléchissement de la pensée juridique
Adaptation du rôle religieux de l’empereur
• Convocation Nicée I (325) contre arianisme : pose les bases de
l’orthodoxie chrétienne (Trinité)
Disparition progressive de la religion romaine
Constantin pas seul responsable de cette évolution
Parenthèses sous le règne de Julien « l’Apostat » (361-363)
Principal acteur du triomphe du christianisme en
Europe ?
Responsable de la décadence de l'antique Empire
romain par un système d'oppression fondé sur
l'obscurantisme religieux ?
Subtil politique protectionniste qui a asservi la
liberté de l'Église ?
Les mesures de 313 sont le probable reflet du
souci impérial de reconnaître le christianisme
comme une religion de l’empire parmi d’autres
dans un souci d’apaisement
Remise en contexte :
IIe s. PJC : 4000km (E-O)/3500km (N-S) autour de la mer
Méditerranée (Mare nostrum)
IIIe s. PJC : crise politique et sociale transformations
politiques et administratives : répartition géographique
des tâches militaires
293 : Tétrarchie mise en place sous Dioclétien (285-305)
2 nouvelles capitales en Occident : Trèves et Milan
Sous Constantin : restauration de l’unité de l’Empire –
système autocratique et militaire
Réorganisation de l'empire romain sous Dioclétien et Constantin (284-337 ap. JC)
Source: © Bibliographisches Institut & F. A. Brockhaus AG, 2001
Constantinople symbole d’un pouvoir nouveau ?
Rupture avec l’antiquité classique : La capitale
impériale n’est plus en Occident ?
À nuancer :
Réunification dans les mains de Constantin =
parenthèse dans conception de répartition du
pouvoir
Rome conserve son droit de préséance en
matière religieuse
330 Symbole en correspondance avec 1453
Années 380-395 :
multiplication des mesures contre les
dissidences chrétiennes
l’Etat romain s’impose comme le garant de
l’orthodoxie
Multiplication des mesures contre les
religions traditionnelles
Paganisme devient peu à peu hors la loi
Ca. 391-394 : lutte atteint son paroxysme
529 : Tous ceux qui n’ont pas encore reçu le
baptême doivent se signaler, qu’ils résident
dans la capitale ou dans les provinces, se rendre
dans les très saintes églises, avec leurs
femmes, leurs enfants et toute leur maison, et
s’y faire inscrire dans la vraie foi chrétienne.
Et, une fois ainsi instruits, et ayant rejeté
sincèrement leur erreur antérieure, qu’ils
soient jugés dignes du baptême salvateur.
S’ils désobéissent, qu’ils sachent qu’ils seront
exclus de l’Etat et qu’il ne leur sera plus permis
de rien posséder […]
(Code Justinien I, XI, 10, cité par P. Maraval, Le
christianisme, p. 24)
Christianisation en Occident
Pas d’implantation en profondeur du christianisme
nicéen en Occident avant le milieu VIe /VIIe
siècle selon les régions
• Vives réactions à la promulgation de l’édit de
Constantinople de 392 (usurpateur Eugène, † 394)
• Après 476, rois barbares perçus comme les
représentants du pouvoir impérial mais arianisme
supplante l’orthodoxie
Francs = 1ers « barbares » nicéens (baptême de Clovis
ca. 496-499.)
- Conversions des autres au fil du VIe siècle
- Burgondes : 516
- Wisigoths : 589 (Récarède – Concile de Tolède)
- Ostrogoths : ariens
- Lombards extrême fin VIe siècle
En Occident : Interdiction légale du paganisme se
maintient difficilement – évêques seuls relais de
l’ancienne législation
• Église perd son bras « armé »
• Moines peu enclins à la violence contre les signes
extérieurs de paganisme rural
• Les grands propriétaires craignent le désordre
Les prescriptions du code théodosien ne sont pas
relevées avant le milieu du VI e siècle : il faut
attendre que les évêques retrouvent un relais de
leur prédication dans la personne royale.
• Réintroduction des principes de droit civil romain
dans le code juridique franc par le biais de
l’activité pastorale
Le Moyen Âge commence-t-il avec les
premières mesures d’encouragement à la
christianisation ?
Termini du IVe siècle
• ne valent que dans le domaine de l’histoire
de l’Église et du christianisme
• suggèrent à tort la continuité dans le
domaine de la politique religieuse en
Occident par delà la « chute » de l’Empire
Occident Orient
Franz Hayt, Atlas d’Histoire, 31e édition, Bruxelles, De Boeck, 2006, p. 40
IVe siècle : Christianisation et Moyen âge
313 : « édit de Milan »
330 : construction de Constantinople
392 : « édit de Théodose Ier »
[395 : scission de l’Empire]
Ve siècle : Rome et les Barbares
406 : « passage du Rhin »
410 : Sac de Rome
476 : « chute de l’Empire romain
d’Occident
Ca. 370 : début des « invasions barbares »
- Razzia
- Immigration et installation pacifique
- Transfert de populations
Occident Valentinien Ier : Rhin, Danube et G.-B.
Orient Valens : † 378 : Bataille d’Andrinople (contre
les Goths)
382 : signature d’un foedus entre Théodose Ier et les
Goths (Or.)
Foedus : pacte/traité : terres et moyens de subsistance contre
service militaire (hospitalitas)
383 : † de Gratien (Occ.) Valentinien II + Arbogast
(Franc)
392 : assassinat de Valentinien II par Arbogast
désordre dans l’empire (usurpateur Eugène)
429 : Vandales en Afrique
435 : foedus entre roi Genséric et
Rome
439 : prise de Carthage
Crise économique à Rome
455 : Pillage de Rome par Genséric
et annexion du reste de l’Afrique
romaine
Destruction de la flotte romaine
Puissance romaine égalée par celle
des Vandales et Wisigoths
430 : Menace des Huns (Attila)
Siège de Constantinople (échec)
Cap sur la Gaule (Reims, Paris, Orléans)
451 : Champs Catalauniques
(Campus Mauriacus) : victoire
romano (Aetius)- wisigothique (Théodoric
Ier)
453 : † Attila – fin de la menace
hunnique
454 : Assassinat Aetius
455 : Assassinat Valentinien III
Crise politique en Occident
Balard, Genet, Rouche, c. I, B.
« Chute de Rome » engendrées par des crises
internes et les mouvements de populations
Mais déclin économique suit la chute
Nouvel équilibre politique
((gallo)romains/germains) et religieux
(catholiques/ariens) en Occident
Analyse a posteriori de la situation
Ni changement brutal ni traumatisme
Perte d’autonomie impériale dans le temps long (ca.
407-480)
Degré d’implication et vitesse d’implantation des
barbares variables