DEPARTEMENT DE PHARMACIE
LABORATOIRE DE PHARMACIE GALENIQUE
DISSOLUTION- FILTRATION
Dr Haddad
OCTOBRE 2018
DISSOLUTION:
I - Définition
II - Intérêts de la dissolution
III – Procédés de dissolution
A- Dissolution simple:
1- Solubilité
2- Vitesse de dissolution
3- Procédés de dissolution
B- Dissolution extractive
1- Définition
2- Procédés
I- Définition :
La dissolution est l’action de disperser à l’état moléculaire, une
substance gazeuse, liquide ou solide dans un liquide.
Le résultat de la dissolution est un liquide appelé solution .
Le liquide dans lequel est disséminé la substance est le solvant.
La substance dissoute est le soluté
Solution vraie: particules < 2nm
Solution colloïdale : Micelles de dimension 2 à 200 nm
II-Intérêts de la dissolution :
La forme solution permet de rendre les principes actifs
rapidement disponibles pour l'organisme.
Elle est utilisée pour toutes les voies d'administration,
indispensable pour la voie intra artérielle.
La dissolution est obtenue par deux procédés différents
suivant le principe actif:
- Dissolution simple ou complète ;
- Dissolution extractive ou partielle
A)-Dissolution simple / complète :
Définition :
Une dissolution est simple ou complète lorsque le
solvant en proportion suffisante est capable de
dissoudre entièrement la substance.
Au final on a une seule phase liquide homogène.
Une dissolution simple est une dissolution qui se fait
sans résidu.
Pour obtenir une dissolution simple, il faut que la
substance dissoute soit en concentration inférieure à la
solubilité maximale.
1-Solubilité:
Le coefficient de solubilité :
Nombre de parties de liquide, exprimées en volume,
nécessaire pour dissoudre une partie de substance,
exprimée en masse.
Exemple :
1 gramme de chlorure de sodium se dissout dans 2,8 ml
d’eau à 25°C et dans 2,6 ml d’eau a 100°C
Signification des termes descriptifs de la solubilité:
( parties en volume de solvants pour 1partie en poids de
soluté)
-Très soluble: moins de 1
-Facilement soluble: 1à 10
-Soluble: 10 à 30
-Assez soluble: 30 à 100
-Peu soluble: 100 à1000
-Très peut soluble: 1000 à 10000
-Pratiquement insoluble: plus de 10000
Facteurs intervenants sur la solubilité :
● La constitution chimique :
● Le polymorphisme :
● Le pH :
● Les adjuvants :
● La température :
Constitution chimique :
La solubilité d’une substance obéit à deux processus
différents : l’ionisation et la polarité.
Dans la solubilité par ionisation, la dissolution
s’effectue par dissociation en ions, particules chargées
électriquement.
- Dans la solubilité par polarité, la dissolution s’effectue
par affinité entre groupements fonctionnels entre
molécules du solvant et celles du corps à dissoudre.
Substances riches en groupement hydrophiles
se dissolvent dans les solvants polaires.
Substances riches en groupement hydrophobes se
dissolvent dans les solvants apolaire.
Polymorphisme :
Un produit est plus soluble à l’état amorphe qu’à l’état
cristallisé.
À une température donnée, c’est la forme cristalline la
moins stable qui est la plus soluble.
pH:
Le pH du milieu intervient dans la solubilité par
ionisation.
Exemple : les amines organiques sont plus solubles en
présence d’acide chlorhydrique dilué.
Adjuvants:
Les substances ajoutées à un solvant peuvent modifier
la solubilité de certains produits.
Les uns favorisent la dissolution.
Exemple : le salicylate de sodium et le benzoate de
sodium facilitent la dissolution de la caféine.
D’autres conduisent au phénomène inverse.
Exemple : diminution de la solubilité de l’éther dans
l’eau en présence de sucre.
Température :
La solubilité d’une substance dans un solvant peut
varier avec la température.
En général, la solubilité augmente avec la température
sauf dans les cas suivants :
- Dissolution exothermique ;
- Gaz plus soluble à froid ;
Température :
Sauf indication contraire la solubilité est exprimé a
20°C dans les pharmacopée.
L’élévation de température est contre indiqué pour les
substances thermolabiles et volatils.
2-vitesse de dissolution:
Vitesse à laquelle le soluté se dissout dans un solvant.
Les facteurs intervenant dans la vitesse de dissolution :
Température
Division du solide
La concentration du soluté dans le solvant
Loi de Fick:
dc
= K S (Cs – Ct)
dt
S : surface de contact solide liquide
Cs : concentration à la saturation du produit à dissoudre
Ct : concentration de la solution à l’instant t
K : constante
D’après cette formule, les principaux facteurs intervenant
dans la vitesse de dissolution sont:
● La surface de contact solide liquide : la vitesse de
dissolution croit avec le degré de division.
● L’agitation qui accélère la dissolution en renouvelant le
liquide à l’interface.
● La viscosité qui diminue la vitesse de dissolution en
réduisant la diffusion.
3-Procédes de dissolution :
- Par simple contact à froid
- Par trituration au mortier
- Par la chaleur
- Par intermédiaire
- Par réaction chimique
- Per Descensum
Mode opératoire:
vérifier le coefficient de solubilité
pulvériser finement les corps à dissoudre afin que la surface
de contact avec le solvant soit la plus grande possible.
triturer le corps avec une quantité égale de solvant et la
règle à observer est d'opérer la dissolution avec un minimum
de solvant nécessaire pour obtenir la dissolution voulue.
agiter fréquemment pour mettre le corps à dissoudre sans
cesse en contact avec le solvant.
On fera agir la chaleur si nécessaire et on filtrera pour
obtenir une solution limpide.
En officine:
Mortier
En industrie:
- Pulvérisateurs
- Cuves
- Agitateurs
Cuves:
Doit être adaptée a son emplois
Dimensions correcte
Matériaux convenable
Facilement nettoyable
Agitateurs:
Correctement dimensionné.
Moteur
Choisie en fonction de :
-Produit:
Arbre
-Type de cuve
-Type d’agitation
-Mode opératoire
Partie active
Différents types d’agitateurs:
Agitateur à hélice Agitateur magnétique
Agitateur à ultrason
Agitateur à palettes
Agitateur à turbine
B ) Dissolution extractive :
1 ) Définition :
La dissolution extractive s'effectue sur une substance
incomplètement soluble dans le solvant utilisé. Les
principes actifs extraits des drogues végétales sont
souvent obtenus par cette méthode.
Cette dissolution partielle laisse un résidu appelé marc.
Pour la réaliser il faut respecter 4 conditions :
L'extraction doit être sélective et le solvant doit
dissoudre seulement les principes actifs et pas les
substances inutiles.
Elle doit être rapide pour diminuer le risque d'altération.
Elle doit être économique, on doit utiliser le minimum
de solvant.
Le solvant doit respecter les principes actifs et il ne doit
modifier ni leurs structures ni leurs propriétés.
2- Procédés :
a ) Macération :
La substance dont on veut extraire le principe actif est
mise en contact avec un solvant pendant un temps
variable suivant la nature de la drogue et à température
ambiante ( 30mn et 4h). On obtient un macéré et
ce procédé est utilisé pour les principes actifs très
solubles à froid ou altérables à la chaleur.
Exemple : Teinture de Benjoin
b-Digestion :
La substance dont on veut extraire le principe actif est
maintenue en contact avec le solvant à une température
élevée mais inferieure à l'ébullition. On obtient un
digesté et on utilise cette méthode pour les principes
actifs dont la dissolution à froid est très lente mais qui
sont détruits à haute température
(1 à 15h a 60°C)
Exemple : Sirop de baume de tolu
c- Décoction :
La substance dont on veut extraire le principe actif est
maintenue en contact avec le solvant à l'ébullition
pendant un temps déterminé ( 15 à 30 mn). On
obtient un décocté et cette méthode s'applique aux
drogues très compactes qui cèdent très difficilement
leurs principes actifs.
Exemple : Racines de guimauve
d- Infusion :
La substance dont on veut extraire le principe actif est
recouverte de solvant bouillant et on maintient le tout à
température ambiante pendant 10 à 20 minutes. On
obtient un infusé et c'est un procédé simple et rapide
qui permet une bonne extraction des principes actifs.
Exemple :
Thé, infusion de verveine
e- Lixiviation ou percolation :
La substance dont on veut extraire le principe actif est
tout d'abord pulvérisée puis placée dans un appareil
appelé percolateur ou lixiviateur, elle est ensuite
traversée lentement par un solvant et à la sortie on
obtient un percolat.
Mode opératoire :
La percolation proprement dite consiste à laisser s'écouler
le solvant chargé en principes actifs selon une vitesse
précisée par la pharmacopée. Le solvant est régulièrement
introduit à la partie supérieure de façon à compenser le
prélèvement effectué. Il faut toujours maintenir une
couche de 3 cm de solvant et la drogue se trouve ainsi au
contact d'un solvant non saturé. On va continuer jusqu'à ce
que le solvant sortant du percolateur soit pur. Pour cette
raison la percolation est également appelée méthode par
épuisement de la drogue.
Les avantages de cette méthode :
Elle respecte l'intégrité des principes actifs avec un bon
rendement et comme le solvant se déplace continuellement par
gravité la drogue est toujours en contact avec du solvant non
saturé.
Les inconvénients de cette méthode :
On ne doit pas utiliser une poudre trop fine car elle
colmaterait le filtre, ni une poudre trop grossière car le temps
de passage serait allongé. C'est une méthode assez longue.
Contrôles:
Le contrôle de la solution se fait après l’étape de
filtration:
Examen visuel
Dosage du PA
FILTRATION:
I- Définition
II- Intérêts
III- Mécanismes de rétention
IV- les méthodes de filtration
V- Filtres -Substances filtrantes:
1- caractéristiques des filtres
2- Classification
VI- Adjuvants de filtration
VII- Montages de filtration
VIII- Contrôles
1-Définition :
La filtration est une opération qui a pour but de séparer
les contaminants particulaires d’un liquide ou d’un gaz à
travers d'un milieu poreux.
Le fluide obtenu est un filtrat.
II-Intérêts de la filtration:
Elle permet de purifier les solutions en éliminant toutes
les particules solides.
Elle permet également de vérifier la bonne dissolution
d'un principe actif en constatant l'absence de particules
sur le filtre.
On peut aussi utiliser la filtration dans un but inverse
c'est à dire pour récupérer ce qui reste sur le filtre
quand ces substances sont intéressantes ou qu'elles
forment un précipité.
III- mécanismes de rétention:
La rétention peut se faire par deux mécanismes :
Criblage :On bloque toutes les particules dont le diamètre
est supérieur à celui des pores.
phénomène mécanique
en surface
Adsorption : On bloque à l'intérieur des canaux du
réseau poreux des particules de taille inférieure au
diamètre des pores par des forces électrostatiques
Phénomène physique
en profondeur
IV-Les méthodes de filtration:
Selon la dimensions des particules:
Filtration simple:
Taille des particules entre10 et 450µm
Microfiltration:
Taille des particules entre 0,01 et 10 µm
Ultrafiltration:
Taille des particules entre 0,001 et 0,01 µm
Osmose inverse:
Taille des particules entre 0,0001 et 0,001 µm
Selon l’efficacité souhaité:
La filtration clarifiante :
Élimination de particules
La filtration stérilisante :
élimination des micro- organismes présents
On parle de filtration stérilisante quant le diamètre des
pores est inférieur à 0,22µm
Selon le mode de passage du fluide:
Filtration frontale:
Consiste à faire passer le fluide à filtrer
perpendiculairement à la surface du filtre.
Cette technique est limitée par l'accumulation des
particules à sa surface.
Filtration tangentielle:
Consiste à faire passer le fluide tangentiellement à la
surface du filtre.
C'est la pression du fluide qui permet à celui-ci de
traverser le filtre
V- Filtres-substances filtrantes:
Un filtre se compose d’un milieu filtrant et d’un support.
On distingues:
Les filtres en profondeurs
Les filtres écrans
Caractéristiques d’un réseau filtrant :
La porosité
Le débit
Porosité :
C'est la seule caractéristique sûre et elle est définie par
le diamètre moyen des pores.
Pour cela on va déterminer le point bulle qui permet de
mesurer le diamètre des pores ,il va permettre de
déterminer la taille des particules les plus grosses
pouvant passer à travers le réseau filtrant ce qui
donnera une indication sur le débit.
Contrôle de la porosité:
le diamètre « d » des pores du filtre à étudier, est reliée
à une mesure de pression « p ».
Connaissant la pression ,par mesure expérimentale, à
l’aide d’une relation, on en déduit le diamètre des pores
du filtre, soumis à l’épreuve
● Pour les filtres rigides :
La méthode BECKHOLD :
qui utilise le principe de « point de bulle » :
un filtre est humecté par un liquide (eau), sur lequel on
exerce une pression suffisante pour chasser le liquide retenu
par capillarité qui le retiennent dans les canaux du filtre : on
retient ainsi la pression au moment ou les premières bulles
apparaissent sur la surface filtrante (ce point de bulle est
très intéressant pour détecter les pores les plus gros).
Le diamètre « d » des pores est relié à la pression « p
» par la formule :
4α
d=K
p
K : constante dépendant des conditions de
l’expérience,
α : tension superficielle du liquide à la température de
l’expérience.
● Pour les membranes d’ester de cellulose :
Le rayon des pores peut être déduit de la force
nécessaire pour y faire pénétrer du mercure, dans des
conditions déterminées et de la surface du filtre.
La relation est la suivante :
F
r=
S
Débit :
On mesure le temps que met un volume donné de
liquide à traverser un filtre en ml/min.
Au cours d'une filtration le débit n'est pas constant car
il peut se produire un phénomène de colmatage ou les
particules retenues s'accumulent à la surface du filtre et
forme un gâteau qui augmente l'épaisseur du filtre.
Contrôle du débit:
on détermine le débit d’une installation de filtration, en
mesurant le temps que met un volume donné de liquide
pour traverser le filtre.
v
D=
t
D : débit en ml/mn,
v : volume du liquide,
t : temps pour traverser le filtre.
formule de Poiseuille:
« le débit et la vitesse d’écoulement sont proportionnels à la température, à
la différence de pression des côtés de la paroi, et inversement proportionnels
à l’épaisseur de la paroi ».
dP.r
V=N.
8.η.L
V : débit en ml par mn,
N : nombre de canaux proportionnel à la surface filtrante,
d P : différence de pression entre les deux faces du filtre,
r : rayon moyen des canaux,
η : viscosité du liquide,
L : résistance du filtre exprimée par la longueur des tubes capillaires
(épaisseur du filtre).
Classification:
Filtres non rigides
Filtres rigides
a)- Filtres non rigides :
Filtres papiers : :
Ce sont les plus utilisés en pharmacie, ils sont plissés ou
non plissés.
fibres de cellulose,
laine feutrée :
elle est obtenue par traitement de déchets textiles.
fibres plastiques :
Actuellement elles sont très répandues
Filtres polyamides, polyuréthannes, polyester
nylon
Membranes organiques : ( Ester de cellulose)
Très poreux;
De diamètre bien défini;
Stérilisables par la chaleur
Inconvénients :
- Fragiles
- Nécessitent un support rigide.
- Ne conviennent pas pour les solvants organiques.
b)- Filtres rigides :
Les bougies :
Les bougies de Chamberland, qui sont à base de
kaolin, permettent des filtrations très poussées
puisqu'elles arrêtent même les micro-organismes. On
les utilisait pour filtrer l'eau potable.
Les bougies de Berkefeld qui sont à base de silice
sont très peu utilisées.
Le verre fritté :
Il est très utilisé en industrie du fait de son inertie
chimique. C'est une poudre de verre calibrée ayant
subit une fusion partielle de telle sorte que les
particules se soudent les unes aux autres en laissant
des espaces de dimension déterminée par la taille des
particules.
Les filtres métalliques :
Ce sont des plaques perforées ou du métal fritté.
En bronze ou en acier inoxydable
5-Adjuvants de filtration:
Ils ont pour rôle d’améliorer la filtration, et de pallier aux
inconvénients de la filtration (colmatage).
Les filtres fibreux ou rigides peuvent être surmontés par une
couche poreuse de poudre qui :
- facilite le dépôt des impuretés ;
- évite le colmatage des fibres ;
- retient par adsorption des impuretés diverses.
La ténuité des poudres employées a une grande
importance ;
L’inconvénient des adjuvants de filtration est leur pouvoir
adsorbant souvent considérable
Ce sont:
● la poudre de charbon ;
● le kaolin ;
● les fibres de verre ;
● la terre d’infusoire ;
● le silicate d’aluminium .
6- Montages de filtration :
Filtration sous pression:
la pression peut être due à la hauteur « h » du liquide qui
surmonte le filtre.
Il s’agit de filtration classique sur papier, sur un
entonnoir par action de la gravité.
Pour accélérer cette filtration, il est possible de faire
arriver le liquide sous pression.
Exemple : filtre membrane ( petites quantités)
filtres presses (grands volumes). Ils sont constitués par la
juxtaposition de plateaux et de cadres.
Filtration par aspiration ( sous vide):
Au laboratoire, on utilise des entonnoirs en porcelaine et des entonnoirs en verre fritté
qui servent de support à la couche filtrante ils peuvent s’adapter sur une pompe à vide.
Ce sont des filtres rotatifs qui sont constitués d'un
cylindre dont la paroi poreuse est un réseau filtrant et où
les liquides sont aspirés par le vide qui est fait à l'intérieur
du cylindre.
7-Contrôle de la filtration :
Avant la filtration :
- point de bulle
- test de diffusion : qui permet détecter les points faibles des
filtres/défauts de montages.
Pendant la filtration :
-mesure du débit
-mesure de la pression en amant et en aval du filtre
Après la filtration :
- vérifier le point de bulle (l’état du filtre)
- absence de particules en suspension
- non-adsorption par le filtre des principes dissous (dosage)
- recherche des impuretés solubles pouvant être apportées par les filtres.
Conclusion:
Validation du procédé de filtration:
Démontrer:
l’efficacité du procédé dans les conditions réelles de
production du médicament.
La compatibilité du matériel de filtration avec le
produit.