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Introduction au Droit Commercial au Maroc

Ce document présente une introduction au droit commercial au Maroc. Il définit le droit commercial, décrit son évolution et son champ d'application, et aborde les spécificités, sources et acteurs de ce domaine juridique.

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Introduction au Droit Commercial au Maroc

Ce document présente une introduction au droit commercial au Maroc. Il définit le droit commercial, décrit son évolution et son champ d'application, et aborde les spécificités, sources et acteurs de ce domaine juridique.

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Université Chouaib Doukkali

Ecole supérieure de Technologie


Sidi Bennour ‫نور‬,,‫يديب‬,,‫س‬

Cours de Droit Commercial


Semestre 2
Techniques de management

Pr. Abdelouahab BAKKALI

Année universitaire 2019-2020


Introduction
I- Définition :
Le droit commercial peut se définir comme la
branche du droit privé relative aux opérations
juridiques accomplies par les commerçants, soit
entre eux, soit avec leurs clients.
On peut le définir aussi comme un ensemble des
règles juridiques applicables aux commerçants
dans le cadre de l’exercice de leur activité
professionnelle, qu’elle soit exercée à titre
individuel ou sous forme sociétaire.
Ainsi le droit commercial est le droit qui
s’applique spécialement à certaines
personnes :
Les commerçants (personnes physiques)
et les sociétés(personnes morales).
Et à certaines opérations juridiques (régime
des actes de commerce, les effets de
commerce, fonds de commerce…).
II- Evolution du droit commercial au Maroc :

Avant le protectorat français, le droit musulman qui


était appliqué au Maroc ne faisait pas la distinction
entre droit civil et droit commercial. Le premier code de
commerce au Maroc date du 12 août [Link] code est
inspiré, bien entendu, du code Napoléonien de [Link]
n’est qu’après 83 ans que le Maroc optera pour un
nouveau code de commerce imposé par les impératifs
de l’évolution économique et les nécessités de la
modernité.
Il s’agit bel et bien du code de commerce du 1 août
1996 (abrogé par la loi 15-95,actuellement en vigueur).
III- domaine de droit commercial:
Le D.C a un double objet :
A- Dans sa vision subjective :
Il régit les commerçants. Du point de vue juridique le
commerçant n’est pas seulement celui qui fait le
négoce : c’est-à-dire, qui accomplit une activité
commerciale : distribution, achat et revente.
L’industriel appartient également à la catégorie de
commerçant. On le trouve donc dans le secteur de
production ; on le trouve encore dans celui des services :
transporteur, assureur, banquier. En vérité, l’homme
d’affaires est la figure centrale du droit commercial.
En revanche, et même si économiquement
parfois, leur statut est proche, les professions
libérales et agricoles échappent par tradition à
l’emprise du droit commercial.
 B- Dans sa vision objective :

Le droit commercial régit les actes de


commerces, qui ne sont pas réservés à l’usage
des seuls commerçants. Ainsi la signature d’une
lettre d’échange est un acte de commerce, quelle
que soit la qualité (civile ou commerciale) de
ceux qui interviennent.
IV-Spécificité du droit commercial :
 1-Droit des échanges :

Le commerce, c’est l’échange, la


spéculation‫ا لمضاربة‬.
Le droit commercial traduit un état social
où les hommes visent à conquérir le bien-
être et la richesse. Il refuse le gratuit, le
bénévole et le sentimental.
 2- Droit de l’entreprise :
Le D.C est tout entier imbibé de l’esprit
d’entreprendre. On ne gère pas le patrimoine
d’un incapable comme on gère un fonds de
commerce ou une société commerciale. Pour cet
esprit, on trouve que le D.C exige :
La souplesse : limiter au maximum les entraves
‫ ا لع وائق‬à l’action des entreprises.
Les techniques laissent une grande part à la
liberté des parties (solutions des conflits, la
liberté de preuve).
 La rapidité :
le temps commercial est plus court que le
temps civil. Les commerçants peuvent
conclure leurs contrats par les moyens les
plus rapides (téléphone, fax, net…) sans
avoir à se soucier du formalisme des
écritures qu’exige le droit civil.
 3-Droit de professionnels :
Les acteurs du D.C sont des professionnels
industriels ou commerçants.
Cette qualité permet de comprendre la rigueur
des sanctions en D.C.
Lorsque le débat n’oppose plus deux
professionnels, mais un particulier et un
professionnel, le changement des règles s’opère
pour faire un équilibre entre les deux parties (Art
4 C.C).
V-Les sources du droit commercial :
 1- Sources historiques :

Avant 1913, le Maroc n’avait point de légalisation


commerciale au sens moderne de l’expression.
Dans le cadre des relations avec les autres pays
musulmans, le droit musulman et les coutumes
régionales constituaient une légalisation
universelle.
En terre d’Islam, les musulmans sont régis par le
droit musulman et les autres croyants par la «
Dhimma ».
 2- Sources écrites :
A- La loi :
La loi demeure la source essentielle. Le terme loi doit être
entendu au sens large, Il comprend :
- La loi : règle écrite, élaborée et votée pour le parlement
- Les règlements : les dispositions réglementaires prises
par le premier ministre.
En absence d’une loi, coutume ou d’usage le droit
commercial est régis par une règle du droit civil.
 Exemple : Art 982du D.O.C réglemente le contrat de

société .
1- le code de commerce (texte de base)
L’ancien code de commerce de 1913 qui
s’inspirait du code de commerce français
de 1807, vient d’être remplacé par un
nouveau code de commerce de 1996.
Le nouveau code de commerce a vu le
jour par la loi 15-95 en date du 3
octobre 1996(B,O N° 4418). C’est texte a
le mérite d’assembler de nombreuses
dispositives relatives aux actes de
commerce et aux commerçants.
Ce code de commerce contient 736
articles répartis en 5 livres:
livre I: le commerçant (art,1 à 78), livre
II ( le fonds de commerce (art. 79à 158),
livre III: les effets de commerce (art
159à 333), livre VI: les contrats
commerciaux (art 334 à 544), livre V:
les difficultés de l’entreprise ( art 545 à
732), les dispositions finales: (art 733 à
736).
2- loi relative aux sociétés anonymes:

Une loi consacrée uniquement aux


sociétés anonymes c’est par un dahir
de 30 Aout 1996 portant promulgation
de la loi N° 17-95 relative aux sociétés
anonymes que le texte a vu le jour du
17 octobre 1996, il contient 454
articles.
3 – Loi sur la S.A.R.L et autres sociétés:
Un troisième code s’intéressant
seulement aux S.A.R.L et autres sociétés,
c’est par une loi N° 5-96, Dahir du 13
février 1997 qu’un nouveau texte relatif
aux S.A.R.L, société en nom collectif,
société en commandite simple, société
en commandite par actions et société en
participation, a vu le jour. Ce texte
contient 131 articles subdivisés en 9
titres.
4-Décret et arrêté relatifs au registre de
commerce.
5- Statut des chambres de commerce et d’industrie.
6- Dahir des obligations et contrats:
Le D.O.C reste la législation du droit
commun ayant vocation à s’appliquer en
matière commerciale toutes les fois qu’une
disposition expresse ne l’écarte pas. C’est
donc la base de notre droit qui, en cas de
lacune du code de commerce, s’applique.
L’art 2 du nouveau code de commerce
l’énonce expressément.
 B- Les conventions internationales :
Suite à l’essor considérable que connait le
commerce international, les Etats ont posés des
règles uniformes par des conventions
internationales, pour qu’en présence d’un litige
relatif à un contrat international, sa solution sera
réglée sans difficulté.
Il y a deux procédés pour rendre une règle
internationale obligatoire :
a- Appliquer la règle conventionnelle en présence
d’un conflit d’intérêt de caractère international.
b- Imposer à tous les pays signataires de la
convention l’adoption de la même loi interne.

 Exemple : la convention de Genève portant loi


uniforme sur la lettre de change, chèque et
billet à ordre (1930/1931) applicable en vertu
du DAHIR du 19 janvier 1939.
 3- Sources non écrites :
A- Usages :
Pratiques commerciales couramment suivies et
considérées comme normales dans un milieu
déterminé.
Ils naissent de la répétition fréquente des mêmes
actes juridiques, des mêmes opérations. Le juge
peut l’appliquer une fois qu’il a la preuve de son
existence à condition de ne pas aller à l’encontre
d’une loi impérative.
B-Coutumes :

C’est un usage de fait dont la valeur


juridique reflète une grande importance.
C’est un fait pratiqué durant une longue
durée. Elle est reconnue par l’autorité
judicaire. (Surtout par la cour suprême) qui
la considère comme source non comme
fait.
 4-Sources indirectes du D.C.
A- La jurisprudence :
C’est l’ensemble des décisions rendues par les
différentes juridictions du royaume, et plus
particulièrement par la cour suprême. Chargée de
les appliquer à l’occasion des litiges dont ils sont
saisis.
Les tribunaux interprètent les lois et règlements,
ils les adaptent aux mutations de la vie
économique et si nécessaire ils les complètent.
 B- La doctrine :
C’est l’ensemble des opinions émises
par les praticiens du droit (professeurs,
magistrats, avocats, experts,
notaires…). Par leurs critiques et leurs
analyses des textes dans des revues
spécialisées, ils influencent le
législateur.
1ére partie: le commerçant
Chapitre 1 : Le statut du commerçant

Le statut du commerçant comporte deux


types de conditions :
celles tenant à la personne du
commerçant et celles tenant à l’activité
commerciale.
Section1 : Conditions tenant à la personne :

I-Conditions visant à protéger la personne (la


capacité commerciale) :

Le législateur marocain, dans le code de la


famille, a fixé l’âge de la majorité à 18 ans (Art
209 du code de la famille). Cependant il existe
des dérogations à ce principe :
1) Le mineur :
Il peut se trouver en état de bénéficier d’une telle
capacité soit par l’effet d’une autorisation spéciale, soit
par celui d’une déclaration anticipée de la majorité.
L’une ou l’autre doit être inscrite au registre de
commerce (Art 13 du code de commerce).
2) Les majeurs incapables :
Ce sont les malades mentaux ou faibles d‘esprit
qui font l’objet d’une mesure de tutelle (représentation)
ou de curatelle (assistance).
3) L’étranger

Un étranger ayant atteint vingt ans révolus,


et réputé majeur pour exercer le commerce au
Maroc, même si sa loi nationale prévoit un âge de
majorité supérieure à celui qui édicte la loi
marocaine (Art 15 du code de commerce).
4) La femme mariée :
Au Maroc, pendant longtemps on rapprochait des
incapables la femme mariée, car celle-ci ne
pouvait faire le commerce qu’avec l’autorisation
de son mari. Cette restriction est disparue avec
l’avènement du nouveau code de commerce qui
affirme dans son art 17 que:« la femme mariée
peut exercer le commerce sans autorisation de
son mari. Toute convention contraire est réputée
nulle ».
II- Conditions visant à sauvegarder l’intérêt général :
La déchéance et l’incompatibilité

1- La déchéance :
L’article 711 du CC affirme que : « la déchéance
commerciale emporte interdiction de diriger, gérer,
administrer ou contrôler, directement ou indirectement,
toute entreprise commerciale ou artisanale, et toute
société commerciale ayant une activité économique »
Lorsque le tribunal prononce la déchéance
commerciale, il doit en fixer la durée qui ne doit être
inférieure à 5 ans (art.719 du CC)
L’exercice du commerce au mépris d’une interdiction
n’empêche pas d’acquérir la qualité du commerçant
(art 11du CC), et les actes conclus demeurent
valables.
2- L’incompatibilité :
Il s’agit ici d’une interdiction faite à certaines
personnes d’exercer le commerce en raison de leurs
professions ou de leurs fonctions.
Il est interdit en effet aux fonctionnaires, aux
notaires, avocats, architectes … d’exercer un
commerce.
Le non respect de ces restrictions entraine des
sanctions pénales et disciplinaires. Mais les
actes de commerce accomplis demeurent
valables.
(Art 11 du C.C)
Section 2 : Conditions tenant à l’activité :
D’après l’art 6 du CC : la qualité du commerçant
s’acquiert par l’exercice habituel ou professionnel
des activités dites commerciales.
De ce fait trois conditions sont à retenir :
I – L’accomplissement d’actes de commerces
II- L’exercice habituel ou professionnel du
commerce
III- L’exercice de l’activité commerciale en son nom
et pour son propre compte
I – L’accomplissement d’actes de
commerces :
En se basant sur les arts 6,7,8,9,10 du C .C , on peut
adopter une classification qui s’articule autour de la
distinction entre : 1 ,2 ,3 et 4 :
 1- Actes de commerce par nature :
L’acte de commerce par nature est commercial en
raison de son objet.
L’art 6 du C.C en donne l’énumération suivante :
1) L’achat de meubles corporels ou incorporels en vue
de les revendre soit en nature soit après les avoir
travaillés et mis en œuvre ou en vue de les louer ;
2) La location de meubles corporels ou incorporels en vue
de leur sous-location ;
3) L’achat d’immeubles en vue de les revendre en l’état ou
après transformation ;
4) La recherche et l’exploitation des mines et carrières ;
5) L’activité industrielle ou artisanale ;
6) Le transport ;
7) La banque, le crédit et les transactions financières
8) Les opérations d’assurances à primes fixes ;
9) Le courtage, la commission et toutes autres opérations
d’entremises ;‫ا لوسطاء – ا لسمسرة و ا لوكيلب ا لعمولة‬
10) L’exploitation d’entrepôts et de magasins
généraux‫استغال ال لمستودعات‬
11) L’imprimerie et l’édition quels qu’en soient la
forme et le support ;
12) Le bâtiment et les travaux publics ;
13) Les bureaux et agences d’affaires, de
voyages, d’information et de publicité ;
14) La fourniture de produits et services ;
15) L’organisation des spectacles publics ;
16) La distribution d’eau, d’électricité et de gaz ;
17) Les postes et télécommunications ;
S’ajoutent à cette liste toutes les opérations sur
les navires et les aéronefs et leurs accessoires,
ou se rattachant à leur exploitation ou au
commerce maritime et aérien. (Art 7 du C .C)
2- Actes de commerce par accessoire :
Conformément au principe qui dit que «l’accessoire suit
le principal », sont considérés des actes de commerce,
toutes les obligations du commerçant nées pour les
besoins où à l’occasion de son commerce.
La théorie de l’accessoire trouve son fondement en droit
marocain dans l’art 10 du C.C

Exemples : les actes civils par nature accomplis


par le commerçant dans l’exploitation de son
entreprise :
 L’achat
d’un véhicule pour les livraisons de
marchandises n’est pas un acte de commerce
par nature mais l’acte est considéré comme
commercial car il est conclu pour les besoins du
commerce.

 Les emprunts contractés par un commerçant


en vue des besoins de son commerce.
3- Les actes de commerces par la forme :

Ce sont des actes qui sont commerciaux en raison


de leur forme, quels que soient l’objet et le but de
l’acte et quelle que soit la personne qui les
accomplit.
Il s’agit d’une commercialité formelle .Elle
concerne deux domaines importants : A et B.
A-
* La lettre de change :
Selon l’art 9 du C.C, c’est un acte commercial
quelle que soit la personne qui le signe
(tireur, tiré, acceptant, endosseur…) .Cette
dernière se soumet aux règles du droit
commercial et notamment la compétence
des tribunaux de commerce.
La lettre de change est définie
comme étant un titre par lequel
une personne dénommée tireur
donne l’ordre à une autre
personne appelée tiré de payer, à
une date déterminée à une
troisième personne appelée
bénéficiaire, une certaine somme
d’argent.
Le XIII siècle semble apparemment être l’époque
de l’apparition et de l’utilisation des premières
lettres de changes. Des commerçants italiens
peuvent être les premiers à avoir utilisé cet
instrument.
Voulant éviter le vol et les actes de piraterie en
transportant de l’argent, des commerçants ont
pensés créer un titre papier qui pouvait leur
permettre d’obtenir de l’argent auprès de
correspondants installés dans des comptoirs
commerciaux et qui représentaient les intérêts
des familles de banquiers installées en Italie.
Au début, un seul porteur, le bénéficiaire
nommé, pouvait bénéficier de la lettre de
change.
On reconnait apparemment à PATTERSON le
fondateur de la banque d'Angleterre d’avoir
participé à cette grande transformation de la
lettre de change de sa fonction classique à un
instrument de crédit. Ce banquier a créé la
formule d’escompte au XVII siècle, en achetant
des lettres de change des commerçants qui
avaient besoin de fonds immédiatement.
L’opération d’escompte consiste alors en
la remise d’un effet de commerce à un
banquier qui en paie le montant au
tireur ou à l’endosseur sous déduction
d’une somme composant
la rémunération du banquier.
On retrouve une définition de cette
opération dans l’article 526 du code de
commerce « ……………………
*Le chèque :
Le chèque comme instrument de paiement a été
introduit au Maroc dés le début du 20 siècle par
des banques européennes après 1912.
Réglementé d’abord par les articles de 325 à 334
du Dahir des obligations et des contrats du 12
aout 1913.
Au Maroc, il semble bien que le développement et
l’utilisation du chèque comme moyen de paiement
a été déterminée avant par le taux et le niveau de
bancarisation qui connait actuellement un taux
important permettant au chèque de rester pour
l’instant un des moyens de paiement les plus
utilisés au Maroc.
Sachant que l’art. 18 du code de
commerce impose aux commerçants
l’ouverture d’un compte bancaire pour
faciliter et sécuriser leurs transactions
commerciales.
Ainsi comme dispose l’art. 306 du C.C,
entre commerçants et pour faits de
commerce, tout paiement d’une valeur
supérieure à dix mille dirhams doit avoir
lieu par chèque barré ou par virement.
Contrairement à la lettre de change qui
est un acte de commerce par sa forme
quelque soit l’activité ou la nature de la
personne qui la signe, le chèque est
considéré comme un acte civil s’il est
signé par un non-commerçant, et ne
peut être considéré comme un acte de
commerce que s’il est signé par un
commerçant pour les besoins de son
commerce.
*Le billet à ordre :
Le billet à ordre est un titre qui constate
l’engagement d’une personne, appelée
souscripteur, de payer à l’ordre d’une autre
personne dénommée bénéficiaire, une somme
d’argent à une date déterminée.
Dans ce billet à ordre le souscripteur s’engage à
payer le bénéficiaire ou toute autre personne à
l’ordre de celui-ci.
C’est-à-dire que ce titre est transmissible aussi
par endossement.
Avec cette structure plus simple, le billet à
ordre n’impose pas aux parties le respect
de certains engagements cambiaires
comme la provision, l’acceptation…etc.
Le billet à ordre qui n’est pas commercial
par sa forme, ne devient commercial qu’à
condition d’être souscrit à l’occasion d’un
acte de commerce ou signé par un
commerçant pour les besoins de son
commerce.
B- Les
sociétés commerciales par la
forme :

Il s’agit des sociétés qui sont expressément


déclarées commerciales à raison de leur seule
forme et indépendamment de leur activité. C’est
d’ailleurs le cas de : SNC, SARL et SA…
4- Les actes de commerce mixte :
Ce sont ceux qui présentent un caractère
commercial pour une partie et un caractère civil
pour l’autre partie.
Le code de commerce à travers son art 4 énonce
en disant que « Les règles du droit commercial
s’appliquent à la partie pour qui l’acte est
commercial »
Exemple : un détaillant vend un produit à un
consommateur qui l’achète pour le revendre :
l’acte est civil pour le consommateur et
commercial pour le détaillant. En cas de
contestation, le détaillant ne pourra citer le
consommateur que devant la juridiction civile,
tandis que le consommateur, s’il est demandeur,
pourra citer le détaillant à son choix devant le
tribunal civil ou de commerce.
II- L’exercice habituel ou professionnel du
commerce :
Au Maroc la référence à l’habitude ou à la profession
suffit pour doter l’auteur d’actes de commerce du statut
de commerçant.
1- L’habitude :
L’habitude se caractérise d’abord par un élément
matériel, c'est-à-dire la répétition, d’actes du même
genre, prolongée dans le temps. Ainsi la personne qui
accomplit des actes de commerce à titre occasionnel (de
façon isolée ou de temps en temps) sans se préoccuper
du nombre et du rythme dans lequel elle les effectue ne
devient pas commerçant.
L’habitude suppose également un élément intentionnel.
Par conséquent ne devient pas commerçant, le simple
particulier qui achète accidentellement des choses pour
les revendre.
2- La profession :
La profession implique une activité déployée d’une façon
continue, régulière et indépendante.
En effet, si la profession commerciale exercée, dans
l’intention de se procurer ‫ ش راء‬des ressources nécessaires
aux besoins de l’existence, constitue l’activité principale, la
personne concernée est alors commerçante, même s’elle
exerce à titre secondaire une profession civile.
Reste donc le cas où l’activité commerciale est le
complément nécessaire d’une profession non
commerciale.
L’intéressé ne devient pas pour autant
commerçant. Il n’est pas nécessaire pour se
doter de la qualité du commerçant, que
l’exercice du commerce soit la profession
exclusive même principale de l’intéressé.
III- L’exercice de l’activité commerciale en son nom et
pour son propre compte :
Les actes de commerce doivent être effectués par le
commerçant en son nom et pour son propre compte.
A cet effet, n’ont pas la qualité de commerçant :
 les salariés liés à un commerçant par un contrat de travail.
 les voyageurs de commerce représentants et placiers ne
sont pas commerçants.
 le conjoint d’un commerçant qui l’assiste dans l’exercice de
son activité commerciale.
 les dirigeants des sociétés commerciales, qui, en tant que
représentants légaux, donc mandataires, accomplissent des
actes de commerce au nom et pour le propre compte de la
personne morale.
Chapitre 2 : les obligations du
commerçant
Outre l’ouverture d’un compte bancaire ou postal
(section 1).Les commerçants sont justiciables d’une
publicité statutaire au registre du commerce (section 2)
et d’une comptabilité descriptive de leur entreprise
(section 3).
Section1 : ouverture d’un compte bancaire
L’art 18 du C.C affirme que : « tout commerçant, pour les
besoins de son commerce, a l’obligation d’ouvrir un
compte dans un établissement bancaire ou dans un
centre de chèques postaux »
A ce niveau, le commerçant, doit opérer par chèque
barré, lettre de change, et virement, tous les paiements
dont leur montant est supérieur à
10000dhs. Et ceci dans le souci de réduire les paiements
en espèce et aboutir à une diminution de la fraude
fiscale.‫ا لغشا لضريبي‬
Section2 : la publicité au registre de
commerce :
I- Définition :
C’est un support de publicité destiné à faire
connaitre l’existence, les caractéristiques des
établissements de commerce, en fournissant
tous renseignements par voie de copie ou
d’extrait certifié des inscriptions qui y sont
portées.
II- L’organisation du registre de
commerce :
1- Registre local :
Il est tenu par le secrétariat greffe de chaque tribunal de
commerce ou à défaut du tribunal de 1ère instance sous la
surveillance du président du tribunal ou par un juge désigné
chaque année à cet effet (Art 28 CC).
L’inscription doit être faite au greffe du tribunal dans le ressort
duquel se situe l’établissement principal du commerçant
personne physique ou le siège social de la personne morale.
 Le greffe chargé de la tenue du registre, doit transmettre au

registre de Casablanca les renseignements prescrits à cette


fin.
2- Registre central :
Il est destiné à centraliser, les renseignements
relatés dans les divers registres locaux et d’en
assurer communication par voie de certificat .
Il est donc un second original des registres tenus
au niveau de chaque greffe.
Son utilité principale découle de sa publicité, la
finalité étant de mettre au courant les tiers des
faits susceptibles d’affecter la situation des
commerçants.
III- Les inscriptions au registre du
commerce :
Selon l’Art 36 du CC: « les inscriptions au
registre du commerce comprennent
les immatriculations, les inscriptions
modificatives et les radiations »
1- Les immatriculations :‫لتسجيل‬,,‫ا‬
Les personnes assujetties à l’immatriculation sont
énumérées à l’art 37 du CC ce sont :
 Toutes les personnes physiques ou morales,
marocaines ou étrangères, exerçant une activité sur le
territoire du royaume.
 Toute succursale ou agence commerciale
d’entreprise marocaine ou étrangère.
 Toute représentation commerciale ou agence
commerciale des Etats, collectivités ou établissements
publics étrangers.
 Tous les établissements publics marocains à
caractère industriel ou commercial, soumis par leurs
lois à l’immatriculation au registre du commerce.
 Tout groupement d’intérêt économique.
Cette formalité doit être accomplie, via une demande
écrite du commerçant lui-même ou de son
mandataire muni d’une procuration au plus tard dans
les trois mois de l’ouverture de l’établissement
commercial ou de l’acquisition du fonds de commerce
(Art 75 CC
2- Les inscriptions modificatives :
Tout changement ou modification se produisant
dans les faits prescrits dans l’immatriculation doit
faire l’objet d’une déclaration modificative dans le
mois de leur réalisation .Cette modification peut
concerner aussi bien l’état de la personne du
commerçant :
Etat civil, incapacité, incompatibilité…..Et les
actes liés à son activité commerciale et les décisions
judiciaires prononcées à l’encontre d’un
commerçant.
3- Les radiations ‫ب‬
: ‫لتشطي‬,,‫ا‬
La radiation peut être requise de deux façons :
A- Par le commerçant lui-même :
Quand ce dernier vient de cesser d’exercer son
commerce ou par ses héritiers s’il vient de décéder,
sans qu’il y’a cession de fonds de commerce.
Toutefois la radiation ne peut avoir lieu que si les
inscriptions sont apurées et les créanciers gagistes
informés.
B- Par l’ordonnance du président du
tribunal ‫تلقائي‬
: ‫ل‬,,‫لشطبا‬,,‫ا‬
La radiation peut également s’opérer d’office, par le
greffier, en vertu d’une ordonnance du président du
tribunal, dans les cas suivants :
 La déchéance d’un commerçant suite à une décision
judiciaire passée en force de chose jugée.
 Le décès depuis plus d’un an.
 La cessation effective de l’activité depuis plus de trois
ans.
 La clôture d’une procédure de redressement ou de
liquidation judiciaire (Art 54, 55 ,56 ,57 du C.C)
IV- Les sanctions par défaut d’inscription
Le non respect par le commerçant des obligations
afférentes à l’inscription rend passible de sanctions
civiles et sanctions pénales :
1- Sanctions civiles :
L’Art 59 du C.C dispose que la personne non
immatriculée ne peut se prévaloir à l’égard des tiers
du statut de commerçant. En outre celui qui a omis de
publier une information obligatoire ou qui a publié
une fausse informative est tenu de réparer le
préjudice subi par les tiers conformément aux arts 77
et 78 du D.O.C.
 2- Sanctions pénales :
Le défaut d’immatriculation donne lieu à une
amende de 1000 à 5000 dhs après injonction‫إنذار‬
administrative d’y pouvoir dans le mois, et à une
seconde amende de même montant après
injonction d’y satisfaire dans les deux mois (art 62
et 63 du C.C). S’il s’agit de l’ouverture d’une
succursale ‫ ف رع‬ou d’une agence d’un
établissement situé en dehors du Maroc, le
tribunal peut ordonner sa fermeture jusqu’à
exécution de la formalité requise.
Le commerçant qui, de mauvaise foi fournit
des indications inexactes en vue de
l’immatriculation ou de l’inscription au R.C
est puni d’un emprisonnement d’un mois à
un an et d’une amende de 1000 à 50000
dhs ou de l’une de ses deux peines
seulement (Art 64 CC). Ces peines sont
doublées en cas de récidive‫( ا لع ود‬Art 67
C .C).
Section3 : La tenue de la
comptabilité :
L’article 19, alinéa premier du C.C dispose :« Le
commerçant tient une comptabilité
conformément aux dispositions de la loi n° 9-88
relatives aux obligations comptables des
commerçants » A cet égard on va examiner
l’objet de la comptabilité et sa finalité.
I- L’objet de la comptabilité :
« La comptabilité peut être définie comme étant une
mission d’information consistant à collecter, recenser,
classer et traiter toutes les opérations
exprimées sous forme monétaire qui effectue une
entreprise ».
La loi prévoit que le commerçant doit procéder à
l’enregistrement comptable des mouvements affectant les
actifs et les passifs de l’entreprise ;
ces mouvements sont enregistrés chronologiquement,
opération par opération et jour par jour.
Les documents obligatoires de la comptabilité sont de
deux sortes : 1 et 2
1- Les livres comptables :
Ils sont au nombre de trois :
A- Le livre journal :
Il enregistre opération par opération, et jour après jour
tous les mouvements affectant le patrimoine de
l’entreprise
B- Le grand livre :
Il permet l’enregistrement des écritures du livre journal
qui y sont recopiées, mais cette fois réparties entre les
différents comptes : situation de l’entreprise,
administration, compte spécial…
C- Le livre inventaire :

L’inventaire se fait à la fin de chaque


année. L’obligation comporte l’élaboration
d’un inventaire des effets mobiliers et
immobiliers d’une part, et un inventaire
des dettes et des créances d’autre part.
2- Les états de synthèse :
Les états de synthèse doivent être établis trois
mois suivant la date de clôture de l’exercice, au
vu des différents livres comptables. Ils doivent
donner
une image fidèle des actifs et passifs ainsi que de
la situation financière et des résultats de
l’entreprise.
II- La tenue de la comptabilité :
Au moment de l’ouverture de l’entreprise le livre
journal et le livre d’inventaire doivent être présentés
au tribunal, qui doit compter les feuilles en leur
donnant des numéros allant de la première à la
dernière, ensuite les parapher, chaque livre reçoit un
numéro répertorié par le greffier sur un registre
spécial.
En cas d’erreur, le commerçant ne peut ni gratter, ni
raturer, il doit corriger par des écritures nouvelles.
III- La finalité de la comptabilité :
L’art 19, alinéa 2 du C.C prévoit que si la comptabilité
est régulièrement tenue elle est admise par le juge
pour faire preuve entre commerçants à raison des
faits de commerce.
L’art 22 ajoute :
« au cours d’une instance judiciaire, le tribunal peut
ordonner d’office ou à la requête de l’une des parties,
la représentation ou la communication des
documents comptables ».
2éme partie: le fonds de
commerce:
Chapitre 1 : le statut juridique du fonds de
commerce
Le fonds de commerce est né à la pratique. L’art 79
du C.C le définit comme étant « un meuble
incorporel constitué par l’ensemble de biens
mobiliers affectés à l’exercice d’une ou de plusieurs
activités commerciales »
Tout commerçant possède un fonds, et ce fonds
constitue une propriété cessible et transmissible. La
reconnaissance de cette propriété est un fait d’une
importance capitale dans l’économie commerciale.
Le fonds de commerce est une réalité
juridique complexe dont il convient de
cerner les principaux éléments , avant de
décrire la situation privilégiée
faite au commerçant locataire pour lui
permettre de préserver son droit au bail et
par la même , la valeur économique de son
fonds.
Section 1 : Les éléments du fonds de
commerce
I- Les éléments corporels :
Ces éléments comprennent des droits sur des choses
corporelles et mobilières à l’exclusion des immeubles.
Ils portent sur le matériel et l’outillage ainsi que sur les
marchandises .
1- le matériel et l’outillage :
Ce sont des biens qui servent à l’exploitation du
fonds et qui ne sont pas destinés à être vendus :
outillage industriel, matériel d’équipement ,
meubles de bureaux…
Au point de vie économique et comptable, le
matériel entre comme les immeubles dans le
capital fixe de l’entreprise. Mais sur le plan
juridique, le matériel entre par sa nature dans la
catégorie des meubles.
2- les marchandises
Ce sont les matières premières destinées à être
transformées ou les produits et biens, destinés à
la vente. Elles se caractérisent par deux
particularités :
 En cas de cession du fonds, elles font l’objet
d’une évaluation distincte.
 En cas de nantissement du fonds, elles sont

toujours exclues.
II-Les éléments incorporels :
Ces éléments comprennent un ensemble de droits
indispensables à l’exploitation commerciale. Ils
confèrent au fonds de commerce l’essentiel
de sa valeur.
1- La clientèle et l’achalandage
Ce sont l’ensemble des consommateurs qui sont en
relation d’affaires avec le commerçant .La doctrine a
parfois tenté de donner un sens à cette distinction : La
clientèle est constituée par les clients permanents et
fidèles de l’entreprise en raison de sa compétence ou de
son savoir faire ; L’achalandage concerne les clients de
passage, attirés par l’implantation du FC.
En fait aucune conséquence pratique ne s’attache à
cette distinction( sur le plan juridique).Pour qu’il y ait
fonds , il faut que la clientèle réunisse deux
conditions :
A- La clientèle doit exister :
Une clientèle seulement virtuelle ou potentielle ne
saurait être prise en considération. Il n’est donc pas
suffisant d’ouvrir les portes de l’établissement
au public pour que la clientèle fasse son apparition, il
est indispensable aussi que la mise en exploitation ait
effectivement débutée.
B- Clientèle propre au fonds :
Il faut qu’elle soit au titulaire du fonds de
commerce, qu’elle lui soit rattachée en propre.
Cette condition n’est pas toujours remplie
lorsque la clientèle est dépendante d’une
clientèle plus vaste dont elle ne constitue qu’une
fraction. Tel est le cas lorsqu’on se trouve dans
un centre commercial, ou le restaurant installé
dans une entreprise plus vaste.
 2- Le nom commercial :
C’est l’appellation sous laquelle une personne
exerce son activité. Ça peut être son nom
patronymique précédé du prénom… Pour les
sociétés, le N.C est désigné sous le vocable de «
raison sociale» dans les sociétés de personnes, et
de « dénomination sociale » pour les sociétés de
capitaux.
A la différence du nom civil, le nom commercial
peut être transmis avec le fonds de commerce ou
à titre isolé .
3- L’enseigne :
C’est un signe extérieur qui permet
d’individualiser l’établissement, le magasin.
Elle peut considérer en un sigle, un logo, ou une
image apposée sur un local et se rapportant à
l’activité qui s’y exerce. L’enseigne bénéfice de la
même protection que le N.C, à condition qu’elle
soit spéciale, et que celui qui l’utilise justifié d’une
priorité d’usage.
4-Le droit au bail commercial :
C’est le droit de créance du locataire commerçant
à l’égard de l’immeuble dans lequel est exploité le
fonds, et dont l’objet est la jouissance des lieux
loués En raison de son importance surtout pour
le détaillant , le droit au bail fait l’objet d’une
protection spéciale, qui confère au commerçant
un véritable droit de renouvellement de son bail,
à défaut duquel le bailleur doit lui verser une
indemnité d’éviction‫ رهن‬.
5-Les droits de la propriété industrielle :

Ces droits désignent les brevets


d’invention, les marques de fabrique, de
commerce au de service, et les dessins et
les modèles.
Ce sont des biens de nature incorporelle
qui procurent à leurs titulaires un
monopole d’exploitation.
Chapitre2 : les opérations relatives au fonds
de commerce :
Les principales opérations dont le fonds de
commerce peut être l’objet sont :
la vente du F.C , l’apport en société le
nantissement et la mise en gérance libre.
Section1 : La vente du fonds de
commerce :
C’est une opération importante sur le plan
économique. Elle est importante pour le vendeur
et ses créanciers car le FC représente dans bien
des cas l’essentiel de leur gage. C’est un
investissement qui peut être considérable pour
l’acheteur car il y a des F.C de grande valeur .
L’art 81 de la loi 15-95 dispose : « Toute vente ou
cession de fonds ainsi que tout apport en société
ou toute attribution de F.C par partage ou
licitation est constaté par acte en la forme
authentique ou sous seing privé…. »Cet acte
mentionne :
1- Le nom du vendeur, la date et la nature de son
acte d’acquisition, le prix de cette acquisition en
spécifiant distinctement les prix des éléments
incorporels, des marchandises et du matériel.
2- L’états d’inscriptions des privilèges et
nantissements pris sur le fonds.

3- s’il y a lieu, le bail, sa date, sa durée, le


montant du loyer actuel, le nom et l’adresse du
bailleur.

4- L’origine de la propriété du F.C.


Le législateur a adopté un certain nombres de mesures
tendant à protéger les deux parties contractantes et les
créanciers du vendeur.
I- La protection du vendeur :
A fin de prémunir le vendeur contre le risque de non
paiement, le législateur à crée à son profit un privilège et
une action résolutoire.
1- Le privilège du vendeur
Le vendeur tant qu’il n’a pas été payé dispose d’un droit
qui lui permet de se faire payer prioritairement sur le prix
du fonds en cas de revente. Pour bénéficier de ce privilège,
celui-ci doit avoir été inscrit au RC (Art 92 de C.C).
L e privilège ne porte que sur les éléments du F.C
énumérés dans la vente et dans l’inscription. A défaut
de désignation précise, le privilège ne
portera que sur les éléments incorporels notamment le
nom commercial et l’enseigne, le droit au bail, la
clientèle et l’achalandage (Art 92 al3).
A peine de nullité, ce privilège doit être inscrit dans les
15 jours de la vente.
Le privilège du vendeur confère à ce dernier un droit de
préférence et un droit de suite.
2- L’action résolutoire :
C’est le droit conféré au vendeur de faire résoudre la
vente et de reprendre la possession du fonds. Pour
produire effet, elle doit être mentionnée et réservée
expressément dans l’inscription du privilège prévue à
l’Art 92 du C.C .
Le défaut d’inscription du privilège entraine donc, vis-à-
vis des tiers la perte de l’action résolutoire (Art 99 C.C)
Comme le privilège cette action est limitée aux seuls
éléments qui font partie de la vente. Le vendeur qui
entend utiliser cette garantie doit la notifier aux
créanciers inscrits sur le fonds (Art 101 du C.C)
II- La protection de l’acheteur :
Ces mesures concernent surtout les obligations que le
vendeur doit remplir vis-à-vis de l’acquéreur du F.C .Il y
a d’abord le transfert de la
propriété du F.C .En suite le vendeur s’oblige à garantir
l’acquéreur contre son fait personnel ce qui se
concrétise par les clauses de non rétablissement ou de
non concurrence au profit de l’acquéreur.
III- La protection des créanciers du
vendeur :
La publicité de la vente a pour but d’informer les
créanciers du vendeur et à leur permettre de faire
opposition et, éventuellement, surenchère du sixième
1- L’opposition :
Tous les créanciers (sauf le propriétaire bailleur) peuvent
former opposition au paiement du prix par lettre
recommandée avec accusé de réception adressée au
secrétariat-greffe du tribunal qui a reçu l’acte ou par
dépôt de l’opposition auprès dudit secrétariat contre
récépissé.
L’opposition doit être faite dans les quinze jours, au plus
tard, après la seconde insertion et doit mentionner, à
peine de nullité, le montant et les causes de la créance
et contenu une élection de domicile dans le ressort du
tribunal(Art 84, 85 du C.C)
Si l’opposition a été faite sans titre ou sans cause ou si
elle est nulle en la forme, et s’il n’y a pas instance
engagée au principal, le vendeur pourra se pouvoir
devant le juge de référés à l’effet d’obtenir l’autorisation
de toucher son prix malgré l’opposition ( Art 88 du C.C)
2- La surenchère du sixième :
Les créanciers disposent également d’un droit de
surenchère s’ils estiment que le prix de vente de fonds ne
correspond pas à sa valeur réelle. Ils peuvent donc
demander que le fonds soit mis en vente aux enchères
publiques, mais ils s’engagent à se porter acquéreur pour
le prix initial majoré du sixième de la valeur des éléments
incorporels, si aucune autre offre n’est faite (Art 94 du
C.C)
La surenchère n’est pas admise lorsque la première vente
du fond a été une vente aux enchères publiques par voie
judiciaire, le juste prix est présumé avoir été alors atteint.
Section2 : L’apport du fonds de commerce en
société :
Le commerçant, personne physique, peut apporter son FC
soit à une société qu’il créé avec d’autres personnes, soit à
une société déjà créé.
Même si cette opération ressemble beaucoup à celle de la
vente .Mais, il existe une différence persiste entre les deux
opérations .Elle concerne le mode de
paiement .En effet, l’équivalent fourni à l’apporteur n’est
pas ici une somme d’argent, mais des parts sociales ou
des actions.
Cette différence entraine quelques modifications dans la
situation desbcréanciers.
I- La publicité légale
Cette opération doit faire l’objet d’une publicité dans un
journal d’annonces légales et au bulletin officiel.
En effet dans les 15 jours de la dernière publication, les
créanciers de l’apporteur doivent faire au greffe du T.P.I
une déclaration indiquant leur qualité de créancier et la
somme qui leur est due (art 104 du CC).le créancier
négligent perdra toute action contre la société, et sera
réduit à une action personnelle contre l’apporteur seul.
Une telle procédure permet d’informer les associés de
l’apporteur sur les créanciers inscrits qui gèrent le fonds.
Et ouvre un délai pendant lequel ils disposent d’une
option :
II- L’option des associés :
La déclaration des créanciers de l’apporteur met la
société en demeure, soit de prendre à sa charge ce
passif, soit renoncer à l’apport envisagé.
Les associés ou l’un deux disposent d’un délai de 30 jours
pour demander l’annulation de la société ou de l’apport.
S’ils ne disent rien, la société est tenue solidairement
avec l’apporteur du FC des dettes qui ont été déclarées.
Section 3 : le nantissement du fonds de
commerce
D’après l’art 1170 du D.O.C : « le nantissement est un
contrat par lequel le débiteur, ou un tiers agissant dans
son intérêt, affectent une chose mobilière ou
immobilière ou un droit incorporel à la garantie d’une
obligation, et confère au créancier le droit de se payer
sur cette chose, par préférence à tous autres créanciers
au cas où le débiteur manquerait à le satisfaire ».
Cette une sûreté réelle constituée sur le FC sans
dépossession du débiteur.
Le nantissement permet au propriétaire du FC de le
donner en garantie de ces dettes. Il obéit à des
conditions qui sont prévues par le CC et produit
certains effets.
I- Les conditions du nantissement :
Concernent l’assiette du nantissement, sa forme et sa
publicité :
1-Les conditions de fond :
Il ressort de l’art 107 du CC que seuls sont susceptibles
d’être compris dans le nantissement les éléments
énumérés dans l’art 8 à l’exclusion de la
marchandise.
A défaut de désignation expresse et précise dans l’acte
qui le constitue, le nantissement ne comprend que : le
nom commercial, l’enseigne, le droit au
bail, la clientèle et la chalandage.
Dans le cas où le nantissement porte sur un FC et ses
succursales, celles-ci doivent être désignées par
l’indication précise de leur siège.
Les marchandises ne sont jamais comprises dans le
nantissement parce qu’elles sont destinées à la vente,
or cela est incompatible avec la notion de
gage qui voudrait que son objet reste le même.
3- Les conditions de forme et de publicité :
Selon l’art 108 du CC , le nantissement doit être
constaté par écrit authentique ou sous-seing privé. Un
extrait de l’acte doit être inscrit au RC dans les quinze
jours de sa date.
Au cas où le nantissement porte sue des droits de
propriété industrielle , une inscription
complémentaire doit être prise à l’office marocain de
la propriété industrielle. Cette inscription n’est pas
soumise à la publicité dans
es journaux (art 108 al 3).
II-les effets du nantissement :
Le commerçant reste à la tête de son exploitation. Il conserve
ainsi ses principales prérogatives d’administration et de
disposition. Le nantissement peut produire les effets
suivants :
1-Effets à l’encontre du créancier nanti :
Le créancier nanti dispose d’un droit de préférence et d’un
droit de suite.
A- Droit de préférence :
C’est un droit qui permet au créancier nanti inscrit sur le FC
de se faire payer sur le prix du fonds( que cette vente soit
amiable ou judiciaire). Il est payé avant les créanciers
chirographaires.
B- Droit de suite :
C’est un droit qui permet aux créanciers privilégiés
inscrits et non payés de saisir le FC entre les mains de
n’importe quelle personne et à quel titre que ce soit,
qu’il s’agisse du propriétaire ou d’un nouvel acquéreur
en vue de le faire vendre aux enchères publiques.
2-Effets à l’encontre du commerçant débiteur :

A- Cas de déplacement du fonds de commerce :


Selon l’art 111du CC :« En cas de déplacement du FC ,les
créances inscrites deviendront exigibles si le propriétaire
du fonds n’a pas fait connaitre aux créanciers inscrits,
quinze jours au moins à l’avance, son intention de
déplacer le fonds et le nouveau siège qu’il entend lui
donner ».
L’alinéa 4 dispose : « le déplacement du fonds de
commerce sans le consentement du vendeur ou du
créancier gagiste peut, s’il en résulte une dépréciation
du fonds, rendre leurs créanciers exigibles ».
D’après cette disposition s’il n’y a pas dépréciation du
fonds de commerce, les créanciers ne sont pas en droit
de rendre leurs créances exigibles. Il leur faut démontrer
la dépréciation.
B- La vente séparée d’un élément du fonds de
commerce :
La vente séparée d’un élément du fonds de commerce
peut diminuer sa valeur et peut même provoquer sa
disparition. C’est pour cela que le code de commerce
prévoit des mesures protectrices qui constituent à
notifier aux créanciers inscrits la vente poursuivie soit
sur saisie-exécution soit en vertu de la réalisation du
gage.
La vente séparée ne peut avoir lieu que dix jours ou
plus tôt après la notification de la poursuite aux
créanciers qui se sont inscrits quinze jours au moins
avant ladite notification au domicile élu par eux dans
leurs inscriptions.
Dans ce délai de dix jours, tout créancier inscrit, que sa
créance soit ou non échue, pourra demander au
tribunal la vente globale de tous les éléments du fonds
de commerce (art. 120 du CC).
C- La résiliation du bail :
Le bail peut être résilié à la demande du propriétaire
pour plusieurs raisons : la résiliation peut avoir pour
cause le défaut de paiement des loyers, le bailleur peut
avoir besoin du local pour y habiter etc.…
La résiliation du bail peut entrainer une diminution
notable de la valeur du fonds, car le droit de bail en
constitue souvent un élément très important du
fonds.
C’est pourquoi le code de commerce dispose dans son art
112 « le propriétaire qui poursuit la résiliation du bail de
l’immeuble dans lequel est exploité un fonds de
commerce grevé d’inscriptions, doit notifier sa demande
aux créanciers antérieurement inscrits au domicile par
eux élus dans leurs inscriptions. Le jugement ne peut
intervenir que 30 jours après la notification.
La résiliation amiable du bail ne devient définitive que 30
jours après la date de la notification qui en a été faite
aux créanciers inscrits au domicile élu ».
Section IV : la gérance libre :
La gérance libre(ou gérance location) permet au
propriétaire de donner la gérance du fonds à une
personne en vertu d’un contrat de location moyennant
un loyer qui peut prendre parfois la forme d’une
participation aux bénéfices. Dans ce cas, le gérant
locataire bénéficie de la qualité de commerçant et
assume seul les risques de l’exploitation. Le code de
commerce a réglementé pour la première fois la
gérance libre dans l’article (152 à 158) ; cette
réglementation traite de la publicité du contrat tout en
veillant à la protection de tous les intérêts en présence.
Chapitre IV: classification des
sociétés commerciales

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