Droit Civil (L1)
Droit Civil (L1)
Le terme « droit » a deux sens. Dans un premier sens, le droit désigne l'ensemble des règles
imposées par l'autorité publique en vue de gouverner l'organisation de al société et les rapports
entre les hommes. C'est donc un terme général, abstrait et impersonnel. C'est le droit objectif qui
existe dans toutes les sociétés. Dans le second sens, les droits sont l'ensemble des prérogatives
juridiques qui sont données à une personne déterminée. C'est le droit subjectif qui est déterminé,
particulier et concret.
La règle de droit a à un caractère général. La règle juridique n'est pas faite pour régir les
cas particuliers, au contraire, c'est un gage de généralité et d'impartialité. La règle juridique est à
caractère abstrait et permanent. Le caractère permanent n'induit pas le caractère définitif puis
les lois peuvent changer, néanmoins, les lois présentent une forme de stabilité, elles sont prévues
pour durer. Le caractère permanent est un gage de sécurité juridique.
La règle a ensuite un caractère obligatoire. L'intensité du caractère obligatoire peut varier. Il y a
deux types de règles. Les règles impératives qui imposent un impératifs, une force absolue que
l'on ne peut écarter. La règle est d'ordre public. Ensuite, il y a les règles supplétives, suppléant la
volonté des parties, elle est applicable si les parties ne décident pas autre chose.
Il est possible de confronter la règle de droit et la règle modale. Ces deux règles ont des
points communs, ce sont des règles et les deux recherchent la justice. Néanmoins, les différences
entre la règle de droit et la règle morale sont présentes et il existe plusieurs critères de distinction.
D'abord, la morale détermine les devoirs envers Dieu alors que le droit détermine les devoirs entre
les hommes eux-mêmes. La morale condamne toutes formes de tromperie alors que le droit
condamne la véritable tromperie. La morale a un caractère interne, elle s'intéresse aux intentions
même en l'absence de réalisation, alors que le droit a un caractère externe qui ne prend en
compte que les actes extériorisés. La faute morale est condamnable uniquement s'il y a intention.
Ainsi, s'il n'y a pas l'acte mais l'intention, c'est condamnable alors que s'il y a faute sans intention, ce
n'est pas condamnable. La faute dans la règle de droit est condamnable si l'acte est intentionnel
ou non, et s'il y a l'intention mais pas l'acte, en revanche ce n'est pas condamnable. La règle de
droit est sanctionnée par l'autorité étatique alors que la règle morale est sanctionnée par la
conscience, par Dieu. Enfin, les deux règles ont deux finalités différentes. Le but de la morale est
le perfectionnement de l'individu alors que la finalité du droit est la paix et l'ordre social.
1. La réponse idéaliste :
La réponse des idéalistes part de l'idée qu'il y a autre chose au-dessus du droit positif : le
droit idéal. Selon le courant idéaliste rationnel, il existe quatre catégories de lois : la loi divise
seulement connue de Dieu, la lex aeternam, la loi divine révélée aux hommes, la lex divina, la loi
naturelle, reflet de la raison divine que l'homme découvre grâce à sa propre raison, lex naturalis
et la loi humaine, créée par l'homme sans raison divine, la lex humana. La question est alors de
savoir comment découvrir la raison divine. Il y a deux approches : soit on se contente d'observer
la nature, la nature étant l'oeuvre du créateur, soit on fait une lecture des écritures saintes.
2. La réponse positiviste :
Selon le courant positiviste, il n'y a pas de droit au-dessus du droit positif, le droit positif
constitue tout le droit. On ne s'interroge pas sur le fondement de la règle. Le droit n'a pas à être
justifié, il puise sa légitimité dans le fait qu'il émane de l'État. C'est un positivisme étatique défendu
par Kelsen qui crée un système normatif et présente le droit en pyramide hiérarchique avec au
bas les contrats puis les lois et au sommet la Constitution. Chaque norme trouve son fondement
dans le respect de la règle supérieure.
Le positivisme sociologique considère le droit comme un phénomène social, le droit est un produit
social.
A. L'ancien droit :
Avant la chute de l'empire romain, il y avait une unité de droit. Cette unité va éclater suite
aux invasions barbares car ces derniers ont leur propre droit. Un système de personnalité des loi
est mis en place, le droit d'une personne est déterminé par ses origines. Un problème se pose à
l'occasion d' un conflit entre deux personnes soumises à différents droits. Quel est le droit
applicable ?
Par la suite, le système de personnalité des lois va se transformer en territorialité des droits, le droit
dépend du lieu où l'on se trouve. Dès le XIIIe siècle, la France est divisée en deux grands systèmes
avec au sud un droit écrit hérité du système romain, et au nord le droit coutumier hérité du droit
germanique. À l'intérieur de chaque division, il y a encore des divisions.
À l'époque de la renaissance, la diversité va s'atténuer et on va redécouvrir le droit romain au
XIVe XVe siècles. Ce droit romain va être enseigné au XIIIe siècle par les glossateurs puis par les
post-glossateurs dans toute l'Europe.
Au XVe siècle, Charle VII va imposer la rédaction de toutes les coutumes françaises, le droit
coutumier devient alors un droit écrit. Au moment de la rédaction, on va s'apercevoir de
l'insuffisance et des contradictions des coutumes. On tente alors de dépasser les divergences en
élaborant un droit commun en s'inspirant du droit romain.
Certains pans du droit dépendent du droit canonique. La jurisprudence du Parlement 1 s'applique
pour tous les cas proches. L'ordonnance royale s'applique dans tout le royaume, c'est également
une source d'unification. Malgré tous ces efforts, la situation reste complexe car une personne
peut être soumise au droit canonique pour son mariage, à l'ordonnance royale pour ses
donations, au droit coutumier pour son statut matrimonial et au droit romain pour ses contrats.
C. La codification napoléonienne :
En 1800, Napoléon charge une commission de quatre juristes : Bigot Préameneu, magistrat
à la Cour de cassation, Tranchet, Président de la Cour de cassation, Maleville, magistrat du
tribunal de cassation, et Portalis de la codification du droit. Les deux premiers sont des juristes de
droit coutumier alors que les deux autres sont juristes de droit romain. La commission est donc un
compromis entre droit coutumier et droit romain. Le projet des quatre juristes va être élaboré en
quatre mois mais va être contesté. En 1804, le code civil est promulgué sous le Ier Empire et se
nomme « code Napoléon ». À la restauration, il s'appellera « code civil des français » avant d'être
à nouveau nommé « code Napoléon » sous le Second Empire. Le code civil est d'abord une
œuvre de compromis entre le droit coutumier et le droit romain, et un compromis entre l'ancien
droit et et le droit intermédiaire. Sur un plan technique, c'est une œuvre pratique. On s'en remet
au juge pour interpréter et compléter les manques du code. Sur le plan idéologique, c'est une
œuvre de liberté et d'autorité.
1. De 1804 à 1880 :
2. De 1880 à 1940 :
Durant cette période apparaît une volonté de réactualiser le code civil. À partir des
années 1960, certaines matières du code civil vont être réformées par le doyen Carbonnier. Le
code civil fait face à une nouvelle crise : l'éclatement du droit. Le droit se spécialise de plus en
plus et se développe en marge du code civil.
A. Le droit interne :
Le droit public exerce son pouvoir dans le domaine administratif, à travers la relation entre
l'État et les citoyen, dans le domaine de l'État, à travers le droit constitutionnel, et dans le domaine
du droit budgétaire. Le droit privé exerce son pouvoir dans les relations entre les particuliers, dans
les relations horizontales. Le droit public recherche le bien général, l'intérêt général prime sur le
bien être particulier. Alors que le droit privé cherche à préserver les intérêts particuliers. De plus,
le droit public est un droit autoritaire, constitué de lois impératives alors que le droit privé est un
droit supplétif. Enfin, la compétence juridictionnelle n'est pas la même, il y a des juridictions
administratives pour le droit public et les juridictions judiciaires pour le droit privé.
La premier limite de la distinction réside dans l'empiètement du droit public sur le droit
privé et inversement. La second limite réside dans l'existence de disciplines mixtes. Le droit pénal,
par exemple, relève du droit privé car il s'applique à des rapports horizontaux, mais également du
droit public lorsque l'intérêt général et l'ordre public sont menacés.
B. Le droit international :
Le droit international est utilisé lorsqu'il existe un élément d'extranéité. Le droit international
est également divisé en droit public organisant les relations entre les États et le droit privé qui gère
les relations entre les individus.
Titre 2 : Les sources du droit
Le terme « loi » a deux sens. Le premier sens est formel et étroit, la loi désigne une règle
permanente formulée par le pouvoir législatif. Le deuxième est un sens matériel et large, la loi
désigne toute règle écrite, qu'il s'agisse de la loi au sens stricte mais également de la Constitution.
Dans ce chapitre, on va s'intéresser à la loi au sens large.
1. Le contenu de la hiérarchie :
2. Le respect de la hiérarchie :
a. Le contrôle a priori :
Dans le contrôle de constitutionnalité, on s'interroge sur le fait de savoir si le niveau
inférieur à la Constitution lui est conforme. Le contrôle de constitutionnalité peut concerner les
traités internationaux. Dans l'ordre juridique communautaire, le droit primaire et le droit dérivé
priment sur l'ensemble des droits nationaux, y compris sur les Constitutions. Cette solution résulte de
l'arrêt de la CJCE de 1964, Costa contre Enel. Un principe constitutionnel peut être contrarié par
une règle communautaire sauf si cette règle de valeur constitutionnelle est commune à tous les
États membres de l'Union européenne.
Dans l'ordre juridique national, le Conseil constitutionnel estime que le droit communautaire
dérivé n'entre pas dans son contrôle de constitutionnalité. En revanche, lorsqu'une loi nationale
vient transposer une directive communautaire, le Conseil va s'estimer compétent pour vérifier la
constitutionnalité de la loi de transposition. Il estime qu'il peut censurer une loi de transposition
lorsqu'elle porte atteinte à des principes inhérents à l'identité constitutionnelle de la France. Or, en
contrôlant la loi de transposition, le Conseil constitutionnel vérifie indirectement la
constitutionnalité de la directive.
b. Le contrôle a posteriori :
La loi française s'applique, en principe, sur tout le territoire français. Le principe est simple
mais le problème de l'application dans l'espace va se poser lorsqu'il y a un élément d'extranéité.
Par exemple, lorsqu'un ressortissant étranger est sur le territoire français ou lorsqu'un ressortissant
français est sur le territoire étranger. Quel droit appliqué ? La loi français ou la loi étrangère ? La
résolution du conflit de loi dans l'espace relève du droit international privé. D'une manière
générale, pour résoudre le conflit, deux systèmes sont possibles : la territorialité des lois ou la
personnalité des lois. Selon la territorialité des lois, la loi s'applique à tous ceux qui sont situés sur un
territoire, alors que pour le système de personnalité des lois, la loi d'un État s'applique à tous les
ressortissants de cet État. L'article 3 du code civil s'inspire de ces deux systèmes, il prévoit la
territorialité et la personnalité. Il prévoit les deux systèmes dans le but de soumettre le plus de
situations possible au droit français.
A. La notion de coutume :
La coutume est traditionnellement définie par la réunion de deux éléments, l'un matériel et
l'autre psychologique. Pour l'élément matériel, la coutume est une habitude, un usage, une
pratique constante. C'est la répétition d'un comportement qui s'inscrit dans le temps. En ce qui
concerne l'élément psychologique, la coutume est caractérisée par la croyance dans le
caractère obligatoire de ce comportement, c'est l'opinio necessitatis.
La coutume présente des avantages mais également des inconvénients en tant que source de
droit. Elle a pour avantage de s'adapter aux comportements, elle est plus souple que la loi et elle
est évolutive. L'inconvénient réside dans la longueur de son élaboration. Parfois, il faut évoluer
rapidement et seule la loi peut le faire. Le droit coutumier est plus adapté aux sociétés moins
avancées. Un autre inconvénient de la coutume réside dans la difficulté d'apporter sa preuve.
B. Le rôle de la coutume :
Lorsque la coutume est établie, elle est une source de droit, elle a une force obligatoire qui
lui est propre lorsqu'elle est avérée. Pour autant, la force normative de la coutume est, en
principe, inférieure à la loi car nous somme dans un système légaliste dans lequel la loi est au
sommet. Malgré cela, la coutume peut occuper trois fonctions par rapport à la loi. D'abord, elle
peut seconder la loi, secundum legem. En effet, une loi peut renvoyer à la coutume
expressément. Ensuite, la coutume peut suppléer la loi, praeter legem. Dans ce cas, la coutume
intervient dans le silence de loi pour combler les lacunes. Enfin, la coutume peut contredire la loi,
contra legem. Le législateur tolère qu'une coutume contredise la loi.
I. La jurisprudence
La jurisprudence représente l'ensemble des décisions rendues par les juges dans les litiges
qui leurs sont soumis. Dans un sens plus précis, la jurisprudence est l'ensemble des décisions qui, sur
une question donnée, apporte une solution là où la loi est insuffisante.
A. La formation de la jurisprudence :
Lorsqu'un litige est porté devant les juges, il faut déterminer le tribunal compétent. Il y a
d'un côté les institutions administratives chargées des litiges relatifs à l'Administration composées
des tribunaux administratifs, des cours administratives et du Conseil d'État. Il y a ensuite, d'un autre
côté, les juridictions civiles chargées des litiges entre les particuliers. Enfin, il existe également des
juridictions répressives qui statuent sur les infractions pénales. Les juridictions pénales comptent
trois juridictions : le tribunal de police, le tribunal correctionnel et la Cour d'assise. Ce sont trois
juridictions de premier degré, saisies en fonction de la gravité des infractions.
1. L'institution judiciaire :
La juridiction de droit commun est le tribunal de grande instance (TGI). Il est saisi par
défaut sauf si une autre juridiction est spécialement compétente dans le domaine. Chaque
département compte au moins un tribunal de grande instance. Le TGI est composé d'un
président, deux juges et un procureur de la République. Le président du TGI dispose d'un certain
nombre d'attributions, il peut rendre des ordonnances sur requête, une mesure d'urgence
demandée par une personne sans débat contradictoire, ou des ordonnances en référé, mesures
d'urgence demandée par une personne avec un débat contradictoire. Le TGI connaît les
affaires civiles et commerciales. Pour qu'il soit compétent, le montant du litige doit être supérieur
à 10 000€ . Le TGI est également compétent en premier et dernier ressort lorsqu’il est saisi, à titre
exceptionnel, pour des litiges inférieurs à 4 000€ .
Le tribunal de grande instance est le tribunal judiciaire de droit commun mais il existe des
juridictions d'exception. Parmi ces tribunaux d'exception, on retrouve d'abord le tribunal
d'instance. Il est composé d'un ou plusieurs juges appartenant au TGI, détaché au tribunal
d'instance pour trois ans. Le tribunal d'instance statue à juge unique, et il est compétent pour les
actions personnelles ou mobilières lorsque le litige est compris entre 4 000 et 10 000€ . De plus, il
dispose d'une compétence exclusive, quel que soit le montant du litige, pour les locations
d'immeubles et les querelles de voisinage. Le juge d'instance est également le juge des tutelles et
le juge du tribunal de police.
Les juges de proximité sont également des juges d'exceptions. Ils sont créés en 2002 pour
désengorger les tribunaux d'instance. Il y a un juge de proximité dans le ressort de chaque Cour
d'appel. Il s'agit d'un juge unique qui statue en premier et dernier ressort. Il a une compétence de
principes pour les actions réelles, sur les choses, ou personnelles lorsque le litige est inférieur à
4000€ . Il est également compétent pour l'homologation des accords de conciliation et pour les
procédures d'injonction de payer ou de faire.
Les tribunaux de commerce sont composés de magistrats non professionnels. Les juges de ces
tribunaux sont élus par des commerçants parmi des commerçants. Ces tribunaux sont compétents
pour tous les litiges opposant les commerçants entre eux et pour toutes les procédures judiciaires
telles que les faillites ou les liquidations judiciaires. Pour les litiges inférieurs à 4 000€ , les tribunaux
de commerce sont compétents en premier et dernier ressort. Pour les litiges supérieurs à 4 000€ ,
l'appel est possible.
Le conseil de prud'homme est compétent pour les litiges opposant les employeurs aux salariés. Il
est compétent en premier et dernier ressort pour les litiges inférieurs à 4 000€ .
Les tribunaux paritaires des baux ruraux traitent des litiges relatifs aux baux ruraux. Ils sont
compétents en premier et dernier ressort pour les litiges jusqu'à 4 000€ .
Le tribunal des affaires de la sécurité sociale règle les litiges relatifs à la législation de la sécurité
sociale. Il juge en premier et dernier ressort les litiges jusqu'à 4 000€ .
Les cours d'appel sont composées de magistrats, de conseillers. La cour d'appel siège
habituellement avec trois conseillers pour les audiences ordinaires mais peut se réunir en
audience solennelle avec cinq conseillers lorsqu'elle est saisie sur renvoie. La cour d'appel est
compétente dès lors que la première juridiction a jugé en premier ressort. L'arrêt de la cour
d'appel est confirmatif ou infirmatif.
La Cour de cassation est gardienne du respect de la loi par les juges du fond. Elle ne juge
pas le fond, elle juge qu'en droit. Au-delà de cette fonction, la Cour de cassation a une fonction
d'unification de la jurisprudence. Elle est divisée en plusieurs chambres : trois chambres civiles 2,
une chambre commerciale, une chambre sociale et une chambre criminelle. Chaque chambre
dispose d'un président et il y a un président pour l'ensemble de la Cour de cassation. Depuis 1997,
un filtre a été instauré afin de rejeter, avant examen, les pourvois. À l'issu de ce filtre, les trois
magistrats distribuent les pourvois en fonction d'une nomenclature particulières : « F » le pourvoi
va être traité par une formation restreinte de trois magistrats, « F.S », par une formation par
section, et « F.P » par une formation plénière. Depuis 1979, la Cour de cassation peut siégrer en
plusieurs formations. La première est en chambre ordinaire, avec une seule chambre. Cette
chambre peut être en formation restreinte, par section ou plénière. Ensuite, la Cour peut siéger
en chambre mixte, c'est-à-dire avec des conseillers appartenant à plusieurs chambres, et au
minimum trois. Et enfant, en assemblée plénière, composée de conseillers de toutes les chambres.
2. Le personnel judiciaire :
Parmi le personnel judiciaire, on retrouve les magistrats. Les magistrats du siège jugent,
sont nommés par le ministre de la justice et sont inamovibles. Les magistrats du parquet ne jugent
pas. Il s'agit du ministère public, des avocats généraux. Ils sont placés sous l'autorité du garde des
sceaux et ne sont pas inamovibles. À côté des magistrats, on retrouve les auxiliaires de justice. Il
s'agit des officiers ministériels. Ils sont titulaires d'une charge, d'un droit patrimonial qu'ils peuvent
négocier et ils peuvent céder leurs charges. Ils sont nommés par le ministre de la justice. Parmi les
auxiliaires de justice on retrouve les avoués, qui représentent les parties devant la Cour d'appel,
les avocats à la Cour de cassation et au Conseil d'État car il y a un monopole de représentation
devant ces juridictions, les greffiers qui assistent le magistrat et conservent les archives, les huissiers
qui ont le monopole de la signification, de la notification des actes judiciaires, ou encore les
notaires qui n'interviennent pas dans le cadre d'un litige mais délivrent des actes authentiques.
Enfin, à côté des magistrats et des auxiliaires de justice il y a d'autres personnels judiciaires. Parmi
lesquels on retrouve le secrétaire greffier. Il s'agit de greffier qui ne sont pas au tribunal. Ils ont la
même fonction mais ne sont pas titulaire d'une charge. On retrouve également les avocats, les
administrateurs judiciaires ou les mandataires administrateurs ou encore les experts. Ces derniers
apportent des informations techniques pour éclairer une affaire lorsque le juge leur demande.
B. La fonction de la jurisprudence :
a. L'interprétation de la loi :
Dans ce cas, le juge met en lumière les insuffisances de la loi et incite le législateur à
légiférer. La Cour de cassation dispose de deux armes pour inciter le législateur à agir. La
première arme est ce que l'on appelle les arrêts de provocation. Il s'agit de décision de la Cour
de cassation qui ont un caractère profondément injuste et provocante afin d'inciter le législateur
à corriger le tir. La deuxième arme est le rapport annuel de la Cour de cassation. La Cour va
proposer des réformes législatives, souligne les imperfections de certains textes et proposer des
modifications. Il y a une coopération entre le juge et le législateur car le juge est bien placé pour
identifier les lacunes.
c. Le dépassement de la loi :
Il s'agit d'une fonction plus discutable. Les juges n'hésitent plus à écarter l'application d'une
loi au profit d'une norme supérieure.
Le premier argument contre cette fonction de source de droit est issu du principe de
séparation des pouvoirs. Ce principe interdit au juge de s'immiscer dans la fonction législative, le
juge ne doit que juger. Ainsi, reconnaître le juge comme source de droit signifie qu'il crée des loi,
ce qui porterait atteinte au principe de séparation des pouvoirs.
Le second argument est relatif au principe d'autorité de la chose jugée. Ce principe, posé à
l'article 1351 du code civil, a pour conséquence que le jugement donné par la Cour de cassation
n'a d'autorité qu'à l'égard des parties au procès, les tiers ne sont pas concernés. La décision du
juge ne peut être une règle générale car elle n'intéresse que les parties au litige.
Enfin, le dernier aspect est la précarité et l'incertitude de la jurisprudence. Le principe de
l'autorité relative de la chose jugée signifie également que les juges ne sont pas liés par leurs
précédentes décisions, même si l'affaire est similaire. Il y a une précarité fondamentale de
jurisprudence puisque rien n'oblige le juge a répéter une solution. Il peut procéder à un
revirement de jurisprudence, revirement qui a toujours un caractère rétroactif.
Selon l'article 4 du code civil, le juge a l'obligation de juger or si on lui impose cette
obligation alors qu'un texte est insuffisant, c'est qu'on lui reconnaît un rôle de créateur de droit. De
plus, si en droit, le juge n'est tenu par la jurisprudence, dans les fait on observe une continuité. On
évoque à ce propos deux lois d'ordre sociologique : la loi d'imitation et la loi de continuité. Selon la
loi d'imitation, les juges du fond ont tendance à suivre le jugement de la Cour de cassation. Ils ont
intérêt à le faire puisqu'au final, la solution de la Cour de cassation prime toujours. Avec la loi de
continuité, la Cour de cassation aura tendance à répéter dans le futur ce qu'elle a décidé dans
le passé. Rien ne l'y oblige mais les revirements sont assez rares.
Si la jurisprudence est une source de droit, il faut encore dégager le fondement suivant
lequel la jurisprudence édicte des règles de droit obligatoires. Ici, deux fondements ont été
proposés. Marcel Waline, constitutionnaliste, considère que la jurisprudence tire sa force d'une
délégation implicite du législateur. Ce dernier délègue le pouvoir d'édicter des règles obligatoires
aux juges. Le législateur peut, à tout moment briser une jurisprudence, s'il ne le fait pas cela
signifie qu'il l'approuve implicitement. Dès lors, la jurisprudence tire sa force obligatoire du fait
que le législateur la laisse vivre. Le second fondement est amené par Planiol et Josserand. Ils
considèrent que la jurisprudence est une sorte de coutume, une coutume jurisprudentielle.
Autrement dit, une décision isolée n'a pas de force obligatoire mais la répétition de la décision
devient une coutume et donc détient la force obligatoire.
II. La doctrine
La doctrine correspond à l'ensemble des opinions émises par les acteurs du droit, à savoir
les professeurs de droit, les avocats ou les magistrats. La doctrine jouait un rôle considérable dans
le droit romain, elle constituait une véritable source de droit. Le système légicentriste a réduit petit
à petit le rôle de la doctrine. Si bien qu'aujourd'hui on ne peut pas dire que la doctrine est une
source directe de droit. Néanmoins, elle influence l'élaboration de la loi et son interprétation. Son
rôle n'est pas normatif mais scientifique. La doctrine d'abord le législateur. Elle critique les lois
votées par le Parlement en soulignant les imperfections et en portant un jugement de valeur,
voire en suggérant une interprétation pour combler les lacunes. De plus, la doctrine peut
proposer des réformes. La doctrine influence également le juge. En amont d'une décision, le juge
est amené à interpréter la loi et pour cela il va s'appuyer sur les travaux de la doctrine. En avant
de la décision, la doctrine interprète et systématise la solution.
Partie 2 : Les droits subjectifs
I. La notion
Ce qui caractérise les droits extra-patrimoniaux est qu'ils n'ont aucune valeur pécuniaire
en eux-même, ils ne sont pas évaluables en argent. C'est pourquoi ils ne font pas partie du
patrimoine. Les droits extra-patrimoniaux sont incessibles, intransmissibles et s'éteignent donc à la
mort de leur titulaire, et imprescriptibles, c'est-à-dire qu'ils ne se perdent pas par le non-usage.
Pour l'essentiel, les droits extra-patrimoniaux intéressent les droits de la personnalité. Ce sont
des droits attachés à la qualité de la personne humaine, ils apparaissent à la naissance et
disparaissent à la mort. Les droits de la personne est une catégorie de droits reconnue
récemment, au XXe siècle. Ils visent à protéger la personnalité de l'individu. Ces droits sont
regroupés autour de deux objets : l'intégrité physique et l'intégrité morale.
A. L'intégrité physique :
1. Le corps :
L'article 16-1 du code civil pose deux principes : l'inviolabilité et la non patrimonialité du
corps.
a. L'inviolabilité :
b. La patrimonialité :
Selon l'alinéa 3 de l'article 16-1 du code civil « le corps humain, ses éléments et ses produits
ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial ». Jusqu'à la loi bioéthique de 1994, on parlait
d'indisponibilité du corps humain, aucune convention n'était possible lorsqu'elle avait pour objet le
corps humain, que ce soit à titre gratuit ou onéreux. La solution est plus souple aujourd'hui. Il s'agit
d'un principe de non patrimonialité et seule les conventions ayant pour objet de conférer une
valeur patrimoniale au corps sont nulles. Les conventions à titre gratuit sont licites. Toutes ces
conventions son placées sur le principe de l'anonymat comme garantie de gratuité, selon l'article
16-8 du code civil. En dehors de toute convention à titre gratuit, le corps ne peut faire l'objet d'un
droit patrimonial.
Il existe des exceptions au principe. D'abord certaines conventions onéreuses sont autorisées.
C'est le cas des produits que le corps produit de manière régulière, comme les cheveux ou les
ongles. Une fois prélevés, ces produits peuvent entrer dans le commerce, ils peuvent faire l'objet
de convention qui donneront lieu à une indemnisation. De même, on admet certaines thérapies
basées sur des matières biologiques humaines tels que les hormones de croissance par exemple.
Ensuite, certaines conventions à titre gratuit sont interdites. C'est le cas des convention de mères
porteuses. Selon l'article 16-7, toutes conventions sur les mères porteuses, même gratuites, sont
interdites.
2. La vie :
a. Le droit à la vie :
Le principe de droit à la vie pose deux difficultés. Quand commence-t-il ? Quel est le
contenu de ce droit à la vie, signifie-t-il le droit à la vie normale ? L'affaire Perruche du 17
novembre 2002 jugée par l'assemblée plénière répond à cette dernière question. En l'espèce,
une femme enceinte amène sa première fille chez le médecin qui lui diagnostique la rubéole. La
femme enceinte a les même symptômes que sa fille et le médecin lui prescrit donc un test. La
mère avait manifester le désir d'avorter en cas de maladie. Le test est négatif. La mère accouche
et l'enfant est handicapé. Les parents agissent contre les médecins pour le préjudice subit par les
parents mais également au nom de l'enfant handicapé. Pour le premier aspect, il n'y a pas de
difficulté, il y a un préjudice moral et matériel pour les parents causé par la faute du médecin, à
savoir l'erreur de diagnostic. La question qui soulève des difficultés est de savoir s'il y a un
préjudice pour l'enfant. La faute du médecin est l'erreur de diagnostic et le préjudice de l'enfant
est le syndrome de Gregg. En principe, il n'y a pas de lien de causalité, ce n'est pas l'erreur de
diagnostic qui entraîne le syndrome. Il y aura un lien de causalité si l'on considère que le préjudice
de l'enfant est vivre. Ceci renvoi à la question de savoir si le droit à la vie signifie le droit à une vie
normale. Dans cet arrêt, les juges admettent l'indemnisation du préjudice subit par l'enfant. Cette
jurisprudence est combattue par la loi qui pose comme règle : « nul ne peut se prévaloir d'un
préjudice du seul fait de sa naissance. » Le droit à la vie ne signifie donc pas le droit à une vie
normale.
Deux exceptions limitent le droit à la vie : la peine de mort, interdite en France, et le droit à
l'avortement.
b. Le droit à la mort :
3. L'espèce humaine :
L'article 16-4 du code civil prévoit que « nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce
humaine ». Comment ce principe de respect de l'espèce humaine se concrétise-t-il ? Par
l'interdiction de la modification génétique. La loi interdit en principe l'utilisation des données
génétiques. L'article 16-10 autorise l'examen génétique mais seulement à des fins médicales ou de
recherches scientifiques.
B. L'intégrité morale :
Il s'agit d'un droit à la dignité. Le droit à la dignité est un concept difficile à définir.
L'intégrité morale est protégée à la fois par le droit pénal, le civil et la Convention européenne
des droits de l'Homme.
1. La vie privée :
L'article 9 du code civil prévoit que « chacun a droit au respect de sa vie privée. »
La distinction entre vie privée et vie publique repose sur deux critères cumulatifs : un
critère matériel et un critère intentionnel. Selon le critère matériel, être dans un lieu privé, non
ouvert, non accessible au public, relève de la vie privée. Tout ce qui se passera dans ce lieu privé
est donc protégé, ne peut faire l'objet ni d'investigation, ni de divulgation. Il y a un principe
d'inviolabilité du domicile en droit pénal. En revanche, plus l'événement est notoire, connu de tous,
moins il a de chance de relever de la vie privée.
Le critère intentionnel consiste à tenir compte de la volonté de l'intéressé. Certaines personnes se
placent délibérément sous le regard du public, il est donc naturel que le domaine de leur vie
privée s'en trouve restreint. Certaines personnes vont rendre publiques certaines informations,
celles-ci ne sont donc plus privées. L'article 226-14 du code pénal interdit de révéler une
information lorsque la personne dépositaire de l'information l'est « soit par étapes, ou par
profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire. »
La détermination du caractère privé ou public peut présenter des difficulté dans deux
aspects : le patrimoine et la vie au travail. En ce qui concerne le patrimoine, on peut considérer
qu'il relève du domaine privé. Si l'on retient cette analyse, la divulgation relative au patrimoine
d'une personne correspond à une violation de la vie privée. Les choses ont évolué depuis 1990
puisque l'on est dans l'ère du règne de la transparence et de l'information. Dans un arrêt de 1990,
la Cour de cassation a considéré que les informations sur le patrimoine, ne comportant aucune
allusion à la vie et à la personnalité de l'intéressé, ne relève pas de sa vie privée. Cette évolution
s'explique par la nécessité de concilier le respect de la vie privée et le droit à l'information. En ce
qui concerne le domaine de la vie professionnelle, la question est de savoir si un élément de la vie
prive peut être invoqué dans le cadre des relations de travail. Il faut rappeler qu'un salarié ne
peut être licencié pour des motifs personnels qu'en cas de cause réelle et sérieuse de
licenciement. Donc, en principe, un élément de la vie prive ne peut être invoqué dans le cadre
d'une relation de travail, sauf si le contrat de travail a été conclu en considération d'un élément
de la vie privée. Par exemple, si une école catholique embauche une institutrice, peut-elle la
licencier au motif qu'elle a divorcé et s'est remariée civilement ? Dans le cadre d'une école
publique, cela serait impossible mais le fait d'enseignant dans une école religieuse implique de
partager les mêmes convictions que celles développées dans l'école en question. C'est en
considération de cette donnée religieuse que le contrat de l'institutrice a été conclu, or le divorce
porte atteinte au principe d'indissolubilité du mariage issu du droit canonique. Il est donc justifié
que le divorce de l'institutrice donne lieu à un licenciement, dans ce cas-là.
b. L'étendue de la protection :
La question est de savoir par quels moyens est-il possible d’obtenir le respect de sa vie
privée. L'article 9 alinéa 2 du code civil fournit des moyens pour que la vie privée soit respectée.
On peut imaginer toutes sortes de moyens : la suppression d'un article, d'une photo, de passages
d'un livre, le floutage d'une photo, la saisie pour prévenir ou réparer une atteinte. L'article 9 alinéa
2 prévoit un mécanisme de prévention et de réparation. Par exemple, si une information privée
est diffusée dans une revue people, la prévention sera de faire supprimer l'article ou d'interdire
sa publication. La réparation intervient si l'article a été publié, on demande réparation sur le
fondement de l'article 1382 du code civil en dommages et intérêts. La difficulté sera alors
d'évaluer le préjudice moral. Face à cette difficulté, les juges peuvent condamner à l'euro
symbolique. Ce type de condamnation n'est pas dissuasive mais en toute rigueur juridique, cette
condamnation s'impose lorsqu'on ne parvient pas à évaluer un préjudice moral.
La protection de la vie privée connaît des limites. Elle s'arrêt où commence la vie publique.
On va accepter la divulgation d'une information car elle a pour finalité l'information. La difficulté
est de trouver la frontière entre le domaine de la protection de la vie privée et le droit à
l'information. Ce droit à l'information est conforté par la liberté d'expression et la liberté de la
presse. Comment le juge apprécie-t-il le conflit entre le droit au respect de la vie privée et le droit
à l'information ? Tout va dépendre de l'objectif de l'information, c'est une appréciation
casuistique. Le juge regarde si ce qui a été divulgué de la vie privée est strictement nécessaire à
l'information. Pour apprécier la légitimité de l'information, il faut se demander si elle a été
divulguée dans une finalité d'interêt général. Par exemple, la divulgation de l'état de santé d'une
personne est, en principe, une violation de la vie privée mais si cette divulgation répond à un souci
d'actualité, le droit à l'information va primer. L'état de santé d'un Président de la République
relève par exemple de l'actualité et sa divulgation ne porte donc pas atteinte à la vie privée. C'est
ce qu'a jugé la Cour européenne des droits de l'Homme dans un arrêt de 2004 à propos du libre
publié par le médecin de Mitterand, révélant son cancer.
2. L'image :
3. L'honneur :
L'honneur est la dignité. Quelle est la frontière entre la simple critique et une véritable
atteinte à l'honneur ? Elle est difficile à observer. Par exemple, l'appréciation portée sur le
Beaujolais nouveau dans un magazine, « vin de merde » ne va pas constituer une atteinte au droit
à l'honneur mais la qualification, dans un autre magazine, de « picrate à peine buvable » sera
considéré d'atteinte à l'honneur pour un autre juge.
L'honneur est protégée d'une manière générale mais également d'une manière spéciale. Dans le
cadre de la protection générale, en droit pénal, il faut citer une loi sur les infractions de la presse,
loi de 1881. L'article 29 de cette loi sur la liberté de la presse réprime la diffamation qui désigne
toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur d'une personne. Un même
terme peut relever de la diffamation ou de l'injure selon les faits.
En matière de protection spéciale, l'article 9-1 du code civil prévoit le droit à la présomption
d'innocence. C'est un droit de l'Homme garanti par l'article 6 de la Convention européenne des
droits de l'Homme. Constitue une atteinte à la présomption d'innocence le fait de présenter une
personne, qui n'a pas été condamnée, comme coupable.
I. La notion
Les droits patrimoniaux sont évaluables en argent et peuvent faire l'objet d'un contrat.
A. Le droit réel :
Un droit réel est un droit que l'on a directement sur une chose, c'est un pouvoir, au sens
juridique, direct et immédiat sur une chose. Parmi les droits réels, on distingue les droits réels
principaux et les droits réels accessoires. Parmi les droits réels principaux, le premier est le droit de
propriété prévu à l'article 554 du code civil. C'est le droit réel le plus complet car le propriétaire
dispose de trois types de prérogatives : l'usus, le droit d'utiliser la chose, le fructus, le droit de
percevoir les fruits de la chose, et l'abusus, le droit de disposer de la chose. On peut avoir un
démembrement de droit de propriété avec d'un côté l'abusus (la nue-propriété) et de l'autre
l'usus et le fructus (l'usufruit). C'est le cas, par exemple du viager. Une personne vend sa maison
mais se réserve l'usufruit. La personne reste dans sa maison mais n'en est plus propriétaire.
Les droits réels accessoires sont les sûretés, ce sont des droits réels qui viennent garantir une
créance. Il s'agit par exemple du gage ou de l'hypothèque.
B. Le droit personnel :
Le droit personnel est un droit que l'on a sur une personne, c'est ce que l'on appelle le
rapport d'obligation. Une personne, le créancier, peut obtenir de l'autre, le débiteur, une certaine
abstention ou une prestation.
II. Le régime
Les droits patrimoniaux sont cessibles, ils peuvent être céder à titre gratuit à travers la
donation ou onéreux à travers la vente. Les droits patrimoniaux sont saisissables, le créancier peut
faire saisir la chose pour se faire payer, et transmissibles. Ils sont également prescriptibles, on peut
les perdre par le non usage, c'est ce que l'on appelle la prescription extinctive. L'article 2224 du
code civil prévoit que le titulaire d'une action la perd s'il n'agit pas pendant cinq ans dans le
domaine personnel ou mobilier. La prescription extinctive est de 30 ans pour les biens immobiliers.
Titre 2 : La réalisation des droits subjectifs
Un droit se réalise lorsque son titulaire peut exercer les prérogatives attachées à ce droit.
Pour exercer ses droits, il faut prouver leur existence. Lorsque la preuve est établie, la relation
s'effectue sans litige. Lorsque le droit ne s'effectue pas spontanément, il faut s'interroger sur la
sanction du droit, sur la manière dont on sanctionne la non-réalisation d'un droit.
Ce n'est pas tout d'être titulaire d'un droit, encore faut-il pouvoir le prouver. C'est la même
chose de ne pas avoir de droit que de ne pas pouvoir le prouver.
I. La charge de la preuve
Selon l'article 1315 du code civil, celui qui se prétend titulaire d'un droit doit le prouver.
L'article ne précise pas la partie qui perd le procès si la prétention n'est pas démontrée. À qui
profite le doute ? C'est celui qui avait la charge de la preuve qui perd le procès si cette preuve
n'est pas apportée.
Dans les sociétés primitives, les modes de preuve avaient quelque chose d'irrationnel. Il
s'agissait d'épreuves où on s'en remettait au jugement de Dieu : les ordalies. Les choses ont
changé aujourd'hui et les différents modes de preuve sont énoncés à l'article 1315-1 du code civil.
La preuve littérale se caractérise par deux éléments : l'écrit et la signature. L'écrit est en
principe un document papier sur lequel il y a des signes particuliers. Mais l'écrit n'est plus
aujourd'hui seulement le support papier, il peut s'agir d'un support électronique. L'article 1316 du
code civil prévoit que « la preuve littérale, ou preuve par écrit, résulte d'une suite de lettres, de
caractères, de chiffres ou de tous autres signes ou symboles dotés d'une signification intelligible,
quels que soient leur support et leurs modalités de transmission. » Il s'agit donc d'un message
graphique compréhensible. Cela ne signifie pas que le message doit être compris par tous.
L'article 1316-4 du code civil définit la signature. Elle permet d'abord de parfaire un écrit, elle est
« ce qui est nécessaire à la perfection d'un acte juridique. » Si l'écrit n'est pas signé, il ne vaut pas
comme une preuve littérale, il vaut comme un commencement de preuve par écrit. L'alinéa 2 de
l'article 1316-4 définit la signature électronique. On admet de manière générale la signature
électronique à condition qu'elle soit un procédé fiable d'identification. Le texte ajoute que sous
certaines conditions, la fiabilité du procédé est présumée.
• L'acte authentique :
L'acte authentique est prévu à l'article 1317 du code civil : « l'acte authentique est celui qui a été
reçu par officiers publics ayant le droit d'instrumenter dans le lieu où l'acte a été rédigé, et avec
les solennités requises. » Il existe plusieurs types d'officiers publics, donc plusieurs types d'actes
authentiques. Certains ont un caractère purement administratif, comme les actes d'état civil,
d'autres ont un caractère judiciaire, les actes d'un huissier, et d'autres ont un caractère notarié.
L'acte authentique est rédigé par un officier public qui respecte un certain formalisme. Ce
formalisme, qui va à l'encontre du principe du consensualisme, est le prix de la sécurité et de
l'efficacité de l'acte authentique. Cet acte authentique a deux caractéristiques : il a une très forte
valeur probatoire et il est directement exécutoire. La contrepartie cette efficacité est un
formalisme assez lourd.
Ces preuves ne sont pas spécifiquement faites pour prouver l'existence d'un fait mais elle
vont permettre de le prouver. La présomption de fait vise à établir un fait. À partir d'un indice, le
juge va déduire un certain nombre de choses.
a. Le principe :
Le principe est posé à l'article 1341 du code civil. Ce texte distingue deux situations : la
preuve de l'acte et la preuve contre et outre l'acte. En ce qui concerne la preuve de l'acte, il faut
un écrit. L'écrit n'est exigé qu'à titre de preuve, même en l'absence d'écrit l'acte existe mais il est
plus difficile à prouver. Dès lors que la valeur pécuniaire dépasse 1 500€ , l'acte doit être passé à
l'écrit. En ce qui concerne la preuve outre et contre, le témoignage est exclu lorsque l'on entend
contester l'exactitude de l'acte. Celui qui prétend que l'acte est inexact ne peut le prouver par un
témoignage.
b. Les exceptions :
On admet, dans certains cas, que la preuve de l'acte ne soit pas écrit. L'aveu ou le
serment décisoire sont toujours recevables. La preuve de l'acte ou le contre et outre peuvent se
faire par l'aveu ou le serment décisoire.
Le principe est celui de la liberté de la preuve selon l'article 1348 du code civil. Il y a
néanmoins une exception concernant les faits les plus graves dont la naissance, le mariage et le
décès. Pour prouver ces faits, il faut un acte de l'état civil, la preuve n'est pas libre.
I. La nature de la sanction
Les sanctions pénales concernent les atteintes les plus graves. Il y a trois catégories de
sanctions avec une hiérarchie : les contraventions, avec une peine contraventionnelle, qui relève
du tribunal de police, les délits, avec une peine correctionnelle, relevant du tribunal correctionnel
et les crimes, avec une peine criminelle, qui relèvent de la cour d'assises.
Les sanctions civiles peuvent avoir trois fonctions. La première est une fonction préventive,
le but est de prévenir une atteinte en saisissant l'objet du litige par exemple. La deuxième est une
fonction répressive, le but est de contraindre au respect du droit, en prévoyant une astreinte par
exemple. Enfin, la dernière est une fonction réparatrice dont le but est de réparer le préjudice
causé.
A. L'action en justice :
L'action en justice est le droit pour l'auteur d'une prétention d'être entendu sur le
fondement de celle-ci, afin que le juge l'a considère bien ou mal fondée. Le droit d'action est un
pouvoir juridique grâce auquel une personne peut obtenir en justice le respect du droit dont elle
se prétend titulaire. L'exercice de l'action en justice suppose trois conditions : la capacité, l'intérêt
et la qualité. La capacité juridique est l'aptitude à être titulaire d'un droit et à pouvoir l'exercer.
Cela signifie la capacité d'agir en justice. Par exemple, le mineur non émancipé ou le majeur
sous protection n'ont pas la capacité d'agir en justice. La deuxième condition est l'intérêt à agir.
L'intérêt doit être légitime et il doit être né et actuel. Légitime, cela signifie qu'il ne doit pas être
contraire à la loi et aux bonnes mœurs. Enfin la dernière condition est la qualité. Le principe est
que toute personne a la qualité pour agir lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts.
La question est alors de savoir comment le défendeur peut se défendre. Il dispose de plusieurs
moyens : la défense au fond, l'exception et la fin de non-recevoir. Avec la défense au fond, le
défendeur nie l'existence du droit dont se prétend titulaire le demandeur. Avec l'exception, le
défendeur ne conteste pas le droit invoqué mais conteste l'action en justice, il conteste la
procédure. Il y a trois types d'exception : l'exception d'incompétence, le tribunal saisi n'est pas
compétent, l'exception dilatoire, le défendeur prétend qu'il avait un certain délai pou s'exécuter,
et l'exception de nullité, les actes de procédure accomplis par le demandeur sont irréguliers. Ces
exceptions sont invoquées avant toute défense au fond ou toute fin de non-recevoir. Enfin, la fin
de non-recevoir est prévue à l'article 122 du code de procédure civile. C'est un moyen par lequel
le défendeur veut faire déclarer la demande irrecevable car selon lui, le demandeur n'aurait
pas le droit d'agir, il n'a pas la qualité ou un intérêt légitime à agir.
Les principes directeurs de l'instance sont dès règles générales qui gouvernent l'instance.
Le premier principe est que les parties sont les seules à avoir l’initiative du procès. Le juge doit
trancher seulement ce qui lui est soumis selon l'article 5 du code de procédure civile. Ensuite, on
retrouve le principe du contradictoire à l'article 14 du code de procédure civile. La violation de
ce principe peut être sanctionnée par l'article 6 de la Convention européenne des droits de
l'Homme. Enfin, le dernier principe est le principe de loyauté. Ce principe se traduit par la loyauté
de la preuve.
C. Le jugement :
Au sens strict, le jugement est la décision qui émane d'une juridiction de premier degré.
Ici, on entend jugement au sens large, c'est-à-dire un acte par lequel une juridiction met fin à
l'instance qui est engagée devant elle.
1. Le prononcé du jugement :
On retrouve une distinction entre les jugements de premier ressort à l'occasion desquels un
appel est possible et les jugements en premier et dernier ressort pour lesquels l'appel est
impossible. Ensuite on a une distinction entre un jugement contradictoire, lorsque les deux parties
ont accompli tous les actes de la procédure, et le jugement réputé contradictoire, lorsqu'une
partie, dans un premier temps a comparu devant les juge mais par la suite a abonné les actes de
procédure, et le jugement par défaut, lorsque le défendeur n'a jamais comparu. Enfin, on a une
distinction entre un jugement définitif et un jugement avant dire droit. Le jugement définitif
tranche le litige, le juge qui a rendu le jugement n'a plus à se saisir de l'affaire. Le jugement
avant-dire droit intervient au cours du procès et un jugement ponctuel rendu par le juge avant
que le jugement définitif soit prononcé.