INSTITUT D’ECONOMIE DOUANIÈRE ET FISCALE (IEDF)
COURS DE
MACROÉCONOMIE
Dr AHMINE CHAFFIR
Email: [email protected]
Année 2020
Rappel:
⮚ La macroéconomie est l’étude de l’économie dans son ensemble tant
dans les faits (description) que dans son analyse théorique
(compréhension).
⮚ C’est la discipline de la science économique qui traite de l'agrégation
des comportements de l'ensemble des agents économiques sur une
zone géographique donnée, telle qu'un pays. Cela permet de
construire des indicateurs macroéconomiques tels que l'inflation, le
chômage ou la croissance qui permettent aux gouvernements de
mettre en œuvre leur politique économique.
⮚ Le Keynésianisme (milieu 20ème siècle), fondé par J.M. Keynes, est le
courant de pensée économique qui est à l’origine de la macro
économie contemporaine.
Rappel:
La démarche de la macroéconomie peut être résumée en quatre
étapes :
1. La recherche des principales variables déterminantes des agrégats
macroéconomiques, élaborés et mesurés par la Comptabilité Nationale
(production nationale, revenu national, consommation, épargne, investissement,
emploi global, niveau général des prix, …)
2. L’étude des relations stables (donc faire ressortir des lois) entre ces agrégats :
Existe t-il une relation stable entre la consommation et le revenu par exemple ?
3. L’analyse des causes et des origines des principaux déséquilibres
macroéconomiques : surproduction, chômage, inflation et déséquilibres
externes…
4. L’apport des solutions à ces problèmes par la mise en œuvre de politiques
économiques conjoncturelles efficaces (politiques budgétaires, politiques
monétaires, politiques de change…).
Rappel:
1. Les agents économiques
Pour décrire l’activité économique, on regroupe les flux autour d’un certain
nombre de pôles ou centre de décision : il s’agit des agents économiques.
Les agents économiques sont nommés aussi unités institutionnelles,
regroupées en secteurs institutionnels qui réalisent des opérations
économiques et engendrent des flux réels (physiques) ou monétaires.
Un agent économique est un regroupement homogène d’unité économique.
La comptabilité nationale propose de distinguer cinq secteurs institutionnels
selon deux critères de base:
✔ Nature des agents composants le secteur
✔ Leur fonction économique principale
Rappel:
Les agents économiques, leurs nature et leurs fonctions principales
Les secteurs Nature des agents composants le Fonctions économiques principales
institutionnels secteur
1. Les Sociétés
(ou entreprises) ▪ Entreprises publiques et privés ▪ Production de biens et services marchands et
non financières non financiers
▪ Elles distribues des revenus en achetant les
facteurs de production nécessaire a son activité
économique.
2. Les ménages ▪ Familles, célibataires, casernes..
▪ Entrepreneurs individuels ▪ la consommation finale des biens et services
(qui disposent de ressources en + Epargne
communs et d’un centre de décision
économique unique)
3. Les sociétés
(institutions) ▪ Banques, caisses d’épargnes, autres ▪ financement de l’économie: Un triple rôle:
financières institutions de crédits ▪ récolter l’épargne
▪ Organismes d’assurance… ▪ accorder des crédits
▪ création de monnaie et autres produits
financiers comme les actions, les obligations,
les bons du Trésor,…
+ les assurances
Rappel:
Les agents économiques, leurs nature et leurs fonctions principales
Les secteurs Nature des agents Fonctions économiques principales
institutionnels composants le secteur
4. Les ▪ les Administrations centrales ▪ Production de biens et services non
administrations (l’Etat, la Sécurité sociale) et les marchands
publiques Administration locales (Wilayas, ▪ redistributions des revenus et des richesses
Daïras et Communes) nationales
(Elles remplissent cette fonction en procédant
à des prélèvements obligatoires (taxes, impôts,
cotisations sociales)
5. Le reste du monde ▪ On regroupe sous ce terme tous ▪ Toutes les opérations économiques avec
les agents situés dans un pays l’étranger, il s’agit en fait:
étranger (non résidents) et qui
ont des relations monétaires avec ⮚ Des importations qui viennent
les agents économiques de accroître l'offre de biens sur le
l'intérieur (résidents). marché national.
⮚ Des exportations qui ont l’effet
inverse; ils vont accroître l'offre de
biens sur le marché extérieur.
Rappel:
Le système des comptes économiques algérien identifie quatre secteur
institutionnels et un quasi-secteur:
Il s’agit des secteurs:
1. Sociétés et Quasi-Sociétés non financières (SQS): il s’agit des entreprises publiques et les
entreprises privées de plus de 10 salariés et qui ont pour fonction principale la production
de biens et de services marchands non financiers et dont les ressources proviennent de
leurs ventes;
2. Ménages et Entreprises Individuelles (MEI): Ce secteur institutionnel se compose donc de
deux sous secteurs:
⮚ Les ménages qui ont pour fonction la consommation et dont leurs ressources proviennent
de la rémunération de leur travail et éventuellement des transferts;
⮚ Les Entreprises Individuelles (EI). La fonction principale des EI est la production de
biens et de services marchands non financiers et leurs principales ressources proviennent
de leurs ventes. Par convention, nous considérons comme entreprises individuelles toutes
les entreprises privées de moins de dix (10) salariés ne disposant pas de comptabilité
complète.
3. Institutions financières (I.F)
4. Administrations publiques (A.P)
5. Du reste du monde (R.D.M)
Rappel:
2. Les opérations des agents économiques:
Les opérations économiques comportent trois types d’opérations :
• Les différentes catégories d’opérations
• Les opérations sur biens et services
• Elles décrivent l’origine des biens et services disponibles sur le marché national: Ressources
(production + importation), ainsi que les différentes utilisation qui en sont faites: Emplois
(consommation, investissement…).
• Les opérations de répartition
• Elles décrivent la formation du revenu des agents (distribution et redistribution). Elles montrent ainsi
comment les revenus circulent entre les agents économique .
• Les opérations financières
• Elles sont relatives à la création et à la circulation des moyens de paiements indispensables dans une
économie, elles montrent ainsi la manière dont les agents se sont financés.
Rappel:
A.Les opérations sur biens et services
(ou circuit de la production) :
Comprennent:
▪ Les opérations de création des ressources dont dispose l’économie
nationale: ressources (la production PIB et les importations M)
▪ et Les opérations résultant de l’utilisation: emplois des biens et services:
⮚ consommation finale(CF),
⮚ consommation intermédiaire(CI),
⮚ formation brute de capital fixe(FBCF) appelée aussi
investissement(I),
⮚ variation des stocks(VS),
⮚ et exportations (X).
Rappel:
Les opérations sur biens et
service et l’équilibre emploi -
ressources
Les ressources disponibles Les emplois des ressources
pour l’économie disponibles
La La formation
Les consommation Les
importations Les brute du La variation exportations
La finale capital fixe
(M) consommations de stocks (X)
production (CF)
Mise à la intermédiaires (FBCF) (VS)
(PIB) Valeur des Valeur des
disposition de (CI) Valeurs des
Activité de l’économie biens et services biens et
biens durables services
création de nationale de Valeur des biens sortant du (bâtiments, Valeur du produits par
biens et biens et services et services processus de
réintroduits dans
matériel..) stockage ou l’économie
services produits par le production et utilisés dans le
reste du le processus de servant à la du nationale et
processus de déstockage mis à la
monde production pour satisfaction des production de l’année disposition
produire d’autres besoins pour une de biens du reste du
biens et services individuels (des durée monde
ménages et des supérieur à 1
produits
administrations an
)
Rappel:
❑ L’équilibre des opérations sur biens et services:
Il est résumé par l’égalité macroéconomique suivante:
P + M = CI + CF + FBCF + ∆S + X
Ou encore :
P = CI + CF + FBCF + ∆S + (X-M),
où (X – M) représente le solde commercial de la
nation.
Cette égalité signifie que chaque produit possède forcément une origine ; c’est
un produit de l’économie nationale ou une importation et une destination:
consommation, investissement, stockage ou exportation.
Rappel:
B. Les opérations de répartition (ou circuit du revenu)
Elles Concernent:
⮚ La distribution ou répartition primaire: elle est directement liée à la
production et répartis entre:
✔Les salariés (Revenus du travail: Les salaires)
✔ et Les propriétaires (Revenus du capital ou de la propriété : profit,
rente, intérêt...)
⇨ La partie non consommée du revenu constitue l’épargne:
Epargne = Revenu disponible – Consommation
Rappel:
⮚ la redistribution ou répartition secondaire:
Elle est assurée par les administrations publiques (État et
organismes de sécurité sociale) qui prélèvent des impôts,
des taxes et des cotisations (sociales) pour ensuite les
répartir sous forme de transferts sociaux afin de corriger
l’inégalité des revenus résultant de la répartition primaire.
l’objectif principal de la redistribution est de corriger les
inégalités sociales en augmentant les revenus des ménages
défavorisés et en mettant des services collectifs (santé,
éducation, sûreté…) à la disposition de tous.
Rappel:
C. Les opérations de financement de l’économie
(ou circuit financier):
Elle portent sur les créances et les dettes des différents agents économiques.
Les opérations financières décrivent le circuit financier sous l’aspect du règlement des
transactions, de la collecte de l’épargne et du financement des agents économiques.
On distingue ainsi:
Les instruments Les instruments Les instruments
de paiement de placement de financement
Ils représentent
Immédiatement les créances nées
disponible, ils Ils sont
d’un accord
permettent de régler principalement
personnalisé
toute transaction; ils représenter par
entre un
comprennent la les dépôts non
créancier et un
monnaie (pièces, monétaires
débiteur. On
billets, dépôts à vue) (dépôts à terme,
distingue les
et les moyens de obligations,
crédits à court
payement actons…)
terme à moyen et
internationaux. long terme.
Rappel:
3. Les agrégats macroéconomiques:
On mesure l’activité économique d’une nation, durant une période (une année en
général), à l’aide de concepts appelés agrégats macroéconomiques (Appelées aussi
agrégats de la comptabilité national).
Un agrégat est un indicateur global (ou une grandeur synthétique) qui permet de
mesurer l’activité économique: la production, l’investissement, le revenu…etc.
A. Le produit intérieur brut (PIB): Le PIB mesure la richesse crée par tous
les agents économiques résidents sur le territoire national pendant une
période déterminée (généralement une année).
❑ Les méthodes de calcul du PIB: Le PIB peut être mesuré par la
production, les revenus ou les dépenses.
On distingue ainsi, Trois grandes approches:
Rappel:
❖ Le PIB optique production:
Le PIB = ∑ VA + TVA + DT/M
Evolution du produit intérieur brut optique dépenses:
Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Le PIB de l’Algérie (optique production)
Des années 2015, 2016, 2017: (Source ONS)
2015 2016 2017
Agriculture 1935.1 2140.3 2281.8
Hydrocarbures 3134.2 3025.6 3660.0
Industrie hors hydrocarbures 919.4 989.7 1062.0
B.T.P. y compris T.P. Pétroliers 1917.2 2072.9 2202.8
Services 4553.1 4841.3 4867.1
Sommes des valeurs ajoutées 12459.0 13069.9 14073.7
Droits de Douane +TVA 1353.7 1395.6 1455.9
Le P.I.B 16712.7 17525.1 18594.1
Rappel:
❖ Le PIB optique dépenses:
PIB = CF + FBCF + VS + Exportions - Importations
Evolution du produit intérieur brut optique dépenses:
Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Rappel:
❖ Le PIB optique Revenu:
Le PIB = RS + CCF + Impôts Indirects nets de subventions + ENE
Evolution du produit intérieur brut optique Revenu:
Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Rappel:
Intérêt et limites du PIB:
⮚ Le PIB permet de calculer le taux de croissance économique d’un pays.
⮚ Il représente la valeur du marché de tous les biens et services servant à la
consommation finale, produits dans un pays durant une période donnée.
⮚ Il donne une idée sur la richesse d’un pays,
⮚ Beaucoup d’indicateurs de structures et de performance sont déterminés
par rapport au niveau du PIB :
Exemple:
▪ Le taux d’investissement : rapport de l’Investissement brut et du PIB
▪ Le taux d’épargne intérieure: rapport de l’épargne intérieure et du PIB
▪ Le taux de déficit commercial « déficit de ressources »: rapport de la
différence Importations –Exportations et du PIB
▪ Le degré d’ouverture de l’économie: [(importations +exportations)/2]/ PIB
▪ Le taux de pression fiscale: rapport impôts directs et indirects et du PIB.
Rappel:
En revanche, le PIB soulève des limites, telles que:
⮚ Il sous estime la production du pays (la richesse nationale):
▪ De façon générale le secteur informel et l’économie souterraine sont ignorés dans
l’évaluation de cet agrégats,
▪ Le calcul du PIB ne tient pas compte des transactions productives effectuées hors du
marche (Ex: travail domestique non rémunéré telles que les services rendus par les
femmes au foyer ou les travaux effectues pendant les heures de loisir, ou encore toutes
activités bénévoles…).
⮚ Il ne tient pas compte des inégalités sociales (PIB par habitant ou par tête)
⮚ Le PIB ne tient pas compte des effets néfastes sur l'environnement (la pollution
sous toutes ses formes) et des couts économiques pour L’économie (dégradation
des forets, effets nocifs sur la sante, problème d'eau potable...).
⮚ Le calcul d’un PIB en volume est délicat puisqu’il fait ressortir le problème de
l’élimination des hausses de prix, alors que les produits peuvent avoir changé
d’une année à l’autre.
Rappel:
B. Le Revenu National
C’est l’ensemble des revenus perçus par les agents économiques
nationaux en raison de leur participation à la production.
Il existe 3 grandes sources de revenus:
⮚ Les salaires (S) que perçoivent les travailleurs
⮚ Les profits (P) que réalisent les entreprises
⮚ Les rentes (R) que reçoivent les propriétaires
Toute autre forme de revenu en dérive.
RN = Profits + Rentes + Salaires + Autres revenus
Rappel:
C. la Dépense Nationale
Elle est la somme des dépenses effectuées par tous les agents
économiques au cours d'une année, Ou encore l’ensemble des emplois,
des biens et services effectués par les agents économiques au cours de
l’année. En distingue dans cet agrégat:
❑ La dépense nationale brute (DNB) ; c’est le PIB diminué des
importations.
DNB = CF + FBCF + variation des stocks + X – M
❑ La dépense nationale nette (DNN) : c’est la dépense nationale brute
diminuée des amortissements.
DNN = DNB – amortissements.
Rappel:
4. Le circuit économique:
A. Définition:
Le circuit économique est une représentation imagée et
simplifiée de l'activité économique qui permet de décrire
via un ensemble de flux, les relations essentielles entre les
agents économiques (Ménages, Etat, RDM , Entreprises...).
De telles relations peuvent être traduites ou représentées
par l’équilibre emplois-ressources des agents:
▪ Ressources = Offre globale = Production nationale +
Importations
▪ Emplois = Demande globale = Consommation +
Investissement + Exportations
Rappel:
B.La représentation du circuit économique:
a.Circuit en économie fermée:
i. Le circuit économique simplifié (Circuit à deux agents):
C’est un circuit qui représente une économie avec deux catégories d’agents
économiques: les ménages et les entreprises non financières.
Les flux entre ces deux catégories d’agents seraient les suivants:
⮚ Les ménages fournissent aux entreprises des biens et services productifs
(travail, terre…) et celles–ci leur livrent des biens et services: ce sont des
flux réels.
⮚ Les entreprises versent des revenus aux ménages qui les utilisent pour
régler le montants de leurs achats: ce sont des flux monétaires.
Rappel:
La circulation des biens et services et de monnaie peut être représenter
de la façon suivante:
Rappel:
ii. Circuit d’ensemble de l’économie nationale:
Ce circuit (complet) traduit le fonctionnement du système dans son ensemble.
Ainsi Lorsque l’on passe d’une économie à deux agents à l’ensemble de l’économie nationale, le
circuit se complexifie quelque peu par l’intégration des Institutions Financières et des
Administrations.
⮚Le rôle des Institutions Financières consiste à servir d’intermédiaire financier entre les
entreprises et les ménages. Elles interviennent sur deux grandes variables économiques:
l’investissement et l’épargne.
⮚Les entreprises peuvent financer leurs investissements par l’autofinancement (amortissement
plus bénéfice non distribué), mais également par le recours au crédit (dans ce cas l’entreprise
devra verser des intérêts aux banques) ou encore grâce au marché financier (émissions de titres :
actions, obligations).
⮚Les ménages peuvent utiliser leur épargne pour acquérir des actifs monétaires (billets, pièces,
dépôts à terme), des actifs financiers (titres émis sur le marché financier par les entreprises) ou
encore des actifs réels (or, argent, immeubles...). L’épargne des ménages est généralement
rémunérée sous forme d’intérêts par les banques.
⮚Les administrations telles que l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité Sociale, financent leurs
Dépenses Publiques (DP) grâce aux prélèvements obligatoires (Fiscalité, Cotisations Sociales) qui
touchent les ménages et les entreprises.
Rappel:
Le circuit d’ensemble de l’économie nationale peut être représenter
de la façon suivante:
Rappel:
a. Circuit en économie ouverte:
En économie ouverte, il faut introduire le reste du monde.
En quoi consistent les principaux flux entre une économie nationale et le
reste du monde?
⮚ Les ménages reçoivent des revenus en provenance des entreprises
résidentes mais aussi de l’extérieur, aussi leurs achats de biens et
services ou de titres sont réalisés pour partie auprès du reste du
monde.
⮚ Les entreprises résidentes effectuent des achats à l’étranger et
produisent aussi bien pour la marché intérieur que pour l’exportation.
⮚ Enfin les marchés financiers internationaux se développent, de même
que les activités de collecte et de prêt des institutions financières.
Rappel:
On peut représenter les principaux flux entre agents résidents
et non résidents de la façon suivante:
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
1. La croissance économique, les indicateurs et les facteurs :
La croissance économique peut se définir comme « un accroissement durable de sa
dimension, accompagné de changements de structure et conduisant à l’amélioration
du niveau de vie ».
Elle peut être défini aussi comme « Une augmentation soutenue pendant une
période longue de la production de biens et services. Elle peut être mesurée par le
taux de croissance en volume du PIB sur du long terme ».
A. Les indicateurs de la croissance économique:
a. Les indicateurs de dimension et de structure:
Pour rendre compte du changement de dimension d’une économie, on a très
souvent recours à des agrégats permettant de mesurer l’évolution de l’ensemble des
productions tels que le PIB (Produit Intérieur Brut) ou le PNB (Produit National
Brut).
les économistes préfèrent utiliser le PIB en volume comme indicateur de la
croissance. Le taux de croissance se définit alors comme la variation relative du PIB
en volume d’une année sur l’autre .
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Pour rendre compte d’une modification des structures d’une économie, on
retiendra que la croissance économique s’accompagne très souvent d’une
nouvelle répartition des activités par secteur et par région.
Ainsi, même un taux de croissance élevé du PIB peut cacher la baisse de certaines
productions et le déclin de certaines régions.
• Evolution de la structure économique au cours de la croissance
• Nouvelle répartition sectorielle des activités
• On constate que les parts relatives de la production agricole, industrielle, de
services marchands ou non marchands dans le PIB évoluent régulièrement.
• Le calcul de la production agricole, industrielle, de services... Permet de rendre
compte de cette évolution.
• Nouvelle répartition géographique des activités
• la répartition des activités entre la ville et la campagne,, entre les régions elles-
mêmes, évolue.
• Le calcul du PIB par région et de son taux de croissance permet ainsi d’indiquer
l’évolution des déséquilibres régionaux.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
b. Les indicateurs de progrès économique:
Parmi les indicateurs économiques les plus important pour apprécier
le niveau de vie d’un pays, on peut rapporter:
✔Le PIB à la population totale, on obtient ainsi le produit par tête (ou
encore revenu moyen par habitant).
✔Le PIB à la population active occupée on obtient de cette façon la
productivité moyenne du travail.
Mais, L’augmentation du PIB par tête n’est pas toujours synonyme de
progrès. Elle peut en effet s’accompagner d’une dégradation des
conditions de vie (pollution, dégradation de l’environnement,...), des
équipements collectifs ou encore d’une aggravation des inégalités et de
l’exclusion.
C’est pourquoi, le programme des Nations Unis pour le
développement calcule depuis 1990, un Indicateur pour le
Développement Humain (IDH). Ce dernier prend compte les facteurs
suivants:
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
• L’IDH prend en compte trois série de facteurs
• le niveau de santé
• représenté par le niveau d’espérance de vie
• le niveau d’éducation
• appréhendé par le taux d’alphabétisation et le nombre moyen d’années d’études
• le niveau de revenu moyen
• obtenu à partir du PIB par habitant corrigé par la non-prise en
• compte des revenus les plus élevés...
B. L’influence respective des différents facteurs de la croissance:
a. L’utilisation des fonctions de production:
Comme vous le savez, la production d’une entreprise est réalisée grâce à un
certains facteurs de production (Capital et Travail notamment): La quantité
produite (Y) est fonction des quantité de facteurs travail (L) et de capital (K)
utilisées, selon la relation suivante:
Y= f(K,L)
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
En transposant cette analyse microéconomique sur le plan macroéconomique, certains
économistes on mesuré les variations sur une langue période des quantités et de la
qualité des facteurs utilisées afin de pouvoir calculer (à l’aide d’une fonction de
production) l’augmentation du PIB que de telles variations auraient dû produire.
La mesure de la variation de la quantité et de la qualité des facteurs exige que soient
prises en compte de nombreuses variables:
• Mesure de la variation des quantités et de la qualité des facteurs
• Facteur travail:
• - Les variation de la quantité de travail résultent:
• - des de la populations active occupée;
• - des migrations intersectorielles de la main-d’œuvre;
• - des variations de la durée du travail;
• - Les variation de la qualité du travail sont liées à:
• - l’âge moyen;
• - le niveau d’instruction;
• - l’intensité du travail
• Facteur capital:
• - Les variation de la quantité de capital résultent:
• - des variations de stock de capital
• - des variations des taux d’utilisation (capital en activité par rapport au capital total)
• - des variations de la durée d’utilisation du capital (C, M ou long terme)
• - des variations de la qualité du capital sont liées à son âge.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Les économistes considèrent que même en tenant compte des quantités
des facteurs utilisés et de leurs qualités, une partie de la croissance reste
inexpliquée, c’est ce qu’ils appellent: le résidu inexpliqué.
b. L’importance du progrès technique et organisationel:
Résidu inexpliqué peut s’expliqué par un phénomène connu en économie
qui est: les économie d’échelle qui s’observe dans de nombreuses
branches (automobile, aéronautique, électronique…)
La production
Réalisation de la
augmente plus
production sur Baisse du coût
vite que les
une plus grande unitaire
quantités de
échelle
facteurs
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Pour l’essentiel, le facteur résiduel de la croissance économique est lié à
l’existence du progrès technique que l’on peut définir au sens large comme
le progrès technologique mais aussi le progrès en matière d’organisation:
• Le progrès technique
• Le progrès technologique
• - La mise au point de produit nouveaux:
• - pour la consommation intermédiaire
• - pour la consommation finale
• - l’utilisation de nouveaux procédés de fabrication
• Le progrès dans l’organisation
• - Du système productif dans son ensemble:
• - orientation
• - spécialisation
• - De l’entreprise:
• - la gestion
• - L’organisation du travail
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Le rôle du progrès technique dans la croissance :
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
c. La théorie de la croissance endogène:
Pour les tenants de la théorie de la croissance endogène, le progrès technique ne
tombe pas du ciel. La croissance est ainsi assimilée à un phénomène autoentretenu
par accumulation de quatre facteurs principaux : la technologie, le capital
physique, le capital humain et le capital public. Le rythme d’accumulation de ces
variables dépend de choix économiques, c’est pourquoi on parle de théories de la
croissance endogène.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
d. Le rôle des institutions:
Selon Douglas North, les institutions désignent les règles, qu’elles soient formelles ou
informelles, qui régissent les interactions (relations) humaines.
Les penseurs de l’école Institutionnelle considèrent que la qualité des institutions
incite les agents à adopter des comportements favorables à la croissance. Cette
dernière dépend de la qualité de la gestion des affaires publiques (poids de la
réglementation, existence d’un état de droit et absence de corruption), de la
protection des droits de propriété et des limites imposées aux dirigeants politiques.
Les bonnes institutions, en alimentant notamment la confiance, stimulent, le travail,
l’investissement, les échanges et le progrès technique.
Pour le auteurs de cette école, La corruption est tout particulièrement nuisible à la
croissance économique. D’une part, elle réduit la confiance des agents et accroît
l’incertitude à laquelle ces derniers font, D’autre part, les agents devront s’acquitter
de pots-de-vin, c’est-à-dire sacrifier de l’argent, du temps et d’autres ressources
qu’ils auraient pu utiliser pour consommer, produire, investir, innover, etc.
Le risque est qu’une petite minorité dirigeante contrôle le pays et détourne une large
part des richesses, à son propre profit.
Dans tous les cas, il y a un gaspillage des ressources. L’Etat lui-même perd des
recettes qu’il aurait pu utiliser pour améliorer les infrastructures, les services
publics, etc.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
2. Les fluctuations rythment la croissance économique:
l'activité économique n'est pas linéaire: elle s’effectue à un rythme variable, parfois
même elle s’interrompt et le PIB peut diminuer d’un période à une autre.
Les économistes contemporains désignent par fluctuation économique : l’ensemble des
mouvements de ralentissement ou d’accélération du rythme de la croissance
économique.
Le repérage des fluctuations s’opère grâce à des séries statistiques qui portent sur le
volume de la production, les prix, le chômage, le niveau des stocks, les carnets de
commande des entreprises, etc.
Cependant, il faut distinguer entre:
❑ Les mouvements d’expansion et de récession qui ne dure que quelques mois ou
quelques année, que l’on peut désigner sous le nom de fluctuations conjoncturelles.
❑ Les fluctuations de langue période qui sont ponctuées de grandes crises du type de
celle de 1929 ou de 2008.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
A. Les fluctuations conjoncturelles:
De nombreux économistes ont insisté sur la régularité que semblent
marquer les fluctuations économiques, régularité qui conduit à l’idée de
cycles dans les mouvements économiques.
On parle de cycle économique lorsque les fluctuations se reproduisent à
intervalle régulier.
Les cycles peuvent être périodiques (ex: les ventes de certain produits
augmentent à l’approche des périodes des fêtes), ou saisonniers (ex: les
cycles agricoles), ou encore de cycles qui affectent l’ensemble de
l’économie à cours terme tel que les cycles de Kitchin ou à moyen terme
tel ceux de Juglar:
a. Cycles de Kitchin: c’est des cycles court de 40 mois en moyenne
appelées aussi cycles mineurs, découvert par Kitchin en 1923 et qui
s’explique par la variation des stocks des entreprises: hausse en
période d’expansion, baisse en période de récession.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
b. Le cycle Juglar:
C’est un cycle d’une durée moyenne de 8,5 ans (entre 6 et 10 ans) appelé aussi cycle
majeur, mis au point par l’économiste Clément Juglar en 1862.
Juglar montra que l’activité économique est constituée d’une succession de phases :
l’expansion, la crise, la dépression et la reprise, qui s’expliquent par les facilités de
crédit accordé aux entreprises par les banques en période d’expansion provoquant un
surinvestissement.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
B. Les fluctuations de langue durée ou les crises:
L’analyse des rythmes longs de l’économie est le plus souvent menée en termes de mutations
technologiques ou mutations du système économique.
a. Les cycles longs « Kondratiev »:
En 1922 que l’économiste N.D Kondratiev met en évidence l’existence de mouvements longs et
concordants des prix et de la production (cycle d’une durée moyenne de 50 ans environ). A ces
variations de prix correspondaient des variations de même sens des profits et de l’activité
économique. Schumpeter a désigné ces ondes longues du nom de « cycle kondratiev » ou plus
simplement de Kondratiev.
Le cycles de Kondratieff de 50 ans se déroule en 2 phases:
⮚ Une phase « A » ascendante de croissance d’environ 25 ans, liée à la mise en œuvre d’une ou
de plusieurs grandes innovations : exemple de la machine à vapeur (1780 - 1810/1817), du
chemin de fer et de l’acier (1844/1851), (1870/1875), de l’électricité, du moteur thermique et
de la chimie (1890/1896), (1914/1920). Les innovations majeures donnent naissance à des
branches motrices, elles sont à l’origine de vagues d’innovations ou de grappes
d’innovations qui sont copiées par les entrepreneurs en dehors même des branches
d’origine. Elles sont en effet l’occasion de profits supplémentaires et elles déclenchent de
nombreux investissements.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
⮚ Suivie d’une phase « B » descendante de dépression de la même durée, qui
succède à la phase ascendante lorsque les branches motrices liées aux
innovations principales arrivent à maturité ou entrent en déclin et lorsqu’il
n’y a plus de possibilités nouvelles d’exploitation de ces innovations.
Il n’y a donc au cours de ces phases une raréfaction des occasions
d’investissement et de profit tandis que la concurrence entre les entreprises se
fait de plus en plus destructrice.
trois Kondratiev ont été ainsi repérés dans l’histoire du capitalisme jusqu’à
la seconde guerre mondiale :
PHASE A PHASE B
1er Cycle 1789/1793 1816
1816 1847
2e Cycle 1847 1873/1874
1873/1874 1896
3e Cycle 1896 1920
1920 1945/1945
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Les spécialistes distinguent trois révolutions industrielles:
Energies Inventions Industries Transport/ Organisation
communication de la
production
1 ère Charbon Machine Sidérurgie, Chemin de Machine
révolution coke à vapeur textile Fer usine
Industrielle Machine à télégraphe
Fin du 18ème tisser
siècle
2ème Pétrole Moteur à Pétrochimie Automobile (ost)
révolution électricité explosion électrique Avion Taylorisme/
Industrielle Lampe téléphone fordisme
Fin du 19ème
siècle
3ème Energie Numérique Ordinateur Conteneur Toyotisme
révolution renouvelable 0.4 Informatique internet
Industrielle Téléphonie Flexibilité
Fin du 20 ème
mobile
siècle
innovations
en finance
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
3. panorama des crises économiques:
Périodes Caractéristiques Mécanismes
Précapitalisme Crises de sous- Un choc exogène comme une mauvaise récolte engendre une sous-production
agricole et une forte hausse des prix. La spéculation donc dans notre exemple, le
(Avant 1500) production stockage du blé dans l’attente de la hausse des prix, la faiblesse des moyens de
(crises agricoles) transports aggrave la crise. La baisse du pouvoir d’achat se répercute dans les
secteurs artisanaux et industriels.
première moitié crises mixtes Si la crise naît dans le secteur agricole, elle a des conséquences plus marquées
sur le secteur industriel, qui s’est développé avec la 1 ère Révolution industrielle.
du XIX siècle
Capitalisme crises de surproduction La crise naît dans le secteur industriel souvent dans des secteurs exigeant de
lourds investissements comme les chemins de fer. Les facilités de crédit et la
industrielle hausse des valeurs mobilières provoquent un surinvestissement. L’effondrement
des valeurs mobilières provoquent le retournement du cycle.
La grande crise de surproduction L’ampleur de la crise, sa brutalité et sa durée ont marqué le monde
contemporain. Elle débute par le jeudi noir aux EU : le krach boursier. Elle se
dépression industrielle et crise propage dans le monde entier par les flux de capitaux et le commerce
1929-1939 structurelle. international. La crise est en outre structurelle si bien qu’elle implique une
transformation du système capitaliste et l’instauration d’un Etat providence
pour renouer avec la croissance.
1973-1974 et Crise Les fortes hausses du prix du pétrole engendrent une accélération de l’inflation,
un net ralentissement de la croissance, une montée du chômage. C’est la
1979-1980 multidimensionnelle stagflation. S’ouvre une période de croissance plus faible que celle des 30
glorieuses dans les pays développés.
A partir des crises financières et A partir des 80s, la libéralisation financière, la constitution d’un marché
financier mondial s’accompagnent d’une série de crises financières récurrentes
années 80. crises systémiques ? dont la dernière est celle des subprimes de 2008-2009. Ces crises posent la
question de la régulation financière.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
4. L’interprétation théorique des crises:
a. Crises d’Ancien Régime: crises de sous-production
Appelées aussi crises préindustrielles ou précapitalistes, elles sont des
crises de sous-production agricole liées aux conditions naturelles
(sécheresse, inondations, les parasites…) qui affectent les récoltes et
engendrent des pénuries alimentaires et provoquent la montée des prix,
les famines (disettes) et la surmortalité.
Les crises d’ancien régime s’expliquent par:
b. les conditions climatiques et les alias de la nature, ce qui marque la
dépendance de l’homme vis-à-vis de la nature vue la part très élevée
de l’agriculture dans l’activité économique;
c. Les faibles capacité de production et de stockage des richesses
produites;
d. Une incitation à la spéculation par les agents économiques ce qui tend
à aggraver la pénurie.
e. Les manipulations monétaires qui provoquent des dévaluations de la
monnaie et aggravent la hausse des prix
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
Les crises d’Ancien Régime:
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
b. Les crises modernes: crises de surproduction
Appelées aussi crises industrielles ou crises du capitalisme, elles ne sont pas des
crises d’offres, au contraire ce sont des crises ou l’appareil productif produit
une masse croissante de marchandises qui ne trouvent pas d’acheteurs, ce qui
provoque successivement une crise globale de surproduction.
Comment la théorie économique explique les crises modernes?
i. L’explication de l’école libérale:
Aux yeux des économistes de l’école classique qui dominent la pensée
économique de la première moitié du XIX siècle, les crises apparaissent
comme des accidents de nature conjoncturelle puisque les marchés
s’autorégulent automatiquement (la loi de Say).
Selon cette loi, L’offre crée sa propre demande car les revenus issus de la
production sont utilisés pour financer soit la demande des ménages
(consommation), soit la demande des entreprises (investissement). Il ne peut
donc y avoir de crise de surproduction, plus exactement, il ne peut pas y
avoir une production qui ne trouve pas de demande face à elle.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
La Loi des débouchées
• Production
• (offre)
Emploi •
• Distribution de revenus
• Profits
• Epargne
• + Demande D’investissements
• Salaires
• + Demande de consommation
• + Demande globale
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
A la fin du XIXe siècle, le courant dit marginaliste (l’école néoclassique: Stanley
Jevons, Carl Menger, Léon Walras) continuera à entretenir cette idée.
Ainsi, dans le modèle néoclassique, l’équilibre est automatique et la crise est
logiquement impossible. Les déséquilibres observés ne peuvent provenir que de
facteurs exogènes venant entraver le libre jeu de marchés supposés autorégulateurs.
D’où la condamnation par les économistes néoclassiques de la plupart des
interventions publiques.
En résumé, pour les économistes libéraux:
🡪 Les marchés s’autorégulent automatiquement et lorsque les conditions de la
concurrence sont respectées, l’allocation des ressources par le marché est
efficiente et la distribution des revenus est optimale;
🡪 Les crises sont des crises de l’offre dues à l’excès des coûts de production résultats
de salaires trop élevés ainsi que de charges sociales et fiscales trop lourdes.
🡪 Les déficits publics provoquent la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt. Les
décisions changeantes en matière de politique monétaire accentuent l’instabilité de
l’économie.
🡪 Les réglementations portant atteinte aux lois de la concurrence (salaire minimum
ou monopoles des services publics...) retardent les ajustements nécessaires.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
ii. L’explication de l’école Marxiste:
Pour les marxistes, Les crises sont le produit des contradictions
internes du capitalisme.
Karl Marx (Le Capital, 1867) considère que l’économie capitaliste est
condamnée en raison de ses contradictions internes : en voulant lutter
contre la baisse tendancielle du taux de profit, les capitalistes
accumulent du capital et renforcent la concurrence, ce qui paupérise
les membres du prolétariat tout en augmentant sa taille dans la
société; mais cette paupérisation et cette croissance du prolétariat
font pression à leur tour sur le taux de profit.
Les capitalistes peuvent apporter des réponses « momentanées » à la
baisse du taux de profit (par exemple en augmentant le surtravail).
Elles provoquent des cycles économiques et donc des crises
industrielles et financières. Mais ces réponses ne peuvent être que
temporaires tant les contradictions internes sont fortes :
le capitalisme est donc condamné à disparaître.
Marx et les crises du capitalisme
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
iii. L’explication de l’Ecole Keynésienne:
Pour J.M. Keynes, la crise (notamment celle de 1929) est une crise
d’insuffisance de la demande (globale), causée par le
disfonctionnement du marché qui n’arrive plus à assurer le plein
emploi des facteurs de production, ni une répartition équitable
des revenus, ce qui engendre un développement du chômage, une
baisse da la consommation, une crise de l’investissement et la
préférence des entreprises pour les placements financiers.
«Les deux vices marquants du monde économique ou nous
vivons sont le premier que le plein emploi n’y est pas assuré,
le second que la répartition de la fortune et du revenu y est
arbitraire et manque d’équité». J.M. Keynes
La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Ed. pbp, P.366
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
La crise selon J.M.Keynes:
une crise de demande effective
Dans la
littérature
keynésienne, la
demande
effective
désigne la
demande
globale
anticipée dans
une
économie.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
iv. L’explication de l’ecole Néolibérale: (depuis la fin des années 1970)
Pour les néolibéraux, l’économie de marché permet la meilleure
allocation possible des ressources, alors toute situation qui rompt les
mécanismes de l’allocation marchande provoque une crise, et il faut
se tourner du côté de l’intervention conjoncturelle de l’État pour
expliquer l’origine de la crise:
⮚ Hayek et Friedman s’appuient sur la notion de taux d’intérêt
naturel de Wicksell pour élaborer une théorie des crises. Celles ci
sont la conséquence des politiques monétaires expansionnistes
Keynésienne.
⮚ Jacques Rueff et Lionel Robbins considèrent que les crises sont la
conséquence d’institutions entravant la flexibilité des prix et le
rééquilibrage des marchés (l’intervention de l’Etat, et le poids des
syndicats..).
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques:
Inflation et chômage
L’inflation et le chômage sont les plus importants déséquilibres qui pèsent sur
toute économie.
1. L’inflation :
L’inflation est un processus durable de hausse cumulative et autoentretenue
du niveau général des prix:
⇨ Durable : processus qui s’étale sur plusieurs années (elle n’est pas un
phénomène conjoncturelle, ni saisonnier)
⇨ Auto-entretenue : effet de spirale des prix par la boucle prix des biens /
salaires (une hausse entraine une autre)
⇨ Niveau général des prix: phénomène global mesurer par l’indice
général des prix à la consommation qui tient compte de l’ensemble des
prix et du poids des articles dans le budget d’un ménage moyen.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
a. Le taux d’inflation :
Le taux d’accroissement du niveau des prix sur une année est appelé taux
d’inflation. Par exemple, s’il a été de 1,3 % en 2019, cela signifie que les prix des
biens et services ont augmenté de 1,3 % au cours de cette année:
Ce qui veut dire qu’au 31 décembre 2019, il fallait dépenser 101,3 unités
monétaires pour acheter un panier de biens qui valait 100 unités le 31 décembre
2018.
Le taux d’inflation est toutefois une moyenne : au cours d’une quelconque
période, les prix de certains biens et services diminuent, tandis que d’autres
augmentent.
b. Comment mesurer le taux d’inflation?
Il existe plusieurs manières de déterminer le taux d’inflation. La plus courante
consiste à utiliser les indices de prix. Les organismes de statistiques (l’ONS,
l’INSEE…) utilisent en l’occurrence l’indice des prix à la consommation (IPC). Ce
dernier indique le prix d’un panier de biens et services au cours d’une année
donnée. Il se calcule en référence à une année de référence (appelée « année de
base »), année au cours de laquelle il est égal à 100.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
Evolution de l’indice national des prix à la consommation
par groupe de produits en novembre 2019 selon l’ONS
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
L e s p r i n c i p a l e s C a r a c t e r i s t i q u e s d e l '' i n d i c e de l’ONS
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
c. Quelles sont les causes de l’inflation ?
i. L’explication monétariste:
La théorie quantitative de la monnaie présente l’inflation comme un
phénomène éminemment monétaire. D’après elle, si la vitesse de circulation de
la monnaie reste constante, un accroissement de la masse monétaire plus rapide
que celui de la production entraînera une hausse du niveau des prix.
Cette approche de l’inflation par la monnaie repose sur une vision dichotomique
de l’économie : la monnaie ne serait qu’un « voile », n’ayant aucune influence
sur les phénomènes réels.
Les monétaristes ont réactualisé l’approche en plaçant à la source de l’inflation
le laxisme des autorités monétaires. L’Etat serait incité à laisser filer l’inflation,
non seulement pour soutenir l’activité, mais aussi pour augmenter ses recettes et
alléger le poids de sa dette.
Mais, pour les monétaristes, si l’accroissement de la masse monétaire peut
effectivement stimuler l’activité économique à court terme, elle n’exercerait
toutefois à long terme aucun effet sur le produit réel, mais elle se traduirait par
un relèvement du niveau général des prix.
Le Monétarisme
Le monétarisme est un courant de pensée économique qui a été principalement supporté par
l’économiste Milton Friedman (1912-2006), chef de file de l’école de Chicago.
Ce courant a relancé la théorie quantitative de la monnaie. Dans le cadre de cette théorie, la
politique monétaire (injection ou rétrécissement de la masse monétaire) est un instrument
essentiel et important de la politique économique.
Le contrôle de la masse monétaire permet de contrôler l’inflation. La masse monétaire doit
progresser au même rythme que la production et la politique monétaire ne doit pas servir à
relancer la croissance.
les principes essentiels défendus par cette théorie :
⮚ L’inflation est toujours un phénomène monétaire. Cela signifie qu’une augmentation trop
rapide de la masse monétaire augmente les moyens de paiement qui sont mis en circulation et
donc favorise la hausse des prix, l’inflation. La lutte contre l’inflation doit primer sur la lutte
contre le chômage.
⮚ L’offre de monnaie est déterminée par la banque centrale (elle est donc exogène au système
économique). Les banques centrales doivent rester indépendantes des états.
⮚ les politiques conjoncturelles de relance ou de rigueur sont inutiles et il préconise des règles
de croissance fixe pour la masse monétaire. Il suppose que les agents économiques s’adaptent
en fonction des situations. On oppose souvent ce courant au keynésianisme.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
ii. L’explication keynésienne:
Dans une optique keynésienne, l’inflation peut résulter d’un excès de demande
globale qui se heurte à une offre rigide (L’inflation par la demande ), ou d’une
hausse des coûts de production (inflation par les coûts):
❑ L’inflation par la demande: les Keynésiens parlent de l’inflation par la
demande globale, si des accroissements de dépenses se heurtent à une offre
rigide.
Ces accroissements de dépenses peuvent trouver leurs origines dans:
✔ Une hausse trop rapide des revenus qui entraine une hausse de la
consommation des ménages,
✔ Une baisse de la propension à épargner, qui provoque une hausse de la
consommation des ménages et un recours au crédit des entreprises pour
financer l’investissement,
✔ Ou un excès de dépenses publiques financé par un déficit budgétaire.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
❑ L’inflation par les coûts:
Les Keynésiens insistent souvent sur le rôle des coûts dans les
phénomènes inflationnistes quand la hausse des prix est causée par la
hausse d’éléments entrant dans la déterminations des prix.
Cette hausse des coûts peut avoir plusieurs origines:
⮚ Le facteur travail ( salaires et charges patronales)
⮚ Le facteur capital (taux d’intérêts..)
⮚Les matières premières
⮚ Les interventions publiques (fiscalité, dévaluation..)
Ces sources d’inflation par les coûts se combinent et s’entretiennent
pour donner naissance à ce que les économistes appellent « les spirales
inflationnistes » .
Si ces facteurs de production sont importés , on parle d’inflation
importée.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
d. La déflation, la désinflation et la stagflation:
⮚ La déflation : Processus de baisse cumulative du niveau général des
prix. Elle désigne aussi une situation économique caractérisée par la
baisse conjointe du niveau moyen des prix et de la production
nationale. La déflation est une inflation négative.
Une politique déflationniste est ensemble de mesures visant, dans cadre
libéral, à restreindre la demande pour réduire les tensions sur les prix:
▪ Réduction des dépenses publiques,
▪ Gèle des salaires
▪ Limitation de l’accroissement de la masse monétaire…
⮚ La désinflation : Ralentissement du rythme de croissance du niveau
général des prix. La désinflation est une inflation mais modérée.
La désinflation caractérise donc une situation de baisse du rythme de
l’augmentation des prix.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
Plusieurs raisons expliquent la désinflation:
✔ Diminution des prix des produits importés
✔ Diminution des prix agricoles
✔ Modération salariale
✔ Politique monétaire inspirée par la théorie monétariste
⮚ La stagflation: situation d'une économie qui souffre simultanément d’une
croissance économique faible ou nulle et d'une forte inflation. Cette situation
est souvent accompagnée d'un taux de chômage élevé, ce qui contredit ce
qu'énonce la courbe de Phillips.
Courbe de Phillips
Mise en évidence en 1958, la
courbe de Phillips est une courbe
illustrant une relation empirique
négative entre le taux de
chômage et l'inflation ou taux de
croissance des salaires
nominaux.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
2. Le chômage:
Rappel:
❖ Le marché du travail: désigne un lieu de rencontre des offres de
travail (demandes d’emploi émanant des actifs) et des demandes de
travail (offres d’emploi émanant des entreprises).
Pour les libéraux, le travail est une marchandise comme n’importe
quel bien ou service. La confrontation de l’offre et de la demande de
travail permet de déterminer deux grandeurs : le salaire et le niveau
d’emploi.
Pour les Keynésiens, l’expression marché du travail et impropre et le
travail n’est pas une marchandise. pour eux le niveau de l’emploi est
lié principalement, sur le court terme, au niveau de la demande
effective, ainsi que la détermination des salaire doit prendre en
compte les variables sociales (niveau de vie..) et politiques (la
répartition des revenus..)
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
❖ La population active et inactive:
Une façon de d’analyser l’emploi consiste à distinguer dans la
population totale la population active et la population inactive:
⮚ La population inactive: population quine peut pas ou qui ne veut pas
travailler.
⮚ la population active: population en âge de travailler et apte à
travailler et souhaite travailler.
On distingue donc 2 sous-catégories:
▪ la population active occupée: ensemble des individus de 15 ans et
plus exerçant une activité professionnelle rémunérée. Cette
population active occupée constitue l’Emploi dans une économie,
▪ la population active inoccupée: ensemble des individus de 15 ans et
plus recherchant une activité professionnelle rémunérée. Les actifs
inoccupés sont donc les chômeurs.
Cette distinction permet de calculer les principaux indicateurs du niveau
du chômage et de l’emploi et dans une économie : le taux de chômage et
le taux d’emploi.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
a. Définition et mesure du chômage:
⮚ Définition:
Une définition internationale, proposée par le Bureau International du
Travail (BIT) et reprise par la majorité des pays, considère comme
chômeur celui qui répond à 3 conditions :
▪ être sans emploi, c’est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce
qu’une heure, durant une semaine de référence,
▪ être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours,
▪ rechercher activement un emploi.
⮚ Mesure:
▪ Taux d’activité = Nombre de personnes actives/Population totale
▪ Taux de chômage = (Nombre de chômeurs/Population active) x 100
▪ Taux d’emploi = (Nombre d’actifs occupés/Population active) x 100
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
b. Les explications théoriques du chômage:
⮚ L’explication libérale du chômage:
Pour les économistes libéraux, l’équilibre économique s’accompagne du plein
emploi des facteurs de production, travail et capital. L’offre de travail est une
fonction croissante du salaire réel. L’individu (le salarié) arbitre entre temps de
travail et temps de loisir en fonction de sa contrainte de revenu (salaire).
L’entreprise maximise ses profits en fonction de sa contrainte de production.
L’équilibre sur le marché est fonction de l’offre et de la demande, c’est à dire des
mouvements du salaire réel.
Le chômage durable ne trouve donc pas sa place dans une telle approche (on
parle également de chômage volontaire). Lorsqu’il existe, cependant, il est le
signe d’un déséquilibre provisoire. Deux raisons peuvent expliquer la présence
du chômage:
❑ l’insuffisante flexibilité des prix (donc du salaire, prix du travail) à la baisse;
❑ les insuffisantes capacités de production des entreprises.
Ces deux facteurs sont par ailleurs intimement liés: le niveau trop élevé et rigide
de la rémunération du facteur travail a pour conséquences une rémunération
insuffisante du capital, c’est à dire une rentabilité trop faible des investissements.
c’est donc l’insuffisance de la rentabilité qui engendre le chômage classique.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
⮚ L’analyse keynésienne:
Dans l’analyse keynésienne, une économie peut être durablement en
situation de sous-emploi si la demande globale est inférieure à l’offre
globale. Dans ce cas, les entreprises sont désireuses de produire plus, mais
ne le font pas par suite d’une insuffisance de la demande. L’équilibre ainsi
réalisé est régressif et contribue à créer du chômage (on parle de chômage
involontaire).
Selon Keynes, l’existence du chômage tendrait à confirmer que le marché
n’est pas un mécanisme d’allocation optimale des ressources.
Les keynésiens sont donc, à l’inverse des libéraux, favorables à une
augmentation des salaires : ils envisagent le salaire avant tout comme un
revenu pour le consommateur, et non comme un coût pour l’entreprise.
« Le seul fait qu’il existe une insuffisance de la demande effective peut
arrêter et arrête souvent l’augmentation de l’emploi avant qu’il ait
atteint son maximum ».
John Maynard KEYNES, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
⮚ Les néolibéraux et le taux de chômage naturel:
Pour Milton Friedman et Edmund Phelps, il existe un taux naturel de chômage mesuré
par la proportion d’actifs qui ne trouvent pas d’emplois dans les conditions normales de
fonctionnement du système d’emploi. (ce chômage naturel est d’autant plus élevé que le
marché du travail est plus rigide).
Il existerait ainsi dans tout système économique, un taux de chômage plancher contre
lequel aucune politique économique n’est durablement capable d’agir. Une réduction
temporaire du taux de chômage, en deçà du taux naturel, ne peut être obtenue qu’au prix
d’un taux d’inflation croissant.
L’analyse de Milton Friedman est une critique des politiques keynésiennes de relance
visant à réduire le chômage. Selon Milton Friedman, les politiques keynésiennes de
relance n’ont pas d’effet durable sur le chômage, elles sont en revanche toujours
inflationnistes. On ne peut pas en effet, selon Milton Friedman réduire le chômage en
dessous du taux de chômage naturel.
Le taux de chômage naturel est donc le taux de chômage compatible avec le maintient du
taux d’inflation souhaité. On dit que c’est un taux de chômage n’accélérant pas l’inflation
Le chômage naturel mesure en faite, le coût de l'intervention publique ou des obstacles qui
empêchent le marché de jouer normalement son rôle. Dans une société totalement flexible,
selon Friedman, le chômage naturel serait limité au chômage de friction, celui qui s'écoule
entre deux emplois successifs.
CH 4: Les grands déséquilibres macroéconomiques: Inflation et chômage
c. Les différentes formes de chômage:
Plusieurs formes de chômage peuvent être distinguées:
✔ Le chômage frictionnel: Lorsqu’un travailleur cherche un emploi, à sa sortie du système
éducatif, à la suite d’une démission ou d’un licenciement, il reste un certain temps au chômage
avant de trouver ou de choisir un emploi. Le chômage frictionnel est donc le fait qu’il existe un
décalage entre le début de la recherche de l'emploi et l'entrée effective dans un nouvel emploi.
✔ Le chômage conjoncturel: Correspond à un ralentissement de l'activité économique
provoquant une réduction temporaire des besoins de main d‘oeuvre dans l'économie.
✔ Le chômage technologique: L’accélération des mutations technologiques provoquent une
inadéquation qualitative entre l’offre et la demande de travail. L'évolution des qualifications
dues aux évolutions techniques conduit à rendre inemployable une partie de la population
active qui ne trouve plus d'emplois correspondant à ses qualifications.
✔ Le chômage partiel: Peut être provoqué par une baisse d'activité anormale de l'entreprise qui
est obligée de réduire les horaires de travail.
✔ Le chômage saisonnier: concerne certaines branches professionnelles dont l'activité varie
sensiblement selon les périodes de l'année (tourisme, agriculture, travaux publics et
bâtiments...).
CH 5: La résorption des déséquilibres : le rôle de l’Etat et des
politiques économiques
Il est admis aujourd’hui que le simple jeu du marché ne suffit plus à rétablir les équilibres
fondamentaux des économies des pays. C’est pourquoi l’intervention de l’État devient nécessaire:
on parle de régulation étatique.
L’État élabore pour cela une « politique économique ».
1. Quel rôle pour les pouvoirs publics dans les mécanismes de marché ?
Beaucoup d’ économistes sont critiques vis-à-vis des mécanismes du marché, leur argument majeur étant que
les marchés ne s’autorégulent pas, et préconisent une intervention étatique dans la sphère économique.
En 1989, l’économiste américain Richard Musgrave (1910-2007) identifie plus précisément trois fonctions
principales de l’État, chacune étant liée à certaines défaillances du marché auxquelles peuvent remédier les
politiques économiques, selon lui l'Etat doit :
❑ veiller à l'efficacité des marchés ;
❑ promouvoir la justice sociale ;
❑ maintenir autant que possible la croissance et la stabilité économique.
a. L‘Etat veille a l‘efficacité des marches:
Nombre d’économistes souhaitent l’intervention de l’Etat afin de réguler le marché et corriger ces
imperfections à travers:
❑ La promulgation de lois pour assurer la concurrence loyale (la loi antitrust par exemple ou loi
antipollution)
❑ L’Intervention pour assurer la production des biens publics accessibles à tous. (L’état doit prendre en
charge les biens collectifs (éclairage public, routes…) car aucune entreprise ne peut s’investir dans ce
genre de biens/services.)
CH 5: La résorption des déséquilibres : le rôle de l’Etat et des politiques économiques
b. Promouvoir la justice sociale:
Il est communément admis que le mécanisme du marché n'apporte pas une solution acceptable
en termes d'allocation des richesses créées par les activités économiques, Bien que la question
soit normative, une société démocratique peut estimer qu'une inégale répartition des revenus
sera socialement et/ou politiquement inacceptable.
L'Etat se voit alors investi d'une mission de « JUSTICIER REDISTRIBUTEUR » ; pour la
remplir, il va instaurer un système d'impôt progressif et de cotisations sociales, d'une part, et
un système de transferts, d'autre part (la sécurité sociale), qui assure un minimum de moyens
d'existence aux démunis :
c’est L’Etat-providence.
L’Etat Providence prend des formes très différentes selon les pays ; nous pouvons distinguer
trois modèles de base, avec des situations intermédiaires:
❑ l’Etat Providence libéral, où la protection très limitée est dédiée aux plus faibles (USA,
Canada, Grande-Bretagne) ;
❑ l’Etat Providence corporatiste (modèle bismarckien), où la protection sociale est liée au
travail salarié (le statut professionnel détermine les droits sociaux – Allemagne, France) ;
❑ l’Etat Providence social-démocrate, avec une protection sociale de haut niveau reposant
sur les droits de la citoyenneté (pays scandinaves).
CH 5: La résorption des déséquilibres : le rôle de l’Etat et des politiques économiques
c. L’Etat maintient la croissance et la stabilité économique:
Nous avons montré précédemment, que Le système d’économie de marché à été de
tout temps sujet à des cycles périodiques qui se traduisent par une phase de
croissance ou d'expansion, aboutissant à une "surchauffe" source d'inflation,
suivie d'une phase de récession, source de chômage.
L’intervention de l’Etat devient nécessaire, à travers des politiques économiques,
pour infléchir la conjoncture, notamment en ce qui concerne le maintient la
croissance et la stabilité économique.
2. Objectifs et instruments de la politique économique:
▣la politique économique est définie comme un ensemble de décisions
cohérentes, prises par les pouvoirs publics et visant, à l’aide de divers
instruments à atteindre
▣des objectifs afin d’orienter l’économie dans le sens souhaitable.
a. Les objectifs de la politique économique:
À travers la politique économique, l’Etat peut rechercher des objectifs
immédiats ou à plus long terme.
On distingue deux grands types de politiques économiques:
CH 5: La résorption des déséquilibres : le rôle de l’Etat et des politiques économiques
❑ Les politiques structurelles: visent à agir sur le long terme en modifiant
durablement les structures de l’économie. Il s’agit de préparer
et d’accompagner l’économie aux changements économiques
majeurs (industrialisation, mondialisation, délocalisations…). Elles
comprennent des politiques telles que la politique industrielle, la politique
commerciale, la politique de la recherche développement…
❑ Les politiques conjoncturelles: visent à agir à court terme et à guider
l’activité économique du pays ; elles se composent essentiellement des
politiques budgétaire et monétaire. Elles ont souvent deux orientations
possibles (mais antagonistes) : la priorité à l’emploi (on parlera de politique
de relance ou « politique de Go »), la priorité à la lutte contre l’inflation (on
parlera alors de politique de rigueur ou « politique de Stop »).
Le gouvernement fera alors le choix entre l’une ou l’autre de ces deux
priorités.
▣ Traditionnellement, la politique économique conjoncturelle retient quatre
objectifs principaux que les économistes appellent depuis les travaux de
Nicolas Kaldor (1971), le Carré Magique.
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Le carré magique de Kaldor:
Au cours du XXème siècle, l’économiste postkeynésien d’origine britannique
Nicholas Kaldor (1908-1986) développe la théorie économique du carré magique.
Le carré magique est une représentation graphique qui représente les quatre
grands objectifs de la politique économique conjoncturelle d'un pays que sont :
1) la croissance: il s’agit de stimuler le développement de la production et du
revenu national considéré comme le garant d’une amélioration du bien être.
2) le plein emploi des facteurs de production: il s’agit de stimuler le
développement de la production et du revenu national considéré comme le
garant d’une amélioration du bien être des individu.
3) la stabilité des prix: fait référence au taux d’inflation qui s’s’exprime par
convention entre 0% et 10%, la première est la valeur jugée parfaite, tandis
que le second montre l’affaiblissement significatif du pouvoir d’achat.
4) Et l'équilibre extérieur: il s’agit d’équilibrer les entrées et les sorties de biens,
de services, de revenus et de capitaux avec le reste du monde
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Kaldor donnera pour objectif aux politiques conjoncturelles d'élargir au maximum la surface
de ce quadrilatère pour atteindre le carré magique, lequel correspond à une situation de plein-
emploi, de stabilité des prix, de croissance forte et d'un solde commercial excédentaire.
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b. Les principaux instruments de la politique économique:
Les objectifs fixés par les pouvoirs publics sont réalisés grâce à des instruments. À cet égard,
il est important de distinguer deux types d’instruments:
•Les différents types d’instruments de la politique économique
• Les instruments d’intervention
• Ils visent à favoriser la croissance et assurer les équilibres macroéconomiques
• Exemples:
• - La politique budgétaire
• - La politique monétaire
• - La politique de répartition des revenus
• - La politique industrielle
• - La politique commerciale..
• Les instruments de connaissance
• Ils préparent la décision et assurent son suivi
• Exemples:
• - La comptabilité nationale
• - l’appareil statistique..
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i. La politique budgétaire:
La politique budgétaire constitue l’un des principaux leviers de la politique économique de
l’État. Elle consiste à utiliser certains instruments budgétaires (dépenses publiques,
endettement public, prélèvements fiscaux) pour influer sur la conjoncture économique.
La politique budgétaire menée par l’Etat s’opère autour d’un instrument majeur : son budget.
En Algérie, c’est la Loi de Finance, préparée par le gouvernement et votée par le parlement, qui
autorise le gouvernement à percevoir les impôts (recettes ordinaire et non ordinaire) et à
effectuer les dépenses destinées principalement à faire fonctionner les administrations (budget
de fonctionnement) et à investir (budget d’équipement).
La différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat forme ce que l’on appelle le solde
budgétaire.
Un solde négatif correspond à un déficit budgétaire (Dépenses > Recettes).
Un déficit budgétaire correspond généralement à un choix de politique économique. Les
dépenses publiques cherchent à soutenir la demande (consommation, investissement,
exportations) des différents agents économiques (ménages, entreprises).
Le déficit budgétaire peut être financé de deux manières : par émission de monnaie (planche à
billets), ou par émission de titres ou encore l’emprunt (l’Etat émet des titres sur le marché
financier) afin de financer une intervention de l’Etat sur l’activité économique.
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la politique budgétaire fait l’objet de nombreuses controverses entre les économistes
libéraux et keynésiens.
Selon les libéraux, le budget doit être neutre (principe de neutralité) c’est-à-dire en
équilibre, La pression fiscale doit être modérée et La politique budgétaire ne doit pas
perturber les choix économiques des agents. C’est ce que l’on nomme souvent:
«l’orthodoxie financière ».
Selon les keynésiens, le budget est un instrument efficace de relance économique (rôle
actif), il crée des effets positifs sur l’ensemble de l’activité économique (on parle d’effet
multiplicateur). L’équilibre budgétaire n’est pas un principe de saine gestion, avoir recours
au déficit apparaît souhaitable.
Selon la conjoncture et l’orientations des pouvoirs publics, la politique budgétaire aura
des effets restrictifs ou au contraire expansifs sur l’activité économique.
La politique budgétaire peut s’appuyer sur plusieurs leviers ou moyens d’action:
✔ L’action par les recettes publiques (politique fiscale et politique d’emprunt..)
✔ l’action par les dépenses publiques
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Exemples:
⮚ L’action par les recettes publiques:
▣ Exemples de politique de relance:
▣
⇨ une baisse de l’impôt sur les sociétés entraîne une relance des investissements des
entreprises et de la production, qui engendre une hausse du PIB, donc une croissance
économique, ce qui permet la création d’emplois donc une diminution du chômage.
⇨ Une baisse de l’impôt sur le revenu ou de la TVA entraîne une hausse du revenu
disponible et donc de la consommation des ménages. La production des entreprises
augmente alors, ce qui a pour conséquence une hausse du PIB, donc une croissance
économique.
Exemple de politique restrictive:
⇨ une augmentation de l’impôt sur les revenus entraîne une baisse du revenu disponible et
donc de la consommation des ménages. La production des entreprises diminue alors, ce
qui a pour conséquence une baisse du PIB, donc récession et chômage.
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Exemples:
⮚ L’action par les dépences publiques:
▣ Exemples de politique de relance: (ou politique expansive)
⇨ La hausse des dépenses publiques à pour objectif de favoriser le développement de
l’activité économique; elle aura un fort effet d’entrainement sur l’ensemble de l’économie:
une hausse de la demande des ménages (consommation) et des entreprises
(investissements) donc de la production ce qui permettra de réduire le chômage
(accroissement d’activité pour les entreprises engendrant un besoin de main-d’œuvre
supplémentaire).
Cette même hausse peut avoir des effets négatifs tels que l’accroissement des tensions
inflationnistes (demande supérieure à l’offre) et surtout le creusement du déficit
budgétaire (plus de dépenses publiques que de recettes) donc l’alourdissement de la dette
de l’État.
Exemple de politique restrictive:
⇨ La réduction des dépenses publiques (rigueur budgétaire) permet de réduire le déficit
budgétaire, donc l’endettement étatique, mais elle restreint également le niveau de la
consommation et les investissements des entreprises, donc le niveau d’activité de
l’économie.
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ii. La politique monétaire:
La politique monétaire a pour principal objectif de contrôler la masse monétaire en
circulation, c’est-à-dire de mettre à la disposition des agents économiques une masse
monétaire suffisante, mais pas trop abondante, pour assurer une croissance économique
équilibrée.
A partir des objectifs économiques établis par l’Etat, et leurs priorisation , les autorités
compétentes (les banques centrales) se fixent des objectifs monétaires dont la réalisation
nécessite le recours à un certain nombre d’instruments spécifiques.
⮚ Les objectifs de la politique monétaire:
⇨ Le contrôle du taux de croissance de la masse monétaire
⇨ Le contrôle du niveau des taux d’intérêt
⇨ Le contrôle du niveau du taux de change
⮚ les autorités monétaires ont en général recours à trois instruments, qui sont leurs moyens
d’actions pour réaliser leurs objectifs:
⇨ Le contrôle indirect du crédit revient à agir sur la liquidité bancaire par
l’intermédiaire des taux d’intérêt et des réserves obligatoires.
⇨ Le contrôle direct de la progression des crédits qui consiste en une limitation
impérative du volume des crédits accordés par les banques.
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Les instruments et les objectifs de la politique économique
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La politique de relance libérale
CH 5: La résorption des déséquilibres : le rôle de l’Etat et des politiques économiques
La politique de relance keynésienne