Culture Numérique en Éducation 2021-2022
Culture Numérique en Éducation 2021-2022
Second degré
Année 2021/2022
Amélie DUGUET
amé[email protected]
Pourquoi avoir choisi cette option « culture numérique » ?
Référentiel de compétences des métiers du professorat et de l’éducation
COMPETENCE 14 :
« S’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel »
COMPETENCE 9
« Intégrer les éléments de la culture numérique nécessaires à l'exercice de son métier »
• Tirer le meilleur parti des outils, des ressources et des usages numériques, en particulier pour
permettre l'individualisation des apprentissages et développer les apprentissages collaboratifs.
• Aider les élèves à s'approprier les outils et les usages numériques de manière critique et créative.
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recherche
Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0 (IFE)
Groupes de 3 ou 4
Google Scholar
Utilisation et usages du numérique
Formation des enseignants au numérique
Modèles d’intégration des TICE
Numérique et innovation pédagogique
Efficacité du numérique sur les acquisitions des élèves
Numérique et compétences des élèves
Enseignement à distance – E-learning
Récits de pratiques sur des dispositifs numériques particuliers
…
…
Quels sont vos préjugés sur le numérique à l’école ?
Vrai ou Faux ?
Quand on parle de numérique, on parle d’Internet
Supports d’inscription
Pratiques sociales
Taxonomie des « ressources numériques pour la classe » (Bibeau, 2005) :
Traitement de texte
Logiciel de présentation
Outils et logiciels spécialisés
Plateforme
Boîtiers de votes électroniques et dispositifs assimilés
Création collaborative de contenus sur un wiki
Fichiers bureautiques
Sites Internet
Ressources audio, vidéo
Ressources interactives
Quels outils numériques pour enseigner ?
Basque et Lundgren-Cayrol (2003)
Typologie des typologies
TICE
Raby équipements technologiques (ordinateurs, caméras numériques, imprimantes, logiciels, etc.)
de type numérique pouvant servir d’outils pédagogiques (pour présenter, organiser, transmettre…)
(2004)
Basque (2005) : « un ensemble de technologies fondées sur l’informatique, la microélectronique, les
télécommunications (notamment les réseaux), le multimédia et l’audiovisuel, qui, lorsqu’elles sont
combinées et interconnectées, permettent de rechercher, de stocker, de traiter et de transmettre
des informations, sous forme de données de divers types (texte, son, images fixes, images vidéo,
etc.), et permettent l’interactivité entre des personnes, et entre des personnes et des machines ».
Raby, Karsenti, Meunier et Villeuneuve (2011) : Les TIC rassemblent à la fois l’utilisation
d’internet, de logiciels de présentation, du courrier électronique et d’environnements
d’apprentissage en ligne.
TICE
Baron et Bruillard (2008)
2 champs sémantiques
Utilisation Usage
Analyse de la manière dont une technologie de synthèse vocale peut influer sur la maîtrise de la langue
écrite, lors des dictées notamment, d’élèves de CE1 (Henaff et Gruson, 2015).
Evaluation des effets d’un entraînement avec des tablettes tactiles sur l’écriture de lettres discursives
chez des enfants de CP présentant des difficultés en la matière (Jolly et Gentaz, 2013).
Vision plus large des technologies
EXEMPLES
Poyet (2015) : enquête par questionnaires auprès de 1492 enseignants du secondaire, pour connaître leurs
usages pédagogiques et leur perception de l’utilité d’environnements numériques de travail (ENT).
Bernet et Karsenti (2013) : Etude multi-cas sur les pratiques numériques de dix enseignants du troisième cycle
du primaire au travers d’entrevues, d’un journal de bord et d’un questionnaire.
Objectifs :
Quels sont les facteurs influant sur les usages des TICE ?
Types d’outils numériques utilisés vont varier en
fonction d’un certain nombre de facteurs :
Formation de l’enseignant
Outre une intégration physique des TICE, une intégration pédagogique est
également nécessaire.
de temps pour planifier, collaborer, préparer et utiliser la technologie, pour expérimenter, pour
fureter, pour se perfectionner, etc.
d’une accessibilité aux TIC, avant, pendant et après les heures de classe
Cédric Fluckiger
Lecture p.11-22
-> réponse aux questions + comparaison avec votre tableau avantages / inconvénients
Quelques questions pour guider votre lecture…
1. Pour quel motif les enseignants du 1er degré font-ils le plus usage des ordinateurs ?
2. Pourquoi le choix d’une ressource éducative est-il peut aisé pour les enseignants ?
3. Quels sont les deux grands types de production de ressources auxquelles peuvent avoir accès les enseignants ?
4. Quelles sont les fonctions du manuel scolaire décrites par Choppin en 1992 ? Pourquoi les enseignants aiment-ils
toujours se référer aux manuels ?
5. Les travaux de recherche sur le TNI ont-ils été nombreux ces dernières années ? Pourquoi
10. L’usage de tablettes par les élèves peut-il avoir des effets sur la collaboration entre eux et leur autonomie ?
12. Quelles sont les craintes des enseignants à l’égard des moteurs de recherche ?
13. Quels sont les problèmes posés par la lecture sur support numérique ?
14. Quel élément s’avère déterminant lorsqu’on souhaite faire apprendre par le jeu ?
15. Dans quel cadre l’utilisation d’animations ou de vidéos s’avère-t-elle la plus utile ?
Les outils
numériques au
service des
apprentissages
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Utilisez-vous le numérique pour enseigner ? Etes-vous à l’aise
avec cela ?
https://cache.media.eduscol.education.fr/file/ETIC_et_PROFETIC/15/4/PROFETIC_2016_-_Rapport_complet_648154.pdf
https://cache.media.eduscol.education.fr/file/ETIC_et_PROFETIC/51/8/Rapport_PROFETIC_2018_v8_1098518.pdf
Heer et Akkari (2006) : les recherches portant sur la formation des enseignants aux TICE
sont peu nombreuses, celles-ci s’étant davantage centrées sur l’analyse des avantages et
inconvénients de l’intégration des TICE en classe en se focalisant sur les élèves.
Former les enseignants aux usages pédagogiques des TICE pourrait contribuer à réduire
l’anxiété de ces derniers face à ces outils et à accepter davantage l’innovation (Carugati et
Tomasetto, 2002).
Cette formation fait l’objet de nombreuses controverses depuis plusieurs années
et figure au cœur de multiples débats (Teyssedre, 2012).
Les enseignants ont dans l’ensemble une bonne maîtrise des technologies, mais
ont des connaissances très limitées en ce qui concerne la manière dont ils
peuvent s’emparer des TICE pédagogiquement parlant (Davidson et Desjardins,
2011, cités par Fiévez, 2017).
Problème :
6. Je suis l’auteur du modèle SAMR, qui décrit les différentes étapes de l’intégration
des TICE dans la pratique enseignante (substitution, augmentation, modification,
redéfinition)
Prensky (2001) = discontinuité générationnelle -> les élèves d’aujourd’hui ne seraient pas du
tout ceux des générations précédentes, ils auraient des styles cognitifs et des modes
d’apprentissage différents de ceux qu’on pouvait observer précédemment.
Les anciens seraient des immigrants dans un monde devenu « numérique » (« digital
immigrants »).
Les jeunes y sont nés (« digital natives »). Ils seraient en ce sens plus technophiles et
auraient peu de résistance ou d’appréhension à l’usage de nouveaux objets technologiques, à la
différence de leurs aînés (Dauphin, 2012).
D’après Fluckiger et Bruillard (2008), il existe nécessairement un hiatus entre les pratiques
personnelles et les pratiques scolaires des élèves
Opposition forte, entre les pratiques personnelles adolescentes et les pratiques
scolaires, même si les technologies utilisées sont presque les mêmes.
Compétences générales des adolescents en TICE reposent souvent d’une part, sur des
déclarations (dans lesquelles la surestimation est souvent de mise, surtout pour les
garçons) et d’autre part, globalisent l’ensemble des TICE ne permettant pas de
discriminer dès que l’on s’intéresse à des logiciels ou des activités spécifiques.
Fluckiger et Bruillard (2008) : « l’aisance avec laquelle les adolescents manipulent les
logiciels les plus courants, comme le navigateur Web ou les logiciels de messagerie
instantanée, ne doit cependant pas faire illusion ».
Cette dextérité se double fréquemment d’une faible autonomie des élèves, d’un manque
de conceptualisation et de compréhension des mécanismes informatiques et d’une très
faible verbalisation des pratiques, constat relayé également dans les travaux de Baron et
Bruillard (2008) qualifiant les jeunes de « digital naïves ».
Ainsi, les études montrent qu’à la fois les compétences censées être acquises ne sont
pas si développées et qu’elles sont difficilement mobilisables en contexte scolaire.
Compétences numériques des élèves
Florian Dauphin, « Culture et pratiques numériques juvéniles : Quels usages pour quelles
compétences ? », Questions Vives, Vol.7 n°17 | 2012, 37-52.
https://journals.openedition.org/questionsvives/988#tocto1n4
https://journals.openedition.org/rfp/978
Chaque équipe complète le Framapad pour rédiger le cours à l’appui de la partie
d’article qu’il doit lire (quels sont les éléments essentiels de la partie ?)
https://semestriel.framapad.org/p/seminaire-num
erique-9rr3?lang=fr
Cordier A. (2020). Des usages juvéniles du numérique aux
apprentissages hors la classe. Paris : CNESCO
Lecture partie 2
A partir de ce rapport, création d’une affiche par groupe, contenant
les principaux apports théoriques de la partie lue, et les apports pour
votre pratique professionnelle
Que pouvez-vous dire de l’efficacité de l’usage des TICE
sur les acquisitions des élèves ?
Efficacité de l’usage des TICE à l’école
Elèves ont une opinion généralement positive envers l’utilisation des TICE à
l’école (Fiévez, 2017)
ti fs
po si Par l’adoption de méthodes pédagogiques de pointe, les TICE permettraient
d’accroître le rendement de l’apprentissage et de réformer les systèmes
et s
Eff
d’éducation. Ainsi, par exemple, les résultats de PISA (2012) mettent en
évidence une corrélation entre le temps passé à utiliser les TICE et les
performances en mathématiques des élèves.
MAIS, malgré ces quelques constats encourageants, les résultats des travaux de
recherche peinent à mesurer un effet net sur les apprentissages des élèves,
montrant davantage l’effet positif des TICE sur certains facteurs individuels
favorables aux apprentissages, ou plus largement sur certaines compétences
non académiques.
Plusieurs études (MESESR, 2006 ; Balanksat et al., 2006 ; Condie et Munro,
2007) mettent en évidence l’effet positif de l’utilisation des TICE en classe sur
la concentration, la motivation, la participation ou encore l’autonomie.
Plusieurs travaux ont d’ailleurs fait un focus sur le lien entre TICE et motivation
i ti fs
po s des apprenants (Coen et al., 2013 ; Coulibaly, Karsenti, Gervais et Lepage, 2013
et s ; Koh, 2015).
E ff
D’autres tels Pelgrum et al. (2004) mettaient déjà en évidence l’impact des
TICE sur le plaisir d’apprendre, l’estime de soi, les aptitudes au travail en
collaboration, les connaissances dans chaque discipline, les aptitudes à traiter
des données, ou encore les compétences métacognitives.
Effet positif sur des composantes conatives résulterait d’une facilitation des
démarches d’apprentissage constructivistes (Coen, et al., 2014), et amènerait un
changement de paradigme, en favorisant la mise en œuvre de pédagogies actives
et différenciées.
OCDE (2015) : TICE comme seuls moyens « pouvant être utilisés au service des
nouvelles pédagogies plaçant les apprenants au cœur d’un apprentissage actif, en
offrant des outils pour les méthodes d’apprentissage par investigation et des espaces
de travail collaboratifs ».
Pouts-Lajus (2001) : question de l’efficacité des TICE est « redoutable », se
confrontant aux « partisans » des TICE ainsi qu’aux « adversaires » des TICE.
Même si pour l’auteur, seule la méthode scientifique peut apporter une
réponse sur l’efficacité des TICE, cette dernière est difficile à mettre en œuvre.
MAIS Karsenti et al. (2005) : difficile d’avoir une vision précise de l’impact des TICE
sur la réussite des élèves, les résultats sont contradictoires et font montre de
différences en matière de méthodologie de recherche.
Poyet (2009) : relate difficulté de cerner l’impact des TICE sur l’enseignement
et l’apprentissage et s’attardant sur les résultats nuancés voire contradictoires
depuis 30 ans sur le sujet (en France et à l’étranger), en raison de contextes et
situations variés.
Méta-analyse (Michko, 2007) : montre que la technologie a un impact modéré (voire inexistant et
parfois négatif) sur les résultats des élèves.
D’autres n’indiquent pas de réelle plus-value concernant les TICE pour la production en langue
maternelle chez les élèves de 5 à 16 ans, absence notamment due à la diversité des
expérimentations (Andrews et al., 2005), qui produisent des résultats équivoques nécessitant plus
e s , de recherches (Torgesson et Zhu, 2003).
u tr
s ne ifs
e t g a t
Eff e né
Certaines études évoquent un impact à la fois positif et négatif des TICE, et préconisent une
utilisation assez modérée : « Les meilleures performances en mathématiques et en lecture
oi r s’observent en général chez les élèves qui ont un degré moyen d’utilisation des ordinateurs. Cette
v dernière constatation laisse penser qu’une utilisation excessive des ordinateurs pourrait avoir un
impact négatif sur les performances scolaires » (Becta et Ramboll Management, 2006).
e s ,
u tr
s ne ifs Certains chercheurs se sont penchés sur les causes explicatives d’un tel effet
e t g a t neutre voire négatif des TICE sur les apprentissages.
Eff e né
oi r
v Les outils technologiques sont sources de distraction parfois majeures pour
les élèves (Karsenti et Fievez, 2013), en classe comme à la maison.
e s ,
u tr Les élèves arrivent en salle de classe avec des représentations, des accès,
s ne ifs des usages et des compétences technologiques disparates, en grande
e t g a t partie déterminées par des variables socioculturelles, de sorte qu’ils n’ont
Eff e né pas tous la même disposition à apprendre avec les technologies (voir par
oi r
v exemple Hargittai, 2010).
Tableau blanc interactif (TBI), ou autrement nommé tableau numérique interactif (TNI) =
tableau blanc classique sur lequel est projeté le contenu d’un ordinateur ou d’une tablette. Offre
une pléiade de fonctionnalités interactives que l’on peut contrôler à même le tableau, à partir
d’un stylet ou avec le doigt.
Classe mobile = composée d’un meuble roulant contenant divers éléments multimédias,
s’agissant dans la majorité des cas de tablettes numériques. Elle permet de déplacer ce matériel
d’une classe à l’autre.
Réelle volonté des pouvoirs publics pour faire des TBI et des tablettes de véritables outils de
transformation et d’innovation pédagogique, MAIS des travaux montrent que les pratiques
d’intégration du TBI demeurent plutôt classiques et le TBI ferait généralement office d’outil de
projection et non d’outil interactif (Karsenti, 2016).
Le TBI serait utilisé à des fins de présentation (Divaharan et Koh, 2010 ; Winzenried et al., 2010)
ou pour la prise de notes (Al-Qirim, 2011), plutôt que pour instaurer des activités d’apprentissage
interactives (Beth, 2008).
Les enseignants auraient tendance à vouloir intégrer l’outil numérique dans des modèles
pédagogiques traditionnels (Al-Qirim, 2011). Du fait de sa récente apparition dans les salles de
classe, les travaux sur les usages de la tablette sont quant à eux encore moins nombreux. Son
utilisation concernerait néanmoins tout particulièrement le travail sur les manuels scolaires et
les recherches sur internet (Karsenti, 2013).
Question de la formation des enseignants à ce type de matériel
Enseignants ont au départ une représentation très idéaliste du TBI (Boulc’h et Baron, 2012), ils éprouvent
très vite une grande déception lorsqu’ils sont confrontés au maniement de cet outil (Villemonteix et Béziat,
2013).
Lalande (2010) : l’utilisation du TBI n’est pas un gage de modernisation des pratiques pédagogiques. La seule
présence du TBI dans la salle de classe ne permet pas de placer l’élève en situation de construction des
savoirs et de réflexion sur ses apprentissages il est de ce fait nécessaire de former et
d’accompagner les enseignants afin qu’ils puissent exploiter pleinement le potentiel du TBI et ainsi
favoriser les apprentissages des élèves (Raby, Bergeron, Tremblay-Wragg, Gagnon et Charron, 2015).
Il en est de même concernant les tablettes : une formation des enseignants à la fois sur le plan pédagogique
et sur le plan technique constitue désormais un réel impératif, de même que la mise à disposition de
ressources pour les enseignants, en lien avec les disciplines enseignées (Karsenti et Fiévez, 2013).
L’implantation des TBI en classe et des tablettes serait liée à une volonté des institutions
politiques de « participer à la révolution numérique » et ne pas être « à la traîne » (Institut
Montaigne, 2016, cité par Roland, et al., 2016).
Plusieurs méta-analyses indiquent que d’un point de vue pédagogique, le TBI aurait pour
avantage de permettre une meilleure présentation de certains contenus de manière multi-
sensorielle (Saltan et al., 2009), de créer et de présenter des ressources attrayantes, d’accélérer le
rythme des leçons, de faciliter l’incorporation de ressources multimédias variées ou encore de
faciliter le retour sur les enseignements (Duroisin, Temperman et De Lièvre, 2011).
Il favoriserait également la motivation et l’intérêt des élèves (Balta et Duran, 2015), voire même
leur attention et leur comportement (Higgins et al., 2007, cités par Karsenti, 2016).
MAIS
Cet effet dit « de nouveauté » semblerait toutefois diminuer avec le temps (Higgins et al., 2007).
Les effets du TBI sur la réussite sont quant à eux très controversés, certains travaux faisant état
d’une absence d’impact (Lopez, 2010), voire d’un impact négatif (Moss et al., 2010).
Les connaissances sur les effets de ce type d’outil sur la réussite restent insatisfaisantes, en
raison de la rareté des études empiriques menées sur le sujet (Karsenti, 2016).
Les effets du TBI sur les acquisitions des apprenants restent assez méconnus (Lefèbvre et
Samson, 2015). Les rares recherches menées sur le sujet comportent d’ailleurs le plus souvent
des biais puisqu’elles s’appuient sur des propos déclaratifs.
Bernard, Boulc’h et Arganini (2013) : étude sur l’impact de l’utilisation
de tablettes tactiles sur le développement des compétences
langagières d’élèves allophones, scolarisés en école élémentaire
ti fs dans une classe d’initiation au français pour non francophones.
po si
et s
E ff Dans le cadre de la réalisation par les élèves d’un livre sur le thème
des châteaux forts (livre numérique pour le groupe expérimental
versus livre papier pour le groupe contrôle), les auteurs ont montré
que les élèves dotés de tablettes avaient obtenu une progression plus
importante au niveau du vocabulaire nouveau à apprendre que ceux
qui avaient utilisé le support papier.
Dauphin (2016) a réalisé une expérience auprès de 158 élèves québécois en
première année d’enseignement secondaire (élèves de 12 ans).
Ces derniers étaient séparés en deux groupes : les groupes « Ipad » allaient
suivre un enseignement sur tablette tandis que les groupes « réguliers »
e s, allaient bénéficier d’un enseignement traditionnel.
u tr
s ne ifs L’approche méthodologique consistait à comparer les résultats des élèves des
e t g a t deux groupes avant et après l’intégration de l’Ipad.
Eff e né
o ir Les résultats ont montré que l’utilisation de l’Ipad en classe s’était traduite par
v une baisse générale des résultats scolaires, avec des effets négatifs plus
prononcés en français, sciences, univers social et éthique.
Et cette absence d’effet positif, voire cet effet négatif, sur les progrès et les
acquisitions des élèves a été mise en évidence dans d’autres études (voir par
exemple Martin et Ertzberger, 2013, qui ont étudié l’impact d’outils numériques
dans l’apprentissage d’un cours sur l’art auprès d’étudiants).
Rapport de la cour des comptes (juillet 2019))
Si les investissements publics en faveur du numérique éducatif ont beaucoup progressé durant la période 2013-2017, les
conditions de déploiement d’un « service public du numérique éducatif » sont loin d’être toujours réunies : la connexion des
écoles et des établissements est encore insuffisante et dans bien des cas inexistante ; de fortes inégalités d’équipement des
classes et des élèves demeurent entre les territoires ; les enseignants et les élèves doivent trouver leur chemin dans le dédale de
l’offre de ressources numériques, abondante et souvent innovante mais insuffisamment organisée en vue des usages ; faute de
formation initiale et continue suffisante et d’accompagnement approprié, seule une minorité d’enseignants est à l’aise avec une
pédagogie appuyée sur le numérique et se trouve en mesure d’en exploiter les potentialités pour améliorer les apprentissages
des élèves.
Les raisons de cette situation tiennent à des choix de priorités critiquables. Dans le cadre du programme d’investissements
d’avenir (PIA 2), la priorité a été donnée, contre la vocation et la logique même de ce programme, au financement
d’équipements mobiles individuels, transformant cette action en « plan tablettes » et affectant ces moyens à des dépenses
courantes. Cette priorité donnée à l’équipement individuel des élèves s’est vite avérée une politique dépassée et inutilement
coûteuse. Absorbant trop de moyens, notamment dans les budgets des collectivités territoriales, elle a compromis la réalisation
d’investissements dans les infrastructures et les réseaux, indispensables à la connectivité des établissements et des écoles,
sans laquelle les usages pédagogiques du numérique ne peuvent pas s’installer. Aussi le préalable que constitue le meilleur
niveau possible d’accès aux réseaux de débit suffisant pour les écoles et les établissements scolaires a été négligé comme l’a été
aussi celui de la réflexion sur l’innovation pédagogique, au bénéfice de la distribution d’équipements individuels à l’usage
incertain.
Dans bien des cas, et malgré l’engagement incontestable des recteurs et de leurs services chargés du numérique
éducatif, on observe, plutôt qu’une co-construction, une fragmentation des politiques publiques. Les initiatives des
collectivités locales continuent d’inscrire le développement du numérique dans le paysage scolaire sans cadre national
d’ensemble : telle ou telle grande région annonce sa décision de doter d’équipements mobiles la totalité de ses lycéens,
tels départements font de même pour leurs collégiens, en dépit du taux d’équipement des jeunes, qui rend contestable
la distribution systématique de ces équipements individuels sur fonds publics, et alors que le ministère a interrompu le
plan tablettes, sans toutefois l’annoncer clairement.
Ainsi plusieurs grandes régions annoncent leur volonté de mettre en place des ressources pédagogiques numériques
correspondant aux nouveaux programmes dans le cadre de la réforme du lycée, dès la rentrée 2019, plutôt que de
renouveler les manuels papier, sans que le ministère, dont les services accompagnent ces initiatives, se soit prononcé sur
le point délicat d’un basculement généralisé vers le manuel numérique. Si les services académiques sont consultés, ils ne
disposent pas eux-mêmes d’un cadrage national émanant du ministère. Il conviendrait d’établir un cadre qui permette
aux collectivités territoriales d’exercer leurs arbitrages politiques en pleine connaissance de cause, les objectifs
d’équipement et de services de l’éducation nationale ayant été explicités.
Doivent être traités en priorité les facteurs structurants à long terme : la formation des enseignants, la mise à
disposition de ressources et de services pédagogiques dans des conditions d’usage sécurisées, notamment quant à
la protection des données personnelles des élèves et des personnels, l’accès des établissements à des niveaux de
débit appropriés, quitte à mobiliser le PIA 3. La question de l’appropriation par le monde enseignant de ces
nouveaux outils et méthodes est primordiale. Pourtant il est encore nécessaire six ans après le vote de la loi de
préciser ce qui est attendu des enseignants en termes d’usages du numérique dans la classe aux différents niveaux
d’enseignement.
Les enseignants, comme les collectivités, ont besoin d’un message clair du ministère quant à la place du numérique
dans la pédagogie qu’ils mettent en œuvre. Certes presque tous utilisent couramment le numérique pour préparer
leur cours ; mais, outre que les conditions sont loin d’être toujours réunies pour un usage fluide d’outils numériques
en ligne pendant la classe, beaucoup d’enseignants ne sont pas suffisamment préparés pour les intégrer dans
leur pédagogie. Ils reçoivent à cet égard un message général sans que les attendus professionnels soient toujours
précisés et sans être systématiquement épaulés dans leur démarche par des référents ou des inspecteurs. Ils ne
bénéficient pas toujours, lorsque c’est nécessaire, de formations complémentaires. L’État, qui a pourtant réformé
la formation initiale des enseignants, ne semble pas avoir pris la mesure du renouvellement des compétences
pour réussir la transition numérique, à tel point que la validation de ce type de compétences lors de la formation
initiale a été retirée et que la formation continue est nettement sous calibrée. Le rétablissement de la certification
des compétences numériques, l’encouragement des enseignants déjà en poste à valider les compétences acquises
en cours de carrière, la mise en place d’un plan de formation continue obligatoire sont indispensables.