Normes en vigueur et évolution
Les immobilisations incorporelles sont traitées dans IAS 38 et la
dépréciation d’actifs dans IAS 36.
Dans le cadre de son projet « Regroupements d’entreprises phase 1 », et
dans le même but de convergence avec les normes américaines, le Board a
publié fin 2002 des projets d’amendements relatifs à ces deux normes.
L’examen des commentaires reçus est en cours et devrait durer jusqu’à la
fin 2003. Les normes définitives devraient être publiées en fin d’année ou
début 2004.
Qu’est-ce qu’un actif incorporel?
Actif non monétaire identifiable et contrôlé par l’entreprise
Une immobilisation incorporelle est un actif
il est probable qu ’elle génèrera des flux de trésorerie positifs
son coût doit pouvoir être mesuré de façon fiable
Norme Identifiable : elle est séparable, i.e. l’entreprise peut louer, vendre,
actuelle échanger ou distribuer les avantages économiques futurs spécifiques à
l’actif sans se séparer des avantages économiques résultant d’autres
actifs utilisés dans la même unité génératrice de trésorerie
Contrôlé : les avantages futurs vont à l’entreprise et elle est en mesure
d’en restreindre l’accès aux tiers
Evolution Pour être identifiable, l’immobilisation est soit séparable, soit elle résulte
attendue d’un droit légal ou contractuel, même si ce droit n’est pas transférable ou
séparable de l’entreprise ou d’autres droits et obligations
! Une extension des actifs incorporels qui peuvent être reconnus
Quid des immobilisations générées en interne?
Les conditions d’activation sont similaires en principes français et selon la
norme IAS
Cas général : les dépenses sont passées en charges
Toutefois, la norme IAS impose l’activation de certains frais de développement
Selon la norme, les dépenses doivent être effectivement classées
en dépenses de recherche
il existe de fait une incertitude sur les avantages économiques futurs
les dépenses passent en résultat
en dépenses de développement
les dépenses sont activées si elles répondent à des critères précis
pas d’application rétroactive : les coûts ne peuvent être activés qu’à partir du
moment où les critères sont satisfaits
Comment distinguer recherche et développement?
Phase de recherche Phase de développement
Les activités visant à obtenir de La conception, la construction et les tests de
nouvelles connaissances, pré-production ou de pré-utilisation de
modèles et prototypes,
La recherche, pour l’évaluation et la
sélection finale, d’applications de La conception d’outils, gabarits, moules et
résultats de la recherche ou d’autres matrices impliquant une technologie nouvelle ;
connaissances La conception, la construction et l’exploitation
La recherche d’alternatives pour les d’une unité pilote qui n’est pas d’une échelle
matériaux, dispositifs, produits, économique permettant une production
procédés, systèmes ou services, commerciale dans des conditions
économiques ; et
La formulation, la conception,
l’évaluation et la sélection d’alternatives La conception, la construction et les tests pour
pour les matériaux, dispositifs, produits, la solution choisie pour des solutions
procédés, systèmes ou services. alternatives en termes de matériaux,
dispositifs, produits, procédés, systèmes ou
services.
Quelles sont les conditions pour activer les frais de développement?
Les frais de développement doivent être activés dès lors que les conditions
suivantes sont réunies:
la volonté d’achever l’immobilisation,
la capacité à utiliser ou vendre l’immobilisation incorporelle,
l’existence d’un marché ou l’utilité pour l’entreprise,
l’existence de ressources pour achever l’immobilisation,
la capacité a évaluer les dépenses attribuables à l’immobilisation de manière fiable.
Suffit-il de prétendre ne pas avoir de suivi de projet pour ne pas activer
les coûts de développement?
NON ! Une entreprise dont l’activité implique des coûts de développement ne
peut se passer d’un outil de pilotage adapté.
! Dans le référentiel français, l’activation des coûts de développement est optionnelle
Quels sont les éléments qui ne répondent pas à la définition
d’un actif incorporel?
Sont exclues des immobilisations incorporelles en IAS
Les marques, titres de publications… créés en interne
Les parts de marché
Ne peuvent être capitalisés
Les frais de démarrage, de formation, de publicité et promotion
Les dépenses de délocalisation ou de réorganisation de tout ou partie d’une entreprise
Quelques exemples d’actifs incorporels qui peuvent être
reconnus lors d’un regroupement d’enterprises (ED3)
Actifs liés au marketing
Marques, noms de domaine internet, titres de publication, accord de non concurrence
…
Actifs liés à la clientèle
Fichiers clients, carnet de commande, contrats clients, …
Actifs liés à des domaines artistiques
Copyrights sur des œuvres audiovisuelles, droits d’édition de livres ou magazines…
Actifs liés à des contrats
Licences, contrats de location, droits audiovisuels…
Actifs liés à des technologies
Logiciels, bases de données…
Comptabilisation initiale
Détermination du coût initial
Pour les éléments acquis, le coût initial est constitué
du prix d’achat
des coûts directs
Pour les éléments produits en interne, le coût est la somme des coûts rattachés
directement ou affectables
matières, services consommés et royalties
frais de personnel
amortissement des immobilisations utilisées
frais de dépôt de brevet ou d’enregistrement
autres frais généraux affectables (loyers, …)
Quelques questions….
Les escomptes de règlement sont ils toujours enregistrés comme en
normes françaises en produits financiers?
NON ! En normes IAS les escomptes de règlement doivent être déduits du coût
d’acquisition.
Une quote-part de frais accessoires indirects peut elle être incorporée
au coût d’acquisition?
NON ! Même lorsqu’il peut être démontré que ces frais sont nécessaires à la mise
en état de marche du bien en vue de l’utilisation prévue.
Faut-il procéder à une actualisation en cas de paiement différé?
OUI ! Chaque fois qu’un paiement est différé, quelque soit le bien acquis ou
vendu, il convient de procéder à une actualisation
Et ensuite?
Méthode de référence
Les immobilisations incorporelles sont évaluées au coût minoré des amortissements
pratiqués
Autre traitement autorisé
Les immobilisations incorporelles peuvent être réévaluées à la juste valeur
Même traitement que pour les immobilisations corporelles mais la juste valeur doit être
déterminée par rapport à un marché actif c’est-à-dire:
Un marché pour lequel les éléments négociés sur ce marché sont homogènes,
on peut trouver à tout moment des acheteurs et des vendeurs consentants et les
prix sont mis à disposition du public
En pratique, la réévaluation des actifs incorporels sera un cas rare
! Dans le référentiel français, la réévaluation est interdite
Quel est le traitement pour les dépenses ultérieures?
Norme Elles sont enregistrées en charges sauf
actuelle
si elles procurent des avantages économiques au-delà des
performances à l’origine et
si ces avantages sont déterminables de façon fiable
Evolution Capitalisée dès lors que le niveau de performance déterminé juste avant la
attendue dépense est amélioré
La base de comparaison n’est plus le niveau de performance déterminé à
l’origine.
Comment sont amortis les actifs incorporels?
Norme La durée d’amortissement est réputée inférieure à 20 ans, sauf à démontrer
actuelle une durée d’utilisation plus longue. Dans ce cas un test de dépréciation doit
être réalisé annuellement.
Le mode d’amortissement doit traduire le rythme de consommation des
avantages économiques futurs. Si ce rythme ne peut être déterminé de façon
fiable : amortissement linéaire.
En général, pas de valeur résiduelle sauf si engagement de rachat ou
existence, au terme de la durée d’utilité, d’un marché actif
Evolution Séparation des actifs incorporels en deux catégories : les actifs incorporels à
attendue durée de vie déterminée et les actifs incorporels à durée de vie indéterminée
Actifs incorporels à durée de vie déterminée : amortissement systématique
mais plus de présomption de durée de vie inférieure à 20 ans
Actifs incorporels à durée de vie indéterminée : plus d’amortissement mais des
tests de perte de valeur annuels.
Peut-on changer le mode et la durée d’amortissement?
Norme La durée et le mode d’amortissement doivent être réexaminés à la clôture de
actuelle chaque exercice.
En cas de changement important attendu dans la durée d’utilité ou dans le
rythme de consommation des avantages économique, le plan
d’amortissement est modifié de manière prospective
Evolution En plus des disposition actuelle, dans le projet de norme modifiée, la mise en
attendue œuvre d’un plan d’amortissement peut être nécessaire si la durée de vie d’une
immobilisation à durée de vie indéterminée devient déterminée (arrêt
d’utilisation, introduction d’un produit de substitution….)
Comment faire la distinction entre durée de vie déterminée et
durée de vie indéterminée?
Les immobilisations sont
A durée déterminée si des
éléments précis permettent A durée indéterminée dans le
de déterminer la durée cas contraire
La durée de vie doit-elle être calée sur la durée du droit contractuel ou légal?
NON ! Elle peut être inférieure (utilité sur une partie de la période) ou elle peut être supérieure
(volonté et capacité de l’entreprise à renouveler ses droits)
Y a-t-il présomption de durée maximum?
NON, puisque la durée est définie en regard de critères courants et justifiables.
Quels facteurs prendre en compte pour déterminer la durée
d’utilité?
L’utilisation attendue par l’entreprise
Les cycles de vie caractéristiques de l’actif
L’obsolescence technique ou technologique
La stabilité du secteur d’activité et l’évolution de la demande
Les actions attendues des concurrents ou des concurrents potentiels
Le niveau des dépenses de maintenance à effectuer pour obtenir les avantages
économiques futurs et la capacité et l’intention de l’entreprise d’atteindre un tel
niveau
La durée du contrôle de l’actif et les limitations juridique ou autres
La fait que la durée d’utilisation de l’actif dépende de la durée d’utilisation
d’autres actifs.
Des exemples donnés par l’exposure draft
Licence de diffusion acquise
Cette licence est renouvelée tous les 10 ans à condition que la société garantisse un
niveau de service satisfaisant et respecte les obligations réglementaires, par ailleurs ce
renouvellement peut être réalisé indéfiniment,
Le coût de renouvellement de la licence est réduit.
La licence a déjà été renouvelée deux fois sans concurrence particulière et les
technologies de diffusion ne sont pas appelées à évoluer dans un proche avenir,
La licence de diffusion est donc présumée avoir une durée de vie indéfinie
Dans ce contexte, la licence de diffusion ne fera pas l’objet d’un amortissement mais
d’un test annuel de dépréciation,
Dans l’hypothèse où le renouvellement de la licence ne se ferait plus par tacite
reconduction mais par appel d’offre, un amortissement de la licence devrait être
réalisée sur la durée d’utilisation restant avant appel d’offre.
Des exemples donnés par l’exposure draft
Marque déposée
Une marque était considérée comme ayant une durée de vie illimitée lors de son
acquisition, car devant générer des cash flow sur une durée indéterminée. Une
concurrence active est née sur le produit concerné. Les ventes du produit concerné par
la marque ont diminué de manière significative . Les cash flow généré par ces produits
diminueront de l’ordre de 20% sur les exercices à venir sans remettre en cause leur
durée prévisionnelle.
La marque ne doit pas être amortie, sa durée de vie restant indéfinie. Un test
d’impairment devra être réalisé pour s’assurer que la valeur enregistrée à l’actif reste
inférieure au montant des cash flow futur généré par la marque.
Le test de dépréciation des actifs
Objectif identique au test de dépréciation des actifs corporels
S’assurer que la valeur comptable d’un actif n’est pas supérieure à sa valeur
recouvrable
Modalités de mise en place identique au test de dépréciation des actifs
corporels
Un cas spécifique pour les actifs incorporels non amortissables : un test de
perte de valeur annuel
Les actifs et passifs constituant l’UGT auquel le goddwill est affecté n’ont pas changé
Sauf Si La détermination la plus récente de la valeur recouvrable a abouti à un montant
dépassant largement la valeur nette comptable de l’immobilisation incorporelle
concernée ou de l’UGT concerné.
Les circonstances n’ont pas évolué.
Comment déterminer la valeur d’utilité?
La valeur d’utilité nécessite comme pour les actifs corporels l’identification
des flux de trésorerie, sauf si le prix de vente net (sans necessité d’un
marché actif) est supérieur à la valeur de l’actif incorporel
Cette identification nécessite dans la majeure partie des cas de créer des UGT
regroupant des actifs incorporels et corporels
Détermination d’une Unité Génératrice de Trésorerie (UGT)
Une UGT
est le plus petit groupe possible auquel l’actif isolé testé appartient
génère des flux de trésorerie indépendants
Les UGT
sont définies de manière cohérente et permanente
ne comprennent pas les passifs comptabilisés sauf s’ils sont inclus dans la
détermination de la valeur recouvrable.
Deux cas de figure
Actif isolément
Actif 1 Unité génératrice de cash
Actif 2 Unité génératrice de cash
Actif n Unité génératrice de cash
Exemple: une marque, un titre de publication…
Un groupe d’actif
Actif 1
Actif 2 Unité génératrice de cash
Actif 3
Exemple: le droit d’exploitation d’un ligne de bus et les bus qui permettent
d’exploiter la ligne
Quelles sont les modalités de mise en œuvre des tests de
dépréciation?
Identification des “unités génératrices de trésorerie” (UGT);
Détermination des critères conduisant à estimer la valeur recouvrable de ces
unités;
Affectation des actifs à ces unités;
Estimation des flux de trésorerie futurs de chaque unité;
Identification du taux d’actualisation et actualisation des flux de trésorerie;
Comparaison de la valeur d’utilité qui résulte de ces procédures avec la
valeur comptable de l’unité concernée;
Si nécessaire, comptabilisation de toute perte de valeur ainsi identifiée.
Comment comptabiliser les pertes de valeur?
En cas de dotation :
La valeur recouvrable de l’actif diminuée de l’éventuelle valeur résiduelle devient la
nouvelle base amortissable
La valeur recouvrable est amortie sur la durée restant à courir
Possibilité de reprendre la perte de valeur :
En cas de changement dans les estimations
Lorsque la valeur recouvrable est supérieure à la VNC
Comptabilisation de la reprise :
Elle est limitée à la VNC historique avant dépréciation
Elle est comptabilisée en résultat (sauf pour les réévaluations)
La VNC nette de la reprise de valeur devient la nouvelle base d’amortissement
Des modalités similaires sont introduites dans le référentiel français avec le règlement
! 2002-10 sur l’amortissement et la dépréciation des actifs.
Dépréciation du goodwill
Le goodwill, s’agissant d’un résidu, ne génère jamais de flux de trésorerie
tout seul, il est nécessairement rattaché à une UGT.
Le goodwill est affecté:
Au niveau d’une UGT qui elle-
A une unité génératrice de même se découpe en
trésorerie de plus bas niveau plusieurs UGT auxquelles le
goodwil ne peut être affecté de
manière cohérente et
permanente
Cas précédent : actif isolé
(Test ascendant)
Plusieurs étapes
(test ascendant et descendant)
Mode opératoire du test ascendant
Identifier si le goodwill peut être affecté sur une base raisonnable, cohérente
et permanente à l’UGT examinée
Comparer la valeur recouvrable de l’UGT examinée à sa valeur comptable
Comptabiliser la perte de valeur éventuelle
La perte de valeur est répartie
en premier lieu sur le goodwill affecté à l ’UGT
sur les autres actifs, au prorata de leur valeur comptable
La comptabilisation de la perte
ne doit pas faire passer la valeur de l’actif en dessous du montant le plus élevé
de son prix de vente, sa valeur d’utilité ou de 0
l’excès est réparti au prorata entre les autres actifs de l ’UGT
Cette étape doit être menée même si le goodwill ne peut être affecté sur une base
raisonnable et cohérente à l’UGT afin de bien distinguer la dépréciation du goodwill de
! celle des actifs de l’UGT
Mode opératoire du test descendant : à pratiquer si le goodwill
n’a pu être affecté de manière raisonnable à une UGT
Identifier la plus petite UGT comprenant l’UGT examinée et à laquelle on
peut affecter, sur une base raisonnable, cohérente et permanente, la valeur
comptable du goodwill
Comparer la valeur recouvrable de l’UGT plus grande à sa valeur comptable
Comptabiliser la perte de valeur éventuelle
La perte de valeur est répartie
en premier lieu sur le goodwill affecté à l ’UGT
sur les autres actifs, au prorata de leur valeur comptable
La comptabilisation de la perte
ne doit pas faire passer la valeur de l’actif en dessous du montant le plus élevé
de son prix de vente, sa valeur d’utilité ou de 0
l ’excès est réparti au prorata entre les autres actifs de l ’UGT
Analyse des différentes étapes sur un exemple
Le groupe «Savons de Marseille» a acquis, il y a trois ans une filiale
distinguant trois lignes de produits distinctes constituant des unités
génératrices de trésorerie indépendantes. Aucune règle d’affectation du
goodwill cohérente et permanente n’a été définie. Cette filiale constitue elle-
même une unité génératrice de trésorerie au sein du Groupe.
Groupe
Filiale
UGT1 UGT2 UGT 3 GW
Les étapes à mettre en oeuvre
1ère étape :
Apprécier toute éventuelle perte de valeur au niveau de chaque UGT (test ascendant)
Comparer SOMME CF1 – VNC UGT 1
Comparer SOMME CF2 – VNC UGT 2
Comparer SOMME CF3 – VNC UGT 3
Affecter toute perte de valeur éventuelle aux actifs de l’UGT concernée
2ème étape
Apprécier toute éventuelle perte de valeur au niveau de la filiale (test descendant)
Comparer SOMME(CF1+CF2+CF3) – VNC(UGT1+UGT2+UGT3+GW)
Affecter toute perte de valeur au goodwill en priorité
Tests ascendant et descendant : Cas pratique
Enoncé
A la clôture de l ’exercice 2000, M a acquis 100% de F pour un montant de 300. F
a trois UGT (UGT1, UGT2 et UGT3) dont les justes valeurs nettes s ’établissent
respectivement à 120, 80 et 40.
M comptabilise un goodwill de 60 suite à l’acquisition de F
A la clôture de l ’exercice 2005, UGT1 réalise des pertes importantes et fait l’objet
d ’un test de perte de valeur. Sa valeur recouvrable est alors estimée à 140.
La valeur recouvrable de F est estimée à 350.
UGT1 UGT2 UGT3 goodwill Total
Valeurs nettes comptables
130 120 80 45 375
Tests ascendant et descendant
Cas pratique - suite
Questions
Calculer si une perte de valeur doit être comptabilisée pour UGT1 en
fonction des situations suivantes:
(a) à la date d’acquisition de F, les justes valeurs nettes de UGT1, UGT2 et UGT3 sont
considérées comme une base raisonnable d’affectation proportionnelle du goodwill à
UGT1, UGT2 et UGT3
(b) il n’est pas possible d’affecter de manière raisonnable à UGT1, UGT2 et UGT3 le
goodwill résultant de l’acquisition de F.
Reprise d’une perte de valeur
A la clôture de chaque exercice, une entreprise doit apprécier s’il existe un
ou des indices qu’une perte de valeur comptabilisée au cours d’exercices
antérieurs n’existe plus ou a diminué:
augmentation importante de la valeur de marché de l’actif;
changements favorables de l’environnement technologique, économique, juridique ou
du marché, dans lequel l’entreprise opère;
diminution des taux d’intérêt ou de rendement du marché;
changements favorables au sein de l’entreprise;
amélioration du niveau de performance de l’actif.
En présence d’un tel indice, l’entreprise doit estimer la valeur recouvrable de
l’actif/l’UGT concerné(e), et si nécessaire, comptabiliser une reprise de perte
de valeur.
Comptabilisation d’une reprise d’une perte de valeur
L’enregistrement d’une reprise de perte de valeur ne doit pas avoir pour effet
d’amener la valeur nette comptable d’un actif à un montant supérieur à ce
qu’elle serait si cet actif n’avait jamais fait l’objet d’une perte de valeur.
Pour une UGT, la reprise d’une perte de valeur doit être répartie entre les
différents actifs autres que le goodwill, au prorata de leur valeur comptable
pour les ramener à leurs montants avant comptabilisation de perte de valeur,
et ensuite doit être imputée sur le goodwill si, et seulement si:
la perte a été provoquée par un événement externe spécifique, de nature
exceptionnelle et qui ne devrait pas se reproduire, et
des événements externes ayant pour effet d’annuler l’effet de ce premier événement se
sont produits ultérieurement.
La norme modifiée propose que les pertes de valeur sur les goodwill ne puissent plus
! être reprises
Des modifications proposées sur le test de perte de valeur
pour le goodwill
Le test de valeur du goodwill se déroulerait en une ou deux étapes:
la valeur recouvrable de l’UGT à laquelle le goodwill est alloué serait calculée, puis
comparée à sa valeur comptable. Si la valeur recouvrable de l ’UGT demeurait
supérieure à sa valeur comptable, le test serait terminé et le goodwill serait considéré
comme n’ayant pas perdu de valeur;
dans le cas contraire, il conviendrait de calculer la valeur implicite du goodwill et de la
comparer à sa valeur comptable. La valeur implicite du goodwill serait égale à la valeur
recouvrable de l’UGT diminuée des actifs et passifs qui lui sont rattachés (à l’exception
de ceux qui ne seraient pas identifiables à la date d ’acquisition), évalués à leur juste
valeur à la date du test de perte de valeur.
l’excédent de la valeur comptable du goodwill sur sa valeur implicite mesurerait la perte
de valeur à constater en résultat de la période.
En synthèse, comment pratiquer le nouveau test de
dépréciation?
Valeur recouvrable de
l’UGT
nette des coûts de sortie
Affectation de la juste
Valeur recouvrable
valeur aux actifs et passifs
< VNC Idem exercice d’acquisition
Valeur implicite de
l’écart d’acquisition
Valeur recouvrable
> VNC
Valeur implicite Valeur implicite
> VNC < VNC
Affectation de la
dépréciation
Une nouveauté introduite par les amendements envisagés : le
traitement des intérêts minoritaires
Lorsque le goodwill faisant l’objet d’un test de dépréciation correspond à
une détention inférieure à 100 %:
Un calcul est effectué pour calculer un godwill équivalent à une dépréciation à 100 %
La dépréciation est calculée sur la base de ce goodwill
La provision correspond à la dépréciation calculée ramenée au pourcentage de
détention
Cette procédure est destinée à éviter de comparer une valeur d’utilité
correspondant à 100% pour une détention inférieure.
Test de dépréciation avec un goodwill et des intérêts
minoritaires - énoncé
Une société A a acquis une société B pour un montant de 1600 au 1er janvier 2003. Au
moment de l’acquisition A a reconnu des actifs à hauteur de 1500 chez B. Dans ses états
financiers A a reconnu:
un goodwill à hauteur de 400 (1600-1500x80%),
des actifs net de dettes identifiables pour 1500,
des intérêts minoritaires de 300 (soit 20% de 1500).
A déprécie ses actifs acquis sur 10 ans.
Fin 2003, A a déterminé que la valeur recouvrable de B s’élevait à 1000. La valeur
recouvrable de l ’actif est de 800.
Quel est le montant de la dépréciation ?
Quelle est son affectation ?
Test de dépréciation avec un goodwill et des intérêts
minoritaires - corrigé
Calcul de la dépréciation
GOODWILL ACTIFS IDENTIFIES TOTAL
Montant brut 400 1500 1900
Dépréciation -150 -150
Montant déprécié 400 1350 1750
Intérêt minoritaire non reconnu 100 100
Montant ajusté 500 1350 1850
Montant recouvrable 1000
Dépréciation 850
Affectation de la dépréciation
GOODWILL ACTIFS IDENTIFIES TOTAL
Montant brut 400 1500 1900
Dépréciation -150 -150
Montant déprécié 400 1350 1750
Dépréciation -240 -550
Montant déprécié 160 800 960
Point sur les délibérations en cours
L’IASB a examiné les commentaires et réponses reçus sur ce point en juillet
dernier
Le Board a pris la décision de renoncer à ce test de dépréciation en deux
étapes:
Très lourd à mettre en œuvre si le niveau d’allocation du goodwill est au plus fin
D’une rigueur toute fallacieuse sinon
Le Board souhaite néanmoins demeurer convergent avec le FASB
Des discussions sont donc en cours afin de convaincre le FASB de modifier FAS 142
La solution
S’il a été possible d’affecter le goodwill sur une base raisonnable et
cohérente (la juste valeur d’origine au cas présent
Clôture 2000 UGT1 UGT2 UGT3 Total
Justes valeurs nettes 120,0 80 40,0 240
Prorata 50% 33% 17% 100%
Clôture 2005
Valeur comptable nette 130,0 120 80,0 330
Affectation du goodwill 22,5 15 7,5 45
Valeur comptable nette (après goodwill) 152,5 135 87,5 375
Valeur recouvrable 140,0
Dépréciation 12,5
S’il n’a pas été possible d’affecter le goodwill
Clôture 2005 UGT1 UGT2 UGT3 goodwill Total
F
Valeur comptable 130 120 80 45 375
Perte de valeur résultant du test ascendant 0 - - - 0
Valeur comptable après test ascendant 130 120 80 45 375
Valeur recouvrable - - - - 350
Perte de valeur résultant du test descendant 25