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Chapitre 1

Parasitologie : techniques
élémentaires

Examens directs • après utilisation de colorants (lugol, ou


merthiolate-iode-formol [MIF], ou réactif
commercialisé contenant de l’iode) pour les
Indications selles ;
La recherche microscopique de parasites sera • après utilisation d’agents éclaircissants (gomme
orientée par la nature du prélèvement. Elle au chloral ou lactophénol) pour les biopsies rec-
s’applique à un grand nombre de parasites, sous tales ou vésicales.
diverses formes : formes végétatives et kystes Il doit être effectué dès que possible (moins de
de parasites unicellulaires, larves et œufs d’hel- 4 heures après le prélèvement) à partir des selles
minthes dans les selles ; œufs de schistosomes non fixées fraîchement émises et sur les biop-
dans les urines ; formes végétatives de Trichomo- sies duodénales et coliques pour la recherche
nas dans les urines, les sécrétions vaginales ou la de formes végétatives de Giardia intestinalis et
salive ; formes végétatives de Trichomonas, œufs d’Entamoeba histolytica (trophozoïtes).
de Paragonimus, larves d’anguillules, scolex ou
crochets d’Echinococcus sur des prélèvements Techniques
respiratoires (expectoration, aspiration bron-
chique et lavage bronchiolo-alvéolaire [LBA]) ; Examen direct des selles
Giardia, cryptosporidies et autres coccidies ou
Monter une goutte de suspension fécale entre
amibes dans les biopsies digestives (duodénales
lame et lamelle en veillant à effectuer une prépa-
et coliques) ; œufs de schistosomes dans les biop-
ration mince pour faciliter la lecture (figure 1.1).
sies rectale et vésicale, etc. Cet examen pourra
Si les selles ne sont pas émises au labora-
être complété par la mise en œuvre de colora-
toire, il est conseillé d’en fixer une partie dès
tions spécifiques (voir au chapitre 1 « Techniques
l’émission à l’aide de merthiolate-formol (MF)
de coloration »).
[1], d’acide acétique-acétate de sodium-for-
mol (Sodium Acetate-Acetic Acid-Formaldehyde
Mise en œuvre [SAF]) [2], ou de formol à 10 %, d’alcool poly-
vinylique, etc. La coloration obtenue avec le MF
L’examen microscopique direct d’un échantillon est généralement suffisante pour le diagnostic
ou du culot de centrifugation peut être réalisé : d’espèce des amibes (voir au chapitre 1 « Tech-
• directement entre lame et lamelle (selles niques de coloration» et «Méthodes de fixation-
liquides, prélèvements respiratoires et urines) ; conservation »).
• après adjonction de sérum physiologique Un examen direct en contraste de phase permet-
(selles, biopsies des muqueuses rectale, vésicale tra de mettre en évidence rapidement les oocystes
et digestive) ; de coccidies (notamment Cryptosporidium spp.).

Parasitologie et mycologie médicales


© 2022, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés
8 1. Méthodes

Si selle émise au laboratoire Si selle non émise au laboratoire Selon le contexte

Selle liquide ou Selle molle, Fixation à Étalement sur lame


glaireuse moulée ou dure l’émission en MF  carbofuschine phéniquée

Dilution 1/3 eau


Séchage
physiologique

1 goutte lame/lamelle platine à 37°C 1 goutte lame/lamelle 1 goutte d’huile + lamelle

Œufs, larves, ciliés


Observation Observation Observation (objectif 40)
gros protozoaires:
(objectif 40)UV (objectif 10) contraste phase
E. coli, [Link]

Observation Amibes,flagellés Cryptosporidium,


Cyclospora (objectif 50) Sarcocystis, Sarcocystis,
Cystoisospora, Cystoisospora,
Lugol à 2 %
Cyclospora

Figure 1.1. Conduite à tenir devant une selle (examen direct).

Si échantillon d’urine (de préférence, Centrifuger la totalité de l’urine dans un SI urines de 24h (travailler sur 20-30 mL
2e partie d’une miction après effort) tube conique à 500-600 g pendant 5 min de sédiment avec ampoule de décantation)

Rejeter le surnageant, reprendre par


un peu d’eau distillée, monter entre
Observer la totalité du culot à l’objectif
lame et lamelle Observer à l’objectif 40
10

Œufs de Schistosoma haematobium Trichomonas vaginalis


Microfilaires de Wuchereria bancrofti

Figure 1.2. Conduite à tenir devant une urine (examen direct).

d’une miction complète (ou au minimum 50 mL),


Examen direct en contraste de phase obtenu par centrifugation à 500-600 g pendant
• Étaler la selle sur une lame directement ou dans une 5 minutes (figure 1.2).
goutte de carbofuschine phéniquée (technique de Heine ; La recherche peut également se faire par
voir au chapitre 1 « Techniques de coloration » [3]). observation directe d’un filtre type polycarbonate
• Laisser sécher et déposer immédiatement une goutte après filtration des urines à l’aide d’une seringue
d’huile à immersion. Recouvrir d’une lamelle. montée sur un porte-filtre (voir au chapitre 5
• Observer à l’objectif ×40 en contraste de phase : les
« Examen parasitologique des prélèvements
cryptosporidies et autres coccidies apparaissent réfrin-
gentes sur le fond gris de la préparation. génito-urinaires »).

Examen direct des sécrétions vaginales


L’observation en épifluorescence à 340-360 nm
permet de détecter facilement les oocystes de Cet examen s’effectue directement sur les sécré-
Cyclospora cayetanensis et de Cystoisospora belli tions recueillies à la pipette ou sur les sécrétions
et les sporocystes de Sarcocystis hominis qui pré- vaginales prélevées sur écouvillon avec milieu de
sentent une fluorescence bleue [4]. transport (figure 1.3).

Examen direct des urines Examen d’un prélèvement respiratoire


Cet examen s’effectue pour la recherche des œufs Il s’effectue de préférence sur le culot de centri-
de schistosomes, directement sur le culot urinaire fugation d’un LBA, d’une aspiration ou d’une
Chapitre 1. Parasitologie : techniques élémentaires 9

Prélèvement des sécrétions au laboratoire (pipette usage unique) Prélèvement en milieu de transport (non prélevé au laboratoire)

Homogénéiser en eau physiologique Homogénéiser le milieu


1 goutte lame/lamelle
aspiration/refoulement de transport

Repérer les formes mobiles à l’objectif


Trichomonas vaginalis
10, confirmer au 40

Figure 1.3. Conduite à tenir devant des sécrétions vaginales (examen direct).

LBA, aspiration bronchique Expectoration

Centrifuger dans un tube conique Fluidifier 15 min à 37 °C avec la


5 min à 1000 g même quantité de digesteur dilué

Observer la totalité du culot à Rejeter le surnageant, reprendre par un peu Observer à l’objectif 40  en UV
l’objectif 10 d’eau distillée, monter entre lame et lamelle

Œufs de Paragonimus Crochets d’Echinococcus


Larves d’anguillules granulosus
Scolex d’Echinococcus granulosus

Figure 1.4. Conduite à tenir devant un prélèvement respiratoire (examen direct).

expectoration (figure 1.4). Pour les échantillons du prélèvement (figure 1.5). Pour la recherche
visqueux, la centrifugation sera réalisée après des œufs de schistosomes, la préparation peut être
adjonction d’un agent mucolytique. En cas de éclaircie à la gomme au chloral ou au chloral lac-
suspicion d’hydatidose pulmonaire (vomique tophénol en chambre humide [5].
hydatique), l’observation du culot en épifluores-
cence à 340-360 nm facilite la détection des cro-
chets qui apparaissent bleus fluorescents. Frottis
Biopsies des muqueuses rectale, vésicale Frottis sanguin
et digestive (duodénale et colique)
Indications
Les examens visant à rechercher les formes végéta-
tives de parasites unicellulaires doivent être effec- Elles concernent principalement la recherche des
tués le plus rapidement possible après réalisation hématozoaires (Plasmodium spp., Babesia spp.),

Biopsie duodénale Biopsie colique Biopsie rectale Biopsie vésicale

Écraser le fragment de biopsie entre lame et lamelle, Écraser le fragment de biopsie entre lame et lamelle,
avec une goutte d’eau physiologique avec une goutte d’eau physiologique, (si préparation
trop épaisse, éclaircir à la gomme au chloral
ou lactophénol)

Observation à l’objectif 10, repérer les éléments


suspects, examiner à l’objectif 40 pour identifier les
Observer à l’objectif 10
formes végétatives de parasites unicellulaires
dans les zones suspectes
Œufs de bilharzies Œufs de bilharzies
S. mansoni, S. haematobium
Giardia intestinalis Entamoeba histolytica
S. intercalatum,
S. japonicum,
S. haematobium

Figure 1.5. Conduite à tenir devant une biopsie des muqueuses rectales, vésicales et digestives (examen direct).
10 1. Méthodes

des trypanosomes et des microfilaires, mais égale- Laisser diffuser le sang par capillarité le long de
ment certaines bactéries spirochètes (Borrelia spp.). l’arête de la lamelle (figure 1.6c). Étaler le sang
en couche mince, uniforme, par un geste régulier
Mise en œuvre continu, ni trop rapide ni trop lent (figure 1.6d) ;
ce mouvement, effectué d’un seul tenant, doit
Le frottis mince est effectué à partir de sang pré-
entraîner la gouttelette de sang derrière la lamelle
levé par piqûre au bout du doigt (vaccinostyle sté-
et non la chasser. Étaler le plus uniformément et
rile) ou par ponction veineuse sur anticoagulant
le plus finement possible de façon à obtenir des
(généralement EDTA ou ACD).
franges en queue de frottis (figure 1.6e). Le frottis
Détails techniques sera séché rapidement en secouant énergiquement
la lame.
Déposer une petite goutte de sang de 2 à 3 μL sur
une lame porte-objet (figure 1.6a). Poser ensuite Précautions à prendre
une lamelle sur la lame en laissant un angle de • S’assurer de l’homogénéité du prélèvement san-
45° (figure 1.6b) et revenir vers la goutte de sang. guin (homogénéiser par retournements doux).
• Effectuer l’étalement très rapidement après le
a
dépôt de la goutte de sang sur la lame, avant
qu’elle ne sèche.
• Utiliser des lames à bords rodés et avec une extré-
mité en verre dépoli (permet l’identification de
la lame). Les lames doivent être propres et non
grasses (dégraisser au méthanol si besoin).
b • Utiliser une lamelle moins large que la lame afin
que les bords du frottis soient lisibles.
• Sécher les frottis à l’air très rapidement après
étalement afin d’éviter la déformation des
hématies et la rétraction des leucocytes. Ne pas
utiliser de source de chaleur.
c
Critères de qualité d’un frottis
Un frottis bien réalisé ne recouvre pas forcément
toute la longueur de la lame, mais est continu, sans
« trou », avec une queue d’étalement arrondie et
régulière (en flamme) (figure 1.7). Les bords du
d frottis sont distants des bords de la lame, donc
accessibles à l’observation microscopique. Il doit
comporter une plage de lecture suffisante avec des
hématies non chevauchantes.

Délai de réalisation et de conservation


Pour les échantillons prélevés sur tube EDTA, les
e
frottis seront réalisés dans les 4 heures. Au-delà,
les parasites s’altèrent, les hématies se modifient,
rendant le diagnostic d’espèce difficile en cas
de paludisme. Les frottis sanguins non colorés
se conservent moins d’un mois. L’utilisation de
Figure 1.6. Étapes de réalisation d’un frottis sanguin.
Source : d’après Petithory JC, Ardoin-Guidon F. Parasites sanguins.
frottis positifs comme contrôle interne de la qua-
Cahier de formation, biologie médicale 2001 ; (23) : 1-357. lité (CIQ) de coloration nécessite donc de les
Chapitre 1. Parasitologie : techniques élémentaires 11

Frottis de moelle osseuse


Indications
Recherche de parasites sanguicoles intracellulaires
(leishmanies, toxoplasmes), plus rarement de
champignons intracellulaires, notamment dimor-
phiques (histoplasmes) après fixation et coloration
de type MGG.

Mise en œuvre
La moelle osseuse est prélevée par ponction sternale
ou iliaque et recueillie dans un tube contenant de
l’EDTA ou du citrate de sodium. Deux techniques
d’étalement de moelle osseuse sont possibles.

Détails techniques
• Frottis par étalement : étaler une goutte dépo-
Figure 1.7. Frottis de bonne qualité. sée sur une lame à l’aide d’une lamelle inclinée à
Source : Collection ANOFEL, CHU de Montpellier et CHU de Dijon. 45° (comme pour le frottis sanguin).
• Méthode d’écrasement des « grains » : préle-
renouveler régulièrement ou de les conserver fixés ver avec l’extrémité d’une lame un ou plusieurs
au méthanol, à –20 °C. « grains » de moelle osseuse et les placer au tiers
Une fois colorés, les frottis sanguins ont une supérieur d’une lame. Prendre une lame propre
conservation illimitée dans le temps à condition et la faire glisser parallèlement sur la première
d’éliminer l’huile d’immersion utilisée pour la lec- sans écraser trop fortement, jusqu’à l’autre extré-
ture au microscope (dégraissage par du solvant). mité de la lame. Les lames sont séchées à l’air,
Pour une conservation optimale, luter les lames sans ventilation ni agitation ni source de chaleur.
avec une lamelle collée par un milieu de montage. Les critères de qualité des frottis, précautions à
prendre et délais de réalisation et conservation
Causes d’erreurs dans la réalisation d’un frottis sont les mêmes que pour les frottis sanguins.
Les principales causes d’erreurs sont résumées
dans le tableau 1.1. Frottis de ganglion
Indications
Tableau 1.1. Principales causes d’erreur dans
la réalisation d’un frottis. Recherche selon le contexte de trypanosomes et
Causes d’erreur Conséquences sur le frottis de leishmanies principalement, exceptionnelle-
Lames mal dégraissées Trous ment de microfilaires, de toxoplasmes ou d’histo-
Lames sales, poussiéreuses Traînées
plasmes, après coloration de type MGG.
Irrégularités du mouvement Stries Mise en œuvre
Appui sur la lamelle Stries et franges importantes
Pour la recherche de Trypanosoma brucei gam-
Angle trop aigu Frottis trop fin et/ou trop long avec
biense ou T. b. rhodesiense, un examen extempo-
franges
rané à l’état frais du suc ganglionnaire, réalisé
Angle trop obtus Frottis trop épais et/ou trop court
entre lame et lamelle, permet d’observer les para-
Goutte non étalée en entier Frottis non représentatif du sang sites mobiles. Dans les autres cas, l’échantillon
Arrêt du mouvement avant Barre épaisse en bout de frottis peut être placé dans un flacon stérile ou laissé
épuisement du sang dans la seringue ayant servi au prélèvement. Le
12 1. Méthodes

volume prélevé étant généralement faible, le frot- Frottis vaginal


tis doit être fait rapidement pour éviter tout des-
sèchement. Les frottis de suc ganglionnaire seront Indications
séchés à l’air. Pour les fragments tissulaires, des Recherche de parasites (Trichomonas vaginalis)
empreintes ou appositions ganglionnaires sont dans l’exsudat vaginal après coloration. Cette
réalisées à partir d’une section d’un fragment à technique permet également la mise en évidence
l’état frais apposé sur des lames. des levures.
Les frottis ganglionnaires sont fixés au méthanol
puis colorés au MGG ou coloration équivalente. Mise en œuvre
L’observation se fait au microscope à faible grossis-
sement puis à l’immersion (objectifs ×50 et ×100). Les prélèvements se font à l’écouvillon ou par
aspiration des sécrétions vaginales. Le frottis
Frottis de selles sur lame consiste à dérouler l’écouvillon le long
de la lame. Sécher rapidement le frottis à l’air.
Indications Les frottis sont ensuite colorés au MGG ou au
Recherche de microsporidies et de coccidies Giemsa.
(cryptosporidies, Cystoisospora belli et Cyclospora
cayetanensis) dans les selles par colorations spéci-
fiques. Les frottis sont aussi réalisés pour la colora- Techniques de coloration
tion permanente des kystes et des formes végéta-
tives d’amibes et de flagellés intestinaux. Les colorations sont une étape importante de
la réalisation de l’examen parasitologique et de
Mise en œuvre nombreuses variantes sont proposées en fonction
Déposer une goutte de sérum physiologique sur la des parasites recherchés et de la nature du prélè-
lame, puis étaler une petite quantité de selles préle- vement biologique. Certaines de ces colorations
vée à l’öse en plusieurs endroits (selles moulées ou sont également adaptées à la détection de cham-
pâteuses), ou bien déposer directement une goutte pignons. Ces colorations peuvent nécessiter, en
(environ 50 μL) de selles liquides. Réaliser un amont, la réalisation de frottis ou d’autres étale-
mélange homogène en tournant l’öse sur la lame. ments et des méthodes de fixation associées (voir
Les frottis peuvent être fixés avant séchage de dans ce chapitre « Frottis » et « Méthodes de fixa-
l’étalement (frottis humides) ou après séchage tion-conservation ») et, en aval, des méthodes de
(frottis secs). conservation des préparations ainsi colorées. Les
Frottis secs : laisser sécher à température principales colorations en fonction du type de pré-
ambiante pendant au minimum une heure. lèvement et des parasites recherchés sont synthéti-
Un séchage à 60 °C au maximum pendant 5 à sées dans le tableau 1.2.
10 minutes est possible pour certaines colorations
(recherche de cryptosporidies).
Dégraissage et conservation des lames
Il est important que le frottis de selles ne soit
pas trop épais (éviter des superpositions gênantes) Dégraissage et nettoyage des lames
et adhère à la lame (lame dégraissée), en alter- Si de l’huile à immersion a été déposée sur la lame, il
nant les zones minces et les zones plus épaisses. est nécessaire de la nettoyer avant de la conserver. Pour
L’épaisseur du frottis dépend de la consistance de cela, plonger la lame dans du xylène ou de l’acétate
d’éthyle. Ces produits peuvent être remplacés par un
la selle et de la vitesse d’étalement : plus le mouve-
solvant à base de d-Limonène moins toxique et com-
ment est lent, plus le frottis est mince. mercialisé.
La selle peut avoir été fixée au préalable par du for-
Conservation des lames par lutage
mol à 10 %, du SAF, du Bouin ordinaire ou du Bouin
alcoolique (3 volumes de fixateur pour 1 volume de À la paraffine
Faire fondre la paraffine dans une cupule de verre ou de
selles) (voir ci-dessous « Techniques de coloration »).
porcelaine à l’étuve à 56 °C.
Ces frottis se conservent plusieurs mois.
Chapitre 1. Parasitologie : techniques élémentaires 13

La déposer le long des quatre côtés de la lamelle avec lamelle avec une pointe de crayon. Appliquer éventuelle-
un fer à luter ou une anse de platine chauffée et plongée ment une seconde couche de vernis.
dans la paraffine. Vérifier l’étanchéité au centre de la Produits de montage
lamelle avec une pointe de crayon. Ce terme regroupe tous les produits commercialisés
Au vernis à ongles qui permettent de fixer la préparation sur une lame
Après avoir recouvert l’étalement de selles avec une avec une lamelle. Ces produits sont la plupart du
lamelle, laisser sécher quelques instants afin d’élimi- temps des résines semi-synthétiques associées à du
ner toute trace d’humidité sur la lame et sur la lamelle. xylène. Des problèmes peuvent survenir au cours de
Déposer au pinceau une mince pellicule de vernis le long la conservation des lames traitées par ces produits
des quatre côtés de la lamelle en débordant largement en raison de leur opacité, de leur dureté et de leur
et laisser sécher. Vérifier l’étanchéité au centre de la coloration.

Tableau 1.2. Récapitulatif des principales colorations en fonction du type de prélèvement et des parasites recherchés.
Parasites recherchés Prélèvements Colorations Résultats de la coloration
Amibes Selles, biopsies MIF Kystes mûrs clairs (reflets verdâtres) sur fond rose, noyaux
digestives, liquides nets fixés par le formol et parfois colorés par l’iode. Puis
Flagellés
biologiques l’éosine pénètre à l’intérieur des kystes : la membrane
nucléaire devient rouge foncé à noire, la chromatine
n’est pas colorée et apparaît par sa seule réfringence,
le cytoplasme est rouge.
Hématoxyline ferrique Structures nucléaires colorées en noir intense sur fond
incolore ou à peine coloré
Coloration de Bailenger- Cytoplasme et cristalloïdes colorés en rouge, structures
Faraggi nucléaires en noir
Lugol à 1 % Visualisation des éléments d’identification des kystes
(vacuole, noyau, caryosome)
Noir chlorazol Noyaux et caryosome, corps sidérophiles et membrane
cellulaire vont du vert clair au noir, fond de la préparation
gris-vert (frottis mince), ou plus ou moins rouge (frottis
épais)
APV-Trichrome Coloration des formes végétatives. Noyaux colorés en rose
avec structures nucléaires très nettes
Cryptosporidies, Selles, biopsies Ziehl-Neelsen modifiée par Cryptosporidium spp. : oocystes colorés en rouge vif
Cystoisospora belli et digestives, liquides Henriksen et Pohlenz pouvant renfermer des sporozoïtes agencés autour d’un
Cyclospora cayetanensis biologiques corps résiduel arrondi
Coloration de Heine En microscopie à fond clair : oocystes non colorés et très
réfringents sur fond rose de la préparation
En microscope à contraste de phase : oocystes non
colorés très brillants avec un point rouge central, sur fond
noir
Technique de Kinyoun Oocystes (acido-résistants) colorés en rose ou rouge
brillant
Amibes libres Prélèvements Uvitex® 2B, calcofluor white Coloration bleue fluorescente des kystes et des formes
divers végétatives
Parasites sanguicoles Sang Giemsa rapide ou lent sur Cytoplasme bleu, masses nucléaires rouge rubis ou
(Plasmodium spp., frottis ou goutte épaisse grenat, vacuole nutritive incolore, taches de Maurer rouge
Toxoplasma gondii, brique et granulations de Schüffner orange ou roses
Babesia spp.,
May-Grünwald Giemsa Cytoplasme des parasites coloré en bleu, noyau en rouge,
Trypanosoma spp.,
vacuole incolore
Leishmania spp., Filaires)
14 1. Méthodes

Indications effectuées sous une hotte chimique. L’élimina-


tion des solvants et des colorants doit se faire
Pour les selles, les colorations sont effectuées pour en respectant la réglementation en vigueur. La
détecter et identifier spécifiquement les parasites conservation des réactifs doit également se faire
unicellulaires et les microsporidies. Pour le sang, dans une armoire dédiée et adaptée pour les sol-
elles permettent la mise en évidence et l’identifica- vants et produits inflammables.
tion des parasites unicellulaires et leur quantifica-
tion par l’estimation d’une parasitémie, ou la mise
en évidence et l’identification des microfilaires. Réglementation
Elles sont aussi mises en œuvre pour l’analyse
Les colorants, solvants et fixateurs sont soumis aux dis-
d’exsudats, de liquides de ponction ou d’apposi- positions du Code du travail relatives à la prévention des
tion de biopsies de divers tissus. Outre la détec- risques chimiques (articles L. 4412-1 et R. 4412-1 à
tion des parasites au sein de ces prélèvements, les R. 4412-160), distinguant les agents chimiques dange-
colorations panoptiques de type MGG permettent reux (articles R. 4412-1 à R. 4412-58) et les agents
de détecter des éléments fongiques et d’évaluer la chimiques classés CMR (cancérigènes, mutagènes,
qualité et la nature des cellules. reprotoxiques) (articles R. 4412-59 à R. 4412-93).
Les colorations sont plus ou moins complexes
à réaliser. À noter que certaines nécessitent l’em-
ploi de produits toxiques, ce qui doit être pris Le mode de préparation des différents réactifs uti-
en considération dans le choix de la technique à lisés pour les colorations est détaillé ci-dessous.
privilégier. Toutefois, il est préférable d’utiliser, quand ils sont
Le choix de la coloration doit donc se faire éga- disponibles, des réactifs commercialisés et prêts à
lement selon les critères suivants : l’emploi pour éviter la manipulation de produits
• la nature du prélèvement biologique à examiner toxiques et maintenir une qualité constante des
(selles, sang, biopsies, liquides de ponction) ; préparations utilisées. Il est aussi préférable de
• le délai de prise en charge du prélèvement (les contrôler ces réactifs commercialisés avant utilisa-
formes végétatives des amibes sont très fragiles tion par la coloration de lames témoins (commer-
et ne pourront donc pas être recherchées dans ciales ou préparées au laboratoire). Les contrôles
des selles émises depuis plusieurs heures) ; de qualité externes (évaluation externe de la qua-
• les parasites recherchés et leur éventuelle affinité lité [EEQ]) seront choisis non colorés de préfé-
tinctoriale ; rence afin de vérifier l’étape de coloration.
• la facilité de sa réalisation (type de réactifs, nombre Durée de conservation des colorants : les délais
d’étapes de la coloration, durée de réalisation) ; sont très variables : plus d’un an pour le réactif
• la quantité de prélèvements à traiter dans une de Kohn, 15 jours après ouverture pour le RAL
même série, surtout pour les techniques les plus 555 MGG commercialisé, de quelques heures à
longues et les plus complexes ; 24 heures pour le Giemsa dilué selon les recom-
• la possibilité de les automatiser. mandations des fournisseurs. La date de fin d’uti-
lisation devra être définie et figurer sur les réactifs.
Enfin, la lecture de certaines colorations néces-
Mise en œuvre site l’utilisation d’un microscope adapté, en par-
ticulier la lecture des colorations utilisant un
La préparation du prélèvement avant coloration fluorochrome.
est une étape primordiale pour la réalisation de
colorations de bonne qualité. Le mode d’étale-
ment des frottis ainsi que les différentes tech- Colorations des parasites
niques de fixation pour la réalisation des colora- sanguicoles et tissulaires
tions de frottis sont décrits dans le chapitre 1 au
paragraphe « Frottis ». D’une manière générale, Les données relatives à l’infection à Plasmodium
les colorations utilisant des solvants doivent être figurent également dans le chapitre 26.

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