LA DIPHTERIE
OBJECTIFS
- Définir la diphtérie
- Donner les caractéristiques de l’angine diphtérique
- Citer au moins 3 manifestations toxiniques de la diphtérie
- Proposer un traitement curatif et prévenir une diphtérie
I. INTRODUCTION
1. Définition
C’est une toxi-infection aigue hautement contagieuse, à déclaration obligatoire,
due à Corynebacterium diphteriae appelé bacille de Klebs-Loeffler .
2. Intérêt
La diphtérie est une urgence diagnostique et thérapeutique.
Complications redoutables pouvant être mortelles
3. Pathogénie :
Le bacille agit localement et à distance :
- Localement par la multiplication du germe in situ entraînant l'apparition de
fausses membranes avec obstruction des voies aériennes supérieures ;
A distance par sa toxine, responsable des paralysies et, des troubles cardiaques.
II CLINIQUE
1. Type de description : L’angine diphtérique commune de l’enfant
a. Incubation :
Elle est silencieuse et dure 1 à 7 jours.
b. Période d’invasion :
Elle associe une fièvre, un malaise général et une dysphagie.
Dr Karamba SYLLA Page 1
c. Période d’état :
Elle est caractérisée par le maître symptôme : c’est l’existence de fausses
membranes : Les amygdales sont tuméfiées, recouvertes d’un enduit blanchâtre ou
blanc jaunâtre, épaisses, adhérentes, cohérentes, reproductibles. Elles saignent après
décapage et se reforment en quelques heures. Elles sont bilatérales, extensives.
(ACRE)
2. Formes cliniques
a. Autres manifestations locales
Le croup ou diphtérie laryngée
On distingue 3 phases dans l’évolution :
- Dysphonie avec toux et voix rauque, puis éteinte,
- Dyspnée intermittente puis permanente avec cornage et tirage,
- Asphyxie nécessitant une trachéotomie en urgence.
Autres localisations : nasale, cutanée, conjonctivale, buccale,
œsophagienne….
b. Manifestations générales toxiniques
Myocardite diphtérique : complication majeure de la diphtérie.
Paralysies diphtériques :
o Paralysies vélo-palatines, les plus fréquentes. Elles se reconnaissent au
nasonnement de la voix et au reflux de liquides ingérés par le nez.
o Paralysie des muscles respiratoires avec risque de détresse respiratoire,
o Paralysies des membres tardives (après le 30 ème jour) réalisant un tableau
de polyradiculonévrite bilatérale et symétrique.
3. Diagnostic
Le diagnostic de certitude repose sur l’isolement de la bactérie à partir d’un
prélèvement pharyngée ou cutané avec examen direct (BGN) et culture.
III TRAITEMENT
4. Traitement curatif
o Traitement antibiotique :
Dr Karamba SYLLA Page 2
. La pénicilline G : 25-50000 UI/ kg/ jour par IV ou IM pendant 14 jours.
. L’érythromycine si allergie à la pénicilline: 50 mg/kg/ jour.
o Sérothérapie pour neutraliser la toxine :
Le sérum antidiphtérique neutralise la toxine circulante mais n’agit pas sur celle fixée
aux cellules. Elle est pratiquée selon le schéma thérapeutique recommandé par
l’OMS. (voir tableau).
o Traitement symptomatique des complications :
Il repose sur l’intubation nasotrachéale et ventilation assistée, ou sur la trachéotomie.
5. Prévention
Isolement
La vaccination antidiphtérique en association avec l’anatoxine tétanique sous
forme de DT ou association avec tétanos et coqueluche sous forme de DTC. Le
schéma vaccinal comprend 3 injections à 1 mois d’intervalle, dès l’âge de 2
mois, suivi d’un rappel à 10-18 mois, 6 ans, 11-13 ans, et 16-18 ans.
CONCLUSION
La diphtérie est une urgence diagnostique et thérapeutique entraînant morbidité et
mortalité. Elle a presque disparu grâce au PEV.
Dr Karamba SYLLA Page 3
Dr Karamba SYLLA Page 4
Dr Karamba SYLLA Page 5