PATHOLOGIE DE
BÂTIMENT
ISTPO 2019-2020
Module: Pathologie de
Bâtiment
Plan des cours
Chapitre 1: Catalogue des pathologies
Chapitre 2: Pathologies relatives au sol des fondations
Chapitre 3: Fissurations et éclatement du béton
Chapitre 4: Humidité et Efflorescence
Chapitre 5: Corrosion
Chapitre 6: Épaufrure
Chapitre 7: Pathologie des éléments verticaux (Poteaux, Murs, Cloisons, …)
Chapitre 8: Pathologies des éléments horizontaux (Planchers, poutres, …)
Chapitre 9 : Pathologies de l’enveloppe (Couverture, Revêtement, Menuiseries, …)
Chapitre 10: Pathologies des charpentes (Métalliques, bois)
Chapitre 5: Corrosion
I) Introduction
Les corps agressifs, par exemple le dioxyde de carbone (CO2), les acides, et les chlorures,
dissous dans le milieu qui environne l’ouvrage, peuvent pénétrer progressivement dans le
béton.
Un acier mis au contact d’un béton qui a une forte basicité (pH de l’ordre de 12) et qui n’est
pas pollué par des chlorures, se recouvre d’oxydes protecteurs (Passivation de l’acier).
Si son enrobage est chimiquement modifié, cet acier se recouvre de produits “ intermédiaires
” qui ne sont pas stables en présence des corps agressifs dissous dans le béton. Ils se
transforment en des produits “ finaux ” non protecteurs (Dépassivation), ce qui conduit
à l’enrouillement continu de l’acier. C’est le phénomène de la corrosion.
Chapitre 5: Corrosion
II) Les stades de la corrosion
Chapitre 5: Corrosion
III) Les conséquences
Les dégradations mises en évidence sont :
- Des éclatements, des épaufrures et des fissures du béton d’enrobage.
- Des traces de rouille visibles, lorsque la corrosion est très avancée, les armatures peuvent
être mises à nu avec une perte de section.
- Les produits de corrosion diffusent facilement dans un béton poreux et tachent le parement.
Chapitre 5: Corrosion
IV) Les origines de la corrosion
1) Porosité excessive du béton
Elle peut être due à la composition du béton (mauvais rapport entre le sable et les gravillons
par exemple, excès d'eau, …) ou à des insuffisances de vibration du béton au sein du
coffrage.
Les conditions climatiques lors de la mise en œuvre du béton ont également une incidence
certaine sur la porosité. Ainsi, par un temps sec et chaud, une dessiccation rapide du
béton jeune, dont la surface n'a pas été protégée par un produit de cure approprié, peut
être à l'origine d'une porosité excessive du matériau qui favorise l’infiltration des
agents agressifs.
Chapitre 5: Corrosion
IV) Les origines de la corrosion
2) Mauvaise disposition d’armatures
L'enrobage (Distance entre l'acier et le mur extérieur du béton) des armatures n'est pas
respecté (enrobage mince), par suite d'une erreur de lecture de plan de ferraillage ou
par suite d'une insuffisance de cales assurant le maintien des barres à l'intérieur des
coffrages.
Chapitre 5: Corrosion
IV) Les origines de la corrosion
3) Fissures structurelles
Les fissures évoquées au chapitre 3, sont des chemins préférentiels pour l'attaque des aciers
par l'oxygène et l'entretien du processus électrochimique engendrant la formation des
sels de fer (sels gonflants) en couches superposées sur le métal.
Chapitre 5: Corrosion
IV) Les origines de la corrosion
4) La carbonatation
Le dioxyde de carbone CO2 pénètre sous forme gazeuse dans le béton. Il provoque une
réaction, dite de carbonatation, avec l’eau interstitielle. Le front de carbonatation
avance progressivement à partir du parement. Il transforme les hydroxydes [surtout, la
chaux Ca(OH)2] en carbonate (CaCO3) et abaisse le pH de la solution interstitielle
depuis environ 13 jusqu’à environ 9. Ceci dégrade la passivation des armatures et donc
la corrosion des armatures.
Chapitre 5: Corrosion
V) Le diagnostique
1) Objectifs
Les objectifs d'un diagnostic de corrosion sont :
• l’identification de l'origine (carbonatation, chlorures externes ou internes, autres),
• l'évaluation de l’étendue dans l'espace,
• la prédiction de l’évolution probable, dans le temps ou dans l’espace,
• l’estimation des conséquences sur la sécurité de l’ouvrage ou des personnes,
• la définition des suites à donner et entre autres le principe des solutions de réparation.
Chapitre 5: Corrosion
V) Le diagnostique
2) Procédure à suivre
La découverte des désordres sur une structure entraîne généralement :
• La mise en œuvre de mesures de sauvegarde si nécessaire (purges, filet de protection...),
• La réalisation d'une visite préliminaire et de certaines autres opérations dans le but
d'établir un pré-diagnostic,
• La mise au point d'un programme d'investigation pour apprécier le degré de gravité et
choisir le traitement convenable,
Chapitre 5: Corrosion
V) Le diagnostique
3) Mesures relatives aux armatures et au béton
3.1) Mesure de l'enrobage des armatures
L'enrobage des armatures est un paramètre déterminant dans les phénomènes de corrosion.
La technique de mesure de l'enrobage fait appel à de nombreux appareils disponibles
(radar géophysique).
Ces techniques permettent d'accéder aux informations suivantes :
• Enrobage (Profondeur),
• Estimation du diamètre des armatures,
• Présence d'armatures adjacentes,
• Reconnaissance du profil de l'acier.
Chapitre 5: Corrosion
V) Le diagnostique
3) Mesures relatives aux armatures et au béton
3.2) Détermination de la profondeur de carbonatation
Parmi les méthodes de détermination de la profondeur de carbonatation, la plus simple à
mettre en œuvre, est le test à la phénolphtaléine. Celui-ci consiste à mesurer le front de
coloration de cet indicateur sensible au pH, que l’on pulvérise sur une coupe fraîche de
béton.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
1) Reconstitution de l’enrobage
La reconstitution de l’enrobage a pour objectif de restaurer l’apparence du béton, tout en
arrêtant le processus de corrosion et en rendant à la structure son intégrité. Elle passe
par les étapes suivantes :
1.1) Élimination des zones dégradées
Avant de réparer les zones dégradées (armatures apparentes, éclatements de béton, traces
de rouille, etc.), les revêtements en place doivent être retirés, sur toute la surface, par
un moyen mécanique ou chimique.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
1) Reconstitution de l’enrobage
1.1) Élimination des zones dégradées
Pour traiter les armatures corrodées, il convient de les dégager. Le dégagement doit être
effectué jusqu’à ce qu’un acier sain apparaisse et la longueur de cet acier doit être
dégagée sur toute sa périphérie, selon la norme NF P 95.101 (un dégagement d’un
minimum de 2 cm derrière l’armature, est conseillé).
La phase d’élimination de la zone sous corrosion, constitue l’une des tâches les plus
délicates à réaliser.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
1) Reconstitution de l’enrobage
1.1) Élimination des zones dégradées
Les surfaces de bétons sont ensuite nettoyées, afin de faire disparaître toute poussière ou
toute souillure, subsistant après l’élimination des bétons dégradés. Ce nettoyage peut
être réalisé par voie humide ou sèche (brossage et soufflage), mais dans le cas du
lavage à l’eau, celle-ci doit être éliminée par soufflage ou par aspiration.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
1) Reconstitution de l’enrobage
1.2) Protection des armatures
La protection des armatures consiste à appliquer sur
toute la surface de celles qui sont dégagées
(Périphérie complète), un produit assurant une
protection vis-à-vis de la corrosion.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
1) Reconstitution de l’enrobage
1.3) La réfection des bétons
La réfection des bétons consiste à rétablir l’enrobage des armatures par la mise en œuvre de
mortier. Ce dernier doit respecter les critères :
Tenue verticale sans coffrage,
Résistance mécanique supérieure au béton support,
Adhérence supérieure ou égale à la cohésion du support,
Imperméabilité à l’eau et aux agents agressifs,
Coefficient de dilatation thermique et de module d’élasticité dynamique équivalent au
béton support,
Bonne protection des aciers.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
2) Inhibiteurs de corrosion
Par définition, un inhibiteur de corrosion est un composé chimique qui, ajouté en faible
concentration au milieu corrosif, ralentit ou arrête le processus de corrosion d'un métal
placé dans ce milieu.
Ses fonctions essentielles sont les suivantes :
• Pénétrer une couche de béton très hétérogène par nature (variations de compacité) ,
• Abaisser la vitesse de corrosion du métal, sans en affecter ses propriétés (Résistance de
l’armature) ,
• Compatible à la température d'utilisation ,
• Efficace à la concentration recommandée ,
• Non toxique.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
3) Revêtement de surface
La mise en peinture des ouvrages de génie civil en béton a pour principaux objectifs :
Améliorer l’esthétique de l’ouvrage, par la mise en couleur ou la création de motifs
décoratifs, en vue de lui donner un aspect particulier, ou d’homogénéiser, lorsque
nécessaire, la teinte de ses parements ,
Protection du support vis-à-vis de l’environnement. Les produits de revêtement sur
béton doivent en effet empêcher l’eau et ses éléments agressifs de pénétrer dans le
béton ,
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
3) Revêtement de surface
Correction des défauts de surface (porosité, fissures) ,
Contribuer à la protection du béton : la mise en place d’un système de peinture en couche
mince, dans la mesure où il apporte une amélioration de l’imperméabilité du support
peut permettre de ralentir la pénétration de l’humidité extérieure et des agents
agressifs et d’améliorer ainsi la durabilité du béton en arrêtant le processus de la
corrosion.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
Un béton projeté est constitué d’un mélange de granulats, de ciment et d’eau avec parfois
des ajouts, projeté grâce à de l’air comprimé, sur une paroi. Technique employée
quand le moulage du béton est impossible.
Utilisé pour :
Remplissage de zones de béton dégradés;
Augmentation de la section résistante de béton;
Enrobage d’armatures nouvelles de renforcement…
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
Il faut distinguer deux techniques de projection, suivant le moment d’introduction de l’eau
dans la chaîne :
• Par voie sèche : l’eau est introduite au niveau du lancement ,
• Par voie humide : l’eau est introduite au moment du malaxage du béton.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.1) Béton projeté par voie sèche
Avantages
Les avantages du béton projeté par voie sèche sont les suivants :
Grande souplesse d’utilisation : il est facile d’arrêter le travail et de redémarrer sans avoir à
se livrer à des nettoyages fastidieux,
Grandes distances de transport : il est possible d’installer la machine à projeter à quelques
centaines de mètres du lieu de travail.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.1) Béton projeté par voie sèche
Avantages
Possibilité de projeter de fortes épaisseurs en une seule couche même sans accélérateur,
Résistances élevées : l’effet de compaction exercé par les graviers projetés à grande vitesse
et le faible E/C tendent à améliorer les résistances,
Obtention aisée de béton à hautes performances,
Robotisation possible pour augmenter les cadences et les conditions de travail.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.1) Béton projeté par voie sèche
Domaines d’emploi
Ils sont les suivants :
Réparation et renforcement de structure,
Réalisation de voiles minces avec armatures,
Projection immédiate de terrain avec activité discontinue et volume restreint,
Projection en falaise,
Rénovation d’ouvrages souterrains, etc.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.1) Béton projeté par voie sèche
Inconvénients
Une capacité de production limitée,
Un dégagement de poussière, à la machine et à la lance (Pouvant être réduit en
humidifiant le granulat),
Un risque de détérioration des supports fragiles, etc.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.2) Béton projeté par voie humide
Avantages
Les avantages du béton projeté par voie humide sont les suivants :
Capacité de production élevée, atteignant le double ou le triple de la voie sèche,
Diminution des poussières, améliorant les conditions de travail,
Composition du béton en place homogène dans l’épaisseur de la couche,
Robotisation, améliorant les conditions de travail. Robotisation possible pour augmenter les
cadences et les conditions de travail.
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.2) Béton projeté par voie humide
Domaines d’emploi
Ils sont les suivants :
Travaux en espace confiné,
Soutènement en tunnel nécessitant des cadences importantes de projection,
Projection sur support fragile, etc.,
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.2) Béton projeté par voie humide
Inconvénients
Moins de souplesse ;
Formulation exigeant une mise au point rigoureuse (fluidité, stabilisation, etc) et une
régularité de la consistance,
Transfert sur de grandes distances difficile,
Des adjuvants raidisseurs ou accélérateurs obligatoires pour compenser la fluidité et la
stabilisation du béton projeté,
Chapitre 5: Corrosion
VI) Les méthodes de traitement
4) Renforcement de structure en BA « Béton projeté »
4.2) Béton projeté par voie humide
Inconvénients
L’usage recommandé d’un stabilisateur pour permettre un temps d’utilisation suffisant
du béton gâché pour minimiser les nettoyages lors des arrêts ponctuels de la
machine à projeter,
Un compactage et une adhérence plus faible,
La nécessité d’un dosage initial en ciment élevé (minimum 400kg/m3) pouvant
entraîner des retraits importants.