La
microstructure
Cours 5
Introduction
Après avoir énuméré l’ensemble des difficultés rencontrées par le lexicographe pour
établir la nomenclature, i.e. la macrostructure, et exploré les critères retenus et
communiqués par les lexicographes pour établir et circonscrire cette liste de mots
vedettes, ce cours a pour objectifs de:
- Distinguer les différentes composantes d’un article de dictionnaire ( axe
horizontal) et leur agencement.
- Distinguer les éléments obligatoires des informations facultatives.
- Connaître les disciplines de la linguistique qui constituent la source
d’information des lexicographes.
La microstructure
On appelle microstructure ou article du dictionnaire l’ensemble des informations mises en
regard de l’entrée. Un dictionnaire de langue fournira des informations d’ordre
linguistique, totalement ou partiellement, et qu’on peut résumer en quatre
composantes: phonétique et orthographique, grammaticale, sémantique et
métalinguistique.
Généralement l'article contient les informations suivantes :
- La mention du mot avec sa graphie, suivie de sa prononciation,
- La composante syntaxique : la catégorie grammaticale, et éventuellement le genre et le
nombre.
- La composante sémantique : la définition ou analyse du signifié.
- La composante extralinguistique : indications typographiques, stylistiques, …
Les composantes phonétique et orthographique
● Cette composante renferme la transcription phonétique du mot-entrée et
de sa graphie.
● L’orthographe (principal motif pour le recours au dictionnaire): Outre la vedette qui
constitue l’entrée de l’article et précise donc son orthographe référentielle, le
dictionnaire peut renseigner occasionnellement sur les différentes graphies possibles,
notamment pour les mots d’origine étrangère. Pour les verbes, le dictionnaire peut
parfois renvoyer à d’autres verbes dont la conjugaison est similaire à l’entrée, ex.
conjug. « lever », ou à un tableau de conjugaison, ex. conjug. 4
Les composantes phonétique et orthographique
● La prononciation: immédiatement après l’entrée, entre crochets droits, est fournie en
alphabet phonétique international. Le dictionnaire peut renseigner sur les
prononciations différentes selon les contextes,
ex. ( dix) ⎢dis ⎢ ou ⎢ di ⎢ .
● Il arrive que deux prononciations soient attestées.
ex. mœurs \mœʁ\ ou \mœʁs\
● On peut fournir des indications sur l’interdiction des liaisons.
ex. Si on ouvre le Larousse, une petite étoile indique que tel mot
comporte un h aspiré ( ne permettant donc pas la liaison) . Par exemple: *hache. Le
Robert, lui, opte pour le signe d'apostrophe
La composante grammaticale
A/ La catégorie grammaticale
● L’indication de l’appartenance catégorielle a une grande importance du fait qu’elle
annonce dès l’abord de la microstructure la classe à laquelle appartient le mot
vedette, sans passer par la forme du mot ou par les définitions
● Comme nous l’avons vu dans le cadre de la constitution de la nomenclature, les
homonymes qui appartiennent à deux classes grammaticales différentes
correspondent à deux vedettes ou entrées. La mention de la catégorie grammaticale
oriente l’usager sur le mot recherché.
La composante grammaticale
B/
Le genre et le nombre: Tous les dictionnaires, aussi bien monolingues que bilingues,
sont d’accord pour présenter les mots-entrées sous la forme du masculin singulier.
Soucieux, en effet, de fournir des informations d’ordre grammatical, les auteurs
des dictionnaires mentionnent souvent le féminin et le pluriel quand le mot mis
en vedette s’y prête. Ces catégories sont introduites métalinguistiquement par les formes
abrégées « f. » ou « fém ». pour le féminin et « pl. » ou « plur. » pour le pluriel.
Etymon et dates
● Généralement indiqué entre parenthèse, l’étymon se trouve souvent après la catégorie
grammaticale. Le lexicographe précise la langue de laquelle le mot tire son origine ,
cette mention se présente en abrégé, ex.: Lat. pop.
● Quelques dictionnaires présentent aussi les intermédiaires , i. e. les formes et les
variantes attestées entre l’étymon et la vedette.
● La date renvoie à la date où le mot est attesté pour la première fois. Cette information
se base uniquement sur l’écrit car l’oral est intraçable, la date peut subir des
changements selon les découvertes à travers les différentes éditions.
● L’étymon n’est pas fourni de manière systématique. Il s’agit d’un élément facultatif,
contrairement à la transcription phonétique et à la catégorie grammaticale.
La composante sémantique
● C’est le prédicat principal donné à un mot entrée, constituant incontournable du
traitement lexicographique.
● Selon Mariotte (1678), « La proposition qui se fait pour donner à connaître quelque
chose est signifiée par le nom dont on se sert est ici appelée définition et elle consiste
à faire connaître cette chose par le moyen d’autre noms qui la fassent distinguer de
toute autre chose et desquels la signification soit connue à ceux à qui on parle ».
La composante sémantique
● La règle principale de toute définition est de fournir les traits distinctifs, la spécificité
du mot vedette.
● La définition n’a pas besoin d’être complète, ex. pour définir le mot carotte, on n’a
pas besoin de savoir combien faut il l’attendre pour pousser, quand la semer, quand la
récolter, ni la quantité d’eau requise…
● Elle doit être suffisante pour être comprise du locuteur Lambda.
La composante sémantique
- La composante sémantique se trouve généralement réduite à la définition
et à l’exemple qui sont considérés comme les pièces maîtresses vu leur importance.
- La définition est la pièce maîtresse des dictionnaires puisqu’elle est dans la conscience
sociale l’objet même du dictionnaire. Le dictionnaire de linguistique précise que « dans
un dictionnaire, la définition est l’analyse sémantique du mot d’entrée. Elle est
constituée d’une série de paraphrases synonymiques du mot d'entrée, chaque
paraphrase, distincte des autres, constituant un sens, ou, dans la terminologie
lexicographique, une acception. Les définitions (ou sens), distinguées les unes des autres
par des numéros, des tirets, des barres, etc., se succèdent selon un rapport historique ou
logique (parfois dans l’ordre de la fréquence en langue) ».
La composante sémantique
● La définition recourt dans la paraphrase synonymique à des termes génériques qui
sont des définisseurs : ainsi le terme « véhicule » servira dans les définitions
de automobile, cabriolet, voiture, etc., à l’analyse sémantique du mot d’entrée.
Elle est constituée d’une série de paraphrases synonymiques, chaque paraphrase
distincte des autres, constituant un sens, ou, dans la terminologie lexicographique,
une acception.
Les définitions (ou sens), sont distinguées les unes des autres par des numéros, des
tirets, des barres, etc. »