Le tissu nerveux
Pierre-Luc Côté
[email protected]
Cegep François-Xavier-Garneau
Adapté de Jean-François Trottier (cégep FXG) et de Gilles Bourbonnais (cégep Ste-Foy)
Maintien de l’homéostasie
1. Système endocrinien (hormonal) OH
Sécrétion d’hormones dans le sang H
H H
Action lente mais soutenue O
2. Système nerveux
Influx nerveux (courant électrique le long d’un neurone)
Action rapide et brève
Fonctions du système nerveux
1. Perception de l’information sensorielle
(interne et externe)
2. Traitement de l’information (intégration)
Système nerveux central (SNC; encéphale et
moelle épinière)
3. Production d’une réponse motrice
Organes végétatifs
Muscles volontaires
Système nerveux périphérique (SNP; nerfs)
SNC et SNP
•Traitement de
l’information
•Lien entre les
fonctions sensorielles
et motrices
•Achemine l’information au SNC
et envoie l’information en
provenance du SNC (nerfs)
Système nerveux
Système nerveux central (SNC) Système nerveux périphérique
Encéphale Moelle épinière Voie sensitive (afférente) Voie motrice (efférente)
Neurones Neurones
sensitifs sensitifs
somatiques viscéraux
Système nerveux Système nerveux
somatique autonome
Division sympathique Division parasympathique
Voie sensitive (afférente)
Neurofibres sensitives
Propagation des influx nerveux
en provenance des récepteurs
vers le SNC
Voie motrice (efférente)
Neurofibres motrices
Propagation des influx nerveux
en provenance du SNC vers les
effecteurs
Système nerveux somatique
Volontaire (conscient)
Propagation des influx nerveux
aux muscles squelettiques
Système nerveux autonome
Involontaire
Propagation des influx nerveux
vers les muscles lisses, le
muscle cardiaque et les glandes
Régulation du milieu interne
Division sympathique
Prépare l’individu à l’action
(situation de stress)
Hausse du pouls, inhibition de la
digestion, inhibition de la salivation, etc.
Division parasympathique
Conservation de l’énergie
Baisse du pouls, stimulation de la
digestion, stimulation de la salivation, etc.
Les divisions sympathique et parasympathique ont habituellement
des effets contraires.
Stimulus Réponse
Organes Muscles Muscle cardiaques,
Récepteurs squelettiques muscles lisses et
glandes
Système nerveux Système nerveux
somatique autonome (para- et
Transmission de sympa-)
SNP l’influx nerveux par
des voies sensitives
Transmission des influx nerveux par les
voies motrices
Analyse et intégration de l’information qui permet
SNC
l’élaboration et l’initiation d’une réponse.
Histologie du tissu nerveux
2 types de cellules:
Neurones (transmission de l’influx nerveux)
Gliocytes (ou névroglies; soutiennent les neurones)
Histologie: les neurones
Les neurones:
Sont des cellules excitables.
Propagation des influx nerveux.
Ont une longévité extrême.
Peuvent fonctionner pendant toute une vie.
Sont amitotiques.
Ne se divisent pas.
Consommation d’énergie très élevée
Plusieurs transporteurs actifs dans la membrane des
neurones.
Le modèle du neurone
Corps cellulaire: Contient le noyau et les
organites.
Dendrites: Acheminent les messages vers le
corps du neurone.
Cône d’implantation: Lieu d’où part l’influx
nerveux.
Axone: Conduit les messages du corps du
neurone.
Terminaisons axonales: Extrémités de l’axone
où se transmettent les influx à d’autres cellules.
Synapse: Point de rencontre entre les
terminaisons axonales et une autre cellule.
Le modèle du neurone (suite)
Cellules de Schwann (neurolemmocytes)
Entourent l’axone.
Forment une couche isolante (gaine de
myéline; isolant électrique).
Permettent d’accélérer la vitesse de
l’influx nerveux le long de l’axone.
C’est un gliocyte du SNP (nerfs).
Axone
Cellule de
Schwann
Espace entre les cellules de Schwann: nœud de Ranvier ou
nœud de la neurofibre.
Gaine de myéline
Dans le système nerveux périphérique (SNP):
Formée de cellules de Schwann (neurolemmocytes)
Dans le système nerveux central (SNC):
Formée des prolongements des oligodendrocytes (un autre
gliocyte)
Substance blanche et grise du cerveau
Substance blanche:
Formée surtout d’axones myélinisés
Substance grise:
Formée surtout de corps cellulaires et des axones
amyélisés
Classification structurale des neurones
Selon le nombre de prolongements
qui émergent du corps cellulaire.
Dans certains organes des sens Bipolaire
(rétine, muqueuse olfactive)
Les plus abondants (principal
neurone dans le SNC)
Multipolaire
Surtout dans le SNP
Unipolaire
Variétés de neurones
Noir: corps du
neurone et
dendrites
Rose: axone
Classification fonctionnelle des neurones
Selon le sens de la propagation de l’influx nerveux:
Neurones sensitifs (ou afférents): acheminent l’information au
SNC (surtout des neurones unipolaires; bipolaires aussi).
Neurones moteurs (ou efférents): acheminent l’information du
SNC aux organes effecteurs (surtout des neurones
multipolaires).
Interneurones (ou neurones d’association): font le lien entre
les neurones sensitifs et moteurs (surtout multipolaires).
Neurone sensitif
Neurone
moteur
Histologie: Les gliocytes (ou névroglie)
Cellules qui entourent, isolent, protègent et soutiennent les
neurones.
Plus petits que les neurones, mais beaucoup plus nombreux.
Ils constituent la moitié de la masse de l’encéphale.
Cellules mitotiques (division cellulaire possible)
Histologie (gliocytes) SNC vs SNP
Système nerveux central:
Astrocytes
Oligodendrocytes
Microglies
Épendymocytes
Système nerveux périphérique:
Gliocytes ganglionaires
Nerolemmocytes (cellules de Schwann)
Astrocytes
Entourent les neurones pour créer un
réseau de soutien.
Régulent les échanges entre les
capillaires et les neurones (ex:
glucose).
S’attachent aux capillaires pour
constituer une partie de la barrière
hémato-encéphalique.
Régissent le milieu chimique entourant
les neurones (ex.: recaptage des
neurotransmetteurs et des ions K+).
Microglies
Rôle protecteur pour le SNC:
Remplacent les cellules du système immunitaire
puisqu’elles n’ont pas accès au SNC.
Phagocytes les microorganismes étrangers ou les
neurones endommagés, anormaux ou morts.
Oligodendrocytes
Leurs prolongements s’enroulent autour des axones du SNC
pour former une gaine de myéline.
Responsables de la matière blanche de l’encéphale.
Épendymocytes
Tapissent les cavités centrales de l’encéphale et de la moelle
épinière.
Forment la barrière perméable entre le liquide cérébro-spinal et
le liquide interstitiel du SNC.
Le battement de leurs cils facilite la circulation du liquide cérébro-
spinal.
Gliocytes ganglionnaires (ou cellules satellites)
Entourent le corps cellulaire des neurones situés dans le SNP,
plus précisément au niveau des ganglions.
Un ganglion: regroupement de corps cellulaires de neurones
hors du SNC.
Fonction de soutien et métabolique.
Neurolemmocytes (cellules de Schwann)
Cellules constituant la gaine de myéline dans le SNP
Même fonction que les oligodendrocytes du SNC
La neurophysiologie
(mécanisme de propagation de l’influx nerveux)
Potentiel de repos de la membrane
Il existe une différence de charge entre l’intérieur et l’extérieur
de l’axone: forme un potentiel de membrane.
Le potentiel de membrane d’un neurone non stimulé est de -70
mV. (le signe « – » indique que le cytoplasme est chargé
négativement alors que la face externe est chargée positivement.)
Composition ionique de chaque côté de la membrane de l’axone
Milieu intracellulaire:
Ions positifs: K+ surtout (un peu ne Na+)
Ions négatifs: protéines et ions phosphates -
Il y a un léger surplus d’ions négatifs (-)
Milieu extracellulaire:
Ions positifs: Na+ surtout (un peu de K+)
Ions négatifs: Cl- surtout +
Il y a un léger surplus d’ions positifs (+)
Composition ionique de chaque côté de la membrane de l’axone
PO43- PO43- PO43-
-
Prot- Prot-
Cl- Milieu
K + PO43- Na+
K + intracellulaire
K+
K+ K+ K+
K+ Prot
-
PO43- PO43- Prot-
---------------------------------------
Membrane
plasmique
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
+
Na+ Cl- Na+ Cl- Na+ Na+ Milieu
Cl-
extracellulaire
Cl-
Na+ K+
Na+ Na+
Cl -
Composition ionique de chaque côté de la membrane de l’axone
Composition ionique de chaque côté de la membrane de l’axone
La membrane plasmique est
perméable.
Présence de protéines de transport:
Transporteur à Na+
Transporteur à K+
Pompe Na+/K+
Diffusion et transport actif des ions
Le K+ diffuse vers l’extérieur de la cellule selon son gradient de
concentration.
Le Na+ diffuse vers l’intérieur de la cellule selon son gradient de
concentration.
Cependant, la membrane est 75 fois plus perméable aux ions K+
qu’aux ions Na+. Donc, l’extérieur a tendance à être chargé « + ».
Si on laissait la diffusion se produire, on atteindrait un équilibre
des charges de chaque côté de la membrane, ce qui enlèverait le
potentiel de repos.
Les pompes Na+/K+ pompent les ions Na+ vers l’extérieur de la
cellule et pompent les ions K+ vers l’intérieur.
Se fait contre le gradient de concentration, donc nécessite de l’énergie
(ATP)
Environ 70% de l’énergie dépensée par un neurone sert à faire
fonctionner les pompes Na+/K+.
Les potentiels gradués
Un stimulus provoque l’ouverture de canaux ioniques.
Cela induit la diffusion des ions qui modifient le potentiel de
membrane.
Cela crée un potentiel gradué:
Modification locale et de courte durée du potentiel
membranaire.
L’intensité du potentiel gradué est directement proportionnel à
l’intensité du stimulus.
Si un stimulus ouvre des canaux à potassium (K+):
Diffusion des ions K+ à l’extérieur de la cellule
rend le potentiel de membrane plus négatif.
Ce phénomène se nomme
l’hyperpolarisation
Hyperpolarisation
Potentiel de repos (-70 mV)
Hyperpolarisation
Si un stimulus ouvre des canaux à sodium (Na+):
Diffusion des ions Na+ vers l’intérieur de la cellule
rend le potentiel de membrane moins
négatif.
Ce phénomène se nomme la
dépolarisation
Dépolarisation
Dépolarisation
Potentiel de repos (-70 mV)
Propagation des potentiels gradués
Suite à un stimulus dépolarisant, les ions positifs qui ont entré
dans le neurone migrent vers les régions négatives adjacentes.
Les ions négatifs, pour leur part, migrent vers les régions
positives.
Cette migration ne se fait pas de part et d’autre de la
membrane, mais bien le long de celle-ci.
La perméabilité de la membrane aux ions fait que les potentiels
gradués ne se déplacent que sur de courtes distances avant de
disparaître.
Les potentiels d’action
Un stimulus fort ouvre un plus grand nombre de canaux
protéiques.
Ceci produit une plus grande perméabilité de la membrane
plasmique.
Le potentiel d’action
Si un stimulus dépolarisant est assez fort:
La dépolarisation peut atteindre le seuil d’excitation (environ
-55 mV).
Alors, des canaux voltage-dépendants à sodium s’ouvrent et
font entrer massivement du Na+ dans le neurone.
Ceci accroît la dépolarisation au point d’inverser les polarités
de la membrane.
La réaction déclanchée par l’atteinte du seuil d’excitation
se nomme le potentiel d’action.
Le potentiel d’action
3. Potentiel d’action (inversion des
polarités)
2. Ouverture des canaux à Na+
voltage-dépendants
1. Seuil d’excitation atteint
Inversion des polarités où le stimulus agit.
Potentiel de repos
Seuil d’excitation
Qu’est-ce qu’un canal voltage-dépendant?
C’est un canal protéique qui s’ouvre sous l’effet d’un courant
électrique.
Le déplacement d’ions à travers la membrane du neurone et
dans celui-ci constitue un courant électrique qui ouvre les
canaux voltage-dépendant.
Deux types de canaux voltage-dépendants sont impliqués
dans le potentiel d’action:
Canaux à sodium
Canaux à potassium
Une fois le potentiel d’action atteint, il y a une repolarisation.
Il y a une baisse de polarité.
Due à 2 facteurs:
Fermeture des canaux voltage-dépendants à Na+
Arrêt de diffusion des Na+
Ouverture des canaux voltage-dépendants à K+
Sortie des ions K+
Repolarisation
L’excès de sortie des ions K+ induit une hyperpolarisation.
Le potentiel de membrane devient plus négatif que celui au repos.
Les canaux voltage-dépendants à K+ se ferment.
La pompe Na+/K+ rétablit le potentiel de repos.
Phase d’hyperpolarisation
Pendant la phase
d’hyperpolarisation, le neurone est
insensible à un stimulus. L’intervalle
de temps de cette hyperpolarisation
se nomme la période réfractaire.
La durée de la période réfractaire
détermine la fréquence maximale de
déclanchement des potentiels d’action.
Animation
La loi du tout ou rien
Le potentiel d’action est une réaction de type tout ou rien.
Si le stimulus est assez fort pour atteindre le seuil d’excitation:
potentiel d’action.
Si le stimulus n’est pas assez fort pour atteindre le seuil
d’excitation: pas de potentiel d’action.
+30
Seul le stimulus S3 est
assez intense pour
induire un potentiel
d’action.
Peu importe l’intensité
du stimulus, la
dépolarisation ne
dépassera pas + 30 mV.
Un stimulus hyperpolarisant (qui ouvre des canaux K+) n’induit pas de potentiel d’action.
Exercice!
À partir du schéma montrant les différentes phases du potentiel
d’action, indiquez à chaque étape l’état (ouvert ou fermé) des
canaux à sodium et à potassium (voltage-dépendant ou non).
4
3
2
5
1
1. Phase de repos
Canaux à Na+: ouverts
Canaux à K+: ouverts
Canaux VD à Na+: fermés
Canaux VD à K+: fermés
2. Excitation par le stimulus:
Canaux à Na+: ouverts (un peu plus)
Canaux à K+: ouverts
Canaux VD à Na+:fermés
Canaux VD à K+: fermés
3. Phase de dépolarisation:
Canaux à Na+: ouverts (un peu plus)
Canaux à K+: ouverts
Canaux VD à Na+:ouverts
Canaux VD à K+: fermés
4. Phase de repolarisation:
Canaux à Na+: ouverts
Canaux à K+: ouverts
Canaux VD à Na+:fermés
Canaux VD à K+: ouverts
5. Phase d’hyperpolarisation
Canaux à Na+: ouverts
Canaux à K+: ouverts
Canaux VD à Na+:fermés
Canaux VD à K+: fermés
Quel est le lien entre le potentiel d’action et l’influx nerveux?
Influx nerveux: déplacement du potentiel d’action le long de la
membrane du neurone.
Nous avons vu qu’un
stimulus engendrait un
potentiel d’action ce qui
induisait un inversement
de la polarité du neurone
à l’endroit où ce stimulus
agit.
Il y a un
déplacement d’ions
dans le voisinage
de la zone
dépolarisée.
Les faibles courants électriques engendrés par le déplacement
des ions provoquent l’ouverture de canaux à sodium voltage-
dépendants au voisinage de la zone qui s’est dépolarisée, ce qui
provoque la dépolarisation de la zone voisine.
Les canaux à
sodium vont
s’ouvrir ici.
La dépolarisation d’un point de la membrane provoque
la dépolarisation du point voisin.
Influx nerveux: déplacement du
potentiel d’action le long de la
membrane du neurone
Même principe que la vague
dans un stade
L’influx nerveux
Les anesthésiques locaux bloquent les canaux à sodium.
Que se passe-t-il si on bloque ces canaux?
Tétrodotoxine
La tétrodotoxine est une neurotoxine retrouvée dans les viscères
des tétraodons (dont le poisson fugu).
La tétrodotoxine bloque les pores des canaux sodium voltage-
dépendants.
L’influx nerveux est donc inhibé et cela cause une paralysie.
Vitesse de l’influx nerveux
De 3 à 360 km/h environ
La vitesse dépend:
Diamètre de l’axone: grand diamètre = haute vitesse.
Présence de myéline: augmente la vitesse.
Les canaux voltage-dépendants sont regroupés au niveau des
nœuds de Ranvier.
Le potentiel d’action saute d’un nœud de Ranvier à l’autre
(conduction saltatoire).
Permet d’accélérer la vitesse de l’influx nerveux.
dépolarisation
dépolarisation
repolarisation
repolarisation dépolarisation
Sclérose en plaque
Syptômes: troubles de vision, perte de maîtrise musculaire,
difficultés d’élocution, incontinence urinaire.
Causée par l’altération des gaines de myélines dans le SNC
par le système immunitaire (maladie auto-immune)
Gène la transmission de l’influx nerveux.
Perception de l’intensité d’un stimulus
Le SNC peut faire la différence entre un stimulus faible et un
stimulus fort même si le potentiel d’action est le même dans
les deux cas:
1. Un stimulus fort fait réagir plus de neurones qu’un stimulus faible.
Perception de l’intensité d’un stimulus
2. La fréquence des potentiels produits est plus grande si le
stimulus est fort.
Notez que le potentiel d’action a toujours la même intensité.
C’est la fréquence qui détermine l’intensité du stimulus.