COM115-Communication interculturelle
Cours 5
Sandra Najac
Chargée de cours [Link]@[Link]
Local: B2548
Service des enseignements généraux
École de technologie supérieure
Automne 2020
Déroulement de la séance
• Enjeux de la communication interculturelle
• Différences culturelles
La communication interculturelle
• Échanges entre deux ou plusieurs personnes qui :
⮚sont de cultures différentes
⮚ont grandi, ont évolué, grandissent ou évoluent dans un
environnement culturel différent.
• Ainsi, la communication interculturelle implique
l’interaction, le contact entre des cultures différentes par
l’intermédiaire d’individus.
La culture
• La culture est souvent perçue par les individus selon une vision
essentialiste.
• Elle renvoie à une spécificité culturelle.
• Elle renvoie, en général, à une langue, une religion, des croyances,
des pratiques, des coutumes, un mode de vie, des valeurs, une vision
de la vie qui sont propres à un groupe.
• Ces éléments sont ainsi associés à une ethnicité authentique.
• La culture sert de support à l’affirmation de l’identité ethnique.
• Les individus créent, nourrissent et soutiennent une spécificité
culturelle qui sert de fondement à leur identité ethnique.
Défis de la communication interculturelle
• Les différences culturelles
• La complexité de l’identité
• Le contexte de la mondialisation
• La vision constructiviste de l’identité
Dynamique des différences culturelles
• Appartenance à un groupe
• Des transmissions culturelles
⮚Des espaces de transmissions culturelles
La famille
L’école
Le voisinage
Les réseaux sociaux (du point de vue anthropologique)
La structure sociale de la communauté d’appartenance
Dynamique des différences culturelles
• Intériorisation de certains principes
• Intériorisation de certaines valeurs
• Intériorisation d’une vision de la vie et du monde
• Adoption et reproduction de certaines pratiques
• Identification au groupe
⮚S’identifier au groupe
⮚Être identifié au groupe
L’identité
• Le terme identité est, dans certains cas, employé sans
qualificatif.
• Le terme identité est, dans d’autres cas, employé avec un
qualificatif.
⮚Identité culturelle
⮚Identité ethnique
⮚Identité sociale, etc.
D’autres appartenances
L’individu ne fait pas seulement partie d’un groupe ethnique
• Il est un professionnel: un ingénieur, un enseignant, etc.
• Il a un statut matrimonial: marié, divorcé, célibataire
• Il a un statut social au sein d’une société fragmentée en classes
sociales ou autres
• Il est un parent
• Il est un parent monoparental
• Il a une formation universitaire
• Il est un décrocheur, etc.
D’autres appartenances
• Même s’il s’agit de communication interculturelle, il convient
de tenir compte à la fois:
⮚De l’identité ethnique ou culturelle adoptée
⮚Des autres appartenances
L’identité et la mondialisation
• La mondialisation implique, entre autres:
⮚Les déplacements
⮚L’immigration
⮚Le transnationalisme
⮚La circulation rapide de l’information
⮚La localité au-delà des frontières géographiques
La localité est « avant tout une question de relation et de contexte,
plutôt que d’échelle ou d’espace » (Appaduraï, 2001: 251).
L’identité et la mondialisation (suite)
• Avec la mondialisation, on assiste à:
La manifestation d’une mémoire de l’altérité
De nouvelles dynamiques identitaires
L’émergence de nouvelles identités
De nouvelles façons d’être Soi
Un va-et-vient identitaire
La réclamation de nouvelles identités
L’affirmation de nouvelles identités
Quelques définitions de l’identité proposées par
certains auteurs
• « un système de sentiments et de représentations de soi, (c’est-à-dire)
l’ensemble des caractéristiques physiques, psychologiques, morales,
juridiques, sociales et culturelles à partir desquelles la personne peut
se définir, se présenter, se connaitre et se faire connaitre, ou à partir
desquelles autrui peut la définir, la situer ou la reconnaitre» (Tap,
1979, p.8).
• « un fait de conscience, subjectif », un « sentiment d’être » par lequel
un individu éprouve qu’il est un « moi », différent des « autres »
(Taboada-Leonetti, 1990, p.43).
Quelques définitions de l’identité proposées par
certains auteurs (suite)
• « un ensemble de critères de définitions d’un sujet et un sentiment
interne » (Mucchielli, 2002, p.41).
• « un processus dynamique et ouvert qui serait le produit d’une
négociation permanente avec autrui » (Goffman, 1975).
Quelques définitions de l’identité proposées par
certains auteurs (suite)
• « L’identité, en général, des individus n’est pas une donnée
objective primordiale, intangible et immuable. Au contraire, elle
est le produit d’un processus dynamique de construction sociale,
historique et politique » Martiniello (1995, p.22).
• L’identité est « un produit de socialisations successives » (Dubar,
1991, p.7).
Quelques définitions de l’identité proposées par
certains auteurs (suite)
• Gallissot (1987) qualifie le processus identitaire en termes de procès
d’identification selon lesquels on est identifié, on identifie ou on
s’identifie. Il affirme également que l’identification grandit dans
l’imaginaire jusqu’à prendre un caractère complètement symbolique.
• Ce procès d’identification est ce que Bombarger (1989) appelle le
choix d’identification.
Une vision constructiviste de l’identité
• L’identité n’est pas stable
• Elle est un processus, une dynamique
• Elle est une construction subjective
• L’identité est un choix individuel subjectif, flexible et dynamique
• L’identité se négocie parfois avec l’Autre (la notion de négociation
identitaire selon le courant de l’interactionnisme symbolique)
• Selon Kaufmann (2004: 41-42), c’est un « travail de malaxage par le
sujet » qui « se mène sous le regard d’autrui, qui infirme ou certifie les
identités proposées. »
Malgré la vision constructiviste de l’identité
• L’identité peut également être une obligation: un héritage historique
• Une identité ethnique peut être attribuée à un individu malgré son gré.
• Elle est une obligation quand elle est « basée sur le critère racial »
(Maritiniello, 1995; Waters, 1990).
Il convient de rappeler que la notion de race n’existe pas d’un point de vue
physique et biologique; elle est une construction sociale et politique.
• Elle est imposée, ferme, statique et peut influencer l’existence sociale
et professionnelle de l’individu.
Gestion de l’altérité
• Il convient de se rappeler que deux parties sont impliquées
dans la communication interculturelle:
⮚Soi
⮚L’Autre
Gestion de l’altérité (suite)
• Nécessité de gérer l’identité complexe:
⮚de Soi
⮚de l’Autre
• Nécessité de comprendre le concept de l’altérité
⮚Les différences entre l’Autre et Soi
On est différent par rapport à l’Autre
L’Autre est différent par rapport à Soi
Gestion de l’altérité dans la communication
• Se connaitre
• Cultiver la confiance en Soi
• Cultiver l’estime de Soi
• Être à l’écoute
• Être disponible
• Reconnaitre les différences
• Accepter et respecter les différences
• Combattre les préjugés
Gestion de l’altérité dans la communication (suite)
• Accepter l’Autre tel que celui-ci se perçoit et s’identifie
• Établir une relation avec l’Autre
• Respecter le point de vue, la vision de la vie de l’Autre
• Se regarder dans le regard de l’Autre
• Favoriser la progression dans l’échange
• Développer et maintenir une relation harmonieuse et constructive
avec l’Autre.
Références bibliographiques
Appaduraï, A. (2001). Après le colonialisme : les conséquences culturelles de la globalisation.
Paris : Payot.
Bombarger, Ch.; Centlivres, P.; Collomb, G. (1989). « Entre le local et le global : les figures de
l’identité ». Dans Segalen, M. L’autre et le semblable. Paris : Presses du CNRS.
Gallissot, R. (1987). « Sous l’identité, le procès de l’identification. Dans L’homme et la Société
83:12-27.
Goffman, E.(1975). Stigmate. Les usages des handicaps. Paris : Minuit.
Kaufmann, J.-C.(2004). L’invention de soi. Une théorie de l’identité. Paris : Armand Colin.
Martiniello, M. (1995). L’ethnicité dans les sciences sociales contemporaines. Paris : PUF.
Mead, G. H. (1963). L’esprit, le soi et la société. Paris: PUF.
Montgomery, C., Xenocostas, S., Rachédi, L., Najac, S. (2011). « C’est des choses qu’on
raconte » : Mémoire familiale, migration et continuités dans les histoires des familles
immigrantes. Dans F. Kanouté, G. Lafortune (dir.) Familles d’origine immigrante : polysémie
des pratiques sociales. Montréal : Presses de l’Université de Montréal.
Références bibliographiques (suite)
Mucchielli, A. (2002). L’identité. Paris : [Link]-Leonetti, I.(1990). « Stratégies identitaires et
minorités : le point de vue du sociologue ». Dans Camilleri et al. Stratégies identitaires.
Paris : PUF.
Tap, P. (1979). « Relations interpersonnelles et genèse de l’identité ». Annales. Homo. XVIII-XIX:7-
43.