Université Mohammed V de Rabat
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales - Salé -
Cours de
La Gestion Actif – Passif Bancaire
2ème année
Master « Management Bancaire et Finance Internationale »
Pr. A. BENTHAMI
Année universitaire: 2018 - 2019
Introduction
La banque exerce de nombreuses activités:
1ère activité: celle d’intermédiation bancaire (IB)
2ème activité: celle de marché
3ème activité: celle de service
La 1ère activité (IB) reste la plus importante
Introduction
En examinant le PNB des différentes banques :
PNB = marge d’intérêt
+ résultat des opérations de crédit–bail et de location
+ marge sur commissions
+ résultat des opérations de marché
+ divers autres produits bancaires
- diverses autres charges bancaires
Introduction
On constate que:
la Part de la marge d’intérêt (résultat de l’activité d’IB) ≥ 80% du PNB
Mais,
Activité d’IB
=
opérations de prêt/emprunts (crédits/dépôts)
Risques ALM
I- Définitions de l’ALM
1ère Définition:
L'ALM est une méthode globale et coordonnée qui a
pour objectif d'estimer et de piloter l'équilibre entre les
ressources et les emplois au regard des risques financiers
auxquels la banque est exposée sous la contrainte d'un
niveau de rentabilité et d'un cadre réglementaire précis.
I- Définitions de l’ALM
2ème Définition:
L'ALM est une pratique qui vise à optimiser la rentabilité des
fonds propres tout en préservant un niveau acceptable des
risques financiers (risque de taux, de change et de liquidité) et en
assurant une allocation des fonds propres de manière à adapter le
volume de l'activité à l'évolution du marché et à l'environnement
financier et réglementaire, notamment aux ratios prudentiels.
On parle alors d'optimisation du couple risque/rentabilité.
I- Définitions de l’ALM
3ème Définition:
L'ALM est une démarche globale au sein de la banque
visant à atteindre la structure de bilan optimisant la
rentabilité et le risque engendrés par les opérations de
bilan et de hors-bilan. Il joue, par conséquent, un rôle
important dans l'optimisation de la rentabilité et du
risque ainsi que dans la stratégie financière
II- Objectifs de l’ALM
veiller aux équilibres bilanciels
assurer la pérennité de la banque via une gestion
contrôlée des risques
prévoir et anticiper les évolutions futures
III - Les risques liés à l’ALM
une banque
reçoit des dépôts accorde des crédits
risque d’inadéquation par rapport à:
- la durée d’où le risque de la liquidité
- taux d’où le risque de taux ALM
- change d’où le risque de change
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Définition de la liquidité
La liquidité = la convertibilité rapide d’un avoir en moyens
de paiement
exprime la capacité d’un avoir à être échangé contre le
moyen de paiement de l’économie, dans un délai minimum,
sans coût ni perte en capital (Bauvert, 2003)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Types de la liquidité dans le système bancaire:
* La liquidité banque centrale: fait référence « à sa capacité à
fournir la liquidité dont le système financier a besoin » (Azzouzi
Idrissi & Madies, 2012)
* La liquidité de marché: exprime « la capacité de réaliser des
transactions d’une manière qui permette d’ajuster les portefeuilles
et les profils de risque sans que les prix sous-jacents en subissent
l’incidence » (Crockett, 2008)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Types de la liquidité dans le système bancaire:
* La liquidité d’une banque:
- Elle correspond à la capacité de cette banque à faire face à ses
obligations de trésorerie suivant leur échéance (Banque de France, 2006).
- La commission bancaire française (2008) définit la liquidité d’un
établissement de crédit « comme sa capacité à rembourser à bonne date et
à coût raisonnable ses exigibilités, en pouvant mobiliser notamment très
rapidement ses avoirs lorsque le besoin s’en présente. Les sources de
liquidité les plus communément reconnues sont la trésorerie (le cash) ou
les titres qui peuvent être immédiatement convertis en cash– et à un coût
raisonnable –, soit auprès d’une banque centrale (sous forme de
«monnaie banque centrale », liquide par définition) soit sur un marché».
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Types de la liquidité dans le système bancaire:
* La liquidité d’une banque:
- Pour le comité de Bâle (2008), la liquidité représente « la capacité
d'une institution de financer l'expansion de ses avoirs et d'honorer ses
obligations aux échéances prévues, sans enregistrer de pertes
inacceptables ».
DONC, pour se procurer la liquidité nécessaire, la banque puise :
D’abord dans sa trésorerie = ses disponibilités
Ensuite, si le besoin en liquidité persiste, elle peut recourir à ses
équivalents de trésorerie : ce sont ses « placements à court terme, très
liquides qui sont facilement convertibles en un montant connu de
trésorerie et qui sont soumis à un risque négligeable de changement de
valeur » (la Commission des Communautés Européennes, 2008).
Les
risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Types de la liquidité dans le système bancaire:
* La liquidité d’une banque:
Le niveau de liquidité dont dispose une banque ne doit être ni au-
delà ni en deçà de ses obligations:
- Le premier cas fait référence à une situation de surliquidité qui
implique:
Pour la banque un manque à gagner dû à la détention de réserves
qui auraient pu être investies dans d’autres actifs et générer un
revenu
Pour les clients de la banque, un besoin de financement qu’ils
n’arrivent pas à satisfaire
« Au final, ce sont la croissance et le développement économiques
du pays qui se trouvent entravés » (Doumbia, 2011).
Les
risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Types de la liquidité dans le système bancaire:
* La liquidité d’une banque:
- Le second cas correspond à une situation de sous liquidité
Si la situation persiste l’illiquidité la faillite Panique
En effet, Le problème d’insuffisance de liquidité dont souffre une
banque peut donc « se propager sur le reste du marché via les liens
interbancaires classiques » (Praet & Herzberg, 2008), entrainer la
faillite de nombreuses banques et conduire à une crise systémique.
La généralisation d’une crise peut finalement mener à
l’effondrement du système financier dans son ensemble et
engendrer des coûts significatifs pour l’´économie (Bernanke,
1983).
Les
risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Mesure de la liquidité d’une banque
Le 1er ratio :
Ratio Prêts / Dépôts
la banque a intérêt d’avoir un ratio Prêts / Dépôts voisin de 100%
et non plus élevé car, dans ce cas, la banque sera obligée de trouver
des financements extérieurs.
La solution à ce niveau ne réside pas dans le fait de diminuer les
crédits (une telle action aura des effets négatifs sur la rentabilité de
la banque), mais plutôt d’attirer plus de dépôts.
Lorsque le ratio Prêts / Dépôts est trop faible, cela montre que la
banque a un manque à gagner et préfère conserver sa liquidité au
lieu de l’exploiter.
Les
risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Mesure de la liquidité d’une banque
Le 2ème ratio :
Ratio Prêts / Total actif
lorsque les crédits deviennent la composante majeure de
l’actif de la banque c'est-à-dire que le ratio Prêts / Total actif
avoisine les 100%, la banque est donc considérée illiquide.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le risque de liquidité = le risque pour une banque de ne pas
pouvoir:
Faire face à ses engagements
Ou
Dénouer ou compenser une position
Le risque de liquidité correspond à:
l’impossibilité de trouver un financement
Ou
La difficulté à replacer des fonds
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le risque de liquidité résulte de l’activité principale de la banque
=
Transformation des dépôts en crédits
A court ou sans terme
A long et moyen terme
Donc,
Le risque de liquidité résulte de la transformation des échéances
Le risque de liquidité = l’inadéquation entre l’actif et le passif en
terme de durée
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Indicateur de mesure du risque de liquidité
=
Impasse (ou gap) de liquidité
=
Situation dans laquelle l'offre ou la demande sont
insuffisantes.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
l’impasse de liquidité peut être statique ou dynamique:
- l’impasse de liquidité statique: elle mesure les besoins
ou les excédents de liquidités aux dates futures.
L'observation de cette impasse d'une période à une autre
permet d'apprécier la déformation du bilan de
l'établissement.
Dans l’impasse statique, on agrège l’ensemble des
opérations présentes dans le bilan en date d’analyse.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
l’impasse de liquidité dynamique: elle est construite en
ajoutant à l’ensemble des opérations présentes dans le bilan
en date d’analyse, les hypothèses d’activités sur les années à
venir (2 à 5 ans).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
le calcul de l’impasse:
Pour chaque maturité:
Impasse(T) = Passif(T) - Actif(T)
Impasse >0 Excédent de liquidité
Impasse <0 Besoin de liquidité
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
L’impasse de liquidité statique:
Impasse (T) = ∑ BP (T) - ∑ Ba (T)
L’impasse de liquidité dynamique consiste à ajouter les
productions nouvelles et leur écoulement:
Impasse (T) = ∑ BP (T) - ∑ Ba (T) +
∑ PNP (i) x S p (i , T) - ∑ PN a (i) x Sa (i , T)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
La fonction d’écoulement S(t, T) = probabilité qu’1 dh d’un
encours entré en date t soit encore dans le bilan en date T.
La vitesse d’écoulement:
λ (t, T) = S(t, T) - S(t,T+1)
S(t, T)
Vitesse d’écoulement: 10% signifie que 10% de l’encours
s’évapore chaque année (en base annuelle).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
La vitesse d’écoulement est fonction notamment de :
- La nature et les caractéristiques des clients,
- La politique commerciale de la banque,
- La concurrence,
- La conjoncture économique,
- L’état des marchés financiers.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Une distinction doit être faite entre:
Écoulement du stock : c’est l’écoulement des encours disponibles dans le bilan.
Écoulement de la production : c’est l’écoulement des productions futures et
nouvelles entrant dans le bilan.
Types d’écoulement
Écoulement contractuel : concerne les produits pour lesquels il existe une date de
fin de contrat.
Ecoulement non contractuel : concerne les produits non contractuels là où il
n'existe pas de date de fin contractuelle (par exemple les options cachées ou les
dépôts à vue), les montants présents dans les comptes de ces produits peuvent être
retirés ou remboursés à tout instant.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Critères de stabilité des dépôts selon Bâle 3
Un dépôt de client Particulier est, selon Bâle 3, considéré
comme stable lorsqu’il est non seulement garanti par une
autorité nationale ou supranationale ou couvert par un
dispositif d’assurances, mais également lorsque le client
déposant peut être qualifié de « relationnel » ou bien lorsque
le compte est considéré comme transactionnel
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Critères de stabilité des dépôts selon Bâle 3
Le caractère relationnel est déterminé par le niveau
d’équipement du client:
Un client est équipé dès lors qu’il détient :
S’il est âgé de moins de 18 ans : au moins un produit
d’épargne monétaire
S’il est âgé de 18 ans et plus : au moins 3 produits dont un
d’épargne monétaire
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Critères de stabilité des dépôts selon Bâle 3
Le caractère transactionnel est déterminé par le taux d’activité du compte:
Un client est qualifié d’actif s’il est titulaire d'au moins un compte-chèques actif,
présentant des mouvements moyens mensuels créditeurs ou débiteurs sur 12 mois
supérieurs ou égaux à :
200 € si le client a entre 16 (inclus) et 25 ans (exclus)
- 700 € s'il a plus de 25 ans (inclus) et avec au minimum 5 opérations externes
débitrices par mois en moyenne sur les 3 derniers mois
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Exemple 1:
Une banque:
- reçoit un dépôt de 100 DH relatif à un plan d’épargne bloqué 2 ans.
- accorde un prêt de 100 DH remboursable en totalité au terme de 4
ans.
le bilan de la banque est équilibré: Actif = Passif = 100
L’équilibre est vérifié en terme de montant, mais pas en terme de
durée un risque de liquidité
Pour mesurer ce risque de liquidité, il faut construire une impasse.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Calcul de l’impasse
Année 1 Année Année 3 Année 4
2
Passif (plan d’épargne) 100 100 0 0
Actif (prêt) 100 100 100 100
Impasse 0 0 - 100 - 100
A la 3 et 4 année:
ème ème
l’impasse < 0 un excédent d’actif
la banque risque une crise de liquidité
=
Impossibilité de trouver les fonds nécessaires
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Exemple 2:
Le bilan d’une banque se présente comme suit:
Poste Montant
Comptes débiteurs -10
Crédits immobiliers -25
Crédits d’équipement -20
Bons de trésor -5
Emprunts interbancaires 24
Dépôts à vue 20
Comptes à terme 11
Fonds propres 5
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Calcul de l’impasse statique:
Poste Amort. Durée t t+1 t+2 t+3 t+4
Comptes débiteurs Linéaire 1 -10 0 0 0 0
Crédits immobiliers Ech.Const 10 -25 -23 -21 -19 -16
Crédits Linéaire 4 -20 -15 -10 -5 0
d’équipement
Bons de trésor In fine 3 -5 -5 -5 0 0
Emprunts In fine 2 24 24 0 0 0
interbancaires
Dépôts et épargne Linéaire 10 20
18 16 14 12
liquide
Comptes à terme In fine 1 11 0 0 0 0
Fonds propres In fine 10 5 5 5 5 5
Impasse statique de liquidité 0 4 -15 -5 1
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
En t (date d'arrêté des comptes):
∑ Actif = ∑ Passif Impasse = 0
En t+1:
Impasse = 4, c'est-à-dire ∑ Ressources > ∑ Emplois
En t+2:
Impasse = -15, ce qui signifie ∑ Ressources < ∑ Emplois
Besoin de refinancement futur
lié aux échéances des emprunts interbancaires à 2 ans
qui disparaissent du bilan en t+2
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
La banque a intérêt de déterminer l’impasse dynamique, elle
doit tenir compte de 2 éléments:
1er élément: les stocks:
* produits échéancés : ils font l'objet d'une modélisation à
travers les hypothèses de taux de remboursements anticipés
qui accélèrent l'évaporation ou sortie du bilan de ces
opérations, tant à l'actif (prêts), qu'au passif (comptes à
terme).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
* produits non échéancés clientèle : les banques observent
leur stabilité dans le temps et modélisent l'évolution de leurs
encours sur des durées de plusieurs années selon différents
modèles
* produits qui ne sont pas au bilan : les engagements figurant
au niveau de l’hors bilan, font également l'objet d'une
modélisation
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
2ème élément: la production nouvelle:
déterminée sur la base des objectifs commerciaux et des
anticipations économiques exogènes en précisant :
dates (ou générations),
montants,
type de taux,
durées,
modalités d'amortissement et caractéristiques
optionnelles éventuelles.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
L’impasse peut être exprimée :
en stocks ou en flux
l’impasse en stocks = Passifs – Actifs
l'impasse en flux est définie pour une période donnée
comme la différence entre les entrées et les sorties de
fonds pendant la période.
Le passif « tombe » lorsque la banque rembourse le prêteur.
L'actif « tombe » quand un client rembourse un crédit.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Exemple:
Année 1 2 3 4 5 6
Actifs 1000 900 700 650 500 300
Passifs 1000 800 500 400 350 100
Impasse en stocks 0 -100 -200 -250 -150 -200
Tombées Actifs 100 200 50 150 200
Tombées Passifs -200 -300 -100 -50 -250
Impasse en flux -100 -100 -50 100 -50
Impasse en flux cumulés -100 -200 -250 -150 -200
On constate que:
Impasse en stocks = impasse en flux cumulés
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Pour disposer d’une information plus précise, l’impasse de
liquidité est calculée en tenant compte du profil d’échéance
Le profil d’échéance: un tableau qui classe les actifs et les
passifs selon leur durée restant à courir
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Exemple ( en millions DH):
Période D Actifs Passifs Impasses
1 semaine 4 800 4 200 -600
8 jours ≤ D < 1 mois 6 400 5 000 -1 400
1 mois ≤ D < 3 mois 8 600 5 400 -3 200
3 mois ≤ D < 6 mois 5 800 4 200 -1 600
6 mois ≤ D < 1 an 2 000 2 400 400
1 an ≤ D < 2 ans 1 000 3 400 2 400
2 ans ≤ D < 5 ans 1 400 2 900 1 500
Plus de 5 ans 1 500 4 000 2 500
Total 31 500 31 500
Selon cet exemple, la banque a une impasse de 600 sur la semaine à venir qu’il lui
faudra couvrir pour rester liquide.
Cette impasse engendre un coût, celui relatif à l’emprunt sur le marché
interbancaire pour les échéances à 7 jours
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Concernant les dépôts à vue qui sont sans terme et afin de
les prendre en considération dans le calcul de l’impasse de
liquidité par maturité, la commission bancaire française
applique l’échéancier suivant:
20% à moins d’un mois
20% d’un mois à 3 mois
10% de 3 mois à 6 mois
10% de 6 mois à 1 an
40% de 1 an à 5 ans
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Pour les crédits comportant des clauses de remboursement
anticipé, la commission bancaire française applique
l’échéancier suivant:
10% seront remboursés entre 1 mois et 3 mois
15% entre 3 mois et 6 mois
20% entre 6 mois et 1 an
55% entre 1 an et 5 ans
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Il est possible de cumuler les impasses de chaque classe d’échéance pour
obtenir le montant et la période de survenance du besoin de liquidité
maximum
Exemple:
Période D Actifs Passifs Impasses
Moins d’1 semaine 4 800 4 200 -600
Moins d’1 mois 11 200 9 200 -2 000
Moins de 3 mois 19 800 14 600 -5 200
Moins de 6 mois 25 600 18 800 -6 800
Moins d’1 an 27 600 21 200 -6 400
Moins de 2 ans 28 600 24 600 -4 000
Moins de 5 ans 30 000 27 500 -2 500
Dans notre exemple: le besoin est de 6 800 sur les 6 mois à venir
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
L’impasse de liquidité peut être calculée en appliquant la méthode des nombres qui
consiste à pondérer les actifs et les passifs par la durée moyenne de chaque classe puis à
calculer un indice de liquidité = Σ des passifs pondérés = 2,5
Σ des actifs pondérés
- Indice de liquidité > 1 la banque emprunte plus long qu’elle ne prête
- Indice de liquidité < 1 la banque transforme des passifs courts en actifs longs
Exemple:
Période D Actifs Passifs Pondération (en Actifs Passifs
durée annuelle) pondérés pondérés
1 semaine 4 800 4 200 0,01 48 42
8 jours ≤ D < 1 mois 6 400 5 000 0,05 320 250
1 mois ≤ D < 3 mois 8 600 5 400 0,16 1 376 864
3 mois ≤ D < 6 mois 5 800 4 200 0,37 2 146 1 554
6 mois ≤ D < 1 an 2 000 2 400 0,75 1 500 1 800
1 an ≤ D < 2 ans 1 000 3 400 1,5 1 500 5 100
2 ans ≤ D < 5 ans 1 400 2 900 3,5 4 900 18 900
Plus de 5 ans 1 500 4 000 7,5 11 250 30 000
Total 31 500 31 500 23 040 58 510
Pondération 8J : 8j/2 = 4/365 = 0,01 - Pondération 8J à 1 mois = 38j/2 = 19/365 = 0,05
Pondération 1 à 3 mois = 1+3/2 = 2/12 = 0,16 - Pondération +de 5 ans = 7,5 (Forfaitaire)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Afin de mieux contrôler l’activité de transformation, qui
génère le risque de liquidité, les accords de Bâle 3 exigent le
respect des 2 ratios suivants:
1er ratio:
le ratio de liquidité à court terme (liquidity coverage ratio
LCR) qui consiste à permettre aux banques de disposer de
suffisamment d’actifs liquides mobilisables, rapidement et
sans perte de valeur, pour faire face aux engagements à très
court terme (30 j).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le LCR se calcule comme suit :
Encours d’actifs liquides de haute qualité
≥ 100%
Total des sorties nettes de trésorerie sur les 30
Jours calendaires suivants
Le LCR vise à « favoriser la résilience à court terme du profil de risque de
liquidité des banques en veillant à ce qu’elles disposent d’un encours
suffisant d’actifs liquides de haute qualité (HQLA, High Quality Liquid
Assets) non grevés pouvant être convertis en liquidités, facilement et
immédiatement, sur des marchés privés, dans l’hypothèse d’une crise de
liquidité qui durerait 30 jours calendaires » (comité de Bâle, 2013).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le numérateur du LCR : les actifs liquides de haute qualité
Ils sont de deux niveaux :
« - Le premier niveau inclut l’encaisse, les avoirs auprès de la
Banque Centrale, les Bons du Trésor ainsi que certains titres
souverains. Ces actifs sont pris en compte à leur valeur de
marché et sans limitation.
Les actifs de niveau 2 doivent être soumis à des décotes et
plafonds. Ils comprennent les titres souverains, les titres de
dettes privées, les actions, les obligations sécurisées et les parts
de fonds de placements collectifs en titrisation (FPCT),
répondant à des conditions de liquidité et de qualité de crédit »
(Bank Al Maghrib, 2013).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le dénominateur du LCR : les sorties nettes de trésorerie à
horizon de 30 jours
Sorties nettes de trésorerie = total sorties attendues
–
minimum (total entrées de
trésorerie attendues;
75% du total des sorties de
trésorerie attendues)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le dénominateur du LCR : les sorties nettes de trésorerie à
horizon de 30 jours
Les sorties de trésorerie sont composées des éléments
suivants, relevant des rubriques du passif du bilan de la
banque dont la maturité résiduelle n’excède pas 30 jours:
- Les dépôts des particuliers et des personnes morales,
- Les valeurs données en pension,
- Les opérations sur produits dérivés, et
- Les engagements confirmés de financement et de liquidité
non utilisés
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le dénominateur du LCR : les sorties nettes de trésorerie à
horizon de 30 jours
Les entrées de trésorerie comprennent :
- Les créances détenues par la banque à vue ou remboursable
dans un délai maximum de 30 jours,
- Les valeurs reçues en pension dont l’échéance est inférieure
ou égale à un mois,
- Les montants nets à recevoir sur produits dérivés, sur une
période de 30 jours maximum.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le 2ème ratio:
le ratio structurel de liquidité à long terme (Net Stable Funding
Ratio NSFR) : même si la liquidité a toujours concerné le court
terme, le comité de Bâle et pour une gestion plus efficace des
risques, a décidé de renforcer plus la position des établissements
de crédit en matière de liquidité en les incitant à disposer en
permanence des ressources stables, leur permettant de poursuivre
leur activité sur une période d’un an et ce, sous un climat de
tension interne prolongée.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de liquidité
Le NSFR se calcule comme suit :
Montant de financement stable disponible
≥ 100%
Montant de financement stable exigé
Le « financement stable disponible » désigne la part des fonds propres et
des passifs censée être fiable jusqu’à 1 an. Le montant du « financement
stable exigé » d’un établissement est fonction des caractéristiques de
liquidité et de la durée résiduelle des actifs qu’il détient et de celles de ses
positions de hors bilan (comité de Bâle, 2014).
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Le taux d'intérêt pour la banque:
- constitue une rémunération en cas d’octroi du crédit
Représente un coût en cas de collecte d’épargne
Les types de taux d’intérêt:
Le taux fixe: le même taux est appliqué sur toute la durée du
contrat (sauf en cas de renégociation ou de remboursement
par anticipation)
Le taux variable: il est révisé périodiquement (en général à la
date anniversaire de la signature du contrat) en fonction de
l’évolution du niveau des taux sur le marché
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
La détermination du taux d'intérêt :
Coût de la ressource
Coût de gestion
Coût de risque
Marge bénéficiaire
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Le risque de taux d'intérêt
=
Le risque de perte financière résultant des fluctuations des
taux d'intérêt.
Ce risque se manifeste lorsque les flux monétaires de l'actif
ne concordent pas avec les flux monétaires du passif.
∆ des taux d’intérêt le risque de taux d’intérêt
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Le risque de taux d'intérêt
=
« Le risque, actuel ou futur, auquel la marge nette d’intérêt
prévisionnelle et la valeur économique des fonds propres
sont exposées, suite aux mouvements défavorables des taux
d’intérêt » (Circulaire N° 7/W/2021)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
le risque de taux résulte de 2 activités:
1ère activité: TRADING BOOK
=
Portefeuille des opérations de la salle des marchés
Sur le portefeuille de négociation « Trading Book », le risque de
taux se définit comme le risque de variation de la valeur de
marché (marked-to-market) du fait d’une variation des taux
d’intérêt.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
TRADING BOOK
La variation de taux d’intérêt impacte la valeur de marché
Càd la valeur économique des créances, dettes et positions du
hors-bilan
Elle représente une évaluation de la valeur actualisée, au taux de
marché, des flux de trésorerie nets attendus
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
2ème activité : BANKING BOOK
=
Portefeuille rassemblant les opérations
de la banque traditionnelle (prêts, dépôts, immobilisations,
fonds propres…)
Sur le Portefeuille Bancaire (Banking Book), le risque de taux
se définit comme le risque de variation des revenus du fait
d’une variation des taux d’intérêt.
ALM
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
BANKING BOOK
La variation de taux d’intérêt impacte la marge nette d’intérêt
C’est une mesure de la différence entre les intérêts payés et les
intérêts reçus, ajustée pour le montant total des actifs
générateurs d’intérêts détenus par la banque
MNI = Intérêts reçus – Intérêts versés
Total actifs générateurs d’intérêt
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Exemple: un prêt de 10000 à taux fixe de 5%, refinancé par une
ressource à taux variable: 1ère année: 4%, 2ème année: 6,5%
Emplois Ressources
Montant Taux Produit Montant Taux Charge
1ère année
Prêt 10000 5% 500 Emprunt 10000 4% 400
MI = 100 MNI = 100/10000 = 0,01 (1%)
2ème année
Prêt 10000 5% 500 Emprunt 10000 6,5% 650
MI = -150 MNI = -150/10000 = -0,015 (-1,5%)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Les sources du risque de taux:
1ère source: le non adossement
Adossement existe si et seulement si l’emploi et la ressource
comportent la même échéance et la même nature de taux
Ainsi:
- Un prêt à taux fixe de 10 ans refinancé par un emprunt à
taux fixe de 10 ans n’expose à aucun risque de taux.
Les variations des taux du marché n’auront aucune influence
sur la rentabilité de l’opération
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
- Un prêt à taux variable de 10 ans refinancé par un emprunt à
taux variable de 10 ans ne comporte pas de risque de taux:
*Une baisse des taux du marché réduira le rendement
du prêt mais réduira aussi le coût de refinancement
*Une hausse des taux du marché augmentera le coût de
refinancement, mais elle augmentera aussi et dans les mêmes
proportions le rendement du prêt
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Les sources du risque de taux:
1ère source: le non adossement
Non adossement résulte:
1er cas: Ressources et emplois assujettis à des échéances de
révision de taux différentes.
l’échéance de révision de taux Pour chaque période, le
nouveau taux modifiera le rendement du prêt ou le coût de la
ressource.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
2ème cas: emploi à taux fixe refinancé par une ressource à taux
variable, ou inversement.
2ème source: le risque de base
C’est lorsque des taux de même nature (comme le taux des
bons du trésor à 3 mois et l’Euribor 3 mois), à un moment
donné, varient de manière non parallèle.
Un prêt dont le rendement est référencé aux taux des bons du
trésor est couvert par un emprunt référencé sur l’Euribor 3
mois. Si l’Euribor 3 mois augmente plus vite que les taux des
bons du trésor, le rendement global de l’opération diminuera
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence:
Le taux d’intérêt de référence (ou indice de référence ou
encore taux de référence) est un taux d’intérêt actualisé
régulièrement, accessible au public.
Les taux de référence sont au centre de nombreux contrats
financiers: prêts, emprunts, dépôts des particuliers, émission
des titres à taux variable, options, contrats à terme, swaps…
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence:
Pour l’octroi des prêts (particuliers ou professionnels), les
banques se servent de taux de référence.
Exemple:
Une banque accorde un prêt à une entreprise à un taux d’intérêt
correspondant à un indice de référence donné, majoré de 1,5 %.
Donc:
le taux d’intérêt = taux de référence en vigueur + 1,5 % .
Le coût de l’emprunt augmente si le taux de référence
augmente et diminue si le taux de référence diminue.
Le taux de référence constitue un point de repère fiable, établi
de manière indépendante, et relativement simple pour toutes
les parties concernées.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence:
Les taux de référence sont une source d’information pour les
banques centrales:
Orienter les décisions de politique monétaire (augmenter
ou diminuer le taux directeur)
Mesurer les retombées de la politique monétaire: Si la BC
décide de relever ou d’abaisser les taux d’intérêt, elle peut
en observer les effets en suivant l’évolution des taux de
référence utilisés
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence au Maroc:
Compte sur carnet :
Taux de référence = BDT 52 semaines
Crédits à la clientèle:
Taux de référence = TMP du marché interbancaire
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence au Maroc :
Référence BDT
Référence BDT Référence BDT Référence BDT
Période d'application
52 semaines 5 ans 10 à 15 ans
Novembre - 2022 0,07 % 0,10 % 0,01 %
Octobre - 2022 0,06 % 0,08 % -0,01 %
Septembre - 2022 0,00 % 0,04 % -0,01 %
Août - 2022 -0,04 % 0,04 % -0,01 %
Juillet - 2022 -0,06 % 0,04 % -0,03 %
Juin - 2022 -0,14 % -0,11 % -0,05 %
Mai - 2022 -0,25 % -0,19 % -0,07 %
Avril - 2022 -0,29 % -0,23 % -0,07 %
Mars - 2022 -0,33 % -0,23 % -0,12 %
Février - 2022 -0,36 % -0,25 % -0,20 %
Janvier - 2022 -0,42 % -0,31 % -0,44 %
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Taux d’intérêt de référence au Maroc :
Référence TMP du marché interbancaire
Période d'application Référence TMP 6 mois
Janvier - 2022 0,00 %
Février - 2022 0,00 %
Mars - 2022 0,00 %
Avril - 2022 0,00 %
Mai - 2022 0,00 %
Juin - 2022 0,00 %
Juillet - 2022 0,00 %
Août - 2022 0,00 %
Septembre - 2022 0,00 %
Octobre - 2022 0,02 %
Novembre - 2022 0,13 %
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
3ème source: le risque d’exercice des options cachées:
Cas des crédits: options cachées
remboursement
par anticipation
transformation du taux
variable en taux fixe
Cas des dépôts: option cachée retraits
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Aspects influant sur l’exercice des options comportementales implicites:
Prêts à taux fixe avec risque de remboursement anticipé:
- Montant du prêt,
- quotité du prêt,
- caractéristiques de l’emprunteur,
- taux d’intérêt contractuels,
- caractère saisonnier,
- localisation géographique,
- échéance initiale et résiduelle.
D’autres variables d'ordre macroéconomique (indices boursiers, taux de
chômage, PIB, inflation, indice des prix de l’immobilier, etc.), devraient être
prises en compte pour modéliser les comportements de remboursement
anticipé.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Aspects influant sur l’exercice des options comportementales implicites:
Dépôts à terme avec risque de remboursement anticipé:
- Montant du dépôt,
- caractéristiques du déposant,
- taux d’intérêt contractuels,
- facteurs saisonniers,
- localisation géographique et cadre concurrentiel,
- échéance résiduelle et autres facteurs historiques.
D’autres variables macroéconomiques (indices boursiers, taux de chômage,
PIB, inflation, indices des prix de l’immobilier, etc.) doivent être prises en
compte pour modéliser le comportement des déposants eu égard au
remboursement anticipé
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
La mesure du risque de taux
les impasses
Cette méthode permet de fournir des indicateurs de la
sensibilité du résultat et de la valeur économique de la
banque aux mouvements des taux.
Impasse = Actif – Passif
On distingue : méthode des encours (stocks) et méthode
des flux
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Méthode des encours (stocks): dans cette méthode, le
même montant apparaîtra sur toutes les colonnes, jusqu’à
son échéance.
Méthode des flux: dans cette méthode, le montant venant à
échéance n’apparaîtra que dans la colonne de son échéance
(flux). L’échéance d’une créance donnera lieu à un flux
positif
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Exemple:
Un prêt de 1000 dh, à taux fixe de 10 ans refinancé par une
ressource de 1000 dh, à taux variable dont la durée résiduelle
est de 15 jours.
Un échéancier doit être établi: tous les emplois et les
ressources sont répartis en fonction de leur échéance de
révision de taux, dans un tableau comprenant des fourchettes
d’échéances:
1, 2, 3, 6 mois;
1, 2, 3, 5, 10, 15, 20, 30 ans.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Méthode des impasses (stocks)
1 jour 1-3 3–6 6 - 12 1–2 2–5 5–8 8 – 12
1 mois mois mois mois ans ans ans ans
Prêt taux fixe 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 500
Emprunt à taux
variable -500
Impasses 500 1000 1000 1000 1000 1000 1000 500
Coefficient de
pondération 0,083 0,167 0,25 0,5 1 3 3 4
Impasses
pondérées 41,5 167 250 500 1000 3000 3000 2000
Variation taux 1% 1% 1% 1% 1% 1% 1% 1%
Perte/gain par - 0,415 -1,67 -2,5 -5 -10 -30 -30 -20
fourchette
Résultat total -99,58
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Pondération des encours
une opération de 1000 ayant une durée résiduelle de 15
jours sera classée dans la première fourchette « 1 jour à 1
mois », l’encours = 1000 x 15/30 = 500
une opération dont la durée résiduelle est de 10 ans, sera
classée dans toutes les fourchettes, et dans la dernière
fourchette « 8 à 12 ans », l’encours = 1000 x 2/4 = 500
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Pondération des impasses
Calcul du coefficient de pondération pour chaque
fourchette
=
Durée de la fourchette / Année
Donc:
Impasse pondérée = Impasse X Coefficient de pondération
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Variation de taux
Il est plus réaliste d’adopter des variations présumées pour
chaque zone de gamme de taux.
Dans notre exemple, nous avons supposé une hausse
uniforme de 1%.
Pour la 1ère bande: taux de 1% une perte de 0,415
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Résultat final = - 99,58 = ∑ des résultats par bande
Sensibilité de la position à une variation de taux de 1%
Il est possible de couvrir cette position par un
swap de taux
payeur du taux fixe et receveur du taux variable
Même montant
et
Même échéance
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Méthodes des impasses (flux)
Total 1 jour 1 – 3 3–6 6 – 12 1–2 2–5 5–8 8 – 12
1 mois mois mois mois ans ans ans ans
Prêt taux fixe 1000 1000
Emprunt à - 1000 - 1000
taux variable
Impasses 0 - 1000 0 0 0 0 0 0 1000
Coefficient de 0,0417 0,167 0,375 0,75 1,5 3,5 6,5 10
pondération
Impasses - 41,7 0 0 0 0 0 0 10000
pondérées
Variation des 1% 1% 1% 1% 1% 1% 1% 1%
taux
Perte ou 0,417 0 0 0 0 0 0 - 100
gain/bande
Résultat total - 99,58
Les risques liés à l’ALM/ Risque de taux
Pondération des impasses
Calcul du coefficient de pondération pour chaque
fourchette
=
Milieu de la fourchette / Année
Donc:
Impasse pondérée = Impasse X Coefficient de pondération
Résultat final (méthode des stocks)= Résultat final
(méthode des flux) = - 99,58
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
Risque de change = Probabilité de perte en cas de variation
des cours de monnaies étrangères
Trading
book
Banking book
• La transformation de devises
• Les opérations de change effectuées pour le compte de la
clientèle.
• Le risque de change provenant des participations dans
des filiales ayant une devise fonctionnelle différente de
celle de la maison mère.
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
Mesure du risque de change
Position de change (PC) = Solde net des avoirs dans une
devise déterminée
se calcule :
• Dans chaque devise
• Au comptant : PC = Actif – Passif ± intérêts courus
non échus
• A terme : PC = devises à recevoir (opérations au comptant
et à terme) – devises à livrer (opérations au comptant
et à terme)
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
La position de change globale (PCG)
=
∑ positions de change par devise détenue
au bilan et en hors bilan
Donc:
PCG = (Actif B + Devises R HB) – (Passif B + Devises L HB)
Avec:
• Actif B : Total de l’actif du bilan dans la devise en question
• Devises RHB : Total de la devise en question à recevoir hors
bilan
• Passif B : Total du passif du bilan dans la devise en question
• Devises LHB : Total de la devise en question à livrer hors
bilan
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
La formation de la position de change:
Encours Encours par devise
total
Actif Devise 1 Devise 2 Devise 3 Devise X
Banque centrale
Opérations Interb. et de trésorerie
Prêts à la clientèle
Portefeuille de titres
Participations
Immobilisations
Total Actif (1) Total A ∑Dev.1 ∑Dev.2 ∑Dev.3 ∑ Dev. X
Devises à recevoir HB (2) Dev. R Dev. 1R Dev. 2R Dev. 3R Dev. XR
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
La formation de la position de change (suite):
Encours Encours par devise
total
Passif Devise 1 Devise 2 Devise 3 Devise X
Opérations Interb. Et de trésorerie
Dépôts clientèle
Opérations sur titres
Fonds propres
Total Passif (3) Total P ∑Dev.1 ∑Dev.2 ∑Dev.3 ∑ Dev. X
Devises à livrer HB (4) Dev. L Dev.1 L Dev.2 L Dev.3 L Dev. X L
PC = (1) + (2) – (3) – (4) PC PC Dev.2 PC Dev.3 PC Dev.X
Dev.1
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
La position de change globale (PCG) est dite:
Longue lorsqu’elle est positive c à d que la banque détient plus d’avoirs en
devises
Courte lorsqu’elle est négative c à d que la banque détient plus
d’engagements en devises
Les risques liés à l’ALM/ Risque de change
La position de change globale (PCG)
Nature de la Exposition au Evolution des Incident sur le
position risque cours résultat
Position courte Oui Hausse Perte
Position courte Oui Baisse Gain
Position longue Oui Hausse Gain
Position longue Oui Baisse Perte
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Octroi de + crédit Rentabilité de la banque
nécessite de
collecter + dépôts
Renforcer et mieux affecter
les fonds propres
situation
du marché
Aptitudes
commerciales
de la banque
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
A/Renforcement des fonds propres
Fonds propres réglementaires
=
Fonds propres que doivent détenir les établissements
financiers selon les exigences du Comité de Bâle pour:
Préserver la solvabilité des établissements financiers
Éviter le risque systémique
Garantir les droits des déposants
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
A/Renforcement des fonds propres
Fonds propres réglementaires
=
Fonds propres + Fonds propres
de catégorie 1 de catégorie 2
=
Fonds propres de base
+
Fonds propres additionnels
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
A.1/Seuils minimums de fonds propres
Selon la circulaire n° 14/G/13 :
« les établissements sont tenus de respecter ………. les
exigences minimales ci – après:
Le montant des fonds propres de base doit, à tout
moment, être au moins égal 5,5% des risques pondérés;
Le montant des fonds propres de catégorie 1 doit, à tout
moment, être au moins égal 6,5% des risques pondérés;
Le montant des fonds propres de catégories 1 et 2 doit, à
tout moment, être au moins égal 9,5% des risques
pondérés » (Article 4)
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Selon la même circulaire:
les établissements sont tenus de constituer un coussin de
fonds propres (de conservation) équivalent à 2,5% des
risques pondérés (article 5)
Ainsi, Ratio de solvabilité (RS)
=
Fonds propres réglementaires
Risque crédit + risque marché + risque opérationnel
Maroc Bâle 2
RS ≥ 12% RS ≥ 10%
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Selon la circulaire n° 1/W/16 :
« les établissements sont tenus de respecter ………. les
exigences minimales ci – après:
Le montant des fonds propres de base doit, à tout
moment, être au moins égal 8% des risques pondérés;
Le montant des fonds propres de catégorie 1 doit, à tout
moment, être au moins égal 9% des risques pondérés;
Le montant des fonds propres de catégories 1 et 2 doit, à
tout moment, être au moins égal 12% des risques
pondérés » (Article 4)
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Selon la même circulaire:
les établissements peuvent être appelées à constituer un
coussin de fonds propres (contracyclique) dont le niveau se
situe dans une fourchette de 0% à 2,5% des risques
pondérés (article 5)
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
A.2/ Ratio de levier
Fonds propres de catégorie 1
Ratio de levier = ≥ 3%
total des actifs
accroître les fonds propres des organismes financiers par
rapport à un niveau de risque
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Ratio de levier
limiter la part des actifs de la banque qui est financée par la
dette
plus le ratio de levier est élevé, moins la part de la dette
dans le financement des actifs de la banque est
importante.
plus le ratio de levier est bas, moins la part de fonds
propres dans le financement des actifs de la banque est
élevée
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
B/ Affectation des fonds propres
Allocation des fonds propres
réelle notionnelle
titres dans des filiales activités en fonction
des niveaux de
risque
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
B/ Affectation des fonds propres
Allocation des fonds propres
Fonds propres économiques
=
Montant de fonds propres, nécessaire pour faire face à des
pertes inattendues . Les fonds propres économiques visent:
- La maximisation du profit dégagé des activités, obtenue
grâce à une allocation optimale des capitaux entre les
différents segments
d’activité
- L’amélioration de la rémunération des actionnaires
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
B/ Affectation des fonds propres
Les fonds propres économiques correspondent au montant
que l’établissement estime nécessaire pour couvrir ses
risques
Les Fonds propres économiques sont, en général, composés
du capital social et des réserves
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
B/ Affectation des fonds propres
Les fonds propres économiques ont trois objectifs :
Évaluation de la rentabilité corrigée du risque pour
chaque activité
Gestion de portefeuille : une fois la rentabilité corrigée du
risque calculée, il devient possible de comparer la
performance réelle des différents métiers de la banque
Pilotage stratégique des activités : la banque procède par
un arbitrage entre les différents métiers afin d'optimiser
l'utilisation des fonds propres.
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
B/ Affectation des fonds propres
Évaluation de la rentabilité peut se faire en se basant sur
l’indicateur suivant:
RoC i = profit i
capital économique i
RoC (return on capital) évalue la performance de chaque
ligne d’activité
En individualisant l’approche du risque, le RoC permet donc
de mesurer la contribution de chaque activité à la
performance rendement/risque de l’établissement
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Exemple d’allocation notionnelle des fonds propres
Total Salle de Grandes Banque de détail Gestion Moyens
marché entreprises des de
PME Particulier titres paiement
Fonds propres 1000 200 300 200 100 150 50
Risque de crédit 450 280 150 20
180 20
Risque de marché 200
Risque
opérationnel 350 20 20 50 80 130 50
Résultat 150 40 45 20 10 45 -10
Ratio de 15% 20% 15% 10% 10% 30% -20%
Rentabilité
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
la banque est divisée en 6 centres de profit
Consommation des fonds propres = risques pondérés de
chaque activité X 8%
Constatations:
Excellent résultat de la salle de marché et de la gestion de
titres, mais ce sont des centres volatils
Faible résultat de la banque de détail rechercher les
causes: tarification, concurrence, provisions
Résultat déficitaire de la monétique remèdes: + de
mécanisation pour réduire les coûts
IV – Solutions ALM / Allocation des fonds propres
Avantages de l’allocation des fonds propres:
Sur le plan stratégique: des arbitrages entre les activités
(développer, conserver, arrêter) et donc un pilotage
dynamique de la banque.
Sur le plan opérationnel: appliquer une tarification qui
permet d’optimiser la rentabilité des fonds propres par
rapport aux risques.
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne
La banque (le siège)
«rachète» toutes les «vend » les fonds
ressources des différents nécessaires (pour accorder
centres de profit (agences) des crédits) aux différents
avec le taux acheteur centres de profit au taux
du marché «vendeur » du marché
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne
Le calcul de la marge de transformation d’échéance
consiste à créer de la marge en
refinançant des emplois longs par
des ressources courtes
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne
=
Méthode d’allocation des coûts des fonds
Conditionnée par:
les objectifs de les contraintes de
la banque l’environnement
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
La détermination de taux de cession interne
Intègre 3 facteurs:
1er facteur:
la configuration de la courbe des adjudications des Bons de
Trésor pendant la période de référence
2ème facteur:
la politique commerciale de la banque qui compte favoriser
ou freiner la production de certains produits, par le biais de
bonifications ou de pénalisations
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
3ème facteur:
l’immunisation du CEG (Compte d’Exploitation Général)
agence des variations de taux (le risque de taux est
entièrement supporté par le siège) qui se traduit par
l’application d’un taux de cession interne par maturité
Les taux de cession interne sont :
différenciés par nature de dépôt et par type de crédit
modifiés trimestriellement et validés par la direction
générale.
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne du premier trimestre de l’année N : dépôts
(Société générale (SG))
Taux de Taux de rendement Taux Marge
placement en des dépôts après clientèle d’intérêt
compte social emplois obligatoires agence
Rémunération des dépôts
- comptes à vue 5,10% 4,36% 0,00% 4,36%
- dirhams convertibles 5,10% 5,10% 1,00% 4,10%
- comptes sur carnet 5,30% 4,52% 2,42% 2,10%
- épargne logement 5,80% 4,92% 2,92% 2,00%
- dépôt à terme clientèle
locale
* 3 mois 3,00% 3,00% 2,75% 0,25%
* 6 mois 3,35% 3,35% 3,00% 0,35%
* 12 mois 3,60% 3,60% 3,25% 0,35%
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne du premier trimestre de l’année N : crédits (SG)
Taux de rendement en compte social Taux clientèle Marge d’intérêt
Facturation des engagements
Crédits court terme
Entreprises
- spot 3,05% 4,20% 1,15%
- escompte 4,35% 8,00% 3,65%
- découvert 4,59% 10,00% 5,41%
- export 4,59% 7,50% 2,91%
Particuliers
- découvert 4,59% 10,00% 5,41%
Crédits moyen terme
Entreprises 5,40% 9,00% 3,60%
- crédit à moyen terme
Particuliers 5,40% 11,00% 5,60%
- prêt ordinaire 5,25% 9,00% 3,75%
- prêt immobilier
Crédits long terme
Entreprises 6,10% 7,00% 0,90%
- crédit à long terme
Particuliers 5,95% 9,50% 3,55%
- prêt immobilier 4,59% - 4,59%
Crédits douteux et litigieux
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Bonifications et pénalités (SG)
Bonifications Pénalités
Sur encours SICAV
- perspectives 1,50%
- expansion 2,00%
- SGvaleur 0,65%
- oblig plus 1,25%
Sur encours SOGEQUIP 1,00%
Sur transactions GAB 6 Dhs
Dépassement d’encaisse 12,00%
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Taux de cession interne
=
un puissant levier de rentabilité pour l’agence
Exemple:
Soit une agence qui recueille 100 dh sous forme de dépôt à
terme (DAT) 3 mois à un coût de 2,75% et qui le place en
découvert à la clientèle au taux de 10%.
Sans taux de cession interne
la rentabilité de cette opération serait :
(100 x 10%) – (100 x 2,75%) = 7,25%, soit 7,25 dh (100 x 7,25%).
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Avec taux de cession interne
Rentabilité
Marge sur dépôts
=
taux de placement du DAT – coût du DAT
=
3% - 2,75% = 0,25%, soit 0,25 dh (100 x 0,25%)
Marge sur crédits
=
taux de rendement du découvert – facturation du découvert
=
10% - 4,59% = 5,41% , soit 5,41dh (100 x 5,41%)
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Marge globale
=
0,25% + 5,41% = 5,66%, soit 5,66 dh (100 x 5,66%).
Si l’agence avait financé le découvert par un compte chèque, la
situation serait comme suit:
Marge sur dépôts = taux de placement du DAV après emplois
obligatoires – coût du DAV
= 4,36% - 0% = 4,36%
IV – Solutions ALM / Taux de cession interne
Marge sur crédits = taux de rendement du découvert –
facturation du découvert
= 10% - 4,59% = 5,41%
Marge globale = 4,36% + 5,41% = 9,77%, soit 9,77 dh
(100 x 9,77%)
Merci pour votre attention