Droit International Public: Ousmane KEITA Enseignant-Chercheur, Doctorat en Relations Internationales
Droit International Public: Ousmane KEITA Enseignant-Chercheur, Doctorat en Relations Internationales
Ousmane KEITA
Enseignant-chercheur, doctorat en relations internationales
Introduction
• Le droit international public est défini comme l'ensemble des règles juridiques qui régissent les
rapports internationaux. Cette définition met l’accent sur trois concepts utilisés.
• Selon la définition classique, la règle de droit est l'ensemble des règles obligatoires qui régissent
la vie en société et dont l'inobservation entraîne la mise en place de sanctions organisées ; le droit
international public est dans ces conditions l'ensemble de normes réglementant les rapports entre
les membres de la société internationale et de la communauté internationale. L'examen des deux
traits caractéristiques de la règle de droit leur nature obligatoire et l'existence de sanctions
organisées permet de préciser la spécificité du droit international public.
Introduction
• Le droit international public se distingue de la morale et de la courtoisie internationale. La morale
dans les relations internationales ne crée que des obligations morales et non des obligations
juridiques. La courtoisie régit la manière d'agir dans les rapports internationaux et se fonde sur des
considérations de convenance, d'égards mutuels, de réciprocité conforme aux exigences d'une
bienséance généralement et réciproquement pratiquée. Seul le droit crée des obligations juridiques
même dans le domaine des relations internationales.
Introduction
• La nature normative des obligations juridiques créées par le droit international permet de
distinguer cette discipline juridique des autres disciplines des sciences politiques et sociales. En
effet, ces dernières ont pour mission de présenter une explication raisonnée et raisonnable des faits
et de la pratique dans les relations internationales, tandis que la science juridique a pour objet
principal l'interprétation de la règle de droit dans son application aux faits qui sont soumis à son
examen. Il s'agit dès lors de disciplines ne relevant pas du même ordre épistémologique.
Introduction
• L'adjectif « international » dans la définition du droit international public fait intervenir le facteur
d'extranéité. La dimension internationale de cette discipline juridique amène à faire une
comparaison entre les traits essentiels du droit interne et du droit international public. Les
principales différences sont en effet les suivantes :
• Le droit national est un droit de subordination ; les normes sont créées par les organes de l'État et
s'imposent aux personnes physiques et morales qui en sont destinataires, le droit international
public est, au contraire, essentiellement un droit de relation et de coordination.
Introduction
• Les normes de droit international sont le plus souvent créées avec le consentement des États qui en
sont les destinataires. Il en résulte que, sur le plan de la qualification des obligations, une large
place est accordée aux obligations de conduite et de comportement, les obligations de résultat étant
l'exception.
• Sur le plan institutionnel, les pouvoirs publics, notamment les organes exécutifs et judiciaires, font
respecter par les sujets de droit national. En droit international public, le respect du droit
international repose essentiellement sur un acte de volonté des États. Le mécanisme juridictionnel
comme l'institution exécutive dans le domaine international restent essentiellement exceptionnels
et sont dans un état embryonnaire.
Introduction
• Les sujets de droit interne sont variés et multiples, en fonction des centres d'intérêts reconnus par
le droit, alors que les sujets de droit international sont en nombre limité, dans la mesure où il s'agit
des États, des organisations internationales et d'autres formes d'institutions dont le recensement
peut être facilement effectué.
• Enfin, le champ d'application, c'est-à-dire les catégories des questions aux quelles la règle de droit
s'applique, est très vaste en droit interne. Il en résulte que les normes de droit interne ont un
caractère général, alors que celui du droit international est limité ; c'est essentiellement par des
réglementations spéciales, dans le cadre de normes particulières, que s'élabore et se développe le
droit international public.
Introduction
• Sur un plan méthodologique, il est difficile de vouloir tenter de transposer de façon absolue les
méthodes de droit interne dans le domaine du droit international. Il serait important de savoir les
différentes branches du droit international, qui ne fera pas un objet d’étude dans ce cours, comme
le droit international privé, pénal, d’investissement, etc.
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT INTERNATIONAL
• Le droit est un ensemble de règles de valeur inégale qui obéit au principe de la hiérarchie ou de la
conciliation des normes. Il est donc toujours essentiel de vérifier qu’une règle n’est pas en
contradiction avec un principe de droit qui lui est supérieur.
• En droit international, l’étude des sources s’organise autour de l’article 38 du statut de la Cour
Internationale de Justice (CIJ). La Cour dont la mission est de régler conformément au droit
international les différends qui lui sont soumis, applique :
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• a) Les conventions internationales, soit générales, soit spéciales, établissant des règles
expressément reconnus par les Etats en litiges ;
• b) La coutume comme preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le droit ;
• d) sous réserve de la disposition de l’art 59, les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes
les plus qualifiés des différentes nations, comme moyen auxiliaire de détermination des règles de
droit.
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• Ce n'est pas une création ex nihilo, mais la reprise d'un projet d’énumération des sources du droit
international formulé pour la première fois à l'occasion de la création (avortée), en 1907, d'un
tribunal international spécialisé́ : La Cour internationale des Prises maritimes. Bonne occasion
pour prendre la mesure de l'influence des rapports internationaux dans la formation du droit
international.
• À la différence du projet précité́ de 1907, l'article 38 énumère les sources du droit international
sans hiérarchisation :
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• traités, coutumes et principes généraux de droit sont, par conséquent, placés sur un pied d’égalité
au plan juridique. Ce sont, selon cet article, les sources directes du droit international ; en
revanche, la jurisprudence internationale et la doctrine sont des « moyens auxiliaires » pour
déterminer les règles de droit. Quant au jugement en équité́ (art. 38, par. 2) c'est une possibilité́
laissée à l'initiative des parties à un différend.
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• Le corpus classique des sources formelles du droit international contemporain, l'article 38 du Statut
de la Cour internationale de Justice, s'avère aujourd'hui incomplet et subit les assauts de la
modernité internationale. D'une part, il ne fait pas mention des Actes des organisations
internationales intergouvernementales qu'on ne saurait ignorer, à commencer par les résolutions de
l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité́ de l'Organisation des Nations Unies.
• Par ailleurs une partie de la doctrine estime qu’il n’existe pas de hiérarchie entre les normes. Cette
doctrine repose sur le postulat que les États sont les seules sources du droit international. Toutes les
normes de droit international manifesteraient donc la volonté des États et seraient ainsi de valeur
égale. Cet argument méconnaît le fait que :
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• la société internationale connaît une variété d’acteurs autres que les États qui contribuent avec eux
à la production de droits et d’obligations internationaux. On parle souvent de « droit dérivé » pour
qualifier les règles, résolutions, décisions, etc., produites notamment par les organisations
internationales ;
• D’autre part, l’idée d’une certaine hiérarchisation des sources du droit international semble
s’affirme de plus en plus, par delà l’hypothèse bien connue de l’article 103 de la Charte des
Nations Unies : le concept de jus cogens (Vienne, 1969) et celui de traité multilatéral général vont
dans ce sens.
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• le droit international reconnaît l’existence de règles de droit dont l’autorité est telle qu’elles
s’imposent à la volonté des États. On parle de jus cogens ou de « normes impératives » pour
qualifier ces règles que les États sont obligés de respecter, même si elles ne sont pas contenues
dans un document écrit et signé par eux ;
• de plus, tous les États qui ont adhéré à la Charte de l’ONU acceptent que leurs obligations en vertu
de la Charte l’emportent sur tout autre accord international (article 103 de la Charte). Cela signifie
que les accords qu’ils signent entre eux ou avec des entités non étatiques ne peuvent pas être en
contradiction avec l’esprit ou la lettre de la Charte des Nations unies.
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• En pratique, le droit international se traduit par une variété de règles qui lient certains États et pas
d’autres et qui s’appliquent donc de façon hétérogène dans l’espace. L’inflation et la diversité des
textes internationaux obligent donc de toute façon à rechercher des mécanismes de conciliation
entre des normes qui peuvent être contraires les unes aux autres.
• Les normes juridiques internationales peuvent être écrites ou non écrites et prendre des formes
diverses, notamment, dans un ordre d’autorité décroissant :
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• le jus cogens ;
• La Cour internationale de justice (CIJ) a défini sa propre hiérarchie des normes quand elle doit
prononcer un jugement. Cette hiérarchie est la suivante :
• la coutume internationale comme preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le droit ;
• les décisions de justice et la doctrine, comme moyens auxiliaires de détermination des règles de
droit (article 38.1 du statut de la CIJ).
Chapitre I : LES SOURCESDU DROIT
INTERNATIONAL
• La Cour pénale internationale doit appliquer d’abord les règles prévues par son statut, puis les
principes établis du droit international des conflits armés ainsi que les principes et règles de droit
interprétés dans le cadre de ses jugements antérieurs (article 21 du statut de la CPI).
Section I: le traité international
• Selon l’article 2 de la Convention de Vienne sur le droit des traités internationaux du 22 mai 1969,
l’expression « traité » définit comme étant « un accord international conclu par écrit entre Etats, ou
entre un Etat et une organisation internationale, ou entre organisations internationales et régi par le
droit international, qu’il soit consigné dans un instrument unique ou dans un ou plusieurs
instruments connexes, et quelle que soit sa dénomination particulière ». Le traité peut avoir
différentes dénominations, telles que traité, convention, accord, acte final, protocole, charte,
pacte, mais qui veut dire la même la chose.
Section I: le traité international
• Si cette définition reste peu précise, on doit cependant souligner qu’un traité prend obligatoirement une
forme écrite et qu’il doit absolument produire des effets de droit.
• La définition précitée renvoie à la notion de droit international public et à la notion de sujet de droit
international. Un accord international ne peut lier que deux ou plusieurs sujets de droit international public,
c’est-à-dire qui ont la capacité́ juridique de s'engager (ils ont le treaty-making power), et de se placer sous
l'empire du droit international. Toute autre situation relève du « droit transnational » (accord entre un sujet
de droit international et une personne privée, par exemple une multi- nationale, une ONG, etc.) ou du «
contrat internationalisé ». fréquentes dans les relations internationales contemporaines, ces situations sont
dans le voisinage immédiat du droit international sans pour autant relever directement de cette discipline.
Section I: le traité international
• À notre époque les Etats et les organisations internationales intergouvernementales sont les deux principaux sujet de droit
international, sous réserve du principe de spécialité́ qui limite, pour les organisations internationales intergouvernementales,
leur capacité́ juridique. Mais il y a toujours des cas particuliers. Aujourd'hui, la doctrine continue de s'interroger sur l'hypothèse
où une entité́ non sujet de droit international peut recevoir, de par la constitution de l’Etat souverain, une certaine capacité́ de
conclure des traités (cas de l’Etat fédéré́ , voire d'une région). Ces variations, consécutives à l’évolution des relations
internationales, conduisent parfois à s'interroger sur la véritable nature juridique d'un accord conclu entre des instances de
nationalité́ différente. Il n'est pas sûr que tous les Etats du monde admettent à ce jour que les concordats conclus par le Vatican
soient de véritables traités. En son temps, la doctrine soviétique refusait cette qualité́ à l'Acte final de la Conférence d'Helsinki
(1975). Et les « accords d'Evian » (19 mars 1962) qui ont mis fin officiellement à la « guerre » d'Algérie avaient-ils ou non ce
caractère ? Il faut être averti de ces difficultés possibles sur la notion de traité avant de procéder à des essais de classification.
Section I: le traité international
• Sans doute le traité est un instrument qui garantit le plus pleinement la sauvegarde de la liberté
de l’engagement étatique, le traité se place au premier rang des sources du droit international. Il
est apparu historiquement avec le développement des premières relations interétatiques.
• Le traité peut faire l’objet des diverses classifications, fondées sur des critères matériels ou
formels. Dans le premier cas, on distingue principalement les traités généraux des traités spéciaux,
alors que dans la deuxième hypothèse, on différenciera surtout les traités bilatéraux (deux parties)
des traités multilatéraux (plusieurs parties).
I- Classification des traités
• L'objet de toute classification juridique, en droit interne comme international, qui n'est pas un
simple classement, est, à partir de critères précis, d'essayer de dégager des catégories distinctes
d'actes juridiques soumis à un régime spécifique. De plus, une classification a pour avantage de
mettre un peu de clarté́ dans un ensemble à première vue disparate.
• Trois classifications que l'on peut qualifier de traditionnelles : il s'agit de la distinction traité
bilatéral/traité multilatéral, et de la distinction entre traité en forme solennelle et accord en forme
simplifié. Également la classification traité-contrat/traité-loi, défendue notamment par la
doctrine allemande dès la fin du xix siècle et présentée alors comme la summa divisio, a perdu de
son prestige parce que très critiquée par une partie de la doctrine contemporaine.
I- Classification des traités
• Il n'empêche que le juge international l'utilise à l'occasion, en matière d'interprétation des traités
notamment. Elle nous semble par ailleurs retrouver vie sous un autre nom.
• Depuis la création de l'ONU, deux nouvelles classifications ont fait leur apparition. La
multiplication des organisations internationales intergouvernementales a engendré naturellement
la distinction entre traités interétatiques et traités conclus par les organisations internationales
(avec un Etat ou entre elles) qui retentit sur le mode de conclusion. Plus subtile et plus politique
apparait la distinction, pas encore bien reçue mais manifestement en gestation, entre traité
multilatéral général et traité multilatéral restreint.
I- Classification des traités
• Dans le premier cas le traité, qui a par définition effet erga omnes, devient une véritable « loi
internationale » (traité-loi), expression de la norme internationale de référence. Dans le second cas
le traité multilatéral n'a effet que pour les parties contractantes. Si l’évolution confirme cette
classification, on peut s'attendre à des novations dans le droit classique des traités.
• Même si elles ne sont pas scientifiquement toujours satisfaisantes, ces classifications sont utiles
pour la compréhension des mécanismes qui sous-tendent les rapports internationaux.
A- La conclusion des traités
• La distinction, qui concerne aussi bien les traités bilatéraux que les traités multilatéraux, repose sur
un critère précis : le point de départ de l'effet juridique se situe dès la signature pour l'accord en
forme simplifiée mais seulement à partir de la ratification pour le traité en forme solennelle.
a- La procédure solennelle
• Qui est la règle pour les catégories de traités considérés comme importants, comporte trois phases
successives : négociation, signature et ratification.
- La négociation
• La négociation est la phase diplomatique conduite, selon le cas, par le Ministre des affaires
estrangères (voir le chef du gouvernement ou de l'Etat) ou par les agents diplomatiques
(ambassadeurs) et autres missions spéciales. C’est le droit interne de chaque Etat qui détermine
l’autorité compétente pour négocier le traité. Au Mali L’art 114 de la constitution de la
République, donne compétence au Président de la République de négocier et de ratifier les traités
internationaux. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d'un accord
international non soumis à ratification.
- La négociation
• Les plénipotentiaires procèdent normalement à une formalité́ substantielle appelée « échange des
pleins pouvoirs » destinée à attester leur représentativité́ . Selon la jurisprudence internationale il
n'est pas nécessaire que deux Etats aient « épuisé́ les négociations » pour soumettre un différend à
la Cour. La négociation qui réussit aboutit à la rédaction d'un projet de traité.
• La signature du projet par les Hautes Parties contractantes (c'est la formule classique), parfois
précédée dans le temps du paraphe des plénipotentiaires, confirme leur consentement à mener à
terme la conclusion du traité. C'est plus qu'un engagement d'honneur (Gentlemen's Agreement)
puisque les parties engagent ici leur bonne foi, à peine de responsabilité́ internationale. Le
paraphe, de son côté́ , clôt les négociations et définit, l’engagement des parties, l'objet de l'accord.
- Adoption
• Elle se manifeste par l’adoption du texte définit qui, pour les traités multilatéraux peut se faire par
un vote de la conférence, et dans tous les cas par son authentification, par la signature. La
signature du traité par les Etats peut être soit définitive et il s’agit d’accords en forme simplifiée,
soit elle est donnée sous réserve de ratification, acceptation ou approbation (la procédure est
fonction du droit interne de chaque Etat) pour les traités en forme solennelle (art 115 de la
constitution du Mali).
- Adoption
• Si l’Etat ne devient pas encore partie au traité du fait de sa simple signature, cette formalité n’est
pas sans portée juridique puisque l’art 18 de la convention de vienne dispose qu’un Etat signataire,
ne doit pas priver un traité de son objet et de son but avant son entrée en vigueur. De même, pèse
sur cet Etat une obligation de bonne foi de poursuivre le processus de conclusion en présentant le
traité à ses autorités internes pour qu’elles se prononcent sur leur volonté de se lier définitivement.
Par ailleurs, même en l’absence de ratification et donc d’entrée en vigueur, la signature d’un traité
par un grand nombre d’Etats peut avoir une portée politique et juridique importante. Ainsi, les
dispositions de convention sur le droit de la mer de 1982 sont largement passées dans le droit
positif coutumier avant son entrée en vigueur, qui n’est intervenue qu’en 1994.
- Ratification
• C’est l’acte par le quel l’autorité étatique constitutionnellement compétente pour conclure les traités
confirme la volonté de l’Etat de se lier par le traité, et s’engage à l’exécuter. La procédure de ratification est
exclusivement réglée par le droit interne de chaque Etat ; elle permet en général d’associer le législateur ou
l’option publique interne à la décision de conclure un traité. Au Mali, Le président de la République
négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d’un accord
international non soumis à la ratification. Article 115 : Les traités de paix, de commerce, les traités ou
accords relatifs aux organisations internationales ceux qui engagent les finances de l'Etat, ceux qui sont
relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent
être approuvés ou ratifiés qu'en vertu de la loi. Ils ne prennent effet qu'après avoir été approuvés ou ratifiés.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement du peuple.
- Ratification
La ratification reste un acte discrétionnaire que l’Etat n’est pas tenu d’exécuter. C’est ainsi que les
Etats Unis ont pu signer le Protocol de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre en 1998 et
refuser par la suite de le ratifier. Le dépôt par les Etats de leur instrument de ratification auprès du
dépositaire du traité (l’échange des instruments dans les cas de traités bilatéraux) conditionne
l’entrée en vigueur du traité. Pour les traités multilatéraux, le traité fixe en général le nombre de
ratification nécessaires à son entrée en vigueur. Les droits internes différencient parfois la ratification
de l’acceptation ou de l’approbation, mais l’art 11 de la convention de vienne considère ces trois
formules comme équivalentes.
- L’adhésion
• Cette procédure permet à un Etat qui n’a pas signé le texte lors de son adoption d’exprimer en une
seule fois son engagement après qu’un certain temps s’est écoulé depuis l’adoption du texte ou
même son entrée en vigueur. Elle a donc la même portée qu’une signature suivie d’une ratification.
- Les réserves
• Un Etat peut estimer au cours du processus de conclusion d’un traité, que certaines dispositions du texte
ne lui conviennent pas, bien qu’il approuve la plupart du dispositif de l’accord. Il peut alors, soit ne pas
devenir partie au traité dans son ensemble, soit faire une déclaration unilatérale en vue d’exclure de son
engagement à ces dispositions. On dit alors que l’Etat partie au traité formule une réserve, ce qu’il ne
peut pas faire que si le traité le permet. La convention de Vienne définit la réserve comme une
déclaration unilatérale, quel que soit son libellé ou sa désignation, faite par un Etat quand il signe,
ratifie, accepte ou approuve un traité ou y adhère, par laquelle il vise à exclure ou à modifier l’effet
juridique de certaines dispositions du traité dans leur application à cet Etat. On doit distinguer les
réserves des déclarations interprétatives qui précisent simplement le sens d’une disposition.
• Effets des réserves
• La faculté de formuler des réserves permet d’étendre la portée d’un traité multilatéral à des Etats qui n’y auraient
pas participé autrement, mais elle risque aussi de porter atteinte à l’intégrité du texte. C’est le traité lui-même qui
peut autoriser ou interdire les réserves (conv, Vienne art 19). En cas de silence du traité, la CIJ avis consultatif aux
réserves à la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, 1951 a fixé comme critère
d’admissibilité des réserves leur compatibilité avec l’objet et but du traité. Lorsqu’un Etat formule une réserve,
tout autre Etat partie au traité peut y objecter. L’objection n’empêche pas le reste du traité d’entrer en vigueur entre
l’objection et le réservataire, à moins que le premier n’ait nettement exprimé l’intention contraire. Ainsi, entre
l’Etat qui accepte expressément ou tacitement la réserve et l’Etat réservataire, le traité s’applique tel que modifié
par la réserve, alors qu’entre l’Etat réservataire et l’Etat objectant (refusant la réserve) soit le traité s’applique à
l’exception des dispositions sur lesquelles porte la réserve, soit le traité ne s’applique pas du tout entre eux.
- L’entrée en vigueur
• Le Droit international ne pose pas de conditions formelles uniformes pour l’entrée en vigueur des
traités. Tout dépend de la volonté des Etats contractants, telle qu’elle est exprimée dans les clauses
finales du texte. En pratique, si l’entrée en vigueur des traités bilatéraux se réalise généralement au
moment de l’échange des instruments de ratification, en ce qui concerne les traités multilatéraux
les conditions peuvent être très diverses, l’entrée en vigueur ne se réalisera que lorsqu’un nombre
suffisamment représentatif d’Etats aura ratifié le traité (le nombre étant fixé par le traité lui-même)
B- la validité d’un traité
• Ce problème, commun aux actes juridiques internes et internationaux, est celui de l'éventuelle «
nullité » d'un traité qui a été définitivement conclu. Il est fondamental puisqu' il vise à remettre en
cause un engagement international, et il est difficile parce qu'il touche à la souveraineté des États,
à la place du juge dans le système international, et à la politique pure et simple. De fait, il peut être
tentant pour un État de se délier de ses obligations en invoquant un argument prétexte, celui de la
nullité.
B- la validité d’un traité
• Sans entrer dans les débats doctrinaux, on se limitera à esquisser les contours juridiques du
problème. L'idée générale à prendre en compte et qui renvoie à la définition de l'accord
international est celle-ci : tout accord qui comporte un vice substantiel de forme ou de fond
affectant par conséquent la qualité du consentement exprimé est susceptible d'être frappé de
nullité. C'est donc l’affaire de cas d'espèce, d'appréciation concrète plus ou moins subjective et,
par dessus tout, de preuve. La doctrine et la pratique internationales que la Convention de Vienne
de 1969 s'est efforcée de synthétiser, de clarifier et de moraliser en imposant des procédures de
constatations et de notifications permettent de distinguer trois grandes hypothèses pouvant
conduire à la nullité d'un traité.
B- la validité d’un traité
• La première hypothèse la plus simple est celle du défaut de capacité juridique : l'une des parties
contractantes n'avait pas la compétence de « s'engager » internationalement, soit parce qu'elle n'avait pas la
qualité de sujet de droit international, soit parce qu'elle n'avait pas la capacité de conclure des traités ou
encore manquait de légitimité. Pareille hypothèse, qui a pu se produire à l'époque coloniale où la question de
sujet de droit international soulevait des doutes et des querelles doctrinales, semble aujourd'hui une
hypothèse d'école, ou en tout cas tout à fait exceptionnelle. Encore faut-il penser à la nullité invoquée parce
qu'il n'y a pas eu échange de pleins pouvoirs (Convention de Vienne 1969, art. 8 et 47) ; ou parce que
l'engagement a été contracté par un gouvernement de fait considéré comme illégitime ; ou, s'agissant de traité
conclu par une organisation internationale, parce que cette organisation a débordé son domaine spécialisé.
L'actualité internationale donne parfois quelque exemple de prétendue nullité d'un traité sur ce fondement.
B- la validité d’un traité
• La seconde hypothèse concerne le défaut de consentement. Une partie contractante estime ou prétend que son
consentement n'a pas été valablement donné en raison d'une erreur sur l'objet du traité ce qui peut paraître
surprenant à notre époque où les moyens d'informations sont considérables ; ou en raison d'un vice proprement
dit de consentement découlant de la contrainte physique sur les négociateurs, d'une fraude, d'un dol (cf. théorie
des nullités en droit interne) ; ou, enfin, d'un vice grave de procédure interne tel qu'une irrégularité
constitutionnelle dans la ratification du traité.
• La convention de Vienne fixe quelques orientations bienvenues. L'erreur de traduction dans un traité n'est
jamais erreur substantielle ; quant à l'erreur sur l'objet du traité (par exemple dans la délimitation de frontières)
elle n'est acceptable que si la partie contractante qui l'invoque ne la connaissait pas au moment de la conclusion
de l'accord. S'agissant d'un vice de procédure interne il est en principe sans effet sur la validité du traité.
B- la validité d’un traité
• Enfin la « contrainte » exercée par un État sur un autre ou d'autres si souvent invoquée politiquement par
un État voisin à la suite de traité de paix lui imposant par définition des obligations diverses ou dénoncée
unilatéralement comme source de « traités inégaux » - n'est pas retenue comme cause de nullité. Les
situations des États contractants n'étant jamais objectivement égales on n'en sortirait pas. Mais dans une
déclaration annexée à la convention les États signataires « condamnent solennellement le recours à la
contrainte militaire, politique, ou économique lors de la conclusion des traités ». Même si ce texte fait
officiellement partie de l'acte final de la Conférence réunie à Vienne en 1969, il n'a pas été incorporé
directement dans les dispositifs du traité. Mais il est utile que cela ait été dit et écrit : la morale
internationale ne peut que gagner à ce code de conduite qui rappelle ce qui répugne à l'ordre juridique
international.
B- la validité d’un traité
• La troisième hypothèse, qui est une création de la convention de Vienne (art. 53 et 71), est celle du
jus cogens ou « norme impérative de droit international ». Tout accord international, bilatéral ou
multilatéral, qui comporterait des dispositions contraires au jus cogens serait automatiquement
nul en ces dispositions ; il faut alors rétablir la situation originale comme si le traité n'avait jamais
été conclu.
• L'idée est généreuse mais encore en voie de consolidation dans la mesure où le contenu exact des
normes de jus cogens n'est toujours pas précisé ni globalement admis. C'est pourtant la voie du
progrès pour la communauté internationale.
B- la validité d’un traité
• Par-delà les développements de la technique juridique et les analyses doctrinales, il faut bien
reconnaître que le problème de la validité ou nullité des accords internationaux relève avant tout
de la diplomatie et de la politique. Les États sont peu enclins à demander au juge de vérifier le
bien-fondé de leur argumentation lorsqu'ils invoquent la nullité d'un traité auquel ils sont parties.
C'est pourquoi la jurisprudence internationale en cette matière est très peu fournie. Invoquer la
nullité d'un traité c'est donc refuser, avec de bons ou fallacieux arguments juridiques ou pseudo-
juridiques, de le mettre en application.
Section2: La Coutume internationale
• En droit international comme en droit interne la coutume est une règle de droit non écrite. Ce qui
la distingue radicalement, en théorie, du simple usage et de la courtoisie internationale qui n'ont
rien d'obligatoire.
• L’existence de la coutume internationale exige la réunion de deux éléments, l'un matériel, l'autre
psychologique. Ce que résume fort bien l'article 38 du Statut de la Cour internationale de Justice
en parlant de ... « pratique générale acceptée comme étant le droit ».
Section2: La Coutume internationale
• L'élément matériel consiste en la « répétition concordante » d'actes et/ou de comportements d'un État
dans les relations internationales « pendant une certaine durée ». L'élément psychologique signifie que
l'État qui a répété dans le temps cette même pratique l'a fait parce qu'il avait la conviction d'obéir à une
règle de droit (non écrite). Chacun de ces deux éléments comporte donc une part d'incertitude ou, si l'on
préfère, de subjectivité ; mais c'est ce qui fait la souplesse de la coutume et en même temps son
adaptabilité à l'évolution des rapports internationaux (analyse des « précédents »). En cas de contestation
de l'existence d'une coutume, il revient au juge international de faire l'analyse et la preuve. Des affaires
célèbres (affaire du Lotus, C.PJ.I. ; affaire du Droit d'asile, C.Ì.J. ; affaire du Droit de passage sur
territoire indien, C.I.J., etc.) illustrent cette question des éléments constitutifs de la coutume.
Section2: La Coutume internationale
• L'important est de savoir et pouvoir distinguer entre coutume, c'est-à-dire constater l'existence d'une règle de
droit déjà formulée, et usage. Ainsi le droit des relations commerciales internationales et le droit des relations
diplomatiques comportent de nombreux usages qui ne sont pas l'équivalent de coutumes au sens de l'article
38.
• La doctrine dominante analyse la règle coutumière comme étant une sorte d'accord tacite, et donc l'expression
informelle de la volonté des États. La théorie objectiviste ou sociologique qui voit dans la coutume une règle
de droit issue du milieu social international et, en conséquence, s'imposant d'elle-même aux sujets de droit
international n'a pas encore réussi (ou pas tout à fait) à prévaloir sur la doctrine dominante. Ce débat doctrinal
retentit néanmoins sur la conception de la règle coutumière et sur son acceptation dans/ou par le milieu
international contemporain.
Section2: La Coutume internationale
• La question de la diversité des coutumes internationales ne simplifie pas le problème théorique et
pratique. On distingue aujourd'hui entre coutume générale et coutume locale (ou régionale). Une
coutume internationale locale suppose l'adhésion implicite de tous les États concernés par celle-ci,
tandis que la coutume générale celle que vise l'article 38 n'exigerait pas nécessairement l'unanimité des
États pour s'imposer à la communauté internationale en tant que règle de droit objective. Dans tous les
cas reste le problème des l'États protestataires qui refuse d'admettre l'existence d'une coutume. En fait,
la contestation d'une coutume dite générale par un certain nombre d'États est le signe annonciateur
d'une remise en cause du droit international positif. L'évolution du droit de la mer entre les conférences
de Genève 1958-1960 et la convention de Montego Bay de 1982 en donne un bon exemple.
Section2: La Coutume internationale
• Quant à la thèse de la « coutume instantanée » (qualifiée de « sauvage » par les adversaires),
avancée par des États notamment tiers-mondistes dans les années 1970, elle ne tient pas la route.
L'idée était d'affirmer qu'un seul fait ou comportement pouvait dans certains cas, constituer la
pratique générale prévue à l'article 38. C'était aussi et surtout donner un contenu « combatif» à la
répétition des précédents, afin de provoquer des changements dans le droit international.
L'intention était (est encore ?) compréhensible, voire louable. Mais le concept d'une coutume
instantanée nous semble prématuré. Il va à rencontre d'un dicton que l'on retrouve dans toutes les
civilisations et qui s'exprime en français dans cette expression bien connue : « une fois n'est pas
coutume ». Un minimum de répétitions dans le temps sous-tend, en effet, l'idée de coutume.
Section2: La Coutume internationale
• Les rapports entre traité et coutume appellent trois observations. En tant que sources de droit, le traité et la
coutume sont en théorie des sources égales, l'un pouvant mettre fin à l'autre et inversement ; la pratique
internationale offre quelques exemples plus ou moins précis de cette situation. Dans le domaine de la
formation du droit international les rapports traité/coutume sont étroits : les traités sont des « précédents »
parmi d'autres dans la création de la coutume ; inversement la coutume peut toujours aboutir à la forme
écrite du traité de codification. On notera surtout que traité et coutume peuvent être la source d'une « même
obligation » pour les États concernés, les uns étant liés par un traité et les autres par une coutume générale.
Cette situation, évoquée par l'article 38 de la convention de Vienne de 1969 et la Cour internationale de
Justice (affaire du Plateau continental de la mer du Nord, C.I.J. Recueil 1969) témoigne de la vigueur
persistante du droit coutumier international.
- La place de la coutume dans le système international
• II s'agit d'un débat qui dépasse les limites du droit international positif, et qui s'inscrit toujours
comme pour tous les grands débats juridiques dans les termes : déclin ou renouveau ? On se limitera
à deux observations.
• En théorie la coutume est au cœur du droit international puisque, historiquement, celui-ci a été
d'abord et avant tout (comme les systèmes juridiques internes) un droit essentiellement coutumier
par opposition au droit international spécial ou particulier qui désigne le droit issu des traités. Plus
précisément le juge international, en l'absence de sources conventionnelles pour la solution d'un
différend, se référera au droit international général (coutumier) pour rendre sa décision. Il y a donc
là un « espace judiciaire » utile du point de vue des sources du droit international.
- La place de la coutume dans le système international
• Dans la mesure où se développent les traités de codification, la règle coutumière perd de son
importance. Mais il est des chapitres du droit international, celui de la responsabilité internationale
par exemple, qui résistent encore à la codification.
• Rien de plus vague mais aussi rien de plus usité que le mot « principe » en philosophie, en morale,
en politique, en diplomatie, et autres domaines scientifiques.
• Par définition il ne peut s'agir au sens de l'article 38 que de principes juridiques, c'est-à-dire
portant force obligatoire au même titre que le traité et la coutume et à égalité avec eux. De plus, il
ne s'agit pas de n'importe quels principes juridiques mais seulement de ceux qui sont « reconnus »
par les États dits civilisés. Il y a donc un tri à faire, et c'est là que l'ambiguïté surgit.
Section 3 : Les principes généraux de droit reconnus par
les nations civilisées
• À vrai dire sauf à s'en tenir à de vagues généralités qui font toujours accord (ainsi cette référence aux
principes d'humanité par l'arrêt de la CIJ dans l'affaire du Détroit de Corfou, CIJ. Recueil 1949, p.4) la
qualité « juridique » du principe des nationalités du XIX siècle relevait de la politique diplomatique alors
qu'il est devenu, aujourd'hui, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, encore que certains préfèrent
parler d'un principe général d'autodétermination et aussi de décolonisation. À de la guerre froide, la
doctrine soviétique entendait bien donner un contenu juridique l'époque au célèbre principe de « la
coexistence pacifique entre systèmes sociaux différents » - magnifié par la non moins célèbre conférence
des Pays non alignés tenue à Bandoeng en 1955 -, alors que les « Occidentaux » ont fini par l'admettre
(conférence d'Helsinki de 1975) mais au titre de diplomatie et de real politik. On pourrait multiplier les
exemples de ces analyses divergentes et intéressées.
Section 3 : Les principes généraux de droit reconnus par
les nations civilisées
• La doctrine reste divisée sur l'analyse de contenu de l'article 38, paragraphe 1, alinéa c). Deux
écoles principales s'affrontent avec de bons arguments. L'une considère que les seuls vrais
principes évoqués par ce texte ne peuvent être que les principes généraux communs à l'ensemble
des systèmes juridiques internes ou, si l'on préfère, aux différentes familles juridiques. C'est la
théorie dominante : il est logique d'admettre comme norme juridique internationale un principe-
règle que l'on retrouve peu ou prou dans la plupart des grands systèmes de droit contemporains,
quelle que soit leur diversité sur le plan philosophique et idéologique. Les apports du droit
comparé, en matière de procédure notamment, sont ici déterminants (cf. système de la preuve,
théorie des droits acquis, de l'abus de droit, etc.).
Section 3 : Les principes généraux de droit reconnus par
les nations civilisées
• L'autre école considère qu'il faut réserver la qualification de principes généraux de droit aux seuls
principes juridiques « spécifiques » au jeu des rapports internationaux (par exemple, principe du
devoir de réparer un dommage causé de façon illicite et principe de l'épuisement des recours
interne dans le domaine de la responsabilité internationale).
• Et il y a ceux qui, intellectuellement prudents ..., s'efforcent de combiner les deux théories en
introduisant, le cas échéant, l'idée d'une hiérarchie au profit des principes du droit international sur
les principes communs aux droits internes.
Section 3 : Les principes généraux de droit reconnus par
les nations civilisées
• On admettra volontiers que la notion en question n'est pas clarifiée pour autant. Seule la
jurisprudence est susceptible d'apporter un élément de réponse.
La place des principes généraux de droit dans le système
international :
• Pour notre part et sur un plan très concret nous nous en tiendrons à trois observations.
• La référence à des principes est une constante du droit international et des relations
internationales. Elle parcourt tous les chapitres du droit international public classique. Elle se
développe (quantitativement) encore plus dans les domaines nouveaux : droit des organisations
internationales, droit transnational, droit communautaire.
La place des principes généraux de droit dans le système
international :
• Mais le quantitatif ne fait pas le qualitatif. La question fondamentale demeure : l'usage du mot
principe se réfère-t-il précisément ou non au concept juridique de l'article 38 ? Tous les arbitrages
rendus avant 1920 et utilisant fréquemment le mot principe n'y mettaient pas nécessairement, et
pour cause, un contenu juridique. Qu'en est-il des arbitrages rendus depuis cette date ? Le flou
dans l'usage du concept ne nous paraît pas levé.
• Le débat doctrinal sur la place et le rôle des principes généraux de droit comme source du droit
international n’affaiblit pas. Il contribue d'ailleurs au progrès du droit international.
La place des principes généraux de droit dans le système
international :
• a) S'agissant des principes généraux de droit pris en tant que normes internationales, la coupure
doctrinale est nette. Il y a, d'un côté, les « normativistes » disciples intellectuels de Hans
Kelsen qui mettent les principes au sommet de la hiérarchie des normes internationales (c/.
Pacta sunt servando, jus cogens) ; et, d'un autre côté, ceux qui n'accordent aux principes qu'un
rôle subsidiaire, un rôle de secours en quelque sorte : à défaut de traité ou de coutume, les
• b) S'agissant des principes généraux pris sous l'angle de la formation et du développement du droit
international, les analyses sont, ici aussi, très partagées, et aussi très subjectives. Les uns pensent
que, tôt ou tard, un principe général de droit, régulièrement observé, devient inévitablement
coutume et, pourquoi pas, transcrit dans un traité de codification. D'autres, au contraire, estiment
(et souhaitent) que les principes généraux de droit soient ou deviennent le fondement d'un droit
international nouveau, et le vrai critère de la légalité internationale.
• C'est sans doute aller trop vite dans la réalisation d'un idéal, d'une belle utopie. Il n'empêche que
l'idée prend corps sérieusement, et qu'elle attend peut-être la sanction du juge pour provoquer
l'ouverture de nouveaux horizons.
La place des principes généraux de droit dans le système
international :
• La jurisprudence a toujours été très prudente en ce domaine. Bien que les principes généraux aient
été proclamés comme source du droit international en 1920 dans le but surtout d'empêcher toute
lacune du droit la CPJI n'y a jamais fait expressément référence dans ses avis et arrêts (sauf dans
quelques opinions individuelles ou dissidentes). En revanche la CIJ a évoqué à plusieurs reprises
les principes généraux de droit, avec ou sans renvoi explicite à l'article 38, paragraphe 1, alinéa c),
et plus encore dans les opinions individuelles des juges.
La place des principes généraux de droit dans le système
international :
• Il y aurait donc une attention plus grande, à notre époque, portée aux principes généraux de droit,
mais toujours à titre supplétif ou complémentaire. Appel a ces principes apparaît, d'ailleurs, plus
aisé dans le cadre souple de l'arbitrage et, plus encore, dans un système de droit communautaire.
• Cette troisième source officielle de droit international, peu utilisée jusqu'ici à titre direct il faut
bien l'admettre, se trouve à la fois renouvelée et concurrencée par les résolutions des organisations
internationales qui n'hésitent pas, elles aussi, à proclamer des principes qui se situent au confluent
de la morale et du droit international, sans pour autant s'inscrire dans le cadre de l'article 38
précité.
Section 4 : Les actes des organisations internationales
• Le mot résolution est le terme générique qui désigne l’ensemble des actes des organisations
internationales intergouvernementales, que la doctrine appelle aussi actes institutionnels
internationaux ou encore actes unilatéraux d’organisations internationales. Nous nous en tiendrons
au mot classique de résolution, mais en sachant qu’il y a une grande variété de résolutions et qu’il
faut savoir, à l’occasion, faire les distinctions nécessaires.
• C’est le problème principal de notre époque dans la mesure où l’ONU, à travers surtout le conseil de
sécurité, à la responsabilité du maintien de la paix. Une responsabilité qui est tributaire des
procédures organisées par la Charte ainsi que de la bonne volonté des Etats membres du Conseil de
sécurité, notamment des cinq qui disposent d’un droit de veto.
Section 4 : Les actes des organisations internationales
• Les résolutions relatives au fonctionnement même des organisations internationales sont plus
nombreuses (vote du budget, déroulement des sessions, procédures) et constituent le droit interne
de l’Organisation. Les résolutions relatives au maintien de la paix et de la sécurité sont les plus
importantes pour la communauté internationale, qu’elles émanent de l’ONU ou d’organisations
politiques régionales et les résolutions adoptées dans le cadre d’institutions spécialisées.
• Mais la question de la force juridique des résolutions adoptées à l’ONU demeure à peu près ce
qu’elle était à l’origine, depuis 1946, c’est la distinction entre la recommandation et la décision.
Section 4 : Les actes des organisations internationales
• Le mécanisme du maintien de la paix organisée par la Charte, principalement dans les chapitres VI
et VII complétés par les dispositions relatives aux compétences générales de l’Assemblée générale
(art. 10 et 17) et du Conseil de sécurité (art. 24 et 25), semble juridiquement clair. L’Assemblée
dispose d’un pouvoir de recommandation, tandis que le Conseil de sécurité peut choisir en
fonction des circonstances de s’en tenir à des recommandations (chapitre VI) ou de prendre, le cas
échéant, des décisions (chapitre VII). La résolution/recommandation n’est pas qu’une invitation
à agir qui n’a pas de caractère contraignant tandis que la résolution/décision à force juridique.
Section 4 : Les actes des organisations internationales
• La résolution Acheson, par laquelle l’Assemblée générale s’appropriée les pouvoirs du Conseil de sécurité
paralysé par le veto pour le maintien de la paix. La guerre de Corée (1950-1953) en était le prétexte, mais la
résolution Acheson est toujours inscrite dans les textes onusiens. Avec le temps, une bonne partie de la doctrine
internationale s’est déclarée favorable, avec des arguments plus ou moins convaincants, à la reconnaissance d’une
certaine force contraignante.
• S’agissant de la force juridique des résolutions des organisations internationales va de la pure et simple
recommandation qui n’est que l’expression d’un souhait à la recommandation chargée d’une certaine
force contraignante, et à la résolution/décision expressément prévue par le traité constitutif de
l’organisation. Il y a des résolutions qui sont sources de droit même si elles portent officiellement le nom
de recommandations.
Section 4 : Les actes des organisations internationales
• S’agissant de la formation et de l’évolution du droit international, il va de soi que les actes des
organisations internationales y contribuent considérablement même s’ils ne sont pas toujours ou
pas immédiatement acceptés par l’ensemble de la communauté internationale. Ces actes sont, dans
le meilleur des cas, des précédents pouvant donner naissance à une coutume internationale. Même
s’ils ne sont pas juridiquement coercitifs ils reflètent un état de l’opinion internationale
susceptible, à terme, de faire évoluer le droit international.
Section 5 : La doctrine
• Il désigne parfois la position des acteurs internationaux sur des problèmes politiques. Il importe
peu que ces doctrines aient des implications ou un objet juridique (reconnaissance, souveraineté) :
leur raison d’être est politique et elle ne prétend pas exprimer le droit international.
• Par doctrine, on entend aussi c’est ce que vise l’art 38 du Statut de la CIJ, les positions des auteurs,
des sociétés savantes ou des organes appelés à formuler des opinions juridiques sans engager les
sujets de droit (Etat, organisation internationale) dont ils relèvent.
Section 5 : La doctrine
• Les auteurs du Statut de la CIJ, ont fait référence expressément à l’apport de la doctrine. C’était
une manière de rendre homme au rôle important qu’elle avait pu jouer dans le passé, lorsque la
pratique diplomatique restait confidentielle, pour constater, classer et expliquer les précédents d’un
droit encore essentiellement coutumier.
• Les sujets du droit international ont, de tout temps, ressenti le besoin d’une expertise juridique. Ils
font appel à cette fin à des jurisconsultes ou à des collèges d’experts. Les solutions retenues sont
diverses, selon l’ampleur souhaitée de la confrontation des points de vue, l’indépendance et
l’autorité reconnues aux collèges d’experts ou degré de confidentialité de leurs travaux.
Section 6 : La jurisprudence
• Est constituée l’ensemble des décisions juridictionnelles (l’art 38 du Statut de la CIJ). Considéré
isolément, un arrêt ou un avis d’une juridiction internationale constitue un précédent ou un moyen
de détermination du droit.