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CH HADJI

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Vers une pédagogie centrée

sur l’autorégulation

Une voie pour la réussite


scolaire

Charles Hadji
Professeur émérite de l’Université
Grenoble Alpes (France)
Avant-propos
 L’autorégulation dans le concret
 3 exemples:
1. Une recherche: quand les sportifs battent
les universitaires
2. Un comportement: Anne Lauvergeon et le
« Quantified Self » (la « mesure de soi »)
3. Un dessin humoristique:
l’autodétermination selon le dessinateur
Conc (entre chien et loup…)
Sommaire
 Première partie: pour en savoir plus
 Mieux comprendre ce qu’est l’autorégulation,
et pourquoi il faut « parier » sur elle

Deuxième partie: pour devenir un


auxiliaire efficace de l’autorégulation des
élèves
 quelques pistes pour réussir ce défi
éducatif
Notre idée directrice

 Pour ce qui concerne le fonctionnement


de l’élève qui apprend, l’autorégulation est
une réalité fondamentale
  Autorégulation= gestion, par le sujet
apprenant, de ses propres apprentissages
 C’est
pourquoi agir sur l’autorégulation est
un défi, certes difficile, mais auquel les
enseignants ne peuvent se soustraire
Point 1: Mieux comprendre…
 11 …que la régulation est un processus de base
dans la conduite des actions
 12 … que le champ des régulations engagées
par le processus d’enseignement est très étendu
 13 … que toute interaction n’est pas régulatrice
 14 … qu’en conséquence l’autorégulation est au
cœur des apprentissages
 15 … qu’on peut distinguer des niveaux
d’autorégulation
 16 … et qu’on peut « enrichir » l’autorégulation,
qui devient un but pour les enseignants
11 Comprendre que la régulation est un
processus de base dans la conduite des
actions
(Question: qu’est-ce que c’est?)

 Réguler = intervenir dans le déroulement d’un


processus pour le maintenir à l’intérieur de
certaines limites (ex: climatisation), ou le
conduire vers un but (ex: pilotage d’un avion).
 Pour une conduite éclairée de l’action, la
régulation est un processus de base dans le
cadre d’un mécanisme de
surveillance/ajustement
Donc: la régulation est un
mécanisme par lequel on tente
d’optimiser une action
 Ce mécanisme met en jeu 2 processus:
1. Un processus de « lecture/jugement »,
par lequel on exerce une surveillance
rétroactive de l’action
2. Un processus de guidance, par lequel
on développe des réactions adaptatives
Un mécanisme de
surveillance/ajustement pour une
conduite éclairée de l’action
Feedback
= prise
Champ
d’informations
de
en retour
l’évalu
ation
Un sujet Tend vers Un but
actif

Champ Ajustement =
de la adaptation
régulati éclairée de
on l’action
4 notions-clés
notion Exemple 1 Exemple 2
Sujet actif Un élève, qui apprend à Une femme moderne,
nager qui souhaite « rester
jeune »
But (=fin, objectif) Savoir nager Conserver son corps
« de jeune fille »
Feedback (= information Sensation de flotter (ou Image dans le miroir
en retour) de couler) Mesure du poids
« boire -ou non- la Discours du compagnon
tasse »
Ajustement (= Apprendre dans un Fréquentation d’une sale
adaptation de l’action, bassin où l’on a pied de sport
pouvant aller jusqu’au S’aider d’une bouée Injections de « botox »
changement de but)
12 Comprendre que le champ des
régulations est très étendu
(question: ça concerne quoi?)

 Dans le processus
d’enseignement/apprentissage, les
régulations portent non seulement sur
l’action présente, mais aussi sur l’action
passée (à travers ses produits), voire sur
l’action future (à travers ses buts, ses
orientations)
12 Deux grandes sortes de régulations
dans le processus d’enseignement

mécanisme de surveillance/contrôle

Nouve
au
But
possib
Actions Nouvelles le
Action en
passées actions BUT
cours
possibles

Régulation rétroactive 2 Régulation rétroactive 1 Régulation proactive1 Régulation proactive 2

(portant sur action passée) (on line) (sans changement de but) (choix d’un nouveau but)
Les régulations dans le processus
d’enseignement/formation
 Régulations rétroactives: portent sur des actions réelles,
actuelles, ou passées
 Rétroactives 1: action en cours (on line)
 Rétroactives 2: action déjà accomplie (régulation
différée, Allal, 2007: vérification et reprise de
productions provisoires, de problèmes non résolus)

Régulations proactives: portent sur des actions futures


(potentielles): anticipation et planification de nouvelles
démarches
 Proactives 1: sans changement de but
 Proactives 2: avec choix d’un nouveau but ( il y
aura une nouvelle trajectoire)
Régulations rétroactives et
proactives: exemples
Type de régulation Exemple 1 Exemple 2
Rétroactive 1 En cours de rédaction Un élève raye une
d’un article  je consulte phrase en cours
le dictionnaire je d’écriture d’une
change un mot rédaction
Rétroactive 2 Je reprends, relis, et L’élève reprend son
corrige mon article le brouillon écrit la veille, le
lendemain corrige, et le modifie
Proactive 1 Je constate un besoin L’élève décide de tout
d’approfondissement, et reprendre plus tard,
commande de nouveaux après le week-end
livres à ma librairie
Proactive 2 Au lieu de me contenter L’élève décide de lire
d’un article, j’entreprends davantage, pour devenir
de rédiger un ouvrage capable de mieux écrire
complet sur la question
13 Comprendre que toute interaction n’est pas
régulatrice
(question: qui dispose du levier du changement?)
 Il faut distinguer interaction et régulation
  pour un sujet actif, toute régulation (= ajustement ou
modification d’un comportement d’apprentissage)
provient d’une rencontre (Allal, 2007). Mais toute
interaction (rencontre/contact avec quelque chose
d’extérieur, qui touche le sujet) n’entraîne pas
automatiquement une régulation
  la régulation implique une réaction active de
l’apprenant. L’enseignant et le formateur peuvent
réguler les situations, non les apprentissages: c’est
pourquoi il faudra développer la capacité
d’autorégulation des apprenants et des formés.
Cela signifie concrètement que:
 L’interaction peut ne rien provoquer. Ex:
 L’élève qui reste stérile devant sa page blanche
 Le cours qui passe « au-dessus de la tête » de l’élève
 Le document qui n’évoque rien pour moi

L’interaction non intégrée peut être vécue


comme une agression par l’apprenant
EX: l’élève qui subit l’injonction à travailler plus

Sans réaction active de l’apprenant, qui intègre


la perturbation que représente l’interaction, il ne
se passe rien de positif pour l’apprentissage
En conséquence: un fait
essentiel

 Les interactions ne sont fécondes que si


elles impactent les régulations gérées par
les apprenants/formés:
  seul l’individu peut apprendre ou se
former
  seul il a le pouvoir de réguler
véritablement ses apprentissages
Interactions et régulations: l’articulation
hétérorégulation/autorégulation
 Pour ce qui concerne les apprentissages
(Allal, 2007, p. 11):
 L’hétérorégulation seule est impuissante:
les facteurs externes au sujet ne sont que
des sources de régulations « potentielles »

 Cependant l’autorégulation est toujours


intégrée dans un faisceau de régulations
sociales externes qui l’englobent
Comment alors s’articulent
hétéro et autorégulation?
 On peut répondre en distinguant 4 niveaux
de régulation pour ce qui concerne
l’enseignement/formation:
1. Le niveau de l’enseignant/formateur
2. Le niveau de la situation
d’enseignement/formation
3. Le niveau des groupes d’apprenants
4. Le niveau de chaque apprenant/formé
individuel
Les niveaux hiérarchisés de
régulation dans l’enseignement
L’ensei
gnant
(1)

La situation
(didactique)
d’apprentissage (2)
(contenus, consigne,
matériel)

Élè
ve Élè classe (3)
(4) ve
Qui provoque et gère des interactions
potentiellement régulatrices?
 Niveau 1: l’enseignant/formateur, qui « orchestre » des « régulations » en
intervenant:
 Soit à travers la situation d’enseignement/formation (dont il manipule les
leviers)
 Soit directement sur les activités des apprenants (nature et durée des
séances de travail, rythme de travail)
 Soit sur les démarches d’apprentissage de chacun (ex: par
interrogation, explicitation, déstabilisation)
Niveau 2: la situation d’enseignement/formation, dont la nature et la
structure (agencement, contenu, consignes, matériel) offrent des
occasions de régulation
Niveau 3: les apprenants ou formés en groupe , dont les interactions
(échanges, effets des conduites les unes sur les autres) peuvent
déclencher une régulation interactive, avec contrôles et suggestions
réciproques
Niveau 4: chaque apprenant ou formé, qui autorégule ses
Exemples d’interactions
potentiellement régulatrices
Interactions « orchestrées » par… exemples
L’enseignant intervenant sur les Interrogation: « comment as-tu fait pour…?
démarches d’apprentissage Explicitation: « tu as regardé l’image, et tu
t’es dit… »
Déstabilisation: « mais un autre élève s’y
est pris autrement. Qu’en penses-tu? »

La situation d’apprentissage Interactions inter-élèves provoquées par


une situation de production de texte en
groupe de 2
Le groupe d’élèves (la classe) Interactions entre plusieurs élèves, et le
professeur, provoquées par l’émergence
d’un « conflit socio-cognitif »
Un apprenant Guidages, contrôles et ajustements opérés
par l’élève lui-même:
-l’élève qui recourt spontanément au
dictionnaire
-l’élève qui demande une explication à un
14 Comprendre qu’en conséquence
l’autorégulation est au cœur des apprentissages
(question: l’autorégulation, est-ce important?)

 Idée 1: il y a continuité dans les formes et les niveaux de


régulation des relations organisme/milieu: des formes
d’adaptation élémentaires (adaptation biologique:
autorégulation organique par laquelle l’organisme
« dialogue » avec son milieu), aux démarches de
pensée élaborées (processus cognitifs):
  tout repose sur une autorégulation organique
fondamentale (Piaget)
  et l’autorégulation est une « dimension
fondamentale des processus cognitifs » (Allal, 93, p. 86).
Idée 2: l’autorégulation est
toujours présente
 D’une façon ou d’une autre, chacun
autorégule toujours son activité:
 « des mécanismes d’autorégulation
interviennent dans tous les domaines de
fonctionnement –physiologique, affectif,
cognitif, langagier- de l’être humain »
 « L’autorégulation est forcément présente
à tout moment en chaque apprenant »
(Allal, 93, p. 86).
Idée 3: primauté du pilotage
interne
 « Les modalités situationnelles et
interpersonnelles n’auront d’impact sur
l’apprentissage de l’élève que dans la mesure
où elles s’intègrent aux régulations propres à
l’individu » Allal, 93, p. 85).
  une interaction n’est régulatrice que si elle touche
l’activité d’autorégulation du sujet apprenant, qui est la
donnée de base de tout apprentissage
  l’enseignant n’est qu’un pilote-auxiliaire qui vient
momentanément épauler et guider l’apprenant, seul
authentique commandant de bord
5 Comprendre que l’autorégulation peut se
situer à des niveaux différents d’élaboration
(question: l’autorégulation: mécanisme
(immuable), ou capacité (susceptible de
progrès)?)
 Les mécanismes de régulation qui assurent le
guidage, le contrôle et l’ajustement des
activités cognitives, affectives, et sociales, de
l’apprentissage, sont situées sur un
continuum qui va d’un bas, à un haut, niveau
d’intentionnalité, de conscience, de réflexion
et finalement d’efficacité (avec reprise en
boucle du mouvement)
15: quatre niveaux possibles d’autorégulation
Niveaux Caractéristiques Types de régulation

Autorégulation maîtrisée Pilotage automatique de haut Automatique de haut niveau.


(niveau 4) niveau Ex: skieur expert
Intégration totale à l’activité
Autorégulation métacognitive Pilotage « décalé » (prise de Active, mais encore laborieuse
(niveau 3) recul niveau 2), conscient et (contrôle intentionnel de la
réfléchi; mise en œuvre de la
Autorégulation systématique et compétence).
intentionnelle Ex: skieur attentif à bien
déclencher son virage
Autorégulation tâtonnante (au Autorégulation au travail dans Active , mais un peu chaotique
travail) dans un apprentissage le processus d’apprentissage, (contrôle intentionnel de la
en cours Moteur et fruit de construction de la nouvelle
(niveau 2) l’apprentissage compétence).
Prise de recul (1), contrainte Ex: skieur s’efforçant de
comprendre pourquoi il est
tombé, afin d’éviter cette erreur
Autorégulation implicite et Autorégulation cognitive Automatique (niveau de
non-consciente opérant sans prise de routine, pré-requis pour un
(niveau 1) conscience, nouvel apprentissage).
Intégrée au fonctionnement Ex: le skieur qui marche avec
cognitif les skis sur l’épaule
Ainsi l’autorégulation progresse dans le sens
d’une meilleure maîtrise des activités (prévention
des « couacs », des dysfonctionnements)
niveau « forme » Comportement
d’autorégulation correspondant du sujet
4 Autorégulation Le sujet « s’éclate »
totalement maîtrisée dans une activité/plaisir
(où tout a l’air facile!)
3 Autorégulation réfléchie Le sujet contrôle
consciemment et
activement l’activité en
cours, mais en restant
plus dans le contrôle que
dans le plaisir d’agir
2 Autorégulation secouée Le sujet est secoué par
les turbulences de
l’apprentissage
1 Autorégulation sous- Le sujet se repose sur
jacente, de routine des automatismes
acquis
16 Comprendre qu’un but central de
l’enseignement est d’enrichir
l’autorégulation
(question: que faut-il faire, alors?)
 Fait fonctionnel de base, puisqu’elle est une
« dimension fondamentale des processus
cognitifs…forcément présente à tout moment en
chaque apprenant » (Allal, 1993, p. 86),
l’autorégulation devient un objectif essentiel dans la
mesure où on peut l’enrichir.
 Car on peut s’autoréguler de façon plus ou moins
efficace
Enrichir l’autorégulation devient un
objectif central
 Le but de l’enseignement comme de la formation est d’enrichir la
capacité d’autorégulation de chaque apprenant/formé pour qu’il
progresse vers une autorégulation mieux maîtrisée et plus efficiente.

 il faut aider à passer:

1. D’une autorégulation spontanée, régie par des mécanismes


implicites, immédiats et automatiques de contrôle cognitif
(processus naturel et immédiat), et qui est donc peu outillée, et
limitée
2. A une autorégulation maîtrisée, marquée par un contrôle
conscient, intentionnel et explicite, des mécanismes de contrôle
cognitif (processus intentionnel et actif), et qui est donc plus
armée, et plus puissante
L’autorégulation, clé et objectif
des apprentissages
 L’autorégulation est à la fois:
 Le moteur des apprentissages: quand il faut,
face à une perturbation importante (tâche
nouvelle et difficile), mobiliser des savoirs et
savoir-faire pertinents, et élaborer de
nouveaux modèles de comportement;
 Le but des apprentissages, comme savoir-
faire-face idéal de l’expert (autorégulation
maîtrisée de niveau 4)
 Le défi à relever:
Aider l’élève à prendre du recul de façon à mieux
autoréguler ses apprentissages, en allant, si
possible, jusqu’à une autorégulation « réfléchie »,
et, mieux encore, « maîtrisée »

 Le principe directeur de la réponse au défi:


Stimuler l’autorégulation du fonctionnement cognitif et
des apprentissages, car il faut d’abord « renforcer
les capacités du sujet à gérer lui-même ses projets,
ses progrès, ses stratégies face aux tâches et aux
obstacles; » (Perrenoud, 98, p. 110)
Mais comment peut-on enrichir
l’autorégulation?
 En outillant l’apprenant (développer sa
panoplie d’«outils mentaux »)
 En l’aidant à prendre conscience des
processus et procédures d’apprentissage
qu’il met en œuvre
 En développant ses capacités d’auto-
observation et d’auto-analyse
 En tentant de lui donner plus de prise sur
ce qu’il fait
Ce qui implique un quadruple
travail
1. Travail d’équipement (en compétences,
en « outils mentaux »)
2. Travail de conscientisation (au sens de
Paulo Freire: 1974, 1991), par la mise en
œuvre de processus métacognitifs
3. Travail de développement réflexif, dans
le sens du « praticien réflexif » de Schön
(1983, 1994)
4. Travail d’autonomisation, de
responsabilisation
Le travail d’équipement: se focaliser sur les
« outils mentaux »
 La notion d’objet mental (Changeux, 1983): unité matérielle de
représentation mentale pouvant avoir la forme d’un percept,
d’une image de mémoire, ou d’un concept, et impliquant
l’entrée en activité (en résonance) d’un
ensemble défini de neurones interconnectés
  la notion d’outil mental= objet mental devenant outil
d’action intellectuelle et/ou motrice: procédures automatisées,
structures mentales intégratives, stratégies,
stockées en MLT.
 Ces objets mentaux vont constituer les objets d’apprentissage
fondamentaux pour des apprentissages « déterminants » (que
l’Ecole aura donc pour tâche spécifique de faire faire, en étant la
plus compétente pour cela!), ou pour des familles de tâches
essentielles à un métier (dont le « centre de formation » a pour
objet de permettre la maîtrise)

35
Quelques exemples d’objets ou d’outils mentaux
Outils mentaux (série 1) Outils mentaux (série 2)
Savoir= information essentielle à Structures mentales intégratives=
capitaliser ensemble significatif d’informations
Ex: les décimaux ne sont pas des entiers interconnectées
séparés par des virgules Ex: schémas de « lecture » d’un jeu sportif;
schémas de traduction linguistique;
concept opératoire (ex: évaluation
formative)
Schème= schémas d’action répétables Procédures automatiques= règles de
« inscrits » dans le cerveau; ou invariant productions stockées en MLT
opératoire permettant à un sujet Ex: amortir un ballon de football
d’organiser son activité.
Ex: prendre en main, regarder, distinguer
résultats visés et résultats obtenus
Compétence= savoir faire face à une Stratégies= ensemble de procédures
classe de situations en étant capable de adéquates pour parvenir à une fin
mobiliser les ressources adéquates Ex: relire plusieurs fois un texte pour le
Ex: savoir couvrir un livre; savoir faire face comprendre et se l’approprier; laisser de
à un groupe, savoir élaborer une caipirinha côté un texte en cours d’écriture pour le
reprendre plus tard; répéter; organiser
(=regrouper les informations); construire
des ponts (=élaborer) 36
Conclusion de la première partie
 Il faut « parier » sur l’autorégulation, car l’action
éducative ne peut que « stimuler
l’autodéveloppement, l’autoapprentissage,
l’autorégulation d’un sujet» (Perrenoud, 1998, p.
110)
 Il faut rendre le formé, « sujet régulateur actif »,
 toujours plus actif:
 En rendant sa régulation plus active et efficace (= en
l’enrichissant)
 en lui offrant des occasions d’étendre et de diversifier ses
compétences d’autorégulation (c’est-à-dire, pour
l’essentiel, ses capacités à anticiper, contrôler et ajuster)
Deuxième partie: vers une
« pédagogie centrée sur
l’autorégulation »
 Comment faire concrètement de
l’autorégulation une voie pour une
meilleure implication des élèves dans
leurs apprentissages?

  exploration de quelques pistes susceptibles


de concrétiser une « pédagogie centrée sur
l’autorégulation » (= visant à prendre en
compte, et à enrichir, le travail d’autorégulation
des élèves)
Plan de la deuxième partie
 21 S’inscrire dans les horizons ouverts
par la « révolution numérique »:
-  La centration sur
l’autorégulation est en cohérence avec les
innovations éducatives nées de la
« révolution numérique »

 22 Suivre quelques pistes susceptibles


d’incarner une pratique visant à enrichir
l’autorégulation
21 S’inscrire dans les horizons
ouverts par la « révolution
numérique »:
 Un nouveau rôle central pour les
enseignants et formateurs, après la
« révolution numérique »:
 Guider et accompagner les apprenants et
formés dans des « apprentissages qu’ils
mèneront eux-mêmes à partir de ressources
Internet » (Marc Prensky, cité par Maryline
Baumard, Le Monde du 30/10/13)
 Larévolution numérique, dans sa « phase
Internet », débouchant sur la « flipped
class » et sur les « Mooc », nous invite à
reconcevoir le travail des enseignants et
des formateurs comme:
 un travail d’assistance à
l’autorégulation, et d’enrichissement
des capacités d’autorégulation
Contre un schéma erroné
(qui caractérise l’Ecole
« traditionnelle »)

A la maison:
En classe: Exercices
Leçons, cours d’application
(temps passif pour Travaux personnels
l’élève) (temps actif pour
l’élève )

42
 …une pédagogie centrée sur
l’autorégulation rejoint l’intuition centrale
des promoteurs de la « flip education »,
qui a émergé dans l’axe de la « révolution
numérique »:
 Un apprentissage efficace est un
apprentissage actif, contrôlé par le
sujet lui-même
  il faut repenser la nature et la place du
travail en classe, selon un schéma plus
pertinent
Un schéma pertinent
C’est en classe que l’apprenant construit des « compétences », qu’il
pourra consolider (et exploiter) à l’extérieur

A l’extérieur:
En classe:
Travail de mise en
Travail
œuvre et de
d’apprentissage,
consolidation des
sous le contrôle
« outils » construits
Du maître
en classe

Mais: cela implique et exige un double travail « amont » du maître


comme de l’élève:
-du maître: pour construire et proposer des contenus/ressources stimulants
-de l’élève, pour affronter et explorer ces contenus (se « coltiner » avec) 44
La leçon des « flipped class » (ou: classe
inversée): le passage au « tout actif »…

A l’extérieur:
En classe: recherches et
Schéma
Temps passif devoirs
erroné
pour l’élève = temps actif pour
l’élève

Schéma néo-
En classe pertinent des
Avant la classe Temps actif de « flipped
Temps actif de l’élève class » et des
l’élève sur la (questions, « MOOC »
leçon rendue études de cas, (Massive Open
disponible brainstorming) Online courses
)
45
… rejoint celle d’une seconde
innovation centrale: les « MOOC » (et
l’idée de « salle de classe planétaire »)
 Les Mooc , fruits du développement de l’e-
learning ,à l’heure du numérique.
 MOOC= Massive Open Online Courses, cours
en ligne ouverts à tous, ou cours en ligne
multi-apprenants
= Massive online open classroom, classe en
ligne ouverte à tous

 les « cours » sont enregistrés et mis en ligne en


libre accès à la disposition des étudiants.

46
Il en résulte une nouvelle articulation travail
du professeur/travail de l’élève
TTP 2,
intervention
s en classe
comme
encadrant,
TTP 3
régulateur,
TTP1 Temps actif Aide
accompagn
construction de travail de individu
ant
l’élève sur le elle en
d’un contenu
dehors
de cours cours avant
des
vivant la classe Temps actif de
cours
Travail de
l’élève grâce
au « cours »
pendant la
 TTP= temps de travail classe

 professoral
47
Le NTP (nouveau travail professoral) en 3
temps (TTP: temps de travail professoral)
 TTP 1= activité « amont » : construction d’un contenu de cours vivant et repensé,
mobilisant de multiples ressources (documents,
animations, graphiques), de façon à diversifier les voies permettant d’accéder au savoir qu’il
délivre
( impératif: préparer davantage ses « cours », pour les rendre « attractifs »)

 TTP 2= activité « on line », au contact physique des


« apprenants »: animation et régulation du travail actif que les
élèves effectuent en classe à partir du contenu « vivant » de cours auquel ils se sont déjà
confrontés

 TTP 3 (éventuellement!), après et avant coup


= travail général d’assistance aux élèves dans l’établissement, pour les aider et les guider
individuellement

R1:le TTP1 correspond à la fonction « didactique » de l’enseignement: structuration et


gestion des contenus
R2:le TTP2 correspond à la fonction « pédagogique »: gestion interactive des événements
48
et du travail en classe
Enseigner aujourd’hui comporte donc trois
dimensions

 Dimension 1 de « l’enseigner »: concevoir et construire des


contenus vivants, diversifiant les voies permettant de se les
approprier (= produire des ressources pour un travail
d’apprentissage ou de formation autorégulé)

 Dimension 2: réguler l’activité d’appropriation des élèves en


classe ,ou des formés en groupe de formation (= tenter
d’articuler « on line » hétéro et autorégulation)

 Dimension 3 (éventuelle): guider, accompagner et soutenir


les élèves et étudiants en dehors du strict temps de « classe
»(= soutenir le développement autorégulé des élèves et
des formés)

49
A retenir

 Comme l’enseignant du futur ne sera (peut-


être!) plus qu’un guide pour les apprentissages
que les élèves mèneront eux-mêmes à partir de
ressources provenant pour l’essentiel d’Internet,
 Le formateur ne sera qu’un « maître auxiliaire »,
facilitant et accompagnant le travail de
formation autorégulé par chaque formé.
22 Quelques pistes susceptibles
d’incarner une « pédagogie centrée sur
l’autorégulation
 3 principes directeurs:
1. Privilégier par tous les moyens, et toujours, la
participation active
2. Privilégier, autant que possible, le retour sur
soi (autoévaluation, autoanalyse, interrogation
continue sur son action)
3. Privilégier, de façon complémentaire, la
distanciation informative , par comparaison à
d’autres produits, d’autres comportements,
d’autres façon de faire, d’autres modèles
Piste 1: s’impliquer et s’investir dans
son travail:
les 5 caractéristiques d’un « maître »
s’impliquant dans son travail
1 Croire à ce que l’on fait
 2 Avoir confiance en soi, en manifestant
de l’optimisme
 3 Etre persévérant
 4 Donner l’exemple, en se comportant soi-
même comme un apprenant
 5 Pouvoir bénéficier d’un minimum de
liberté pédagogique
Piste 2: comprendre les processus,
démarches et logiques qui sous-tendent le
travail cognitif de l’élève
 Chemin 1: en s’efforçant de les approcher
et les saisir:
 À l’aide de « stratégies de diagnostic »
(faire penser à voix haute; demander des
justifications de réponse; organiser des
échanges en classe sur les « façons de voir »
des élèves)
 Par l’utilisation de « listes de vérification
processus », énumérant toutes les façons
possibles de s’y prendre pour produire un
résultat
Piste 2, chemin 2: en traitant
l’erreur comme un outil pour
enseigner
 Changer le rapport à l’erreur, en acceptant
les tâtonnements
 Se doter de modèles interprétatifs de
l’activité (ex.: les 3 processus en jeu dans
la lecture)
 Se doter de grilles d’analyse
systématique des erreurs scolaires (ex:
typologie de J.P. Astolfi)
Une typologie des erreurs, d’après
Astolfi(1997)
Types d’erreurs Remédiations possibles

Erreurs relevant de la rédaction et de Revoir la lisibilité des textes scolaires


la compréhension des consignes Travailler la formulation des
consignes
Erreurs relevant d’habitudes scolaires Analyser le contrat et la coutume
Ou d’un mauvais décodage des didactique
attentes
Erreurs témoignant de conceptions Identifier et analyser les
alternatives d’élèves conceptions/obstacles
sous -jacentes
Erreurs liées aux opérations
intellectuelles impliquées Mieux hiérarchiser les exercices et
activités
Types d’erreurs Remédiations possibles

Adoption d’une démarche Travail sur les stratégies « en acte »


correspondant à une mauvaise des élèves
représentation du problème
Décomposer les tâches en sous-
Erreurs dues à une surcharge tâches
cognitive Élargir et densifier les réseaux de
mémoire
Développer:
Non réinvestissement d’un savoir
•L’intérêt pour la transversalité
Construit dans une autre discipline
•Le contrôle métacognitif de l’activité
Erreurs causées par la complexité
Identification et analyse didactique
propre du contenu
Des « nœuds de difficulté »
Ex. : un modèle interprétatif de
la lecture (M. Bru, 2006)
 La lecture mobilise 3 processus:

 Processus logographique: identification des


mots par reconnaissance de leur forme générale
 Processus alphabétique: lecture de nouveaux
mots par « assemblage » (repérage de liaisons
régulières graphies/phonologies)
 Processus orthographique: accès direct, par
voie d’adressage, au sens du mot présent en
mémoire lexicale
222 Piste 3: (faire faire) l’expérience de
l’autocontrôle et de la maîtrise

 Levier 1: l’apprentissage de la réussite, et


non de l’impuissance
 Levier 2: faire de l’autoévaluation une
pratique courante
 Levier 3: armer pour un travail en
« solitude assistée »
Levier 1: l’apprentissage de la
réussite

 Règle 1: accepter l’erreur, comme rançon


du tâtonnement, et étape dans une
progression vers la réussite
 Règle 2: construire un cadre sécurisant
permettant d’épargner les erreurs inutiles
 Règle 3: donner confiance
L’apprentissage de la réussite,
et non de l’impuissance
 Dans une Ecole où l’on peut essayer sans
avoir peur (l’exemple des murs
d’escalade)
 En sachant épargner à l’élève les erreurs
inutiles (par un étayage –scaffolding-
suffisant et efficace)
 En développant la confiance en eux des
élèves (par un refus de la stigmatisation)
Levier 2: une pratique courante
de l’autoévaluation
 Par l’analyse des tâches (évaluation
« formatrice »)
 Par l’explicitation systématique de critères
et d’indicateurs
 Par la mise à disposition d’outils
d’autocorrection (cf. Scallon, 2000)
 Par le développement de pratiques
d’évaluation mutuelle ou de coévaluation
(Allal, 1999).
Faire de l’autoévaluation une
pratique courante
 Par un travail de construction de « cartes
d’études »
 Par la mise en œuvre d’outils
d’autocorrection (listes de vérification;
exercices à « réponses justifiées »;
corrigés avec informations ajoutées; listes
d’erreurs systématiques)
 Par une progression de l’auto-observation
à l’autodiagnostic et à l’autorégulation
La carte d’études pour évaluer une
MSP: ex. (pour une dimension)
Qualification clé Critères de Critère de
réalisation (=ce réussite (à quoi
qu’il faut savoir on voit que c’est
faire) réussi)
Réaliser Mettre en œuvre Le geste
techniquement Le savoir faire respecte:
Les soins Opératoire 1. l’hygiène

(gestuel) 2. L’ergonomie
adéquat 3. Les
exigences de
sécurité
La carte d’études: autre formule

Qualification Critères de Critères de réussite


clé réalisation indicateurs Niveaux de
réussite

Réaliser… 1. Réaliser un geste Se lave les mains 1 2 3


Selon le
hygiénique Protocole (avant,
Après)

…les soins 2. Réaliser un geste La quantité


Suffisante de
efficace sang
est prélevée
Développer l’autoévaluation
 En donnant des habitudes d’autoobservation
(constat) et/puis d’autodiagnostic (interprétation)
 En passant de pratiques d’autocorrection assistée
(grilles construites par l’enseignant) à des
démarches d’autoévaluation autonome
(identification autonome des critères d’évaluation)
 En faisant de l’autoévaluation un moyen et un
temps de l’autorégulation: passer de la grille
d’autoévaluation (d’un produit fini) à la grille de
contrôle (d’un produit en gestation, ou d’un
processus en cours).
Levier 3: armer pour un travail
en « solitude assistée »
 Par l’acquisition d’habitudes de travail
(règles et méthodes)
 Par l’appropriation d’un répertoire étendu
de stratégies d’apprentissage et de travail
(dont 3 fondamentales: répétition,
organisation, élaboration: cf. Piste 5)
 Par une pratique habituelle de la
métacognition
Piste 4: privilégier la prise de
distance, cognitive et métacognitive

 41 Par l’apprentissage de la « conduite


réfléchie »

 42 Par le développement de pratiques


d’autorégulation
41 Faire faire l’apprentissage de
la conduite réfléchie
 Par le choix de tâches ajustées (niveau,
structure, degré de liberté accordé) au
niveau de la capacité d’autorégulation des
élèves
 Par la construction de « cartes d’étude »
et de « grilles de contrôle »
 Par un travail de « bridging » (construction
de « ponts », recherche d’éléments
structuraux communs entre plusieurs
situations)
S’agissant de tâches, il est possible
d’établir des « grilles de contrôle »
ou des « cartes d’étude »
 Celles-ci permettent d’identifier, de lister et de
mettre face-à-face :
1) Des critères de réalisation, définissant les
opérations fondamentales nécessaires à la
réalisation de la tâche (ex: repérer les mots-clés;
reformuler les idées essentielles)
2) Des critères de réussite, disant ce à quoi on verra
que chaque opération fondamentale a été bien
accomplie (ex: tous les mots-clés ont été
identifiés et surlignés; la reformulation n’est pas
une citation)
Développer des pratiques
d’autorégulation
1) En donnant à l’autorégulation des occasions de
s’exercer
2)En privilégiant chez l’élève l’observation de soi:
 Une observation centrée sur les processus plutôt que
sur les résultats,
 Une promotion du regard critique,
 La co-construction de cadres communs d’analyse
3)En favorisant, par leur explicitation,
l’intériorisation des buts d’apprentissage
(4) En favorisant la construction identitaire (= en
fortifiant le moi)
Piste 5: doter les élèves d’un répertoire
de stratégies d’apprentissage
 En mettant l’accent sur 3 stratégies
cognitives fondamentales: répétition;
organisation; élaboration
  répétition= travail actif d’encodage en
mémoire d’informations factuelles
  organisation= construction de schémas
mentaux intégratifs (grappes d’informations
interconnectées)
  élaboration= construction de ponts entre
savoir à apprendre et savoir déjà maîtrisé
Travail de contrôle

métacognitif

Surveillance/contrôle
anticipation
ajustement

Travail d’organisation

Sujet cognitivement actif


Travail de
Travail
répétition
d’élaboration
En mettant l’accent sur 3 stratégies
métacognitives essentielles
 Anticipation= élaboration d’une « base
d’orientation de l’action (se doter d’un but,
planifier l’action)
 Surveillance (ou contrôle)= prise
d’information en retour pour comparer un
état-but à atteindre et un état donné
 Ajustement (ou: réaction ajustative)=
optimisation de l’action (nature et intensité
de l’activité, trajectoire) par référence au
but
Piste 6 : le choix d’activités propices
 Caractéristique 1: activité dont l’« authenticité »
permet une implication réelle(ex: écrire à des
correspondants)
 C2: activité ouvrant sur la complexité d’une
production, ou d’une compétence (ex: rédiger un
conte; fabriquer une voiture télécommandée)
 C3: activité visant des « objectifs terminaux
d’intégration » (ex: présenter des données sous
forme de graphique; réaliser un exposé oral)
 C4: activité inscrite si possible dans un projet de
longue durée (ex: portfolio; construction d’une
maquette)
Piste 7 : proposer des situations
susceptibles de stimuler un pilotage
réfléchi
 Tâches moyennement structurées, incluant des
degrés de liberté (ex: construire une
argumentation)
 Tâches offrant un contexte qui contraint et
soutient à la fois, avec des interdits, et des
points d’appui (ex: tâches d’écriture avec mise à
disposition de ressources)
 Tâches répondant à 3 conditions:

 -Impliquer activement les élèves;


 -Favoriser les interactions sociales (vis-à-vis du problème);
-Offrir plusieurs modalités différentes de formulation ou de
schématisation
Piste 8: réduire la charge cognitive
pesant sur les élèves
 Apprendre revient à intégrer des
informations nouvelles en MLT.
  3 instances sont en jeu:
 Le système perceptivo-cognitif, qui filtre les
informations
 La mémoire de travail (MDT), qui traite ces
informations pour les intégrer dans la structure des
connaissances antérieures (en MLT)
 La mémoire à long terme (MLT), où sont stockées
en permanences les connaissances (les « outils
mentaux »)
 Le mécanisme de la surcharge cognitive

Recherche, et (2)
Tri sélectif
Récupération
Filtrage, et première
De connaissances
interprétation
utiles, à « ramener »
MDT MLT
Mémoire de travail Mémoire à long
Système
Traite les infos terme
Perceptivo/ (1) filtrés Conceptuelle,
cognitif
Intègre les inputs et
extérieurs épisodique

(1) Risque d’afflux d’informations (a) fugaces et (b) parasites


(2) Risque de déficit en connaissances bien organisées et facilement
Accessibles
- surcharge= trop d’informations+ pas assez d’outils accessibles pour les traiter
Le mécanisme de la surcharge
cognitive
 1) pour intégrer les inputs extérieurs dans la
structure cognitive, la MDT doit récupérer et
ramener certaines connaissances déjà
stockées en MLT
 2) mais elle souffre de 2 limites importantes:
• Capacité limitée de traitement des informations
• Durée limitée de disponibilité des informations
- elle risque d’être encombrée et engorgée par
l’afflux d’informations
- et cela d’autant plus si les connaissances stockées
en MLT sont mal organisées et peu accessibles
5 voies pour éviter
l’encombrement de la MDT
 1 Apprendre à traiter l’information avec parcimonie =
apprendre à trier, pour aller aux informations essentielles
(perception sélective), et ne retenir que l’information nécessaire
 2 Se doter de schémas intégrateurs (réseaux de concepts,
cartes sémantiques)
 3 Eviter l’excès d’informations: la surabondance de
consignes, de recommandations, et de feedbacks, étouffe, et
produit du bruit surchargeant la MDT
 4 Séquentialiser les tâches (ex: pour l’écriture d’un texte:
planification; textualisation; révision du texte)
 5 Décharger l’apprenant de la gestion de tâches parasites en
mettant à sa disposition des « systèmes de soutien » (ex. :
pense-bêtes; fiches repères; correcteurs orthographiques;
assistants de vocabulaire; tutoriels)
Piste 9: réduire la charge affective
pesant sur les apprentissages

 L’objectifest de maintenir l’engagement


dans la tâche, et la continuité de l’effort,
par 2 voies:
 Voie 1: réguler la motivation, pour essayer
de l’augmenter
 Voie 2: agir sur l’émotion, pour essayer
d’en réduire l’intensité
Voie 1: on pourra augmenter la
motivation
 Enaidant l’élève à contrôler son niveau
d’engagement:
 Par la lutte contre les facteurs de distraction
 En renforçant à ses yeux la valeur de la tâche
(privilégier les buts de maîtrise,
l’instrumentalité de la tâche; la rattacher aux
valeurs et besoins des élèves)
 En renforçant le sentiment d’efficacité
personnelle (favoriser la réussite; commenter
positivement)
Voie 2: on pourra agir sur
l’émotion
 En tentant d’équilibrer orientation vers l’apprentissage
(apprendre) et orientation vers soi (préserver l’estime
de soi)
 En évitant le déclenchement de régulations défensives
(mécanismes de défense du « soi ». Ex.: dynamique
de la médiocrité (buts peu exigeants; refus de
comparaisons ascendantes); stratégies
d’autohandicap; pessimisme défensif)
 En mettant en œuvre des stratégies de contrôle des
états internes émotionnels (relaxation, pauses,
réassurance auprès d’autrui)
Piste 10: sécuriser les apprentissages, en
minimisant les risques
 En contexte de socialisation (apprentissage en
classe) , l’autoévaluation, temps-clé de
l’autorégulation, expose à des pièges:
 Agressions possibles en provenance des autres
(les élèves, le maître)
 Impératif paradoxal de transparence
 Climat de stress
 Développement d’attitudes de résistance ou de
refus
 Emergence de pratiques d’autovalorisation
excessive
6 règles pour surmonter les pièges
de l’autoévaluation socialisée
1. Co-construire le référent de l’évaluation avec les
apprenants
2. Admettre une pluralité de points de vue (relativité du
jugement évaluatif)
3. Accepter les erreurs et les tâtonnements, dans un
espace protégé
4. Créer un climat de confiance réciproque
5. Instrumenter la démarche d’autoévaluation (mettre les
outils adéquats à la disposition des apprenants)
6. Rendre les apprenants acteurs, de leur évaluation
comme de leurs apprentissages
Conclusion (1): pour une culture
de l’autorégulation
 Une démarche qui a certes des limites

 Mais qui a l’autonomie comme horizon,


 en ce sens que la maîtrise n’appartient pas
au maître, mais seulement à l’élève
(l’autonomie de l’élève borne la capacité
d’action du maître)
 En ce sens que l’apprentissage autorégulé
est un objectif prioritaire ,qui constitue
l’horizon de l’action du maître
Conclusion (2):
à l’horizon, l’autodirection
 L’autodirection est la prise en main
aboutie de l’autorégulation, quand le
formé:
 prend l’initiative,
 autodiagnostique ses besoins,
 formule ses objectifs,
 identifie et s’approprie les ressources nécessaires,
 met en œuvre les stratégies de travail appropriées,
 et autoévalue les résultats obtenus.
Le travail d’enrichissement de
l’autorégulation a ainsi pour
ambition de rendre possible,
pour chaque formé, le
passage à l’autodirection (i.e.
à la pleine autonomie)
En définitive:
 On vise l’essentiel
 En cohérence avec ce que la recherche
nous a appris des apprentissages
 Dans le sens des innovations résultant de
la révolution numérique
 Avec la légitimité éthique d’une démarche
au service du développement de chacun
 C’est praticable: il suffit d’avoir, et de faire,
confiance
 C’est la seule façon de viser des
apprentissages durables

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