Thème 1 : SCIENCE ECONOMIQUE
CHAPITRE 2 : QUELS SONT LES FONDEMENTS DU
COMMERCE INTERNATIONAL ET DE
L’INTERNATIONALISATION DE LA PRODUCTION ?
PLAN SUPPORTS DE SAVOIRS
COURS
I- LES RAISONS DES - Définir les dotations factorielles et
ECHANGES COMMERCIAUX technologiques
ENTRE PAYS - Comprendre le rôle des dotations
factorielles et technologiques dans les
A- La spécialisation : au cœur des échanges commerciaux et la spécialisation
échanges commerciaux entre pays
internationale
1- La théorie des avantages
comparatifs
Activité 1 - Connaître la théorie des avantages
2- Aux origines de l’avantage comparatifs
comparatif : la différence de dotations - Comprendre le commerce entre pays
en facteurs. comparables : différenciation des produits et
qualité des produits
B- Pourquoi des pays comparables - Différencier la différenciation horizontale
échangent-ils ?
de la différenciation verticale
1- La différenciation des produits : une
des explications du commerce - Définir la fragmentation de la chaîne de
intrabranche valeur et comprendre son rôle dans les
2- La fragmentation de la chaîne de stratégies des firmes
valeur : un élément important des
Activité 2
échanges entre pays comparables
II- LE ROLE DES FIRMES - Comprendre que la productivité des firmes
DANS LA MONDIALISATION sous-tend la compétitivité d’un pays
- Définir la compétitivité d’une nation
A- De la productivité des firmes à la Activité 3 - Comprendre l’internationalisation de la
compétitivité des pays chaîne de valeur et savoir l’illustrer
- Connaître les différentes stratégies des
B- Les stratégies des FMN dans un
FMN pour affronter la concurrence
contexte de mondialisation des
échanges
III- QUELS SONT LES Activité 4 Comprendre les effets induits par le
EFFETS DU COMMERCE commerce international : gains moyens en
INTERNATIONAL ? termes de baisse des prix, réduction des
inégalités entre pays, accroissement des
inégalités de revenus au sein de chaque pays
IV- LIBRE-ECHANGE OU - Comprendre les effets du libre-échange et
PROTECTIONNISME : Y A-T- ceux du protectionnisme
IL UN MEILLEUR SYSTEME ? - S’interroger sur le débat entre libre-
échange et protectionnisme
A- Des avantages aux limites du libre-
échange…
1- Le libre-échange a des avantages…
Activité 5
2- … Mais aussi des limites
B- … Et à ceux du protectionnisme
1- Le protectionnisme comporte des
avantages…
2- … Mais aussi des limites
Notions au programme
Le commerce international correspond à des échanges de biens et services entre pays.
Internationalisation de la production : processus de développement de la production des firmes dans l’ensemble
des pays du monde.
Différenciation des produits : stratégie par laquelle une entreprise cherche à différencier ses produits de ceux de
la concurrence, soit par différenciation verticale (qualité différente), soit par différenciation horizontale (variété
différente : couleur, design, goût…)
Avantage comparatif : Cette théorie affirme que chaque pays doit se spécialiser dans l’activité pour laquelle elle
est relativement plus efficace en termes de productivité du travail (en interne). Ensuite, les pays doivent alors
échanger leur production permettant alors des gains à l'échange.
Dotations factorielles (et technologiques) : Ensemble des facteurs de production dont dispose un pays (travail –
qualifié ou non qualifié – capital – physique ou technologique)
Fragmentation internationale de la chaîne de valeur : fait que les différentes étapes de la production d’un
produit (conception, approvisionnement, fabrication, commercialisation) soient réalisées dans plusieurs pays.
Libre échange : politique commerciale qui vise à réduire tous les obstacles à la circulation internationale des biens
et des services.
Protectionnisme : Ensemble des mesures visant à protéger un pays de la concurrence étrangère, soit par des
barrières tarifaires (droits de douane) soit par des barrières non-tarifaires (quotas, normes sanitaires ou
techniques…)
Compétitivité : Capacité à faire face à la concurrence. Elle traduit la capacité à conserver ou augmenter les parts
de marché.
o Compétitivité prix : Baisser le prix de vente en jouant sur le cout du travail, les couts de production, le taux de
change des pays
o Compétitivité hors prix passe par la qualité, l’innovation, la différenciation des produits
Sujets possibles
EC1 : Expliquez le rôle des dotations factorielles dans les échanges commerciaux. • Présentez le lien entre
avantage comparatif et commerce international. • Montrez que l‘avantage comparatif peut naître de la dotation
factorielle d’un pays. • Expliquez le rôle des dotations technologiques dans la spécialisation internationale. • A
l’aide d’un exemple, expliquez l’internationalisation de la chaîne de valeur. • Comment les entreprises
internationalisent-elles leurs chaînes de valeur ? • Présentez les différents types de compétitivité. • Quel rôle joue
la productivité des entreprises dans la compétitivité des pays ? • Expliquez comment la mondialisation peut
accroître les inégalités au sein des pays les plus riches. • Présentez un avantage et un inconvénient du
protectionnisme. • Quels sont les principes et les modalités du protectionnisme ?
EC3 : Mettez en évidence les déterminants du commerce entre pays comparables. • Expliquez ce qui a favorisé
l’essor d’une fragmentation des chaînes de valeur. • Expliquez pourquoi un pays peut avoir intérêt à mener une
politique protectionniste. • Expliquez les effets du commerce international sur les inégalités à l’intérieur des pays
développés. • Montrez que le commerce international a plusieurs déterminants. • Expliquez les causes et les
conséquences de la fragmentation mondiale de la chaîne de valeur. • Mettez en évidence les déterminants de la
compétitivité d’un pays. • Comment les avantages comparatifs expliquent-ils les échanges internationaux et la
spécialisation internationale ? • Quels sont les facteurs qui contribuent à l'internationalisation de la chaîne de valeur
?
Dissertation : Le libre-échange est-il préférable au protectionnisme ? • Dans quelle mesure l’ouverture des
économies au commerce international présente-t-elle des avantages ? • Doit-on renoncer au libre-échange ? • Quels
sont les effets du commerce international sur les inégalités ? • Les effets du commerce international sont-ils
toujours positifs ? • Le libre-échange est-il toujours souhaitable ? • Quels sont les déterminants du commerce
international ? • Gagne-t-on toujours au commerce international ?
Les pays participent au commerce international parce qu’ils en tirent des avantages. Depuis la fin du
18ème siècle, les économistes bâtissent des modèles pour expliquer les gains que procure le commerce
international. Toutefois, la crise de la Covid- 19 qui débute en Chine en 2020 a ralenti la production
mondiale et fait chuter le PIB. Or ce n’est pas seulement la Chine qui a été touchée : aujourd’hui,
d’innombrables entreprises s’appuient sur des composants faits en Chine pour fabriquer leurs produits.
L’arrêt du commerce extérieur Chinois a ainsi provoqué l’arrêt de la production de nombreuses
entreprises dépendant de fournisseurs Chinois, partout dans le monde, ce qui s’est traduit par des baisses
de PIB pour ces pays.
Cet épisode met donc en évidence le fait que notre consommation courante dépend aujourd’hui
fortement du commerce international, donc de produits fabriqués à l’étranger, mais aussi le fait que nos
économies sont interdépendantes. Si le commerce international présente de nombreux avantages, il n’est
pas sans limites et fait des « perdants » qui, eux, appellent à davantage de protectionnisme.
I- LES RAISONS DES ECHANGES COMMERCIAUX ENTRE
PAYS.
A- La spécialisation : au cœur des échanges commerciaux entre pays.
Objectifs : je dois être capable de :
- Définir les dotations factorielles et technologiques
- Comprendre le rôle des dotations factorielles et technologiques dans les échanges commerciaux
et la spécialisation internationale
- Connaître la théorie des avantages comparatifs
1- La théorie des avantages comparatifs.
Activité 1 : Les avantages comparatifs
Le commerce international représente l’ensemble des flux de biens et de services faisant l’objet d’un
échange entre les espaces économiques nationaux ; il est mesuré par le total des exportations
(importations) mondiales.
L’économiste Adam SMITH va montrer, en 1776, à travers sa théorie des avantages absolus, que
chaque pays a intérêt à se spécialiser dans les produits pour lesquels il détient un avantage absolu en
termes de coûts de production ou de productivité. Autrement dit, chaque pays a intérêt à se spécialiser
dans les produits pour lesquels il est meilleur que les autres pays, c’est-à-dire les produits qu’il fabrique
à moindre coût. En échange, il doit abandonner les produits pour lesquels les autres pays sont meilleurs
que lui. La spécialisation conduit alors à une allocation optimale des facteurs de production, puisque
chaque pays utilise au mieux le facteur travail et le facteur capital dont il dispose.
David RICARDO va, en 1817, compléter cette approche. Si un pays par rapport à un autre ne détient
aucun avantage absolu, l’échange est néanmoins, selon lui, possible. En effet, selon D. RICARDO le
pays le plus performant doit se spécialiser dans le produit pour lequel il est comparativement meilleur
que l’autre le, c’est-à-dire le produit pour lequel son avantage comparatif est le plus élevé et le pays le
moins performant doit se spécialiser dans le produit pour lequel son désavantage comparatif est le plus
faible.
Un avantage comparatif désigne le fait d'être plus efficace dans une production (par rapport à
une autre production) du fait d’une productivité relativement plus élevée dans cette production.
La spécialisation désigne le fait de se concentrer dans une (ou quelques) productions et
d'abandonner les autres.
La Grande-Bretagne a une productivité plus faible que le Portugal dans les deux productions, mais elle
a intérêt à se spécialiser dans la production où son désavantage est le plus faible = le drap. Le Portugal
a lui intérêt à se spécialiser là où son avantage est le plus grand = le vin.
La spécialisation est donc profitable aux deux pays, il existe un avantage mutuel, donc un gain à
l’échange, à se spécialiser dans le produit pour lequel on dispose d'un avantage comparatif. Le commerce
international est donc un jeu à somme positive, qui profite à tous les pays.
Sur quoi repose l’existence d’avantages comparatifs ?
2- Aux origines de l’avantage comparatif : la différence de dotations en facteurs.
Le modèle de Ricardo explique que tous les pays ont intérêt à l’insertion dans le commerce international.
Il n’explique toutefois pas d’où proviennent réellement les différences d’efficacité productives entre
pays qui justifient les spécialisations productives puisque seul le facteur travail intervient dans ce
modèle. Le modèle d’Heckscher- Ohlin- Samuelson (HOS) a pour objectif d’expliquer ce point. C’est
la notion de dotation factorielle (abondance ou rareté relative des divers facteurs de production dont
sont dotés les pays) qui est au cœur de ce modèle.
Le modèle HOS explique que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production qui correspond
aux caractéristiques de sa dotation factorielle, et à abandonner les autres productions aux autres pays,
puis à se les procurer par le commerce international. Un pays qui disposerait relativement de plus de
capital que de travail devrait, dans cette optique, se spécialiser dans la production de biens qui nécessite
relativement plus de capital que de travail pour être produits. Par exemple, les pays très développés
auront intérêt à se spécialiser dans la production de produits de haute technologie, car ces productions
nécessitent les facteurs de production dont ils sont le plus dotés, relativement aux autres pays.
Inversement, les pays peu développés auront intérêt à se spécialiser dans la production de matières
premières, d’agriculture, ou de biens industriels de masse, car ces productions nécessitent les facteurs
de production dont ils sont le plus dotés, relativement aux autres pays (travail non qualifié, ressources
naturelles).
En effet, plus un facteur de production est abondant dans un pays, moins il est cher, et donc les
productions qui l’utilisent coûteront moins cher à produire dans ce pays. En se spécialisant dans les
productions pour lesquelles ils disposent de facteurs de production en abondance, ces pays parviendront
donc à minimiser leurs coûts de production, et donc à être compétitifs à l’échelle mondiale. Ils produiront
donc ces biens pour l’ensemble de la planète, et ils importeront les produits qui ne correspondent pas à
leurs dotations factorielles.
Le modèle HOS prolonge donc les enseignements du modèle des avantages comparatifs et montre que
la spécialisation est source d’efficacité économique et de gains à l’échange, et donc que tous les pays
ont intérêt au développement du commerce international et à la disparition des barrières commerciales.
Dans les années 1970/1980, l’avantage comparatif du Japon s’explique par la supériorité de sa
technologie ; supériorité qui se manifeste par des techniques/méthodes de production plus efficientes
que celle de ses concurrents.
La dotation technologique, c’est-à-dire le capital technologique disponible dans un pays, est donc une
variable explicative des avantages comparatifs. Un pays maîtrisant des technologies de pointe aura un
avantage comparatif dans la production de biens nécessitant une telle maîtrise ou pour laquelle il pourra
utiliser ses technologies de pointe.
Exemple des vaccins contre la Covid : certains pays les exportent (Etats-Unis, Grande Bretagne, Russie,
Chine) car ils ont mené à bien ces innovations avant les autres pays.
Remarque :
1- Les avantages comparatifs liés aux différences de dotation technologique sont temporaires, en
fonction notamment de la durée des brevets.
2- Les dotations factorielles peuvent se transformer au cours du temps : un pays qui élève le niveau de
formation d’au moins une partie de sa population transforme le rapport entre le travail qualifié et le
travail non qualifié dont il dispose par rapport aux autres pays.
Les avantages comparatifs eux-mêmes peuvent évoluer au cours du temps, notamment lorsqu’un pays
innove.
Par exemple, quand la Chine s'est ouverte au commerce international (à partir de 1979), elle possédait
en abondance de la main d’œuvre non qualifiée, elle se spécialisait dans les exportations de
marchandises nécessitant une main d’œuvre non qualifiée (textile, jouets...)
Puis, la spécialisation de la Chine a évolué sous l’effet de politiques volontaristes (formation, soutien de
l’Etat à la R&D) : elle exporte de plus en plus de produits nécessitant du capital et une main d’œuvre
qualifiée, comme du matériel informatique.
Les avantages comparatifs sont donc construits et évolutifs.
Toutefois, les modèles traditionnels du commerce international ne permettent pas d’expliquer
l’ensemble des caractéristiques du commerce mondial. En effet, une part significative des échanges se
produit entre pays qui ont des dotations factorielles comparables, et pour des produits de la même
branche d’activité.
B- Pourquoi des pays comparables échangent-ils ?
Objectifs : je dois être capable de :
- Comprendre le commerce entre pays comparables : différenciation des produits et qualité des
produits
- Différencier la différenciation horizontale de la différenciation verticale
- Définir la fragmentation de la chaîne de valeur et comprendre son rôle dans les stratégies des
firmes
Activité 2 : Les échanges intrabranches
1- La différenciation des produits : une des explications du commerce intrabranche
Le commerce international entre les pays développés et les pays du Sud est essentiellement un commerce
interbranche (c'est-à-dire de produits différents, ce qui implique la spécialisation, conformément à
l'analyse de Ricardo).
Mais les échanges se font en grande partie entre des pays aux niveaux de développement comparables,
qui s'échangent des produits similaires : commerce intra-branche (commerce de produits issus d'une
même branche (= type de produits : agriculture, automobile, sidérurgie, électronique...)).
Les nouvelles théories du commerce international expliquent l'échange intra-branche par l'existence
d'une différenciation des produits (les produits ne sont pas homogènes, ils ont des caractéristiques qui
permettent de les distinguer).
Le commerce intra-branche porte alors sur des produits similaires mais différenciés :
-de qualité différente (ex voitures haut de gamme / moyen de gamme / bas de gamme, Ferrari / Peugeot),
on parle alors de différenciation verticale
- de qualité similaire (ex Renault Clio / Volkswagen Polo), on parle alors de différenciation horizontale
Mais dans tous les cas les produits seront différentiables par leurs caractéristiques, leurs marques...
STRATEGIES DES FIRMES EXPORTATRICES
DIFFERENCIATION HORIZONTALE DIFFERENCIATION VERTICALE
Les biens proposés par les firmes sont de Les biens proposés par les firmes sont de
même qualité mais ont des caractéristiques qualités réelles ou supposées différentes
différentes
La différenciation porte par exemple sur : La différenciation porte par exemple sur :
- Les variétés des produits (couleurs, formes, - Les fonctionnalités techniques
etc.) - La réputation
- La localisation du produit - La nouveauté
- La disponibilité
L’essentiel du commerce international se réalise entre des pays au niveau de développement semblable.
Ainsi, ces pays s’échangent des produits substituables c’est-à-dire des biens issus d’une même branche
d’activité. Dans ce contexte, la concurrence est forte ce qui conduit les entreprises à différencier leurs
produits pour maintenir ou accroître leurs parts de marché. Elles vont donc être incitées à développer
des avantages comparatifs pour se distinguer de la concurrence. Ainsi, si Apple et Samsung fabriquent
toutes les deux des téléphones portables, elles investissent fortement dans la R&D pour proposer des
fonctionnalités que les autres ne proposent pas. La différenciation de leurs produits leur permet donc de
développer des avantages comparatifs.
Une autre explication des échanges entre pays comparables est la fragmentation de la chaîne de
valeur.
2- La fragmentation de la chaîne de valeur : un élément important des échanges entre pays
comparables
Les chaînes de valeur mondiale désignent la fragmentation du processus de production effectuée
dans plusieurs pays différents pour tirer le meilleur parti des différences de qualification, de
technologies, de prix des facteurs de production, etc. Ces chaînes de valeur mondiales impliquent
donc que les étapes de production, de la conception d'un produit à sa livraison au consommateur final,
sont effectuées dans des pays différents.
Ce phénomène a pris de l'importance depuis les années 1990. En s'appuyant sur la baisse des coûts de
transport (avions, bateaux porte-conteneurs...) et de communication, cette globalisation de la production
a ainsi permis aux firmes multinationales de découper en différentes tranches leurs activités afin de
maximiser la valeur ajoutée sur chacune d'entre elles.
La fragmentation de la chaîne de valeur (ou fragmentation internationale de la chaîne de valeur)
consiste donc à séparer chaque segment de production apportant de la valeur ajoutée au produit pour
l’installer dans les territoires présentant un avantage comparatif dans ce domaine.
La fragmentation de la chaîne de valeur peut expliquer le commerce entre pays comparables qui ne sont
pas spécialisés dans les mêmes segments de production.
II- LE ROLE DES FIRMES DANS LA MONDIALISATION
Objectifs : je dois être capable de :
- Comprendre que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays
- Définir la compétitivité d’une nation
A- De la productivité des firmes à la compétitivité des pays
Activité 3 : De la productivité des firmes à la compétitivité des pays
La compétitivité d'une entreprise désigne son aptitude à faire face à la concurrence, c’est-à-dire la
capacité à conserver ou augmenter les parts de marché face à la concurrence alors que la compétitivité
d’un pays désigne sa capacité à exporter tout en parvenant à générer un niveau d’emploi et de revenu
élevé au sein de sa population.
Pour être compétitive, une entreprise doit être productive c’est-à-dire qu’elle doit produire plus avec
autant ou moins de facteurs de production, ou qui produit autant avec moins de facteurs. Cela se traduit
donc par une baisse relative des coûts de production puisque l’entreprise réalise des gains de
productivité, et permet donc de proposer des prix plus bas qui vont augmenter la compétitivité-prix de
l’entreprise au niveau national mais aussi international (donc accroît son aptitude à exporter).
Pour accroître sa compétitivité-prix, une entreprise peut rechercher un faible coût du travail pour les
tâches qui nécessitent du travail peu qualifié (ex : les industries textiles sont délocalisées dans les pays
à bas coût de main d’œuvre, comme Bangladesh ; l'assemblage de l'I-Phone se fait en Chine car le coût
du travail y est plus faible qu'aux Etats-Unis).
Mais le coût du travail n'est qu'un des éléments du coût d'un produit, qui dépend également de la
productivité, de la fiscalité et des droits de douane du pays d'accueil, du coût de transport, du coût des
matières premières...
Exemple, Toyota produit une partie de ses voitures à Valenciennes dans le Nord de la France, alors que
le coût du travail est assez élevé en France : permet de contourner les droits de douane puisque les
voitures sont produites dans l'Union européenne à destination des pays de l'UE, de se rapprocher du
marché européen et donc diminuer coût de transport.
Même si cela entre souvent en compte, les stratégies de localisation des FMN ne peuvent être expliquées
uniquement par la recherche de plus faibles coûts du travail. En effet, elles recherchent aussi des pays
où la main d’œuvre est productive, donc bien formée c’est notamment le cas lorsqu’elles produisent des
biens à forte valeur ajoutée.
La compétitivité hors-prix (ou compétitivité-produit) désigne tous les éléments de compétitivité qui ne
relèvent pas du prix : il s'agit de la capacité d'une entreprise à proposer des produits différenciés et de
qualité, ce qui s'obtient en innovant et en s'adaptant à la demande.
Donc, pour disposer d'une bonne compétitivité hors-prix, l'entreprise doit être capable de différencier
ses produits, proposer des produits perçus comme différents des autres, ce qui justifie leur prix plus
élevé.
En quoi la compétitivité d’une firme est-elle liée à celle d’un pays ?
Il est clair que les pouvoirs publics peuvent contribuer à la compétitivité-prix de leur pays en veillant
à la modération des salaires (cela permet aux entreprises de ne pas voir leurs charges augmenter ce qui
les obligerait à augmenter leurs prix et donc à perdre en compétitivité-prix). Ils peuvent aussi veiller à
ne pas trop augmenter les taux d’intérêt (une hausse des taux d’intérêt découragerait les
investissements). Mais les pouvoirs publics influencent aussi la compétitivité hors-prix des
entreprises en finançant la R&D favorable à l’innovation, en investissant dans l’éducation des jeunes
pour mieux les former et fournir ainsi du capital humain aux entreprises. L’Etat investit également dans
des infrastructures (routes, aéroport, etc.) qui facilitent les exportations et les importations et participent
ainsi à l’amélioration de la compétitivité des firmes. De la même façon, il répartit les richesses de façon
à réduire les inégalités lesquelles peuvent se traduire par une montée de l’insatisfaction et remettre en
cause la cohésion sociale (grève, manifestation, etc.).
Les investissements en santé permettent d’améliorer le capital humain et de le rendre plus productif.
Les investissements en R&D permettent aux firmes de développer des innovations et d’améliorer leur
processus de production en le rendant plus efficace et donc plus productif. Cela leur permet en outre
d’améliorer leur compétitivité hors-prix en proposant des produits plus innovants / de meilleure qualité...
Ainsi la productivité des firmes détermine la compétitivité des pays : plus les firmes d’un territoire
sont productives, plus elles sont en mesure d’exporter en étant compétitives au niveau des prix mais
aussi de façon structurelle (hors-prix), et plus les pays concernés sont donc compétitifs en développant
une capacité importante à exporter.
B- Les stratégies des FMN dans un contexte de mondialisation des échanges
Objectifs : je dois être capable de :
- Comprendre l’internationalisation de la chaîne de valeur et savoir l’illustrer
- Connaître les différentes stratégies des FMN pour affronter la concurrence
Les firmes multinationales sont des entreprises qui possèdent une ou plusieurs unités de production à
l’étranger. Elles mettent en œuvre une stratégie de fragmentation de leur chaîne de valeur à l’échelle
mondiale en localisant chaque étape du processus de production du bien dans des pays en fonction de
leurs avantages comparatifs mais en gardant la maîtrise de l’ensemble du processus de production. Ainsi,
Les firmes multinationales sont des entreprises qui possèdent une ou plusieurs unités de production à
l’étranger. Elles mettent en œuvre une stratégie de fragmentation de leur chaîne de valeur à l’échelle
mondiale en localisant chaque étape du processus de production du bien dans des pays en fonction de
leurs avantages comparatifs mais en gardant la maîtrise de l’ensemble du processus de production. Ainsi,
les activités à forte valeur ajoutée seront implantées dans les pays développés qui offrent une main
d’œuvre qualifiée, alors que les activités intensives en travail seront localisées dans les pays où la main
d’œuvre est abondante et bon marché.
Pour internationaliser leurs chaînes de valeur, les FMN peuvent avoir recours à différentes stratégies.
Elles peuvent sous-traiter une partie de la production c’est-à-dire qu’elles la confient à une autre
entreprise ou elles peuvent décider de le faire elles-mêmes en ouvrant une autre entreprise, appelée
filiale, à l’étranger grâce à un investissement dans le pays d’accueil, les économistes parlent
d’investissement direct à l’étranger ou IDE.
Les objectifs des FMN sont alors multiples. Il peut s’agir d’accéder à des marchés étrangers donc de
produire davantage et de réaliser des économies d’échelle, ou de se rapprocher de clients solvables et de
nouvelles technologies ou encore de matières premières. Dans tous les cas, les FMN cherchent à
améliorer leur compétitivité et donc leur capacité à affronter la concurrence.
III- QUELS SONT LES EFFETS DU COMMERCE
INTERNATIONAL ?
Objectifs : je dois être capable de :
- Comprendre les effets induits par le commerce international : gains moyens en termes de
baisse des prix, réduction des inégalités entre pays, accroissement des inégalités de revenus
au sein de chaque pays
Activité 4 : Les effets du commerce international
L’accroissement du commerce international a permis d’augmenter la richesse de nombreux pays
notamment depuis l’accélération de la mondialisation dans les années 1970. Ainsi, les inégalités
mondiales ont largement diminué sous l’effet notamment de la baisse des prix qui a augmenté le pouvoir
d’achat des ménages. La spécialisation des pays en fonction de leurs avantages comparatifs a favorisé
les gains de productivité favorables à la hausse des salaires, des profits et à la baisse des prix.
Si le commerce international a réduit les inégalités entre travailleurs qualifiés et non qualifiés des pays
en développement, il a au contraire ces mêmes inégalités à l’intérieur des pays développés.
En effet, la spécialisation des pays en développement des activités à faible valeur ajoutée a fait
augmenter la demande de travail peu qualifié. Celle-ci s’est traduite par une hausse des salaires qui a
réduit les inégalités entre travailleurs qualifiés et non qualifiés. Au contraire, les FMN s’implantent dans
les pays développés où elles recherchent une main d’œuvre qualifiée capable de produire des biens à
forte valeur ajoutée. Dès lors, dans ces pays, c’est la demande de main d’œuvre qualifiée qui augmente
ce qui favorise une pression à la hausse des revenus de ces travailleurs et accroît, in fine, les inégalités
entre eux et les moins qualifiés.
Seule l’intervention de l’Etat peut permettre, grâce à la redistribution, de réduire ces inégalités
économiques.
Enfin, la mondialisation favorise une interdépendance des économies qui peut s’avérer problématique
dès lors qu’un pays subit un choc. C’est le cas de la crise de la Covid qui a mis à l’arrêt la production
chinoise et a eu des conséquences dans le monde entier.
IV- LIBRE-ECHANGE OU PROTECTIONNISME : Y A-T-IL
UN MEILLEUR SYSTEME ?
Objectifs : je dois être capable de :
- Comprendre les effets du libre-échange et ceux du protectionnisme
- S’interroger sur le débat entre libre-échange et protectionnisme
A- Des avantages aux limites du libre-échange…
1- Le libre-échange a des avantages…
Le libre-échange conduit chaque pays à se spécialiser dans la production où il a un avantage comparatif,
ce qui lui permet d’augmenter à la fois la production et la quantité de produits auxquels les habitants ont
accès pour consommer (gains de pouvoir d’achat). A la suite de l’ouverture commerciale, les
consommateurs bénéficient donc d’une offre de biens et services plus abondante, plus variée et moins
chère qu’en autarcie, ce qui se traduit par des gains de pouvoir d’achat et de variété, donc cela augmente
la satisfaction du consommateur.
Par ailleurs, l’extension des marchés liée au libre-échange contribue aussi à augmenter la production
dans le domaine où le pays se spécialise, ce qui génère des économies d’échelle. En produisant en plus
grande quantité, les firmes voient leurs coûts moyens de production diminuer, elles peuvent donc réduire
leurs prix et améliorer leur compétitivité-prix.
Depuis 1945, les institutions internationales sont favorables au libre-échange : elles ont alors pour
objectif d'éliminer les obstacles aux échanges, en diminuant progressivement les mesures
protectionnistes.
En raison de leur spécialisation, les pays vont retirer des gains au libre-échange. En effet, la
spécialisation leur permet de produire à plus grande échelle et d’être davantage productif. De la même
façon, l’extension de la taille des marchés due à la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires
engendre des économies d’échelle. Au total, la spécialisation, les économies d’échelle et
l’internationalisation de la chaîne de valeur permettent aux entreprises de baisser leurs prix. Cette baisse
des prix accroît le pouvoir d’achat des consommateurs qui vont pouvoir consacrer une partie de leur
revenu à la satisfaction de besoins supérieurs (santé, loisirs, etc.) et ainsi voir leur bien-être s’améliorer.
De la même façon, le libre-échange augmente la concurrence qui, elle, encourage l’investissement en
R&D source d’innovations et donc de gains de parts de marché. L’innovation stimule aussi le progrès
technique, engendrant des gains de productivité, et accroît la diversité des biens et services produits.
LES GAINS ASSOCIES AU LIBRE-ECHANGE
Spécialisation Economies d’échelle Fragmentation de la chaîne de valeur ↑ concurrence
↑ innovations
↓ prix
↑ diversité
2- … Mais aussi des limites.
Libre-échange rencontre plusieurs limites :
→ Accords de LE →↑ délocalisations →↑ suppression d’emplois →↑ chômage →pression à la ↓ des
salaires →↓ pouvoir d’achat
→ Affaiblissement des normes sanitaires →↑ dangerosité pour la santé des consommateurs
→↑ importations →↑ concurrence sur le territoire →↑ faillites
→↑concurrence →↑ chômage →remise en cause de la cohésion sociale
→ Impact négatif des échanges sur l’environnement
B- … Et à ceux du protectionnisme
1- Le protectionnisme comporte des avantages…
L’économiste allemand F. LIST (1798-1846) prend position au milieu du 19ème siècle contre le libre-
échange généralisé : comme toutes les spécialisations ne se valent pas, comme il vaut mieux fabriquer
des produits manufacturés modernes que des produits primaires, le pays doit fermer ses frontières à ces
produits modernes pour permettre la naissance et le développement des jeunes industries (ou “ industries
dans l’enfance ”, comme dit List, ce que l’on appelle le protectionnisme éducateur). En effet, si on
n’établissait pas de protectionnisme, les produits étrangers modernes arriveraient en masse dans le pays,
à un prix bas du fait de l’expérience et des économies d’échelle réalisées par les entreprises étrangères.
Résultat : les entreprises du pays ne pourraient pas rivaliser et devenir compétitives car, au début de la
production, les coûts sont toujours élevés, et finalement, les industries modernes ne se développeraient
jamais dans le pays. Il s’agit donc de protéger temporairement de nouvelles activités, afin de leur laisser
le temps de devenir suffisamment performantes et compétitives pour rivaliser avec la concurrence
internationale. C’est dons un protectionnisme offensif et temporaire. Ce protectionnisme « éducateur »
a inspiré de nombreux pays (Corée du Sud, Chine) qui, en protégeant sélectivement et temporairement
leur marché intérieur.
Certaines mesures protectionnistes sont aussi motivées par la volonté de développer des politiques
commerciales stratégiques. Certaines activités, comme l'aéronautique, exigent une production sur très
large échelle pour rentabiliser les lourds investissements de départ.
Le protectionnisme peut aussi avoir d’autres justificatifs :
- Protéger des industries vieillissantes consiste à donner le temps à des entreprises pour passer un « cap
difficile » ; l’entreprise est viable à moyen terme, mais pas à court terme, d’où l’intérêt de la protéger
sur du court terme. Protéger une industrie mourante consiste à donner le temps aux salariés de ces
entreprises de retrouver un autre emploi ; une fois tous les salariés reconvertis, la protection est levée et
la production est arrêtée.
- La protection de l’emploi et du savoir-faire : la disparition des emplois industriels en raison des
délocalisations s’accompagne d’une perte de savoir-faire.
- Une concurrence déloyale : les entreprises issues d'un pays réglementant sévèrement les émissions
polluantes sont désavantagées par rapport à celles qui sont installées dans un pays offrant des conditions
plus laxistes. En l'absence d'accords mondiaux, il peut alors être justifié de taxer les importations des
pays polluants afin de rétablir l'équilibre. Le même raisonnement est parfois employé à propos de la
législation sociale et fiscale. La protection sociale étant très faible dans les pays du Sud, les firmes
multinationales sont parfois amenées à délocaliser leur production dans ces pays au détriment de
l’emploi au Nord.
- La souveraineté nationale : l’intérêt de la Nation implique la protection de certains secteurs d’activité
indispensables à l’indépendance nationale (l’agriculture pour nourrir la population, l’armement pour la
défendre…).
- Le protectionnisme peut aussi être un ensemble de mesures de représailles vis à vis de pays ayant eux-
mêmes adopté des mesures protectionnistes ou pratiquant une concurrence déloyale (pays qui autorisent
le travail des enfants ou ne respectent aucune norme de sécurité ou environnementale ...).
2- … Mais aussi des limites.
Le protectionnisme rencontre aussi des limites :
- En préservant les entreprises nationales de la concurrence extérieure, il freine les efforts de
modernisation des procédés de production et de diffusion du progrès technique. Une moindre incitation
à l’innovation pour les entreprises, c’est moins de choix pour les consommateurs ou des prix plus élevés,
- Des mesures protectionnistes unilatérales provoquent, en général, un protectionnisme de rétorsion et
privent les entreprises nationales de leurs débouchés extérieurs, freinant leur activité.
- Le protectionnisme augmente le coût des importations soit parce qu’il augmente les taxes appliquées
aux prix des produits importés soit parce qu’il limite la concurrence entre producteurs nationaux (qui
vont bénéficier d’une rente de monopole) et concurrents étrangers. Or, le libre-échange a permis des
importations de produits à faible prix qui avantagent les consommateurs et représentent pour eux un
gain de pouvoir d’achat.
PROTECTIONNISME (barrières tarifaires et non tarifaires)
↓ concurrence Mesures de représailles
↓ exportations ↑ prix des matières 1ères
↓ incitation ↑ prix
à innover
↑ coûts de production
↓ PA
↓ PT et ↓
↓ demande de
diversité des biens ↓ demande ↑ prix
monnaie nationale
↓ choix ↓ production
↓ valeur de la monnaie
(=dépréciation)
↓ consommation ↑ chômage
Renchérissement des
produits étrangers
↓ CROISSANCE
Activité 5 : Se préparer à la dissertation