Cours Gestion de la maintenance
2éme MMI
2020-2021
Chapitre N°1:
Management de la durée de
vie d’un équipement
1
Quelques rappels
Le service maintenance est responsable
de la « santé » des équipements qui lui
sont confiés :
o de leur acquisition
o jusqu’à leur remplacement ou leur mise au
rebut
Il a également la responsabilité de la
maîtrise des dépenses correspondant au
maintien en « bonne santé » de ces
équipements
2
Quelques rappels
Le responsable maintenance va donc
devoir se poser un certain nombre de
questions afin d’avoir une politique
optimale sur ces équipements
Cette politique doit toujours aller dans le
sens de la politique de l’entreprise :
évolution technologique des
équipements
possibilités financières d’investissement
situation des concurrents
3
Questions à se poser
1. quelle doit être la durée de vie
prévisionnelle de l’équipement ?
2. à quel moment l’équipement fournira t-il
un gain d’exploitation maximum ?
3. faudra t-il le déclasser, le revendre ?
4. s’il n’est pas revendu, à quel moment
faudra t-il arrêter raisonnablement les
opérations de maintenance ou bien
faudra t-il le rénover ?
5. s’il est revendu, faudra t-il le remplacer à
l’identique ou alors par un matériel de
nouvelle génération ?
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1 – Cycle de vie d’un équipement
1.1 - Définitions normalisées
Durabilité : « aptitude d'un bien à accomplir
une fonction requise, dans des conditions
données d'usage et de maintenance,
jusqu'à ce qu'un état limite soit atteint »
Un état limite d'un équipement peut être
caractérisé par la fin de sa vie utile, par son
inadaptation pour des raisons techniques
ou économiques, ou pour d'autres raisons
pertinentes
5
1.1 - Définitions normalisées
Vie utile : « intervalle de temps qui, dans
des conditions données, commence à un
instant donné et se termine quand le taux
de défaillance devient inacceptable ou
quand le bien est considéré comme
irréparable à la suite d'une panne ou pour
d'autres raisons pertinentes »
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1.2 – Analyse de la durée de vie de l’équipement
D u ra b ilité é c o n o m iq u e D u r a b ilité
c o n s e n tie
P é rio d e d e c o m m e r c ia lisa tio n
G a r a n tie P é r io d e h o r s g a r a n tie
T T T T T
di 0 fg R dc
Tdi = date de décision d’investissement
T0 = date initiale d’exploitation après réception, installation, recette
et essais
Tfg = date de fin de garantie
TR = date optimale de remplacement
Tdc = date de déclassement pour revente, reconstruction ou rebut
On appelle :
durabilité économique, la période économique
optimale pendant laquelle l’équipement permet de
créer des bénéfices, donc pendant laquelle le coût
global de maintenance est minimal
durabilité consentie, la période où il est intéressant
de maintenir un niveau de performance acceptable
malgré des coûts de maintenance en augmentation
période de commercialisation, la période pendant
laquelle on continue à vendre l’équipement, donc la
période pendant laquelle on est sûr d’avoir des
pièces détachées. Au-delà de cette période, il peut y
avoir difficulté d’approvisionnement, ce qui signifie
que les coûts de possession de stock seront en
augmentation et influeront donc sur le coût global
de maintenance
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1.3 – Coût de cycle de vie d’un
équipement
1 - Définitions normalisées
Coût global de référence : ensemble des coûts
engendrés pendant le cycle de vie d’un bien. Pour
l’utilisateur ou le propriétaire, le coût global de
référence peut inclure les coûts relatifs à
l’acquisition, à l’exploitation, à la maintenance et à
l’élimination du bien
Coût moyen par unité d’usage : c’est le rapport
entre le coût global de référence et la durabilité
estimé en unités d’usage
Remarque : la définition du coût global de
référence est entièrement compatible avec le
concept anglo-saxon de LCC (Life Cycle Cost).
Nous retiendrons cette abréviation couramment
usitée par les gens de la maintenance 9
2 - Détermination du LCC
On appelle :
Ca le coût d’investissement initial de
l’équipement (frais d’études, coût
d’acquisition et coût de recette)
Cu les coûts cumulés de fonctionnement
(matières premières, énergie et
consommables, personnel)
CM les coûts cumulés de maintenance
CI les coûts cumulés d’indisponibilité
LCC Ca Cu CM CI 10
2 – Recherche de la durabilité
économique optimale
On fait les hypothèses suivantes :
le taux d’utilisation de l’équipement est
constant
les coûts de fonctionnement et les recettes,
lorsqu’on peut les estimer, restent stables
dans le temps
dépenses et recettes sont exprimées sur
une année, donc leur cumul est une courbe
en escalier
11
Le « lissage » des courbes en escalier
permet une meilleure lisibilité et donc une
meilleure comparaison des courbes
1995 1996 1997 1998
12
Construction graphique du LCC
R est la droite des recettes cumulées
(recettes stables dans le temps)
F = Ca+Cu est somme des coûts
d’investissement et de fonctionnement
cumulés : c’est aussi une droite
C représente CM + CI ; cette somme
augmente beaucoup plus vite en fin de vie
du fait de la diminution de la fiabilité de
l’équipement
13
Coûts cumulés
Ca
Cu C
t
Coûts cumulés
LCC
Ca
t
Coûts cumulés
Période
d’amortissement
LCC
Ca
Période d’utilisation
rentable
t
T0 Ta Tdc
Commentaires
de la mise en service du matériel à Ta, on
amortit l’investissement
de Ta à Tdc, c’est la période pendant
laquelle l’utilisation de l’équipement est
rentable
si l’on veut être rigoureux dans cette
interprétation, les coûts doivent être
exprimés en dt constants, c’est à dire que
les valeurs doivent être actualisées
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Choix de la période de
Coûts cumulés
remplacement
R
Zone des bénéfices
LCC
Ca
t
Coûts cumulés
LCC
Période optimale
Ca de revente
t
TR
Cas où on ne connaît pas les recettes
Hypothèses:
on ne connaît pas les recettes R
ou alors elles sont difficilement
chiffrables
La connaissance de la courbe Ca + C,
c’est à dire le cumul des coûts de
maintenance et du coût
d’investissement, permet de s’en
sortir
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Cas où on ne connaît pas les recettes
On garde la courbe en escalier
On trace les droites d’origine T0 et passant
par le milieu de chaque « marche »
On constate que la pente de ces droites
varie : tout d’abord elle diminue, puis elle
augmente
La pente minimum détermine la période
économique optimale, puisque les coûts
de maintenance sont au plus bas
21
Coûts cumulés
Cas où on ne connaît
pas les recettes
Ca
t
TR
Cas de revente de l’équipement
Le prix de revente d’un équipement est lié
à l’amortissement de celui-ci
Amortissement = perte de valeur
engendrée par la dépréciation
économique du bien :
usage plus ou moins intensif
âge
obsolescence technologique, etc..
c’est à dire toute cause dont les effets
sont irréversibles
23
Cas de revente de l’équipement
Exemple
d’une voiture
son coût argus est sa
valeur de revente
cette valeur tient compte
de son année de
fabrication
mais elle peut être
modifiée par d’autres
facteurs (kilométrage trop
important par exemple)
Cas de revente de l’équipement
Un plan d’amortissement s’établit par
rapport à la durée de vie prévisionnelle de
l’équipement, selon un modèle dégressif
linéaire ou lié à la nature du bien
Ainsi, toujours pour une voiture, l’argus
n’est pas le même selon que la voiture est
à moteur essence ou Diesel
25
Cas de revente de l’équipement
On appelle taux d’amortissement l’inverse
de la durabilité prévisionnelle
Par exemple, si la durabilité prévisionnelle
de l’équipement est de 2 ans, le taux sera
de 50%
Inversement si la durabilité prévisionnelle
est de 10 ans, le taux baisse à 10%
26
Cas de revente de l’équipement
Pour calculer l’amortissement annuel d’un
équipement, il faut connaître :
son coût d’acquisition Ca
son taux d’amortissement TA
le temps t sur lequel on veut amortir au
prorata des 12 mois
La valeur de l’amortissement VA
s’exprime par :
VA = Ca x TA x t
27
Cas de revente de l’équipement
Exemple :
un matériel a été acheté le 01/01/2000 pour
une valeur de 15 250 Dinars
le taux d’amortissement est de 20% la
première année
il est de 10% les années suivantes
Quelle sera sa valeur de revente le
01/02/05 ?
28
Année Période VA Valeur de revente
2000 12 mois 15 250 x 0,2 x 12/12 15 250 – 3050
= 3050 = 12 200
2001 12 mois 15 250 x 0,1 = 1525 12 200 – 1525
= 10 675
2002 12 mois 15 250 x 0,1 = 1525 9150
2003 12 mois 15 250 x 0,1 = 1525 7625
2004 12 mois 15 250 x 0,1 = 1525 6100
2005 1 mois 15 250 x 0,1 x 1/12
= 127,08
5972,92
Coûts cumulés Choix de la période
de revente
LCC
LCC-revente
Ca
t
T’R TR
3 - Intérêt du LCC
Indicateur de criticité r LCC
économique d’un équipement Ca
plus ce ratio est élevé, plus on dépense d’argent
pour garder une bonne disponibilité
opérationnelle de cet équipement
inversement plus ce ratio est faible, moins on
s’en occupe
31
3 - Intérêt du LCC
L’expérience montre que 90% du LCC sont
connus avant la mise en service
Il suffit pour cela de faire une étude préalable sur
le matériel type AMDEC, pour trouver les causes
possibles de défaillance
Les 10 autres % sont liés aux conditions de
fonctionnement de l’équipement (contraintes
d’environnement)
Alors, pourquoi acheter du matériel si on sait
déjà qu’il va dégager des charges récurrentes ?
32
3 - Intérêt du LCC
Hormis les grandes entreprises ayant un service
R&D, les autres entreprises (PME-PMI) passent
obligatoirement par une entreprise tiers pour
investir dans un équipement
Cette entreprise tiers est en règle générale
choisie sur appel d’offre
Dans beaucoup de cas, on opte pour la moins-
disante (cas des marchés publics)
De plus, ce sont les « commerciaux » ou
« financiers » qui effectuent le choix, économies
obligent (ou alors « avantages en nature »!..)
33
3 - Intérêt du LCC
L’équipement acheté sans regard technique
provoque obligatoirement un ratio r élevé alors
que le service maintenance aurait vu tout de suite
les problèmes possibles de fiabilité
La logique de progrès est donc de privilégier le
« coût du service rendu » plutôt que le « coût
d’acquisition »
En d’autres termes, c’est le long terme qu’il faut
privilégier, c’est à dire qu’il faut impérativement
prendre en compte les contraintes de
maintenance dès l’investissement
Le LCC permet de justifier ce qu’on peut
appeler le « mieux investir » 34
4 – Coût moyen annuel de
maintenance
Le budget maintenance est annuel
C’est le responsable maintenance qui le
définit
Il comprend deux parties:
le fonctionnement
les investissements
Il s’établit le plus souvent par planification
des besoins, compte tenu des dépenses
antérieures et de la politique maintenance
adoptée pour chaque équipement
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Budget de fonctionnement
Envoyez les
pièces
détachées!
Main d’œuvre interne
Encadrement
Pièces de rechange
Consommables
Prestations externes
Fluides
Formation
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Budget d’investissement
Poubelle!..
Patron des
sous!
Modernisation des
machines
Amélioration
Dépenses
exceptionnelles
Matériel maintenance
inventoriable
37
En
le LCC va être un n’achetant
rien pas de
élément important dérive!…
dans la prise de
décision des
dépenses à planifier
il évite en particulier
les dérives de
dépenses
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Coût moyen annuel de maintenance
n : année du calcul
Ca : valeur d’investissement
RV : valeur de revente
Cd = CM + CI : coût de défaillance
Cumul des coûts
de défaillance
n
Ca CM (a) CI (a) RV
a 1
Cma (n)
n 39
Coût moyen annuel de maintenance en
cas de rénovation
Cren :coût de rénovation
Cumul des coûts
de défaillance
n
Ca CM (a) CI (a) Cren RV
a 1
Cma (n)
n
40
Actualisation des coûts
les coûts doivent être exprimés en dinars
constants
ils doivent donc être actualisés
l’INSEE fournit tous les ans l’indice k à la
consommation = taux d’intérêt de l’argent
n
Ca (1 k) CM (a) CI (a) .(1 k )na RV
n
a 1
Cma (n)
n
41
Durée de vie économique
Cma
t
1 2 3 4 5 6 7 (a n n é e s )
D u ré e d e v ie
é c o n o m iq u e
La courbe d’évolution du coût moyen annuel de
maintenance passe par un minimum 42
Durée de vie économique
Cma à un instant t, on ne
connaît que les Cma
précédents
t
1 2 3 4 5 6 7 (a n n é e s )
si on veut envisager une politique de
renouvellement, il va falloir extrapoler cette
courbe 43
Exploitation du Cma
Cma On compare la courbe
précédente avec celle
des coûts cumulés de
défaillance C
t
1 2 3 4 5 6 7 (a n n é e s )
l’intersection A des deux courbes a lieu plus loin
que la durée de vie économique
44
Exploitation du Cma
Cma on peut prolonger
l’exploitation de
l’équipement au-delà de la
durée de vie économique
t
1 2 3 4 5 6 7 (a n n é e s )
le Cma constitue une bonne estimation du budget
prévisionnel jusqu’au point A
au-delà, les coûts de défaillance deviennent trop
importants, il faut prendre des mesures 45
Je ne sais
vraiment pas
Quelle politique vis à vis de quoi faire!..
l’équipement ?
prolonger sa vie?
le rénover?
le réformer et donc
le renouveler?
46
Cma
R e n o v a tio n (2 ) R e n o u v e lle m e n t (3 )
V ie p r o lo n g é e (1 )
Budget max
A admissible
t
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (a n n é e s )