Contrôle De Qualité Et Dosimétrie
En Radiothérapie du sein
ABEID ALLAH IBRAHIM EL KHALIL
ZIANE MAROUANE
Qu’est-ce qu’une radiothérapie du sein ?
La radiothérapie du sein est un traitement qui consiste à détruire les cellules cancéreuses à l’aide de
rayons ou de particules à haute énergie. Elle est en général mise en place après une intervention
chirurgicale.
Principe de fonctionnement :
L’objectif de la radiothérapie du sein est de détruire et d’empêcher les cellules tumorales de se
multiplier. Des rayonnements ionisants sont dirigés sur la zone du sein à traiter. Ils ciblent le noyau
des cellules en cause, pour les endommager. Ces rayons X de haute énergie provoquent ainsi la
mort des cellules.
Contrairement aux cellules cancéreuses, les cellules saines sont dotées d’un potentiel de réparation
et de régénération. Elles sont donc moins impactées par l’effet des radiations. D’autre part, les
radiations sont dirigées le plus précisément possible, afin de préserver au maximum les zones, les
organes et les tissus sains situés à proximité.
Quatre zones peuvent être traitées par radiothérapie en cas de cancer du sein :
la glande mammaire .
la région où se trouvait la tumeur dans le sein, avant l’intervention (aussi appelée
« lit tumoral ») .
les ganglions de la chaine mammaire interne et les ganglions sus-claviculaires
(situés au-dessus de la clavicule).
la paroi thoracique.
Les effets secondaires du traitement :
Même s’ils ciblent une zone précise, les rayons irradient également les cellules
saines situées aux alentours. C’est pourquoi la radiothérapie du sein est souvent à
l’origine d’effets secondaires (la curiethérapie présente l’avantage de cibler plus
précisément la région à traiter).
Les effets secondaires varient en fonction de plusieurs éléments : la zone ciblée (les
ganglions, la glande mammaire, la paroi du thorax), la technique utilisée et la dose
de rayons délivrés, les autres traitements administrés, l’état de santé général de la
patiente… Parmi les effets secondaires le plus souvent constatés, on retrouve :
des effets secondaires immédiats : souvent temporaires, ils apparaissent pendant le
traitement et les semaines qui suivent. La réaction la plus fréquente est l’apparition
d’une rougeur de la peau (érythème cutané, semblable à un coup de soleil). Elle peut
provoquer une desquamation de la peau au niveau du sillon sous mammaire. La
patiente peut également ressentir une gêne à avaler, notamment lorsque les rayons
ciblent les ganglions lymphatiques situés près de la clavicule. Les séances peuvent
être à l’origine d’une fatigue généralisée, physique et / ou morale. De manière
exceptionnelle, elles peuvent provoquer un œdème du sein.
des effets secondaires tardifs : moins fréquentes mais parfois durables (on parle
alors de séquelles), il s’agit des complications qui apparaissent plusieurs mois après
la fin du traitement. On peut retrouver des troubles cutanés (irritations, rougeurs,
changement de la couleur de la peau), un inconfort ou une douleur dans le sein, une
modification de l’apparence du sein (changement de taille, de forme ou de fermeté,
affaissement du sein après la radiothérapie), un lymphoedème du bras, une raideur
de l’épaule, des troubles pulmonaires (peu fréquents), des troubles cardiaques (très
rares), le développement d’un nouveau cancer (en particulier chez les femmes ayant
été traitée avant leurs 40 ans).
La radiothérapie préopératoire :
Les médecins cherchent à limiter au maximum les effets indésirables des
traitements, et leur impact sur la vie quotidienne des patientes. Pour cela, ils se
tournent de plus en plus vers la désescalade thérapeutique. L’objectif est d’obtenir
les mêmes résultats en utilisant moins de traitements. Utiliser moins de traitements
peut revenir à utiliser des traitements moins lourds, moins invasifs, moins longs…
Depuis plusieurs années, une nouvelle approche est testée dans le cadre du
traitement du cancer par chirurgie conservatrice : la radiothérapie préopératoire. Il
s’agit de délivrer une dose de rayons directement dans le lit tumoral, pendant
l’opération. Une fois la tumeur retirée, la sonde de radiothérapie est positionnée au
contact des tissus, et délivre une dose de rayons.
Lorsqu’elle fonctionne, cette technique permet ainsi d’éviter les multiples séances
de radiothérapie mammaire, ayant normalement lieu après l’intervention
chirurgicale. La zone est traitée de manière très précise, ce qui permet également
d’épargner les tissus sains. Encore en phase d’expérimentation, la technique de
radiothérapie préopératoire n’est proposée qu’aux femmes remplissant certaines
conditions.
Les effets collatéraux de la radiothérapie du sein :
• La radiothérapie du cancer du sein consiste à
envoyer des faisceaux de radiation sur et autour
de la tumeur pour éliminer les cellules
cancéreuses. La position du cœur est telle qu’il
peut en absorber aussi. Les images réalisées au
scanner (ici, une coupe horizontale du buste au
niveau de la tumeur) combinées aux mesures
des doses absorbées montrent que le ventricule
gauche et plus particulièrement l’artère
interventriculaire antérieure sont les structures
cardiaques les plus exposées.
Dosimétrie :
inédite Dans ce nouveau cadre expérimental, les chercheurs ont utilisé une méthode
innovante, développée par leur collègue David Broggio du service de dosimétrie de
l’IRSN, jamais encore appliquée à l’échelle d’un groupe aussi important. Le principe
est de combiner les informations du premier scanner cardiaque – coroscanner
réalisé avant le traitement et qui fournit une description très précise des artères
coronaires – avec celles du scanner qui sert à guider la radiothérapie, moins précis
mais qui indique en chaque point, du cœur notamment, la dose absorbée. Et cela
pour chaque patiente ! Le groupe examiné comptait 104 femmes, dont 89 soignées
pour un cancer du sein gauche et 15 pour un cancer du sein droit, ayant suivi un
protocole de radiothérapie qui consistait à délivrer une dose globale de 50 grays au
niveau de la tumeur, fractionné sur 5 semaines à raison de 25 séances de 2 grays .
Les résultats de ce travail considérable montrent que la dose moyenne absorbée par
le cœur ne reflète pas l’hétérogénéité de l’irradiation cardiaque. « Prenons l’exemple
d’une patiente traitée pour un cancer du sein gauche dont le cœur reçoit une dose
moyenne de 3 grays. La mesure ciblée sur le ventricule gauche indique, elle, 6 à 7
grays. Quand on se focalise plus précisément encore sur les artères coronaires,
notamment sur l’artère interventriculaire antérieure la plus proche du faisceau de
rayons, la dose atteint 15 à 16 grays. Et à la pointe du cœur, l’apex, cette artère
coronaire, peut recevoir des doses proches de 40 gray .
Contrôle Qualité En Radiothérapie :
La sécurité des patients repose sur un enchaînement de procédures indissociables
couvrant toutes les phases du traitement. La vérification de la qualité technique de
l’irradiation en cours de radiothérapie a pour objectif de s’assurer de la concordance
du traitement réellement effectué avec le traitement prescrit et préalablement
validé par le radiothérapeute. Cet objectif est d’autant plus pertinent que les
techniques de traitement sont devenues plus complexes, plus exigeantes en matière
de précision et moins intuitives pour le clinicien.
Les risques d’erreur géométrique augmentent avec la multiplication des étapes de
préparation, des faisceaux, des séances, des locaux et des intervenants. Ces risques
s’accroissent aussi avec l’allongement de la durée du traitement qui rend plus
probable des modifications de la morphologie du patient et des volumes cibles. Les
incertitudes dosimétriques proviennent d’erreur de calibrage et d’étalonnage des
appareils de traitement et de mesure, ainsi que des imperfections des systèmes de
calcul de dose.
Imagerie des faisceaux :
La réalisation d’une image avec le rayonnement émis par l’appareil de traitement est
une manière simple et intuitive de vérification des contours et du positionnement
des faisceaux. L’objectif est de détecter des erreurs de paramètres ou d’accessoires
de faisceau, des erreurs de repérage ou de positionnement du patient, voire des
déplacements internes des volumes cibles ou des organes sains à protéger .
Mesure in vivo de la dose reçue par le
patient :
La dosimétrie in vivo consiste à mesurer la dose effectivement délivrée à la cible et
aux organes à risque pendant l’irradiation [8]. La concordance entre la dose mesurée
et la dose prescrite va vraisemblablement devenir le véritable critère de qualité
technique d’une irradiation et le test ultime de dépistage d’un dysfonctionnement
dans la chaîne de mise en traitement. Ainsi, les conséquences de la plupart des
accidents survenus en cours d’irradiation auraient pu être réduites .
Évolution future du contrôle de qualité en
cours de traitement :
Quatre niveaux croissants de technicité ont été définis dans le cadre de l’action
européenne concertée Dynarad, en fonction des moyens techniques mis en œuvre
[13]. En matière de contrôle du traitement, un contrôle informatisé des paramètres
est requis à partir du niveau 2 (radiothérapie conformationnelle). Les faisceaux sont
vérifiés par gammagraphie (niveau 2), imagerie électronique (niveaux 2 et 3), ou
appareil à rayons X en salle de traitement (niveau 3). Les mesures de doses par DTL .