Module : Fours et Chaudières
II.1. Réaction de combustion
Est une réaction chimique qui a lieu lors de la combinaison d’une substance
appelée combustible avec l’oxygène appelé comburant, pour former de
nouvelles espèces chimiques appelées produits de combustion (gaz brulés
ou fumées).
Cette réaction produit essentiellement un grand dégagement de chaleur
(réaction exothermique). Celle-ci ne peut s’amorcer qu’en présence d’une
énergie de démarrage, c’est la source de chaleur.
L’énergie de démarrage est très variable, elle peut être flamme, étincelle, frottement, choc,
réaction chimique (fermentation), ....
Les trois éléments, combustible - comburant - énergie de démarrage,
forment le triangle de feu
Triangle de feu
Exemple de combustion : Moteur à combustion interne
La combustion, pour se faire, requière trois paramètres :
- un combustible (pour l’automobile, le carburant)
- un comburant (pour l’automobile l’oxygène de l’air)
- une source de chaleur (pour l’automobile l’étincelle de la bougie ou la
pression dans la chambre de combustion).
II.1.1. Combustible
C’est la substance qui peut brûler en présence d’un comburant (l’oxygène) par
une réaction d’oxydation générant de la chaleur.
Les combustibles sont multiples (fioul, pétrole, gaz, charbon...), mais ils ont un
point commun, celui de contenir principalement des hydrocarbures,
combinaisons multiples de carbone et d’hydrogène.
Ils contiennent en quantités variables des éléments combustibles : comme le
carbone, l’hydrogène, le soufre et des éléments non combustibles : comme
l’azote, l’oxygène, l’humidité (A) et les cendres (W). Il existe trois familles de
combustibles : solide, liquide et gaz.
Combustibles Solides
Tous les combustibles solides contient de la matière organique (C, H, O),
sont d’origine végétale.
Exemples de combustibles solides : le bois, papier, carton, tissu, la tourbe
(roche organique constituée de 60% de charbon), le lignite. Le lignite est
un charbon composé de 65 à 75 % de carbone), etc.
Combustibles Liquides
On retrouve dans les combustibles liquides une variété presque infinie
d’hydrocarbures, à longue chaine de carbone.
Ces combustibles proviennent généralement du pétrole, qui est un mélange
d’hydrocarbures, c’est-à-dire de composés à base de carbone C et
d’hydrogène H, auxquels s’ajoutent essentiellement du Soufre S, de
l’oxygène O et de l’azote N, par exemple l’essence, le mazout, etc.
Combustibles Gazeux
Mélange d’hydrocarbures gazeux avec éventuellement de l’azote.
Exemples : gaz naturel, butane, propane, méthane, dihydrogène, etc.
Quelle que soit la nature du combustible, la réaction de combustion
proprement dite ne peut avoir lieu que lorsque les réactifs sont sous
forme gazeuse.
Si le combustible n’est pas à l’état gazeux, il se vaporise ou se sublime
préalablement (éventuellement après décomposition chimique).
II.1.2. Comburant
C’est la substance qui permet la combustion d’un combustible. Le
comburant le plus utilisé est le dioxygène (O2), contenu dans l’air ambiant
que nous respirons au quotidien, (dans l’air, le comburant c’est le
dioxygène, le diazote est considéré comme inerte).
En combustion, pour déterminer les quantités d’air théoriques, on utilise les
pourcentages suivants :
% en Masse % en Volume
O2 23 21
N2 77 79
II.1.3. Produits de combustion (fumées)
Les produits de combustion (fumées) sont constitués de :
Principalement
1. Dioxyde de carbone : CO2
2. Vapeur d’eau : H2O
3. Azote : N2
Eventuellement
4. Oxyde de soufre : SO2
5. Oxygène : O2
6. Monoxyde de carbone : CO
7. NOx : NO, NO2
8. Hydrogène libre : H2
9. Imbrûlés solides ou gazeux.
II.2. Les différents types de combustion
II.2.1 La combustion incomplète
Lorsque la combustion se fait avec une arrivée d’oxygène insuffisante, on
parle de combustion incomplète. Celle-ci se traduit par la production
d’imbrulés ou d’éléments partiellement oxydés comme le monoxyde de
carbone (CO), très dangereux pour la santé.
II.2.2 Combustion complète
On appelle combustion complète une combustion où tout le combustible
est oxydé. Les fumées ne contiennent aucun élément oxydable.
Lorsqu’il s’agit d’un hydrocarbure, à titre d’exemple, le carbone est
entièrement oxydé en dioxyde de carbone (CO 2) et l’hydrogène en eau
(H2O), qui selon les conditions de pression et de température, pourra être
sous forme liquide ou vapeur.
La combustion totale du carbone est donnée, quant à elle, par la réaction
suivante :
Il est à noter qu’une combustion complète produit plus d’énergie
(transférée sous forme de chaleur) qu’une combustion incomplète.
II.2.3 La combustion stœchiométrique
La combustion est dite stœchiométrique (neutre ou théorique) lorsque il
y a exactement assez de comburant pour oxyder totalement le combustible.
Les fumées ne contiennent ni oxygène, ni combustible. La Combustion
Stœchiométrique : complète sans excès ni défaut d’air.
Le dégagement de chaleur est alors maximum. La combustion
stœchiométrique est la base des calculs théoriques en combustion.
L’équation d’une combustion stœchiométrique est donnée comme suit :
II.2.4 La combustion réelle
La combustion en excès d’air
La combustion en défaut d’air
II.2.4.1 La combustion complète oxydante ou en excès d’air
Lorsque la combustion se fait avec un excès d’oxygène, la combustion est
alors complète mais oxydante. Celle-ci se traduit par un fort excès
d’oxygène et d’azote dans le produit de combustion, (une partie de l’air
comburant est utilisé pour l’oxydation du combustible, l’autre partie se
retrouvant dans les fumées).
L’équation de la combustion avec excès d’air s’écrit :
II.2.4.2 La combustion réductrice
La combustion est dite réductrice ou en défaut d’air si le volume d’air
admis pour la combustion de l’unité de combustible est inférieur au volume
d’air stœchiométrique; l’oxygène y est néanmoins totalement utilisé donc pas
de présence d’O2 dans les fumées, mais il y a formation de monoxyde de
carbone (CO).
Exemples de la réaction de combustion
Combustion du carbone : C + O2 + SQ → CO2 + chaleur
Combustion de l’hydrogène : 2H2 + O2 + SQ → 2H2O + chaleur
Combustion du soufre : S + O2 + SQ → SO2 + chaleur
Combustion du méthane : CH4 + 2O2 + SQ → CO2 + 2H2O + chaleur
Chaleur de la réaction dans les conditions standards
Dans une réaction chimique, si les réactifs sont pris dans l’état standard, la
chaleur de réaction Qp est appelée enthalpie standard de la réaction et notée
ΔHr°.
L’enthalpie standard de la réaction est donnée par la loi de Hess :
Chaleur de la réaction à une température quelconque
Pour une réaction chimique s’effectuant à une température différente de la
température standard T0, l’enthalpie de la réaction ΔHr(T) est donnée par
l’expression suivante :
II.3 Calcul et grandeurs de combustion
Le calcul de la combustion est important surtout pour la construction ainsi que pour l’étude
et le contrôle des fours et les chaudières.
II.3.1 Pouvoirs calorifiques d’un combustible
C’est la quantité de chaleur produite par la combustion totale d’une quantité unitaire de
combustible. La quantité d’énergie produite par la combustion est exprimée en joules (J);
il s’agit de l’enthalpie de réaction. Dans les domaines d’application (fours, brûleurs,
moteurs à combustion interne, lutte contre incendie), on utilise souvent la notion de
pouvoir calorifique, qui est l’enthalpie de réaction par unité de masse de combustible ou
l’énergie obtenue par la combustion d’un Kilogramme de combustible, exprimée en
général en kilojoule par kilogramme (KJ/Kg).
II.3.1.1 Le pouvoir calorifique supérieur (PCS)
Quantité d’énergie dégagée par la combustion complète d’une unité de
combustible, la vapeur d’eau étant supposée condensée et la chaleur récupérée,
(dans ce cas l’eau qui résulte de la combustion est supposée ramenés à l’état
liquide dans les produits de combustion).
II.3.1.2 Le pouvoir calorifique inférieur (PCI)
Quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d’une unité de
combustible, la vapeur d’eau étant supposée non condensée et la chaleur non
récupérée, (l’eau qui résulte de la combustion est supposée à l’état vapeur
dans les produits de combustion).
Relation entre les pouvoirs calorifiques PCI et PCS
On a la relation :
Avec : PCS, PCI en KJ/Kg de combustible, KJ/m3 de combustible ou Kcal/Kg
de combustible.
Lν : est la chaleur d’évaporation de l’eau en Kcal/Kg.
On désigne les constituants d’un combustible par leurs lettres minuscules
représentant ainsi leur masse ou volume dans un mélange d’1Kg ou d’1
Nm3 (normal mètre cube). Ainsi :
c : fraction de carbone du combustible
h : fraction d’hydrogène du combustible
s : fraction de soufre du combustible
n : fraction d’azote du combustible
o : fraction d’oxygène du combustible
w : fraction d’eau (ou en humidité) du combustible
En fraction : h + c + o + n + s + w + ........ = 1
Quand le combustible ne contient ni eau, ni hydrocarbure, ni hydrogène, on a :
Dans le cas contraire, lorsque le combustible contient l’eau, et un hydrocarbure,
hydrogène, on a :
D’où :
Avec :
H = teneur (%) en H2 et W = teneur (%) en humidité.
Plusieurs formules sont proposées pour le calcul de ce pouvoir
Pour les combustibles solides ou liquides à faible teneur en hydrogène
ou oxygène tel que la coke et l’anthracite, on a par exemple la formule
de Dulong :
Pour les combustibles gazeux, on a :
aj : Teneur du constituant j dans le combustible
PCIj : Pouvoir calorifique inférieur du constituant j
II.3.2 Etude des paramètres caractéristiques de la combustion théorique
La combustion théorique est une réaction du combustible avec l’oxygène de
l’air dans les conditions stœchiométriques.
En réalité, aucune combustion ne peut se faire de façon stœchiométrique, car
une combustion réelle se fait avec un excès d’air ou un défaut d’air. Les
paramètres qui caractérisent un combustible sont :
II.3.2.1 Le pouvoir Comburivore
C’est le volume ou la masse d’air (en Nm 3 ou Kg) strictement nécessaire et
suffisant qu’il faut fournir pour assurer la combustion théorique ou neutre de
l’unité de combustible (un Kg de combustible solide ou liquide ou un Nm 3 de
combustible gazeux). On le note Va pour le volume et αa pour la masse.
Unités :
[Nm3 d’air / Nm3 de combustible]
[Nm3 d’air / Kg de combustible]
[Kg d’air / Nm3 de combustible]
[Kg d’air / Kg de combustible]
Relation :
VO2 : Volume d’oxygène nécessaire
VN2 : Volume d’azote
II.3.2.2 Pouvoir fumigène
C’est la quantité de fumées (en Kg ou Nm3) produites par la combustion
neutre ou théorique d’une unité de combustible (Kg ou Nm 3) (un Kg de
combustible solide ou liquide ou un m 3N de combustible gazeux). On le note
Vf pour le volume et mf pour la masse.
Il existe deux types de pouvoir fumigène :
- Le pouvoir fumigène sec noté Vfs
- Le pouvoir fumigène humide noté Vfh
Relations : Pouvoir Fumigène sec :
Pouvoir Fumigène humide :
II.3.2.3 Autres expressions des pouvoirs comburivore et fumigène
II.3.2.3 .1 Cas des combustibles solides et liquides
on détermine le pouvoir comburivore :
Le pouvoir comburivore théorique est noté α0 et est exprimé en kg d’air par kg
de combustible :
C, H, S et O représentent les teneurs en % du combustible en carbone, en
hydrogène, en soufre et en oxygène.
Pour éviter que la proportion d’imbrûlés ne soit pas trop grande, on introduit
une quantité d’air αa supérieure à la valeur théorique α0.
Cette quantité αa représente le pouvoir comburivore réel.
Le pouvoir fumigène Vf est égal au volume de produit de réaction plus la
quantité d’azote pris à l’air atmosphérique.
Si x est la teneur en cendre du combustible, en écrivant la conservation de la
masse, on a :
II.3.2.3 .2 Cas des combustibles gazeux
Pouvoir comburivore :
Ψ : teneur en oxygène du comburant : Ψ = 0,21 pour l’air
Pouvoir fumigène sec :
On ajoute le volume des différents gaz contenus dans les fumées sauf la vapeur
d’eau.
Pouvoir fumigène humide
La vapeur d’eau provient de la combustion : VH2O et de l’humidité du carburant : VH est le
volume de la vapeur d’eau produite par l’humidité contenue dans le carburant.
II.3.3 Paramètres caractéristiques de la combustion réelle
Dans une combustion réelle la réaction peut ne pas être totale ni complète. Elle
peut en outre, se faire avec un excès ou un défaut d’air (par rapport à la
combustion neutre).
On désignera par « ' » les grandeurs de la combustion réelle :
V'a : Le volume d’air réel
V'fh : Le volume de fumée dégagé par la combustion réelle…
II.3.3.1 Facteur d’air
Le facteur d’air (λ), est le rapport du volume d’air réellement utilisé (V'a) sur
le volume d’air théorique (V ) :
En combustion stochiométrique V'a =Va donc λ=1
En combustion oxydante (en excès d’air) V'a >Va donc λ >1
En combustion réductrice (en défaut d’air) V'a <Va donc λ <1
Exemple : Un brûleur au gaz consomme 11,88 Nm3 d’air par Nm3 de gaz.
Son pouvoir comburivore est de 9,9 Nm3. Calculer son facteur d’air.
V'a = 11,88 Nm3 d’air par Nm3 de gaz
Va = 9,9 Nm3 par Nm3 de gaz
II.3.3.2 Excès d’air
L’excès d’air (Ea) est le rapport du volume d’excès d’air (Vea) sur le volume
d’air théorique (Va) :
Or, la relation entre le facteur d’air λ et l’excès d’air E a
II.3.3.3 Défaut d’air
Le défaut d’air est le rapport du volume de défaut d’air (Vda) sur le volume
théorique (Va) :
D’où
II.4 Les équipements de combustion
L’équipement de combustion est constitué de machines conçues pour brûler une
source de combustible en combinaison avec l’oxygène de l’air pour produire de
la chaleur et de l’énergie. Les différents types d’équipements de combustion
comprennent les fours, les générateurs d’air chaud, les chaudières, et les
moteurs…etc. La conception peut en outre être identifiée par la source de
combustible telle que le pétrole, le gaz naturel, le charbon ou le bois.