COURS DE FISCALITE
ACADEMIE ARABE POUR LA SCIENCE DE FINANCEMENT
ET BANCAIRE
Licence 2 comptabilité
OBJECTIFS DU COURS :
Comprendre la signification et le rôle des impôts;
Comprendre le dispositif fiscal en rigueur à Djibouti;
Comprendre la technique fiscale ou les mécanismes
d’imposition à Djibouti.
Comprendre les mécanismes ,le calcul ainsi que la déclaration
de la TVA à Djibouti.
Chapitre I: LA POLITIQUE
FISCALE
Dans ce premier chapitre nous
aborderons la définition,le rôle de l’impôt.
Ensuite, nous définirons les prélèvements
obligatoires autres que l’impôt enfin nous
évoquerons les principes fondamentaux
de la fiscalité.
SECTION I) DEFINITION DE L’ IMPOT
La notion d’impôt peut être appréhendée à
partir de la définition de l’impôt et de celle
de divers prélèvements obligatoires.
On distingue généralement une définition
classique dont les limites conduisent à une
nouvelle approche de la définition de
l’impôt.
L’agrégation de ces deux approches donne
une définition de synthèse à retenir.
A )DEFINITION
CLASSIQUE DE L’ IMPOT
La définition la plus connue de l’ impôt est celle donnée par
GASTON JEZE qui soutient que l’ impôt «est une prestation
pécunaire réquise des particuliers par voie d’autorité,à titre
définitif ,et sans contrepartie,en vue de la couverture des
charges publiques» .
La définition classique présente certaines limites car elle ne
permet pas de tenir compte de la situation personnelle du
contribuable.
B) LA DEFINITION
MODERNE DE L’IMPOT
Pour obtenir la définition moderne de l’impôt, il convient
d‘ajouter à la définition classique, que l’impôt est dû en
fonction des capacites contributives des contribuables et
qu'il sert d’instrument d’intervention économique,sociale et
culturelle.
C ) LA DEFINITION DE
SYNTHESE A RETENIR
L’IMPOT EST :
UNE PRESTATION PECUNIARE;
REQUISE DES PARTICULIERS PERSONNES
PRIVEES,PHYSIQUES ET MORALES;
EN FONCTION DE LEURS CAPACITES CONTRIBUTIVES;
PAR VOIE D’ AUTORITE;
A TITRE DEFINITIF;
SANS CONTREPARTIE DIRECTE;
EN VUE DE LA COUVERTURE DES CHARGES PUBLIQUES;
SELON L’ORIENTATION POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE,SOCIAL ET CULTUREL DE LA NATION.
1 )L’ IMPOT EST UN
PRELEVEMENT PECUNIAIRE
Dans ses modalités de paiement ,l’impôt
moderne est un prélèvement sous forme
pécuniare:l’impôt se paie en argent.
Ce qui exclut ,en principe,l’extinction de
la dette fiscale par un autre moyen de
paiement.
2 )L’impôt est requis des particuliers
La conséquence qui en découle c’est que l’Etat
ne paie ,en principe,pas d’ impot.
Les démembrements de l’Etat non plus ne
paient pas l’impôt(commune,régions,etc).
3)L impôt est requis en fonction
des capacités contributives des
contribuables
La notion de faculté contributive signifie «que tous les citoyens
ne supportent pas forcément le même niveau d’imposition;il
varie en raison de la richesse,du revenu ou de la fortune de
chacun » .
La notion de faculté contributive fut déjà exprimée dans
L’article 13 de la déclaration des droits de l’homme et du
citoyen du 26 août 1789 qui disposait «pour l’entretien de la
force publique et pour les dépenses d’administration, une
contribution commune est indispensable;elle doit être
également répartie entre tous les citoyens à raison de leurs
facultés»
4 )L’ IMPOT EST UN PRELEVEMENT
OBLIGATOIRE EFFECETUE PAR
VOIE D’ AUTORITE
L’impôt a le caractère de prélèvement obligatoire ,c’est
à dire qu’il est effectué par voie d’autorité sur la base
de la « loi» et « des prérogatives de puissance
publique de l ‘Administration chargée d’appliquer et de
faire exécuter la loi.»
Ainsi:
L’ impôt est un attribut de la souveraineté de l’ Etat;
L’impôt est un fait institutionnel :il repose sur une
base juridique;
L’impôt est obligatoire car « c’est la loi qui consent
l’impot. »
5) l’impôt est un prélèvement
effectué à titre définitif
L’impôt n’est pas un prêt:
A la différence de l’emprunt,l’impôt légalement dû et
régulièrement acquitté n’est en principe ni restituable,ni
remboursable sauf dans le cas de surtaxe.
6) l’impôt est un prélèvement sans contrepartie directe
L’ impôt n’est pas un prix:
L’impôt ne constitue pas le prix d’un service
[Link],le contribuable ne peut-il pour contester sa
dette,arguer de la mauvaise utilisation des deniers
[Link] ne peut davantage exiger que l’ impôt qu’il paie
soit affecté à tel ou tel service public ou au financement
de telle ou telle opé[Link] même,il ne peut refuser de
payer l’impôt au motif que celui-ci financerait des
dépenses contraires a ses principes.
7 )L’ impôt sert à couvrir
les charges publiques
L’impôt sert à payer les dépenses publiques car il
constitue la principale ressource du budget de d'état.
C’est avec les impôts que l’Etat construit les routes,les
écoles,les hôpitaux,paie les fonctionnaires,etc.
8) L’ impôt sert d’outil
d’interventionisme
économique,social aux pouvoirs
publics
L’impôt est un moyen d’ exercice du pouvoir.
L’interventionnisme fiscal est essentiellement un
instrument d’orientation socio-économique et culturelle
dont se servent les pouvoirs publics. Son champ d’
application s’etend de l’ investissement à l’emploi.
SECTION II LE ROLE DE
L’ IMPOT
On distintingue deux rôles essentiels de l’impôt à savoir
Le rôle financier et budgétaire (couverture des charges
économique publiques)
Le rôle économique ou rôle d’outil d’interventionnisme
économique social et culturel)
A)Le rôle financier et
budgétaire
Dans son role classique ,l’impôt sert a
Renflouer les caisses de l’Etat
Procurer des recettes à l’Etat
En vue de la couverture des dépenses publiques.
En effet,c’est avec les recettes fiscales que l’Etat construit les
routes ,les écoles,les hôpitaux,paye les salaires des
fonctionnaires,des policiers,des militaires,des gendarmes,et
finance l’éclairage public ainsi que l’adduction d’eau
potable,etc.
B L IMPOT, UN OUTIL D’
INTERVENTIONNISME
ECONOMIQUE SOCIAL ET
CULTUREL
Aujourd’hui l’Etat utilise l’impôt pour orienter sa politique
économique ,social et culturelle.
Cette instrumentalisation de l’impôt se manifeste par
exemple par les mesures d’incitation fiscale à l
investissement,par les éxonerations,les exemptions
accordées.
L’ interventionnisme fiscal est donc le fait d’utiliser l’impôt
dans un but autre que celui de procurer des recettes.
SECTION III LES PRELEVEMENTS
OBLIGATOIRES AUTRES QUE L’
IMPOT
A)LA REDEVANCE
A la difference de l’impôt qui ne comporte pas de
contrepartie directe,la redevance est percue à l’occasion d’
un service rendu .la redevance s’apparente donc au prix du
service public devant être supporte par l’[Link] est
facultative dans la mesure où seuls les citoyens qui
utilisent les services sont soumis à son paiement.
C)La taxe parafiscale
Les taxes parafiscales sont perçues à l’occasion d’un
service .Elles peuvent être exigées des usagers effectifs et
potentiels du service.
Toutefois, elles se distinguent de la taxe fiscale par leur
objet et par leur [Link] taxes parafiscales sont, en
effet, des prélèvements perçus dans un intérêt économique
ou social au profit d’une personne morale.
B)La taxe fiscale
Les taxes ,à l’instar des redevances ,se caracterisent par
leur perception à l’occasion d’un service. A ce titre,elle se
différencie aussi de l’impôt.
Les taxes se distinguent des redevances sur le fait qu’elles
peuvent être exigées des usagers effectifs mais également
des usagers potentiels(tel est le cas par exemple de la taxe
d’enlevement des ordures ménageres).
SECTION IV: les principes fondamentaux
de la fiscalité
La matière fiscale repose sur certains
principes importants dont:
-le principe de la légalité de l’impôt;
-le principe de l’égalité de l’impôt;
-l’autonomie du droit fiscal;
-le principe de liberté;
-le principe de respect du droit à la
défense.
A)le principe de la légalité de l’impôt
Le terme légalité signifie conformité à la loi, celle-
ci englobant au sens large l’ensemble des règles
de droit. Le principe de la légalité de l’impôt est la
principale conséquence du consentement de
l’impôt qui doit relever de la compétence d’une
assemblée représentative des citoyens.
L’exercice de la souveraineté fiscale relève donc du
pouvoir législatif qui assure la représentation
nationale.
B)le principe de l’égalité devant l’impôt
L’article 7 de la déclaration universelle des
droits de l’homme du 10 décembre 1948
dispose que « tous sont égaux devant la loi
et ont droit sans distinction à une égale
protection de la loi… ».ce principe rapporté à
la matière fiscale devient celui de l’égalité
devant l’impôt et est défini par Jean SCHIMIT
come suit: «Tout contribuable se trouvant
dans la même situation de droit ou de fait
qu’un autre contribuable doit être soumis à
une imposition identique »
C)L’autonomie du droit fiscal
L’autonomie du droit fiscal signifie que la
fiscalité n’emprunte rien aux autres
branches du droit ,mais qu’il lui arrive de
s’en écarter notamment par ré[Link]
exemple,le droit fiscal appréhende une
activité sans se préoccuper de sa licité ou
de son illicité,de sa moralité ou de son
immoralité.
D)Le principe de liberté de gestion
Selon ce principe, les contribuables sont
totalement libres de leurs choix de
gestion, sauf si ceux-ci s’analysent en
abus de droit ou en actes anormaux de
gestion. Il y a abus de droit lorsque, dans
le but de se soustraire en totalité ou en
partie à l’impôt,le contribuable produit à
l’administration fiscale un acte qui
dissimule la portée véritable d’un contrat
ou d’une convention.
E)Le principe de respect du droit à la défense
Il s’agit de la transposition du
principe général de droit dit
«principe du contradictoire ».Ce
principe oblige l’Administration à
entendre ou à communiquer au
contribuable sa situation fiscale
avant l’application de toute
[Link] pour permettre au
contribuable de préparer sa défense.