Les défauts dans les solides
Y. TAIBI
Nov 2014
Plan
• Introduction
• Solutions solides
de substitution
d’insertion
• Détermination de la composition
• Défauts dans les solides
Caractéristiques principales des
métaux
• Caractère cristallin
• Conductivité électrique et thermique
• Résistance et ténacité
90%des métaux sont à base de fer :
– Des aciers au carbone(contenant plus de 98% fer)
jusqu’aux alliages spéciaux (contenant jusqu’à 50%
d’éléments d’alliages)
– Fontes
Alliages non ferreux
10%des métaux sont non ferreux :
– Alliages légers: Al, Mg, Ti et Be (densité <<)
– Alliages lourds: Cu, Zn, Pb, Sn (conductivité, corrosion)
– Métaux réfractaires: W, Ta, Mo (haut point de fusion)
– Superalliages: Ni, Co (propriétés mécaniques à haute T°)
– Métaux précieux: Au, Ag, Pt (corrosion lente)
Modes de production des métaux
Alliages coulés: 20% à la forme
finale
Alliages corroyés: 80% par
déformation de demi-produits : plats, tôles, ronds, fils,
Modes de production tubes
Métallurgie des poudres par broyage, compactage
et densification (demande peu d’usinage ultérieur)
Plan
• Introduction
• Structure cristalline
des métaux purs
des alliages métalliques
• Classification des défauts dans les
solides
Structure des métaux
Liaison métallique= liaison forte non orientée
nombre relativement élevé de 1ervoisins et
d’empilements atomiques denses
Arrangement le plus compact possible des atomes
Structure cristalline: sphères solides de diamètre
précis, modèle des sphères atomiques rigides
Structure des solutions et des
composés
Peu de métaux utilisés sont purs MAIS avec
éléments d’addition alliages avec de meilleures
propriétés mécaniques
Exp: l’argent fin (Ag avec 7,5% de Cu)
Solubilité des éléments d’alliage varie entre moins
de 0.01% et 100% suivant l’élément
Structure des solutions et des composés
Exemples:
•Acier à température ambiante : le Fe dissout 0.007%
de C
•Le Cu dans le laiton dissout + de 30% de Zn
•Système Cu-Ni : solubilité totale
2 grandes classes de solutions solides
•Solution solide d’insertion
•Solution solide de substitution
Certains alliages contiennent des éléments
d’alliages au-delà de la limite de solubilité :
–Soit solution solide
–Soit formation d’un composé chimique
Solution solide d’insertion
Solution solide d’insertion:
limitée à quelques % mais peut
avoir une grande influence sur
les propriétés mécaniques
Soluté en insertion
« petit » élément (interstitiel)
dans les métaux courants :
C, H, N, O
Solution solide de substitution
Solution solide de substitution:
atomes dissous de taille
comparable aux atomes hôtes.
Règles de miscibilité:
-Taille
-Structure cristalline
- Electronégativité
- valence
DÉTERMINATION DE LA COMPOSITION
• On détermine la composition d’un alliage en fonction des
éléments qui le constituent.
• La composition s’exprime en pourcentage massique ou
en pourcentage atomique
(%m) est le rapport de la masse d’un élément à la
masse totale de l’alliage(concentration relative d’un
élément)
C1 = m1/m1 +m2 .100
(% at) est la concentration relative d’un élément dans un
alliage, mais sa valeur correspond au nombre de moles de
l’élément divisé par le nombre des moles de tous les
éléments contenus dans l’alliage. Nm1 = m1/M1
C1 = n1/n1 +n2 .100
Défauts : classification
Une structure n’est parfaite que sur des volumes très
faibles
Toute structure comporte des défauts
Nombreuses propriétés dépendent de la présence
des défauts dans les cristaux.
Classification par types de défaut
ponctuels (0D)
linéaires (1D)
surfaciques (2D)
volumiques (3D)
Défauts ponctuels : Caractéristiques
d’après
www.ocw.mit.edu
Types de défauts : lacune, auto-interstitiel (rare), soluté en insertion ou en
substitution
Solides ioniques : préserver la neutralité électrique locale 2 défauts associés
Défauts ponctuels : Effets
Le nombre nl de lacunes en équilibre dans un matériau est
fonction de la température comme l’indique la relation
suivante:
nl = N exp (- Ql / KT)
N: nombre de sites atomiques
Ql: énergie de formation d’une lacune
K: constante de Boltzmann (1,38 .10-23J/K ou 8,62. 10-5 eV/K)
Impact des défauts ponctuels sur les propriétés des matériaux
• Propriétés liées aux phénomènes de transport de
matière : diffusion grâce aux lacunes.
Auto interstitiel : crée des forces de distorsions dans le
réseau(formation peu probable ,donc concentration moindre)
Défauts ponctuels
Dans les cristaux ioniques (céramiques)
En raison de la loi de conservation de la neutralité électrique, seules
les paires de défauts peuvent se former.
Défauts intrinsèques (cas des cristaux stoechiométriques)
Défaut de Schottky: lacune cationique –lacune anionique
Défaut de Frenkel cationique: lacune cationique–interstitiel cationique
défaut de Schottky défaut de Frenckel
Défauts linéaires : Définition des dislocations
Distorsion locale d’un réseau cristallin parfait
Existence postulée dès 1934 (Orowan, Polanyi, Taylor, Burgers)
Observation dans les années 1950 (microscopie électronique)
dislocations dans un
alliage de titane
1 μm
Défauts linéaires : Définition des
dislocations
Définition d’une dislocation
La dislocation est un défaut du cristal qui résulte d’une
perturbation de la structure centrée autour d’une ligne ou d’une
rangée réticulaire. Coupons un cristal à réseau cubique idéal selon
un plan en déplaçant sa partie supérieure d’une distance
interatomique. Pour permettre de reformer les liaisons
interatomiques, il est nécessaire que le déplacement s’effectue le
long du plan de coupe. -lorsque le déplacement des atomes est
effectué dans une direction perpendiculaire à la ligne. Ce plan
d’atomes supplémentaires s’enfonce donc comme un coin, d’où le
nom dislocation-coin. Si le déplacement des atomes se fait
parallèlement à la ligne AB, on induit une torsion hélicoïdale qui a
la ligne comme axe. Ce défaut linéaire est appelé dislocation-vis.
Les signes extérieurs du glissement des atomes sont les marches.
Défauts linéaires : Dislocation coin
La dislocation vis
Glissement d’une partie du cristal parallèlement à un plan dans
une direction qui est le vecteur de Burgers
Pour une dislocation vis, la ligne est parallèle au vecteur de
Burgers
Défauts linéaires : Définition des
dislocations
Définition d’une dislocation
Tout autre déplacement dans le plan formant un angle quelconque
avec la ligne produit une dislocation mixte, c'est-à-dire une
dislocation ayant en même temps une composante vis et une
composante coin. La notion de dislocation a été introduite de
manière très simple en effectuant une translation des atomes
d’une partie d’un cristal idéal parallèlement à un plan de coupe qui
est appelé plan de glissement. C’est dans ce plan que la dislocation
se déplace dans le cristal. Le déplacement d’une dislocation dans
un cristal change sa forme de manière permanente. Ce
phénomène est appelé déformation plastique. Le vecteur qui
caractérise l’amplitude, la direction et le sens du déplacement de
la dislocation est appelé vecteur de Burgers b. on le détermine par
la méthode dite du circuit de Burgers.
Défauts linéaires: Dislocations en 3D
cas extrêmes :
vis (b // dislocation)
coin (b dislocation)
cas intermédiaires :
mixtes vis + coin
b ^ dislocation :
dislocation coin
b // dislocation :
dislocation vis
Détermination du vecteur de Burgers
Défaut de fermeture d’un circuit qu’on aurait tracé autour
de la dislocation
Défauts linéaires : Effets
Impact des défauts linéaires sur les propriétés des matériaux
Déformabilité: le déplacement des dislocations conditionne la
plasticité. déformation irréversible, indépendante du temps,
peu endommageante en général
exemple : mise en forme des métaux et alliages
métalliques emboutissage de tôles pour l’automobile...
Phénomènes de transport
diffusion plus facile le long des dislocations que dans le réseau
à éviter à tout prix dans les semi-conducteurs purs (micro-
électronique)
(font chuter leur résistivité électrique)
Mouvement des dislocations
représente une séquence complète de déplacement d’une
dislocation-coin dans un cristal.
Mouvement des dislocations
séquence complète de déplacement d'une dislocation-coin dans
un cristal
Défauts surfaciques (2D) : Définition
Types les plus courants de défauts surfaciques :
surfaces libres
Maclage
joints de grains = interfaces entre grains
fautes d’empilement
Défauts surfaciques : Surfaces extérieures
Perturbation du voisinage des atomes de surface
perte de certains premiers et seconds voisins
Energie importante
adsorption facile d’espèces chimiques ou de particules (poussières)
L’énergie de surface d’un cristal dépend de l’orientation du cristal sous-jacent
principe de la révélation des grains par attaque chimique
gouverne la réactivité de la surface (oxydation, etc...)
Alliage 600(a base Ni)
microscopie optique
après attaque oxydante
Joints de grains
Métaux et alliages polycristallins
Joint de grains= surface d’accollement entre 2 cristaux
d’orientation cristallographique différente
= suite de dislocations
= zone de fragilité en fluage
= siège de corrosion localisée
(corrosion intergranulaire)
Joints de grains
Il existe deux types :
o Sous-joints de flexion : assimilable à un ensemble de dislocations-coin parallèles
espacés d’une distance
o Sous-joints de torsion : assimilable à un ensemble de dislocations-vis parallèles
Défauts surfaciques : Joints de grains
Joints plus ou moins cohérents (coïncidence)
Joints de macle : symétrie par rapport au plan de joint,
avec coïncidence parfaite dans ce plan
1 grain = 1 cristal + 1 orientation
H. Gleiter, Acta Mater. 48 (2000), p. 3 Alliage 600 (base nickel)
Défauts bidimensionnels – les macles
Défauts surfaciques : Fautes d’empilement
Défauts à trois dimensions
Cavités : porosités (céramiques, métallurgie des
poudres)
retassures (défauts de fonderie)...
Inclusions de matière étrangère au matériau
poussières de creusets
oxydes lors de l’élaboration d’un métal liquide...
Phases non désirées
impuretés chimiques insolubles dans le matériau
(Fe dans Al...)
phases apparues en service (vieillissement)...
Phases au fer dans un alliage d’aluminium
(Asserin-Lebert 10 μm et coll., 2002)
10 μm