Diagrammes Binaires: 2ième Partie
Diagrammes Binaires: 2ième Partie
2ième Partie
Diagrammes binaires
Avertissement
2005/06 – B. PIERAGGI 1
Avertissement
La suite de cette présentation est exclusivement consacrée aux équilibres liquide-solide des systèmes
chimiques binaires. Dans la plupart des situations industrielles courantes, la pression n'est pas
suffisamment élevée pour influencer notablement ces équilibres. Les conditions considérées seront
donc toujours des conditions isobares et la variable intensive externe "pression" sera supposée
constante et, en conséquence, ignorée.
Attention !
Cette approximation ne s'applique qu'aux équilibres liquide-solide et solide-solide
Dans ces conditions, la règle des phases de Gibbs s'exprime par la relation:
v =C +1 −ϕ
Avec r relations entre les variables d'état du système, la variance est donnée par :
v =C +1−ϕ −r
Note : les diagrammes binaires reproduits proviennent tous de la compilation éditée par l'ASM.
2005/06 – B. PIERAGGI 2
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Pour un système chimique binaire en condition isobare, la règle des phases de Gibbs s'exprime par la
relation : v = 3 − ϕ . Cette relation impose que ϕ , nombre de phases présentes dans un tel système à
l'équilibre, est nécessairement tel que :
ϕ ≤3
Les seuls états d'équilibre possible des systèmes binaires sont donc des états :
- monophasés : ϕ = 1
ou - biphasés : ϕ = 2
ou - triphasés : ϕ = 3
Les états d'équilibre d'un système binaire forment donc un ensemble, plus ou moins complexe selon le
nombre des phases susceptibles de se former et des divers états d'équilibre possibles. Le but d'un
diagramme de phases est de fournir une représentation graphique simple de cet ensemble d'états
d'équilibre.
2005/06 – B. PIERAGGI 3
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Les variables d'état d'un système chimique binaire en condition isobare sont la température T, variable
intensive externe, et les variables de composition. Dans le cas d'un système binaire des constituants
chimiques indépendants A et B, les fractions molaires (ou massiques) des deux constituants du système
et des phases qui le composent, ne sont pas indépendantes car elles sont toujours telles que xA+xB=1.
Ainsi, l'état global d'un tel système binaire peut être décrit à partir des deux seules variables
indépendantes T et, par exemple, xB, fraction molaire, du constituant B, ce qui se traduit par un
diagramme de la forme suivante :
wB Remarques :
T (°C ou K)
2005/06 – B. PIERAGGI 4
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
2005/06 – B. PIERAGGI 5
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Aucune règle ne détermine l'étendue et la morphologie du domaine de stabilité d'une phase. Les
exemples ci-dessous illustre la grande variété de morphologie des domaines monophasés observés dans
quelques systèmes binaires.
Domaine d'existence des solutions solides Al-Zn Domaine d'existence du carbure d'uranium
résultant de la solubilité du Zn dans Al solide de qui, jusqu'à environ 1100°C, est un composé
structure cfc. quasiment stœchiométrique de formule UC.
2005/06 – B. PIERAGGI 6
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
• Cas particuliers
Dans un système binaire quelconque, il est relativement fréquent que la solubilité d'un constituant dans
l'autre soit très faible et puisse être considérée comme négligeable.
Une autre situation fréquente est la formation de phases intermédiaires dont le domaine de stabilité,
en composition, est très étroit (composés stœchiométriques).
2005/06 – B. PIERAGGI 7
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
2005/06 – B. PIERAGGI 8
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Ces deux relations déterminent la composition des phases φ 1 et φ 2 en équilibre. Elles définissent
également, dans le repère (xB,T), les deux courbes qui représentent, en fonction de la température, les
variations de composition des phases φ 1 et φ 2 en équilibre.
Chaque point de ces courbes définit un état thermodynamique possible des phases φ 1 et φ 2. Elles
appartiennent donc nécessairement aux domaines d'existence respectifs des phases φ 1 et φ 2.
T (°C ou K) wA
xB ,φ = φ1(T )
1
T2
Domaine d'existence φ 1 Domaine d'existence
de la phase φ 1 φ 1 +φ 2 de la phase φ 2
φ 2
T1
xB ,φ = φ2(T )
2
A pur B pur
xB
2005/06 – B. PIERAGGI 9
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
• Conséquence
A composition xs constante, le passage du domaine de stabilité de la phase φ 1 à celui de la phase φ 2
s'étend sur l'intervalle de température ∆ T: il débute à la température Tφ 1 et se termine à la
température Tφ 2.
T (°C ou K) wA
T ≥ Tφ 1 : seule la phase φ 1, de composition xs,
T2 est stable,
Tφ 1 T ≤ Tφ 2 : seule la phase φ 2, de composition xs,
φ 1 +φ 2 φ 2
∆ φ 1 est stable,
T Tφ 2 < T < Tφ 1 : mélange des phases φ et φ 2.
Tφ 1
T1
2
A pur B pur
xB
xs
Aux températures T telles que Tφ 2 < T < Tφ 1, la composition globale du système demeure
constante et égale à xs. En revanche, la composition des phases φ 1 et φ 2 varie; elle est fixée par
les deux relations qui représentent, en fonction de la température, les variations de composition
xB ,φ = φ1(T )
des phases φ 1 et φ 2 en équilibre: xB ,φ = φ2(T )
1 2
Il en résulte que les quantités relatives des phases φ 1 et φ 2 varient nécessairement au cours de
cette transformation.
2005/06 – B. PIERAGGI 10
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Toute transformation d'un système chimique binaire induisant une modification de la température ou
de la composition globale de ce système telle que la trajectoire, dans le repère (xB,T), du point
représentatif de ce système coupe une courbe quelconque de son diagramme de phases, autre qu'une
droite horizontale, s'accompagne nécessairement d'une variation de ± 1 du nombre de phases
présentes dans le système.
T (°C ou K) wA
- Au cours de la transformation (a), la phase φ 1 se
T2 transforme en un mélange des phases φ 1 et φ 2.
(a)
(b) - Au cours de la transformation (b), le mélange des
φ 1
φ +φ phases φ 1 et φ 2 se transforme en phase φ 2.
1 2 φ 2
T1
A pur B pur
xB
2005/06 – B. PIERAGGI 11
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
En conséquence, lorsque xB,syst varie entre les deux bornes xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 2) correspondant à la
composition des deux phases, φ 1 et φ 2, en équilibre, la proportion relative de ces deux phases varie
nécessairement. En effet, lorsque xB,syst est très faiblement supérieur à xB,eq(φ 1), la phase φ 1 est très
largement majoritaire; inversement, φ 2 est très largement majoritaire lorsque xB,syst est très faiblement
inférieur à xB,eq(φ 2).
T (°C ou K) wA
T2
φ 1 φ 1 +φ 2 φ 2
T
T1
A pur B pur
xB
xB,eq (φ 1) xB,syst xB,eq (φ 2)
2005/06 – B. PIERAGGI 12
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
La conservation du constituant B doit exprimer l'égalité entre la quantité totale de B contenue dans le
système et la somme des quantités de B contenues dans chacune des phases φ 1 et φ 2. Pour une mole de
système, en utilisant les fractions molaires, cette égalité se traduit par:
2005/06 – B. PIERAGGI 13
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Ces deux relations montrent que les fractions fφ 1 et fφ 2 varient linéairement en fonction de la
composition globale du système xB,syst. La figure ci-dessous illustre cette variation et ces principales
caractéristiques :
x
- B ,syst
≤ xB ,eq ( φ1 )
: seule la phase φ 1 est stable, donc : fφ 1 = 1 et xB(φ 1) = xB,syst
1
Pour un système binaire, il est important de
φ 1 φ 1 + φ 2 φ 2
bien comprendre que, dans le mélange des
f phases φ 1 et φ 2 en équilibre, la composition
des deux phases demeure constante lorsque
φ
la composition globale du système varie. En
fφ fφ revanche, les fractions fφ 1 et fφ 2 varient en
2 1 sens opposé.
xB,syst
0
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 2)
2005/06 – B. PIERAGGI 14
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
2005/06 – B. PIERAGGI 15
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
• Exemple de diagramme avec solubilité nulle dans une phase : diagramme Al-Si
Le diagramme Si-Al est relatif aux équilibres liquide-solide. Cette structure de diagramme de
phases est également observée lorsque φ 1 et φ 2 sont deux phases solides distinctes. Cela est, par
exemple, le cas des équilibre α /γ des aciers (cf. diagramme Fe-C) du fait de la forte différence
de solubilité du carbone dans les phases α et γ du fer.
2005/06 – B. PIERAGGI 16
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
• Composé stœchiométrique
T
Tφ 1φ Une situation semblable est observée lorsque le
φ domaine d'existence d'une phase intermédiaire
2 quelconque φ 1 est très étroit. Cette phase peut être
2
en équilibre avec une phase dont le domaine
φ 1 + φ 1 + d'existence est beaucoup plus étendu comme cela est
φ 2 φ 2 fréquemment observé lorsque φ 2 est une phase liquide.
φ
φ 1 = composé stœchiométrique
1 x B
Remarque : lorsque φ 2 est une phase liquide, un tel diagramme montre que la fusion de φ 1 se
produit à température constante. Il s'agit alors d'un composé ou phase à fusion congruente.
2005/06 – B. PIERAGGI 17
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Cette situation est équivalente à la juxtaposition des deux diagrammes de phases correspondant aux
équilibres φ 1/φ 2 tels que xB,φ 2<xB,φ 1 ou xB,φ 2>xB,φ 1.
xB, φ 2 xB, φ 2
T T xB, φ 1 T xB, φ 1
φ φ φ
= + 2
2
φ 1 + φ + 2
φ 1 + φ 1 +
1
φ 2 φ φ 2
φ 2
xB
φ φφ 2
xB
xB
1 1 1
• Exemple de diagramme avec composé stœchiométrique à fusion congruente: binaire As-Ga
2005/06 – B. PIERAGGI 18
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
• Azéotropie ou congruence
Comme dans le cas de l'équilibre entre un composé stœchiométrique et une phase φ 2, les domaines de
stabilité de deux phases étendues, φ 1 et φ 2, peuvent également avoir un ou plusieurs points communs
(cf. diagramme U-C). En ces points les phases φ 1 et φ 2 en équilibre ont la même composition. Cette
égalité de composition fournit une relation supplémentaire entre les variables d'état. La variance d'un
tel système est donc nulle. Pour ces compositions spécifiques, les phases φ 1 et φ 2 se comportent donc
apparemment comme un corps pur.
φ
φ
φ 1 + 2 φ 1 +
2
φ 2 φ 2 xB xB
2005/06 – B. PIERAGGI 19
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Cette situation n'est pas propre aux équilibre liquide-vapeur ou liquide-solide. Elle est également
rencontrée dans le cas des équilibres liquide-solide; les parties encadrées du diagramme binaire Ti-Zr
en donnent une bonne illustration.
2005/06 – B. PIERAGGI 20
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Dans le cas des équilibres liquide-solide et solide-solide, la courbure des limites de phases de ces
diagrammes avec transformation congruente est souvent positive. Cependant, des limites de courbure
négatives sont parfois observées. Cela est, par exemple, le cas du binaire Mg-Li (voir aussi le
diagramme U-C).
2005/06 – B. PIERAGGI 21
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2)
2005/06 – B. PIERAGGI 22
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
En supposant que la composition xB,eq(φ 3) de la phase φ 3 est comprise entre xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 2),
compositions des phases φ 1 et φ 2, la composition globale, xB,sys, d'un tel système triphasé est
nécessairement comprise entre xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 2). Ainsi, tout point du segment de droite, T=Teq, compris
entre les points représentatifs des phases φ 1 et φ 2 de cet équilibre triphasé, représente la
composition globale d'un système constitué d'un mélange des trois phases φ 1, φ 2 et φ 3 en équilibre.
2005/06 – B. PIERAGGI 23
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Ainsi, le point de coordonnées Teq, xB,eq(φ 1) appartient à la fois au domaine d'existence de la phase φ 1 et
aux deux courbes distinctes qui déterminent respectivement la composition de cette phase en équilibre
avec la phase φ 2 et avec la phase φ 3.
2005/06 – B. PIERAGGI 24
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Ces deux situations impliquent que la phase φ 3, dont la composition à l'équilibre triphasé est
intermédiaire entre celles des phases φ 1 et φ 2, ne peut pas être stable dans tout le domaine de
température s'étendant de part et d'autre de la température d'équilibre triphasé Teq . Seulement deux
situations différentes sont envisageables :
- la phase φ 3 est uniquement stable aux températures supérieures à Teq ,
- la phase φ 3 est uniquement stable aux températures inférieures à Teq .
φ 1+ φ φ φ +φ φ 1+ φ
3 3 2 2
Teq
3
φ φ
Teq
1
φ 1
φ 2
φ 1+ φ 2
2 φ 1+ φ 3 φ φ 3 +φ 2
xB xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2) xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2)
Ces deux structures correspondent respectivement aux équilibres de type-eutectique (φ 3 stable à T>Teq )
et aux équilibres de type-péritectique (φ 3 stable à T<Teq ).
2005/06 – B. PIERAGGI 25
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
T T
φ 1+ φ φ φ +φ
3 3 2 φ 1+ φ 2
3
Teq φ φ
Teq
1
φ 1
φ 2
φ 1+ φ 2
2 φ 1+ φ 3 φ φ 3 +φ 2
xB xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2) xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2)
2005/06 – B. PIERAGGI 26
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Considérons un système de composition globale, xB,glob, comprise entre xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 2). A une
température Teq+δ T , très faiblement supérieure à Teq, la constitution de ce système dépend de xB,glob:
- lorsque xB,eq(φ 1) < xB,glob < xB,eq(φ 3), le système est constitué d'un mélange des phases φ 1 et φ 3 de
composition respective xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 3),
- lorsque xB,glob = xB,eq(φ 3), le système est uniquement constitué de phase φ 3 de composition xB,eq(φ 3),
- lorsque xB,eq(φ 2) < xB,glob < xB,eq(φ 3), le système est constitué d'un mélange des phases φ 2 et φ 3 de
composition respective xB,eq(φ 2) et xB,eq(φ 3).
Dans ce domaine de composition, la phase φ 3 de composition xB,eq(φ 3) est donc toujours présente lorsque
la température est supérieure à TeqT
.
φ 1+ φ φ φ +φ
3 3 2
3 Teq +δ T
Teq
φ 1
φ
φ 1+ φ 2
2
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2
)
2005/06 – B. PIERAGGI 27
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Considérons maintenant une température Teq -δ T , très faiblement inférieure à Teq . Dans tous les cas,
lorsque xB,eq (φ 1) < xB,glob < xB,eq (φ 2), le système est uniquement constitué d'un mélange des phases φ 1 et φ 2
de composition respective xB,eq (φ 1) et xB,eq (φ 2) dont la proportion relative ne dépend, d'après la règle du
levier, que de la valeur de xB,glob .
T
φ 1+ φ φ φ 3+ φ
3 2
3
Teq Teq -δ T
φ 1
φ
φ 1+ φ 2
2
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2
) varie de T +δ T à T -δ T résulte donc
Le changement de constitution se produisant lorsque la température eq eq
2005/06 – B. PIERAGGI 28
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
A la température Teq, les trois phases sont en équilibre. Cet équilibre est donc nécessairement tel que :
T↓
φ 3
φ 1 +φ 2
T↑
L
φ 1+ L L+ φ 2
Teq
φ 1
φ
φ 1+ φ 2
2
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (L) xB,eq (φ 2
)
2005/06 – B. PIERAGGI 29
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Aucune restriction sur la nature des phases en équilibre n'a été introduite lors de la description de
l'équilibre triphasé de type-eutectique. L'équilibre eutectique n'est donc pas le seul équilibre triphasé
de type-eutectique. Ce type d'équilibre triphasé peut impliquer des phases liquides, solides ou gaz sont
Des dénominations spécifiques ont été adoptées pour désigner les équilibres triphasés les plus
fréquemment rencontrés. Les équilibres triphasés correspondants sont représentés ci-dessous:
Eutectique
s1 + L L L + s2 T↓ Equilibre entre une phase liquide et
T s1 s2 L s1 + s2 deux phases solides.
s1 + s2 T↑
Eutectoïde
s 1+ s 3 s3 s3+ s2 T↓ Equilibre entre trois phases solides.
T s1 s2 s3 s1 + s2
s 1+ s 2 T↑
Métatectique
s2 Equilibre entre une phase liquide et
s 1+ s 2 s2 + L T↓
T s1 s2 s1 + L deux phases solides. L'une des phases
L
s1 + L T↑ solides n'est pas stable aux
températures inférieures à la
température d'équilibre.
2005/06 – B. PIERAGGI 30
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Une solution peut être instable dans un domaine défini de composition et température et se séparer en
un mélange de deux phases, de même nature mais de composition différente (phénomène de
démixtion), Ce phénomène est à l'origine de deux autres formes d'équilibre triphasé. Il s'agit des
équilibres dit "monotectique" lorsque la phase instable est liquide et "monotectoïde" lorsque la phase
instable est solide.
Monotectique
L
s+L T↓
T s L' + L" L' s + L"
s+L T↑
Monotectoïde
s
s1 + s s' + s" T↓
T s1 s' s1 + s"
s1 + s T↑
Un tel équilibre monotectoïde est observé dans le diagramme Al-Zn. Le domaine coloré est un
domaine biphasé où deux solutions solides de Zn dans Al, de composition en Zn différente, sont
en équilibre. Au refroidissement, un solide de Zn dans Al contenant 59 %at. de Zn se décompose
à 277°C, en une solution de Zn dans Al à 16,5 %at. de Zn et une solution solide riche en Zn.
2005/06 – B. PIERAGGI 31
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
φ 1+ φ 2
φ 1
φ Teq + δ T
Teq 2
φ 1+ φ 3
φ φ 3+ φ 2
3
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 2) xB,eq (φ 3)
2005/06 – B. PIERAGGI 32
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
En revanche, à une température Teq+δ T , très faiblement supérieure à Teq, la constitution du système
dépend de xB,glob:
- lorsque xB,eq(φ 1) < xB,glob < xB,eq(φ 3), le système est constitué d'un mélange des phases φ 1 et φ 3 de
composition respective xB,eq(φ 1) et xB,eq(φ 3),
- lorsque xB,glob = xB,eq(φ 3), le système est uniquement constitué de phase φ 3 de composition xB,eq(φ 3),
- lorsque xB,eq(φ 2) < xB,glob < xB,eq(φ 3), le système est constitué d'un mélange des phases φ 2 et φ 3 de
composition respective xB,eq(φ 2) et xB,eq(φ 3).
Dans ce domaine de composition, la phase φ 3 de composition xB,eq(φ 3) est donc toujours présente lorsque
la température est inférieure à Teq.
T
φ 1+ φ 2
φ φ
Teq 1
2 Teq -
φ 1+ φ 3
φ φ 3 +φ 2 δ T
3
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 2) xB,eq (φ 3)
2005/06 – B. PIERAGGI 33
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
φ 1+ φ 2
φ φ
Teq 1
2
φ 1+ φ 3
φ φ 3 +φ 2
3
xB
xB,eq (φ 1) xB,eq (φ 3) xB,eq (φ 2)
2005/06 – B. PIERAGGI 34
I – Eléments de structure des diagrammes de phases binaires
Syntectique
Péritectoïde L' + L" L
s1+ s2 T↓ T
T s s2 s1 + s2 s3
1
L+ s s s+L
s 1+ s 3 s s3+ s2 T↑
3
2005/06 – B. PIERAGGI 35
II – Diagrammes binaires simples
En règle générale, les diagrammes de phases binaires résulte de la combinaison, parfois très complexe,
de domaines monophasés, biphasés et d'un ou plusieurs équilibres triphasés. Ces équilibres faisant
nécessairement intervenir des phases distinctes, un diagramme de phases sera donc d'autant plus
complexe que le nombre de phases intermédiaires solides susceptibles de se former est plus important.
Par ailleurs, ces phases ne sont souvent stables que dans un domaine limité de température et
composition, la formation et/ou la décomposition de ces phases intermédiaires solides seront alors
également associées à des équilibres triphasés.
Cette constatation permet de classifier les diagrammes binaires en diagrammes binaires simples
lorsque aucune phase intermédiaire n'est susceptible de se former et en diagrammes binaires
complexes lorsque au moins une phase intermédiaire se forme.
2005/06 – B. PIERAGGI 36
II – Diagrammes binaires simples
Dans un système binaire, la solubilité des deux constituants est dite complète ou continue lorsque la ou
les solutions qu'ils sont susceptibles de former, sont stables dans tout le domaine de composition. Les
diagrammes binaires les plus simples sont alors tels que les deux constituants soient solubles en toute
proportion en phase liquide et en phase solide, formant alors une solution solide continue.
Dans le cas des systèmes binaires métalliques, l'exemple le plus simple de diagramme à solubilité
complète est le diagramme Cu-Ni. En effet, Cu et Ni forment, selon la température, une unique solution
liquide ou solide, de structure cfc, dont le
domaine de stabilité s'étend du Cu pur au Ni pur.
Les domaines de stabilité de ces deux phases
sont séparés par un étroit domaine biphasé en
forme de fuseau. Dans ce domaine biphasé, les
deux phases coexistent et sont donc en
équilibre.
2005/06 – B. PIERAGGI 37
II – Diagrammes binaires simples
• Remarque
Dans le cas spécifique des équilibres liquide-solide, les courbes qui délimitent les domaines d'existence
des phases liquide et solide sont respectivement dénommées "liquidus" et "solidus".
liquidus
solidus
2005/06 – B. PIERAGGI 38
II – Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 39
II – Diagrammes binaires simples
La forme et la dimension du domaine biphasé sont dictées par les propriétés thermodynamiques des
constituants. La forme en fuseau indique, indépendamment de la courbure des liquidus et solidus, que
les phases en équilibre sont proches de solutions idéales. En revanche, plus la forme en complexe, plus
les solutions en équilibre s'éloignent de l'idéalité.
Ces règles très générale sont valables pour tous les types de liaison et s'appliquent aussi bien aux
solutions solides des métaux et des composés intermétalliques que des composés ioniques ou covalents.
2005/06 – B. PIERAGGI 40
II – Diagrammes binaires simples
L'existence de variétés allotropiques peut conduire à des situations très diverses. Ainsi, l'identité de
structure cristalline des variétés α (hcp) et β (cc) de Ti et Zr conduit à un diagramme à solubilité
complète à l'état α , β et liquide.
Par ailleurs, l'exemple du diagramme Pu-U montre que l'existence d'une solution solide continue entre
deux variétés allotropiques (ici ε Pu et γ U, toutes deux cubiques centrées) n'exclut pas la présence
d'un ou plusieurs équilibres triphasés faisant intervenir d'autres variétés allotropiques.
2005/06 – B. PIERAGGI 41
II – Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 42
II – Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 43
II – Diagrammes binaires simples
Solution liquide
2005/06 – B. PIERAGGI 44
II – Diagrammes binaires simples
Cas particulier
La solubilité dans les solutions terminales est parfois très faible. Les représentation graphique usuelle
confondent alors ces solutions terminales avec les constituant purs. Le diagramme Au-Si est un
exemple caractéristique. Le diagramme Au-Ge montre qu'une seule des solubilités peut prendre une
très faible valeur.
Ces deux diagrammes binaires montrent bien qu'un eutectique conduit la formation d'une phase
liquide à des températures très inférieures aux températures de fusion des constituants purs.
2005/06 – B. PIERAGGI 45
II – Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 46
II – Diagrammes binaires simples
Composition xB = xB,E(L)
L T < TE : mélange φ +φ
1 2
2005/06 – B. PIERAGGI 47
II – Diagrammes binaires simples
φ 1
T
L
L
L→φ +φ
TE
1 2
φ 2
φ 1 +φ 2
Représentation schématique de la
temps
transformation eutectique: les
Courbe de refroidissement d'un système deux phases solides φ 1 et φ 2 se
de composition eutectique forment simultanément à partir
de la phase liquide L.
2005/06 – B. PIERAGGI 48
II – Diagrammes binaires simples
TE T < TE : mélange φ 1 +φ 2
φ 1
φ
φ 1+ φ 2 2
Aux températures supérieures à TE
φ 1+φ 2 l'évolution du système est semblable
xB à celle observée dans le cas d'un
xB,E (φ 1) xB,E (L) xB,E (φ 2) système biphasé. Les courbes de
liquidus et solidus du fuseau partiel
Représentation schématique de l'évolution de L+φ 1 détermine la composition de
la constitution du système de composition xB, ces deux phases.
en fonction de T.
2005/06 – B. PIERAGGI 49
II – Diagrammes binaires simples
L'évolution du système au cours du refroidissement peut aussi être schématisée de la façon suivante:
T
T
L
L
Td
L+ φ 1 L+ φ 2 L+
L⇔φ + φ
TE φ 1 1 2
φ 1
φ
φ 1+ φ 2 2 φ 1 +
φ 2
xB temps
xB,E (φ 1) xB,Eq (L) xB,E (φ 2)
Selon la valeur de xB, une proportion plus ou moins importante de phase φ 1 est présente dans le
système avant que l'équilibre triphasé ne s'établisse.
D'un point de vue strictement thermodynamique, cette phase φ 1, parfois appelée proeutectique,
ne peut pas être distinguée de la phase φ 1 qui se forme lors de la transformation eutectique. En
pratique, le refroidissement, souvent trop rapide, ne permet pas l'homogénéisation, en terme de
microstructure et parfois de composition, des phases φ 1 proeutectique et eutectique.
2005/06 – B. PIERAGGI 50
II – Diagrammes binaires simples
25 µm 25 µm 25 µm
2005/06 – B. PIERAGGI 51
II– Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 52
II– Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 53
II– Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 54
II– Diagrammes binaires simples
2005/06 – B. PIERAGGI 55
II– Diagrammes binaires simples
Le binaire Cu-Pb combine un équilibre monotectique (coté riche en Cu) et un équilibre eutectique (coté
riche en Pb). Cet équilibre résulte des propriétés des solution liquides Cu-Pb.
2005/06 – B. PIERAGGI 56
III – Diagrammes binaires complexes
D'un point de vue uniquement topologique, la complexité d'un diagramme de phase dépend notamment :
- du nombre de variétés allotropiques (phases) des constituants du système considéré,
- du nombre de phases intermédiaires,
- de la stabilité des solutions et phases intermédiaires.
Remarque: Les équilibres des phases (β Pu), (γ Pu) et (η Pu) avec la phase intermédiaire
(ζ Pu) impliquent l'existence deux équilibres triphasés distincts à des températures,
proches de 278°C, trop peu différentes pour être distinguer sur la figure.
2005/06 – B. PIERAGGI 57
III – Diagrammes binaires complexes
Le diagramme ci-dessus est un diagramme hypothétique qui rassemble l'ensemble des équilibres
triphasés solide-liquide susceptibles d'être observés.
Eutectique
L
T Monotectique
Métatectique
Péritectique
Syntectique
Eutectoïde
Péritectoïde
Monotectoïde
A pur xB B pur
2005/06 – B. PIERAGGI 58
III – Diagrammes binaires complexes
2005/06 – B. PIERAGGI 59
III – Diagrammes binaires complexes
2005/06 – B. PIERAGGI 60
III – Diagrammes binaires complexes
Les quelques diagrammes suivants illustrent la diversité des situations qui peuvent être rencontrées.
2005/06 – B. PIERAGGI 61
III – Diagrammes binaires complexes
Le diagramme Cu-Zn est le diagramme de base des laitons qui sont soit des alliages de teneur en Zn
comprises entre 15 et 30 % en masse de Zn soit de l'ordre de 45% en masse (laiton β )
2005/06 – B. PIERAGGI 62
III – Diagrammes binaires complexes
L'analyse d'un diagramme de phases a pour but de repérer l'ensemble des différentes phases
présentes, leur domaine de stabilité et les divers équilibres triphasés impliquant ces phases.
2005/06 – B. PIERAGGI 63
III – Diagrammes binaires complexes
2005/06 – B. PIERAGGI 64
III – Diagrammes binaires complexes
Eutectique (1)
Métatectique
(1)
Péritectique (3)
Eutectoïde (4)
Péritectoïde (2)
La transformation η /η ' est une transformation particulière qui n'est pas considérée
ici.
2005/06 – B. PIERAGGI 65
III – Diagrammes binaires complexes
• Fusion non-congruente
Les phases β , γ et η ne
fondent pas directement,
elles se décomposent au
chauffage en liquide et
une autre phase solide:
β → (Cu) + L
γ →β + L
η →ε + L
2005/06 – B. PIERAGGI 66
III – Diagrammes binaires complexes
2005/06 – B. PIERAGGI 67
III – Diagrammes binaires complexes
La plus part des erreurs qui peuvent être faites lors du tracé d'un diagramme binaire ou détectées sur
quelques diagrammes de phases sont reliées à un mauvais usage de la règle des phases de Gibbs.
Les trois exemples ci-dessous ne sont pas exhaustifs.
T L L
L α +L
β +L α +L
α +L β α β +L α γ +L
α
α +β α +γ
α +β β γ γ +β β
2005/06 – B. PIERAGGI 68
III – Diagrammes binaires complexes
Les méthodes expérimentales communément utilisées dans la détermination des diagrammes de phases
visent soit à déterminer les températures de changement de phases et/ou d'équilibre triphasé, soit à
déterminer la nature et la composition des phases en présence.
La mesure des températures de changement de phases ou d'équilibre triphasé fait en général appel à
des mesures thermiques (ATD ou DSC) ou bien à la mesure, en fonction de la température, des
variations d'une ou plusieurs propriétés physico-chimiques (dilatation thermique, conductibilité
électrique, variation des paramètres cristallographiques…)
Enfin, les couples de diffusion sont souvent un moyen commode pour déterminer la composition, et les
limites de composition, des phases intermédiaires et composés susceptibles de se former dans un
système binaire à une température donnée.
2005/06 – B. PIERAGGI 69