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Introduction à la science politique 2022-2023

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COURS DE

INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE


Semestre premier

Année universitaire 2022-2023


Introduction
I- Genèse et développement de la science politique

L’évolution spectaculaire des sciences sociales a


débouché depuis la seconde moitié du 19eme siècle
sur un besoin naissant d’une nouvelle « science de
l’État », notamment aux États-Unis.
Les universités nord-américaines ont institué de façon
évolutive ce nouveau champ disciplinaire, qui a aussitôt
posé problème aussi bien par son objet que par ses
méthodes et ses sources.
Le pragmatisme américain a permis une évolution
rapide de la science politique à travers une
multitude de transformations sur la base d’acquis
méthodologiques et également à certains égards
l’intégration d’autres champs disciplinaires,
notamment, les relations internationales, la
science administrative…
pour aboutir à un usage au pluriel du terme,
notamment « les sciences politiques ».
Par contre, en Europe et plus particulièrement en
France, la science politique a été confrontée à des
obstacles aussi bien d’ordre intellectuel
qu’institutionnel, et perçue comme le fondement
essentiel de l’activité étatique.
En effet, depuis ses débuts, la science politique s’est
trouvée confrontée à l'emprise de droit public.
Le « phénomène politique » dans le cadre de l’État est
intégré comme objet de droit public à travers les deux
champs disciplinaires majeurs, le droit constitutionnel
et le droit administratif.
Le droit en tant qu’ensemble de règles
essentiellement conditionnées par la contrainte (par
le caractère impératif de la règle de droit et également
par l’acte unilatéral de la puissance publique).
Toutefois, cette représentation du « fait politique » ne
permet pas de prévoir tous les mécanismes et
articulations dont dépend le fonctionnement du
pouvoir.
Il n'est pas possible, par exemple, de percevoir à travers la norme
constitutionnelle la relation effective entre le président des États-Unis
d'Amérique et le Congrès, parfaitement occultée du fait de la
séparation rigide des pouvoirs, qui est un attribut fondamental du
régime présidentiel américain,
ni les fonctions des partis politiques en tant
qu’institutions régulatrices du jeu politique, abordées
par le texte constitutionnel et les règles législatives
organiques,
et de façon plus excentrique,
le rôle de la coutume constitutionnelle comme
élément complémentaire au texte solennel destiné à
l'adapter aux spécificités sociologiques, politiques... et
culturelles d'un contexte déterminé.
Maurice Duverger propose de dépasser toute conception
à priori de l’État et du mode de gouvernement et
d'admettre une approche rationnelle du « fait politique »,
et également d’appréhender « les structures et les
mécanismes du gouvernement des hommes tels qu'ils
sont, et non plus tels qu'ils devraient être, ou plutôt
telles qu'on voudrait parfois nous faire croire qu'ils sont
».
Le « fait politique » ou du pouvoir est abordé
désormais dans son contexte historique, géographique,
culturel, religieux...
En d'autres termes, la « science politique ne
s'intéresse plus seulement aux gouvernants, mais
d'abord aux gouvernés, démocratisant en quelque
sorte l'objet de son étude. »
À titre d'exemple :
la science politique aborde plutôt la manière dont se
dégage la majorité appelée à faire la loi, alors que la
norme constitutionnelle définie cette majorité comme «
l'expression de la volonté générale nécessairement
toujours bonne et insusceptible de toute contestation par
les minorités ».
Ainsi si la confusion entre science politique et droit
constitutionnel exprime l'objet initial de la science
politique.
Cette discipline est considérée par la suite comme
destinée à corriger et interpréter la théorie générale de
droit constitutionnel.
En effet, la science politique a réalisé une évolution
spectaculaire par l'affirmation d'une identité propre.
La science politique n'est plus le corollaire obligé du
droit constitutionnel,
mais une discipline indépendante dont l'objet s'articule
autour d'une approche fondée sur l'observation des
phénomènes, la formalisation et la systématisation de
ceux parmi eux qui peuvent avoir une portée générale,
notamment l'étude des faits politiques,
la modélisation des rapports qui sous-
tendent ces faits de façon à pouvoir en
ressortir des théories et des lois plus ou
moins équivalentes aux théories et aux lois
nomothétiques.
Partant de là, nous pouvons affirmer que l'objet de la
science politique peut être dégagé de celui du droit
constitutionnel
ainsi que d'autres disciplines qui constituent certes la
matrice dans laquelle la science politique a puisé ses
origines, mais avec qui elle a largement pris ses
distances.
L'objet de la science politique doit
également être dégagé de celui de la
philosophie politique (génériquement
désignée comme la discipline qui étudie
les idées politiques).
En effet, les représentations doctrinales sont de nature
directive et non explicative.
La science politique en tant que discipline que nous
affirmons « scientifique » doit être en mesure de
retrancher la spéculation de l'action,
Notamment travers des méthodes et d’outils
d’investigation spécifiques, ainsi que par des procédés
de construction de modèles-types théoriques,
… dont les plus usuels sont les méthodes quantitatives
et qualitatives, l’étude de personnalité, l’étude de la
dynamique des groupes, etc…
Nonobstant cette autonomisation évolutive, il n’en
demeure pas moins que l'objet de la science politique
demeure assez large et aux composantes difficilement
conciliables.
Autour d’un noyau constitué de disciplines de base,
notamment la sociologie électorale et la sociologie
des régimes politiques, d’autres champs disciplinaires
en font partie intégrante.
- la sociologie des organisations,
- les élites politiques et administratives,
- la communication politique et autre,
- les politiques publiques,
- la sociologie des relations internationales.
La grandeur de la science politique ainsi décrite souffre d’une
crise épistémologique certaine dans la mesure où la nature de
chacun de ces champs disciplinaires suppose un objet et des
ressources spécifiques,
et par conséquent une méthode spécifique.

Cette problématique sera développée bien entendue sous un


titre différent.
II- la science politique : un concept polysémique

Le terme « politique » comporte plusieurs définitions et


significations.
Étymologiquement, il est issu du mot « polis » c'est-à-dire
« Cité » dans la Grèce antique,
voire même du terme « politeia »,
c'est-à-dire la manière dont la cité est organisée et le
pouvoir en son sein est structuré.
Une autre difficulté se dégage de l'usage du terme
« politique », de nature androgyne, c'est-à-dire qui peut
être fait au masculin ou au féminin.
Au masculin :
le politique signifie tout d’abord l’homme politique.
Mais ce n’est pas cette acception du terme qui l’oppose à
l’expression considérée au féminin.
Le politique signifie aussi l’image que la société avait d’elle-
même, notamment la « totalité, le lieu de la totalité du lien social
de la cité ou de la communauté ».
Plus précisément,
l'ensemble des structures induites des relations
d'autorité et d'obéissance établies en vue d'une fin
commune :
au moins que le groupe n'éclate pas
Au féminin :
la « politique » signifie en premier lieu l'ensemble des actions
que les gouvernants ou les autres acteurs sociaux entreprennent
en vue de prendre des décisions, d'influencer le processus de
prise de décision ou d'occuper des postes de responsabilité.
c'est-à-dire « la traduction dynamique de tous les phénomènes
impliqués par la conquête et l'exercice du pouvoir »
La politique peut prendre un sens neutre.
Celui de « gestion », c'est-à-dire un ensemble de mesures
techniques, juridiques et financières en vue d'agir sur un secteur
déterminé ou de traiter un problème précis.
À titre d'exemple :
les accidents de la circulation constituent un véritable fléau
socio-économique qui exige une intervention
pluridimensionnelle de la part des pouvoirs publics.
La politique peut également être comprise comme une
« stratégie » :
un ensemble d'actions successives tendant vers un but
déterminé.
L’INDH peut être considérée comme exemple de « politique »
ou « stratégie » axée autour d'un objectif déterminé :
l'amélioration des conditions de vie d'une partie enclavée ou
défavorisée de la population marocaine.
Dans un usage bien particulier :
la « politique » prend un sens péjoratif.
J- P. Sartre a rendu célèbre l'expression
« je mange, je bois, je ne fais pas de la politique ».
L'expression « politique » dans un sens extrême veut
aussi dire hypocrisie ou machiavélisme.
III- Science politique est-elle une science à part entière ?
La science politique se présente à la fois comme la plus ancienne
des disciplines scientifiques par son objet et la plus récente par
ces règles et ses méthodes.
Aristote accomplit au Ve siècle avant Jésus-Christ une œuvre
considérable qui consiste en un recueil des constitutions
existantes ou ayant existé en Grèce, fondée sur une observation
empirique sans équivoque et qui « annonce déjà l'attitude du
sociologue ».
Mais le caractère scientifique dans le sens
« nomothétique » de la science politique ne fait pas pour
autant l'unanimité de nos jours.
L'introduction des méthodes scientifiques dans l'analyse
en sciences sociales, en plus de sa lenteur, débouche
rapidement sur des impasses.
La possibilité d'un minimum de scientificité de la science
politique demeure largement discutable.
D'autre part, certaines quêtes, sans doute exagérées, de « lois
générales » confirment leur aspect à portée insignifiante.

À titre d'exemple la proposition de Carl Friedrich d'appliquer le théorème de Pythagore (théorème de


géométrie euclidienne qui met en relation les longueurs des côtés dans un triangle rectangle : le carré
de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés)
pour mesurer l'intensité d'une situation politique.
Mais à cet égard, certains auteurs (R. Boudon) rappellent que le
mode nomothétique n'est pas exclusif d’autres modes de
connaissance pour l’explication du « réel », surtout lorsqu'il s'agit
d'une discipline (la science politique) à objet difficilement
intelligible par le procédé nomothétique puisque difficilement,
pour ne pas affirmer, insusceptible de quantification (de mesure).
Ceci implique que la science politique « ne peut pas (encore) se
prévaloir de la recherche de lois comme (fins données
univoquement) ».
Ce désaccord sur le minimum de scientificité de la science
politique donne raison à certains auteurs qui contestent l'usage
du terme « science » et qui lui préfèrent le terme « sociologie ».
C'est le cas en effet de R.G. Schwartzenberg, à titre d'exemple
qui, même si il estime que « les deux termes sont presque
entièrement synonymes », affirme que « l'expression “sociologie
politique” est préférable, parce qu'elle marque bien que la
sociologie politique constitue une branche de la sociologie, une
science sociale particulière. »
Dans cette introduction, nous ne prétendons aucunement
apporter une vision d'ensemble des problèmes qui se rapportent à
la notion de « science politique » et encore moins à la dimension
historique de la notion et aux percées spectaculaires réalisées par
les différentes écoles, notamment l'école nord-américaine.
Notre apport est défini en fonction du contexte d’accueil,
notamment sous forme d'une « initiation à la science politique ». Il
consiste en un aperçu simplifié de la notion à travers deux axes
fondamentaux :
Chapitre premier : la science politique, science de l’État, science du pouvoir
I- La science politique, science de l’État.
- Les fondements de l’approche normative du pouvoir au sein de l’État
- Les tenants de cette approche.
II- La science politique, science du pouvoir.
- Pouvoir, influence et domination.
- Les tenants de l’approche sociologique du pouvoir politique.
III- Typologie et formes du pouvoir légitime.
- Légitimité traditionnelle.
- Légitimité charismatique.
- Légitimité légale.
Chapitre second : les doctrines et idéologies politiques
I- L’approche systémique.
II- L’approche cybernétique.
III- L’idéologie politique de Gramsci à Althusser.
IV- Le mouvement féministe.
V- Le mouvement écologique
VI- Le mouvement contestataire.
Chapitre troisième : Les outils de base du pouvoir politique
I- La communication politique.
II- La socialisation politique.
III- Les élections.
la science politique est la science de l'État :
M. Duverger estime en effet que cette perception de la discipline
est à la fois la plus ancienne et la plus proche du sens commun.
La cité « polis », qui s'est transformé en «État nation» est l'objet
fondamental de la science politique.
Les fondements de l’approche normative du pouvoir au
sein de l’État
- La notion de « souveraineté » est le fondement de cette
perception, dans la mesure où le fait de supposer la science
politique comme étant une science relative à l'État et en
considérant l'État comme un type de communauté
« aujourd'hui le plus fortement organisé et le mieux intégré »
Un constat particulier : la société nationale (l'État) est
considérée comme un genre à part par rapport aux autres
groupes ou collectivités.
L'État « serait une sorte de société parfaite ne dépendant
d'aucune autre et dominant toutes les autres ».
- Les gouvernants seraient les titulaires d’une position souveraine
à l'exclusion des chefs de tous les autres groupes ou collectivités.
- Les tenants de cette approche

- Les tenants de cette conception, les phénomènes politiques se


réduisent à l'organisation et au gouvernement de l'État.
- L. Duguit estime que «les phénomènes politiques sont ceux
qui se rapportent à l'origine et au fonctionnement de l'État.
Cette conception se nourrit clairement de l'hégémonie du
droit public sur la science politique. Elle est représentée
par G. Jellineck, M. Prelot, J. Dabin, R. M. Soltau, A.
Grazia. Ce sont des phénomènes juridiques.
Cette prétendue science n'est autre chose que le droit
constitutionnel, c'est-à-dire, une branche de la science
générale de droit.
- les sociologues marxistes une représentation
différente de l'État. Si en Occident le fait d’isoler l'État
comme un genre à part par rapport à d'autres
groupes et collectivités comporte le paradigme
idéologique de la supériorité ou de la souveraineté de
l'État,
les tenants de l'idéologie marxiste y voient une approche
permettant d'appréhender la notion l'État selon sa véritable
nature :
un élément dérivé par rapport à l'ensemble des autres
éléments de la société et notamment aux fondements socio-
économiques, c'est-à-dire une « superstructure».
la science politique est la science du pouvoir :
- Cette approche est fondée sur le rejet de la supériorité de la
collectivité publique, c'est-à-dire la «souveraineté» de l'État,
qui est «considéré comme une idéologie et non comme une
réalité ».
- Les tenants de cette école (M. Weber, H. Lasswell, R. Dahl, R.
Aron, G. Burdeau,…) considèrent que le phénomène de
pouvoir et, par conséquent de politique, est intrinsèque à
toute collectivité organisée.
- G. Burdeau précise que « le caractère politique est celui qui
s'attache à tout fait, acte ou situation en tant qu'ils traduisent
l'existence dans un groupe humain de relations d'autorité et
d'obéissance établies en vue d'une fin commune ».
- la particularité du pouvoir au sein de l'État par rapport à
celui dans d'autres collectivités ne doit pas être considérée à
priori,
- c'est-à-dire, que sa nature transcendante ou sa
«souveraineté» ne doit pas tenir lieu d'une hypothèse
dogmatique. Elle reste à prouver.
- Ce qui ne peut être guère possible si cette particularité (la
transcendance ou la souveraineté) est consacrée par le refus
de toute étude comparative du phénomène de pouvoir dans
les autres groupes au sein de l'État.
- L. Duguit propose un modèle de rapports au sein d'une
collectivité déterminée permettant d'identifier l'existence
d’un certain pouvoir :
il découle de la distinction entre gouvernants et gouvernés.
Le pouvoir serait ce phénomène qui permet aux gouvernants
d'obtenir l'adhésion et la soumission des gouvernés.
« Dans tout groupe humain, du plus petit au plus grand, du plus
éphémère au plus stable, il y a ceux qui commandent et ceux qui
obéissent, ceux qui donnent des ordres et ceux qui s'y plient,
ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent ».
l'avantage de cette conception de la science politique doit être
nuancé par la difficulté relative à la définition du terme
«pouvoir», surtout lorsqu'on suppose l'étude de ce phénomène
là où il existe, c’est à dire au sein de tous groupes ou collectivités.
Cette conception implique deux difficultés majeures :

En premier lieu, ce serait une hypothèse erronée de considérer


toute relation sociale inégalitaire comme relation de pouvoir.
- M. Duverger affirme que le pouvoir est différent de la simple
influence.
Ainsi «le terme ‘pouvoir’ doit être réservé à une catégorie
particulière d'influence ou puissance : celle qui est conforme au
système de normes et de valeurs du groupe et qui est donc tenue
pour légitime »
D'autre part, cette conception suppose que les relations qui
sous-tendent les collectivités et les groupes sont fondées sur le
pouvoir et que l'activité politique serait une quête continue de
pouvoir et d'influence au sein d'un groupe ou d'une collectivité,
C'est-à-dire de relations forcément inégalitaires.
Cet argument doit être nuancé dans la mesure où la société est
régulée par des normes générales et abstraites et à des fins
données, d'ordre et de justice par exemple, qui s'appliquent à
tous les rapports humains, même ceux qui sont considérés
comme inégalitaires.
Chapitre second : les doctrines et idéologies politiques
I- L’approche systémique.
II- L’approche cybernétique.
III- L’idéologie politique de Gramsci à Althusser.
IV- Le mouvement féministe.
V- Le mouvement écologique
VI- Le mouvement contestataire.
Chapitre second :
les doctrines et idéologies politiques
I- L’approche systémique
• l'approche systémique a contribué au renouveau des
sciences sociales.
• elle apporte un outil d'analyse global et dynamique.
• le concept de départ de l'analyse systémique consiste
en un modèle qui était celui de la "théorie générale des
systèmes", qui se propose comme une hypothèse de
travail pour l'analyse du système politique.
Mais si l'analyse du système politique (titre de
l'ouvrage de David Easton, illustre partisan de
l'approche systémique), paraît être le terrain de
prédilection de l'analyse systémique, il est
nécessaire de préciser que cette méthode, en
fonction des concepts d'analyse qu’elle offre,
permet également d'appréhender d'autres
phénomènes sociaux.
Ch. Roig donne l'exemple pertinent de cette
diversité en appliquant l'approche systémique à
l'analyse du système d'administration.
En effet, "la théorie des systèmes permettait en
premier lieu de considérer l'administration comme
un ensemble d'éléments en interaction et
constituant un 'tout' dont le comportement est
différent de celui de la somme des parties.
- elle mettait en œuvre les ressources de la
cybernétique pour interpréter ce 'tout' comme
un système autorégulé avec contrôle,
coordination et feed-back, c'est-à-dire un
système employant des ressources et des
informations pour s'adapter aux changements
de l'environnement et maintenir ses
caractéristiques essentielles
• L'approche de David Easton.
• L’approche de Karl Deutsch.
Ceci résume les fondements de l'approche
systémique, ses concepts et sa méthode.
S'appliquant soit au système social en général,
soit au système d'administration,
soit au système politique plus particulièrement
….
L’analyse systémique :
est fondée sur l'élaboration d’une base conceptuelle
originale,
- en faisant appel à la notion d'équilibre.
- en posant un postulat essentiel à savoir la
persistance des systèmes à travers le changement.
L'analyse systémique de D. Easton

David Easton décrit la politique comme un système


d'activités reliées les unes aux autres, qui ont en
commun d'influencer « l'allocation autoritaire des
ressources »,
notamment les décisions obligatoires qui
répartissent les avantages entre les citoyens.
La méthode systémique et ainsi Un cadre théorique pour
l'étude du système politique.
• Celui-ci est défini comme « l'ensemble des interactions
par lesquelles les objets de valeur sont répartis par voie
d'autorité dans une société ».
• Easton élabore un modèle de système politique par
analogie avec un système cybernétique fonctionnant en
circuit fermé
La démarche de Easton consiste à analyser les rapports du
système politique avec l'environnement auquel il appartient :
- environnement intra sociétal.
- environnement extra sociétal.
Les rapports entre le système politique étudié et son environnement s'effectuent par le biais de trois catégories d'éléments :
- les « inputs » ,
- les « outputs »,
- boucle de rétroaction ou feed-back.
Le modèle simplifié de D. EASTON
les inputs

• l'analyse des inputs permet de mesurer et de saisir


l'impact des éléments extérieurs sur le système politique.
• c'est là où réside la valeur de l’input en tant que concept.
• or la multitude de situations et d'éléments influe
directement sur le système et affecte sa capacité de
persistance
Input : définition
• un ensemble incluant tout événement extérieur au
système et qui l'altère, le modifie ou l'affecte d'une façon
quelconque.
• les principales actions exercées sur le système par son
environnement sont concentrées en deux inputs
principaux : les « demandes » et les « soutiens ».
Les demandes :
• les demandes sont des exigences en provenance du
système politique ou des divers systèmes extérieurs qui
constituent l’environnement du système politique.
• ce sont des demandes de sécurité, d’autonomie
individuelle, de participation, de biens de consommation,
de prestige, d’égalité, etc.
Les soutiens :

• c’est une variété aussi importante que la première.


• Sans soutiens, le système politique ne pourrait faire face
à la moindre surcharge de demandes.
• or le système politique est constamment sujet à un risque
de surcharge en raison d'une grande dose d’exigences ou
de l'accumulation d'exigences non satisfaites.
Les soutiens :
• Permettent la satisfaction de certaines demandes et la
régulation des conflits que ces mêmes demandes
provoquent lorsqu’elles se révèlent contradictoires.
Les soutiens :
Sont ainsi de deux ordres :

• des actions ouvertes, favorable aux décisions prises


dans le système.
• des dispositions d’esprit adéquates (supportives), telles
que dans les régimes occidentaux, par exemple,
l’attachement à la démocratie, le patriotisme, le souci de
tolérance, etc.
Faculté d'autorégulation du système politique
• assurée par un processus d'ajustement des demandes
aux capacités dont il dispose.
• trois fonctions contribuent à ce processus :
Processus de prise de décision au sein du système
politique
I- la fonction d'expression des demandes

Par cette fonction, les diverses demandes se trouvent


formulées et adressées au système politique par des
canaux plus ou moins spécialisés, groupes de pressions à
titre d’exemple
II- la fonction de régulation des demandes

• Le système politique peut être rapidement submergé par


des exigences si celui-ci ne peut pas assurer de filtrage,
la canalisation, et la régularisation de ces exigences.
• Deux catégories de régulation sont précisées par David
Easton :
a- régulation structurelle

• elle tient à l’existence droit spécialisée dans le plus grave et la


transmission des demandes. L’accès au système politique se fait
par des portillons spécialisés.
• ces portions se multiplient et se diversifient à mesure que la
société se développe.
• partis politiques, notables, parlementaires… constituent des
structures de régulation des demandes.
b- régulation culturelle

• elle tient aux normes, aux valeurs et croyances qui


prohibent ou qui restreignent certaines demandes.
– certaines demandes sont considérées comme démagogiques,
déraisonnables ou immorales.
– certaines formes d’expression des demandes sont considérées
culturellement comme dépassées ou interdites : l’usage de la
violence à titre d’exemple.
III- la fonction de réduction ou d’agrégation des demandes

C’est la fonction par laquelle le flux des exigences se


trouve ordonné , agencé, réduit à un nombre limité
d’alternatives qui sont présentées au système politique.
Les outputs

Le concept d'outputs permet de mieux comprendre les


conséquences qui résultent du comportement des
membres du système et la façon dont celui-ci agit sur son
environnement.
L’output : définition

Il s'agit, en effet, « du point final du processus complexe


par lequel les exigences et les soutiens sont convertis en
décisions et en actions ».
La fonction des outputs

• le système politique tend à s'adapter à son


environnement.
• pour ce faire, il est amené à agir sur les conditions
auxquelles il est confronté en les modifiant et en adaptant
ses ressources et ses potentialités pour faire face aux
perturbations et à la perte de soutiens survenues dans
son environnement immédiat ou ailleurs.
Il existe deux catégories d’outputs :

• des outputs connexes.


• des outputs obligatoires.
a- les outputs connexes

• ils sont dans la plupart des cas d’ordre idéologique.


• leur fonction est de justifier, préciser, clarifier les outputs
obligatoires, dans le but de gagner le soutien de
l’environnement du système.
• exemples : discours, campagne d’explication…
b- les outputs obligatoires
• ce sont les décisions prises par les autorités et ayant
force exécutoire.
• elles ont pour but de modifier quelques-unes des choses
de valeurs dans la société.
La boucle de rétroaction (feed-back)

le feed-back permet au système politique de :


• s'informer afin de pouvoir mobiliser correctement ses
ressources pour faire face aux exigences formulées par
son l'environnement,
• faire face aux situations de surcharge (stress)
Feed-back :
(mot anglais, de to feed, nourrir, et back, en retour) .
En cybernétique, action en retour des corrections et régulations d'un système d'informations sur le centre
de commande du système ; action exercée sur les causes d'un phénomène par le phénomène lui-même.
Syn. : réaction, rétroaction, rétrocontrôle.
La boucle de rétroaction : définition
• elle comprend la production d'outputs par les autorités,
• une réaction de la part des membres de la société,
• la communication aux autorités des informations concernant cette réaction,
• les mesures ultérieures possibles de la part des autorités.
• par là, un nouveau cycle d'outputs, de réactions, de retour d'informations et
de réactions de la part des autorités, est mis en route et fait partie d'un flux
continu et perpétuel".
Pour D. Easton :
• ce qui se produit dans cette boucle de
rétroaction se révélera comme ayant la plus
grande importance pour la capacité d'un
système à faire face aux tensions :
– « les outputs peuvent modifier les influences qui
continuent d’agir sur les inputs et, de cette façon,
modifient les prochains flux d’inputs eux-mêmes ».
– Autrement dit, les outputs réagissent sur les inputs ;
ils influencent les « vagues suivantes inputs ».
L’approche de Karl Deutsch.

• Dans le modèle élaboré par Karl Deutsch, le


mécanisme cybernétique de contrôle est
représenté de façon plus accentuée.
• Le système de décision politique est assimilé à un
servomécanisme « sous la forme d'un projectile
autoguidé se dirigeant vers une cible ».
• Deutsch Observe la ressemblance frappante qui
existe entre les processus de pilotage du
servomécanisme, notamment la recherche du but
et le contrôle autonome et les processus de
décision politique.
• Les gouvernements cherchent à atteindre des buts de politiques
intérieures ou extérieures.
• Il leur faut guider leurs conduites
– en fonction d'un faisceau d'informations relatives à leur propre position par
rapport à ces buts,
– en fonction de la distance qui les en sépare encore,
– en fonction des résultats réels (par rapport aux résultats envisagés), de
leur plus récente démarche ou tentative entreprise pour les atteindre.
K. Deutsch Estime que l'efficacité du système politique identifié à un
servomécanisme est fondée sur les concepts de pilotage et de feed-back
négatif, dépendant de trois éléments :
Le poids de l'information reçue par le système.

Ce poids est plus lourd lorsque les


perturbations de l'environnement intra-
sociétal et international auxquels le
système politique est confronté sont plus
intenses et plus fréquentes.
Le retard de la réponse :
c'est le retard qui résulte du temps écoulé entre le
moment de réception de l'information précédente
et le déclenchement des mécanismes correcteurs
au sein du dispositif d'autoguidage.
Ce qui se traduit au niveau du système politique
par sa capacité de réaction et de prises de
décision : une capacité élevée de mobilisation des
moyens correcteurs peut se traduire par une
économie de temps et de moyens.
Le décalage,
• c'est la distance entre la position qu'occupera la cible mobile lorsque le positif
atteindra et la position qu'elle occupait au moment où lui sont parvenues
d'elles les dernières informations.
• Au niveau du système politique, le décalage définit la capacité de l'organisme
de prise de décision d'agir par anticipation vis-à-vis des situations nouvelles
et des difficultés qui vont surgir.
• Les services d'information et de renseignement ont pour but d'améliorer cette
aptitude d'agir par anticipation, et par là même, de réduire le taux de
décalage.

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