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Mécanique de la Rupture et Fatigue

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE

République du Mali
LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (MESRS) Un Peuple – Un-
But – Une Foi
Master 2_ Conception des Système Mécanique _ Ecole Nationale d’Ingénieurs Abderrahmane
Baba Touré

INTRODUCTION A LA MECANIQUE DE LA
RUPTURE ET DE LA FATIGUE
Groupe I :
Mahamadou M DIAKITE
Aïssata FOFANA
Sidy TRAORE

Maitre chargé du cours :


Dr. Kalilou SIDIBE
TABLE DE MATIÈRES

GÉNÉRALITÉ

DÉFINITION DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE
HISTORIQUE
QUELQUES PIONNIERS DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE

OBJECTIFS DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE EN CONCEPTION
CRITÈRE D’ÉNERGIE
•THÉORIE DE LA RUPTURE FRAGILE DE GRIFFITH À LA RUPTURE DUCTILE D’IRWINLES
•DIFFÉRENTS MODE DE RUPTURE

CONCEPT D’INTENSITÉ DES CONTRAINTES

PROPAGATION DES FISSURES ET CONCEPT DE TOLÉRANCE AU DOMMAGE

INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS DE MATÉRIAUX SUR LA RUPTURE

ANALYSE DIMENSIONNELLE EN MÉCANIQUE DE LA RUPTURE


GENERALITE

Grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la mise en forme des métaux durant les trois derniers
siècles, le fer et l'acier ont progressivement remplacé le bois et le ciment comme matériaux structuraux de
base. Malgré leurs hautes caractéristiques, les structures réalisées à partir de ces matériaux ont connu des
accidents importants dès le milieu du 19ème siècle. L’origine de ces accidents était la rupture inattendue
de composants critiques de ces structures.
En effet les défauts sont présents dans pratiquement toutes les structures métalliques, ils apparaissent
lors de la fabrication essentiellement. A la solidification, les variations de volume, de température et de
composition, induisent des séries de défauts, les soudures exacerbent les mêmes phénomènes. L'usinage
et les traitements thermiques peuvent être à l’origine de fissurations dans l'état final des pièces
GENERALITE

La machine de l’évolution étant mise en marche les grosses infrastructures se multiplièrent


avec l’utilisation du nouveaux matériaux qu’étaient l’acier et les accidents très onéreux sur le plan
financier et encore plus sur le plan humain.
Le grand responsable de ces accident n’est autre que la rupture
La rupture d’un matériau est la séparation, partielle ou complète, en deux ou plusieurs pièces sous
la contraintes
GENERALITE
On distingue deux catégories de rupture des structures :
celle provenant d’une négligence dans la conception, dans la construction ou dans l’utilisation de la structure,
et celle liée à l’utilisation d’un nouveau matériau ou d’un nouveau procédé, qui peut provoquer une rupture
inattendue.
Dans le premier cas: le risque de rupture peut être évité, si la structure est bien dimensionnée avec un choix de
matériaux adaptés, et les chargements correctement évalués.
Dans le second cas : le meilleur exemple est celui des bateaux, dont la coque était assemblée par soudage (et
non plus par rivetage), le soudages coûtaient moins chers et étaient plus rapidement fabriqués. Ce changement
de procédé de fabrication, normalement il représente un progrès.
C’EST LE CONTRAIRE QUI C’EST PRODUIT: DES RUPTURES CATASTROPHIQUES DÉVELOPPÉES DANS LES JOINTS DE
SOUDURE. BEAUCOUP DE BATEAUX ONT ÉCHOUÉS DANS LE PACIFIQUE ET DANS L’ATLANTIQUE .
GENERALITE
ACCIDENT DU BOEING 737 D’ALOHA AIRLINES
28 Avril 1988

Déchirure de l’avant du fuselage sur une longueur de 6 m .


95 personnes à bord : décès d’un membre de l’équipage .

Avion en service depuis 1969 (89090 vols) 13 vols par jour durant 19 ans
GENERALITE
Naufrage du FLARE 16 janvier 1998 au large de Terre Neuve

Par gros temps, le «FLARE» s'est brisé en deux. Vingt et un membres de l'équipage ont péri et quatre ont
survécu. Le gasoil qui s'est échappé n'a pu être récupéré et s'est dispersé sur une grande superficie,
causant de la pollution.
GENERALITE

EXPLOSION D’UNE CONDUITE DE GAZ(BELGIQUE)

Une conduite de gaz naturel sous haute pression (80 bars) a explosé. Un tronçon de
la conduite de gaz, mesurant 11 mètres et pesant plusieurs tonnes, a été projeté à
près de 200 mètres cette explosion a cause la mort de 24 personnes; elle a aussi fait
de nombreux mutilés et grands brûlés (132)
GENERALITE

Ainsi l’utilisation de l’acier pour développer les structures modernes montre ses faiblesses.
Des ruptures se produisaient parfois pour des niveaux de charges inférieurs à la limite d’élasticité,
malgré le surdimensionnement
De plus pour des raison économique cette solution ne tenait pas la route. Le seul moyen est de
prendre en compte la réalité du matériaux

LA RECHERCHE DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE


DEVIENT DONC LA BOUÉE DE SAUVETAGE DES
CONCEPTEURS
GENERALITE

DEFINITION DE LA MECANIQUE DE LA RUPTURE ET DE LA FATIGUE


La mécanique de la rupture est une discipline qui a pour objet l’étude le comportement mécanique
d’un matériau en présence de fissures macroscopiques. Cela revient notamment à déterminer le
champ des contraintes et des déformations au voisinage de la pointe d’une fissure. L’étude de ces
champs mécaniques permettant ensuite de juger de la stabilité ou non d’une fissure.
HISTORIQUE
1452-1519: LES PREMIERS ESSAIS DE RUPTURES ONT ÉTÉ MENÉS PAR LÉONARD DE
VINCI
HISTORIQUE
Expérience de Galileo Galilée (1564 – 1641) sur la résistance à la rupture de poutres
encastrées.
HISTORIQUE
Schéma de l’expérience menée par Buffon (Georges Louis Leclerc, 1707-1788) sur la rupture
du bois
HISTORIQUE

LES PIONIERS DE LA MECANIQUE DE RUPTURE LINEAIRE


1920: Griffith établit une relation directe entre la taille du défaut et la contrainte de rupture
1948-1955: Irwin proposa une extension de l’approche de Griffith aux matériaux ductiles . il
développa ensuite le concept de taux de restitution d’énergie sous une forme facilement exploitable
par les concepteurs de structures. En 1957, s’appuyant sur les travaux de Westergaard, Irwin
montra que les déplacements et les contraintes élastiques près de l’extrémité d’une fissure sous
chargement pouvaient être décrits à l’aide d’un paramètre unique issu de la mécanique linéaire de
la rupture, le facteur d’intensité des contraintes (FIC).
HISTORIQUE

EXPLOSION DES CRITERE DE MECANIQUE ELASTOPLASTIQUE DE LA RUPTURE


1960-1980: cette période vit une intensification des recherches sur la rupture avec deux écoles
concurrentes. D’un coté, les tenants de l’approche par la mécanique linéaire de la rupture et de
l’autre, les partisans de la plastification développée à l’extrémité d’une fissure.
Si les recherches en mécanique de la rupture sont restées centrées entre 1960 et 1980 sur l’effet
de la plastification, elles se sont ensuite orientées vers l’étude des comportements viscoplastique
et/ou viscoélastique
HISTORIQUE

Plus récemment, de nouvelles approches tentent de relier le comportement local à l’échelle


microscopique au comportement global lors de la rupture d’un matériau. Ces approches micro-
macro deviennent parfois nécessaires lorsqu’on atteint les limites d’utilisation des approches plus
classiques
OBJECTIFS DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE

DONNER DES RÉPONSES AUX QUESTIONS SUIVANTES:


• QUELLE SERA LA RÉSISTANCE RÉSIDUELLE EN FONCTION DE LA LONGUEUR DE LA FISSURE?
• QUELLE TAILLE DE LA FISSURE PEUT ÊTRE TOLÉRÉE À UN CHARGEMENT DE SERVICE DONNÉ?
• QUEL EST LE NOMBRE DE CYCLE (DURÉE DE VIE RÉSIDUELLE) NÉCESSAIRE POUR FAIRE
PROPAGER UNE FISSURE INITIALE JUSQU’À UNE TAILLE CRITIQUE?
• QUELLE TAILLE DE DÉFAUT, PRÉEXISTANT, PEUT ÊTRE TOLÉRÉE LORS DE LA MISE EN SERVICE
DE LA STRUCTURE?
• QUELLE DOIT ÊTRE LA FRÉQUENCE DES INSPECTIONS DE LA STRUCTURE?
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE EN CONCEPTION

Deux approches sont utilisées pour le dimensionnement des structures ( FIGURE


1). La première, la plus classique, repose sur la limité d’élasticité du matériau σe ,
alors que la seconde s’appuie sur le concept de ténacité KC issu de la mécanique
linéaire de la rupture (MLR).
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

Contrainte appliquée Limite d’élasticité

Contrainte appliquée

Taille du défaut Ténacité du matériau

FIGURE 1: COMPARAISON DE L’APPROCHE CLASSIQUE ET DE L’APPROCHE UTILISANT LE MLR


UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

Pour la mécanique de la rupture, trois études alternatives sont possibles :


• L’une utilise un critère d’énergie,
• L’autre le concept d’intensité des contraintes critique
• L’intégrale de Rice
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
Critère d’énergie
L’approche énergétique est basée sur le postulat suivant : l’extension d’une fissure qui conduit à la
rupture se produit lorsque l’énergie fournie est suffisante pour vaincre la résistance du matériau. Cette
résistance se compose de l’énergie de création de surface, de l’énergie de plastification de l’extrémité de la
fissure, et éventuellement d’autres types d’énergies dissipatives associées à la propagation d’une fissure.
Griffith fut le premier à proposer un critère d’énergie pour la rupture des matériaux fragiles, critère
ensuite étendu aux matériaux ductiles par d’autres auteurs (dont Irwin et Orowan).
THÉORIE DE LA RUPTURE FRAGILE DE GRIFFITH À LA
RUPTURE DUCTILE D’IRWIN

L’énergie de Griffith notée G (qu’on appelle aussi taux de restitution d’énergie), est définie en
liaison avec la variation d’énergie par unité de surface fissurée, associée à la propagation d’une
fissure dans un matériau linéaire élastique. La rupture se produit lorsque G atteint une valeur
critique GC . cette valeur est en fait une mesure de la ténacité du matériau.
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

Pour une fissure de longueur 2a (figure 2) dans une plaque de dimensions infinies (c’est à dire
lorsque la longueur de fissure est très petite par rapport aux dimensions de la plaque dans la plan de
chargement) constituée d’un matériau de module de Young E et soumise à une contrainte nominale
de traction σ∞ , l’énergie de Griffith G par unité de surface fissurée est donnée par :

σ

G = I.1

2a

figure2: fissure transversante de longueur 2a dans une plaque infinie


UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
La figure I.3 illustre bien la différence entre l’approche classique qui fait abstraction de l’existence d’une
fissure (le critère de rupture est σ∞ = σE ) et l’approche par la MLR qui prend en compte la présence de la
fissure (σ∞ proportionnelle à 1/ ). la zone de non rupture située sous les deux courbes représentant les
approches précédentes qui montre chacune des deux zones limitées par la longueur de défaut a0 , correspond à
une approche particulière.
L’énergie de Griffith G est la force motrice dans un matériau dont la résistance à la rupture est donnée
par Gc . ce qui peut être mis en analogie avec l’approche basée sur la limite d’élasticité où la contrainte joue le
rôle de force motrice dans un matériau dont la résistance à la déformation plastique est donnée par la limite
d’élasticité σe .
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
• La rupture se produit lorsque la contrainte appliquée σ∞ , devenue trop grande, atteint une
certaine valeur σR . par conséquent, si GC désigne la valeur critique de l’énergie obtenue pour la
contrainte appliquée σR , la relation précédente donne la formule :

GC = I.2

Notons que pour une valeur fixée de GC , la contrainte à rupture σR varie avec 1/ de même, si les
valeurs GC et σ∞ sont fixées, la longueur de défaut critique ac à laquelle la rupture se produit, est
donnée par :
aC = I.3
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

• FIGURE3: COMPARAISON ENTRE L’APPROCHE CLASSIQUE ET CELLE DE LA MLR


UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

Cette analogie illustre aussi le concept de similitude. La limite d’élasticité d’un matériau,
mesurée à partir d’essais sur des éprouvettes de laboratoire, est indépendante de la taille des
éprouvettes et peut donc être utilisée pour des structures de tailles différentes dès lors que le
matériau est raisonnablement homogène. Ce principe de similitude est l’une des hypothèses
fondamentales de la mécanique de la rupture : la ténacité d’un matériau (mesurée par GC ) est
indépendante de la taille et de la géométrie de la structure fissurée. Cette hypothèse de similitude
reste valable tant que le comportement du matériau demeure linéaire élastique.
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
MODE DE RUPTURE
Le bilan des contraintes qui s’exercent au voisinage de l’extrémité d’une fissure va jouer un rôle de premier plan quand à
la propagation de cette dernière.
En théorie, les fissures sont planes et se propagent dans leur plan, il est ainsi possible de montrer que l’état général de
propagation se limite à la superposition de trois modes :
Mode I (mode par ouverture) : les surfaces de la fissures se déplacent dans des directions opposées et perpendiculairement
au plan de fissure
Mode II (glissement de translation) : les surfaces de la fissure se déplacent dans le même plan et dans une direction
perpendiculaire au front de fissure
Mode III (glissement de rotation) : les surfaces de la fissure se déplacent dans le même plan et dans une direction parallèle
au front de fissure
LE MODE I EST SOUVENT LE PLUS CRITIQUE
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

MODE DE RUPTURE
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
CONCEPT D’INTENSITE DE CONTRAINTE
LA FIGURE I.4 SCHÉMATISE L’ENSEMBLE DES CONTRAINTES APPLIQUÉES SUR UN
ÉLÉMENT CENTRÉ EN UN POINT M DE COORDONNÉES POLAIRES (R,Θ) PAR RAPPORT
À L’EXTRÉMITÉ D’UNE FISSURE SOLLICITÉE EN MODE D’OUVERTURE OU MODE I.
• CES CONTRAINTES, POUR LE MODE D’OUVERTURE OU MODE I INDIQUÉ SUR LA
FIGURE 2, SONT DÉCRITES PAR LES RELATIONS SUIVANTES :

I.4
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

CONCEPT D’INTENSITE DE CONTRAINTE


CES RELATIONS PEUVENT S’ÉCRIRE SOUS LA FORME CONDENSÉE SUIVANTE :

y σ
yy

τ
xy
σ
xx

r
θ
x

FIGURE 4: CONTRAINTE PRÈS DE L’EXTREMITÉ D’UNE


FISSURE
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

CONCEPT D’INTENSITE DE CONTRAINTE

Les formules de calcul du fic ki , que l’on peut trouver dans les manuels spécialisés, sont établies
pour différentes configurations de chargement,. Dans le cas décrit par la figure i.2, le facteur ki est
donné par :
I.6
En comparant les formules I.1 et I.6, il apparaît que :
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

Dans l’approche basée sur le concept de FIC de la MLR, la rupture se produit lorsque le FIC KI
atteint la valeur critique KIC - cette valeur correspond en fait à la ténacité du matériau. Dans cette
approche, le coefficient KI est la force motrice dans un matériau dont la résistance à la rupture est
caractérisée par la ténacité KIC . le principe de similitude est supposé vérifié comme dans le cas de
l’approche énergétique.
Les deux démarches sont équivalentes, via les relations i.7, pour un matériau dont le
comportement est linéaire élastique.
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION
PROPAGATION DES FISSURES ET CONCEPT DE TOLERANCE AU DOMMAGE
La MLR permet le calcul de la durée de vie d’une structure soumise à des sollicitations cycliques (phénomène de
fatigue) ou sujette à des effets de corrosion sous tension, puisque dans ce cas :
La vitesse de propagation des fissures est caractérisée par un paramètre tel que le FIC, Et la taille critique de défaut à
ne pas dépasser est directement liée à la ténacité du matériau.
Par exemple, pour la fissuration par fatigue des alliages métalliques, la propagation de fissure da/dn est
généralement représentée par la relation empirique de paris :

Où C et m sont des constantes du matériau, et ∆K l’amplitude du facteur d’intensité des contraintes.


UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA
RUPTURE EN CONCEPTION

PROPAGATION DES FISSURES ET CONCEPT DE TOLERANCE AU DOMMAGE


Parce que les structures contiennent inévitablement des défauts de type fissure, défauts en
général inhérents aux procédés même de fabrication des composants, leurs dimensions sont
choisies de sorte que ces défauts ne puissent atteindre la taille critique conduisant à la rupture
brutale : il s’agit du concept de tolérance au dommage. La MLR fournit les outils nécessaires pour
déterminer cette taille critique (relation I.3) et suivre la propagation de la fissure (relation I.8).
L’évolution au cours du temps ( Figure 5) de la taille d’un défaut (de type fissure de fatigue ou
de corrosion sous tension) illustre bien le concept de tolérance au dommage.
UTILISATION DE LA MÉCANIQUE DE LA RUPTURE
EN CONCEPTION
PROPAGATION DES FISSURES ET CONCEPT DE TOLERANCE AU DOMMAGE
En pratique, la longueur de fissure initiale a0 correspond à la limite de détection des moyens de
contrôle non destructif, et la longueur critique est déterminée à partir du chargement appliqué et de
la ténacité du matériau. Quant au coefficient de sécurité, il est choisi de sorte que la longueur
admissible du défaut reste inférieure à la longueur critique. La durée de vie de la structure est alors
déterminée en calculant le temps nécessaire pour que la longueur de défaut passe de a0 à la
longueur admissible. Taille du
Rupture
défaut
FIGURE 5: CONCEPT DE TOLERANCE brutale

AU DOMMAGE
Durée de vie en
service
Longueur
admissible

a0
Temps
INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
SUR LA RUPTURE
En mécanique de la rupture, le choix du concept varie selon le comportement physique du matériau.
La classification usuelle de ces concepts est la suivante :
-la mécanique linéaire de la rupture (MLR) pour les matériaux dont le comportement est essentiellement linéaire
élastique, tels les alliages d’aluminium à précipitation durcissante, les aciers à haute limite élastique, les
céramiques…
-la mécanique élastoplastique de la rupture (MEPR), pour les matériaux ductiles tels les aciers à faible ou moyenne
résistance, les inox ou aciers austénitiques, les alliages de cuivre…
-la mécanique dynamique de la rupture (MDR), linéaire ou non linéaire, pour les métaux sollicités à grandes
vitesses de déformation – dans ces conditions, le comportement peut aussi être viscoplastique.
INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
SUR LA RUPTURE
La mécanique viscoélastique de la rupture (MVER), essentiellement pour les polymères sollicités à
des températures au dessous de la température de transition vitreuse.
La mécanique viscoplastique de la rupture (MVPR) pour les polymères au dessus de la température
de transition ou encore les métaux et les céramiques sollicités à haute température.
Remarques
1/ si le temps n’agit pas en MLR et en MEPR, il intervient explicitement en MDR, MVER et
MVPR.
2/ la MEPR, la MDR, la MVER et la MVPR sont souvent regroupées dans le domaine élargi de la
mécanique non linéaire de la rupture (MNLR).
INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
SUR LA RUPTURE
Considérons à présent, une plaque fissurée chargée jusqu’à rupture. La figure I.6 schématise la variation de la
contrainte à rupture en fonction de la ténacité du matériau.
• Pour les matériaux à faible ténacité où la contrainte à rupture varie linéairement avec le kIC (relation i.6), la
rupture fragile est le principal mécanisme qui gouverne la ruine de la structure. C’est la MLR qui décrit donc
le mieux ce genre de comportement.
• Pour les matériaux à très haute ténacité, la MLR n’est plus valable puisque les propriétés d’écoulement du
matériau gouvernent le mécanisme de rupture. Une simple analyse de chargement limite permet alors de
dimensionner les structures.
• Pour les matériaux à ténacité intermédiaire, la MNLR est souvent appliquée.
INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
SUR LA RUPTURE


σ
Contrainte
à rupture

Analyse de 2a
chargement
MLR MNLR limite

Ténacité K IC

FIGURE 6: COMPORTEMENT EN FONCTION DE LA TÉNACITÉ


ANALYSE DIMENSIONNELLE EN MÉCANIQUE
DE LA RUPTURE

L’analyse dimensionnelle est un outil important pour l’étude de la mécanique de la rupture.


Pour décrire cette approche, nous considérons les configurations de chargement représentées sur la
figure 7, où les différentes géométries de structures fissurées sont soumises à la même contrainte σ ∞
loin de la fissure. Comme il s’agit de problèmes plans, l’épaisseur des structures n’intervient pas.
La figure 7a représente une fissure de bord de très petite dimension par rapport à celles de la plaque
: le problème est donc traité comme un problème en milieu infini. La plaque est conçue dans un
matériau dont le comportement est linéaire élastique, de module De Young E et de coefficient de
poisson .
ANALYSE DIMENSIONNELLE EN MÉCANIQUE
DE LA RUPTURE

La taille a de la fissure de la figure 7b n’est plus négligeable : la largeur L de l’éprouvette devient


une variable additionnelle.
Le cas de la figure7c se présente sous la même configuration de chargement que le cas 7b mais
cette fois-ci, avec un matériau élastoplastique (élastique plastique parfait). Deux autres variables
doivent être considérées : la limite d’élasticité σe du matériau et la taille rp de la zone plastifiée qui
se forme à l’extrémité de la fissure.
ANALYSE DIMENSIONNELLE EN MÉCANIQUE
DE LA RUPTURE
Dans le cas le plus général, les contraintes σij en un point de coordonnées polaires (r,θ) par
rapport à l’extrémité de la fissure, seront représentées par une fonction de type :
σij = F (
∞ ∞ ∞
σ σ σ

L >>  a L L

(a)
(b (c
a ) a ) a
Zone
plastique
de taille rp

FIGURE 7
ANALYSE DIMENSIONNELLE EN MÉCANIQUE
DE LA RUPTURE

L’analyse dimensionnelle (théorème de Buckingham) permet alors d’écrire

Pour le cas de la figure 7 b, l’analyse dimensionnelle donne la formule

où la largeur L de la plaque est la variable additionnelle.


Dans le cas de la figure 7c, il vient la relation :

où σE et rp sont les deux autres variables additionnelles.


CONCLUSION

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