Pollution de l’air
Législations, politique et
stratégies
Cas du Maroc
Prof Ali Agoumi
Plan
Législation
Loi 11-03 relative à la protection et à la mise en
valeur de l’environnement
13-03 relative à la lutte contre la pollution de
l’air
Politique et stratégies
Loi n° 11-03 relative à la protection et à la mise
en valeur de l’environnement
Définitions :
Protection de l’environnement :La
préservation et l’amélioration des constituants
de l’environnement , la prévention de leur
dégradation , de leur pollution ou la réduction
de cette pollution
L’air: L’enveloppe gazeuse qui entoure la terre
et dont la modification des caractéristiques
physiques ou chimiques peut porter atteinte au
être vivants, aux éco- systèmes et à
l’environnement général ,cette définition
comprend également l’air des lieux de travail
et des lieux publics clos ou semi clos .
L'airdoit être protégé des diverses formes de
pollution qui contribuent à la dégradation de sa
qualité.
Est interdit tout rejet liquide ou gazeux
d'origine quelconque dans le milieu naturel,
susceptible de nuire à la santé de l'homme ou à
la qualité de l'environnement en général et qui
dépasse les normes et standards en vigueur.
Les normes et standards de qualité de l’environnement
Les normes et standards de la qualité de l'environnement visés
sont fixés en tenant compte :
de l'état du milieu récepteur des déchets et de rejets ;
des données scientifiques les plus récentes en matière
de la capacité d'auto épuration de l'eau, de l'air et du sol ;
des impératifs du développement durable économique et
social national ;
Loi n°13-03 relative à la lutte contre la
pollution de l’air
Champs d’application :
Elle s'applique à toute personne physique ou morale
soumise au droit public ou privé, possédant, détenant,
utilisant ou exploitant des immeubles, des installation
minières ,industrielles, commerciales ou agricoles, ou des
installations relatives à l'industrie artisanale ou des
véhicules, des engins à moteur, des appareils
de combustion, d'incinération des déchets,
de chauffage ou de réfrigération.
Les dispositions de la présente loi et des
textes pris pour son application ne sont pas
applicables aux installations relevant des
autorités militaires, ainsi qu'aux
installations relative à la protection contre
les rayonnements ionisants. Ces
installations doivent, toutefois, être utilisées
ou exploitées de manière qui ne porte pas
atteinte au voisinage ou à l'environnement
en général.
Lutte contre la pollution de l’air
Il est interdit de dégager, d'émettre ou de rejeter dans l'air des
polluants tels que les gaz toxiques ou corrosifs, les fumées, les
vapeurs, la chaleur, les poussières, les odeurs au-delà de la
quantité ou de la concentration autorisées par les normes
fixées .
Sont prises en considération, lors de l'établissement des
documents de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme,
les exigences de la protection de l'air contre la pollution.
Les espaces publics clos et semi-clos doivent disposer de
moyens suffisants d'aération, en proportion avec le volume du
lieu et de sa capacité d'accueil et la nature de l'activité qui y
est exercée, de manière à garantir la qualité et la pureté de
l'air, et sa conservation à une température, adéquate.
Procédures et sanctions:
passible d'une amende:
toute personne responsable d'une pollution et qui néglige
volontairement d'informer les autorités concernées de
l'émission accidentelle et grave de produits polluants.
Quiconque met obstacle à l'accomplissement des contrôles
ou à l'exercice des fonctions des personnes prévues à de la
présente loi.
Celui qui ne respecte pas une condition, restriction ou
interdiction imposée par l'administration ;
refuse de se conformer aux instructions de l'administration ;
entrave ou empêche, de quelque manière que ce soit,
l'exécution des mesures d'urgence ordonnées par
l'administration ;
fournit de fausses informations ou de fausses déclarations.
Décret n° 2-09-286 fixant les normes de
qualité de l’air et les modalités de
surveillance de l’air
Normes de qualité de l’air, seuils d’alerte et d’information
du public et mesures d’urgence
les normes de qualité de l'air
valeurs limites qui ne doivent pas être dépassées et qui
fixent le niveau de concentration des substances
polluantes dans l'air pendant une période déterminée.
révisées tous les 10 ans
Font l’objet d’une surveillance obligatoire et de
suivi des niveaux de leur concentration dans l’air,
les substances polluantes suivantes :
le dioxyde de soufre(SO2),
le dioxyde d’azote (NO2),
le monoxyde de carbone (CO),
les particules en suspension (MPS)
l’ozone (O3).
Normes de qualité de l’air
Le centile !!!
Le centile de rang n est la valeur
dépassée par (100-n) % des observations
effectuées sur une période de référence ,
généralement une année au cours de
laquelle sont réalisées un grand nombre
d’observations régulièrement réparties.
le centile 98 correspond à la valeur qui a été dépassée par
seulement 2 % des observations. Il informe donc des niveaux de
concentration les plus élevés atteints ou dépassés par le polluant
dans seulement 2 % des mesures effectuées sur la période de
référence.
Le centile 50, aussi appelé médiane, correspond à la valeur qui a
été dépassée par 50 % des observations. Il permet d’appréhender
beaucoup mieux que le centile 98 la pollution chronique de fond
Arrêté
Les seuils les substances
les niveaux Les mesures à
d'information, polluantes et le
d'information prendre
les seuils degré de leur
et d'urgence correspondant
d'alerte et les concentration à chaque
mesures pour chaque niveau
d'urgence niveau
L’application des mesures d’urgences est ordonnée par la
décision du gouverneur de la préfecture (province ) ou du wali
de la région concernée
Cette décision fixe notamment :
le périmètre de la zone ,
le début et la fin de la période durant laquelle les dites
mesures sont appliquées ,
la nature des informations à porter au public
Réseaux de surveillance de la qualité de l’air
Un réseau de surveillance de la qualité de l'air est
mis en place dans chaque agglomération chef lieu
de région.
un rapport annuel sur la qualité de l’air est établi
afin d’informer la population sur la qualité de l’air
Décret n° 2-09-631 fixant les valeurs limites de
dégagement, d’émission ou de rejet de
polluants dans l’air émanant de sources de
pollution fixes et les modalités de leur contrôle.
Fixation des valeurs limites de dégagement d’émission ou
de rejet de polluants dans l’air
Les substances sont réparties suivant des classes et les
valeurs limites dépendent de leurs classes et débits
massiques.
Le tableau suivant résume les différents polluants
ainsi que leurs valeurs limites d’émission ou de
rejet:
Polluants Classe Débit massique Valeur limite
Poussières - >= 0.5Kg/h 50mg/m3
Polluants inorganiques 1 >= 1g/h 0.2mg/m3
essentiellement sous forme
2 >= 5g/h 1mg/m3
de poussière
3 >= 25g/h 5mg/m3
Polluants inorganiques sous 1 >= 10g/h 1 mg/m 3
forme de gaz ou de vapeur
2 >= 50g/h 5mg/m3
3 >= 300g /h 30mg/m3
4 >=5000g/h 500mg/m3
Polluants organiques sous 1 >= 0.1Kg/h 20mg/m3
forme de gaz, vapeur, ou
2 >=2Kg/h 100mg/m3
de particules
3 >=3Kg/h 150mg/m3
Polluants cancérigène 1 >=0 .5g/h 0.1mg/m3
2 >=5g/h 1mg/m3
3 >25g/h 5mg/m3
Toutgouverneur d’une province (ou préfecture)
peut proposer la fixation de valeurs limites
sectorielles plus restrictives si cela lui semble
nécessaire.
Chaque 10 ans, une révision est effectuée pour ces
valeurs.
Modalités de contrôle de dégagement, d’émission ou du
rejet de polluants dans l’air
Des contrôles périodiques ou inopinés sont effectués
pour vérifier la conformité avec les valeurs limites
Le dégagement, l’émission ou de rejet est considéré
conforme lorsque 95% des mesures sont conformes
aux normes.
Le délai de mise en conformité avec ces dispositions ne
doit pas dépasser 5 ans lorsque l’autorité l’estime
insupportable économiquement, sinon le délai
devient 2ans.
Politique et stratégie du Maroc
concernant la qualité de l’air
A l’heure qu’il est, on ne peut pas parler de
stratégie proprement dite en matière de lutte contre
la pollution de l’air, mais surtout des plans
d’action touchant à divers secteurs d’activité.
Surveillance de la qualité de l’air:
La surveillance de la qualité de l’air nécessite de
renforcer le RENSQA existant et de l’étendre à
d’autres villes du Royaume.
Le renforcement des moyens mobiles de
surveillance et des outils de prévision des épisodes
de pollution permettront également de renforcer ce
réseau.
l’activation de la mise en place du comité national
et des comités régionaux est indispensable.
Programme des cadastres des
émissions atmosphériques au niveau
des grandes villes du Royaume.
son objectif principal est généraliser les inventaires des
émissions atmosphériques et de mettre en place une
base de données sur les émissions atmosphériques
spécifiques pour chaque ville du Royaume et
l’évaluation des impacts de ces émissions sur la santé
des populations.
Il sera concrétisé par l’élaboration de plans d’actions
pour la réduction de la pollution atmosphérique.
Protection de la santé de la population exposée
• La réalisation des études dans les grandes villes
pour évaluer l’impact de la pollution de l’air sur la
santé publique prise de décision en matière de
lutte contre la pollution de l’air.
• Mise en œuvre de solutions préventives:
moyens de transport propres, transport en
commun…
Renforcement du cadre juridique
L’adoption des projets de textes d’application de la
loi 13-03 relative à la lutte contre la pollution de
l’air s’avère nécessaire.
Le renforcement des capacités nationales par la
mise en place de corps d’inspecteurs est d’une
grande importance pour l’application des textes
réglementaires.
Développement des énergies renouvelables
Le paysage énergétique marocain se caractérise
par une forte dépendance énergétique avec une
domination des produits pétroliers.
La stratégie énergétique nationale qui projette de
promouvoir l’énergie renouvelable est à appuyer,
voire même à renforcer, pour anticiper sur la
production des polluants atmosphériques.
Réduction des émissions du secteur des transports
l’amélioration de la qualité du carburant et
de contrôle des rejets gazeux des véhicules.
Introduction du GPL dans le secteur
d’automobile
Réduire l’incitation au renouvellement des gros pollueurs
les (Bus et camions),
émissions l’augmentation de la part des véhicules à essence
polluantes dans le parc automobile national
l’aménagement de la voirie et le développement des
transports en commun
Etablissement d’un plan de sensibilisation
Les utilisateurs les industriels le grand public
des véhicules
•supports et kits
des campagnes de •l’organisation de de communication
contrôle de gaz rencontres • le lancement de
d’échappement d’information campagnes de
des véhicules dans •opportunités de sensibilisation sur
les grandes villes financement que les impacts et la
présentent le lutte contre la
FODEP et le pollution de l’air
(MDP)
Recherche et développement
L’implication de l’Université dans ce chantier de lutte contre la
pollution de l’air, dès son démarrage.
développer des pôles de compétences au niveau des régions
accompagner la mise en œuvre des plans d’actions.
Développement de partenariat avec les
principaux acteurs socio-économiques
Etablir des conventions de partenariat définissant un cadre
de collaboration et des objectifs à atteindre pour promouvoir
la protection de l’environnement en général et la qualité de
l’air en particulier avec plusieurs opérateurs industriels.
Il s’agit essentiellement de l’Association Professionnelle
des Cimentiers, l’Office Chérifien du Phosphate, Managem,
Office National d’Electricité
Projet pilote d’élimination des fumées noires
dans le secteur des potiers
Objectifs
Participer à la lutte contre la pollution atmosphérique
Encourager l’utilisation des technologies respectant la
réglementation en vigueur et les projets de normes
marocaines de protection de l’environnement.
éliminer l’utilisation de la biomasse et des pneus dans les
fours traditionnels des poteries.
consistance
Mise en place de fours à gaz communautaires comme
substitut aux fours traditionnels.
Impact socio-economique
Amélioration de la santé des populations
Création des postes d’emploi
Amélioration de la production
CONCLUSION
La politique du Maroc pour la lutte contre la pollution de l’air se
caractérise par un manque de visibilité en l’absence d’une stratégie
effective.
Les actions entreprises jusque là s’articulent autour de 4 axes: le
diagnostic, la surveillance ,le renforcement juridique et financier et
la sensibilisation
Néanmoins ,la partie est loin d’être gagnée
Car, la protection de l’air exige une implication de l’ensemble des
acteurs.
Merci pour votre attention