La Commutation Téléphonique
Historique de la Téléphonie
- En 1876, l'Américain Graham Bell inventa le téléphone : enfin, la voix
humaine pouvait être transportée au-delà de l'horizon sonore. De nombreuses
améliorations du téléphone de Bell (comme l'invention du microphone à
charbon par Hughes en 1878 et l'introduction dans le circuit de piles et
transformateurs) conduisirent au développement que l'on connaît.
La naissance de la commutation manuelle: les Opératrices
- Apparition de la commutation automatique : la commutation électromécanique
- Vers l’année 1980 il y a eu l’apparition de la commutation électronique.
1] PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA TÉLÉPHONIE
Figure 1 Principe du réseau téléphonique commuté.
Le transport de la voix est historiquement à l’origine des premiers réseaux de
transmission. Le réseau téléphonique public
RTCP : Réseau Téléphonique Commuté Public ou simplement RTC.
PSTN (Public Switched Telephony Network) a essentiellement pour objet le
transfert de la voix.
Utilisant le principe de la commutation de circuits, le réseau téléphonique met en
relation deux abonnés à travers une liaison dédiée durant la communication
(figure1)
Boucle locale : Local loop
Telephone switch : commutateur téléphonique
Local loop : boucle locale
Il exite trois types de boucle locale :
1) Boucle locale en cuivre
2) Boucle locale en fibre optique, FTTH : Fiber to the home
3) Boucle locale radio, WLL : wireless local loop
1) Boucle locale en cuivre
- PC : Point de concentration
- SR : Sous répartiteur
- Câble de branchement relie le poste téléphonique au PC
- Les câbles de distribution relient les SR aux PC
- Les câbles de transport relient le répartiteur général aux SR
2) Boucle locale en fibre optique : FTTH
Les circuits :Trunks
Co : Central office : commutateur
Tie line : Liaison privée
PBX : Private Branch Exchange : commutateur privé
PABX : Private Automatique Branch Exchange : Commutateur automatique privé
2] Les modes de raccordement
Figure 2 Les modes de raccordement.
• Pour les postes analogiques , la transmission du signal est
analogique.
• Pour les postes numériques, appelés aussi postes RNIS, la
transmission du signal est numérique.
• RNIS : Réseau Numérique à Integration de Services
• ISDN : Integrated Services Digital Network
• Il existe deux types d’accès
• 1) L’accès de base : Basic access 2B + D ;
B= 64Kbit/s et D=16Kbit/s.
• 2) L’accès primaire : Primary access 30B + D;
B=64Kbit/s et D=64Kbit/s.
• Les canaux B, sont les canaux de support (Bearer channel), qui
permettent de Véhiculer la parole, les données et l’image.
• Les canaux D, sont les canaux de signalisation (data channel), qui
permettent de véhiculer la signalisation.
L’accès de base : 2B +D, il s’agit du multiplexage temporel entre les
Canaux B1, B2 et D.
3] ORGANISATION DU RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE
3.1 Architecture traditionnelle
Le réseau téléphonique a une organisation hiérarchique à trois niveaux (figure 3).
Il est structuré en zones. On distingue :
– Zone à Autonomie d’Acheminement (ZAA), cette zone, la plus basse de la
hiérarchie,comporte un ou plusieurs Commutateurs à Autonomie
d’Acheminement (CAA) qui eux-mêmes desservent des Commutateurs Locaux
(CL).
– Zone de Transit Secondaire (ZTS), cette zone comporte des Commutateurs de
Transit Secondaires (CTS).
– Zone de Transit Principal (ZTP), cette zone assure la commutation des
liaisons longues distances. Chaque ZTP (Zone de Transit Principal) comprend
un Commutateur de Transit Principal (CTP). Au moins un Commutateur de
Transit Principal (CTP) est relié à un Commutateur de Transit International
(CTI).
Figure 3 Organisation du réseau téléphonique.
3.2 Gestion du réseau
La gestion générale du réseau concerne trois fonctions :
– La distribution, celle-ci comprend essentiellement la liaison d’abonné ou
boucle locale qui relie l’installation de l’abonné au centre de rattachement.
Cette ligne assure la transmission de la voix (fréquence vocale de 300 à 3 400
Hz) et de la signalisation (entre les abonnés et le central).
– La commutation, c’est la fonction essentielle du réseau, elle consiste à mettre
en relation deux abonnés, maintenir la liaison pendant tout l’échange et libérer les
ressources à la fin de la communication.
– La transmission, c’est la partie support de télécommunication du réseau,
cette fonction est remplie soit par un système filaire cuivre, par de la fibre optique
ou par des faisceaux hertziens.
4] ÉTABLISSEMENT D’UNE COMMUNICATION
TÉLÉPHONIQUE
4.1] Principe d’un poste téléphonique
Établir une communication téléphonique c’est mettre en relation deux terminaux
téléphoniques.
Le poste téléphonique doit remplir plusieurs fonctions, chacune est réalisée par un
organe spécifique. Le terminal téléphonique élémentaire comporte cinq organes.
– Les crochets sur lesquels repose le combiné; lorsque le combiné est soulevé les
contacts se ferment. Le circuit électrique est alors fermé, le commutateur de
rattachement détecte le courant et en déduit que l’abonné désire entrer en
communication.
De même, lors du raccrochage, le commutateur détecte l’ouverture de la boucle
de courant.
– Le microphone, constitué d’une simple membrane qui par ses vibrations,
sous l’effet de la pression acoustique (voix), fait varier la résistance interne de
Un écouteur, membrane métallique qui vibre selon les variations du courant
celui-ci.
–
et restitue le son;
–Un cadran, celui-ci en provoquant l’ouverture de la boucle de courant
(numérotation décimale) envoie des impulsions au commutateur.
– Une sonnerie, alerte l’abonné distant et l’invite à
décrocher.
Poste téléphonique à cadran Poste téléphonique à clavier
multifréquences
Postes téléphoniques numériques RNIS
4.2 Modes d’envoi des chiffres
• Il existe trois types de mode d’envoi de chiffres
• 1) Par impulsions utilisés par les postes à cadran et les postes clavier
décimal
Figure 7 Exemple de numérotation décimale de 31.
Les numéros sont envoyés au commutateur de rattachement sous forme d’impulsions
dont l’ouverture de la boucle est de 66 ms suivi d’une fermeture de 33 ms, d’où le nom
de système 33/66. Le 1 correspond à une rupture, le 2 à deux... le 0 à dix ruptures.
2) Par Multifréquences
Utilisés par les postes à
clavier multifréquences
Figure 8 Clavier des postes à fréquences vocales.
Dans la numérotation fréquentielle ou vocale (multifréquentielle), normalisée
par le CCITT (Q.23), l’enfoncement d’une touche génère deux signaux de
fréquences différentes (une fréquence haute suivie d’une fréquence basse,
DTMF, Dual-Tone MultiFrequency) transmis au central de rattachement.
3) Enfin, avec la dernière génération de postes téléphoniques spécifiques
dits postes numériques (RNIS), la numérotation correspond à la
transmission d’une valeur binaire sur une voie dite de signalisation (canal
D).
4.3 La numérotation
Le numéro d’abonné (Numéro international au format E.164) correspond à
l’identification du point d’accès au réseau.
Le numéro est composé de l’indicatif du pays plus le numéro national
L’indicatif du pays : 3 chiffres au maximum
Numéro national : (maximum 12 chiffres)
Numéro international : (maximum : 15 chiffres)
Indicatif du pays : 1- 3 chiffres
213 : Algérie
1 : USA
49 : Allemagne
44 : Angleterre
52 : Mexique
358 : Finlande
876 : Jamaica
Exemple :
En Algérie le numéro national est de la forme Z AB MCDU
Z : code de zone par exemple : 041, 021, 043 etc..
AB : du numéro du MSAN
MCDU : numéro de l’abonné.
En France
– La désignation de l’exploitant (E)
– La zone d’appel (Z), la France est divisée en 5 zones ;
– Le commutateur de rattachement désigné par le sigle ABPQ ;
– Enfin, les 4 derniers chiffres (MCDU, Milliers, Centaines, Dizaines, Unités) qui
désignent l’abonné local.
Types de communication
-Appel local : cet appel est effectué entre deux abonnés qui sont rattachés
au même centre.
-Appel sortant : lorsque l’abonné demandeur appelle un abonné demandé
qui est raccordé sur un centre autre que le centre de rattachement de
l’abonné demandeur.
- Appel entrant : lorsque l’abonné demandé reçoit une communication
d’un abonné qui est rattaché sur un autre centre.
4.4 La mise en relation Usager/Usager
La mise en relation de deux abonnés répond à un protocole qui organise le
dialogue entre les terminaux d’usager et le réseau (signalisation Usager/Réseau).
Elle comporte deux ensembles de mécanisme.
-Le premier correspond à un échange d’information hors communication destiné
à établir celle-ci ou à libérer les ressources, c’est la signalisation.
-Le second est la communication téléphonique proprement dite.
- La signalisation usager/ Réseau concerne les signaux échangés entre
l’abonné et le centre de rattachement tels que la numérotation, les tonalités
ainsi que les messages.
- Parmi les tonalités on trouve : la tonalité d’invitation à transmettre,
d’occupation, d’encombrement, d’acheminement, retour d’appel.
- Le signal de sonnerie : 80 V ou 75 V, 25 ou 50 Hz.
- Les impulsions de télétaxation 12 ou 16 Khz.
- Courant en ligne : 20 à 50 mA.
La figure 10 illustre les différentes étapes de la mise en relation de deux abonnés.
1) Décrochage du combiné, détection de la boucle de courant, envoi de la tonalité
d’invitation à numéroter.
2) Numérotation, le numéro composé est mémorisé et analysé par le
commutateur de rattachement.
3) Envoi du signal de sonnerie à l’appelé distant et attente du décrochage de
celui-ci. L’appelant reçoit le signal de retour d’appel.
4) Le correspondant décroche, le central de rattachement détecte le décrochage
de l’appelé, la communication commence ainsi que la taxation.
Figure 10 Diagramme d’une communication téléphonique.
5] Architecture d’un commutateur
5.1) Commutateur local
Etage d’abonnés Réseau de connexion Circuits et Signalisation
Partie commande
Figure 11 Schéma bloc d’un Commutateur local
AXE 10
LM Ericsson
5.2) Commutateur de transit
Réseau de Circuits et
connexion Signalisation
Partie commande
Figure 12 Schéma d’un centre de Commutation de transit
Le commutateur de transit établit la connexion entre les commutateurs.
De même que les centres de commutation tels que le MSC, BSC, HLR,
RNC, Softswitch ont la même architecture.
4.3 Principe du raccordement d’usager
L’usager est raccordé au réseau via une unité de raccordement (URA, Unité
de Raccordement d’Abonnés). Celle-ci peut être locale ou distante (URAD,
Unité de raccordement d’Abonnés Distants).
Figure 13 Principe du raccordement des abonnés.
a) Etage d’abonnés
L’étage d’abonnés contient principalement les équipements d’abonné.
Chaque abonné a son propre équipement d’abonné.
L’équipement d’abonné est appelé aussi joncteur d’abonné.
Les fonctions réalisées par l’équipement d’abonné sont :
- Détection de l’état du poste d’abonné (décroché ou raccroché)
- Arrêt de sonnerie
- Réception des chiffres à numérotation décimale (poste à cadran)
- Alimentation du poste d’abonné (-48V)
- Inversion de polarités (pour déclencher la taxation chez les Taxiphones
ou chez les abonnés qui disposent d’un compteur privé).
- Passage 2 fils / 4 fils
- Filtrage , limitation à la bande 300-3400 Hz
- Conversion A/N et N/A
Constitution d’un réseau de connexion
a) Cas des commutateurs électromécaniques
Le réseau de connexion d’un commutateur électromécanique est un
commutateur spatial.
n entrées
m sorties
Figure 14 Matrice spatiale
- Le signal transmis est analogique et le chemin reste fermé durant toute la
communication.
b) Cas des commutateurs électroniques
Le réseau de connexion est de type temporel.
Il existe deux types de commutateurs de base :
•Commutateur (matrice) de type T : Temporel
•Commutateur (matrice) de Type S : Spatial
Un réseau de connexion est une combinaison des commutateurs de type T et
S
On peut trouver les structures suivantes : T, TST, STS , TSSST, etc
Les structures les plus utilisées sont T et TST.
-Le signal transmis est numérique (bits) et le chemin ne reste pas fermer
durant toute la communication.
- Pour le commutateur de type S, les points de connexion se ferment pendant
un laps de temps pour laisser le passage des bits, ensuite les points de
connexion s’ouvrent.
Le principe consiste à faire transférer un échantillon d’un ITX d’un MIC entrant
vers un autre ITY du MIC sortant. Dans cet exemple de l’IT3 du MIC A vers l’IT1
du MIC C
Figure 15 Principe de la commutation temporelle.
1) Commutateur de type T
Un commutateur de type T est constitué de deux mémoires de type RAM.
-Une mémoire s’appelle mémoire de parole (Speech store) et est utilisée pour
stocker les échantillons de parole.
- La deuxième mémoire s’appelle mémoire de commande (Control store) et est
utilisée pour commander l’entrée des échantillons de parole dans la mémoire
de parole ou pour faire sortir les échantillons de la mémoire de parole.
Mémoire de parole
Mémoire de commande
Figure 16 Commutateur de type T
b) Commutateur de type Spatial (S)
Figure 17 Commutateur de type Spatial (S)
c) Réseau de type TST
Figure 18 Réseau de type TST
TSM : Time switch module (T)
SPM : Space module (S)
On peut raccorder jusqu’à 32 TSM dans un
SPM.
Gestion des appels
La gestion des appels concerne toutes les opérations exécutées par des
entités qui participent à l’établissement des appels.
Parmi ces entités on trouve l’enregistreur, le traducteur, l’analyseur de
routes, le taxeur et le superviseur.
- L’enregistreur est l’entité, la plus importante, qui s’occupe de
l’enregistrement des chiffres, coordonne toutes les opérations pour établir des
communications.
- Le traducteur s’occupe de l’analyse des chiffres.
- L’analyseur des routes s’occupe de la sélection des routes de sortie.
- Le Taxeur s’occupe de la taxation des communications.
- Le superviseur s’occupe de la supervision des communications.
- Un autocommutateur privé de téléphonie, PABX (Private automatic branch
exchange) est l’interface entre le service de téléphonie de l’entreprise et le
réseau téléphonique (public ou privé).
- Sa fonction essentielle consiste à mettre, temporairement, en relation deux
usagers (commutation de circuits).
- Cette relation peut être interne à l’établissement ou établie à travers le
réseau téléphonique public (RTC ou RNIS) ou privé.
Figure 19 PBX
Figure 20 Connexion entre deux PABXs
Figure 21